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Le temps des olives

Chapitre unique

Premières amours...

Inceste

Ça sent la lavande et les olives. Un parfum qui caractérise si bien cette région et la maison. Celle qui voit Mélinda se tenir sur le pas de la porte du moulin attenant.


— Yanis !


La roue tourne et le garçon qui alimente le bac où la pierre écrase la pulpe n’entend pas.


— Yanis ! Eh oh !


Pas de réponse. Alors la femme d’une quarantaine d’années s’avance dans la pièce circulaire. Les rouages de la machinerie font un bruit infernal. Elle pose sa main sur l’épaule de celui qui vient de vider un nouveau sac dans le grès qui peut en contenir quelques-uns encore. Il ne semble pas plus surpris que cela par ce geste d’affection de l’arrivante. Il tourne son visage glabre et son sourire montre deux jolies rangées de quenottes bien blanches.


— Tu ne m’as pas entendu ou tu me fais maronner ? C’est ça ? Hein ? Le repas est près.

— Juste une petite minute. Tu respires cet arôme ? C’est le moment que je préfère dans le pressage. Quand l’huile vierge va couler de la pulpe. Tiens, goute-moi ça !


Il vient de plonger sa main dans la masse verte et ramène dans sa paume entrouverte, un peu de ce magma odorant.


— Un bon cru cette année. Là-dedans il y a tout le soleil de chez nous Mélinda. Goute-moi donc ceci, c’est un pur bonheur.

— Non ! Tu sais parfaitement que je déteste ça. Pour la cuisine, l’huile passe encore, mais me coller ça dans la bouche ? Jamais ! C’est écœurant.

— C’est pourtant ce qui nous fait vivre, ma belle.

— Pff ! Tu viens diner oui ou non ?

— Oui ! Tout est en ordre et j’ai fini pour ce soir. J’arrête tout, je viens manger et je reviendrai après la mangeaille pour nettoyer tout cela.


Mélinda n’a sans doute pas attendu qu’il termine sa phrase. Elle est partie presque en courant. Un comble, vivre de la pression des olives et ne pas supporter même l’odeur de leur pulpe. Yanis… toujours à rêvasser, à trainasser dans son fichu moulin. Si elle en avait le pouvoir et surtout l’argent, il y a belle lurette qu’elle aurait fait ses valises. Oui ? Mais pour aller où ? Pour faire quoi sans un sou vaillant en poche ? Alors, elle ronge son frein, pestant contre cette vie qui la retient prisonnière dans cette vieille baraque.


Yanis lui, c’est autre chose. Il aime cette existence un peu indolente, une vie qui s’écoule au rythme des saisons, faite de journées dont les levers et les couchers de soleil sont les uniques sabliers. Elle, une quarantaine juste entamée, chevelure longue auburn avec quelques reflets plus cuivrés, élancée et fine, espère qu’une occasion va se présenter. Partir… un leitmotiv entêtant, récurrent, son seul objectif en fait. Elle est bien roulée encore et Gianni son mari, mort dans les vignes depuis deux ans maintenant, l’a laissé sans le sou.


Alors, pour survivre, elle est revenue s’installer dans la maison familiale. Celle-ci lui appartient pour moitié et elle y occupe le terrain en compagnie de Yanis, une sorte de colocation qui ne dit pas son nom, quoi ! Lui a toujours vécu ici, avec leurs parents puis seul depuis la disparition brutale de leur mère trois ans plus tôt. Le garçon est son jeune frère, son cadet de deux ans. Jamais marié, Mélinda ne l’a seulement jamais vu avec une fille. Bien entendu, ce ne sont pas ses affaires et elle n’a jamais posé de question.


Mais la vie au « moulin des Rochettes », nom que porte le lieu-dit isolé où ils vivent, lui est vite devenue insupportable. Et puisque naturellement aux yeux de la loi elle en possède la moitié, elle fait un peu pression pour que Yanis lui rachète sa part. Lui n’a pas plus d’argent qu’elle, et comme elle ne veut pas le chasser du seul lieu où il a toujours vécu, c’est le serpent qui se mord la queue. Il y a aussi ses manies de vieux garçon qui la dérangent également. Il ne se sert que très peu de la salle de bain, pourtant moderne.


Non ! Monsieur préfère se laver au bassin où leur maman faisait la lessive… avant l’avènement des machines à laver le linge, bien sûr. Et comme cette fontaine se situe juste face à la fenêtre de la cuisine, il lui arrive de voir ce frère, un homme en fait, qui se lave nu, sans se soucier de ses regards. Elle lui en a fait quelques fois la remarque, et il se contente de hausser les épaules ou de se mettre à rire. Et lui et elle sont des adultes, alors pourquoi ne comprend-il pas à quel point ça peut ramener des images étranges dans sa tête de femme ?


Il faut reconnaitre aussi que si elle l’a pris longtemps pour un homosexuel qui ne se découvrait pas, il lui arrive de se dire que ce qu’il promène entre ses jambes peut donner envie à bien des femmes. À commencer par elle, qui en est toujours une quoiqu’il advienne. Et ce manche long et pas spécialement fin, il lui arrive de plus en plus d’en rêver. Alors pour éviter une catastrophe, elle se dit de plus en plus souvent qu’il lui faut partir vite. Après leur diner qui se déroule chaque soir à la même heure, Yanis remonte dans son antre.


