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La serveuse de l'Albatros

Chapitre 19

Révélation

Voyeur / Exhibition
Elle revit Julien dès le lendemain. Il s’était installé comme à ses habitudes à la table derrière la plante verte. Elle lui fit signe de venir plus près d’elle, à la première table derrière la caisse. Il reprit son cartable et s’assit donc à un mètre de Sophie.
Elle avait sa petite jupe écossaise grise, si courte qu’il laissa quelques secondes son regard s’y perdre. Des images de la nuit lui revinrent à l’esprit. Un sourire redessina sa bouche et dévoila ses dents. Elle ne l’avait encore jamais vu comme cela, si reposé, si enjoué, si gai. Il parlait tout le temps, lui d’ordinaire si taciturne. Et puis il se mit à son roman du moment.
Sophie passait quelque fois près de lui avec son plateau et se plantait devant l’enregistreuse pour taper un montant. Julien, absorbé par son travail ne la regardait pas, il ne voulait pas se déconcentrer, sûrement. Et puis tout de même, il leva les yeux un instant, au moment où elle quittait sa chaussure devant le tiroir-caisse. Il regarda ce pied si fin, gainé de noir se poser sur le socle de la colonne. Son œil ne manqua pas alors de discerner l’image inversée de ses fesses nues sous sa jupe. Une bouffée de chaleur l’envahit. Sophie n’eut pas besoin de se retourner pour savoir que Julien venait d’apercevoir le reflet des miroirs. Le simple bruit du stylo qui tomba sur le formica entre ses feuilles de brouillon l’avait avertie de l’émotion qu’elle avait suscitée chez lui. Son vagin se crispa encore une fois et elle resta un long moment figée, immobile face à l’écran de la machine dont elle ne distinguait même plus les chiffres qu’elle venait de taper.
Quand elle quitta le coin du comptoir, elle lui sourit en passant, sourire qu’il lui rendit en mimant des lèvres un baiser.
Un peu plus tard, il n’y avait plus personne dans la salle, qu’eux deux… et Yolande qui tricotait assise dans son coin. Fernand était en vadrouille et le vieux Jean à la cave, à ranger des tas de caisses vides pour faire de la place en prévision d’un arrivage de bouteilles le lendemain.
Sophie se plaça le dos aux frigos en regardant Julien droit dans les yeux. Quand il la vit l’air si espiègle, il la fixa aussi, intrigué. Elle sentait entre ses fesses la forme arrondie de la manette, justement celle qui tombait vers l’avant. Sa jupe passa par-dessus et elle ressentit contre sa peau le froid de la porcelaine. Elle commença son lent mouvement de va-et-vient en gardant la tige de métal entre ses fesses, sans quitter Julien du regard. Il voyait son buste monter et descendre doucement au dessus du comptoir, ses bras derrière elle, sur le bord de marbre qu’elle tenait à pleines mains, à côté du percolateur.
Elle souleva les pieds pour faire passer la poignée entre ses cuisses et se pencha en avant tout en s’accroupissant un peu pour faire entrer l’objet de ses plaisirs solitaires entre ses lèvres humides. Elle dut se cambrer exagérément pour y arriver sans les mains, mais la tige entra sans forcer. Julien s’était mis debout et avançait vers l’angle du bar pour voir de l’autre côté. Il ne fut pas déçu du spectacle. Sophie était déjà dans une espèce de transe, les yeux à moitié révulsés, tentant de contenir les ondes de plaisir qui envahissaient son ventre. Julien voyait la porcelaine blanche de la poignée sortir et disparaître sous le pan de la jupe. Pour lui en montrer d’avantage, elle souleva le devant de la jupe d’une main alors que de l’autre restée derrière, elle soutenait toujours son corps afin d’empêcher une pénétration trop profonde qui aurait pu la blesser.
Appuyé à la rambarde de l’escalier, il ne quittait pas Sophie des yeux, fixant tour à tour son sexe et son visage déformé par l’intensité de l’exaltation. Il la sentait à la limite de l’orgasme qui arriva, en effet, en un long sanglot étouffé. La plainte sourde qui lui échappa fit tourner la tête à Yolande derrière la vitre de séparation opaque. Elle ne dit rien et ne comprit sans doute rien non plus ; alors, après un bref instant d’immobilité, Sophie laissa s’apaiser les ondes électriques qui secouaient son corps, les jambes étroitement serrées contre la porte du frigo, étranglant la base de la poignée de ses lèvres ruisselantes de jus.
Julien n’en pouvait plus de tant d’excitation. Lui-même était au bord de l’explosion. Il avait des éclairs dans les yeux qui brouillaient l’image de Sophie. Son pénis raide et dur, comprimé dans son jean trop serré lui faisait mal ; il appuyait de sa main sur son bas-ventre pour tenter de calmer sa douleur. N’en pouvant plus, il ouvrit un à un les boutons de sa braguette et extirpa son sexe qui, libéré de sa pression, laissa échapper par saccades une longue larme ininterrompue de sperme qui tomba entre ses pieds sur le plancher de l’estrade. Le tableau était pathétique, bouleversant, d’une immense portée érotique. Les deux êtres face à face venaient de jouir l’un après l’autre mais dans une communion telle qu’on aurait pu croire qu’ils venaient tout juste de se désaccoupler.
Ni l’un ni l’autre n’avait entendu arriver le vieux Jean, qui trônait, hébété en haut des marches de l’escalier de la cave.
Cette vision leur fit retrouver leurs esprits. Jean, avec beaucoup de tact ne dit rien à Sophie, ni bien entendu, plus tard aux patrons. Après tout ce n’était pas son affaire. Cependant, quand elle quitta définitivement l’Albatros l’année suivante, il lui glissa à l’oreille en l’embrassant qu’il savait tout depuis le début : l’escalier des toilettes, les miroirs, tout quoi. Yolande ce jour-là aussi la remercia de bon cœur. Fernand était redevenu très câlin avec elle depuis qu’elle était arrivée. L’influence bénéfique de ses tenues légères, sans doute. Si elle savait !
Mais pour le moment, les jours s’écoulaient lentement. Les amoureux sortaient ensemble, faisaient l’amour soit dans la petite chambre sous les toits soit dans le studio. Ils coulaient des jours heureux. Quand il n’était pas à l’université, Julien venait toujours passer l’après-midi à l’Albatros pour écrire ses romans, en buvant une grande tasse de thé ou de café crème. Elle se mettait souvent debout à ses côtés et se laissait caresser les fesses et le sexe discrètement sous sa jupe courte.
Ce jour-là, comme la veille, il était installé, à la table du fond, derrière la plante verte. Elle se pencha vers lui et lut par-dessus son épaule, sur la première page de la pile, le début du texte du roman :
" Chapitre 1
— S’il vous plaît, mademoiselle, la même chose. — Tout de suite monsieur.
Sophie allait à droite et à gauche d’un pas nonchalant, pour servir les rares assoiffés qui occupaient à cette heure-ci les tables à l’ombre de la terrasse. Les affaires de la brasserie ne marchaient pas très bien depuis longtemps et ça n’avait guère changé depuis qu’elle était arrivée.
Cela faisait trois semaines qu’elle avait accepté ce job, ne trouvant rien d’autre de plus gratifiant, en attendant une…."
FIN
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