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Un soir de février

Chapitre unique

Erotique

Bonjour à vous, chers lecteurs et lectrices.


Il y a longtemps que je voulais confier, de manière anonyme, une partie importante de ma vie. C’est maintenant chose faite.

Le récit qui suit est donc une histoire vraie, tirée directement de mon vécu.

J’ai essayé d’aiguiser ma plume pour rendre l’histoire attrayante à suivre, j’y ai ajouté des détails intimes et c’est d’ailleurs pour ça que je la publie ici.

Il fallait que je l’écrive, c’était devenu une nécessité.

Mais je pense que vous comprendrez en lisant.


1 - Prélude


Cela faisait maintenant huit ans que j’étais marié. Marié avec la femme que j’avais rencontrée pendant mes années à l’université, quand j’avais la vingtaine. J’en avais désormais trente-trois. L’amour avait porté ses fruits durant ces belles années passées au côté de mon épouse, et deux enfants, deux petits diablotins, ainsi qu’un troisième encore bien au chaud, étaient venus agrandir progressivement notre petite famille, plus si petite que ça au final.


Bref, j’étais heureux.


J’avais une vie de famille rayonnante, bien remplie surtout avec des jeunes enfants, une vie sentimentale épanouie, même si elle avait certes connu des hauts et des bas comme tout couple qui dure, et une vie sexuelle simple et active. A cette époque, nous nous apprêtions à déménager, car la famille était sur le point de s’agrandir. Et bien que la perspective d’avoir un nouveau chez-nous plus grand réjouissait ma femme, elle était également un peu triste de quitter la ville où nous habitions, car elle s’y était fait une très bonne amie : Eléna.

Pourtant, nous ne partions pas loin, à seulement quelques dizaines de kilomètres.


Ma femme avait rencontré Eléna au parc, où elle allait avec mes deux ainés, après l’école dès que le temps le permettait. Elles avaient entamé la discussion un peu par hasard, et s’étaient rapidement trouvées beaucoup d’affinités. Eléna avait elle-même déjà trois enfants, et était un peu plus âgée que moi et ma femme. Elle était également mariée depuis presque dix ans, toujours en couple avec son mari et père de ses enfants.


Quelques jours avant de déménager, nous étions justement chez Eléna, un dimanche après-midi pour prendre le goûter. Et pendant que les enfants jouaient dans le jardin aux dernières lueurs du soleil de septembre, que ma femme alors allongée sur le canapé, très enceinte, Eléna nous partageait alors à quel point nous allions lui manquer. « On ne part pas loin. On pourra continuer à venir prendre le goûter chez vous le dimanche ! »,  lui avais-je alors répondu, sur un ton un peu moqueur.


Quelques semaines plus tard, alors que ma fille venait de venir au monde, Eléna était venue nous rendre visite à la maternité, avec ses trois filles. Son mari, Damien, n’avait pas pu venir, sans que je ne me rappelle la raison. En voyant ma femme tenir notre fille dans ses bras, petit être frêle tout juste né mais déjà rayonnant de bonheur, elle s’était alors penchée vers elle pour la prendre dans ses bras. Puis elle avait dit à ma femme « Un petit bébé comme ça, si mignon, ça me donne presque envie d’en avoir un autre », avant de se tourner vers moi et de me sourire. Cette phrase m’avait alors marqué, elle avait eu son petit effet, sans que je ne m’imagine quoi que ce soit sur le moment, ou que j’essaie d’interpréter un quelconque sous-entendu.


Il est vrai qu’Eléna était plutôt une jolie femme. La trentaine bien entamée, un beau visage malgré quelques rides qui commençaient à apparaître. Des hanches plutôt prononcées et quelque peu élargies par ses grossesses passées, ainsi que de petits seins. Mais de mon côté, j’étais heureux dans mon couple. Je venais d’être père une nouvelle fois, et je ne prêtais alors guère attention aux autres femmes. De toute façon, cela n’avait jamais été mon genre.


La vie continua ainsi, ma femme et Eléna continuèrent alors de se voir régulièrement, elles allaient au resto, elles échangeaient le soir par texto, … Bref, de vraies copines. De temps en temps, nous étions invités chez Eléna et Damien, et nous étions toujours très bien accueillis. Ma fille ainée s’entendait notamment très bien avec la sienne, ce qui bien entendu était venu renforcer les liens d’amitié entre les deux femmes.


Un peu plus tard dans l’année, alors que nous avions trouvé nos marques avec ma femme suite à la naissance de notre troisième enfant, nous nous trouvions, elle, moi, Eléna et Damien, chez des amis communs. Ce jour-là, Eléna semblait très remontée contre son mari. Elle passa ainsi l’après-midi à lui envoyer des pics, sans que ce dernier ne semble esquisser le moindre répondant. Damien n’était pourtant pas un mauvais bougre de ce que je connaissais de lui. Je l’appréciais même beaucoup, mais quand on ne voit un couple que de l’extérieur, on n’en effleure souvent que la surface.


Le soir, une fois rentrés chez nous, j’en discutais alors avec ma femme, et bien entendu, elle était dans la confidence. « Elle reproche à Damien de ne pas assez s’occuper d’elle, de la maison, des enfants. Tu vois, par exemple, il fait la grasse matinée tous les week-ends et c’est toujours elle qui doit se lever aux aurores avec les enfants ! Bref, elle assure seule la charge mentale depuis un moment déjà, et cela l’épuise. Elle m’a même dit qu’elle lui avait déjà posé un ultimatum, en le menaçant de le quitter !  ». Avant pour ma femme de conclure par « Heureusement, toi tu n’es pas comme ça », tout en m’embrassant.


Et soudain, je ne saurais pas expliquer pourquoi, à partir de cet instant précis, je me suis mis à fantasmer sur Eléna dans les jours qui suivirent. Je l’imaginais triste, délaissée, recherchant le bonheur ailleurs. Parfois même, je ne pouvais m’empêcher de penser à elle le soir en me masturbant, alors que ma femme était déjà couchée. Je l’imaginais se déshabiller devant moi, nous nous embrassions, ... Pourtant, je me sentais toujours épanoui dans ma vie de couple, tout allait bien avec ma femme. Nous nous étions rapidement faits à notre nouvelle ville. Bref. Cela ne m’inquiétait pas trop, car j’avais déjà eu ce genre de fantasme par le passé, comme tout homme je suppose. Des fantasmes sur des connaissances, des amies, des collègues de bureau, … sans que cela ne se soit soldé par un quelconque passage à l’acte. Tous ces fantasmes étaient restés au stade de pensée à chaque fois, et avaient fini par me passer rapidement. De toute façon, je n’avais de mon côté jamais cherché à essayer d’en assouvir n’en serait-ce qu’un. Et je me disais donc que cette fois-ci, ce serait pareil.


