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Souffler n'est pas jouer

Chapitre 1

Avec plusieurs hommes

Le triangle tangue un peu puis éclate littéralement sous l’impact. Le bruit sec du choc se fait entendre et la queue se relève, juste pour attendre la suite des événements. Deux boules sortent du lot pour venir bander une fois, et ensuite se perdre dans un dédale de vert. Finalement, l’une d’entre elles file tout droit vers le trou qui s’ouvre, béant devant elle. Elle bascule enfin dans un silence de mort, disparaissant soudain du champ de vision des trois hommes et surtout de la femme qui se trouvent là.


La brunette avec une sorte de sourire, entrouvre ses lèvres pour laisser échapper un sifflement dû à l’air qu’elle comprimait dans ses poumons. Jusque-là, tout va bien pour elle. Ses cheveux assez courts, dégagent l’ovale de son visage et quelques rides aux coins de ses yeux aux iris verts, sont les seuls signes de cette fin de quarantaine qu’elle porte beau. Le souffle qu’elle émet n’est qu’un simple soulagement. Elle adore jouer dans cette salle. Mais cette fois, le type qui la défie est très fort.


Les cheveux en brosse, il tourne autour du tapis avec des yeux pleins de malice. Il lui fait penser à un félin qui attend sa proie, à cette seule différence que la proie semble être... elle. Il connait son affaire et il a placé la barre très haute. C’est la neuvième partie qu’ils débutent et elle les a toutes perdues. Comme chaque point lui coute un maximum d’argent, elle ne sait pas vraiment comment elle va faire pour régler la note. Mais pour le moment, seules comptent les boules brillantes de couleurs différentes, au numéro qui s’affiche, et courbée sur la table, elle vise un angle intéressant pour que la blanche aille percuter la numéro quinze, afin de la propulser dans un coin percé.


Quand elle avait accepté de jouer la toute première fois, le délicieux frisson qui lui avait parcouru l’échine, elle s’en souvient comme si c’était hier. Depuis elle maitrisait parfaitement la queue, et avait ce que certains appellent un œil magique. Ensuite, les choses avaient évolué, et elle était devenue accro à ce jeu. Alors les points étaient devenus des billets de banque, certaines parties lui avaient rapporté des fortunes.


Mais là, ce soir la chance ne semble pas de son côté, enfin, pas encore. Penchée, attentive à faire glisser la canne sur ses doigts, elle ne distingue plus rien d’autre que cette grosseur blanche qui devrait aller heurter la boule de couleur pour la propulser dans les entrailles de la table. Le coup part, sec, faisant raisonner dans la pièce le bruit des billes qui s’entrechoquent. Sous l’effet donné par la bille d’attaque, la quinze tourne sur elle-même, tape une première fois la bande pour repartir directement vers le trou que la joueuse a choisi.


La boule arrive lentement sur le bord du précipice et tourne encore plus mollement. Elle en fait le tour, reste un long moment en suspens, et finit par dégringoler, au fond de celui-ci. C’est encore un sifflement qui sort des poumons de la brune. Elle observe son partenaire de jeu, puis suit des yeux les regards de ses accompagnateurs. Ceux-ci semblent soulagés de voir que la femme qu’ils prénomment Caroline vient de réussir un superbe point. Elle cherche un autre chemin pour faire empocher une autre bille. Les autres se taisent, comme pour admirer la cambrure des reins de ce petit bout de femme qui prend des positions étranges.


Quand elle se décide à propulser la boule blanche vers un autre point numéroté, tous retiennent leur respiration. Le coup n’a pas été franc, pas appuyé suffisamment, mais la sphère verte percutée se dirige tout de même dans la direction de la poche vers laquelle l’impulsion de la canne l’a envoyée. Elle vient mourir au bord de ce gouffre noir, sans s’y perdre et c’est à l’homme aux cheveux coupés courts de prendre la main. Ses lèvres se retroussent, babines de loup qui passeraient facilement pour un sourire. La craie bleue fait un bruit bizarre en frottant sur le bout mince de la canne qu’il tient. Alors, commence pour lui, un festival où aucune part n’est laissée à la chance. Pas de hasard dans tout ceci.


