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La suppliciée

Chapitre 1

Une coiffure d'enfer

SM / Fétichisme

Assise à califourchon sur sa chaise, la femme brune se cramponne fermement au dossier. Une autre femme, un voile sur la tête, une robe longue lui tombant sur les chevilles, lui passe la main sur les épaules. Depuis les épaules, les doigts se faufilent dans les cheveux fins, qu’ils empoignent délicatement. D’une voix douce, elle s’adresse à celle qui assise, semble attendre.


— Vous êtes sûr que c’est bien ce que vous voulez ?


L’autre ne répond pas. Le regard perdu dans le vague, elle est accrochée au siège, attendant sans dire un mot.


— C’est vraiment dommage ! Ils sont de toute beauté ! Vous êtes prête ? Alors je peux commencer ?


Toujours aucune réponse de la brune qui offre malgré son mutisme apparent, un visage fin, des traits raffinés. Sa robe, relativement courte est par la position adoptée, remontée largement sur ses cuisses. La partie visible à elle seule vaut le coup d’œil. Deux jolis fuseaux bien remplis, des lignes agréables qui se terminent par des chaussures à talons hauts. Deux écrins qui mettent en valeur les chevilles en soulignant la finesse de celles-ci. Aucun sourire ne transpire sur ces lèvres rouges. Ses grands yeux aux couleurs indéfinies sont rehaussés par des sourcils soigneusement épilés.


L’autre tourne autour d’elle avec d’étranges instruments dans la main. Elle semble danser, un sourire malicieux au coin de la bouche. Celle-là n’a pas d’âge, ses cheveux sont coiffés et enfermés dans une sorte de foulard, lequel se trouve noué sur sa nuque. Toutes les deux sont sur une sorte d’estrade, placées en pleine lumière. Leur scène est plaquée contre un long mur tapissé de rouge. L’étoffe qui le recouvre ressemble à du velours. Dans le noir, invisibles des deux personnages qui seuls sont en vue, plusieurs rangées de sièges, tous occupés par des hommes et des femmes qui suivent avec intérêt les gestes de l’une et l’immobilisme de l’autre.


— Une dernière fois ! C’est bien ce que vous voulez ? Je ne ferai rien sans votre aval ! Alors, dites-moi, faites-moi un signe, que sais-je ! Mais je veux bien être certaine…


La femme assise ne fait rien d’autre qu’un signe de tête. Ce dernier est immédiatement interprété comme un oui par la danseuse de bleu vêtue. Sa main empoigne une mèche de cheveux et son curieux objet entre dans le vif du sujet. Au pied de la brune, les tifs coupés tombent comme la neige en hiver. Avec un rictus de plaisir, l’officiante aux ciseaux s’acharne sur la tête, se délectant du plaisir malsain de tailler dans la chevelure brune. Sur sa chaise, la patiente devient blanche, verte, passe par toutes les couleurs de la terre. L’autre ne tient nullement compte des crispations du visage de sa compagne.


Quand la tête présente une sorte de cohérence dans la coupe, la femme debout sort d’un bahut posé contre le mur, un bol, du savon et un blaireau. Ses gestes ne sont absolument pas brutaux. Elle fait tremper le blaireau dans le bol, puis le tourne longuement sur le savon. La mousse épaisse qu’elle obtient est ensuite appliquée sur le crâne de la brune qui ferme maintenant les yeux. La femme en robe longue s’applique et du même endroit d’où elle a sorti les instruments, elle retire un long rasoir et une sorte de lanière de cuir. Ses mouvements sont très réguliers alors qu’elle fait aller et venir la lame d’acier sur le cuir.


Placée sur le côté de la femme assise, elle lui maintient le chef d’une main, et de l’autre elle fait glisser son autre patte. Une large étendue claire apparait sur la tête de celle qui, immobile sur son siège subit cette coupe à blanc. Les mouvements sûrs se répètent, et c’est une caboche totalement lisse et d’une blancheur parfaite qui apparait sous la lampe puissante éclairant la scène. Aux pieds de celle qui continue à garder les yeux clos, un tapis de longues mèches brunes qui s’emmêle dans d’autres, plus courtes, remplies de mousse de savon, celles-ci. La boule est lustrée par une serviette de coton rouge, habilement maniée par la femme qui a posé ses ciseaux.


