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[Sci-Fi] L'évolution de la race humaine

Chapitre 65

Une espionne "aguerrie"

Divers

Chapitre 65 : Une espionne « aguerrie »


— Je vois ce salopard de Joe, annonça Erika.

— Moi, aussi, répliqua Claire. Il sort du bâtiment.

— Oh, mais quel bel homme !


Les deux sœurs se jetèrent un coup d’œil las avant de se tourner vers Nadine, la mère de Benjamin ; parmi toutes les personnes qui avaient leur confiance, elle était la seule que Joe était susceptible de ne pas connaître. Elle était donc parfaite pour ce que les deux jeunes filles avaient prévu. Enfin, parfaite représentait un bien grand mot ...


— Tu sais ce que tu as à faire ? l’interrogea Erika.

— Oui oui, ne t’en fais pas, mon petit cœur : je le suis sans qu’il ne me voie. Rien de plus facile. C’est très excitant, ça me rappelle ces vieux films d’espionnage que mon père ...

— Oui, on sait Nadine, coupa Claire en roulant des yeux d’agacement. Tu nous l’as dit plus ou moins mille fois à la maison. Plus un autre millier de fois devant le bâtiment pendant qu’on attendait la sortie de cet enfoiré qui négocie le rapatriement de notre petite sœur.

— Oh, d’accord, je ... j’y vais, dans ce cas.


Comme la maman de Benjamin n’avait pas l’air de vouloir bouger le petit doigt, Claire s’énerva :


— Eh bien vas-y. Qu’est-ce que tu attends, Nadine ?

— Vous pensez que ... balbutia-t-elle en triturant nerveusement sa tenue.

— Nadine, on n’a pas le temps de discuter, s’emporta Erika. Joe est en train de s’éloigner. Si on le perd maintenant, c’est pas dit qu’on aura une autre chance.

— D’accord, mon petit cœur. J’y vais, j’y vais ... mais, juste avant de partir, heu ...

— Quoi ?

— Vous pensez qu’on pourra ... heu ...

— Nadine, je t’en supplie, suis-le !

— Oui oui, ma puce. Mais vous pensez qu’on pourra recommencer ... ?

— Recommencer quoi ? s’énerva Claire.

— Il est à plus de cent mètres, à présent, s’impatienta Erika.

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— Eh bien, ce qu’on a fait cette nuit-là, vous voyez ?


Les deux sœurs échangèrent un regard exaspéré.


— Quoi, baiser ? Nadine, si tu parviens à savoir où se dirige ce salopard de Joe, on te donnera tous les orgasmes que tu veux. Ça va comme ça ? Maintenant, go !

— Ah, bon d’accord. Ne vous en faites pas, je m’occupe de tout ! lança-t-elle en pinçant gentiment la joue d’Erika.

— C’est bien ce qui m’inquiète, ironisa Claire tandis que la maman de Benjamin débutait la première filature de sa vie.


Cette mission nécessitait de la discrétion : Nadine avait choisi sa tenue de façon à n’être ni trop voyante, ni trop discrète. Se fondre dans la masse sans éveiller l’attention avec des habits ostensiblement choisis pour le camouflage était primordial. Elle avait donc opté pour une robe à fleurs multicolores sur un fond rose fuchsia, des bas collants bleus électriques ainsi qu’une rutilante paire de chaussures à talons. Inutile de dire que les deux sœurs avaient piqué une crise en voyant Nadine déguisée comme un arc-en-ciel sur patte. Mais elle resta intraitable : elle ferait la filature ainsi vêtue ou ne la ferait pas !


Les sœurs observèrent avec appréhension l’espèce de dindon coloré qui leur servait d’espion partir sur les traces du dangereux mercenaire qui était passé à deux doigts d’étrangler Erika quelques semaines auparavant.


— Dire que c’est sur elle qu’on a mis tous nos espoirs, souffla Claire.


Nadine laissa derrière elle le bâtiment qui abritait les discussions concernant Cindy. Toute à sa filature, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer la démarche pleine d’assurance de Joe tandis qu’il fendait la foule. Elle nota que la plupart badauds s’écartaient sur son passage.


Bel homme, et qui plus est, plein de grâce. Un véritable James Bond, ce Joe ! songea-t-elle.