Le rack s’annonce mal pour la dame qui voit une à une les autres billes s’enfoncer dans les poches prévues à l’avance par son adversaire. Lui aussi prend des postures qui défient les lois de la pesanteur. Et il ne reste plus que trois billes sur la table, dont une jaune et la noire. Celle-ci devant être la dernière à trouver une place dans un trou. D’un rapide calcul, la brune sait qu’elle a encore perdu cette manche et du même coup le jeu. Ce qui va lui couter un maximum d’argent à verser à son vainqueur.


Le globe blanc frappe le jaune, zigzag un court instant et s’engouffre dans le coin que le joueur vient d’annoncer. Reste la bille noire et elle aussi coule tranquillement dans les entrailles de la table. Caroline mentalement fait ses comptes. Si elle ne s’est pas trompée, c’est deux mille euros qu’elle doit à son gagnant. Elle ne possède pas la moitié de cette somme. Et elle sent pour un instant un vent de panique lui parcourir l’échine. On ne rigole pas avec les dettes de jeux, dans le milieu où elle se trouve ce soir.


— Alors ma belle ! C’est le moment de passer à la caisse. Qu’en pensez-vous ? Je dois reconnaitre que vous m’avez donné du fil à retordre.

— Je peux vous faire un chèque ?

— Vous connaissiez les règles avant de jouer n’est-ce pas ? Que du cash ! Pas question de chèque ou autre dans ce domaine. Ne me dites pas que vous n’êtes pas en mesure de me régler votre dette !


Caroline baisse la tête. Elle se sent rougir comme une pivoine. Merde, c’est compliqué, elle était si certaine de gagner. Saloperie de chance qui n’était pas au rendez-vous. Comment se sortir de ce mauvais pas ? Le mec avec sa coupe militaire n’a pas l’air très commode. Il n’a pas du tout le sourire.


— Je peux vous amener l’argent demain. Je suis réglo, le patron peut en attester. Je n’ai qu’une parole.

— C’est ennuyeux ça, ma petite dame. On ne joue pas quand on n’a pas de tunes. Vous devriez le savoir, non ? Je ne fais jamais crédit ! Histoire de crédibilité, vous comprenez cela, je pense ! On passe vite pour un cave dans ces rades malsains où nous jouons tous.

— Alors que proposez-vous ?

— Je vous accompagne chez vous et vous me réglez en liquide directement.

— Je n’ai pas cette somme chez moi et je ne vais pas trouver d’ami pour me l’avancer ce soir.

— Fâcheux ça, Madame, très fâcheux même !


Caroline se sent rétrécir au fur et à mesure que la discussion avance. Elle se sait en tort, mais elle n’a pas de solution à ce problème. Une peur panique commence à s’insinuer en elle. Elle perçoit les relents de cette trouille qui la fait transpirer. Ses aisselles sont trempées et des auréoles sont sans doute visibles sur son chemisier de coton. Elle essaie de ne rien montrer, mais elle tremble quand même un peu. Les deux comparses du vainqueur la regardent d’un drôle d’air. L’un d’eux se penche à l’oreille de celui-ci.


Elle n’entend pas ce que marmonne le mec. Par contre, elle sent les regards lourds qui pèsent sur elle, soudain. Trois paires d’yeux qui la déshabillent littéralement, sans gêne, sans demi-mesure finissent par la déstabiliser totalement.


— Alors ma belle, mon ami Franck sur les conseils avisés de son pote Alex, me propose un deal. Ils me suggèrent tous les deux de jouer tout sur un seul et dernier rack. Le tout pour le tout en quelque sorte. Nous refaisons une dernière manche et je remets en jeu mes gains.

— Mais... contre quoi ? Je n’aurai pas plus d’argent à avancer. Vous savez bien que...

—Qui vous parle de fric ? Vous gagnez, vous êtes quitte. Vous ne me devez plus rien.

— Et dans le cas contraire ? Si je perds... vous y gagnez quoi, en cas de victoire ?


Mon dieu cette peur, cette boule qui lui serre le ventre, elle sent bien qu’elle ne va pas avoir le choix, qu’il va lui falloir accepter ce marché. Elle n’ose pas imaginer ce qu’il veut, ce qu’ils veulent puisque c’est une idée des deux autres aussi. Les quinquets de tous sont comme des phares braqués sur sa petite personne. Elle se contient pour ne pas pleurer. C’est trop con. Ne pas leur montrer ses faiblesses, c’est vital. Ils ne vont pas quand même là... non, ça, elle n’y croit pas. Et elle s’entend dire :


— Alors que pourrais-je jouer qui puisse faire le poids avec votre mise ?