Il nettoie, lave consciencieusement la meule et le récipient contenant les restes des olives qui ont fini de livrer une huile vierge de première pression à froid. Recueillie dans un énorme bidon, elle va reposer un jour ou deux puis sera mise en bouteille. Dès qu’il en a terminé avec sa tâche, il file comme de coutume à la fontaine. Torse nu d’abord, il se frotte la couenne avec un gant de coton, puis sans aucune gêne, il retire son pantalon et son slip. C’est Mélinda qui passe ses effets personnels à la machine, elle sait donc ce qu’est un caleçon d’homme.


Il passe son service trois-pièces également à l’eau savonneuse, sans vraiment se préoccuper des quinquets de sa frangine qui peuvent suivre la scène depuis les carreaux de la cuisine. Elle en reste bouche bée, médusée par cet astiquage qui donne une certaine vigueur au membre. D’étranges idées dans la tête flamboyante viennent perturber l’ordre bien établi des choses. La première c’est de se demander depuis combien de temps elle n’a pas fait l’amour. Question idiote puisque l’arrêt cardiaque de son mari, brutal et irrémédiable a mis fin à une vie conjugale sinon riche, du moins viable.


Et les frissons qui lui parcourent l’échine en suivant les mouvements de cette patte qui ne se prive pas pour aller et venir dans un geste qui n’est plus tout à fait nécessaire au nettoyage de la trique, sont autant de regrets que… d’envie. Nostalgie d’un temps qui ne reviendra plus ? Ou simplement une attirance pour ce sexe masculin que Yanis paluche sans vergogne désormais. Il y a également le fait que ce soit celui de son propre frère qui freine ses ardeurs. Et mon Dieu, elle se sent si malheureuse là, devant un spectacle hautement érotique. Elle ne voit pas la laitance gicler du mat branlé, mais mentalement elle sait qu’il vient d’éjaculer.


— oOo —


Yanis s’est rhabillé avec des fringues propres, après cette toilette champêtre. Il revient vers la maison, son ballot de linge sale dans les mains. Mélinda le laisse entrer et s’emporte soudain.


— Tu ne peux pas faire ça discrètement ? Tu as tous les coins que tu désires pour assouvir tes plus bas instincts. Pourquoi tu fais ça à la vue de tout le monde ?

—… ? C’est toi tout le monde ? Une femme bien élevée ne chouffe pas son frangin qui se lave. Tu es bien plus perverse que moi, sous tes grands airs. Et tu veux que je te dise ?

—… ça ne va pas de me parler sur ce ton ?

— Tu es la première à avoir ouvert les hostilités et je te réponds de la manière que tu viens de t’adresser à moi. Que je sois ton frère ne te donne pas de droits sur moi.

— Je sais ! Mais te… caresser en sachant que je suis devant l’évier et que je te vois… ce n’est pas sain.

— Ce qui ne l’est pas, c’est surtout qu’une femme qui a connu le sexe ne pratique plus.

— Quoi ? Je ne comprends pas vraiment où tu veux en venir.

— Tu veux que je te dise franchement le fond de ma pensée ?

— Ça nous changerait pour une fois !

— Alors tant pis pour toi. Sors, dégote-toi un bon mâle et laisse-toi baiser, tu seras plus agréable ensuite. Pour te dire tout, si tu n’étais pas ma frangine… je crois que je proposerais bien ma candidature.

—… ? Non ! Mais ça ne va pas la tête ?

— Écoute ! Je ne t’ai pas invitée. Tu es là, alors je te supporte et partage avec toi le peu de sous que je gagne grâce à mes petits boulots.

— Je sais. Pardon d’être pauvre.

— Tu te complais dans cet état de fait, c’est ton droit. Ne viens pas te plaindre et je suis, je te le rappelle, chez moi autant que toi.

— Oui !


Elle est repartie vers sa vaisselle et le torchon pour l’essuyer. Il semble à Yanis qu’elle pleure. Mais s’il lui a dit ses quatre vérités, c’est qu’elle l’a mis un peu en défaut et la meilleure défense reste souvent l’attaque. Il s’en veut de ses paroles blessantes. Mélinda a sans doute raison. Ce n’est pas clean de se tripoter en sachant qu’elle le lorgnait. Mais il est bien incapable de se trouver une explication plausible à son geste. Une sorte de défi ? Une tentative désespérée de lui hurler qu’il a envie d’elle ? Mais entre frère et sœur, ces trucs-là sont interdits par la morale ! Quelques réminiscences du catéchisme ?


Dans sa chambre, la femme se couche, incapable de trouver le sommeil. Elle se tourne, retourne dans son lit et des pensées tristes remontent par vagues successives derrière ses yeux qui refusent de se fermer. Les larmes aussi réapparaissent et elles s’accompagnent de longs sanglots. Yanis, dans la chambre contiguë, ne dort pas non plus. Il écoute ces pleurs qui lui fendent l’âme. Hésitant, ne sachant que faire il se recroqueville dans son pieu. Il se reproche sincèrement sa conduite. Quel idiot tout de même d’avoir provoqué cette tristesse ! Il finit d’un coup par sortir de ses draps.


