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Sex Club

Chapitre 1

Divers

Dans une villa du bord de mer au sud de la France, chez Tania et Chris. Point de vue de Tania, à la première personne :


Mon chéri est là, face à moi, sirotant une chope de bière allemande en me dévorant les yeux. Il porte un short de bain et une chemise à fleurs. Il a l’air d’un gros beauf et c’est l’amour de ma vie.


— Tania, ça te dit un bain de minuit ce soir ?


— On peut pas. Sophie nous invite sur son yacht.


— Encore ! Ça m’ennuie ces soirées...Je préfère quand on est tous les deux. Les orgies, j’en ai marre.


Je remarque bien que les grandes sauteries ne sont plus du goût de mon mari. Il redevient romantique. C’est mignon, mais moi, j’ai trop envie que Sophie me lèche. En plus, elle va nous faire une annonce ce soir. Elle a trouvé un bon plan, le must en matière de plaisir sexuel. Cela m’excite. Je sais que Sophie a l’habitude d’en faire des tonnes, mais elle est trop bonne cette femme. Je la veux et la suivrais partout où elle me mènera. Chris sera d’accord. Puis, il aimera cela lui aussi.


Chris fait la gueule. Je sais comment l’acheter. On a encore une bonne heure devant nous. C’est assez pour un massage. On va faire cela sur un tapis rouge. Il y aura des bougies d’encens et des pétales de roses. On s’embrassera tendrement sur une musique d’ascenseur comme il les aime. Il aura sa dose de romantisme et j’aurais ma dose de la chatte à Sophie.


Je prends la main à Chris. Il boude encore. Je l’emmène derrière la maison, face à la mer. Je le pousse sur le tapis. Il est un peu surpris par ma brutalité, mais il s’allonge. Je retire le haut et le bas. J’empoigne le flacon d’huile. Il a compris. Il me sourit, satisfait. Il ne manque que la culotte. Je la retire, tout doucement, pour que Chris puisse bien mater la scène. Il adore quand je prends mon temps. Je me tartine généreusement de cette pâte lubrifiante qui fait briller ma peau. Je me caresse les seins. J’écarte un peu les jambes en restant debout. J’enfonce les doigts dans ma vulve. Je n’y prends pas particulièrement de plaisir, mais il en faut pour tous les goûts. Chris est aux anges et je continue la cérémonie.


— Oh ! Vas-y, masse-moi ma muse !


Ce surnom que Chris me donne quand il est heureux m’a toujours fait rire. Ce n’est pas un artiste à ce que je sache et tout ce que je lui inspire, c’est de se branler sur des vidéos de moi quand on passe du temps loin l’un de l’autre. Je me prête à ses désirs. Je le déshabille. Il ne lui a pas fallu beaucoup pour bander. Je lui mets du gel un peu partout pour que cela glisse bien. Il se couche sur le ventre. Je commence en lui massant les épaules. Il pousse un petit râle. Qu’il est tendu !


Le haut de son corps satisfait, je m’amuse en lui donnant une fessée. Il ne s’attendait pas à cela. Je ris et il rit. Je passe aux choses sérieuses, la partie du rituel qu’il adore. Je m’assois sur lui et je penche la poitrine. Je m’allonge sur lui et le masse de tout mon corps. Coulissant du coccyx au thorax, mes glissements font monter la température. Je lui fais un gros câlin pendant lequel je le renverse sur le côté et saisis sa tige. Je presse bien fort avec mes doigts. Je le branle. Il aime cela plus que la fellation.


