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Je serai Président

Chapitre 10

Divers

X - LES VITRAUX DE L’ABBAYE

     ? Dans un monde faux, les femmes franches sont ce qu?il y a de plus trompeur. ? (Charles Sainte-Beuve)


    1. L?ami, l?amoureux et le télex.

    Il y a maintenant six mois que j?occupe le fauteuil de chef de l?Etat. Six mois par ailleurs très profitables puisqu?ils m?ont permis de dissoudre l?Assemblée et d?y recueillir une majorité favorable. J?ai bombardé mon camarade Florian au poste de premier Ministre, et je dois dire qu?il ne s?en sort pas mal. Les problèmes se règlent petit à petit, la télévision nous encense grâce à Mathilde, je peux me la couler douce à part Bruxelles qui me critique de temps en temps... la dernière fois que j?ai pris une remontrance, c?est quand j?ai nommé d?office la tendre Nathalie Haut-commissaire de la République à Mayotte ! Elle l?a assez mal pris, mais pour moi ce fut un réel instant de paradis. Je l?imagine parfois suant dans son bureau dans cette île paumée au milieu de nulle part. Ha ha ! C?est cruel, je sais, mais la vie est injuste...

    Aujourd?hui nous sommes mercredi midi. Le Conseil des Ministres vient juste de s?achever sans évènement notable. Je reçois donc Florian pour le traditionnel dîner en tête-à-tête entre les deux chefs de l?exécutif.

    - Alors comment se passe la vie du gouvernement ? Pas de fausse note ? Je lui posais la question uniquement pour la forme, connaissant très bien les problèmes de personnes qui se posaient.

    - Pas plus que d?habitude... Il y a toujours l?antagonisme chronique entre Sonia et Micheline. Mais bon, entre l?Education Nationale et la Défense, il y a peu de rapports et donc peu d?occasions de se crêper le chignon.

    - Parfait. Rien d?autre que nous n?ayons évoqué ? Dans ce cas, passons directement à table et...

    Ma phrase est interrompue par le sifflement caractéristique de mon télex. Comme tout les midi, Gladys m?envoie les nouvelles marquantes et le programme de l?après-midi. Florian m?apporte les feuillets et se place à mes côtés pour les analyser. Alors... Coup d?Etat militaire en Sierra Léone, il faudra faire un communiqué d?indignation... L?Amérique nous demande pour la énième fois de réintégrer le commandement intégré de l?OTAN, qu?ils aillent mourir ! ... Une manifestation de CRS en grève a été chargée par la gendarmerie mobile, c?est quand même beau d?avoir deux forces de police totalement distinctes !

    Tiens, voilà une nouvelle étonnante : un avion de la famille royale britannique s?est écrasé en mer et les occupants ont tous été tués. Mary est désormais princesse héritière du trône. Je lui écrirai un petit mot personnel en plus des condoléances officielles. Je ris légèrement en songeant que je me suis fait astiquer la hampe par la future reine d?Angleterre.

    C?est tout pour les nouvelles, l?emploi du temps de l?après-midi maintenant. Ah, je vais devoir accréditer trois nouveaux ambassadeurs étrangers. Ca va me changer de l?ordinaire. Je survole la liste des pays et le nom de leur nouveau représentant. La Lituanie envoie M. Zumaga, le Honduras M. Sanchez. Ce sont des nations mineures par rapport à celle qui leur succède : les Etats-Unis d?Amérique ont nommé au poste d?ambassadeur à Paris...

    Cling ! Sous l?effet de la surprise, je viens de faire éclater ma flûte de champagne entre mes doigts. Florian, qui a compris, me regarde comme si je sortais d?un tombeau, et c?est bien l?impression que je dois donner en cet instant. Il me racontera plus tard le contraste de ma pâleur et de ma main ensanglantée par les morceaux de verre. Mais pour l?heure je ne ressens pas la douleur. Toute mon attention se concentre sur cette seule et même ligne : ? Les Etats-Unis d?Amérique ont nommé au poste d?ambassadeur à Paris le capitaine de vaisseau Meg Jostin. ? Je la relis une, deux, trois fois. Finalement, Florian se décide à rompre le silence :

    - Alors, je suppose que c?est elle, la fameuse Meg de Naples ?

