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Le sourire de Mona Lisa

Chapitre 1

Lesbienne

1 Qui l’eut cru


— Un des avantages de la lecture, c’est de pouvoir substituer son propre imaginaire à celui de l’auteur.


J’avais évoqué la notion de fantasme sur la préparation du cours ; par chance, la conscience que le choix du vocabulaire prêtait à de lourdes conséquences dans un amphi bondé venait de me rattraper juste avant de commettre la bourde du jour. Les jeunes se tenaient à l’affût de la moindre opportunité, y compris en deuxième année de Lettres modernes dans la prestigieuse université de la Sorbonne.


— La description littéraire n’a rien d’une science exacte, nous n’éprouvons pas tous des sentiments semblables pour un personnage, ni n’avons la même perception d’une situation. Par exemple, un silence peut être reposant ou effrayant, on peut voir dans une bouche pulpeuse de la sensualité ou de la vulgarité.


Évidemment, mes paroles furent aussitôt détournées, j’assistai de loin à un concours de grimaces orchestré par Laurel et Hardy, deux comiques dénués de talent inscrits à la fac pour passer le temps. Il ne m’appartenait pas de juger les motivations des étudiants, seulement leurs performances.


— C’est bon, mesdemoiselles et messieurs, on se revoit lundi. La météo prévoit du mauvais temps, alors faites-moi le plaisir d’avancer sur Le discours antillais.


Je doutai de me faire entendre de certains déjà tournés vers le programme du week-end commun à beaucoup de jeunes de 18 ou 19 ans. Boire, danser, coucher, pas toujours dans cet ordre, les réseaux sociaux se feraient une fois encore l’écho de débordements festifs à outrance. Et mieux valait éviter de penser aux activités illégales très prisées au 21ème siècle ; des barrières tombaient à chaque génération, faire pire que les parents devenait le refrain à la mode.


— Mademoiselle Gérard.


La jeune femme très impliquée au 1er trimestre, vive d’esprit, drôle, charmeuse, montrait une surprenante réserve ces dernières semaines, d’où l’envie de savoir ; peine de cœur, drame familial, problème de santé, il m’appartenait de la pousser à se confier si je voulais l’aider.


— Madame ?


Les grands yeux noisette avaient perdu leur éclat, les cheveux châtains noués en un vague chignon auraient mérité un meilleur sort, les lèvres ourlées pendaient tristement, le sourire forcé ressemblait à un cache-misère. Il semblait loin le temps où elle donnait l’impression de me faire les yeux doux.


— Vous voulez m’aider à porter les copies jusqu’à ma voiture ?


♀♀

Maud, que rien ne pressait hormis s’apitoyer sur un sort immérité, avait accepté de m’accompagner à mon appartement meublé sommairement par besoin d’espace. J’étais en totale improvisation depuis un long moment, tiraillée entre l’envie de la rassurer et le besoin de la forcer à réagir. Une nouvelle gorgée de bière stimula ma détermination ; qui avait dit qu’aucun courage ne se cachait dans l’alcool.


— Votre copain est allé voir ailleurs ? Reprenez-vous, mon petit, on se remet très bien d’une séparation de nos jours, surtout à votre âge.


Ça me pendait au nez, Cyril ne se donnait même plus la peine de rentrer le week-end, comme cette fois à cause d’un soi-disant séminaire de travail en Allemagne ; sauf que moi, j’avais passé le cap fatal de la quarantaine, mon mariage datait d’avant la venue au monde de mes étudiants en deuxième année.


— Du nerf, voyons ! Éclatez-vous, prenez une cuite au besoin, puis passez au suivant. Une jolie fille de 18 ans n’a que l’embarras du choix.

— Euh... 19.


Bon ! Au moins une réaction, tout n’était peut-être pas perdu ; Maud se redressa dans le canapé. Si je parvenais à la ramener du côté des vivants, mon week-end serait marqué du symbole de la réussite.


— Ça vous tente de rester dîner ? J’aurai l’impression de cuisiner pour quelqu’un, un luxe par les temps qui courent.


Le sourire m’apparut moins surfait, une nouvelle étape sur la voie de l’apaisement à défaut de guérison. Maud resserra le nœud de ses cheveux, la jolie frimousse retrouva des couleurs chaudes.


— Je peux vous aider, ma grand-mère m’a appris quelques trucs.

— J’ai l’air si vieille que ça ? Top Chef est mon émission préférée, au cas où il vous viendrait à l’idée de mettre en doute mes talents culinaires, je répète les recettes depuis plus de 10 ans.


La contradiction m’échappa, une salve de rires régénératrice pour nous deux nous submergea. J’avais aussi tendance à subir les évènements loin de l’amphi, il était temps d’agir au lieu de regarder mon existence partir à vau-l’eau à cause d’un mariage raté malgré la somme d’efforts consentis. Le rôle tristounet de spectatrice de ma propre déchéance ne me satisfaisait plus.