Sans réfléchir, il se lève et en caleçon sort dans le couloir, ouvre la porte de Mélinda qui n’a pas seulement perçu que son frère est proche du lit, dans le noir. Son esprit est ailleurs, loin de là, avec Gianni qui lui parle d’amour. Souvenirs d’un temps perdu, mort, d’un passé qui n’a aucune chance de renaitre de ses cendres. Elle ne semble pas non plus distinguer le chuintement de l’huis qui tourne doucement sur ses gonds. Les pas feutrés de Yanis qui se rapprochent de l’endroit où elle se morfond. Le frère traverse dans l’obscurité, l’espace qui le sépare de sa sœur.


— Mélinda ! Pardon, je suis désolé !

—… Hein ? C’est toi Yanis ? Mais qu’est ce que tu fiches dans ma chambre ?

— Je t’ai causé du chagrin et je m’en veux. Je n’arrive pas à m’endormir et n’y parviendrai pas si tu es triste et malheureuse. Je regrette mes paroles, tu as eu ta part de problème, de malheurs aussi.

—… ! Ce n’est pas ta faute. C’est cette foutue vie qui est une salope. Elle nous vole ce que nous avons de plus cher.

— Mais je suis toujours là, moi.

— Oui… mais toi… tu es mon frère.

— Tu te souviens quand nous étions petits ? Les soirs d’orage, quand je venais me blottir contre toi parce que j’avais peur du tonnerre ?

— Nous étions jeunes, et tout cela c’est bien loin !

— Tu ne veux pas me garder près de toi, juste dans tes bras. Seulement pour cette nuit. L’orage est dans nos têtes et j’ai une trouille sans borne. Je ne sais pas ce qui m’a pris de…

— Chut ! Tu peux rester là, mais tu ne t’approches pas trop.

— Pourquoi ?

— Pourquoi quoi ? Nous ne sommes plus des enfants et ces choses là ne se font pas. Ce n’est pas…

— Quelles choses ? Je veux juste me blottir contre ma sœur, me rappeler qu’elle est ce qui me reste de plus cher au monde. Nous pouvons calmer nos peines, parce que vois-tu, j’en ai aussi et chaque nuit qui passe fait revenir des fantômes.

— Comme pour moi avec mon Gianni alors ? Je peux te faire une confidence ?


Yanis a ouvert les draps et il se glisse auprès de Mélinda. Il s’étend et croise ses doigts sous sa tête, les yeux grands ouverts sur le plafond invisible dans le noir. Il sent le parfum de celle qui se tient à moins de vingt centimètres de son corps. Bien sûr que c’est sa sœur, qu’ils sont nés des deux mêmes sangs. Mais ils sont désormais deux adultes, Mélinda est une femme désirable et lui, dans la force de l’âge. Pour évacuer le trouble qui le prend, il s’adresse de nouveau à la forme allongée toute proche.


— Tu voulais me dire quelque chose ?

— Longtemps Gianni et moi avons toujours cru que tu étais… gay !

— Gay ? Eh ben ! Rien que ça ? Comment toi ma frangine as-tu pu seulement imaginer un instant que…

— Je ne t’ai jamais vu avec une fille et mon pauvre Gianni non plus. Ça a fini par nous paraitre louche.

— Crois-tu que nos parents auraient aimé voir leur fils les abandonner lui aussi, pour une femme ?

— Lui aussi ? Parce que tu imagines que j’ai abandonné maman et papa ? Pour un homme ?

— En tous cas, c’est le sentiment qu’ils en avaient retiré, eux, de ton départ précipité.

— Mais tu aurais pu toi aussi te marier et vivre ici, non ?

— Imposer ses beaux-parents à la femme qu’on aime ? Tu l’aurais supporté toi de vivre chez Marcia et Lisette ?

—… tu as raison. Bon on dort ? Il se fait tard, déjà !


— oOo —


Les lèvres de Yanis sont venues effleurer la joue de la quadragénaire, avant qu’elle se retourne pour dormir, ou essayer plutôt de le faire. L’homme sent la chaleur de cette sœur qui ne bouge plus. Dans la chemise de nuit qui la couvre jusqu’aux chevilles, il y a une femme qui respire calmement. La tentation est grande de poser une main sur la hanche qui soulève le drap du dessus. Mais le risque de prendre une gifle est un frein puissant. Loin de la honte de prendre une baffe, il y a aussi cette peur de briser quelque chose de ténu entre lui et elle. Alors, sans réussir à franchement dormir, il somnole.


Quelle heure est-il lorsque l’esprit embrumé de Mélinda refait surface ? Tout est noyé dans le noir. Il ne fait toujours pas jour. D’abord, elle ne pige pas pourquoi un truc chaud est posé en travers de son ventre. Puis la réalité remonte vers son esprit embrouillé. Son frère est venu faire la paix en début de nuit. Il est toujours là et il se retrouve en travers du lit. Sa patte, dans une posture bizarre, enlace involontairement le haut de son corps et la femme n’ose pas le réveiller. Il a l’air si paisible, loin du monde des vivants.