Alors qu’elle se met sur le côté pour admirer son œuvre, la salle se met à applaudir. Prostrée sur son siège, la femme tondue ne bronche pas. Une musique, surgie de nulle part, vient soudain inonder la salle. Puis la coiffeuse s’efface et un homme arrive. Pantalon noir, chemise blanche et cravate sous une veste noire, un Monsieur Loyal sans haut de forme vient de faire son apparition sur l’estrade. Il ne dit lui non plus pas un mot. Il se contente de taper dans ses mains. C’est pour celle qui est assise, comme un signe. Elle se lève et reste plantée là, sans un mouvement, la tête penchée en avant, face au public. Une autre fille, seulement parée d’une culotte et d’un soutien-gorge arrive à son tour. Elle manie un balai, faisant en quelques instants disparaitre les reliefs de la coiffure ainsi que le siège, désormais inutile.


Aussi rapidement qu’elle est apparue, elle disparait dans l’ombre des planches. La musique est douce et ne s’interrompt nullement lorsque deux hommes entrent dans la lumière, poussant une sorte de table à roulettes. Quand elle est placée au centre de la scène, sous la lampe puissante. Ils bloquent les roues pour qu’elle ne bouge absolument plus. Cet autel est recouvert d’un drap couleur sang. La femme chauve maintenant et prise par le bras par l’homme resté sur la scène. Sans dire un mot, il lève la main et la femme semble savoir ce qu’il désire. Elle dégrafe un à un les boutons de sa robe qui ferme sur le devant, retire ce vêtement.


En slip et soutien-gorge devant tous, elle entreprend, sans dire mot toujours, de se mettre nue. Ce sont d’abord deux beaux seins qui sont en pleine lumière. Leurs larges aréoles sombres montrent en leurs centres deux fraises magnifiques. Puis la culotte qui glisse le long des cuisses, pour s’affranchir des chevilles par un pas de côté de la dame, dévoile un pubis velu, un triangle qui remonte presque jusqu’au nombril. Elle est invitée par le type en noir à s’allonger, face au public sur l’étal qui se trouve là. En montant sur celui-ci, elle écarte les jambes et tous aperçoivent sa fente cachée sous le buisson. Dès qu’elle est couchée, les deux garçons qui ont amené la table s’affairent.


En quelques minutes la femme se trouve, poignets et chevilles entravés, attachés à chaque coin de l’autel suffisamment long pour que ses bras soient étirés de part et d’autre de sa tête. La coiffeuse, alors que Monsieur Loyal s’enfonce dans le noir, revient à la charge. Cette fois, elle a sur une petite desserte tous ses instruments. Elle tripote quelque chose sur l’autel et le plan s’incline vers l’avant. Ce qui fait que la dame attachée sur cette couche se trouve bien en vue de toute la salle et que son ventre est en bonne position pour que le blaireau fasse à nouveau une mousse onctueuse sur le triangle de son bas ventre.


Le même cérémonial recommence et les poils disparaissent sous la lame que de temps en temps la femme qui rase passe dans une serviette. Tout doucement, les contours des lèvres vaginales se dessinent, se dévoilent, se montrent. Quand il semble que tout est totalement glabre, la femme fait un signe. Un des garçons qui ont attaché la rasée revient, détache une jambe, puis l’autre et il les maintient en l’air, en passant derrière la femme allongée. Ce qui a pour but de mettre en évidence les fesses de la dame. L’autre, le rasoir à la main les écarte, les badigeonne avec le blaireau et parachève la coupe de tous les poils qui pourraient se trouver dans cet endroit.


De nouveau, l’assemblée frappe dans ses mains. Le garçon qui soulève les jolies jambes de la dame, totalement glabre, lie à nouveau les chevilles et alors que la barbière disparait, il entreprend de poser une sorte de bandeau sur les yeux de la femme entravée. Ensuite un flacon scintille sous la lumière, entre les doigts de l’homme. Habilement il fait couler sur le corps nu une bonne dose du liquide que la flasque contient. Maintenant, il se dévêt sans gêne devant l’auditoire invisible. Commence alors un massage du corps allongé. Les mains filent sur cette chair que les doigts pressent, huilant l’ensemble, le rendant brillant sous les spots.


