Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 10 885 fois
  • 276 J'aime
  • 20 Commentaires

Sex Machine ou l'expérience interdite d'Eugénie Pakhanon ...

Chapitre 1

La Sex Machine ...

Erotique

Eugénie Pakhanon a aujourd’hui 62 ans et part à la retraite après 40 ans passés au Centre National de Recherche Scientifique (CNRS). Devant elle émue aux larmes et tous ses nombreux collègues, le directeur du CNRS retrace le parcours exemplaire de celle qui a rejoint le CNRS à 22 ans à sa sortie de l’Ecole Polytechnique. En quelques minutes, on rappelle toutes ses remarquables qualités humaines et intellectuelles, on résume l’ensemble de ses recherches et publications scientifiques et on souligne toute sa contribution à la renommée du Centre. 

Après qu’on lui ait souhaité une belle et longue retraite et avant que l’on se jette sur le champagne et les accompagnements, Eugénie se voit remettre la médaille d’honneur du CNRS et, comme cadeau de départ, une superbe sculpture en bronze, signée Moreau, de la deuxième moitié du XIXème siècle représentant une femme assise et intitulée « Allégorie de la science ».

Pendant tout le cocktail, on se bouscule autour d’Eugénie pour lui dire un ultime petit mot gentil, lui adresser un dernier remerciement et la féliciter encore et toujours pour sa brillante carrière de chercheuse et son rôle d’exemple pour toutes les jeunes étudiantes scientifiques. Oui, c’est une rudement belle soirée qui est organisée là en son honneur.

 

Quelques heures plus tard, Eugénie est de retour dans son petit pavillon près de la porte d’Orléans où elle vit depuis presque toujours lui semble-t-il. Une fois la médaille d’honneur du CNRS rangée dans la vitrine où sont rassemblés tous les prix et trophées attribués pour ses éminents travaux et la statue de bronze posée sur le buffet à côté de sa collection de bibelots anciens, elle se sert un verre de whisky comme elle le fait tous les soirs, s’installe dans son fauteuil et pleure longuement.

Oui, elle est une brillante scientifique et une remarquable chercheuse mais elle est aussi une femme infiniment malheureuse et désespérément seule. Il faut bien le reconnaître et elle le sait très bien, si elle a un cerveau hors du commun, elle a un physique bien ordinaire. Elle n’est pas laide mais elle n’a jamais su se mettre en valeur. Les livres de maths l’ont toujours plus intéressée que les revues de mode ; les atomes et les molécules plus que les produits de maquillage, les blouses blanches plus que les robes et les jupes.

Etudiante, elle ne s’intéressait pas aux garçons mais aux vieux professeurs. Jeune assistante, elle ne sortait pas en boite mais dans les musées. Scientifique confirmée, elle ne partait pas en voyage mais en séminaire de travail. Chercheuse émérite, elle ne savait parler de rien d’autre que de ses travaux. Pour avoir constamment privilégié la recherche de l’infiniment petit à la recherche du grand amour, Eugénie est aujourd’hui ce qu’on appelle « une vieille fille », aussi vierge et immaculée qu’au premier jour.

 

Mais maintenant qu’elle est à la retraite, les choses vont changer car Eugénie va enfin pouvoir mener à terme le grand chantier sur lequel elle travaille en cachette dans la cave de son pavillon depuis bientôt dix ans. Le projet a germé dans son esprit lorsqu’en 2012 elle s’est rendue compte qu’elle n’avait jamais connu d’homme, ne savait rien des choses du sexe et ne savait même pas ce qu’est un orgasme. 

Comprenant qu’elle ne saurait pas trouver de compagnon digne d’elle et ne sachant d’ailleurs pas selon quels critères le chercher, elle a alors pris conscience qu’elle ne pourrait jamais être une femme pleinement épanouie malgré tous la reconnaissance et les honneurs qu’on lui témoignait. Elle allait donc devoir se débrouiller seule pour découvrir tout l’éventail des plaisirs de la chair qu’une femme doit impérativement connaître. Eugénie va donc faire sien les deux vieux adages qui disent « Mieux vaut tard que jamais ! » et « Mieux vaut être seul que mal accompagné ».