Quand nous en avons fini, j’éteins les bougies et il enroule le tapis. On prend nos habits sur les bras et partons nous changer à l’intérieur. Il met son ensemble de pingouin des salles de bal. Je mets ma robe de bourgeoise qui tourne dans une pub de parfum. Nous nous dirigeons hors du petit palace des parvenus, la demeure des nouveaux riches, la résidence clichée des stars de Hollywood, mais en France, dans le golfe de Saint-Tropez. La voiture de luxe, c’était l’élément de trop dans ce décor superficiel, on n’a pas pu s’y résoudre. On vient toujours à pied aux fêtes de Sophie. Cela l’amuse. Elle passe nous prendre au port dans un petit bateau à moteur rapide. On monte sur le mastodonte, le yacht à deux étages immobilisé en pleine mer.


— Tania ! Oh ! Tu m’as manquée. Viens ici, que je t’embrasse !


Un verre de champagne portant à la main, Sophie vient se serrer à moi, manquant de renverser l’alcool. Elle m’étouffe presque. Elle en fait toujours trop.


— Chris, petit coquin de cocu ! Tu m’as encore ramené ta femme !


Je pouffe de rire. Petit coquin de cocu ? Où est-elle allée chercher des expressions pareilles ? Je comprends que Chris ne l’apprécie pas. Elle parle trop fort. Elle est excentrique et puis c’est une sacrée pétasse quand même. Mais elle fait des cunnis comme personne. Nous rejoignons tout ce beau monde sur le pont. Cela discute. Cela boit. On va s’emmerder pendant deux bonnes heures. J’espère que Chris tiendra le coup. Je n’aime pas le tromper quand il n’est pas là.


— Aujourd’hui, pas de sauteries.


Je n’en reviens pas. Qu’est-ce qu’on fout ici ? Si j’avais su, je ne serais pas venu. Elle me cloue cette femme, toujours surprenante. Chris passe son bras par-dessus mes épaules. Il sait que je suis déçue et veut me réconforter. Il n’arrive pas tout à fait à me cacher sa satisfaction. Lui est très content de ne pas avoir à se taper la marchande de cigares qui veut lui avaler la bite à toutes les réceptions.


— Je vous présente le Docteur J !


Sophie nous entraîne avec ses quelque trente invités sur la partie la plus spacieuse du pont du bateau. Le docteur J est assis sur une chaise, un verre d’eau sur une table face à lui. Il est extrêmement élégant, quand nos tenues sont ostentatoires et superficielles. Il fait très parrain de la mafia. Devinant sous ses habits procurés chez un tailleur italien un corps de tanguero argentin en lice au championnat international de Buenos Aires, je suis toute chose. Je n’ai jamais vu un si bel homme. Le docteur J se lève et je remarque, en observant l’assistance, que je ne suis pas la seule à baver devant la vitrine. Beaucoup de femmes et quelques hommes le regardent avec envie, une envie de baise. On est là pour une orgie d’habitude. Tout cela est très frustrant.


— Le docteur J est là pour passer des entretiens avec les intéressé(e)s. Il vous recevra dans la grande salle à manger sous nos pieds, un par un, quand vous aurez fait vos choix.


Sophie distribue à tout le monde des menus de restaurant sous une couverture élégante en tissu rose. Il n’y a pas de descriptifs de mets délicats à l’intérieur, mais plutôt un long baratin sur la respectabilité de la clinique de Monsieur. Cela sent de plus en plus fort la mafia. Je comprends que la clinique n’est pas le véritable sujet de la réunion de ce soir. C’est une couverture pour protéger les arrières de tout le monde, quand il s’agira de rendre des comptes au fisc sur nos activités.


Je ne comprends pas tout, mais le menu a plusieurs pages. La suite réussit à me convaincre. Mon mari est un peu méfiant, mais maintenant que nous sommes multimillionnaires, il ne me refuse plus rien. Le prix des services du docteur J est exorbitant, mais il faut bien cela pour passer sur la table d’opération. Je réalise que je suis folle et inconsciente, mais je suis tombée sous le charme de docteur Frankenstein. Je veux cet entretien; et tant pis s’il faut payer d’avance. Nous en avons les moyens aujourd’hui.


— Vous êtes... ?