    - Hein ? Ah, heu oui, c?est elle ! C?est bien elle !

    Je lui réponds, mais je ne suis pas vraiment avec lui. Dans ma tête repassent des images de la réception, du restaurant, du taxi, là-bas en Italie. Beaucoup d?eau a coulé sous les ponts depuis, mais jamais son image ne m?a vraiment quitté.

    - Dis donc, poursuit Florian en fronçant les sourcils, elle n?était pas lieutenant au service juridique de l?armée quand tu l?as rencontrée ?

    - Oui, pourquoi ?

    - Parce que c?est bizarre ! Sur le télex il y a marqué ?capitaine de vaisseau?... Tu sais ce que ça signifie ?

    - Bah, ça doit vouloir dire que je ne suis pas le seul à la trouver merveilleuse et que ses supérieurs l?ont promue...

    - A ce stade là, ce n?est plus du merveilleux, c?est de l?extra-terrestre, me fait Florian de plus en plus intrigué. Comment un avocat peut-il passer en trois ans du grade de lieutenant à celui de capitaine de vaisseau, en s?attardant si peu aux intermédiaires de capitaine de corvette et de capitaine de frégate ? Ta gonzesse...

    - Je te défends de parler d?elle avec ces termes ! Je vois rouge assez facilement quant il s?agit de Meg.

    - Si tu veux... Cette femme, donc, si elle continue à ce rythme, on la retrouve dans six mois contre-amiral, dans deux ans à la tête de l?amirauté américaine, et à moyen terme président des Etats-Unis !

    - Et alors, lui réponds-je ? Moi, il y a trois ans, j?étais un simple consul dans son premier poste. Et aujourd?hui je suis Président de la République ! Tu vois que les choses changent, et vite !

    Florian a l?air interloqué. Je l?aurais cru moins obtus. S?il est incapable de comprendre à quel point ma Meg est extraordinaire, il va falloir que j?envisage de le virer. Il n?empêche qu?il poursuit :

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    - Mouais... J?exagère sans doute. Mais tu me permettras quand même de jeter un coup d?oeil à deux ou trois trucs cet après-midi. En attendant fais-toi beau ! Ca va être un des plus beaux jours de ta vie, et je suis content pour toi !

    Tiens, il s?améliore un peu sur la fin. Evidemment que je vais me faire beau ! Depuis le temps que j?espère revoir ma dulcinée ! Elle va être en poste, près de moi, pendant plusieurs années. Louanges à Dieu !

    C?est incroyable de voir combien le temps passe lentement quand l?impatience nous gagne... Tu vas avancer, satanée pendule ! J?ai à nouveau le sentiment d?être un puceau le jour de son premier flirt. Pourtant j?ai tout bien préparé. Réfléchissons : j?ai mis le même costume que lors de notre soirée napolitaine. La même eau de toilette aussi. J?ai aussi commandé à la fleur près le même bouquet. J?ai l?air un peu ridicule, et d?ailleurs Gladys ne se prive pas de me le faire remarquer !

    Ca y est, les accréditations commencent. Le Lituanien, visiblement, me prend pour un dingue tellement mes propos sont décousus. Peu importe ! Vient le tour du Honduras. Il me proposerait de partir sur le champ contre le code nucléaire, je crois que j?accepterais de suite. Finalement, il se décide à se lever et je le raccompagne prestement à la porte. Deux minutes plus tard, Gladys fait entrer le songe de mes nuits dans mon bureau.

