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The part of the dream

Chapitre unique

Concours

Histoire médaillée
Erotique

La table est mise. Deux couverts, les plus beaux que je possède. La nappe sur laquelle ma paume glisse est d’une incomparable douceur, sans un faux pli. Dans la cuisine, les arômes qui flottent, subtils et entêtants, font couler au fond de ma glotte une salive qui me donne déjà des frissons. Ce quatorze février, il doit être le plus beau, le plus doux de tous les jours de cette année… Mille fois mieux que ceux des ans passés… parce que cette fois mon amour… tu seras à moi. Oui à moi et seulement à moi !


Tout est prêt ! Je souris de cette bonne surprise. Et dix fois je reviens vers le réfrigérateur, pour me rassurer. Le champagne sera-t-il assez frais ? Le vin de Moselle, ton préféré, tout droit venu de notre petit producteur, il doit si merveilleusement accompagner ces plats que pour toi j’ai mis un temps infini à concocter. La porte se referme doucement. Tout est en ordre, n’attendant plus que ton arrivée. La pièce maitresse de cette soirée, elle se doit également d’être à la hauteur. Pour cela, quoi de mieux que la salle de bain ?


La cloison de verre tirée sur ma nudité intégrale, l’eau qui coule, tout me rapproche de toi. J’adore en me savonnant me rappeler ton sourire. Celui que j’espère sera tellement plus beau que tous les précédents. La fleur de nylon, laquelle est imbibée de ce gel au lilas, celui qui te fait toujours frémir les narines, oui… la fleur glisse sur chaque recoin que mes petites mains sont capables d’atteindre. Belle ! Je me fais belle pour ton seul plaisir. Puis dans d’amples mouvements, mon corps s’emmaillote dans le coton pur d’un drap de bain. Parfumée et presque fraiche, je pose mes fesses devant ma coiffeuse.


Le miroir, celui où parfois ton visage apparaît, ne me renvoie qu’une tête aux cheveux humides. Ceux que je peigne avec un rictus, pour les lisser, et les rendre présentables. La risette qui naît sur mes lèvres est à la hauteur de cette image que tu vas avoir de moi, tout à l’heure. Ces joues si souvent caressées par tes doigts agiles s’illuminent par la couleur laissée par le pinceau. Et mes yeux… deviennent braises pour te plaire vraiment. Un soupir, les heures s’envolent et je dois me presser. Le tube de rouge qui court et couvre mes lippes, en font deux roses bonnes à cueillir.


Le temps de cacher ce qui reste trop nu, là, dans ce lieu dédié à la beauté féminine, oui le temps qui arrive me déplace dans la chambre, notre chambre. Et je cherche sur un pendant du dressing ce qui va suggérer sans rien montrer, te tenir en haleine pour ces instants où tu vas gouter aux charmes de ma cuisine. Que le dessert que je te promets soit le plus merveilleux possible… oui ! Une robe bonbon, cachetée de ces mini-boutons pour qu’ils soient ce soir, les pires ennemis de ton impatience. Et sous ces fripes élégantes… pourquoi emballer plus ce que je veux que tu imagines de longues minutes ?


Aimable, désirable ! Que tes yeux ne quittent plus ces présents, qu’ils te subjuguent et t’emportent dans un délire tout pareil au mien. Appâts de femme mure qui sous ton nez vont se balancer alors que ta gorge va ingurgiter une à une, les bouchées d’un autre délicat plaisir. Et me voici pimpante et si attentive au moindre signe de ton retour… Oh mon amour ! Ce soir, dans les assiettes de notre table, le plus précieux de ce que je possède est là… encore et toujours, pour toi. Et derrière la vitre de la salle où nous dinerons, la forêt voit déjà mourir les derniers rayons d’un soleil couchant.


— xxXXxx —


Attente étrange, peuplée de rêves. La musique qui coule dans mes oreilles fait dériver mon esprit sur des sentiers mille fois parcourus toi et moi. C’est l’heure de diner. Je suis des yeux ta bouche qui mastique, appréciant les mets épicés, prévus bien entendu pour pimenter la suite des évènements. Le bouchon du vin pétillant s’échappe trop rapidement de son col blanc. Une larme macule la nappe et tu souris. Non ! Ne détourne pas les yeux de ce miroir aux alouettes que je me force à agiter devant eux. Où est le charme de ce jeu… si tu préfères… la tache sombre sur le tissu ? Ce que cache le coton que je porte n’a-t-il donc pas un attrait mille fois supérieur ?