Je suis seule, sans mon mari, assise en face du docteur J. La salle à manger est beaucoup trop grande pour nous deux. Le docteur J est froid et direct. Il m’impressionne beaucoup.


— Je m’appelle Tania. Je suis ici avec mon mari depuis deux ans. Nous avons fait la connaissance de Sophie il y a quelques mois et...


Il me coupe.


— Vous êtes une femme.


Je deviens muette. Il coche une case sur un formulaire face à lui. Je suis sur le cul. Comment cela : “vous êtes une femme” ? Cela ne se voit pas non ?! Oh ! Mais, qu’est-ce que tu fais ici, ma pauvre ? Tu es encore tombée sur un fou, et c’est cette folle de Sophie qui t’a embarquée dans cette galère. Rendez-moi mon argent. Je veux partir tout de suite.


— Une très belle femme d’ailleurs. Je vous ai remarquée tout de suite, quand vous êtes arrivée avec votre ami. Vous avez fait fortune rapidement non ? Vous n’avez pas les manières des autres invités. J’apprécie cette fraîcheur.


Il est un peu maladroit, mais je me calme d’un coup. Je m’emporte trop vite. Je m’en rends compte en ouvrant la bouche que je bredouille.


— Oui, dans le mille. On en est pas très fier, mais Chris et moi devons toute notre fortune au loto. Nous avons gagné un des plus gros lots obtenus en Europe et...


Il fait une moue contrariée. Je me sens conne, et pourtant il n’y a pas de raison.


— Mmmh. Détendez-vous, je ne suis pas sectaire. Je prends les chèques de toutes les bourses. Mais vous voyez, les gagnants des loteries attirent toujours quelques journalistes. Et puis la Française des jeux vous suit de près. C’est seulement que nous devrons prendre quelques précautions supplémentaires.


Je me demande tout ce que le docteur J peut bien noter sur son calepin. Nous n’avons presque pas eu de conversation. Je me mords vite les doigts de m’en être plainte. Je suis assenée de questions sur mon âge, mes habitudes alimentaires, mes activités sportives et de loisir; puis au fur et à mesure que l’interrogatoire progresse, les questions deviennent plus intimes.


Il me pose des questions si diverses sur ma sexualité et le rapport à mon corps que j’en découvre les réponses en même temps que lui. L’interrogatoire dure quarante-cinq minutes. Que peuvent bien faire les autres pendant que je bavarde ? Je le devine. “Pas de sauterie ce soir”; cela m’aurait bien étonné. Ils baisent, et je suis coincée ici avec le docteur “bloc de glace dans un réfrigérateur” qui m’ennuie de plus en plus.


— Déshabille-toi. Je vais t’examiner.


Je suis encore surprise, et pourtant c’est évident, vu ce qu’il va me faire. Je pensais que je devrais attendre, prendre rendez-vous et me rendre dans sa clinique. J’y attendrais des heures avant qu’il daigne passer au tour de sa patiente. Il me demande de me mettre sur la table, d’ouvrir ma robe, enlever ma culotte et écarter les jambes. Je m’exécute, un peu mal à l’aise. Le lieu est insolite. Personne ne peut nous voir, mais les baies vitrées ouvrent l’espace sur la mer. Je me sens comme une huître ouverte au spéculum de Cusco. Il n’y a rien d’excitant dans un examen gynécologique et je n’apprécie guère en général qu’il soit mené par un homme. Seulement, nous sommes sur un bateau où il y a tous les soirs des orgies. Je tangue. Le docteur J est délicat et je veux qu’il abuse de moi.


— Alors Docteur, vous voyez bien ?


— Parfaitement, Tania. Ça ira très vite.


Ce n’est pas exactement la réponse que j’attendais. Je lui ai jeté un regard lubrique. Il avait les yeux dans ma chatte et n’a rien vu. Je ne désespère pas. Je suis venu sur ce yacht pour baiser tout de même. J’ai payé une fortune pour cet entretien. Alors si je ne peux même pas me faire le docteur...