Le moindre mouvement peut faire sortir son cadet de sa léthargie, alors elle s’empêche pratiquement de respirer. Combien de temps reste-t-elle en éveil ? Et les images de cette situation incongrue lui donnent un coup de chaud. Elle se revoit, lors de petits matins avec son mari. Lui aussi bougeait tellement dans leur lit, qu’il lui arrivait de se coller à elle. Souvent, le réveil devenait prétexte à des jeux plus intimes. Et ces moments si librement consentis lui font désormais cruellement défaut. Mais le bras qui ceint la plage entre sa poitrine et son nombril n’est pas celui d’un homme ordinaire.


C’est celui d’un frère, un gamin avec qui elle a joué, avec qui elle s’est disputée souvent, et les gestes que son cerveau échafaude ou espère sont interdits, réprouvés par la majorité des gens. Finalement, dans un soubresaut bienheureux, Yanis prend une autre pose. Cette fois il est sur le dos, et le morceau de lui qui la retenait quasiment prisonnière lève le camp. Par la même occasion, sa main repousse le drap, découvrant son corps d’homme pas totalement nu, fort heureusement. Ça suffit pour que le calme revienne dans l’esprit de Mélinda. Et avec celui-là, une reprise de son sommeil interrompu.


Le soleil, par les interstices des persiennes, fait tressaillir la femme qui ouvre les yeux. Yanis est toujours là, proche d’elle. Il ne porte qu’un slip de coton sombre. Pour ne pas le réveiller, Mélinda ne peut que rester tranquille. Mais son regard reste rivé sur la bosse qui déforme le caleçon de ce frangin perdu dans un rêve, ou un cauchemar. Sans doute que c’est très érotique parce que ce qui tend le tissu n’a rien d’anodin. Et revoici au grand galop une chaleur sourde qui monte partout en elle. Mentalement, elle se traite de « salope » ! Ce type qui visiblement bande, c’est son frérot ! Il n’est donc pas permis de penser à…


A-t-elle fait un mouvement ou bien émerge-t-il tout bêtement de son néant ? Il vient d’ouvrir un œil. Celle qui se trouve à ses côtés ne semble pas bouger. Dort-elle toujours ? La main droite du bonhomme se porte sur la déformation qui fait genre dans l’espace comprimé du calbute. Nouveau coup d’œil vers la forme endormie. Rien ne bronche. La paluche qui frotte doucement l’excroissance matinale se déplace et soulève l’élastique. Lui donner un peu d’air, desserrer l’étreinte du chiffon qui comprime la bête. Et d’un coup, la tige sort comme mue par un ressort de sa prison de fibres.


La tête masculine sur l’oreiller fait un quart de tour, histoire de s’assurer que sœurette pionce toujours ? Pas de souci de la part de la miss. Ce que ne sait pas vraiment le loustic, c’est qu’entre ses paupières à demi closes, Mélinda observe avec attention. Elle voit donc le bout des doigts se réunir en chapeau sur la partie mobile de ce sexe tendu. Et le mouvement du poignet inique clairement que Yanis, sans remuer le moins du monde le lit, se masturbe tout en douceur. Et de sa patte libre, il soulève maintenant le bas de la chemise de nuit, qui lors des gesticulations nocturnes dont la sœur n’a gardé aucun souvenir, s’est trouvée retroussée bien haut sur les cuisses.


Difficile de rester de marbre alors que le rouge lui monte aux joues. Elle doit ne pas alerter son frère sur son état d’éveil. Oh ! Il ne cherche pas à toucher, à tripoter. Il ne veut que voir, pour alimenter les images que son cerveau lui envoie, entretenir son érection par la vue ? Mais voir quoi ? Un bout de cuisse, une hanche ? Le vêtement ne peut guère être plus relevé sous peine de mettre en alarme les sens de Mélinda.


— Mélinda… tu dors ?

—…

— Tu ne roupilles plus, avoue-le ! Ça te fait plaisir de me voir bander ?

—… ? Hein… Ah ! C’est encore toi ? Pourquoi me réveilles-tu Yanis ? Et puis qu’est-ce que tu fabriques ? Pourquoi fourrages-tu de la sorte dans ton slip ? Ne me dis pas que tu recommences ?

— J’ai envie le matin.

— Et bien, va aux toilettes. C’est là qu’on va faire pipi, non ?

— Pas envie de pisser… tu… ne veux pas essayer ?

— Essayer ? Mais essayer quoi ?

— Ne fais pas l’innocente. Je sais pertinemment que tu me rezieutes depuis un sacré bout de temps.

—… ? Tu es cinglé ou quoi ?

— Mais non ! Et tu as parfaitement compris de quoi je parle. Attends ! Tiens.


Yanis vient de prendre le poignet de sa frangine et il attire la menotte vers la barre de chair en fusion.


— Qu’est-ce que tu…

— Tu peux me toucher ! Ça ne mord pas ce machin-là. Mais je ne t’apprends rien, Gianni en avait une toute pareille, il me semble.

—… ? Tu es un vrai satyre, ma parole !


Yanis avance déjà sa main libre pour saisir le poignet de cette sœur qui sent son cœur battre plus vite. C’est mal, c’est moche, elle le sait. Pourtant au fond d’elle il y a cette espèce de remue-ménage qui lui chatouille le ventre. Ça fait si longtemps et elle est tentée, trop sans doute. Comment autrement qu’en fichant le camp de son propre lit peut-elle éviter le pire ? Elle ne réagit pas lorsque son frère lui tire doucement le bras vers ce qui déborde de son slip. C’est tout proche, c’est horriblement tentant.