Rien n’est oublié, aucun endroit n’est épargné par ces deux mains expertes. Sur la table, la femme s’ouvre insensiblement aux caresses du masseur. Elle brille comme un diamant sous les feux de la scène. L’homme jeune qui l’enduit lentement en prenant bien soin de ne pas laisser un seul morceau de peau non oint, semble y prendre un malin plaisir. Insensiblement son sexe s’est durci, allongé et il lui remonte vers le nombril, signe évident que la dame sur la couche, ne le laisse pas de marbre. Mais pour l’heure, il masse doucement les cuisses, des genoux à la fourche entrouverte de son ventre. Il fait cela avec grand soin, prenant tout son temps, pour le bonheur des yeux des personnes sur les sièges, dans la salle.


Les mains remontent en douceur, malaxant les muscles, les étirant, les assouplissant et la femme auparavant brune, respire de plus en plus fort. Sa respiration s’est accélérée et plus l’homme approche de son sexe, plus elle halète bruyamment. Les cuisses luisantes d’une huile essentielle qui embaume la pièce depuis un bon moment, elle frémit longuement. Sur son lit de fortune, elle tente désespérément d’endiguer cette montée d’un plaisir sordide, sachant bien, déjà, que c’est peine perdue. Elle en veut à son corps, à son esprit d’être aussi faible. Elle s’était pourtant juré de ne pas laisser transparaitre quoique ce soit… de ne pas leur montrer aux autres là, quoi que ce soit.


— oooOooo —


Tout avait commencé le lundi précédent ! Maud et François, son mari, avaient reçu des amis de celui-ci. La tablée était joyeuse, les deux hommes faisaient honneur au repas qu’elle avait préparé pour eux, son mari se montrait fier d’elle. Elle se dévoilait bonne femme d’intérieur, bonne ménagère, bonne pour lui, pour eux. Quand il lui avait dit recevoir des amis, elle n’avait fait aucune difficulté, lui demandant simplement si pour le repas, certaines choses devaient être prohibées. François s’était contenté de hausser les épaules.


Alors Maud avait suivi son instinct, préparant pour ces gens-là, des plats typiquement locaux. Elle avait également choisi le vin qui s’accommodait le mieux avec ses mets qu’elle confectionnait toujours avec une minutie toute féminine. Clément et Alain s’étaient du reste, montrés des hôtes adorables et ils avaient fait honneur à sa cuisine traditionnelle. Quant à son mari, il y a avait déjà des années qu’il connaissait tous les talents cachés de son épouse. Le repas avait eu lieu dans une ambiance bonne enfant, ces hommes qu’elle ne connaissait pas auparavant, avaient été exquis envers elle.


Après le repas alors que sur la terrasse, ils prenaient le digestif, tous les trois avaient décidé de jouer aux cartes. Le seul jeu capable d’intéresser François était le poker et les cartes sorties, ils avaient fait des pieds et des mains pour que Maud soit aussi de la partie. Le plus insistant étant encore son mari. Bien sûr la femme avait craqué et en quelques tours blancs, ils lui avaient appris les rudiments de ce jeu de menteur. Tout s’était bien passé pendant une bonne heure et Maud avait amassé quelques billets de vingt euros puisque les mises se faisaient à ce niveau. Puis aussi rapidement que la chance était apparue, elle semblait la quitter.


Son mari avait bien tenté de la raisonner, de la mettre en garde et l’incitait fortement à arrêter le jeu, mais plongée dans cet enfer bizarre des parties de cartes, elle avait fait la sourde oreille. Alors qu’intelligemment les deux hommes lui avaient proposé un tout ou rien sur la dernière mise, sottement elle avait accepté sous les yeux effarés de François. Le deal était on ne peut plus simple. Si elle gagnait, ses dettes qui se montaient à quelques centaines d’euros seraient alors épongées. Dans le cas contraire, elle devrait une soirée à ces deux messieurs et ils feraient d’elle ce qu’ils voudraient.


François tenta bien de la dissuader de taper dans la main des deux hommes, signifiant par là l’acceptation irrévocable de l’enjeu de la partie. Alain lui précisa bien que le mot « tout » voulait bien dire « tout » et qu’après cela, si elle perdait elle ne pourrait plus revenir sur sa décision. Il devait également préciser qu’en cas de perte, François ne pourrait en rien assister à la soirée en question. Maud, les yeux brillants, les lèvres pincées, avait devant son mari effondré, donné une claque dans les mains que les deux autres lui tendaient.