Il retire le spéculum de Cusco. Je ne tiens plus.


— Prenez-moi, Docteur ! Je brûle...


— Je vais vous prendre la tension, oui. Je ne veux pas prendre de risques pour la première injection.


— Oh oui; faites-moi une injection. Injectez-vous bien profond.


Il sourit. Va-t-il enfin me donner ce que je demande ?


— En effet, vous devriez prendre votre pied avec votre première injection. Mais ce n’est qu’un avant-goût de ce qui vous attend quand je vous opérerai...


— Allez-y, docteur...


Il part se servir dans une armoire à vaisselle et je découvre une imposante bibliothèque de pharmacien. Dans un autre tiroir, il prend une seringue et je comprends que personne n’a jamais consommé un repas dans cette salle à manger. Serait-ce ici, la clinique ?


— Oui, vous avez bien compris. On est jamais trop prudent d’ailleurs. Vous serez opérée dans les eaux internationales. Cela nous protège un peu, au cas où les choses tourneraient mal.


Je regarde le docteur; pantoise. Je suis morte de trouille. On va m’ouvrir le bide en dehors de toute juridiction et j’ai signé pour cela. Je voudrais être née avec une cuillère d’argent dans la bouche et ne pas avoir le souci du gaspillage. C’est si stupide d’oser risquer la mort pour ne pas “gâcher” un investissement déraisonnable.


— Qu’est-ce que vous allez me faire, Docteur ?


— Je vais décupler votre sensibilité vaginale. Les femmes sont plus souvent clitoridiennes. Grâce à moi, vous allez aimer en prendre des bites jusqu’au fond, et vous ne demanderez que ça.


Je le méprise un peu. C’est bien un truc d’homme. Je ne suis pas particulièrement enchantée à l’idée de devenir l’incarnation sincère d’une actrice porno mainstream. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour prendre plus de plaisir ? Je garderais mes autres préférences après tout. Je n’aurais que plus de possibilités.


— Avant d’injecter, je vais procéder à une anesthésie locale dans une région large centrée sur votre périnée.


— Ah ! Parce que sinon il faudrait souffrir pour jouir Docteur ?


Il sourit encore. Je crois bien qu’il ne se prend pas pour de la merde. Il est hautain. Je pense qu’il me prend pour une idiote, lui, le savant pervers qui transforme les femmes en objet de ses branlettes.


— Voilà, c’est fait.


Je ne sens plus ma chatte ! J’hallucine, c’est la première fois que cela m’arrive. C’est agréable et dérangeant à la fois. Non, c’est insupportable. Rendez-moi ma sensibilité.


— Détendez-vous...Bientôt vous aurez un avant-goût des plaisirs que votre transformation engendrera. Vous me donnerez des nouvelles de vos ébats avec votre mari.


— Et avec vous, docteur ? Vous me trouvez belle femme, non ?


Il rit. Quel connard !


— Ecoutez Tania, je sais où nous sommes, mais je ne fréquente jamais mes patientes. C’est un principe. Patientez un peu et vous trouverez bien des plaisirs en dehors. Ça m’a l’air animé là-haut. Oh ! Et j’ai fini l’injection. Vous pouvez disposer.


Disposer. Je pars tout de même, en colère. Les convives s’enfourchent. Je ne vois que mon mari qui est resté habillé, dans l’expectative.


— Alors, tout s’est bien passé ma chérie ?


Je m’effondre sur lui, en pleurs. J’ai une montée d’hormones et des bouffées de chaleur.


— Je sens plus ma chatte ! C’est horrible, partons d’ici.


— Tu ne veux pas que je passe l’entretien avec le docteur ?


— Non, on s’en fout. Je ne suis pas sûr de vouloir continuer l’expérience. C’était une folie, pardonne-moi. Rentrons à la maison.