Dans l’une des deux pièces de sa cave, transformée en petite médiathèque, elle a accumulé ces dernières années tout ce qui se fait en matière de littérature et de filmographie érotique. Le soir une fois rentrée à la maison, elle a lu tous les plus grands classiques du genre, des Onze mille verges de Guillaume Apollinaire à la Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch, et aussi de nombreux livres de cul d’auteurs inconnus mais aux titres oh combien évocateurs comme Fantasmes pervers ou Fucking machines. Elle a également visionné les meilleurs films érotiques de L’empire des sens de Nagisa Ôshima à Caligula de Tinto Brass comme de multiples navets pornographiques de Suzanne ouvre-toi à La ruée vers Laure. Mais ces longues heures de lecture et de visionnage n’ont jamais procuré le moindre émoi ou le moindre plaisir à Eugénie car tout cela s’est fait avec des yeux de chercheuse et non de jouisseuse. 

 

Oui, depuis maintenant dix ans, dans le secret de cette petite pièce, Eugénie a étudié et disséqué tous les mécanismes du plaisir sexuel, physique et cérébral. Mais au bout de ces dix années, son travail est enfin terminé. Grâce à son expérience au sein de l’institut de chimie puis au sein de l’institut des sciences biologiques du CNRS, elle a réussi à identifier et répertorier tous les atomes et toutes les molécules, masculines et féminines, mises en œuvre lors du plaisir et de l’orgasme.

Elle a ensuite réussi à reconstituer, avec des produits de synthèse subtilisés dans un laboratoire du CNRS, l’hormone du plaisir ou phényléthylamine (PEA) dont les effets excitants et euphorisants vous font passer des nuits de folie. Là, dans un placard bien fermé à clé, sont stockés plusieurs flacons de PEA qu’elle compte bien utiliser prochainement pour accéder enfin au septième ciel après soixante ans d’abstinence.

Mais pour être certaine d’accéder au nirvana, Eugénie a décidé de le faire seule sans l’aide d’un homme qui, obnubilé par son propre plaisir masculin, pourrait gâcher cette première fois. Il y a quelques années, cela aurait été impossible mais aujourd’hui, grâce à l’intelligence artificielle et à la virtualité augmentée, elle a enfin construit sa « sex machine », sa fabrique à plaisirs.

 

Là, dans la seconde pièce de sa cave, elle a installé un lit confortable entouré d’ordinateurs, de calculateurs et d’autres accessoires dont elle seule connaît l’usage. Ce que peu de ses collègues savaient au CNRS, c’est qu’en plus d’être une brillante chercheuse, Eugénie est une remarquable informaticienne. Autodidacte, elle s’est formée sur le tas en prêtant attention aux informaticiens du CNRS, en suivant des cours par correspondance le soir et en s’inscrivant à des stages au conservatoire national des arts et métiers pendant ses vacances.

Après avoir lu et visionné des montagnes de livres et de films sur le sexe, elle a entré dans les énormes calculateurs de sa cave tout ce qu’elle a découvert. De la plus classique rencontre avec un seul homme à la plus lubrique des partouzes, de la plus perverse des expériences zoophiles à la plus chaste étreinte lesbienne, du plus innocent spectacle d’exhibitionnisme à la plus vicieuse histoire d’inceste, rien ne manque parmi les près de deux cents scénarios qu’elle a codés, modélisés et programmés. Même les thèmes du fétichisme, du travestissement et du sado-masochisme figurent dans les fichiers répertoriés par un simple numéro.

 

Oui c’est décidé, demain après une bonne nuit de sommeil et pour son premier jour de retraite, Eugénie va tester la Sex Machine et tenter l’expérience interdite….

Diffuse en direct !
Regarder son live