    On dit qu?à rester éloigné des gens qu?on aime, on les idéalise rapidement. C?est faux ! En tous les cas, pour Meg, c?est faux. Elle pénètre dans mon bureau, droite et aérienne. Je suis frappé par l?aura de pureté qu?elle dégage. Cette impression est sans doute accentuée par son uniforme de parade d?une blancheur immaculée, que seuls perturbent ses galons et ses boutons dorés. Le col est relevé, il masque partiellement son cou. Quant à sa jupe, elle descend aux genoux.

    Trois années n?ont pas entamé la perfection de son corps. Ses yeux gris vert paraissent toujours respirer l?innocence. Elle a laissé un peu pousser ses cheveux, qui encadrent dorénavant son charmant visage volontaire. Sa beauté lui permet de se passer de maquillage si ce n?est un léger rouge à lèvres et de discrètes boucles d?oreilles. Quant au reste de son anatomie, hé bien je ne peux pas dire car je reste scotché à son regard. Je suppose qu?elle n?a pas dû beaucoup changer de ce point de vue. Il faut croire que j?ai une expression de débile profond puisque après quelques secondes de gêne mutuelle c?est elle qui rompt le silence.

    - Je suis heureuse de vous revoir, M. le Président !

    - Mais le plaisir est partagé, capitaine ! Et vous ne vous doutez probablement pas à quel point ! Mais je t?en prie, Meg, ne conservons pas cette distance !

    - D?accord. Mais je te dois des explications pour mon départ de Naples...

    - Chut, fais-je en l?interrompant ! Tout est pardonné, je t?ai comprise. Et puis tu es revenue, c?est le principal !

    Ô joie, ma dernière réplique a fait apparaître un sourire qui illumine la pièce, que dis-je, le palais tout entier ! Elle s?approche doucement et nous nous embrassons langoureusement. Quel baiser ! Après ça, je peux mourir tout de suite, je peux conserver cette sensation au fond de moi pour l?éternité. Elle me susurre à l?oreille :

    - Assieds-toi ! Je te veux au fond de mon ventre. Tu sais que je n?ai pensé qu?à toi et que je n?ai pas refait l?amour depuis trois ans ?

    C?est touchant, et d?ailleurs ma vanité est touchée. Pourtant, je n?avais pas tellement envie de coucher avec elle mais plutôt de la regarder, de la caresser, de la cajoler ! Mais toute objection est inutile. Elle a déjà agrippé mon sexe à travers mon pantalon et le malaxe doucement. Sous l?effet de cette belle main, de ces doigts fins aux ongles soignés, je sens monter une érection colossale. L?autre main a disparu sous sa jupe et s?agite avec frénésie.

    Elle tire ma hampe de mon pantalon et se l?enfourne dans sa bouche sans autre forme de procès. C?est la première fois qu?elle me fait ça. Putain, que c?est bon ! Oh, la sensation est délicieuse bien sûr, mais je suis surtout hyper excité de voir ma verge disparaître dans sa petite bouche fine. Si mon regard avait croisé le sien, je crois que j?aurais joui dans la seconde. Mais elle garde les yeux fixés sur mes boules, et d?ailleurs elle s?arrête après quelques mouvements rapides et efficaces.

    - Viens tout de suite ! Je n?en peux plus ! Je te veux !

    Elle est au bord de la rupture, visiblement. C?est pas génial la vie ? Je suis raide dingue d?une femme exceptionnelle, et c?est un sentiment partagé. En plus, magnifique hasard, elle est nommée dans le pays que je préside. J?hésite à témoigner ma reconnaissance à Dieu par la construction d?une nouvelle cathédrale à Paris ou en regroupant l?Eglise et l?Etat.