2 - Acte


L’histoire se poursuit quelques mois plus tard, un soir de février. Je ne fantasme plus du tout sur Eléna, ni ne pense à elle, comme je l’avais prévu. Je me trouve alors dans le train, qui me ramène du travail. Je suis parti un peu plus tôt que prévu, car il s’est mis à fortement neiger dans l’après-midi. A la gare de mon ancienne ville, celle où vit toujours Eléna et sa famille, le train s’arrête, mais ne repart pas. Annonce du conducteur, plus possible d’avancer, tout le monde doit descendre. Je dois donc m’arrêter là. Je me dépêche de sortir de la gare, je cours jusqu’à la station de bus la plus proche, en espérant que peut-être par chance certains circulent encore, et pourraient me rapprocher de mon domicile. Mais c’est sans appel. Les routes sont déjà trop enneigées, plus aucun bus ne circule. Je commence à réaliser que je vais certainement devoir finir le trajet à pied, quelques quinze kilomètres à affronter la neige, dans le froid, cela ne m’enchante guère. Mais bon, pas le choix. J’appelle alors ma femme pour lui dire que je rentrerais sûrement tard ce soir, en lui expliquant où je me trouve actuellement, et quelle est la situation. Elle s’inquiète, et me dit de bien faire attention.


Je commence alors mon périple, armé de mes Richelieu aux pieds. Et alors que cela fait dix minutes que j’avance péniblement, ma femme me rappelle. Entre-temps, elle a appelé Eléna, et cette dernière m’accueille chez elle pour passer la nuit. Eléna, je n’y avais même pas pensé. De toute façon, je n’ai pas son numéro. Au début, j’ai presque envie de décliner la proposition, mais l’idée de continuer à marcher pendant au moins certainement trois heures sous la neige me fait finalement changer d’avis rapidement. Je fais alors demi-tour, et effectue le trajet que je faisais avant quotidiennement, pour arriver une vingtaine de minutes plus tard chez Eléna.


Je sonne, en m’attendant à trouver la petite famille au complet. Capucine, la fille aînée d’Eléna, m’ouvre la porte, suivie par ses deux sœurs. Elles sont contentes de me voir. C’est vrai que la situation est plutôt inhabituelle, et que j’ai toujours eu un bon contact avec elles. Je rentre après avoir secouer mes chaussures recouvertes de neige, enlève mon manteau, et Eléna m’accueille à son tour, en me faisant la bise. Je jette un œil au salon devant moi, et m’exclame alors « Damien n’est pas là ? ». « Non, il devait également rentrer ce soir d’un déplacement pour le boulot, mais son TGV a été annulé à cause de la neige. Vraiment des rigolos dans ce pays, dès qu’il neige un peu c’est la pagaille. Tiens en attendant, tu peux te changer, je t’ai sorti des affaires de Damien ».


Je prends les affaires qu’elle me tend, et vais alors dans la salle de bain se situant dans l’entrée, pour me changer complètement. Je suis frigorifié.

Damien étant un peu plus petit que moi, les vêtements sont un peu justes, mais ça ira. Une fois changé, j’appelle ma femme pour lui dire que je suis bien arrivé chez Eléna, et lui dit d’embrasser les enfants pour moi. Finalement, la soirée débute, et se passe somme toute de manière tout à fait banale. Je mets la table, j’aide Eléna à faire manger ses enfants, puis à les préparer pour aller se coucher. Comme je le fais chez moi avec les miens. Je propose même de raconter l’histoire du soir, les filles sont aux anges. « Ça me change de Damien », me glisse alors discrètement Eléna qui débarrasse la table, tandis que ses filles choisissent une histoire dans la bibliothèque.


20h30, tout ce petit monde est maintenant couché. Je me retrouve donc seul, en tête à tête avec Eléna. Une grande première. Je me fais même la réflexion, cela fait de très nombreuses années que je ne me suis pas retrouver pas seul avec une femme qui ne soit ni mon épouse, ni ma mère. Nous passons à table, nous dînons tout en parlant de la pluie et du beau temps, et bien entendu surtout des enfants. Les minutes passent alors, et nous rigolons bien ensemble. Puis, tandis que je débarrasse la table, Eléna me dit de lancer le lave-vaisselle, et part alors dans la salle de bain, celle où je me suis changé un peu plus tôt. Je songe alors, tandis que je rassemble les couverts sales sur la table : « Où vais-je dormir ? ». C’est vrai, il n’y a que quatre chambres, et trois sont déjà prises par les enfants. Reste celle d’Eléna et Damien. Je regarde alors le canapé qui me tend les bras, en me disant qu’il est un peu petit mais qu’il doit être suffisamment confortable pour une nuit.


A ce moment précis, mon fantasme ressurgit alors. Soudainement, une pensée me traverse l’esprit, et je m’imagine en train d’aller me coucher dans le lit d’Eléna. Mais je me ressaisis vite. Ça n’arrivera pas, même si cette pensée impromptue m’a quelque peu chamboulé. Je range alors la dernière assiette dans le lave-vaisselle, puis lance ce dernier comme me l’a demandé Eléna. « Il en fait du bruit, ce lave-vaisselle », je me dis alors à voix basse, tout en songeant alors qu’il vaudrait mieux que je ne tarde pas trop. Après tout, nous sommes en plein milieu de la semaine, et j’ai beaucoup de travail qui m’attend au bureau ; d’autant plus que je n’ai pas pu le finir comme je le voulais cet après-midi. Je pars alors pour me préparer à me coucher. J’ai toujours une brosse à dent et du dentifrice sur moi, dans ma sacoche de travail. Tiens d’ailleurs, où est-elle, ma sacoche ? J’espère que les filles n’ont pas joué avec. Je me creuse les méninges quelques instants. Ah non, suis-je bête, j’ai dû la laisser dans la salle de bain en me changeant tout à l’heure.