Bien entendu la partie avait été d’une facilité déconcertante pour les deux mecs aguerris, accrocs du poker et Maud ne mesura les conséquences de sa folie que lorsqu’elle retourna ses cartes et que Clément sorti une quinte flush ! Le regard éperdu qu’elle jeta à son mari prouvait à lui seul qu’elle se mordait les doigts d’avoir agi sans réfléchir. Elle si prudente d’habitude, venait de se laisser entrainer dans une histoire invraisemblable. Les deux hommes avaient ensuite discuté en aparté, quelques minutes avec son mari. Ce qu’ils s’étaient dit lui était étranger. Son cœur battait à tout rompre, alors qu’Alain et Clément prenaient congé en lui spécifiant qu’ils donneraient à François, tous les renseignements nécessaires pour cette soirée qu’elle leur devait.


Après leur départ, son mari lui avait bien fait un sermon, mais il avait également précisé qu’il ne pourrait pas lui éviter les désagréments d’un mauvais moment et que les dettes de jeux restaient sacrées. Elle devrait donc se plier aux désirs de ces deux-là, précisant même « tous les désirs », quoi qu’ils lui demandent. Maud avait pleuré, mais cela n’arrangeait strictement rien et elle pensa un moment qu’ils n’oseraient pas… enfin que rien ne se passerait finalement après cette soirée. Pourtant elle avait vécu chaque retour du bureau de François comme un calvaire, s’attendant pourtant chaque soir à ce qu’il lui dise ce que les autres attendaient d’elle.


Et ce jour était arrivé. Le vendredi soir, il l’avait prévenu que le soir suivant elle devrait se rendre à une adresse qu’il lui avait remise. Elle devrait être vêtue d’une jupe ou robe relativement courte, de sous vêtements sexy et surtout qu’elle devrait s’acquitter de sa dette sans dire un mot, sans se rebeller. À nouveau Maud avait pleuré, mais son mari lui avait dit qu’elle n’avait aucun moyen de se défiler. Il lui avait aussi raconté ce que l’on faisait aux personnes qui ne voulaient pas honorer leur dette de jeu… et elle s’était résignée.


Dans sa salle de bain, Maud avait passé une partie de l’après-midi à se rendre présentable. Sous ses yeux, de grands cernes dus aux pleurs, ses traits tirés, tout cela avait demandé un long travail pour les dissimuler à défaut d’arriver à les faire disparaitre. Elle avait trié dans ses culottes et soutien-gorge ce qu’elle avait de plus… affolant pour son mari. Puis quand elle l’avait rejoint dans le salon, la tête basse, il attendait. Il lui expliqua que lors de son conciliabule avec ses deux gagnants, il avait seulement réussi à monnayer sa présence, pas trop loin d’elle, ainsi que l’assurance que personne ne lui ferait vraiment mal.


Enfin pas de vraies violences, mais pour le reste, il ne savait pas, et ils iraient donc ensemble, à cette soirée. Ce qui la soulagea quelque peu, mais ne la rassura pas pour autant. D’un pas peu sûr elle embarqua donc à bord de la voiture familiale, jurant, mais un peu tard que l’on ne l’y reprendrait plus. Elle resta crispée tout au long du trajet qui la conduisit vers l’estrade et son lieu de calvaire. Ensuite, elle n’était plus maitresse de son destin. Elle se plia donc aux exigences des uns et des autres en priant pour que la soirée ne s’éternise pas trop.


— oooOooo —


L’étrange frisson qui parcourait l’échine de Maud alors qu’elle se plaçait assise à califourchon sur une chaise, n’était pas facile à décrire. Une sorte de honte mélangée à la fierté de ne pas pleurer lui étreignait les tripes. Elle se montrait impassible, alors qu’au fond d’elle elle avait envie de hurler. Puis quand la femme debout autour d’elle, dans sa robe longue lui tripotait les cheveux, elle entrevoyait la paire de ciseaux. Son sang ne faisait qu’un tour, ils n’allaient tout de même pas oser ? Puis le premier claquement des mâchoires qui mordaient sa chevelure… l’horreur absolue de ses mèches qui jonchaient, une à une, le sol.