Elle le suivit ainsi à une distance qu’elle estimait raisonnable jusqu’à ce qu’il grimpe dans une voiture bleu délavé. Elle se mordit la lèvre, indécise. Cette éventualité avait bien sûr été évoquée lors de l’élaboration du plan, mais tout ce qu’on lui avait dit, c’était d’improviser si un tel cas de figure survenait.


C’est bien beau tout ça mes cocos, mais je fais quoi moi, maintenant ? Hein ? Je veux bien improviser, mais ... Tiens, tiens qu’est-ce que je vois là ? Pas bête, ça, ma petite Nadine ...


***


— Bon, ça fait un moment qu’elle est partie, maintenant, non ?


Les deux sœurs étaient rentrées depuis plusieurs heures. Impatiente comme elle était, Claire faisait les cent pas dans le salon, sous le regard de Benjamin et Erika.


— Non, mais c’est vrai, non ?

— Laisse-lui le temps, répliqua sa sœur. Suivant que Joe soit allé loin ou pas, la filature peut prendre un moment.


La jeune fille grommela quelques mots et continua à tourner en rond autour de la table basse.


— Bon, on pourrait baiser au moins ? Il faut que je fasse quelque chose pour me distraire.

— Sorry, Claire, mais je suis trop stressée pour penser à ça ...

— Justement, ça pourrait te détendre. (Devant le regard de sa grande sœur, Claire préféra se tourner vers Benjamin. :) Bon, et toi, t’es partant ?

— Mmh, ça dépend qui baise qui ...


Claire eut un rire léger, attrapa l’ancien mercenaire par la ceinture pour le tirer vers l’une des chaises du salon.


— Oh, s’il vous plaît, faites ça à l’étage, intervint Erika en se massant les tempes. Je ne suis pas d’humeur à supporter vos ébats.

— Mais Mathilde, Eugénie et Juliette dorment en haut, non ? Puis, si on fait ça devant toi, il y a de fortes chances pour que ça t’excite et que tu nous rejoignes.

— Justement, c’est ça que je ne veux pas. En plus, nos mamans ne sont plus là : elles sont allées dans la maison de campagne d’une amie d’Eugénie. C’était plus sûr.

— Oh, je l’ignorais ... Bon bah, qu’est-ce qu’on fait, mon beau mâle, sourit Claire, ses doigts toujours arrimés à la ceinture de l’ancien mercenaire. Tu imagines, ce corps de rêve rien que pour toi ? Trois sexes pour le prix d’un !

— Je ne sais pas si je suis chanceux ou pas, répliqua Benjamin avec scepticisme. Tout dépend de ce que tu comptes faire de tes deux sexes bonus ...

— Tu n’as pas confiance ? minauda Claire en abaissant le pantalon du jeune homme.


Le sexe de Benjamin disparut aussitôt entre les lèvres de la jeune fille.


— Claire ! s’insurgea Erika. Je t’ai dit de faire ça en haut.


Conservant le pénis mou sous son palet, la jeune sœur haussa les épaules, affichant un air faussement désolé.


— Tu soûles, Claire ! Je t’ai dit que je n’avais pas envie.


La jolie brunette, sans cesser de suçoter la verge grossissante, descendit son pantalon en guise de réponse. Erika lui lança un regard meurtrier sans pour autant détourner les yeux.


La bite de Benjamin gonfla rapidement sous les caresses buccales. Claire la pompa avec gourmandise tout en tortillant ses fesses à l’intention de son aînée. Erika déglutit, incapable de détourner son attention du couple en pleine action. Elle avait un mal de chien à contrôler son sexe d’homme qui enflait irrésistiblement dans sa culotte. Lorsque sa sœur émit de petits geignements, elle n’en put plus.


— OK, je vois où tout ça nous mène ! lâcha-t-elle en s’extirpant du canapé.


En moins de deux, le canon de sa queue se retrouva face au derrière de sa petite sœur. Impatiente, Claire tendit son cul en arrière.


— Pour ta peine, je vais t’enculer.


Elles poussèrent un cri à l’unisson lorsque la hampe d’Erika envahit la cavité anale.


— Oh ! s’exclama Benjamin. Vu comme elle me pompe, je pense qu’elle aime ça.

— Évidemment qu’elle aime ça. Tu l’as regardée un peu ? Elle est toujours en manque de bite ou de trous à fourrer.


L’ancien mercenaire se garda bien de répliquer que c’était là un point que les deux sœurs partageaient étroitement ...