C’est un homme, elle une femme et en cet instant où l’esprit vacille, elle ne sait pas s’en dépatouiller. Elle frissonne, elle se voit déjà perdue, rôtie dans les flammes d’un enfer promis par tous les curés du monde. Les doigts effleurent un truc que depuis des années, elle n’a plus vu qu’en songes. Elle raidit son bras, arrêtant le mouvement de celui de Yanis, à quelques centimètres du sexe en érection.


— Tu ne veux pas ? C’est parce que je suis… tu sais je suis aussi un homme.

— C’est bien cela le drame. Trop beau pour être honnête. Et nous ne pouvons pas faire cela.

— Alors avec qui je pourrais donc un jour le faire ? Je n’ai jamais osé, je n’ai jamais eu de petite amie, ni de près ni de loin. Tu es la première que je regarde d’aussi près.

— … qu’est-ce que tu me racontes Yanis ? Pourquoi mens-tu éhontément ? Tu ne peux pas être…

— Ben si ! Tu vois Mélinda, avant il y avait les parents et puis… ils sont partis et je suis trop con pour avoir une amie. Alors pour coucher… tu ne peux pas seulement imaginer, comme je souffre de cela.

— Tu es vierge ? Pas possible. Je ne te crois pas.

— Et pourtant ! Aussi vierge que mon huile première pression à froid. J’avais cru qu’en venant dans ton lit, hier soir, ça nous rapprocherait. Toi sans mari et moi, ignare des choses du sexe… mais je me suis encore fourvoyé. Je suis désolé.

— Je ne peux pas faire ton éducation dans ce domaine-là, ne m’en veux pas.

— Si une sœur ne peut pas aider son frangin dans tous les domaines… et puis ton foutu Dieu ne dit-il pas « aimez-vous les uns les autres » ? Dans ce plumard, il n’y a que deux adultes qui crèvent d’envie de faire l’amour. Parce que, si je ne connais rien à rien, par contre je suis certain que tu en as autant envie que besoin.

— Comment peux-tu me dire ça ?

— Parce que j’ai lu dans ton regard… et j’ai bien cru que ta main… juste celle-là Mélinda, juste tes doigts !

— Si tu as mes doigts, tu as l’ensemble de ma personne. Dans ce genre de partage, c’est tout ou rien. Le reste n’est que blabla de collégiens.

— Il y a belle lurette que nous avons passé l’âge d’être des potaches. Je crois que c’est pour toi que je suis dans cet état.

— Pour moi ? Tu me prends pour une imbécile ? Tu bandais bien avant d’être éveillé totalement, je ne suis pas aveugle.

— Donc tu simulais pour me piéger ? C’est dégueulasse en fait !

— Mais non !

— Alors, prouve-le ! Mélinda… juste ta main pour que je sache quelle sensation ça fait de sentir une autre patte sur…

— Tu me promets que ça va te suffire ?

— Je ne promets rien ! Mais j’ai besoin de toi et je t’implore à genoux de me prêter ta main.


Tout tourne à toute vitesse dans la caboche de la rousse dont l’esprit vacille. Elle balance entre faire ce que lui réclame Yanis et filer en courant. Hésitations légitimes ! Cette femme n’a jamais eu un seul amant durant ses années de mariage ni depuis son veuvage. Ce qu’elle éprouve là est… une torture. Bien sûr qu’elle ferait bien ce geste qui la ramènerait dans le monde du sexe. Mais que ce soit… avec son propre frère la tétanise sur place. Il a vraiment tout d’un homme, mais c’est d’où il vient, qui lui fiche une trouille monstrueuse.


Incapable de faire un choix immédiat, elle tire sur elle le drap. Le garçon à ses côtés interprète ce signe comme un refus. Alors il se lève et quitte la chambre. Seule dans le lit encore tiède de la nuit, Mélinda reste prostrée, sans oser faire le moindre mouvement. Ce n’est que bien plus tard que la porte de la chambre s’entrouvre et cède le passage à Yanis, qui livre le petit déjeuner.


— Madame est servie ! Un café, avec un sucre et un nuage de lait, comme d’habitude. Deux tartines de pain grillé, un zeste de beurre avec une bonne couche de gelée de mûres. Comme ceux de maman…

— … ! Tu t’en souviens donc de ces moments où nous nous levions tous ensemble ?

— Oui ! Mais toi et moi sommes des adultes et eux ne sont plus là. Pour me faire pardonner d’être aussi bête, je n’ai trouvé que ce moyen.

— Ne crois pas que je t’en veuille. C’est juste que…

— Chut ! Ne dis rien. Je sais déjà toutes les paroles qui vont sortir de ta gorge. Ce genre de choses ne se fait pas entre un frère et sa sœur, nous devons être sages et tout le tralala. Mais au fond de mon cœur, tu es une femme. Une très jolie nana même, et je ne suis qu’un imbécile qui te désire. Mais ça ne date pas d’aujourd’hui, cette histoire-là !