— Puisque vous le demandez, vous jouez... vous !

— C’est-à-dire ? Je ne saisis pas vraiment vos propos. Moi ? C’est une farce ? Un gag ?

— Eh bien, si vous perdez vous êtes à nous pour le reste de la nuit. Vous faites ce que nous vous demandons. Et ça vaut pour nous trois. Nous estimons que vous valez bien le risque de perdre deux mille euros. À vous de choisir. Sinon vous prenez votre portable et vous me trouvez la somme que vous me devez. Nous pouvons donc encore en rester là. Mais si vous acceptez mon deal, c’est jusqu’au bout que vous devrez aller. Vous comprenez bien ce que je vous dis ?

— Oui... bien sûr. Vous ne voulez pas me laisser jusqu’à demain pour trouver cet argent ? Je vous en prie !

— Non ! Nous allons boire un verre ! Vous voulez quelque chose ? Ça va vous donner un peu de temps pour réfléchir ou pour trouver du liquide. Alors que voulez-vous boire ? Nous sommes entre gens de bonne compagnie.

— Une vodka-orange s’il vous plait !

— D’accord, nous vous laissons cinq minutes, ça vous ira pour vous décider ?

— Si vous le dites !


— oooOOooo —



Ils ont quitté tous les trois la pièce et elle a les idées embrouillées. Dans sa tête, tout un remue-ménage se fait. Comment se tirer de ce mauvais pas ? C’est vrai que dans ce milieu, il ne faut pas jouer avec le feu. Mais comme depuis quelques semaines elle avait le vent en poupe, la baraka, elle pensait vraiment qu’elle allait gagner. Deux mille euros ! Ce n’est pas rien ! Ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval non plus. Elle a beau tourner le nom de tous ses amis dans son crâne, elle n’en voit pas un qui soit suffisamment friqué pour lui venir en aide.


Puis appeler sa mère... il faudrait donner des explications, elle ne va pas lâcher des biffetons comme ça. Caroline ne trouve aucune échappatoire à son problème. Puis il reste une petite lueur d’espoir quand bien même elle lui parait mince. Juste une petite flamme, celle de la chance revenue. Par contre si elle s’engage dans le jeu, et qu’elle perd, saura-t-elle assumer avec ces trois-là ? Il lui faut donc impérativement gagner. Si elle rentre dans le jeu évidemment. Son téléphone lui démange la main. Les pas qu’elle perçoit sont ceux des trois lascars, l’homme à la coupe en brosse en tête, ils reviennent dans la salle de billard.


— Tenez Madame, votre boisson.


Il lui tend un verre, qu’elle attrape en tremblant. Ses lèvres trempent dans cette boisson au goût d’orange acidulée par la vodka. La gorgée qui passe dans sa gorge lui offre un moment de douceur. Les mirettes des trois lascars sont toutes portées sur elle. Sa respiration qui monte et descend fait avancer et reculer ses seins. Il lui semble que ce sont ceux-là qui retiennent les attentions des gaillards en face. Personne ne parle, ils sont pourtant suspendus à ses lèvres, attendant sa décision. Merde ! Comment s’en tirer ? Si elle gagne, c’est parfait, mais dans le cas contraire ?


Elle ne se voit pas se foutre à poils devant ces trois types. Elle ne veut même pas songer qu’il lui faudrait... les sucer, les toucher. Trois bites raides dansent derrière ses paupières qu’elle vient de fermer tout en déglutissant une gorgée de breuvage sucré. Un étrange feu s’est allumé en elle. Comme si sa peur se transformait en envie. Ses dessous de bras sont de plus en plus moites, mais ils ne sont plus les seuls à se liquéfier. Elle pense juste un instant que malgré son verre, sa gorge reste d’une sécheresse désespérante. Une impression de tournis comme si elle allait tomber, s’empare d’elle.


— Vous... vous êtes certain de ne pas vouloir me faire confiance ? Demain j’aurai votre argent, je vous en donne ma parole.