    Meg est montée sur mon bureau et elle a remonté sa jupe sur sa taille, envoyant sa culotte valdinguer je ne sais où. A quatre pattes en face du portrait de De Gaulle, elle ondule les fesses vers ma direction. Sa peau blanche me rend fou. Mon sexe est à quelques centimètres de l?origine du monde, de l?alpha et de l?oméga de mon univers dorénavant. Ca y est, mon gland est sur ses grandes lèvres. Elle m?invite à sauter le pas. Je commence à m?enfoncer centimètre par centimètre. Pour une femme amoureuse et en manque comme elle, ce doit être trop dur à supporter : elle donne un semblant de ruade, et j?entre en elle jusqu?à la garde.

    Meg est un four brûlant dans lequel je me consume. J?effectue les va et vient sans trop y penser, tout mon corps vit un orgasme permanent. Non. Non, c?est beaucoup plus fort, beaucoup plus plein et beaucoup moins foudroyant qu?un orgasme. Moi, Fred, Président de la République Française, en ce moment même, je suis heureux. Ma partenaire est beaucoup plus entreprenante que moi. En effet, elle ne cesse de m?encourager et de me lancer des compliments et des mots doux depuis le début de notre ? entretien ?. D?un bras elle se caresse les seins. Ses doigts viennent mes frotter les testicules même pendant l?action. Je suis au septième ciel. Sa cyprine dégouline sur mon bureau, sur les notes des hauts fonctionnaires. J?entends ses gémissements de bonheur entre deux incitations à la pilonner plus fort. Je me sens au bord de la jouissance.

    Un tacatac me fait émerger un peu de mon état second, au grand dépit de Meg, d?ailleurs. C?est le télex qui s?est remis à fonctionner. J?en suis un peu surpris car je n?attendais aucune communication, et Gladys avait ordre de ne me déranger qu?en cas de troisième conflit mondial. Meg m?invite à tourner la tête de l?autre côté et à poursuivre notre récréation. Je suis tenté de lui obéir car la jouissance n?est pas loin et n?importe quelle information peut bien attendre un quart d?heure. En plus, elle me rend dingue cette fille ! C?est décidé, tant pis pour le télex ! Gladys attendra, et elle se prendra d?ailleurs une belle engueulade pour m?avoir troublé dans ce moment si rare.

    Quelques secondes plus tard, c?est l?explosion.

    Ce n?est pas Meg. Ni moi d?ailleurs ! Non, Florian, mon Premier Ministre, vient de projeter ses deux mètres et ses cent kilos contre la porte de mon bureau, qui n?a pas résisté. Il fait irruption en pleine action, suivi des deux gardes républicains normalement en faction devant ma porte. A voir leur visage, ils sont complètement dépassés par les évènements. D?abord, le chef du gouvernement qui défonce la porte du Président de la République, et même pas en période de cohabitation. Et puis ledit Président est en train de prendre l?Ambassadrice des Etats-Unis en levrette sur son bureau.

    Inutile de dire que je me fâche tout rouge :

    - Qu?est-ce que c?est que cette intrusion ? Que signifie...

    Je n?ai pas le loisir de poursuivre. Florian me coupe et ne s?adresse même pas à moi.

    - Gardes, assurez-vous de la personne de cette femme !

    - Quoi ? Là, j?ai carrément poussé un hurlement. Mais de quel droit ?

    Il répond raide comme la justice, d?un ton sec et sans appel : ? Sous l?accusation d?intelligence avec une puissance étrangère ! ? Le monde s?écroule sous mes pieds. Je ne veux pas y croire. Je réclame des preuves. Et comble du malheur, il en a. Il me cite un rapport conjoint de la DST et de la DGSE, services nationaux d?espionnage et de contre-espionnage. Il est établi que la CIA se sert de l?US Navy comme du JAG pour donner une couverture à ses agents. Je joue l?avocat de ma belle avocate, restée à quatre pattes sur mon bureau, mon sexe désormais mou encore en elle :

    - Ca ne prouve pas grand-chose ! Ca peut ne pas être le cas de Meg !