— Comment ça ? Je… je ne pige pas du tout. Tu sous-entends quoi, avec ces mots que tu viens de prononcer ?

— Juste que… depuis fort longtemps, je rêve de ton corps, je cherche le mot pour décrire ce que tu me fais comme effet.

— Tu… tu veux me faire savoir que tu fantasmes sur moi ? Tu es un peu fou alors ! Il existe des millions de femmes autour de la terre. Pourquoi justement sur la seule qui est inaccessible ? C’est bien de la perversion ou de la folie douce, non ?

— Appelle cela comme tu veux ! Pour moi tu représentes tout ce que j’aurais aimé trouver chez une fille. Jolie, tu parles bien, tu as la tête sur les épaules, tu sais ce que tu veux, et je t’admire depuis… que je suis en âge de marcher.

— Mais…

— Ne dis rien Mélinda ! Laisse-moi simplement t’expliquer. J’ai envié Gianni, peut-être même un peu maudit, certaines soirées de me voler l’unique femme qui m’a fait battre le cœur… après maman bien sûr !

— Quoi ? Pourquoi mêles-tu maman à tes inepties ?

— Ben ! Elle, c’est en réel qu’elle m’a fait battre le cœur. Sans elle et papa, nous ne serions pas là à nous disputer pour tout et rien. Je suis puceau, et je sais aujourd’hui pourquoi. Ça peut te paraitre totalement déplacé, mais je t’espère depuis toujours. Je comprends aussi mieux maintenant, pourquoi la mort de ton mari ne m’a pas ému plus que cela. J’étais triste, mais surtout pour toi Mélinda.

— C’est… Yanis… toutes les femmes ou filles du monde aimeraient entendre une telle déclaration, mais tu t’es trompé de nénette. Rien n’est, ni ne sera, jamais possible entre nous.

— C’est toi qui penses de la sorte. Permets-moi d’avoir un avis différent. Nous sommes peut-être du même sang, mais l’amour ne se commande pas. Et je t’aime comme une sœur, avec un peu plus de passion. Mais de par le monde, combien sont-ils dans notre cas ?

— Oh ! S’il te plait, ne rends pas plus compliqué mon refus.

— Je ne te forcerai pas. Il est hors de question que je me taise par contre. Je t’aime et tu dois le savoir, l’entendre, que tu sois ma frangine ne peut que me conforter dans cet amour-là !

— …


Une larme coule sur la joue de la quadragénaire. Et face à ses pleurs, Yanis semble bien impuissant. Il joue les braves, mais au fond de lui, il n’est pas fier de ce piètre résultat.


— Ben voilà ! S’il te plait ! Ne pleure pas, je ne veux pas te faire mal. Juste que tu entrevois que tu es non seulement ma sœur, mais également toute ma vie.

— Bien sûr que si nous n’avions pas partagé le ventre de la même mère, à quelques années d’intervalle, je me serais laissée tenter. Mais c’est au-dessus de mes forces, ça dépasse largement mon entendement.

— Il te suffit d’essayer, ne serait-ce qu’une seule et unique fois et tu t’apercevras sans doute que je ne suis qu’un homme, comme tous ceux que tu as dû croiser dans ton existence. Des défauts pareils à ceux de tous les autres, des attentes similaires et surtout… un amour qui ne s’est jamais démenti au fil des années. Il s’est renforcé lorsque tu étais loin de notre maison. Tu as tellement manqué à nos parents, mais à moi, tu ne peux sans doute pas imaginer le vide qui a découlé de ton absence.


Assis sur le bord du lit, il essuie avec un kleenex, cette perle qui coule le long de la joue de Mélinda. La poitrine avec ses deux œufs haut perchés semble se trémousser sous les effets des sanglots mal contenus. Le papier absorbe les larmes, ne soignant cependant pas la cause de celles-ci. Cette ouate douce qui court sur sa peau, la déclaration plus ou moins enflammée de son frérot, tout concourt à éveiller des sens en léthargie depuis bien trop longtemps. Et s’il avait raison ? Quelques-uns de ces mots à la limite de la violence lui reviennent d’un coup.


« Sors, dégote-toi un bon mâle et laisse-toi baiser, tu seras plus agréable ensuite. Pour te dire tout, si tu n’étais pas ma frangine… je crois que je proposerais bien ma candidature. »


Phrase qui résonne dans sa tête, amplifiée encore par une situation équivoque. Elle est là, engoncée dans une chemise de nuit datant d’un autre siècle, récupérée dans l’armoire de leur mère. Comme si le fait de la porter la rapprochait de cette maman qui lui manque. Une manière aussi de se protéger des choses de la vie et du sexe, quelque part un refuge contre les tentations ? Un bien frêle rempart, aussi inutile que vain, voile de coton qui laisse entrevoir plus encore peut-être ce qu’elle ne veut pas montrer ? Cette fois, elle ne chiale plus. Elle avale pain et café sous le regard tendre de Yanis.


— Voilà ! Tu es une grande fille. Tu as tout mangé.

— Arrête ! Ne me parle pas comme à un bébé ou un enfant.

— Ah ! Le hérisson se remet en boule, signe que ça va mieux.

— Tu peux reprendre ton plateau ? Je désire me lever.