Curieusement, elle en voulait à François, de ne pas être intervenu. Il n’avait pas bronché, pas levé le petit doigt pour la sauver. Elle se faisait l’effet d’une poule pendant la guerre, celle que l’on tondait pour avoir couché avec l’ennemi. À cette différence près, c’était qu’elle, elle n’avait pas, encore, couché… qu’elle n’avait pas d’ennemi, mais des adversaires de jeu. Quelle torture ! Aussi, alors que le blaireau lui courait sur sa caboche, elle fermait les yeux. La mousse qui permettait au rasoir de… l’envie de pleurer revenait au galop. Elle serrait les dents, ils n’auraient pas cette joie. Elle s’accrochait au siège de bois sur lequel elle avait pris place.


La lumière était sa meilleure protection. Elle imaginait dans l’obscurité que des gens observaient. Combien ? Et son François était-il parmi ceux-là ? Devant elle, un parterre de tifs noyés dans une mousse blanche, son crane qui lui donnait presque froid. Elle ne se voyait pas, mais l’image dans son cerveau qui revenait sans cesse, était celle d’une boule absolument lisse. Pourvu qu’ils ne lui versent pas de goudron… sur elle. La femme qui taillait dans la masse, qui coupait sans arrêt gardait la main douce cependant. Elle la sentait qui écartait ses oreilles pour que la lame passa sans la couper. Au fond de son ventre l’innommable gargouillis qu’elle entendait, c’était le cri de son désespoir. Pourquoi son mari laissait-il faire ceci ?


La coiffeuse… essuyait son crâne aussi lisse qu’un œuf. Un type en costume sombre était devant elle, dans la lumière. Il lui faisait signe de se lever. Pourquoi obéissait-elle sans discuter ? Plus de chaise, et l’autre qui voulait qu’elle se foute à poils. Hésitation d’une seconde, mais là encore elle obtempérait. D’abord son chemisier qui disparaissait sans savoir où ils allaient le poser. Puis c’était sa robe qui dégageait vers le noir. Un autre geste et elle savait qu’il lui fallait tout quitter. Ses seins étaient en pleine lumière, et toujours pas de François pour arrêter tout ceci. Il ne restait que sa culotte, mais elle aussi glissait déjà sur ses chevilles et le pas qu’elle faisait pour la donner au type ne passait pas inaperçu.


Elle était là, dans la lumière, nue, ne sachant que faire de ses grands bras. Le bruit, qu’elle entendait, qu’est-ce que ça pouvait être ? Rien d’autre qu’un étrange chariot monté sur des roulettes. Un immense lit avec un drap non moins imposant, rouge comme du sang. Le gus qui lui prenait le bras. Oh ! Non ! Il ne serrait pas fort ; se contentait de la pousser vers la couche. Il lui faisait signe donc de s’y allonger. Voilà, c’était rapidement chose faite ! Les deux gars qui avait propulsé l’autel sur la scène, ils lui entravaient les poignets et les chevilles, tout cela se retrouvait tiré vers les angles du pieu sur roues. La peur lui étreignait de plus en plus les tripes, mais bon Dieu pourquoi ne venait-il pas l’aider ?


Pour le moment, seul son amour propre avait du plomb dans l’aile, mais elle voulait rester fière, même dans cette situation. Elle ne voulait pas, ne pouvait pas leur montrer cette peur panique qui l’habitait pourtant. Elle se soumettait, mais attachée comme elle l’était, le choix, elle ne l’avait plus vraiment. Puis il y avait cette incroyable sensation, cette pernicieuse sensation. Son ventre réagissait, mais pas comme l’aurait souhaitée. Son foutu corps qui s’échauffait sous la monstrueuse infamie. Être nue, elle l’avait déjà été, mais devant toute une assistance, c’était quand même la première fois… fichu jeu, saloperie de poker. Un des deux types lui avait collé un bandeau sur les yeux.


Désormais elle était dans un autre monde. Le noir, ça avait du bon. L’obscurité cachait sa honte, elle se résignait et puis sous un bandeau si une larme s’évadait, quelle importance ? Le froid qu’elle ressentait sur son ventre, sur le début de ses cuisses ! Qu’est-ce que… non ! Ils n’allaient tout de même pas… L’acier qui glissait lentement. Elle frémissait, se crispait, mais il lui fallait aussi respirer. Le rasage durait une éternité et la lampe au-dessus d’elle qui cognait de plus en plus fort. Qu’est-ce que c’était encore que cette traction sur ses chevilles ? Qui donc lui tirait les pattes en l’air ?