    - ? Il y a autre chose ?, me fait Florian. A-t-il conscience que par-dessus tout je veux qu?il se taise ? Le capitaine Jostin n?a aucune notion de diplomatie, or elle vient d?être nommée ambassadeur.

    - Et alors ? Elle apprendra sur le tas ! Les USA récompensent bien ainsi les financiers des campagnes électorales !

    Je la défends encore et toujours. Je rejette la réalité. Pourtant, je comprends peu à peu pourquoi une légère sensation de malaise s?était emparée de moi depuis l?entrée de Meg dans le bureau. Elle n?avait pas voulu me parler vraiment. Elle n?avait pas regardé mes fleurs. Elle s?était jetée sur moi pour éviter tout approfondissement. C?était l?exact contraire de ce que nous avions vécu à Naples. Et surtout, ce qui me révulsait a posteriori, c?est que durant tout l?acte sexuel, elle ne m?avait pas regardé une seule fois. J?ai déjà admis le doute quand Florian tire sa dernière salve :

    - Enfin, et surtout, nous avons une note de la Maison-Blanche, confidentiel défense. Elle est de la main du directeur des opérations de la CIA, et contresignée par le Président lui-même. Considérant l?influence de l?agent Jostin sur le nouveau chef de l?Etat français, ordre lui est donné, avec la qualité d?ambassadeur, d?obtenir le retour de la France au sein du commandement intégré de l?OTAN. Je suis désolé, Fred !

    Il prononce cette dernière phrase en lâchant le dossier qu?il tenait, comme pour montrer qu?il partageait mon abattement. Je me retire penaud, et je remets mon pantalon. Meg, toujours nue, brûle ses dernières cartouches :

    - Il est impossible que cette note soit authentique. Il n?y a pas d?agent français à la Maison-Blanche. Et de toutes façons, vous ne pouvez pas m?arrêter, je suis diplomate.

    - Je vais prendre un remontant, dis-je en me traînant minablement vers le bar, laissant à Florian le soin de répondre. Meg avait au moins raison sur un point : il n?y avait pas de taupe française à Washington. Simplement des informateurs pour les journalistes. J?étais sûr que la fameuse note avait été obtenue par Mathilde.

    - Nous n?avons pas d?explication à donner. Quant à la diplomatie, vous n?êtes pas encore accréditée. Vous n?avez donc aucune protection.

    Je sors un verre à whiskey, et je me dirige vers le bar, à côté de la petite pharmacie. Je veux juste m?assurer d?une chose.

    - C?est fini, Meg, dis-je à regret, le dos tourné. Je voudrais juste savoir si tu jouais déjà la comédie à Naples...

    - Non, répond-elle à voix basse. Je t?aimais réellement. J?ai d?ailleurs voulu refuser cette mission, mais le Président me l?a imposée. J?en suis désolée, mais mon pays passe avant tout. Et tu es un étranger ! Mais je n?ai pas pu te regarder quand...

    Quel gâchis ! Les deux gardes jettent une couverture sur elle et l?emportent hors du bureau. Florian ne sait pas trop quoi faire, il les regarde partir. Ma main s?approche de la bouteille de scotch, mais elle ne la saisit pas. Elle passe tout près, elle ouvre la pharmacie. Je suis dégoûté de tout.

    Meg ne se débat pas. La politique, ce monde de fous, a tué mon amour. Anxiolytiques. Antidépresseurs. Bêtabloquants. Métamphétamines. Et un verre d?eau. Quand Florian se retourne, il est trop tard. Je pense que Meg ne peut plus entendre le bruit sourd de ma chute lorsque je m?effondre sur la moquette.

    2. Dieu Sauve Le Roy.

    J?ouvre les yeux dans une atmosphère tamisée. Ma tête tourne un peu. Est-ce ça le Paradis ? Impossible, avec la vie que j?ai menée, je mérite dix fois l?enfer. J?aperçois vaguement une femme blonde en uniforme sombre près de moi. Est-ce Meg ? Pitié, que tout ceci soit un rêve... Que je puisse démissionner et partir avec elle, ou si elle n?est pas à Paris, partir à sa recherche, à sa poursuite. Ma vue se précise. La femme reste floue, mais l?uniforme devient plus clair. Ce n?est pas Meg. Ce n?est pas la bannière étoilée.