— Madame ! Je ne vous ferai pas l’offense de vous croire plus bête que vous ne l’êtes ! Je vous ai donné le choix. À vous de me donner votre réponse, en restant dans le cadre de mon offre.

— Le choix... c’est vite dit. D’autant que si je viens à perdre je ne suis pas certaine que vous serez sympa avec moi. Et du reste pourquoi vos amis devraient-ils en profiter aussi ?

— Vous devriez être contente qu’ils aient proposé cette solution. Je crois que sans eux, vous ne pourriez plus jamais jouer, dans aucune salle de billard. Alors votre réponse ? Coup de fil à un ami ou rack immédiat ? Votre choix ?

— Bon ! Je veux bien tenter ma chance. Les billes décideront pour nous. Tant pis pour le perdant.

— Parfait ! Alors à vous l’honneur ! Placez la mire ! Je m’occupe de la blanche. Vous aurez l’avantage d’entamer la partie.

— Vous êtes trop bon !


La femme sous le regard des autres, tente de se reconcentrer. Le triangle est en place et elle se penche sur le tapis. Sa canne glisse de nouveau sur ses doigts qui ont d’instinct pris une position parfaite. D’un coup sec, elle casse les boules qui s’éparpillent sur l’ensemble de la table dans un énorme claquement. Malheureusement, aucune ne trouve le chemin d’une poche et c’est à ce... comment s’appelle-t-il du reste ? Ray, il lui semble que ses amis le prénomment de la sorte, c’est à lui de prendre la main.


Elle se redresse et sous les yeux des deux spectateurs, elle tire un peu sur sa jupe. Il lui vient à l’esprit que c’est la première fois de la soirée qu’elle agit ainsi. Son adversaire cherche un long moment un endroit pour guider la boule numéro huit qui colle à la blanche. Avec des gestes simples, il percute très légèrement la surface bombée qui imprime une courbe à la bille qu’elle touche. Le numéro n’est plus visible et la sphère se dirige doucettement vers le trou dans le coin gauche. Pas assez fortement frappée, elle vient mourir à ras de la poche, au grand soulagement de Caroline qui reprend la main.


Elle tente de reprendre une respiration normale, pour que son coup soit le plus précis possible. Quand elle joue, elle aligne cinq points de suite et se sent beaucoup mieux. Son soulagement est de courte durée, car une bande mal négociée propulse la boule frappée trop violemment hors du cratère espéré. Ray reprend le dessus et gentiment toutes les balles disparaissent, une à une dans les profondeurs de la table. Caroline regarde, sans pouvoir rien faire. Il ne reste plus que trois billes sur le tapis. Si l’homme parvient à encore en faire entrer une dans les coins, s’en sera fini de la partie, elle tient les comptes.


À l’extérieur du jeu, les deux autres sentent monter la pression. Le joueur aussi ressent cette tension, qui en devient presque palpable. D’où ils se trouvent, les spectateurs voient la femme qui rentre sa tête dans ses épaules, sans doute qu’elle prie pour qu’il rate son coup. Tant et si bien qu’un léger tressaillement fait dévier la canne lors de sa rencontre avec la surface enflée de la bille. Celle-ci vient seulement frôler l’une des deux balles restantes sur la partie. Raté, il vient de rater et tous les espoirs sont donc permis. La main repasse à Caroline.


Elle avance lentement vers le jeu. Elle s’appuie sur la table, lève un peu sa jambe droite, positionne sa main sur la canne, puis ses doigts viennent en soutien de celle-ci. Elle fait aller d’avant en arrière, le manche qu’elle tient, et il coulisse parfaitement à l’aise, sur le chevalet improvisé. La bille blanche s’élance, roule rapidement pour venir heurter dans un angle improbable l’autre globe immobile. Pas un vrai choc, juste un frôlement qui fait partir le boulet vers une niche, au milieu de la table. Huit yeux ne quittent pas le parcours poussif de cette chose brillante qui vient embrasser le bord du trou, semblant ne pas vouloir y entrer. Elle vacille, en tourbillonnant sur elle-même, et finalement quitte la surface verte devant les quatre personnages tendus.