Je m’approche alors de la porte de la salle de bain, et sans réfléchir ouvre cette dernière. Eléna est là, nue sous la douche, en train de se laver les cheveux. Je ne peux m’empêcher de la regarder quelques secondes, mais tout de suite gêné, je referme vite la porte. Avec le bruit du lave-vaisselle, je n’avais même pas fait attention au léger bruit de douche qu’on peut entendre dans le salon. Je suis gêné, j’ai presque honte, mais en même temps je sens bien qu’en l’espace de quelques secondes, c’est devenu tout dur dans mon caleçon. Voir une femme nue autre que ma propre femme, pour de vrai, pas une illustre inconnue derrière un écran, ça ne m’était plus arrivé depuis mes années lycée. Je suis tout excité. Je commence même à me faire des films. Peut-être n’a-t-elle pas fermé la porte de la salle de bain à clé sciemment ? Mais au fond de moi, je n’y crois pas vraiment. Tout est dans ma tête. J’espère même fortement qu’elle ne m’a pas vu. Comme elle était en train de se laver les cheveux et qu’elle avait la tête légèrement penchée vers l’arrière, il y a une chance.


Je reprends mes esprits, respire un bon coup et cette fois je toque, puis m’exclame : « Eléna, j’ai une brosse à dent dans ma sacoche que j’ai laissée dans la salle de bain, est-ce que je peux entrer ? ». J’entends alors l’eau se couper, puis la porte de la cabine de douche s’ouvrir. Et quelques secondes plus tard, Eléna m’ouvre la porte, une serviette autour de la taille et une autre sur la tête. « Vas-y, bien sûr  », me lance-t-elle alors en me souriant . « Je vais finir de me préparer à l’étage ». Puis elle sort de la salle de bain et s’en va vers l’escalier. Je ne peux alors m’empêcher de me retourner furtivement. Sa serviette s’arrête juste en dessous de ses hanches. Elle laisserait presque apparaître le bas de ses fesses. Je tressaille à nouveau, alors qu’une nouvelle pensée me traverse l’esprit : je me mets alors de nouveau à l’imaginer se baissant, laissant apparaître entièrement sa belle paire de fesses. De nouveau, je recommence à bander. M’envoie-t-elle des signes subtilement ? Une porte de salle de bain non fermée, un corps nu simplement caché par une serviette qui pourrait tomber à tout moment… Serais-je encore en train de me faire des films ?


Apparemment, oui.


À peine ai-je fini de me laver les dents, qu’Eléna redescend en pyjama, ample et beaucoup moins sexy que la serviette, apportant avec elle un grand plaid qu’elle me tend. « Il fait un peu froid dans le salon la nuit, ce plaid devrait être assez chaud », me dit-elle alors. C’est donc acté unilatéralement, je dormirais sur le canapé cette nuit. Puis elle renchérit par « Surtout, fais comme chez toi », tandis qu’elle sort une bouteille de vin blanc entamée du frigo. Je suis toujours devant la porte de la salle de bain, le plaid dans les bras, alors qu’elle attrape la télécommande et allume la télé. Puis elle va chercher deux verres qu’elle pose sur la table basse devant le canapé, et s’assied. Je m’assieds à mon tour tout en posant le plaid, et la regarde servir les deux verres. Je lui lance alors « Tu sais que je me suis déjà lavé les dents », sur un ton un peu moqueur. Elle se relève alors soudainement du canapé, et s’exclame « Oh pardon, tu veux peut-être te coucher tout de suite », alors qu’elle saisit la télécommande et éteint aussitôt la télé. 


Que répondre ? Je suis seul en tête à tête avec elle. Mes pulsions ont déjà commencé à me jouer des tours, et en même temps, je suis convaincu intérieurement que je suis en train de me faire des films. « Je vais lire un peu », je poursuis alors en sortant un livre de ma sacoche. « Mais tu peux regarder la télé, ça ne me dérange pas. Hé, tu es chez toi après tout ! »  je lui glisse alors en lui faisant un clin d’œil amical. Elle se rassied alors, rallume la télé, tout en commençant à boire son verre de vin. De mon côté, j’ai le cœur qui bat un peu plus vite que d’habitude, alors je commence à lire, ça m’apaisera certainement. Au bout de quelques minutes, elle m’interrompt en me demandant si je compte boire mon verre. « Tu sais, je ne suis pas un grand amateur de vin, alors en plus juste avant de dormir ! »,  je lui réponds en souriant. Elle me sourit à son tour, avant de s’emparer de l’autre verre et de le boire, sans dire un mot. Puis elle s’en ressert un troisième, avant d’aller ranger la bouteille au frigo puis de se rasseoir sur le canapé.


Cette fois d’ailleurs, j’ai la sensation qu’elle s’est installée un peu plus proche de moi. Elle regarde alors la couverture de mon livre. « Comment bien manager ses équipes terrains… Dis donc, j’espère que tes équipes sur le terrain ont pu rentrer à temps chez elles, contrairement à toi ! », me lance-t-elle alors en plaisantant. Je pose alors mon livre, et nous commençons à discuter, avec la télévision en guise de fond sonore. Au début, nous parlons de tout et de rien, comme pendant le dîner. Du travail, des enfants, de nos époux et épouse respectifs, … Et puis au fur et à mesure que nous divaguons, Eléna se met à parler de plus en plus de Damien. Jusqu’au point culminant de notre discussion.


« Tu sais, Damien ne va jamais lire une histoire aux filles le soir », me dit-elle alors. Je réalise que depuis cinq minutes, elle ne fait que le critiquer. « Il ne se lève pas le matin, il ne vient jamais au parc avec moi, … ». Eléna a l’air déprimée. Et un peu éméchée aussi. J’ai comme l’impression qu’elle cherche une épaule sur qui se reposer, et elle m’a trouvée. « Virginie a beaucoup de chance de t’avoir », me lance-t-elle alors.


Puis c’est le silence.


Je sens qu’elle se rapproche de moi. Je sens la chaleur envahir mon corps, et l’excitation arriver à grands pas. Est-ce que ça va réellement se produire ? Est-ce encore un film que je me fais ? Cette fois-ci ça semble devenir de plus en plus concret, et je ne suis pas encore très à l’aise avec l’idée de ce qui pourrait alors advenir. Après ce long silence, et alors que je ne m’étais remis à fixer la télé l’esprit ailleurs quelques instants, je tourne la tête vers Eléna. Elle me regarde également. Elle semble triste. Je la trouve belle.


Sa tête se rapproche alors de la mienne, et elle m’embrasse tendrement sur les lèvres. Juste quelques secondes. J’accepte sans sourciller ce baiser.