Tu te lèves et je ferme les paupières. Ce baiser, je l’attends, je le pressens. C’est bouillant, c’est… divin, magique. Tes doigts se serrent sur les miens et tu me communiques une incroyable chaleur. Comme j’aime cet instant où le feu qui couve relance une flamme qui me dévore. Oui ! C’est ça, prends-moi dans tes bras. Pas trop vite… attends, dansons tu veux bien mon chéri ?


Les pieds nus sur la laine du sol, qu’il est doux, qu’il est bon de se laisser porter par la musique, soutenue par des bras solides. Et mon amour, que je t’aime ! Ne me déshabille pas trop vite ! Prend ton temps, je veux savourer un bonheur de toutes ces secondes où une armée de lutins franchit toutes les barrières de la bienséance. Je brule de toute ton impatience, je frissonne de ces effleurements qui du bout des lèvres cueillent la fleur si ensanglantée, dont j’ai dessiné le contour sur mon visage. Et combien sont récalcitrantes les nacres minuscules qui ralentissent ta progression vers un paradis promis ?


Ça va, ça vient alors qu’enfin ton travail porte ses fruits. Celui de venir mettre en lumière une poitrine dont tes babines se pourlèchent avant même que d’y plonger le bout de ton nez. Trop, c’est trop, je reste de marbre et ne tente rien, gardant au fond de mon ventre toutes les impressions contenues que me délivrent tes caresses terriblement excitantes. J’aime sentir l’odeur de ta peau, j’adore lorsque tu me touches. Point de mots, juste des actes. Et les déhanchements de nos corps, entrainés par la musique, ce sont bien les premiers pas vers la félicité.


L’un et l’autre, cette fois nous ne tournons plus. Sur ce sol que nos pieds foulent depuis… de si belles valses et quelques slows, nous voici allongés. Plus rien n’est masqué de ce que je veux te donner. Ou te le rendre puisque c’est à toi depuis si longtemps. Quelques ondes savoureuses font virer la marée et la mer monte. Plus rien n’a d’importance, puisque les sentiments les plus fous gagnent ce corps dont tu n’épargnes rien. Lèvres, doigts, cheveux, peau tout concourt à lui rendre un éclat qui ne demande qu’à être reconquis à l’aube de ce soir.


— xxXXxx —


Réveil douloureux, le froid d’un petit matin où les tympans sont soudain vrillés par le passage d’un train ? De convoi que nenni, ma foi ! Juste la sonnette de la porte d’entrée. Le temps de passer une robe de chambre et de venir ouvrir la porte…


— Angèle ! Mais bon sang, il est midi ! Qu’est-ce que tu fabriques ? Tu n’es même pas encore habillée ? Tu n’es pas possible toi, hein !

— Hélène ? Mais…

— Ne me dis pas que tu as oublié notre déjeuner au restaurant. Et puis c’est quoi ce cirque chez toi ?

— … ? Quel cirque ?

— Ben… merde… tu attends un invité ? Jolie table pour recevoir qui, dis-moi ?

— Ben…

— Non ? Ne me dis pas que tu espères encore, après trois ans ? Angèle… je sais bien qu’hier soir c’était la Saint-Valentin, mais il ne reviendra plus. Plus jamais ! Tu comprends ça ? C’est pourquoi nous t’invitons le lendemain de cette foutue fête des amoureux…

— Oh ! Pourquoi tu me dis cela ? Je te jure qu’il est venu. Nous avons diné tous les deux. Et il m’a… enfin, c’était divin !

— Ma belle… vient, vient t’assoir là. Je voudrais tant que tu comprennes… les morts ne reviennent jamais… promets-moi de consulter. Tu me fais peur, tu sais.

— Pourquoi ? Je rêve un peu et c’est tout ! Si tu savais comme c’est bon de rêver !

— Quand même ! Au point de mettre deux couverts ? De préparer un diner aux chandelles ? Oh ! Mon Angèle… va t’habiller. Nos amies doivent se demander ce que nous fabriquons…

— J’arrive… mais promets-moi de ne rien dire aux autres… elles me prendraient pour une folle !

— … !


Hélène me regarde comme si elle venait de voir je ne sais quel fantôme… et me voici totalement sortie de mon songe… mais est-ce bien une bonne chose ?



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