Il n’a y plus qu’une seule balle, face à la blanche, en l’occurrence la noire, qui doit toujours rester la dernière, sous peine de pénalité. Celle-ci est déjà idéalement placée et il n’a y aucune raison pour qu’elle ne finisse pas sa course dans une poche. Ray qui tenait une craie pour peaufiner le bout de sa canne a arrêté son geste. Les trois hommes doivent à cet instant se dire que la femme ne leur appartiendra pas ce soir. Elle, la dame, tente de calmer son cœur dans sa poitrine. Si elle met cette boule au fond, elle aura gagné. Et c’est normalement immanquable. Plus personne ne bouge.


Caroline lève les yeux vers Ray. Beau joueur, il lui sourit. Il se dit qu’il passe à côté d’une belle occasion. Cette salope qui va jouer est superbe. Sa croupe qu’elle tend à chaque fois qu’elle se positionne est une invitation à la toucher. Elle reste un long moment avec son regard dans celui de ce mec qui finalement lui plairait bien. Il a de larges épaules, des traits fins et il est souple, animal presque. Le genre d’homme qui lui fait de l’effet. De surcroit, l’enjeu lui a donné des sueurs froides. Bon, ce n’est pas le tout, mais il lui faut boucler la partie. Elle fait corps avec sa canne, ses yeux sont le prolongement de son âme et ce qui se prépare là devient un moment étrangement électrique.


Elle est prête. Ses gestes sont sûrs, méthodiques, précis. Il y a bien ce cœur qui bat trop vite, mais c’est du gâteau ce dernier coup. Il ne faut pas que sa main tremble, elle doit simplement doser juste sa frappe à l’aide de la blanche. Quand elle cogne, elle reste affalée à l’endroit où elle se trouve. Elle voit sa touche qui fait valdinguer la dernière bille vers le coin droit, comme prévu. Celle-ci croule dans l’orifice qui l’accueille. Mais elle ne bouge pas. La balle d’attaque continue elle aussi de courir sur le tapis et elle ne prend pas la bonne direction. La voici qui tape la bande gauche, revient vers le centre et... non... tombe dans le trou qui se trouve au milieu de la bande.


Elle devient toute rouge. Caroline sait que cette faute vient de lui couter cinq points ce qui en fait la perdante de ce rack. Ils se sont tous redressés. Ray qui venait de se faire à l’idée d’avoir perdu cette partie n’y croit pas. Il ne dit pas un mot, oscillant entre déception et joie. Merde. Cette croupe qu’il convoitait depuis le début des hostilités lui paraissait... plus lointaine que jamais. Et pourtant !


— Bien Messieurs, j’ai donc perdu. Dites-moi ce que vous attendez de moi ! Je paierai mes dettes.


Caroline vient de dire cela la mort dans l’âme. Elle sait bien qu’un jeu est un jeu et que perdre entraine des conséquences inattendues. Elle finit sa vodka qui traine depuis le début du rack sur une petite table, pas loin d’elle. Elle tente de se fermer au monde extérieur. Ce n’est pas elle qui se trouve ici, c’est une autre, une folle qui ne lui ressemble pas. Mais elle se doit d’honorer sa parole. Elle ne remarque pas les trois hommes qui discutent dans un coin, sans oser la regarder. Puis elle sursaute à peine quand Ray lui pose une main sur l’épaule.


Elle a des larmes dans les yeux quand elle se retourne vers lui, qui debout attend sans doute qu’elle digère.


— Je suis désolé... vous avez pourtant magnifiquement joué. C’est un peu la faute à pas de chance.

— C’est bon ! Je ne vais pas en mourir. Finissons-en rapidement, voulez-vous. Ordonnez et j’obéirai.

— Je ne suis pas un sauvage ! Un peu de calme. L’enjeu était votre corps et c’est bien de vouloir payer vos dettes. J’aime assez l’idée que vous soyez disposée à vous offrir à nous. Il ne vous sera fait aucun mal. Nous avons seulement envie de faire l’amour avec vous. Vous comprenez ?

— Bien sûr ! J’ai joué, j’ai perdu, je paie et ensuite on ne se connaît plus. Comment pratique-t-on ?

— Le mieux serait sans doute que vous vous déshabilliez maintenant non ?

— Vous préférez que ce soit par le haut ? Par le bas ?

— À votre guise.

— On fait cela ici ?

— On n’est pas si mal et puis nous aurions envie d’inaugurer la table, ça vous embête ?