— Mais on a payé une fortune !


— On s’en fout de l’argent.


Un anonyme en costume blanc caché sous un masque de corbeau, pendant une réunion à petit comité :


— Joris Taylor est un jeune blanc raciste, théoricien du complot, macho et mégalomane. Ses échecs, il les impute à la société. Son bouc émissaire ? Les juifs qui contrôlent tout selon lui. Il hait aussi les noirs, les latinos et les arabes, mais c’est pour faire comme tous les suprémacistes blancs. Pour lui, le mal a un nom : Israël. Cependant, Joris Taylor n’a pas une personnalité aussi marquée qu’il aime à croire, et est très influençable. Sa haine, il la cultive de ses frustrations. Joris Taylor est puceau. Humilié dans sa jeunesse, petit bizut de son collège, ses opinions tranchées prennent leurs racines dans son milieu familial. “Je suis pas raciste, mais...” il l’a entendu tous les jours. Trouvant échappatoire sur Internet, sur les forums de l’all right américains, Joris Taylor passe au “Je suis raciste parce que...”. Joris Taylor prend confiance en lui. A l’école en France, il est meilleur en anglais que ses camarades. Mais Joris est roux, et subit des railleries qu’il ne réussit pas à surmonter. Joris s’isole dans sa chambre, ne travaille plus en classe et ne se fait pas d’amis. Il passe tout son temps devant son ordinateur. Il renforce ses préjugés grâce aux suggestions de recherche “intelligentes” qui l’enferment dans un entre-soi toxique. Il ne fait pas grand-chose. Sur son bureau, les mouchoirs usagés s’accumulent, et ses parents négligents finissent par réagir. “Arrête de te branler, et trouve-toi un travail. Ta mère et moi, on t’entretiendra pas toute ta vie”. Il n’en faut pas plus. Joris Taylor a un plan. Ses parents, il ne les reverra jamais. Il a déjà de faux papiers grâce à l’argent volé à papa. Il n’a pas encore de travail, mais il en trouvera. Il va montrer à tout le monde ce qu’il a dans les tripes, lui, que personne n’aime.


Dans les pensées du xénophobe. Point de vue de Joris Taylor, à la première personne :


Il est trois heures du matin, le métro se vide. Une demoiselle seulement en sort. Elle est craintive. Je suis un homme et le seul individu à la ronde. J’ai l’uniforme de technicien de surface et cela la rassure. Cependant, je lui regarde fixement les seins et cela l’angoisse. Je suis un homme blanc, jeune, beau et bien bâti. Mon intelligence ne se voit pas au premier regard, mais je suis quelqu’un de doué. J’ai beaucoup de talent même. Pourquoi ce n’est pas, comme d’habitude, un noir ou un latino qui ramasse la merde ? Je suis sûr que même elle, la lécheuse de cul démocrate des minorités, se pose la question. La société refuse leur place aux mâles dominants. Elle a peur qu’ils prennent le contrôle qui leur est dû. Et puis tous ces juifs, aussi, tiennent les rênes du monde. Les tueurs de Christ n’ont pas hésité à se salir les mains à la venue du messie.


Alors, quand je suis venu, moi, avec ma force et mon esprit, purifier le monde de toutes ces souillures qui l’accable, évidemment qu’ils ont tout fait pour arrêter ma course. J’ai été le plus malin, mais le mal est partout.


Je m’appelle David Jacob. Depuis mon adolescence, j’ai habilement construit une fausse identité pour infiltrer les synagogues. J’ai lu la Torah, puis je me suis essuyé le cul avec pendant de longues années, économisant mon plaisir en me rinçant au pommeau. Eh, quoi, je suis quelqu’un de civilisé et moderne. Je n’utilise pas du PQ comme tous ces idiots, alors que la douchette est bien plus hygiénique et moins irritante. Voilà cinq ans que je mets la kippa, cinq ans que je récolte, tout au plus, les insultes bien légitimes de mes compatriotes résistants. Je ne parviens pas à atteindre le réseau: cette organisation mondiale de juifs qui dirige les affaires dans tous les pays. Bien que fondamentalement inférieurs, je dois bien reconnaître qu’ils sont malins. Ils doivent sentir les traîtres comme je sens leur sale odeur. Ce sont les rois des hypocrites, et je n’ai jamais passé de meilleures soirées que dans des fêtes juives. J’y ai beaucoup d’”amis”, mais ils ne perdent pas le nord.