Puis elle recule brusquement, se lève en se disant à elle-même « Non… non, ce n’est vraiment pas bien ce qu’on est en train de faire. Je crois que je devrais juste aller me coucher ». Elle se tourne sans même me regarder, et monte quatre à quatre l’escalier qui mène aux chambres. De mon côté, je reste sur le canapé, bouche bée. Je suis tout excité, et en même temps un peu perdu. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est qu’après ce simple baiser, j’ai le sexe tout raide, bien dur. Finalement, ce n’était pas un film. Mais ça finit en queue de poisson. En tout cas, cette fin-là me laisse un goût amer. J’éteins la télé, ainsi que la lumière, j’enlève mon pantalon puis je m’allonge sur le canapé, et rabats le plaid sur moi.


Les minutes s’écoulent, et bien entendu, impossible de dormir. « Je devrais me masturber », je pense alors intérieurement. Ça m’aidera à passer à autre chose, et à m’endormir. Je commence à me résigner, mais j’ai quand même la sensation que je suis à deux doigts de réaliser mon fantasme. Je sais que ce n’est pas bien, pas raisonnable, mais me retrouver seul, en tête à tête, avec Eléna, cela ne se reproduira pas. Il faut au moins qu’à mon tour, je tente quelque chose. 


Après tout, c’est ELLE qui m’a embrassé. Je réfléchis, j’hésite. Devrais-je monter la voir ? Est-ce déjà trop tard ? Je sais que je risque de le regretter si je ne le fais pas. 


Après une dizaine de minutes, et mon érection redescendue, finalement je me lance. Je me lève aussitôt, monte les escaliers et frappe discrètement à sa porte. Pas de réponse, mais je vois un peu de lumière passer sous cette dernière. « Eléna, je suis désolé », lui dis-je alors à travers la porte. « Est-ce que tu veux qu’on en discute ? ». Un peu nulle comme accroche, mais j’improvise, et n’ai rien trouvé de mieux sur le moment. Après quelques secondes, la porte s’ouvre. Eléna me dévisage. Elle m’attrape alors soudainement la main, et me fait rentrer dans la chambre. Seule la petite lumière tamisée de la lampe de chevet nous éclaire. De nouveau, elle me regarde bien fixement, mais cette fois, je crois déceler un regard rempli de désir.


Elle m’embrasse alors langoureusement. De nouveau, l’excitation revient au galop. Les choses s’emballent vite. Eléna se met à frotter plusieurs fois sa main contre mon sexe, par dessus mon caleçon. Je me dis alors que j’ai eu la bonne idée de monter sans remettre mon pantalon. Je ressens un très grand plaisir, je suis même presque à deux doigts de me finir dessus, comme un adolescent. C’est comme une sensation… nouvelle.


Nous continuons de nous embrasser. Désinhibé, je commence alors à caresser ses seins, au-dessus de son pyjama. Je les sens bien fermes, et ses tétons sont tout durs. Elle recule alors de quelques pas, puis en quelques gestes, enlève son haut, puis son bas.


Je la redécouvre alors nue.


Elle est très belle, et excitante. De beaux seins petits et fermes, une croupe bien marquée et dessinée, et je remarque même un joli petit ticket de métro. Je la contemple réellement de la tête aux pieds, l’air presque un peu benêt. « Viens, on va le faire », me susurre-t-elle d’une voix suave. En entendant ses mots, mon sang ne fait qu’un tour. J’enlève mon t-shirt et mon caleçon, laissant apparaître au grand jour mon érection. Je suis tout dur, j’ai déjà le gland bien luisant, suintant. Le fait de rencontrer un nouveau corps, c’est une sensation que j’avais oubliée depuis longtemps.


Je m’approche alors d’elle sans rien dire pour l’embrasser, et elle se met à me masturber. Elle me branle divinement bien, langoureusement. Elle doit ressentir toute mon excitation. Puis nous nous allongeons sur sa couverture encore tirée, je lui caresse les seins, elle me sert entre ses bras. Ma main file ensuite le long de ses jambes, et je me mets à la doigter. Je lui caresse doucement le clitoris, elle pousse de petits gémissements en se cambrant légèrement. Puis elle reprend ma bite entre ses doigts, je sens alors que du pré-sperme s’en échappe déjà un peu, tellement je suis excité. Elle me regarde, je la regarde. Je crois qu’on a compris tous les deux.


Elle a très envie que je la pénètre, et j’ai très envie de la pénétrer. Là, tout de suite.


Mais après ces préliminaires courts, certes, mais intenses, elle se relève alors, pivote sur le lit, ouvre le tiroir de sa commode et attrape quelque chose, qu’elle me tend. Une boîte de préservatifs. « Tiens, mets un car je ne prends aucun moyen de contraception ». Mettre un préservatif, là, maintenant, j’avoue que ça ne m’enchante guère. Déjà ça fait longtemps que je n’en ai pas mis, et je sais que ça risque de casser un peu le truc. Mais après tout, c’est normal, nous avons chacun nos vies, nos conjoints. Il faut rester prudent. Je remarque d’ailleurs que la boîte ne contient plus qu’une seule capote, et je sais que je n’en ai pas d’autres sur moi. Il va falloir que… disons… je fasse avec si c’est la seule qu’il reste.


Elle se rallonge tandis que j’enfile la capote, après m’être d’ailleurs tromper de sens une première fois, puis je me retourne, me mets au-dessus d’elle, et la pénètre. Quelle jouissance. Elle mouille tellement. Sa chatte est toute lubrifiée, je n’ai aucun mal à rentrer. Elle est plutôt ferme d’ailleurs, bien serrée, malgré ses trois accouchements. Je commence alors les mouvements de va-et-vient, et elle se met de nouveau à gémir doucement. Les yeux fermés, elle oscille légèrement les hanches, ce qui renforce encore mes sensations pourtant atténuées par le préservatif.

Je me frotte alors contre elle, et lui saisis les mains. Elle rouvre les yeux, en me lançant un regard ardent de désir, et sans dire un mot, met sa langue dans ma bouche. De mon côté, alors que nous venons seulement de commencer depuis quelques minutes, je sens déjà que je vais avoir du mal à tenir. Un nouveau corps, de nouvelles sensations, je ne suis pas habitué. J’essaie de faire le vide en moi, de me calmer un peu, pour faire durer ce moment. Surtout que je garde bien à l’esprit que nous n’avons potentiellement qu’une seule capote. Je sens que je suis à la limite de finir, et en même temps j’ai la sensation qu’elle prend vraiment du plaisir. Tout comme moi, cela doit être une première pour elle aussi.