— Tu ne veux pas que nous fassions une grasse matinée ? Genre je me recouche près de toi et nous bavardons !

— … ?


Les reliefs du petit déjeuner de la dame quittent la couche et sans attendre une réponse de la part de sa sœur, il a baissé simplement son caleçon. Totalement nu, il s’étend de nouveau près de la forme emmitouflée de cette sœur qui ne dit rien.


— C’est agréable le contact du drap sur la peau, tu devrais un jour essayer.

— Tu n’as donc que le mot « essayer » en tête ce matin ?

— Pourquoi ? C’est bien aussi de mordre dans la vie à pleine dent et de cueillir les fruits qui sont à portée de main.

— C’est donc moi que tu nommes « fruit » ? Il ne manque plus que « mûr » et l’ensemble sera complet.

— L’humour te va mieux que les larmes, Mélinda ! Tu devrais en user plus souvent.


Il s’est placé sur le flanc de manière à garder sa sœur dans son champ de vision, sa tête soutenue par sa main.


— Tu es une chouette femme. Sans blague ! J’ai si souvent eu envie de toi, et j’ai encore et toujours ce besoin de croire que tout est possible. Tu… je peux te demander quelque chose ?

— Quoi ? Tu ne te gênes pas d’habitude !

— Tu ne veux pas retirer ce truc qui doit dater du temps de nos parents ?

— Mais… comment ça ? Tu veux dire que je me mette dans le même état que toi ? À poils ? Même pas en rêve, je te le dis.

— Que tu peux être vieux jeu ma belle !


Il lance cette phrase sans vraiment qu’elle soit perçue par celle à qui elle est destinée. Le ton est bas, rauque, pour une raison bien simple. Yanis est de nouveau en érection et la raideur de son goupillon ne peut échapper à la vue de Mélinda.


— Tu me prêtes ta main ?

— Rien que ça ?

— Ben, ce serait un bon début, non ?


La femme aussi a une voix bizarre en répondant à son frangin. Il ne bouge pas, ne voulant rien forcer. Elle perd lentement de sa timidité, et l’espoir renait chez cet homme qui a un appétit féroce.


— Tu es vraiment encore vierge ? C’est une blague.

— J’ai l’habitude de te mentir ? Allons… tu l’as dit-toi-même ! Tu as toujours cru que j’étais homo.

— …


La patte féminine a décrit une sorte de grand cercle et elle est désormais à quelques centimètres de l’objet qui reste tendu sur le ventre de Yanis.


— Ça ne va pas te dévorer les doigts, tu le sais ? Tu en crèves d’envie, alors…

— Je t’en supplie, laisse-moi faire ce que je veux, ne me brusque pas, s’il te plait. C’est difficile pour moi de songer que…

— D’accord ! Mais est-ce qu’au moins de mon côté je peux ouvrir les deux ou trois boutons de ta camisole ?

— … J’ai peur Yanis.

— Moi aussi et j’en tremble, je te le jure. Je suis complètement sidéré. Tu ne vas pas t’enfuir si je dégrafe le premier de ces vicieux qui camouflent tes trésors ?

— …


Elle ne bronche pas, voyant la main qui atterrit sur ce qui ferme jusqu’au cou le vêtement de nuit. Un à un les fermoirs sont ouverts et ça ne donne guère plus de visibilité au frère qui se contorsionne dans le lit. Tant et si bien que sans le vouloir, la menotte fine est enfin en contact avec le serpent qui se trouve gorgé d’un sang identique à celui qui coule dans les veines de la femme. Drôle la chaleur que communique l’objet aux phalanges féminines. Quant au visage de son cadet, il est si proche de celui de Mélinda, qu’elle sent le souffle sur son nez et le reste de sa frimousse.


Elle ferme les yeux, toute honte bue. Cette fois, elle a franchi un cap, se noyant dans son propre enfer. Pourtant elle ne ressent rien d’autre qu’un immense appel. De la chair, de l’envie, du désir que lui inculque la promiscuité de ce mâle en rut. Ça déteint sur elle, ça l’émeut au plus profond de son être. Un peu comme si Gianni était de retour. Les paupières hermétiquement closes, Mélinda ne veut plus savoir qui l’embrasse dans ce lit. C’est presque normal qu’elle réponde à l’élan spontané qui la fait frissonner.


Yanis ne perd pas le Nord. Il fait lentement remonter le bas de l’armure nocturne, et découvre au fil du retroussage, les parties les plus intimes de celle qui n’est là, plus qu’une femme abandonnée à ses caresses. La dépouille de coton s’évanouit sur le sol, recouvrant au passage le plateau du petit déjeuner. Mélinda ne cherche plus à lutter. Vaincue par son désir charnel immédiat, c’est bien elle qui revient à l’assaut de la bouche masculine. Elle sent que tout chavire, qu’elle n’est plus maitresse de son destin.


Son frère prend les choses en main. Et en fait de « choses », il s’agit de ce qui orne son pubis. Crinière flamboyante surmontant et camouflant l’entrée d’une grotte convoitée, ornement ridicule aux couleurs d’une chevelure en désordre, une toison qui ne parvient pas à retenir la fougue de l’impatient Yanis. Il a vite trouvé où se situe l’endroit qui, avec la pointe de ses seins et ses lobes d’oreilles, la fait frémir. Un index souple piaffe déjà sur ce qui se niche à l’orée des grandes lèvres. Enfin, tout s’emballe et l’évolution logique remplit de râles la chambre baignée d’une lumière naturelle.