Claire gémissait de bonheur sous cette violente sodomie. Il semblait que son ainée lui défonçait l’arrière-train, non pas pour satisfaire son propre désir, mais bien pour lui faire regretter d’avoir usé de ses charmes si habilement. Chose que Claire était bien loin de regretter tant elle prenait son pied.


— Je t’ai dit ... Mff ! ... que je ne voulais pas ... Mff ... baiser ... Mff ... et toi ... Mff ... tu viens balancer ton cul ... Mff ... juste devant mes yeux ! Mff !

— Oui, continue, Erika ! Ooh encore ! Je viens ! Je v ... Mmhh !


Sur le point d’exploser, l’ancien mercenaire empoigna une touffe de cheveux de la jolie Brune pour planter son vît dans son gosier. Benjamin et Erika jouirent en même temps, déversant leur semence dans chaque extrémité de la jeune fille. Prise entre deux feux, Claire accueillit ce foutre avec régal.


Hors d’haleine, les deux jeunes aux bourses vides se dégagèrent. Cette séance éclaire avait laissé Claire sur sa faim. Elle se releva, ses sexes masculins aussi durs que du marbre et avides de fourrer le premier trou passant à leur portée.


— À présent, à mon tour de jouer, éructa-t-elle en se tournant vers Erika. Tu vas regretter de ...

— Coucou, mes chéris !


Les trois jeunes se figèrent en avisant Nadine débarquer comme si elle revenait des courses.


— Tout va bien pour vous ? s’enquit-elle.

— Comment ça : « tout va bien pour vous ? », s’exclama Erika. On se faisait un sang d’encre. Tu l’as suivi ? Il est où ? Qu’est-ce qu’il fait ?

— Bah ... et moi ? fit Claire.

— Oh, laisse-moi m’asseoir, mon petit cœur. Pas évident de suivre un homme comme lui, hein !


À bout de souffle, Nadine s’affala sur le canapé sans prêter un regard aux queues dressées de la fille en rut.


— En plus, qu’est-ce qu’il fait beau aujourd’hui. C’est vraiment le temps idéal pour faire une filature. Tiens, Benjam, j’ai croisé les Van Reek sur le retour, ils te remettent leur bonjour. Ce sont des gens absolument charmants, vous savez. Ils étaient ...

— Erika, murmura Claire, pendant qu’elle nous raconte son aventure, je peux te ...

— Pas maintenant. Il y a plus urgent !

— Mais ... je ...

— On n’avait passé de très bons moments ensemble, tu t’en souviens ? poursuivit Nadine, imperturbable. Les Van Reek pensaient d’ailleurs que tu étais muet tellement tu étais timide ! Il faut dire aussi que tu étais très jeune. Quel âge avais-tu à cette époque ?

— Attends, murmura Claire à l’oreille de sa grande sœur, elle est vraiment en train de nous parler de la pluie et du beau temps là ? J’en reviens pas, je t’avais dit que c’était une mauvaise idée de l’envoyer, elle.

— Laissons-la souffler un moment, temporisa Erika en masquant un sourire nerveux derrière ses cheveux noirs. Et remonte ton pantalon. Je m’occuperai de toi plus tard ...

— Tu dois certainement t’en souvenir. C’est à ce moment que, justement, les Van Reek nous avaient invités chez eux, dans le nord de la ...

— Oui, c’est ça, intervint Claire en refermant sa braguette, mais heu, comment dire ? Ah oui... on n’en a rien à secouer, nous. Ce qu’on veut savoir, c’est où est ce salopard de Joe.

— Oh Joe, c’est vrai ! s’exclama Nadine. Très bel homme, d’ailleurs. Il a une prestance qui ...

— OK, je vois où tout ça nous mène, soupira Claire. Nadine, je sais que ce n’est pas facile, mais j’ai besoin que tu restes focus. Dis-nous ce qui s’est passé.

— Très bien, ma puce, très bien. Bon, bon, bon, par où commencer ? Ah oui, je sais. La filature a réellement débuté lorsqu’il a grimpé dans sa voiture. Enfin une voiture, je ne sais pas s’il s’agissait de la sienne.

— Comment tu as fait pour le suivre ? questionna Erika.