Elle avait compris quand ses deux fesses furent largement écartées. L’humidité qu’elle ressentait dans sa raie ; puis le passage rapide d’une lame. Ils n’avaient pas oublié un seul petit poil. Là encore elle s’imaginait absolument lisse. Elle qui avait toujours mis un point d’honneur à ne pas céder à cette mode du porno… mon Dieu ! Il faudrait combien de temps pour qu’elle soit de nouveau… normale ? Cette réflexion lui amenait un sourire. Normale ? Mais c’était eux les tarés. Bien que pour supporter ceci, il fallait aussi une bonne dose de crétinisme sans doute. Et son salaud de mari ! Où se trouvait-il ?


Rire dans ces instants lui fichait aussi la trouille. Elle devenait folle ? Merde si elle s’en sortait, plus jamais une seule carte dans les pattes, même plus une seule dans la maison, c’était juré. Ah ! La maison, mais laquelle ? Après cela, les choses ne seraient plus jamais pareilles. Une serviette qui essuyait ses fesses, puis ses jambes étendues dans leur position initiale permettaient le séchage de son ventre par le coton. Une prière muette, un secret espoir qu’enfin François se manifestât. Tout était vain, elle criait intérieurement, elle hurlait en silence. Alors, pourquoi lutter ? D’autant que soudain, après le feu du rasoir c’était des caresses partout avec de l’eau ou une huile, enfin quelque chose qui parfumait tout autour d’elle, chose que des mains dispensaient sur son corps.



Son cœur battait plus fort, plus vite. Elle s’imaginait, entourée de plusieurs personnes, et tous devaient suivre l’évolution de ces pattes sur elle. Pas un seul endroit n’était délaissé. Celui ou celle qui la touchait avait débuté par le cou, tout en renversant une quantité non négligeable d’un produit relativement frais sur son ventre. Alors les paumes de la personne qui la massait, allaient et venaient, passant sur les seins, étirant, triturant, malaxant chaque muscle. C’était surprenant au départ, puis agréable à l’arrivée. Quand les paumes bien à plat frôlaient le sexe, elles rafraichissaient les endroits du pubis et des cuisses où le rasoir avait travaillé.


Après s’être lovées sur l’ensemble de sa poitrine, lui avoir fermement étiré les chairs des seins, s’être occupées durablement de l’ombilic, reparties sur le mont de vénus, les deux mains huileuses descendaient à l’intérieur des cuisses. Malgré la tension nerveuse due au fait qu’elle était une attraction vivante, elle sentait que son corps tout entier réagissait à cette stimulation inédite. Une pensée de plus en plus floue s’envolait vers François et s’il assistait à cela sans broncher c’était que définitivement, il entrait dans la catégorie des salauds. Alors pourquoi, ne faisait-il pas cesser ce jeu qui soit dit en passant commençait à l’allumer sérieusement ?


Elle se tortillait sous les menottes qui continuaient leur périple sans se presser, toujours au même rythme. De temps à autre, sur le flanc de son corps, elle sentait quelque chose qui se posait, pour immédiatement repartir. Ce truc qu’elle n’arrivait pas à identifier lui semblait chaud, du moins autant qu’elle le devinait là sur cette table. L’homme aux doigts de fée était arrivé sans encombre à ses orteils. Ils les pressaient doucement, l’un après l’autre, renouvelant dix fois sur chacun d’entre eux ses effets relaxants. Elle se sentait de mieux en mieux, de plus en plus chaude.


Puis lorsque les mimines remontaient lentement sur la jambe gauche, elle espérait presque qu’elles sauraient s’arrêter dans ce creux formé par la jonction des deux. Juste pour calmer cette attente, cette anxiété de tous les instants depuis qu’elle était arrivée ici, dans ce lieu étrange, elle se crispait davantage sur son lit de supplice. L’homme se penchait sans doute sur elle, car elle sentait sur ces longues gambettes le frôlement d’une poitrine et toujours cette chose que soudain elle entrevoyait en pensée. Maud comprenait que le gars était sans doute nu et que ce qui la touchait sur le ventre c’était très certainement…


— oooOooo —


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