    C?est l?Union Jack. C?est Mary, la jeune et fragile princesse d?Angleterre, qui est venue me veiller. Les picotements disparaissent de mes yeux. Je peux apercevoir une joie non feinte s?imprimer sur son visage gracile.

    - ? Enfin, vous êtes sorti du coma... Voici une semaine que la France ne respire plus, depuis votre infarctus si soudain ! Fred, vous devez surveiller votre coeur !

    Mon coeur ! Ah oui, je devrais surveiller mon coeur... J?imagine que Florian a dû monter ce bobard pour ne pas avouer la tentative de suicide du Président. Ainsi donc ils ont pu me sauver. Comme c?est dérisoire ! Ressusciter mon souffle ne m?a pas rendu l?envie de vivre. Je réponds en tournant la tête, de façon laconique.

    - Je le ferai à l?avenir. Mais que faîtes-vous ici, Mary ? Et pourquoi en uniforme ?

    - Vous ne le savez sans doute pas, me répond-elle d?un ton bienveillant, mais suite à un accident d?avion, je suis maintenant héritière du trône d?Angleterre. Cela explique toutes ces décorations. Et puis, on m?a dit que les médecins d?ici étaient habitués aux uniformes, alors j?ai mis le mien.

    Oui, c?est logique. On m?a transféré au Val de grâce, cet hôpital militaire d?élite. Le sort est cruel avec moi. Si je n?avais pas été président, mon amour ne m?aurait pas trahi, et un simple CHU de province ne m?aurait pas sauvé. Je remercie Mary de sa présence :

    - Mary, je sais comment vous témoigner ma gratitude...

    - Moi, je sais. Je suis toujours vierge, et je suis toujours amoureuse de vous. Alors, si un jour vous êtes libre à nouveau, je voudrais que vous soyez le premier !

    Je veux qu?on cesse de me parler d?amour ! Plus jamais ! Certes, je ne reverrai plus Meg de toute ma vie. Mais il faudra pas mal de temps pour qu?elle sorte de ma tête, si tant est qu?elle y parvienne un jour. Quant au sexe...

    - Qui vivra verra, Mary ! Je suis un moine pour les prochaines années, mais après je penserai à vous !

    - Je vous attendrai, Fred... Je vous le promets. Oh, j?entends les médecins. Je vais rentrer chez moi, dans le Lancastershire. Si vous voulez me parler... Au revoir, et bonne convalescence !

    - Au revoir, Votre Altesse !

    Pourquoi diable ne suis-je pas tombé amoureux d?une femme comme ça ? Je me pose la question longtemps après ma sortie de l?hôpital. Pourtant, le peuple m?idolâtre réellement, plus encore depuis cet épisode qui me donne des aspects christiques. Mais ça ne lève pas complètement les remords qui me rongent. Lorsque je me suis rassis dans mon fauteuil de l?Elysée, ma première décision a été d?annuler ma visite prévue à Washington. Plus de contact pour les quatre dernières années de mon mandat ! Je me suis renseigné discrètement sur la situation du capitaine de vaisseau Meg Jostin. On m?a répondu que personne ne portait ce nom dans l?armée américaine. Je hais de plus en plus ces secrets d?Etat.

    Je reprends peu à peu goût à la vie. Il me faut quand même deux ans pour accepter le redémarrage de ma vie sexuelle, par le biais de la toujours dévouée Gladys. Et puis, Mary me montre toujours la même attention. A force de pression, j?accepte quelques-unes de ses incessantes invitations à dîner dans son manoir triste de la campagne anglaise. Mais je reste toujours très correct, voire même un peu distant. Justement, au cours d?un de ces repas, Mary se départit un peu de sa bonne humeur :

    - Vraiment Fred, je vous ai connu... Comment dire ? Différent ! J?ai l?impression que, depuis votre accident, vous avez un peu perdu de votre entrain et de votre enthousiasme !