— Eh bien, j’ai d’abord pensé que la mission était finie. Franchement, je n’avais aucune idée de comment lui courir après à travers toute la ville avec mes seules guiboles chaussées de superbe hauts-talons que j’avais eus en solde, il y a quelque temps, lorsque... Oui pardon, ma petite Claire, je m’égare. Et c’est là que j’ai vu exactement ce qu’il me fallait ...

— Quoi ? C’était quoi ?

— Un vélo, Claire chérie ! Une jolie bicyclette bien huilée.


Claire, Erika et Benjamin en restèrent figés de stupeur. Ils s’entreregardèrent avec incompréhension avant de reporter leur attention sur une Nadine très fière de son effet.


— Maman, quand es-tu montée sur un vélo pour la dernière fois ? s‘enquit le jeune homme, incrédule.

— Ma foi, il y a quelques minutes.

— Non ! Mais avant ça...

— Oh, ça ne fait pas si longtemps que ça, voyons.

— Bon, et la suite ? s’impatienta Erika.

— Oui, bien sûr, petit cœur, bien sûr. Donc, je vois ce vélo ...



***


Et il n’est même pas attaché, quelle aubaine ! En selle ma petite Nadine ! Oh lalalala, mais ça fait combien d’années que tu n’as pas mis les fesses sur un truc pareil ? Des années, très certainement !


Elle jeta un coup d’œil en direction de Joe ; il venait de quitter sa place de parking. Sans réfléchir aux conséquences, elle enfourcha le vélo posé contre un poteau devant une boulangerie et pédala de tout son cœur. Un cri outré lui parvint, mais elle dédaigna se retourner : sa mission primait.

Suivre une voiture dans la ville s’avéra plus aisé que prévu. En effet, les nombreux embranchements, feux rouges, passages pour piétons, ou sens interdits facilitaient la filature. Nadine se surprit à devoir freiner plus d’une fois pour éviter de se retrouver côté à-côté avec James Bond ... heu, avec le mercenaire.


Tout se déroulait donc bien pour elle jusqu’à ce que Joe atteigne la ceinture extérieure de la ville. Les intersections se firent plus rares ; bientôt la poursuite ressembla davantage à une compétition Olympique qu’à une promenade ensoleillée. Du haut de ses 57 ans, Nadine n’avait pas grande chance de maintenir la bonne distance avec le mercenaire. Son souffle devint rauque, ses cuisses commencèrent à brûler atrocement, son équilibre se fit bancal ...


— Oh ! Hola, hey ! héla-t-elle, à bout de souffle.


Le taxi qu’elle venait d’apercevoir s’arrêta à sa hauteur.


— Eh bien, ma petite dame, je n’ai pas la place pour votre bicyclette là ... heu ... qu’est-ce que vous faites ?

— Bon, écoute, lapin, haleta-t-elle en s’asseyant sur le siège passager, tu vas suivre la voiture bleu délavé que tu vois là-bas au loin.

— Mais ... et votre vélo ? Vous n’avez pas peur que ...

— Lapin : voiture bleue, suivre, vite.

— Bon, bon, très bien. C’est la première fois qu’on me la fait celle-là ! Je pensais que ce genre de trucs ne se faisait qu’au cinéma. J’espère que vous ne filerez pas à l’anglaise hein ! Et puis, vous êtes sûre de porter la tenue adéquate pour ce genre de course-poursuite ? ‘fin, j’y connais rien moi, vous savez, mais dans les films, ils ont toujours des pantalons ou des caleçons pare-balles, ou je ne sais quoi ...


Nadine, rouge comme une tomate, luttait pour récupérer son souffle. Heureusement, la voiture bleue était toujours en vue.


— Qui pourchassez-vous comme ça ? Vous vous prenez pour James Bond, ou quoi ?

— Oh non, non, s’exclama Nadine en essuyant les grosses gouttes de sueur qui coulaient sur ses joues. C’est plutôt lui, ça. Il a été à droite, ici.

— Quoi ? James Bond ? Alors, c’est vous la méchante ?

— Lapin, est-ce que j’ai une tête de méchante ?


Le taximan détailla du coin des yeux sa passagère puis haussa les épaules :


— Vous avez plus l’air de la grand-maman du gentil, je dois dire ...

— Excusez-moi ? s’écria Nadine, plus outrée que ce qu’elle voulait bien montrer. Je suis la maman du gentil ! Je ne suis pas si vieille que ça, voyons. Et puis, quand on ... Oh, là ! Il s’est arrêté ! Gare-toi juste ici, lapin. Voilà, maintenant, ne bouge plus.