— Ici ou ailleurs ! Pour moi, c’est pareil, je vais passer à la casserole de toute façon. Vous avez aussi raison. Le billard m’a perdu, alors autant qu’il me serve de couche. Comme ça, lui aussi aura sa part du butin.


Caroline a entrepris d’ouvrir le bouton de son chemisier. Ils sont les trois à observer sans dire un mot cet effeuillage. Quand elle retire le vêtement, ils ne baissent pas les yeux et elle sent la chaleur de ces regards sur son soutien-gorge. Elle se sent bizarre, alors qu’elle dégrafe ce qui masque encore ses seins. L’un d’entre eux, peu importe lequel, elle s’en moque, lui demande d’arrêter et il s’avance vers elle. Elle suspend donc l’envolée de sa jupe alors que l’individu est tout proche d’elle. Dans sa main, il a ramassé la chemise et il porte à son nez la pièce vestimentaire de la dame.



Elle sait bien qu’il doit avoir l’odeur de sa transpiration dans les narines. Ou peut-être n’est-ce qu’une vue de son esprit. Nue de toute la partie haute de son corps, elle frissonne et la chair de poule que cela entraîne est sûrement bien visible par tous. Sous ce légitime tressaillement de sa peau, les pointes de ses seins se sont tendues, comme si elles montraient cette sorte de désir larvé, qui couve en elle. Caroline se traite de folle, de cinglée, de ne pas savoir cacher cet émoi pas vraiment justifié et encore moins justifiable au vu de la situation. Elle sait bien que s’il tenait sa culotte, il serait tout aussi surpris par cette humidité qui en couvre le fond.


Près d’elle, cet homme, ce Franck n’est plus totalement spectateur. Il a simplement posé sa main sur un sein bien rond. Il le pétrit, le malaxe sans vergogne et elle se raidit de sentir sa chair si fragile, si prompte à réagir à cette sollicitation impudente. Elle avance son corps comme pour suivre la caresse, et le téton gonfle, se gorge de la sève de l’envie. L’autre aussi, du reste suit le mouvement, mais il n’est en rien sollicité pour l’instant. Le second compagnon de Ray s’est lui aussi rapproché, il tient sans doute à avoir sa part du gâteau. Alors que l’autre est devant elle maintenant, celui qui arrive se place derrière elle. Un court moment elle s’imagine déjà être un sandwich, ils sont le pain, elle devient le jambon.


Une main est partie à l’aventure. Il s’agit bien de cela puisqu’elle glisse sous l’ourlet de sa jupe, la relève pour venir longer sans souci, l’étoffe lisse de la culotte. Puis les choses s’accélèrent et la bouche de celui qui est devant elle, tend à happer ce bout brun du sein que les doigts lâchent. Elle se laisse sucer les nichons sans dire un mot, mais avec des soupirs qui en disent long sur ses réactions à cette caresse. Il est évident que cette attitude encourage le possesseur de la main qui folâtre sous le tissu. Il ne faut guère de temps pour que les doigts écartent l’élastique de ce triangle de satin et de dentelles.


Seul Ray qui jusque que là n’a pas bronché, reste à l’écart de cette prise de contact. Caroline ne trouve pas désagréable que ces individus s’occupent de son corps. Elle a fermé les yeux depuis les premiers attouchements et elle se laisse faire ; submergée par ces mains qui grenouillent partout sur elle. Elle ne les ouvre pas non plus quand une autre venue d’elle ne sait où, entraîne son bras au bout duquel sa menotte se trouve en contact avec quelque chose qu’elle identifie de suite. C’est Ray qui dans un geste plein de douceur a fait venir la patte féminine sur quelque chose de très masculin.


Ce n’est plus que soupirs et gémissements alors qu’ils ont tous les trois trouvé des endroits à visiter, à explorer, qu’elle reste attentive aux moindres câlins qui lui font soulever sa poitrine. Leurs gestes ne sont pas brusques, pas brutaux, ils s’emploient à lui donner du plaisir et tentent également de cette manière, d’en prendre eux aussi. La première bouche à venir entrouvrir la sienne c’est celle de son vainqueur. Il plonge sa langue à l’abordage de son palais, lui coupant le souffle. Elle reprend un peu d’air, alors que d’autres lèvres abordent à nouveau les siennes.