    - Oui, réponds-je après un léger rire nerveux, disons que j?ai de lourdes contrariétés !

    - Ne croyez-vous pas que j?ai les miennes ? Ma grand-mère est malade, j?aurai bientôt la charge du royaume. Et depuis que les paparazzi vous ont vu sortir du château, tous les tabloïds sont convaincus que nous couchons ensemble !

    - Princesse, vous n?avez pas mis beaucoup de conviction pour les détromper.

    J?ai dû toucher une corde sensible. Mary rougit jusqu?au oreilles, et elle s?énerve un peu.

    - C?est vrai, reprend-elle, je ne serais pas fâchée si ces rumeurs étaient fondées. Je vous aime comme une folle, vous le savez, vous êtes célibataire et pourtant vous vous refusez à moi. C?est à croire que l?Américaine vous a salement amochée et que... Oups !

    A l?instant où elle prononce ces mots, mon teint doit ressembler à la banquise. Sacrénom, comment elle au courant ? Ca ne peut être que...

    - C?est Florian qui vous l?a dit, c?est bien ça ?

    - Oui... Il espère que je pourrai vous rendre tous vos moyens. Mais je dois vous avouer que parfois je doute de réussir.

    - Vous avez réussi, dis-je. Allez dans votre chambre et préparez-vous ! Je vais vous faire l?amour !

    Ah, c?est maintenant elle qui accuse la surprise. Je me dois de punir Florian pour avoir craché le morceau, mais il a sans doute raison. J?aime bien Mary, et je mourrais de honte si je lui laissais croire que Meg m?a définitivement enterré. Ce qui avait failli ne pas être faux. Je la rejoins donc dans sa chambre, moins par désir que par orgueil, et je m?assieds à ses côté au bord du lit. Elle semble à la fois heureuse et effrayée que l?instant soit arrivé.

    Je pose une main sur sa cuisse et mes doigts remontent lentement, faisant au passage crisser ses bas, avant d?atteindre la peau nue. On était en été mais Mary portait encore de longs bas noirs, probablement à cause du climat particulier du Lancastershire. J?observe la progression de mes doigts dans la glace murale. Elle écarte légèrement les jambes et se rejette vers l?arrière.

    - Caressez mes seins, s?il vous plait !

    Marque de politesse bien superflue. De mon côté, je me sens de plus en plus attiré, alors que j?étais venu pour agir mécaniquement. C?est alors que je constate qu?elle aussi regarde fixement la glace. Elle retire rapidement sa jupe en soulevant légèrement ses fesses, offrant du même coup à ma vue son porte-jarretelles et sa minuscule culotte blanche, si petite qu?elle paraît fichée dans le sexe blond. Le spectacle renvoyé par le miroir était encore plus impudique, et je me retrouvais avec une barre d?acier entre les jambes.

    Je pose la main sur le ventre plat, puis je la laisse vagabonder, remonter vers ses mamelons durcis, puis redescendre vers le mont de vénus. Je décide d?enfoncer par surprise mon index dans le four de son vagin, aussi loin que je le puisse, en prenant bien garde de ne pas arracher son hymen. Hum ! J?ai la sensation de voler un peu de miel du pot. Mary se cambre d?aise, gémit de bonheur, les yeux dans le vague.