Pour m’accorder quelques secondes de répit, je lui propose alors de changer de position. Eléna redresse alors son buste en se mettant sur les coudes tandis que je me retire, mais j’attrape mal la capote et cette dernière m’échappe quelque peu. J’essaie alors de la dérouler de nouveau immédiatement sur ma verge, mais elle s’enroule un peu sur elle-même en s’élargissant. Elle est toute poisseuse, et je n’arrive pas à la remettre correctement.


Mince. Je demande alors à Eléna si elle en a d’autres. Elle se relève alors complètement du lit, l’air un peu frustré. Elle cherche dans un placard, ouvre quelques tiroirs, ce qui me laisse admirer son beau fessier, bien dessiné par la pénombre de la pièce. Elle se retourne alors vers moi et me balançant, « J’en ai pas d’autres, tu n’en as pas toi ? ». Elle a l’air agacée. Elle prenait son pied, et j’ai tout interrompu. Elle voit aussi que j’ai l’air vraiment désolé, quand je hoche la tête en guise de non.


Eléna vient alors se rasseoir à côté de moi. S’écoulent quelques instants, puis je l’entends prendre une inspiration. Elle m’attrape de nouveau la queue en faisant quelques hauts-en-bas avec sa main, tout en me disant « Ecoute, on va continuer sans. Fais juste bien attention de sortir avant de finir. Oublie pas, je ne prends pas la pilule ».


Puis elle me pousse sur le lit, et se met à me chevaucher. Elle n’a même pas attendu que j’acquiesce ou réfute la décision. Elle doit se douter que je suis un homme, très excité, et qu’à ce moment mon cerveau est quelque peu descendu dans mon entre-jambe. Et puis quoi qu’il en soit, je n’allais pas dire non de toute façon. Eléna fait des petits mouvements sur les côtés, tandis que je la tiens par les hanches. La voir là, me chevaucher, je la trouve juste… sublime. Et puis cette position me convient mieux, car j’arrive bien à me contrôler. Je prends confiance, sans même penser un seul instant à ce que je suis en train de vivre : non seulement je trompe ma femme, mais en plus avec une de ses très bonnes amies. Je suis concentré à la fois à me contenir, et sur le plaisir d’Eléna.


Finalement, au bout de quelques minutes, soudainement elle se redresse, se met la main tout entière par-dessus la bouche, et lève les yeux au ciel. Elle se met à légèrement trembler, quasiment sans un bruit, qu’elle étouffe de sa main. Elle est en train de jouir, mais difficile de complètement se lâcher quand on a trois jeunes enfants qui dorment à côté. J’en sais quelque chose ! Fier de moi, Eléna se cambre finalement vers ma poitrine, et m’enlace, sans rien dire. Je recommence doucement à faire des mouvements de va-et-vient. Elle me dit alors à l’oreille : « Je sais que nous apprécions tous les deux ce moment, et je ne veux pas te frustrer, mais n’oublie pas de sortir ». Ce à quoi je réponds en acquiesçant d’un signe de la tête.


Nous changeons encore de position, cette fois-ci nous partons en levrette. Ma peau claque bien sur ses fesses rebondies, même si j’essaie de rester discret. Face à une telle cambrure de hanche, j’ai beaucoup plus de mal à me maîtriser. J’ai soudainement envie de balancer toute la purée. Ma capacité à rester lucide est en chute libre. Je commence de nouveau à me lâcher, et la rupture est proche. Je lui demande alors encore de changer de position, j’ai vraiment besoin de souffler quelques secondes. Et puis j’ai envie de la voir, de voir son visage quand je jouirais. Nous repartons alors en missionnaire, et de nouveau je lui attrape les mains. Au fur et à mesure des va-et-vient, je sens mon torse frotter ses seins, ce qui m’excite beaucoup. 


Je perds peu à peu le contrôle de mon sexe, et je sens que ce dernier commence à palpiter. Les spermatozoïdes sont à la porte, prêts à sortir. Et c’est alors que, dans ce moment si particulier où l’excitation est à son paroxysme, et que mes pulsions sexuelles prennent entièrement le contrôle de mon être, je me dis alors intérieurement « Je vais finir en elle ».


Oui, c’est décidé.

Comme ça.

Sur un coup de tête.


Je ne vais pas sortir, comme elle me l’a demandé. Je vais cracher mon sperme dans sa chatte, et la mettre devant le fait accompli. Après tout, je l’ai déjà entendu dire "Un quatrième, pourquoi pas". Et bien je vais lui faire, ce quatrième. J’ai perdu toute rationalité, tout bon sens. Alors, dans un de mes derniers coups de reins, je lui balance « Je vais finir à l’intérieur ».


« Quoi ? Non ! » répond-elle alors, totalement surprise. Je pense à ce moment qu’elle va sûrement chercher à arrêter cet ébat de suite, qu’elle va essayer de se retirer immédiatement, me laissant finir sur les draps. Car de mon côté je ne peux plus faire marche arrière.


Mais non.


Elle me laisse encore quelques secondes continuer à intensifier mes coups de reins. C’en est trop. Et alors qu’elle lance un dernier « Sors, s’il te plait », je sens mes boules se vider de tout le sperme qu’elles ont. Dans une dernière pulsion, j’essaie d’enfoncer ma bite le plus profondément possible dans son vagin, à coup de va-et-vient hachés, pour que tout le sperme que j’ai finisse bien à l’intérieur. Je ralentis alors la cadence, en respirant très fortement, comme après un gros effort. J’ai tout donné. Je n’ai pas fait beaucoup de bruit en jouissant, je me suis abstenu comme j’en ai l’habitude, mais elle sait que j’ai fini. 


On a baisé sans capote, et j’ai fini en elle.