Ils s’abaissèrent tous les deux lorsque Joe sortit de sa voiture et se dirigea vers une allée. Le chauffeur lança un coup d’œil à sa cliente.


— C’est très excitant, je dois dire, chuchota-t-il. Qu’est-ce que je fais s’il nous voit ?

— Ne t’emballe pas, lapin, tempéra Nadine. Il est entré dans la maison, il ne risque pas de nous voir. Bon, ne bouge pas d’ici et garde le moteur allumé, je vais tenter d’en découvrir un peu plus puis on file d’ici.

— Attendez ! Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée ; dans les films, c’est toujours à ce moment-là que le héros se fait surprendre ...

— Ne t’inquiète pas lapin, moi je suis la maman du héros.


Après avoir refermé la portière, Nadine se glissa le long de la haie sous le regard admiratif du taximan. Un sentier en gravier menait à la maison dans laquelle Joe venait tout juste d’entrer. La maman du héros, comme elle aimait à le croire, se faufila contre la façade en évitant de faire crisser les cailloux sous ses pieds. Une fois sous le rebord d’une fenêtre, elle prêta l’oreille, mais ne perçut rien de suspect. Après réflexion, elle se rendit compte qu’elle ne savait pas trop à quoi ressemblait « un bruit suspect ». Elle jeta un bref regard à travers la vitre, mais ne distingua qu’un salon on ne peut plus banal.


Nadine contourna la maison dans l’espoir d’apercevoir quelque chose, un indice qui lui permettrait de ... heu ... conclure sa filature ? Elle passa en revue plusieurs fenêtres ; une lumière en haut d’une volée d’escaliers attira son attention. Joe se trouvait probablement là-haut. Devait-elle attendre pour voir ce qu’il faisait ou les informations récoltées jusque maintenant suffisaient ? Les filles lui avaient enjoint de ne pas prendre de risque inconsidéré, mais tenter si possible, de découvrir ce que manigançait ce salopard de Joe. Seulement, pour obtenir cette information, elle devait prendre des risques inconsidérés, non ? Et puis au juste, qu’est-ce que c’était des « risques inconsidérés » ?


Elle tendit le cou à la recherche d’un meilleur angle de vue. Dans un fauteuil, bras croisés, une silhouette l’observait.


Une peur instantanée tétanisa Nadine. Une pleine seconde, ils se dévisagèrent, se demandant ce que l’autre comptait faire. Le mercenaire réagit le premier. Il bondit de son siège et courut vers la porte d’entrée. Prise de panique, Nadine piqua le sprint de sa vie. Le taximan la vit débouler comme une vieille poule multicolore poursuivie par un renard.


***


— Attends une minute, l’arrêta Claire, prise d’un horrible doute. Tu veux dire que Joe t’a vue et toi, tu es directement revenue ici ?


Benjamin dégaina aussitôt le pistolet qu’il portait à la ceinture et se plaça à côté de la fenêtre. La tension dans le salon grimpa soudainement de plusieurs crans.


— Claire chérie, me prendrais-tu pour une débutante ? fit Nadine avec un sourire satisfait. J’ai dit à mon cher conducteur de rouler aussi vite qu’il le pouvait dans la direction qu’il désirait, ensuite je me suis cachée derrière une voiture. Joe n’y a vu que du feu, il est immédiatement parti à la poursuite du taxi.


Claire et Erika affichèrent une mine impressionnée.


— Maman, tu es géniale ! s’exclama Benjamin en rangeant son arme.

— Bien sûr ! ronronna Nadine avec fierté. De qui crois-tu tenir toutes tes qualités ? Enfin bref. Comme Joe n’était plus dans la maison, j’ai pu prendre des risques qui n’étaient plus inconsidérés ...

— Comme quoi ? s’enquit Erika, inquiète.

— Eh bien, sonner à la porte, pardi !

— Quoi ?! s’écrièrent Claire et Benjamin dans un bel ensemble.

— Et bien quoi ? s’étonna l’apprentie espionne. Fallait bien voir qui était à l’intérieur, non ?

— On t’a demandé de voir où il allait, répliqua Erika, exaspérée, pas de connaître sa décoration intérieure.

— Sache, mon petit cœur, que pour un homme de sa trempe, il a très bon goût en matière de décoration.