    Le mouvement a fait saillir ses seins. Je prends un téton de ma main restée libre et je le fais rouler, tendrement, doucement. Je sens la main princière s?escrimer sur ma fermeture éclair pour libérer la bête tapie dans un antre devenue trop étroite. Elle l?astique à grands coups de poignet, son bras complet imprime le mouvement. Notre reflet était absolument onirique. Nous ne parlons pas, tout au plus nous gémissons, tout à notre plaisir et à celui que nous donnons. J?arrache la petite culotte de ma partenaire et l?envoie valdinguer par la fenêtre. Me doigts s?agitent avec frénésie sur sa poitrine et son clitoris, tandis qu?elle semble prête à me faire jouir dans sa main. Mais elle relâche finalement son emprise sur mon sexe prêt à dégorger ses réserves, pour s?allonger sur le lit, cuisses écartées.

    - Viens en moi ! Je veux être une femme, enfin !

    Il aurait été impoli de la laisser patienter encore. Je me positionne en face de son vagin prêt à m?accueillir. Et d?un mouvement plein de résolution, je m?enfonce au fond de son ventre. Elle grimace légèrement, mais son souhait est exaucé, la voilà femme. A genoux sur le lit, j?attrape ses jambes, je les soulève, puis je les replie sur mes épaules. Je peux ainsi la pénétrer beaucoup plus profondément, sans grande difficulté d?ailleurs tant son sexe est ruisselant. Mary est tout à coup secouée par un violent orgasme, ses jambes se tendirent à tout rompre quelques instants, puis elles retombèrent, complètement molle après cette débauche d?énergie.

    Je continue tout de même à la pistonner un peu. En effet, son fourreau est brûlant et je me sens bien pour la première fois depuis trop longtemps. Finalement, je sens la sève quitter mes couilles et le plaisir de l?orgasme irradier ma colonne vertébrale. Avant d?exploser, j?ai tout juste le temps de lui pincer par surprise le clitoris pour la faire décoller une seconde fois. Plusieurs minutes se passent et nous restons emboîtés l?un dans l?autre. C?est elle qui se décide à rompre le charme.

    - C?était extraordinaire ! Ca fait toujours cet effet ?

    - Seulement quand on s?aime, réponds-je. Et crois-moi, je t?aime !

    Elle arrête la conversation ici même, après un léger sourire, et elle s?endort dans mes bras. Je l?aime, c?est certain, mais au point d?oublier...

    Je suis agenouillé en face d?un vitrail, partagé entre la gêne, l?émotion et la satisfaction. La gêne, parce qu?un projecteur est braqué directement sur moi, et qu?il m?empêche de voir quoi que ce soit. L?émotion, parce qu?à cette place se sont tenus auparavant Edward III, Henry V ou la reine Victoria. La satisfaction, parce que je sais que j?aime Mary, devenue reine il y a quelques semaines, et qu?elle sera ma femme dans quelques minutes.

    L?ambiance de Westminster est impressionnante de solennité. En fond musical, on entend en boucle le ? Dieu sauve le roi ?, que les Anglais ont rebaptisé ? God save the King (the Queen) ? pour en faire leur hymne national. Mary serre ma main au moment où l?archevêque de Canterbury pose sur ma tête la couronne de prince consort du Royaume-Uni, déchaînant les vivats de la foule massée au-dehors. Une fois la cérémonie terminée, mon épouse la Reine et moi-même nous retournons pour remercier les convives présents dans l?abbaye.

    Que de visages connus ! Au premier rang, je trouve Florian, qui m?a succédé à l?Elysée, flanqué d?une Mathilde les yeux humides. Gladys, Premier Ministre, est juste à leur côté et semble heureuse de mon bonheur. Puis il y a des rois, des princes, des dignitaires, ...

    Un moment, je trahis un petit sourire en apercevant au loin un couvre-chef, et je constate avec joie qu?une blessure ne se rouvre pas. Il faut dire que l?enseigne de vaisseau américain qui le porte, attaché militaire à Londres, n?est pas bien séduisant. Bien moins en tous les cas qu?une espionne envoyée dans le but de tenir en laisse la République française. C?était dans un autre temps. Une autre vie.

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