— oOo —


Finalement l’adoption, par les deux personnages d’un chiffre bien connu, fait la part belle à ces préliminaires somptueux. Cette tige qui s’engouffre entre deux mâchoires qui lui veulent du bien fait soupirer d’aise le bonhomme qui subit le châtiment de la fellation. Il s’applique dans sa tâche, et lape tel un chiot, l’entrejambe largement ouvert. D’une langue agile il fait glousser d’aise cette rousse qui retrouve des émois oubliés. Les mains jouent avec tout ce qu’elles peuvent tripoter aussi bien sur lui que sur elle. La piaule est envahie par des gémissements dont la gorge n’est pas définie.

C’est si bon que parfois Mélinda en oublie ce qu’elle fait pour profiter pleinement de toutes les sensations qu’elle accueille avec un bien-être fou.


Elle se laisse faire avec un plaisir de moins en moins contenu. Lui s’enivre d’une salive parfumée par ses sécrétions de plus en plus abondantes. Et pour finir, c’est elle, qui le repousse après un long moment d’agonie lente, pour venir se coucher sur son ventre. Mélinda se laisse alors glisser pour que cheville et mortaise s’enclenchent gentiment. Un ouf de soulagement craché par la gorge féminine marque le début d’une possession attendue et espérée. En appui par ses bras tendus sur le buste de Yanis, la femme prend conscience qu’elle est son frère font désormais vraiment l’amour. Ils sont amants pour de bon et il est impossible de faire machine arrière.


Mais c’est si bon, tellement merveilleux de renouer avec les choses du sexe. La folie n’est plus passagère, elle est définitive. À quoi bon lutter encore contre l’inéluctable ? Ce qui devait arriver est là, dans sa plus simple horreur, avec cependant une certaine magie. Elle garde sa position, se redressant pour de sa patte gauche, venir serrer les olives de ce frère patient. Elle prend le sac contenant les boules et malaxe ce dernier en accentuant ses déhanchements. Son bassin qui fait de lentes reptations sur ce bas ventre garde bien au fond de son con la queue qui s’y enfonce avec délectation.


Les deux-là sont en transes, en rut. Ils se fichent pas mal de l’heure et du temps. Et puisque le vin est tiré, il faut le boire… jusqu’à la lie. La lie… elle est toute proche et dans un souffle, Yanis fait part à cette sœur qui le chevauche de l’arrivée imminente de sa semence.


— Att… ends ! Je n’en peux plus. Je crois que je vais venir… laisse-moi sortir !

— Pou… pourquoi veux-tu que nous rations le meilleur ? Chut ! Laisse-toi aller ! Ne gâche pas mon plaisir en m’interpellant à nouveau. Viens… viens ! Je t’en supplie, viens !


Une telle prière de cette Mélinda qui deux heures plus tôt se montrait totalement réfractaire à une possible copulation avec lui… le monde à l’envers. Et pour la première fois de sa vie, Yanis se libère dans un sexe accueillant, dans un ventre pas vraiment anonyme en poussant un cri de fauve. Elle se crispe davantage, ancrant ses longs ongles vernis dans la chair tendre de sa poitrine. Il n’est plus vierge, elle est comblée et ces deux-là devront après cela, affronter chaque jour, peut-être chaque nuit avec le poids sur le cœur de ce qui vient de se passer.


— oOo —


Ça sent la lavande et les olives. Un parfum qui caractérise si bien cette région et la maison. Le visiteur qui est là pour récupérer son huile d’olive, les mains sur les hanches, voit débouler une jolie rousse dans le moulin. Il s’efface, se fend d’un large sourire agrémentant son bonjour poli. La femme qui se tient sur le pas de la porte est éblouissante. Ses cheveux de feu, son teint hâlé montrent qu’elle est heureuse.


— Bonjour Monsieur.

— Alberty ! Vincent Alberty. Votre mari est un véritable artiste. Son huile est la meilleure de notre région.

— On le dit ! Mais ne lui répétez pas trop, il va attraper le melon.

— Finalement, je crois que c’est lui qui a de la chance… mais vous en êtes bien consciente, n’est-ce pas ?

— Ah ? Et pourquoi devrait-il être chanceux ?

— Une très jolie femme est un vrai trésor. Et sans mentir… vous êtes…


Mélinda et Yanis se regardent ! Un large sourire vient illuminer les deux bouilles dont parle le client. Quelle serait sa réaction s’il savait… que ses deux qui lui font une risette sont issus du même ventre ? Mais il y a fort longtemps que le partage de la maison inclus également la couche. Pourquoi devraient-ils faire état de leurs amours ? Ça ne concerne qu’eux deux, et les autres ils les laissent dire ou penser ce qu’ils veulent.


Eux sont heureux et Mélinda n’a plus du tout envie de quitter la demeure familiale. Elle a sous ce toit tout ce qui peut faire d’elle une femme heureuse. N’est-ce pas cela l’important dans l’existence ?





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