A chacune de mes tentatives d’intégrer la grande toile, ils m’ont d’abord posé des questions; puis quand ils ont flairé l’imposteur, m’ont ri au nez et dit en chœur qu’ils appréciaient mon humour noir. “Mon humour noir” : un avertissement ou un dernier affront ? J’ai toujours pris cette insulte comme une menace à mon encontre, mais elle n’a fait que me fortifier. Je suis sur la bonne voie. Ils n’arriveront pas à m’arrêter.


Je dois bien avouer que j’ai un ami juif, un type qui sort un peu du lot et qui sent moins mauvais que les autres. Il s’appelle Corentin, est breton et indépendant d’esprit. Lui, il ne pense pas comme tout le monde.


Je suis à une soirée juive. Je crois que c’est une bar-mitsvah, mais je n’en suis pas sûr. De toute façon, toutes les fêtes juives sont des bar-mitsvah.


— Tu sais que ta kippa est un truc de Romains ?


— Hein ? Qu’est-ce que tu dis ?


J’ai du mal à entendre Corentin avec tout ce bruit. Nous sommes assis côte à côte sur le canapé du cousin du fils de je ne sais plus qui. Plus encore que chez les chrétiens, tous les juifs sont frères. Un remix techno de Hava Naguila vibre dans toute la pièce. J’ai envie de vomir.


— La kippa en fait, si tu retraces un peu l’histoire du peuple hébreu, c’est comme l’étoile jaune pour les nazis. Ça nous a été imposé par Rome, pour signifier notre soumission. Ça s’est perpétué pendant le moyen-âge et nous, comme des cons, on a gardé l’insigne sur la tête pour mieux se faire parquer dans des ghettos.


En me rapprochant, je parviens finalement à comprendre Corentin dans le brouhaha. Je l’écoute avec attention, bien heureux de l’entendre critiquer son propre peuple.


— Heureusement, avec la Shoah, tout s’est arrangé.


Il marque un temps de pause et sourit.


— Aujourd’hui, on peut vivre en paix dans un ghetto géant : Israël !


Il éclate de rire. Je n’ai pas trouvé cela drôle, mais je souris, par politesse.


— Viens, j’ai chaud, il y a beaucoup de bruit et on respire plus ici. Allons un peu dehors prendre l’air.


Je suis content de sa proposition. Je le suis et nous allons discuter, à l’écart, sous les figuiers du jardin.


— J’ai repensé à ce que tu m’as dit hier David. C’est bien de t’être confié. Le meilleur moyen pour se sortir d’un pétrin, c’est d’en parler à ses amis. Alors, ça fait combien de temps que t’as pas baisé ?


— Euh, je baise quand je veux tu sais, mais voilà, c’est toujours la même chose, alors ça m’intéresse pas. Je préfère refuser les avances. C’est pour ça que je suis seul.


Corentin sourit :


— Bon, je sais pas si c’est une bonne idée, on a jamais intégré de puceau. Mais je vois bien que tu es frustré, que tu n’oses pas. Tu pourrais commencer par venir au groupe de discussion, ça pourrait te rendre service.


Je sais qu’il a raison, mais ses mots me mettent en colère. Je fais puceau, moi ? Non, mais qu’est-ce qu’il croit ? Je suis en mission d’infiltration et n’ai pas tout mon temps, et je ne vais pas draguer des juives. Corentin me regarde d’un air moqueur un peu condescendant. Je déteste cela. Et puis de quoi parle-t-il ?