Elle se met la main sur les yeux, puis après quelques secondes, de manière assez inattendue, me sers avec ses bras. Alors que la pression est en train de redescendre, et que forcément mes hormones sont en train de chuter au fur et à mesure que je commence à réaliser ce qu’il vient de se passer, elle me demande simplement « Pourquoi ». Sur le coup, je ne sais pas trop quoi répondre, et je balbutie finalement « je suis désolé, j’en ai eu vraiment envie ». Bien sûr, je sais que ce n’est pas une réponse acceptable. Elle se relève alors, rallume la lumière, ramasse ses affaires et part aussitôt dans la salle de bain. Elle doit être vexée, inquiète, mais sa réaction sur le moment me laisse tout de même dubitatif. Elle n’a rien fait pour m’arrêter, et m’a enlacé une fois tout ça fini. Pourquoi ? En réalité, je me dis que cette question n’a pas de sens, et que j’essaie de me dédouaner d’une situation que j’ai provoquée.


Je reste alors là, immobile, nu au-dessus des draps. Je ne sais pas trop quoi penser, mais je l’ai fait. Enfin, on l’a fait ensemble, c’est ce que j’essaie de me dire. Eléna revient, elle a déjà remis le pyjama qu’elle avait plus tôt dans la soirée. Et alors qu’elle marche vers le lit, elle me fixe soudainement en me lançant « Je te préviens, si tu m’as mise enceinte, je le garde ».


Euh, ... que répondre à ça ? Surtout que mon côté rationnel est en train de revenir peu à peu. « Tu pourrais peut-être prendre la pilule du lendemain », lui dis-je alors, en personne adulte et posée, maintenant que mon cerveau a retrouvé sa vraie place. « Bien sûr que je vais aller en chercher une ! », me rétorque-t-elle alors. Avant de conclure : « Aller chercher une pilule du lendemain à 35 ans, ça craint un peu quand même. »


Puis elle s’allonge alors à côté de moi, mais me tourne le dos. Elle éteint la lumière. Je comprends que les festivités sont bel et bien finies.

Ce fut court mais intense. J’ai encore du mal à réaliser ce qu’il s’est passé, mais je retrouve ma lucidité. Qu’est ce qui m’a pris de jouir en elle… J’ai une famille, des enfants, tout se passe bien dans ma vie. Et, c’est aussi le cas pour elle ! Finalement, je conclus sur le fait qu’on regrette souvent ce qu’on décide quand nos pulsions sexuelles prennent les commandes. Mais ce qui est fait est fait.


Après quelques minutes de silence, je finis par dire sur un ton peu assuré « Si jamais tu es enceinte, tu veux que j’assume ? ». Elle se retourne alors vers moi. Malgré l’absence de lumière, j’aperçois son visage grâce au clair de lune qui passe légèrement par les volets ajourés. « Certainement pas. Tu ne vas rien dire à Virginie, et je ne vais rien dire à Damien. Et puis, on n’en est pas là...  ». Et de nouveau, elle me tourne le dos. 


La conversation s’arrête là. Pas de tentative d’autres câlins, après ce qu’il vient de se passer, je préfère presque me faire oublier. Je pense qu’elle m’en veut, et en même temps elle n’a pas l’air si en colère que ça. Après tout, elle connaissait les risques quand elle m’a demandé de continuer sans capote, elle savait que ça pouvait arriver.


Alors qu’Eléna dort déjà, je décide de me rhabiller, et redescends discrètement dormir sur le canapé. C’est plus prudent, imaginons qu’une de ses filles se lève en pleine nuit et aille voir sa mère dans sa chambre. Je finis donc par m’endormir tardivement sur le canapé, et suis réveillé au petit matin par les trois filles qui débarquent dans le salon pour prendre leur petit déjeuner. Eléna est déjà prête, laver, habiller, maquiller. Je tente de lui esquisser un sourire, mais elle ne me prête aucune attention. Je pars alors prendre une douche. Eléna habille ses filles, puis c’est déjà l’heure que tout le monde parte. Je ne suis pas encore tout à fait prêt, quand Eléna passe le pas de la porte, tandis que ses filles montent en voiture. « Tu n’as qu’à claquer la porte derrière toi », me lance-t-elle alors, avant de me faire un signe de motus et bouche cousue, en passant son pouce lié à son index devant sa bouche.


Alors qu’à mon tour je m’apprête à partir, je songe alors que peut-être, comme moi, Eléna a assouvi un fantasme cette nuit. C’est même peut-être pour ça qu’elle m’a proposé l’hospitalité. Et maintenant que c’est chose faite, elle ne veut surtout pas que cela se sache, elle ne veut pas risquer l’avenir de sa famille pour une partie de jambes en l’air. Toute vérité n’est pas bonne à dire, et là-dessus, on est en phase.


Mais qu’en sais-je après tout. Je crois que je suis juste de transposer ce que moi je ressens à la personne qu’est Eléna. C’est vrai, j’ai assouvi un fantasme, et cela ne remet pas en question mes choix de vie. Et même si je me sens clairement coupable vis-à-vis de ma femme, j’ai toujours été un peu croyant, et je me convaincs que quelque part, ce qui vient de se passer était prédestiné. Tant d’éléments réunis un même jour : la neige, le train bloqué, Eléna qui m’invite, Damien qui n’est pas là. Trop de signes pointant dans la même direction, m’indiquant qu’il fallait le faire.


Quelques dizaines de minutes plus tard, une fois à la gare, je me rends compte qu’il y a toujours beaucoup de perturbations. Je parviens tant bien que mal à rejoindre mon domicile par le bus, pour y télétravailler. Ma femme est également à la maison, elle n’a pas pu se rendre à son travail non plus. Mais les enfants eux sont bien à l’école et à la crèche. Et tandis qu’elle m’embrasse pour m’accueillir, et je repense alors que quelques heures auparavant, j’étais en train de me taper l’une de ses meilleures amies, sans qu’elle ne se doute de rien. D’ailleurs je ressens encore le goût de la langue d’Eléna au fond de ma gorge.

Ma femme me demande comment s’est passée la soirée, bien sûr je ne lui raconte rien de notre nuit. J’ai joué un peu avec les filles d’Eléna, je me suis couché tôt, je suis parti tôt. R.A.S.


3 - Dénouement


Les jours passent alors. Je n’ai pas le numéro d’Eléna, je pourrais bien l’obtenir en regardant simplement dans le téléphone de ma femme.


Car je pense presque tout le temps à ce qu’il s’est passé ce soir-là.


Il s’avère que cela me pose même quelques problèmes quand je fais l’amour avec ma femme au début, car des souvenirs de cette soirée surgissent alors subitement, et me bloquent quelque peu. Et surtout, j’ai bien conscience qu’on l’a fait sans se protéger, et que j’ai fini en elle. Je ne me suis pas retiré volontairement, et j’ai même fait en sorte que tout le sperme que j’avais finisse profondément en elle. Finalement, plus j’y pense et plus je me dis : mon vrai fantasme était-il simplement de coucher avec Eléna ? Ou de la mettre enceinte ?