— Non, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! C’est pas ça ! s’énerva Claire. Qu’aurais-tu fait si tous ses potes mercenaires se trouvaient à l’intérieur, hein ?

— Bah ... heu ... Ce n’était pas le cas.

— Oui, mais si ça avait été le cas ?

— Oui, bon bah, avec des si on peut ... heu ... on peut remettre des bûches dans la cheminée, s’emporta Nadine. Alors j’ai sonné, fin de la discussion.

— Mais qu’est-ce que c’est que cette expression ? soupira Claire en se pinçant l’arête du nez.

— Et donc, qui est-ce qui t’a ouvert ? demanda Benjamin.


Un sourire mystérieux étira les lèvres de sa maman ...


***


Une femme d’un âge similaire au sien ouvrit à Nadine. Quelques rides marquaient son visage fin ; elles n’amoindrissaient en rien sa beauté. Des cheveux blonds et lisses, des lèvres faites pour sourire... c’était réellement une belle femme.


— Ah vous n’êtes pas ... heu ... il est parti ? demanda cette dernière en fouillant des yeux les environs.

— Qui donc ? s’enquit Nadine. Il est vrai que j’ai vu un homme sortir de la maison en courant ...

— Ah, donc il est parti ... Est-ce qu’il avait l’air de vouloir aller quelque ... Oh, vous ne savez probablement pas. Et vous êtes ?

— Qui je suis ? Heu ... eh oui, c’est important de savoir ça ... Heu ... Et bien voilà, j’habite dans le ... heu ... quartier et je me suis dit que je connaissais beaucoup de mes voisins, mais pas vous. Alors je me demandais si cela vous conviendrait que nous prenions le thé ensemble, pour faire plus ample connaissance ?

— Oh, je vois, réfléchit la femme. Eh bien oui, c’est une excellente idée. Malheureusement, je ne peux pas sortir de chez moi ; il serait préférable de prendre le thé ici, si cela ne vous dérange pas, bien sûr.

— Doux Jésus, êtes-vous enfermée ? s’inquiéta Nadine en entrant à la suite de la résidente.

— Oh non, rien de tout ça. C’est juste que mon mari s’inquiète énormément pour moi ... J’adore votre robe, d’ailleurs.

— Merci, ma chère. Votre mari, il s’agit de l’homme qui est sorti en courant ? Très bel homme, et sportif, en plus ... il doit vous satisfaire au lit !


Nadine regretta aussitôt ses paroles. Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Toutes ces émotions, cette course poursuite, cette montée d’adrénaline l’avaient chamboulée. Pourtant, son interlocutrice éclata de rire avant de s’écrier :


— Oh non, ce n’est pas mon mari ! À vrai dire, Joe, que vous avez vu sortir en courant, n’est pas très attentionné au lit. Une fois qu’il a fini, il n’en a plus rien à faire de moi.


Surprise, Nadine prit le parti d’en rire.


— J’aime beaucoup votre façon de parler, ma chère ! Mais ce Joe, c’est donc votre amant ?

— Si on veut, oui. En fait, il est censé m’empêcher de ... vous savez ... voir d’autres hommes.

— Et ça marche ? s’enquit Nadine.

— Disons que, lorsqu’il est là, je n’ai que lui à me mettre sous la dent. Bon ce n’est pas incroyable parce que, quand il a fini sa petite affaire, il retourne à son poste. Imaginez dans quel état il me laisse !

— Ma pauvre ! Mais là par exemple, il est parti ...


La femme lança un regard songeur à Nadine.


— Vous ... vous savez garder un secret ?

— Écoutez, ma chère. Dans le domaine des secrets, je suis la plus discrète ! Par exemple, aujourd’hui, j’ai dû jouer les espionnes pour mon fils. C’était toute une aventure, je vous passe les détails. Eh bien, vous savez quoi ?

— Non, dites-moi.

— Je n’ai rien dit à personne ! Donc oui, je suis une experte en secret, ma chère. Vous pouvez avoir confiance en moi.

— Mais vous venez pourtant de me le dire à moi, non ?


L’air fier de Nadine disparut. Elle réfléchit avant d’afficher à nouveau un sourire satisfait :


— Oui parce que j’ai confiance en vous. Mais ne répétez ça à personne, hein.

— Logique, admit la femme après une brève réflexion. C’est vrai qu’on vient à peine de se rencontrer, mais je vous fais également confiance. Alors au diable le thé ; suivez-moi !