Elle se trouve soudain soulevée par des bras puissants, qui la portent pour la déposer sur la table. Son dos posant sur le feutre du tapis, elle se retrouve les jambes surélevées et sa jupe ouverte par elle ne sait quelles mains, ne la recouvre plus de son abri protecteur. Sa culotte file le long des mêmes cuisses, et elle est entièrement à leur merci. Ils sont doux, tendres et elle apprécie les attouchements qui n’en finissent plus de la faire soupirer. L’un d’eux lui a pris les chevilles, lui levant les deux jambes, son derrière étant juste à fleur du bord de la table. Le rebord de celle-ci lui scie un peu le bas des reins, mais c’est supportable.


La bouche qui soudain vient se nicher dans la fourche ainsi obtenue lui fait un drôle d’effet. C’est surtout la langue qui monte et descend tout au long de la faille maintenue écartée par deux bras énergiques. La pointe baveuse de la limace qui joue sur toute la longueur s’insinue encore plus loin, plus profondément dans la raie qui cache la petite rosette brune. Caroline halète littéralement alors que la flèche pousse la porte de cet antre sombre, jouant avec les muscles qu’elle fait se détendre doucement. Elle ne fait rien pour empêcher Ray de venir, aussi nu qu’un ver, s’étendre près d’elle sur le vert du tapis.


Il enfonce sa tête dans la fourche que le troisième comparse tient toujours béante. Pour se faire, il se met à califourchon sur le visage de notre malheureuse perdante, laquelle a sur le front, les yeux, le nez, une verge bien dressée, et les deux testicules qui collent à cette dernière. Les sensations sont telles que le mélange de ces deux langues masculines qui occupent toutes deux un orifice différent la font suffoquer. Et cette envie se traduit par un léchouillage de cette bite qui lui taquine la figure. Elle aussi écarte ses lèvres l’une de l’autre et elle laisse le pieu s’enfoncer dans sa gorge. Au passage, elle laisse sa langue frôler toute la longueur de ce mat qui tressaute en elle. Elle en éprouve un plaisir malsain, un incroyable petit bonheur.


Celui qui lui titille l’anus se laisse couler sur le côté, libérant la place pour l’homme qui lui maintient les jambes levées en lui tenant les talons. Elle tente de crier son plaisir alors que dans sa bouche la bite va et vient de plus en plus vite et que sur sa chatte Ray continue ses incessants allers et retours. Elle sent que son sexe se tord sous l’envie. Elle ne ressent aucune douleur quand celui qui lui soulève les jambes pointe son rectum. Elle n’a qu’un soupir alors qu’il s’enfonce jusqu’à la garde dans l’étroit canal, lubrifié par la salive et sa propre mouille.


Ray a en gros plan une vue sur cette intromission hors norme et il bande en conséquence. Le dernier homme lui, assiste, halluciné à ce spectacle auquel il n’aurait pas cru une heure plus tôt. La femme avance elle-même son cul sur la queue qui s’engouffre dans son derrière. Elle ne lâche pas la flute qui reste entre ses lèvres. Le spectateur voit la poitrine de la brune qui monte et descend, il n’en peut plus et s’approche à nouveau. Elle tient entre ses petits doigts les bourses de Ray, mais lui aussi veut sa part du butin. Alors il se met derrière son ami, les genoux posés sur le rebord de la table. Il avance juste un peu son bas ventre et sa bite vient frôler les fesses de son pote.


Mais il ne vient pas pour toucher celui-ci. C’est seulement pour que son vit soit aux abords de la bouche qui astique Ray. Quand Caroline sent ce second sexe qui lui cogne sur le nez, elle détourne seulement un peu la tête, écarte les mâchoires un peu plus largement et le second pieu entre en compagnie du premier dans ce four brûlant. Pendant ce temps, l’autre continue ses mouvements de plus en plus syncopés, Ray lui tenant les fesses, l’empêchant de la sorte de refuser que la bite s’enfonce le plus loin possible en elle. Le bas ventre claque sur ces fesses. Et son vainqueur a de plus en plus de mal à soutenir ce spectacle aphrodisiaque au possible. Il sent sa semence qui monte rapidement, mais, il ne fait rien pour sortir de la gangue de velours qui l’accueille avec l’autre bite.