Pourtant au fond de moi, je n’ose même pas imaginer une seule seconde qu’elle puisse être tombée enceinte. Non, elle a dû prendre la pilule du lendemain le plus tôt possible à coup sûr, et puis elle n’ovulait sûrement pas à ce moment-là. Enfin bref, je perçois les chances que cela se soit produit comme étant faibles. J’essaye de me convaincre comme je peux, et pourtant j’aimerais en avoir le cœur net, tout en ayant peur de sa réponse. Alors finalement comme elle, je fais le mort.


Deux mois s’écoulent alors, sans que je ne vois Eléna, ni ne lui parle . Mais difficile de passer à autre chose, même si je finis par penser que cette histoire est bel et bien finie. Je sais que ma femme continue de lui parler quotidiennement, mais de quoi ? A priori pas de ça.


Et puis un soir, alors que je regarde la télé tandis que ma femme est déjà partie se coucher, je reçois soudainement une notification WhatsApp d’un numéro que je ne connais pas. J’ouvre l’application, et reconnais rapidement à la photo de profil qu’il s’agit d’Eléna. Elle m’écrit en me demandant si Virgine, ma femme, est à côté de moi. Je lui réponds que non, que je suis seul, et lui demande comment ça va.

Elle me répond alors, sans tourner autour du pot.


« Je suis enceinte. »


Je sens alors une grande chaleur m’envahir, monter jusqu’à ma tête, comme quand on se retrouve face à une situation imprévue, que notre esprit a essayé totalement d’occulter.


« Tu es sûre ? »  je lui re-textote alors. Complètement nulle comme réponse, je sais. Mais je ne sais pas trop quoi dire, ni penser.


« Écoute, ça fait plus d’un mois que je n’ai pas mes règles, j’ai déjà fait un test positif il y a un moment, et j’ai voulu attendre la première écho avant de t’en parler. »


Je ne sais plus quoi répondre. Je suis comme bloqué devant une situation que j’ai provoquée sciemment, mais qu’au fond de moi je ne voulais pas voir se réaliser. D’autres messages suivent alors.


« J’ai refait l’amour avec Damien plusieurs fois peu de temps après notre nuit, j’ai réussi à ce qu’on le fasse sans protection une fois, mais il n’a pas fini à l’intérieur. »

« Je suis allée faire ma première écho ce matin, et le bébé est bien là. Tout concorde, la date de conception, ... »


« C’est ton enfant. Je suis enceinte de toi.» 



Merde.


« Et Damien, il sait ? »

« Il sait quoi ? »

« Que tu es enceinte. »

« Non, je ne lui ai rien dit pour l’instant. »

« Et tu le gardes, c’est sûr ? »


Pas de réponse. Je relève alors les yeux et fixe le plafond, tout en éteignant la télé. Eléna est enceinte de moi. Une seule partie de jambes en l’air, et je l’ai mise en cloque. Je finis par lui envoyer de nouveau un message « Et la pilule du lendemain, ça n’a pas fonctionné ? »


« Je ne l’ai pas prise car la pharmacienne m’a dit que ça me provoquerait immédiatement mes règles, et j’ai eu peur que Damien grille quelque chose. Pourtant, je savais que j’ovulais quand on a couché ensemble. Je n’aurais pas dû céder. »


Avant qu’à mon tour je ne lui réponde « Et je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait, j’ai grave merdé », ce qui viendra clore notre conversation, que je m’empresse d’effacer. Je ne sais alors pas du tout, mais pas du tout comment je me sens. Ou plutôt comment je devrais me sentir. J’essaie de conceptualiser la situation dans mon esprit. Eléna, la meilleure amie de ma femme, enceinte de moi. Paradoxalement, cela m’effraie, et m’excite en même temps. 


D’un côté j’ai peur de craquer, ou qu’Eléna ne craque, que la vérité éclate au grand jour, et que cela vienne gâcher nos vies à tous les deux. De l’autre côté, des pensées de cette nuit ressurgissent alors dans mon esprit, et je décide même de me masturber en y repensant.


Les jours passent alors. Ce n’est pas possible, je ne peux quand même pas rester là sans rien faire. Il faut que j’arrive à convaincre Eléna que c’est insensé qu’elle garde cet enfant. Que je suis prêt à l’accompagner à l’hôpital pour l’avortement. Je tente de l’appeler pendant la journée plusieurs fois, mais aucune réponse. Pas plus aux SMS. J’essaie même de passer la voir un midi sur son lieu de travail, mais elle ne s’y trouve pas.


Puis ma femme finit par m’annoncer la nouvelle. Elle est super contente pour Eléna. A priori, Damien est très heureux aussi, il a très bien pris la nouvelle. Il n’a même pas dû se poser la moindre question, n’a dû émettre aucun doute. Bien entendu, comme Eléna me l’avait assuré, elle ne lui a rien dit de notre aventure. Cela veut surtout dire que maintenant, c’est officiel. Elle a bel et bien choisi de le garder.


Trois mois s’écoulent à nouveau, quand nous finissons avec ma femme par être invités de nouveau chez des amis en commun. J’y retrouve Eléna, alors à son cinquième mois de grossesse. Son ventre s’est bien arrondi, ça lui va bien. Damien est là aussi, je vais le saluer. Puis je fais la bise à Eléna, comme si de rien était. Pareil pour elle. Je suis mal à l’aise mais je prends sur moi. Je les félicite tous les deux. La situation me paraît irréelle. Je suis là, en train de boire un verre, assis à côté de ma femme, de Damien, Eléna assise en face de moi, qui en son ventre porte mon enfant. Et nous sommes tous les deux liés dans ce secret. Un lourd secret. Mais qu’il faut absolument garder.


Plus tard dans l’après-midi, alors que je me rends aux toilettes, j’arrive de manière fortuite juste au moment où Eléna en sort. Moment un peu gênant. Mais elle regarde rapidement dans le couloir derrière moi, et n’apercevant personne, prends mes deux mains et les met sur son ventre.

Que cherche t’-elle en faisant ça, là encore je ne sais pas.


« Tu le sens ? »  me dit-elle alors tout bas. J’ai presque l’impression qu’elle est un peu émue. Et moi, je suis perdu. Qu’attend-elle de moi ?