— En plus, tu sais, être puceau à ton âge, ça devrait pas être un frein. Je connais certaines dames que ça excitera beaucoup. T’as plutôt une belle gueule en plus. Prends confiance en toi un peu !


J’ai envie de le démentir, de lui crier que je suis un bonhomme, que j’en ai tous les jours à mes pieds si je veux, lui balancer d’où je viens, mon projet et ma mission, mais je retiens ma colère. C’est encore une stratégie juive pour que je me trahisse. Mon propre ami... Cependant, je suis curieux et je veux en savoir plus. Je le laisse continuer. J’utilise mon meilleur jeu d’acteur pour avoir l’air intéressé. Je le laisse croire que je suis un petit puceau désespéré qui manque de confiance en soi.


— Tiens, je te file ma carte. Chez nous, on aime bien jouer des rôles. Un peu comme toi, dans ta vie.


Corentin glisse un bristol blanc argenté dans la poche avant de ma veste. Je récupère immédiatement le bout de papier et lis l’écriteau: Sex Club, avec un numéro et une adresse. Corentin ne s’arrête pas de parler.


— On a piqué quelques trucs au film, mais dans l’ensemble, c’est très différent. Pas de bagarre clandestine chez nous. On se fait du bien, tout est légal et surtout...


Je le coupe. J’en ai marre de son monologue.


— Et c’est permis par la religion ça ?


Il rit :


— Oh, mais moi et la religion, tu sais...Je suis de culture juive. Je fais ça pour faire plaisir à mes parents, comme ça, toute la famille est heureuse, et quand j’ai mon temps à moi, je fais ce que je veux. Mais tu peux parler toi, j’ai bien compris ce que tu fais à la pauvre Torah. Tu devrais mieux la cacher. J’en connais certains qui vont faire une syncope s’ils font un tour dans tes chiottes.


Il rit encore. Je reste stupéfait, mais je ne peux rien dire. Il m’a eu.


— Allez, retourne le papier. Il y a nos horaires au verso. Tu dis pas que c’est moi qui te l’ai donné, on préfère rester discret sur l’identité des membres. Tu ne voudrais pas faire de la peine à ma chère maman. Mais à part ça...


Corentin marque une pause comme à chaque fois avant de sortir une vanne et éclater d’un rire un peu forcé.


— Première règle au Sex Club, on parle du Sex Club !


Très drôle. Je soupire, désabusé. Je vomis.


— Wow ! Tu te sens mal David ? Tu peux partir si t’es pas bien. Je t’excuserais auprès de la famille.


Effectivement, il y a quelque chose dans le repas du rabbin qui n’est pas passé. C’était pourtant délicieux et s’il y a bien une chose qu’il faudra garder quand ils seront tous morts, c’est bien la cuisine juive. Les basses étaient trop fortes. C’est sûrement la musique qui m’a retourné l’estomac. Je m’en vais. J’ai hâte de retrouver ma chambre de bonne, sous les toits.


L’avantage de vivre sous un velux, c’est qu’on a vite fait de grimper au sommet. Je parviens péniblement, contorsionné sur moi-même, à me faufiler dans les escaliers sans croiser la concierge noire. Je m’assois sur les tuiles rouges. Je prends l’air. J’insuffle de grosses bouffées. Je me sens tout fragile.


Je doute. Une larme me monte à l’œil. Si seulement Adina avait dit oui, quand nous avions quinze ans. J’ai tellement mal. Non, ce n’est pas possible. J’ai des convictions. Je ne peux pas être ce cliché monté de toutes pièces par des gauchistes. Je suis ce blanc fier et combatif qu’on veut faire passer pour un frustré. Non, je ne suis pas un cliché. Adina...pars loin de moi. Laisse-moi vivre. Laisse-moi vous exterminer tous.


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