— Allons voir ce qui se cache dans le frigo avant de crier victoire. Je fais les courses le samedi, donc demain.


♀♀

L’image de la femme sérieuse attablée devant une tisane appartenait au passé, à une éducation stricte remise en cause par des décennies de lectures subversives. De Simone de Beauvoir à Virginie Despentes, sans oublier le truculent Très intime de Solange, Ina Mihalache de son véritable patronyme, j’avais acquis l’intime conviction que l’égalité des sexes passait par l’audace de nos actes davantage que par la puissance vocale de nos revendications, justifiées ou non. J’aurais été une bien mauvaise conseillère de laisser Maud boire seule.


À mi-chemin de l’ivresse, on en arrivait au stade des confidences intimes. Là, il me fallait reconnaître l’impertinence de la jeunesse d’aujourd’hui, sa totale implication dans la recherche du plaisir, quitte à briser quelques tabous au passage. L’acte sexuel restait une finalité pour celles qui, comme moi, avaient grandi dans les années 1990, la cerise sur le gâteau des sentiments ; l’amour devenait superflu au 21ème siècle, un prétexte, la quête de l’orgasme ne s’encombrait d’aucune doctrine moraliste. Jouir, c’était déjà jouir de la vie, s’émanciper, prendre de l’avance sur un avenir incertain.


— Putain, mais profitez ! Vous croyez qu’il se gêne, votre mari ? Ça m’étonnerait, je parie qu’il se tape sa secrétaire.


Le comportement de Maud, dont le langage s’adaptait aux circonstances, m’amusait. Quant à l’infidélité supposée de Cyril, l’état d’ébriété latent dans lequel je me trouvais m’interdisait d’en prendre ombrage.


— Il m’arrive de tromper ma solitude, seule.

— Moi aussi je me masturbe souvent, y compris quand je couchais avec Arthur, c’est pas le même plaisir. On est jeune à 45 ans, vous êtes une belle femme, intelligente, alors me faites pas rire avec les obligations du mariage. Je crois que j’ai un peu abusé, sourit-elle d’un air confus.

— Pas grave, vous allez dormir ici.


Je n’étais plus en état de prendre le volant de toute façon. Il restait la possibilité de commander un taxi... La réflexion amena une autre remarque.


— Bizarre, vous n’avez pas regardé votre portable une seule fois depuis qu’on est là. C’est pourtant l’obsession des jeunes.


Le rire sincère me conforta dans l’idée que Maud allait beaucoup mieux. J’aimais la voir épanouie, quitte à supporter les errances au niveau de la syntaxe.


— La batterie est vide, j’ai oublié de mettre le chargeur dans mon sac.


♀♀

Maud se débarrassa de ses vêtements sans aucune gêne, y compris du soutien-gorge et de la culotte assortie. À admirer la silhouette joliment charpentée, j’avais l’impression de transgresser un interdit. Trouver un corps beau, y compris celui d’une femme, n’avait rien de répréhensible dans la société d’aujourd’hui, sauf que là, une attirance charnelle me mettait la tête à l’envers. En plus, mon désir se portait sur l’une de mes étudiantes. Elle entra dans l’eau du bain puis s’allongea, avant de s’étirer langoureusement afin de m’offrir une vue d’ensemble de ses charmes. J’allais l’abandonner à ses ablutions quand la voix un peu rauque me retint.


— Boire, ça m’excite. Attention, je sais ce que je fais, il m’arrive de me taper des verres juste pour avoir envie de me branler après. Je vous choque ?


Waouh ! Maud me tendit la grosse éponge naturelle végétale, c’était pousser loin la provocation. En avait-elle au moins conscience ? Ou la maîtrise des règles du jeu de la séduction lui avait commandé de monter ce scénario pour me suborner. Je m’accroupis derrière la baignoire, sous hypnose, tentée de commettre un acte que je réprouvais, auquel il était impossible de résister.


— Non.


Jamais mentir ne m’avait paru aussi évident. Je commençai un massage des épaules, certaine de pouvoir m’en tenir là. Le contact provoqua un soupir.


— Hummm... Vous avez les mains douces.

— Oui, merci, votre peau l’est aussi.


Bien sûr qu’une nana de 19 ans avait la peau douce, des formes attrayantes qui incitaient à l’abandon, un corps fait pour l’amour, ou pour le sexe. Lui avouer ces mots qui me hantaient ? Jamais, Maud montrait aussi du caractère. La belle ouvrit son intimité d’une main et joua avec son clitoris de l’autre. Je ne pouvais voir que la toison sombre du pubis, mais la gestuelle ne permettait aucune autre interprétation.


— Caressez-moi les seins.