Les deux femmes empruntèrent un escalier. Elles entrèrent dans une chambre à la décoration raffinée.


— C’est bon, vous pouvez sortir, dit alors la femme.


Comme sortis de nulle part, quatre jeunes hommes complètement nus apparurent. Ils jetèrent un regard lubrique à la nouvelle arrivante avant de se tourner vers l’hôtesse de la maison.


— On va en reprendre où nous en étions, si vous le voulez bien, sourit celle-ci en caressant les fesses du bel Appolon se tenant à ses côtés.



***


— En tout cas, laissez-moi vous dire qu’ils étaient vigoureux, ces petits bouts de chou, conclut Nadine. Plein d’entrain et de bonne volonté, ce fut très agréable.


Erika jeta un coup d’œil à sa jeune sœur. L’histoire avait été très détaillée, surtout sur la fin, et Claire ne faisait aucun effort pour cacher la double érection qui surélevait à nouveau son pantalon. En même temps, comment ne pas être excité ? Malgré sa propension aux descriptions interminables et d’une complète inutilité, Nadine se révéla une excellente conteuse. Même l’aînée peinait à juguler son excitation.


Benjamin connaissait les deux sœurs ; il savait que la situation pouvait dégénérer d’un moment à l’autre. C’est pourquoi il décida d’intervenir avec calme :


— Mais alors, qui était donc cette femme ?

— Oh une dame absolument charmante, Benjam. Et puis, je n’avais jamais fait l’amour avec une autre femme, enfin, dépourvue de sexe masculin bien sûr, et c’était très intéressant. Surtout quand elle s’est mise à frotter son pubis contre le mien. Roh, je mouillais comme une jeune adolescente, c’est vous dire à quel point j’étais excitée ! Et puis aussi, quand elle a léché ma...

— Stop ! s’écria l’ancien mercenaire en couvrant ses oreilles de ses mains. Entendre l’histoire une fois me suffit amplement. C’était même déjà trop, en fait. Ce que je te demandais, maman, c’est le nom de cette femme.

— Oh oui, bien sûr ! C’est ... heu ... attends, avec tout ce qui s’est passé, ce n’est pas facile de ... heu ... comment elle a dit qu’elle s’appelait, déjà ?

— Tu as oublié de lui demander, pas vrai ? questionna Benjamin avec fatalisme.


Nadine baissa la tête comme une enfant grondée. Du bout des lèvres, elle murmura un petit « oui » clairement perçu par l’assemblée. Erika posa une main sur l’épaule de Nadine :


— Écoute, c’est déjà incroyable tout ce que tu as fait pour nous. Au moins, maintenant, on sait qu’il doit surveiller une femme, peut-être l’épouse de Plein-aux-as. Et si c’est vraiment elle, bien qu’il faille encore le confirmer, cela nous donnerait un net avantage sur ce type.

— C’est vrai, reconnut Claire. Tu as fait plus que ta part du contrat. Tu as même pris beaucoup de risques inconsidérés pour nous. Nous te sommes immensément redevables.


Nadine afficha un sourire puéril : aux félicitations des deux jeunes filles s’ajoutait un éclaircissement concernant ces fameux « risques inconsidérés ». Elle en savait dorénavant un peu plus à leur sujet ce qui la comblait de joie.


— Oh vous savez, ce n’était rien. Et puis ça m’a fait faire du sport. Pédaler avec ces talons n’était pas la chose la plus facile que j’ai faite de ma vie. Aussi, j’attends un coup de fil assez important.

— Ah oui ? s’enquit Benjamin. Qui donc est censé t’appeler maintenant ?

— Le taximan ! Celui de la course poursuite ; je lui ai donné mon numéro juste avant qu’il ne s’enfuie.

— Pardon ?! s’exclamèrent Erika, Claire et Benjamin dans un bel ensemble.


Sitôt après, le téléphone de Nadine sonna. Elle le décrocha sans prêter attention aux yeux écarquillés des trois jeunes.


— Oui allo ? Alors lapin, vous avez réussi à lui échapper ?

— Malheureusement non, lapin n’a pas réussi à m’échapper, résonna alors une voix menaçante à l’autre bout du fil. Qui êtes-vous ?


Le visage de Nadine perdit toute couleur lorsqu’elle comprit qu’il s’agissait de ce salopard de Joe.

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