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Je ne suis rien

Chapitre 1

La Nappe

Avec plusieurs hommes

Je ne suis rien.

La nappe me recouvre. Le septième ciel est tombé sur ma tête de fausse gauloise.


Je ne suis rien.

Trois paires de jambes s’attablent, me heurtent doucement de leurs semelles aiguisées.


Je ne suis rien.

Un pied se dresse, prend son envol et m’atterit dans la gueule. Le coup m’arrache un éclat de rire, il faut battre la vieille carne pour l’attendrir.


Je ne suis... Le fou rire reprend de plus belle. Putain. Je suis Hajar et j’ai du mal à me concentrer. On respire. Ça fait du bien de rire. Qui est ce que j’essaye de duper ? Moi ? Rien ? Avec mon ego et la passion dévorante que j’entretiens pour ma propre personne ?


Ridicule. Je ne suis pas rien. Je suis tout. Et c’est ça la beauté de la chose. Parce que ce soir, Moi, la p’tite princesse, je ne suis qu’une bouche. Ma gueule n’est plus grande mais béante, soumise aux caprices d’une libido si effréné qu’elle aura rompu frein comme couple.


Je ne suis pas rien. Je suis tout ce que l’on désire et tout ce que l’on méprise. Celle qu’on admire pour mieux la haïr. Celle en qui l’on se vide les couilles pour partir le coeur plein. Je suis Hajar, rien de plus, mais c’est déjà trop.


J’en ricane mais Jean rit kaune.


— Oui je choisis mes amants en fonction de leur potentiel jeu-de-moïque -


La lumière du salon m’éblouit. Une paume féroce vient me témoigner l’amour d’un mari violent. Je sors de ma torpeur et rentre dans mon rôle.


Au dessus de moi les voix s’avivent. Paul et Martin feignent de m’ignorer alors que je défroque le troisième laron. Parfois un pied timide vient effleurer mon bras ou mon sein avant de se raviser. Ils connaissent la règle. Les passifs doivent feindre la candeur, m’oublier, je suis qu’un...


Qu’un quoi ? Un meuble ? Un vide-couille ? Une servante docile ? Les images fusent dans mon esprit dans jamais me satisfaire. Une autre baffe de maçon vient me faire rougir. Un juron impatient résonne en haut.


En ce moment sur XStorySnap… (touchez pour voir)

— "Jamais deux sans trois ! Tu te magnes sale chienne ou on confirme le proverbe ?"


L’insulte me fait sourire. Je ne suis pas encore assez dans le jeu pour m’en exciter mais Jean est en forme. Obéissante, craintive ?, je l’extirpe de sa prison de coton et l’invite entre mes lèvres de velours. Sa pogne agacée vient se poser sur ma tête brune. Il m’ébouriffe, satisfait, tendre.


— "Tu vois quand tu veux. Excusez-moi vous disiez ?" ; leur discussion reprend.


Un baiser, puis un autre. J’embrasse son sexe comme j’ai embrassé la vocation de garce. J’embrasse son sexe comme j’embrase les coeurs. J’embrasse son sexe comme j’embarasse mes parents. Dieu sait ce que je peux embrasser son sexe...


Il n’est qu’un amuse-gueule et il me ravit. J’en connais la moindre aspérité, la pointe de ma langue semble retracer le parcours de tant de nuits passées ensemble. Jean est spécial. Pour tant de nuits passées ensemble il y a eu tant de nuits où il m’a enlacé en sang. Jean est spécial.


Je joue au chat et à la souris. Mes doigts l’effleurent sans jamais le caresser... Mes lèvres le baisent sans oser l’embrasser, comme une putain amoureuse de son client. L’image me plait et mon esprit se perd à nouvea...


Pas cette fois. Une nouvelle claque fait prendre ses cliques à ma rêverie. Une larme coule je crois, mon maquillage oui en tout cas. Je me remets au travail. Au dessus, les garçons parlent politique. La discussion s’envenime à un point tel qu’ils semblent vraiment m’avoir oublié. Parfois, un mouvement de jambes trop véhément vient me secouer et leur rappeler mon existence.


Je suis insignifiante. Bonne. Bonne dans ce que je fais mais insignifiante. Ma langue, elle, est cheffe d’orchestre. Elle agite la baguette, la redessine et la goûte. Je m’amuse des trémolos que j’induis dans leur conversation. Ouais. Je ne suis rien de bien magistral. Un tumulte dans ses cordes vocales, un cul mat sous une grosse table, un puputte...


Je sens soudain Jean tressaillir, se crisper. Non. Pas maintenant... mon corps se jette loin de lui - autant que l’on puisse se jeter, agenouillée sous une table. Un coup sec, un cri perçant, ma nuque part en arrière. L’espace d’un instant tout devient flou. Je ne rouvre les yeux que pour le fusiller du regard. Pas une larme ne coulera pour lui, compris Corps ?


Mais Corps est assourdi par le choc. Mes yeux rougissent en même temps que mes joues. Mes cheveux encore dans son poing gauche, il ponctue chacun de ses jurons par un revers de la main droite.


— "Tu fais quoi petite pute ? Tu t’enfuis comme une chienne sans prévenir ? Les salopes comme toi ça obéit, ça court pas. Pigé ?"


Je jette une oeillade désespérée et larmoyante vers Paul et Martin, sans parvenir à troubler lrur débat. Ils ne daignent même pas tourner la tête alors que je manque de tourner de l’oeil. Une semelle floquée 42 me renvoie à ma place et mets fin à mes cris hystériques. Prostrée, recroquevillée, j’entends mon bourreau se rasseoir et se mêler à la discussion, comme si je n’avais jamais existé.


Une douce chaleur embrase mon bas ventre. Je perds tout de vue. Après les forts, le réconfort... Je prends un moment pour reprendre mon souffle, rendue haletante par cette vague de plaisir. Je n’ai pas jouis ; mais c’est tout comme. Une main fébrile descend, descend, descend... et se braque. Non. Je n’ai pas le droit de me caresser. La raclée que je viens de me prendre ne serait qu’une partie de plaisir si...


"Plaisir". Comme celui qur je prends à être traitée comme une merde. Mes jambes se crispent. Comme celui qu’appose sur mes joues chacun de ces coups. Mon souffle se coupe. Le plaisir des trainées. Car j’en suis une. Tout se fige. L’Univers semble s’arrêter sur moi, à genoux et misérable, les lèvres coincées entre les dents et les mains cachées entre les cuisses.


Je-ne-dois-pas-me-toucher.


Une nouvelle voix s’élève.


— "Bon ça vient ou je dois te chercher salope?"

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