Désir inavoué, fantasme refoulé, réflexe intrinsèque de toucher l’interdit du doigt ? Plutôt la crainte de la décevoir me poussa à la satisfaire. Je m’appropriai sans attendre les globes délicats, pleins, leur fermeté m’enchanta. Maud s’arc-bouta, les yeux clos sur son plaisir presque solitaire.


— C’est bon, souffla-t-elle d’une voix chancelante.


Je voulais bien la croire.

♀♀

La lumière me tira de la léthargie. Quelle heure pouvait-il être ? La nuit s’infiltrait à travers les persiennes, le soleil s’accordait la grasse matinée en hiver. Rien ne pressait le samedi matin, inutile de m’inquiéter d’arriver à l’heure. Le pire évité de justesse, j’avais laissé Maud se débrouiller seule avec une paire de draps dans la chambre d’amis, ou de l’enfant qu’on n’avait jamais eu, en face de la mienne, me contentant de marmonner un « bonne nuit » embarrassé.


Elle était là, en appui contre le chambranle de la porte, à m’observer, tellement belle, nue. Le pyjama trop grand que je lui avais prêté au sortir du bain ? Envolé, avec le dernier espoir d’une nuit sage loin de la jeune tentatrice. Quelle importance ! Le désir lui seyait mieux que tout autre vêtement. Convaincue que Maud se laisserait mourir de froid en attendant ma permission, je lui ouvris le lit près de moi. Le radioréveil restait bloqué sur 02 : 10.


J’aidai les petites mains maladroites à déboutonner ma veste de pyjama, attendrie par la précipitation. La belle, installée à califourchon, promena un regard admiratif sur ma poitrine lourde, un peu tombante. Une bouche se fit vorace sur un sein, la douce brûlure d’une langue agile sur mon téton m’extirpa un premier frisson, l’autre s’accommoda d’une savante caresse manuelle. Depuis combien de temps je n’avais pas ressenti un tel désir ? L’enchantement cessa.


— On dirait de belles grosses larmes. Ça vous plaît ? C’est la première fois avec une femme, gronda Maud en me fixant droit dans les yeux, sérieuse.


Si elle disait vrai, on était deux, excepté que j’ignorais tout du sexe lesbien, il aurait fallu me donner le mode d’emploi avant de me mettre en situation. Déjà, l’embrasser me paraissait un bon début ; je happai les lèvres fraîches avec délicatesse, une tendresse dont la belle se moquait. Elle enfouit aussitôt sa langue dans ma bouche, la profondeur du baiser me sonna, les courbes douces épousèrent les miennes, plus voluptueuses.

Dans un roulé-boulé indépendant de ma volonté, je me retrouvai sur le lit, dominée, en attente des initiatives de Maud. Elle abandonna ma bouche et me présenta un sein dont la fermeté m’étonna malgré l’épisode dans la salle de bain. Les lèvres en corolle autour de la petite aréole rose, ma langue joua avec le téton jusqu’à le faire durcir, preuve de l’efficacité de la caresse buccale.

♀♀

J’allais porter la main à son intimité quand Maud m’échappa, elle voulait mener la danse ? Ça me convenait.


— Je vais vous lécher.


Zut, je pensais qu’on allait se toucher sans aller au bout du processus ; elle parsema mon ventre de baisers jusqu’à se perdre dans ma toison fournie. Une dernière hésitation brilla dans ses yeux, bientôt balayée par un sourire tendre. Maud embrassa chastement l’intérieur de mes cuisses. Qu’est-ce que j’attendais pour la repousser, lui dire qu’entre un professeur et une étudiante, c’était mal agir ! Mais mon corps obéissait à ses propres règles, à la loi naturelle du désir.


Le contact avec sa bouche sonna le glas de la résistance, au diable la conscience, le plaisir d’abord ; j’appuyai sans le vouloir sur la tête entre mes cuisses ouvertes en guise d’acceptation. Le message passa, la clé de mon intimité lui appartenait, l’audacieuse en profita pleinement. La langue s’invita dans ma vulve.


Je me sentis soudain investie, fouillée, bouleversée par une multitude de sensations inattendues. Loin de l’empressement de Cyril à solliciter mon clitoris, Maud voulait m’amener à découvrir le bonheur d’un cunni, une caresse qui se suffisait à elle-même quand les deux étaient en harmonie.


Première fois ou non, quelle importance ! C’était si délicieux que ma nervosité laissa la place à un désir surpuissant comme j’en avais rarement connu. Maud me fouilla plus profondément encore, la pointe de sa langue s’invita à l’entrée de mon vagin, titillant au passage chacune de mes terminaisons nerveuses.


Par réflexe, je tentai de taquiner mon clitoris pour précipiter la chute, tant l’envie de jouir se faisait impérieuse. La belle me devança, experte aussi dans ce domaine. J’en profitai pour malaxer mes seins. Mes tétons étaient si durs que le moindre effleurement provoquait une décharge électrique.


Je m’abandonnai sans aucun remords à un plaisir sincère.

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