« Comment veux-tu que je m’implique », je lui réponds alors, empressé.


« Écoute, il vaut mieux pas que tu t’impliques …. »


J’ai l’impression qu’elle va dire autre chose, mais une autre personne passe dans le couloir à ce moment, et Eléna s’empresse de passer son chemin. Puis plus aucun son, plus aucune nouvelle.


Les mois continuent de passer, jusqu’au grand jour. Eléna accouche d’une quatrième fille, qu’elle prénomme Lily. Ma fille donc. Je connaissais déjà le sexe, Eléna l’avait dit à ma femme après la deuxième échographie. Je ne peux pas me rendre à la maternité étant en déplacement professionnel, mais ma femme s’y rend. Le bébé se porte très bien, ainsi que la maman. J’ai même le droit à des photos. Des photos de MA fille. 


Qui ne saura jamais que je suis son vrai père.

Qu’elle est belle...


Moi qui ne suis pourtant pas vraiment quelqu’un à exprimer mes sentiments, je profite d’être seul pour laisser s’échapper quelques larmes. Je réalise alors pour de bon tout ce qu’il s’est passé ce soir-là, et toutes les conséquences que cela implique. Ou, pour résumer, comment vingt minutes de plaisir peuvent bouleverser toute une vie, et même venir presque tout renverser, tout détruire.


Je suis amené à aller voir Lily dans les jours qui suivent. Je redoute ce moment, mais chez Eléna il y a du monde, et finalement j’arrive tant bien que mal à me fondre dans le décor. Quand je m’approche finalement de Lily, je me sens obligé de lui sourire. Petit ange qui dort paisiblement, insouciante. Eléna la porte dans ses bras, et me sourit également. Ça ne semble pas être un sourire forcé. J’ai même l’impression que finalement, elle est heureuse. Elle va élever un enfant dont son mari Damien, n’est pas le père. Mais ça, il ne le sait pas, et ne le saura jamais. Rien qu’à cette idée, je me sens étrange.


D’ailleurs, à partir de ce moment-là, dès que je croise d’autres couples avec des enfants, je ne peux m’empêcher de penser que l’un d’eux n’a pas le même père que les autres.


Quoi qu’il en soit, ce bébé a donné envie à ma femme d’en avoir un autre à son tour. Sans vraiment en parler avec moi avant, savoir ce que j’en pense, elle arrête la pilule, se met même à surveiller quand elle ovule à coup de tests ClearBlue. Je crois que je n’ai pas envie d’un quatrième, enfin du coup d’un cinquième enfant, mais là encore je laisse librement s’exprimer mes pulsions, mon fantasme.


J’aime mettre les femmes enceintes.


Ça m’excite. Je l’ai réalisé ce soir-là avec Eléna. Pourtant, je suis adulte et responsable. Je sais qu’elles peuvent être les conséquences d’un tel fantasme, elles sont humaines et peuvent être dramatiques. Pourtant j’y vais de bon cœur, je déverse tout le sperme que je peux dans ma femme à chaque fois qu’on fait l’amour. Ma femme se met alors après les cuisses en l’air, car elle a lu que ça pouvait aider. Ça me fait rire, mais ça prouve qu’elle a vraiment envie de cet enfant, alors qu’au fond de moi, ce n’est pas le cas. Quoi qu’il en soit, notre quatrième boutchou tant attendu n’arrivera finalement jamais, malgré une fausse couche au passage, qui laissera d’ailleurs quelques traces sur notre couple.


Eléna, Damien et leurs filles finirent par déménager quelque temps après la naissance de Lily dans le Sud de la France, suite à une mutation de Damien. Ma femme continua de discuter presque quotidiennement avec Eléna, mais de mon côté, je ne la vis presque plus. Seulement de temps en temps, essentiellement pendant les vacances, et j’avais toujours du mal à faire comme si de rien n’était. Surtout avec Lily.


Eléna finira même par avoir un cinquième enfant, deux ans après Lily, encore une fille. D’ailleurs, quand j’y pense, les filles d’Eléna se ressemblent beaucoup physiquement, sauf Lily, même si elle ressemble quand même beaucoup à sa mère. Elle a les cheveux plus foncés, les yeux plus ténébreux. Mais c’est elle la plus belle des cinq, assurément.


Lily est maintenant adolescente, à l’heure où j’écris cette histoire. Je l’ai vue grandir, certes de très loin, et beaucoup au travers de photos que me montrait ma femme. Je n’ai jamais pris le risque de conserver une photo d’elle dans mon téléphone ou sur mon ordinateur, trop risqué.


Et au final je crois que même encore aujourd’hui, j’ai toujours du mal à me dire que cette situation est réelle, que tout ça est vraiment arrivé. Je n’ai pas eu d’autres aventures extra-conjugales depuis, mais ce qu’il s’est passé avec Eléna, je crois au fond de moi que si j’avais la possibilité de revenir en arrière cette nuit-là, je me dis que dans l’excitation du moment, je referais sans doute la même chose.


Elle n’en a jamais parlé à personne, et moi non plus.


Personne n’est au courant.


Eléna vit toujours avec Damien, et moi avec ma femme. Elles sont toujours amies, même si la distance a quelque peu entamé leur relation. Je ne sais même pas si Eléna pense encore à moi quand elle est avec Lily. Elle ne m’a plus jamais reparlé de cette nuit, me laissant avec des questions sans réponses.


Nous avons chacun nos vies, je ne lui parle jamais, et elle non plus. Comme nous l’avons toujours fait finalement.

Et pourtant, nous savons tous les deux que nos vies sont intimement liées à jamais.


Voilà, l’histoire s’achève ici.


L’écrire m’a fait beaucoup de bien, m’a libéré une partie du poids que je porte depuis cette nuit si particulière.

Suis-je un salaud ? Auriez-vous fait pareil à ma place ? A la place d’Eléna? Aurais-je dû tout avouer ? Tout faire pour la convaincre de ne pas le garder ? Chacun sera libre d’en juger. Je me demande encore souvent si je suis le seul dans ce cas, ou bien si le récit que j’ai décrit est finalement quelque chose de plus commun qu’on ne pourrait le penser ?


Et surtout, messieurs, si vous avez un moment un jour, posez-vous cette question : est-ce que tous vos enfants sont bien les vôtres ?


Merci d’avoir lu cette histoire jusqu’au bout, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre ressenti.

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