Il éclate en milliers de gouttelettes dans cette bouche qui n’en perd pas une miette. Il explose dans un feu d’artifice qui déstabilise celui qui baise aussi la gorge de Caroline. Se trouvant ainsi rejeté, il repasse derrière celui qui pistonne la femme. D’un geste simple sur l’épaule de celui-là, il lui fait comprendre qu’il aimerait aussi un peu de place. Alors laissant un vide énorme derrière elle, la mentule qui défonçait l’anus se retire sans douceur. Une désagréable sensation de vide, de manque fait hurler la femelle en rut. Sur le tapis vert une tache se mouille reste visible alors que l’enculeur se place sur le dos et attire sur lui la perdante.


Elle a de suite compris ce qu’ils voulaient l’un et l’autre. Elle est comme folle, comme possédée par ses envies, par ces hommes qui lui font des choses qu’elle n’aurait pas pu envisager même une seconde au début de la soirée. Elle s’accroupit sur le mec qui est sur le dos ; sa poitrine vers le plafond. La verge revient dans la place qu’elle a quittée quelques secondes plus tôt. Elle la laisse entrer en elle, sans douleur, comblant le vide momentané. L’homme la plaque contre lui en la maintenant par les seins. Elle a les jambes une fois de plus écartées par deux mains vigoureuses.


À cet instant, la bite de l’homme qui a demandé cette position se pose sur sa chatte. D’un coup de rein, il est entré en elle. Ce qui demande une dureté, une rigidité hors pair. Voici maintenant Caroline prise par les deux trous en même temps. Elle a le souffle coupé, et elle n’a pas le souvenir d’avoir vécu ce genre de chose, ces sensations aussi magnifiques. Surtout quand les deux verges se mettent en mouvement, l’une entrant, alors que l’autre sort. C’est... diaboliquement bon. Elle crie si fort que Ray revigoré se sent obligé de clore le bec de la belle, de sa queue qui a repris des dimensions acceptables.


La chevauchée reprend de plus belle, mais cette fois elle ne peut plus que subir. Aucun son ne franchit plus ses lèvres, sa gorge fortement occupée par un limage qui dure longtemps. La mince paroi entre les deux bites qui se croisent en elle, rend leurs propriétaires fous de désir. Ils sentent, ressentent le plaisir de l’autre à travers cette fine barrière et ils bandent encore plus. Il faut aussi avouer qu’elle prend un pied d’enfer cette Caroline qui les fait reluire les trois en même temps. Plus ils vont vite plus elle semble prendre son pied, y trouver son compte. Quand celui qui lime depuis le plus longtemps a les premiers sursauts de l’éjaculation, il communique à son comparse cette frénésie de se vider en elle.


Alors par saccades, l’un dans le fondement, l’autre dans la chatte ils se libèrent de leurs tensions. Seul Ray qui s’est déjà vidé une première fois, résiste encore à ce corps de femme qui leur prodigue cet amour physique avec cœur. Elle y met autant de force et d’ardeur que lorsqu’elle joue au billard, finalement. Sa dette s’éteint quand la dernière chandelle se consume en larmes blanches. Ils sont tous les quatre sur le billard. Nus tous, ils se regardent d’un air un peu gêné, et elle ferme les yeux attendant qu’ils se rhabillent. Le bras en croix sur le vert de ce mini terrain où elle vient de gagner en dernier ressort cette manche finalement plus humiliante que désagréable, elle s’étire comme une chatte qui vient de connaitre le matou.


Ils sont à nouveau en position debout, la regardant gentiment alors qu’elle tente de remettre en place sa jupe. Ray d’une main l’aide à agrafer son soutien-gorge. Les deux autres sont là, avec des mercis pleins les yeux, comme si elle venait de leur offrir le monde. Pas un mot pour lui faire sentir son statut de nouvelle salope. Mais elle retourne toutes ces images dans sa tête, comme pour se punir. Puis finalement elle repense à cette partie... de billard. À ces parties de billard finalement ! N’en était-ce pas une également que ce qu’elle vient de vivre ? Et son corps repu se recouvre des oripeaux de femme respectable. La voici prête à rejouer de nouveaux racks, se promettant, bien entendu de les gagner tous.


Même sur le tapis vert...

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