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Tombés du ciel

Chapitre 21

Hétéro

Le lendemain Alicia et Bruno se sentirent changés. Ils étaient plus proches et plus fusionnels que la veille. Leurs étreintes étaient plus intenses, plus profondes. Bruno y songeait déjà mais il se décida à proposer à Alicia de rencontrer ses parents. Alicia stressa mais accepta, elle avait envie de voir ses, peut-être, futurs beaux-parents. Rendez-vous fut pris pour le dimanche midi, Alicia et Bruno rentreraient le matin, ça ne ferait qu’un petit détour à Alicia et de toute façon, elle devait ensuite aller chez Roger pour le reste de la semaine.

Dans la journée, Karima leur envoya un petit message, les remerciant pour ce qu’ils avaient fait pour elle. Ils en furent heureux pour elle. Elle ajouta que, bien qu’elle avait fortement aimé, elle s’excusait presque de ne pas vouloir avoir de nouvelles relations avec eux. Cela les fit sourire, surtout Alicia qui n’avait pas envisagé un instant une telle chose. Déjà qu’elle entretenait des relations avec Bérénice et Roger, elle ne se voyait pas mêler son amie à tout ça.

Le dimanche en question, Alicia et Bruno passèrent d’abord chez lui avant d’aller chez ses parents. La jeune femme était dans tous ses états. Qu’allaient-ils dire ? Seraient-ils gentils avec elle ? Et son métier, allait-il poser problème ? Bruno présenta fièrement Alicia et ses parents l’accueillirent avec beaucoup d’égards. Alicia se dit qu’avec les problèmes de communication de leur fils, ils devaient s’inquiéter pour son avenir affectif. Alors trouver un petit bout de femme prête à le prendre comme il était... Alicia dévoila une petite partie de sa vie et ils furent surtout plein de sollicitations pour la veuve qu’elle était. La présence de ses enfants ne sembla pas les déranger. Quand elle aborda son métier, elle voulut édulcorer son activité avant de se dire que cela se saurait et qu’il valait mieux mettre cartes sur table dès le début. Il y eut un blanc puis les parents de Bruno déclarèrent que ce n’était pas forcément le genre d’activité qu’ils avaient espéré pour la compagne de leur fils mais qu’ils n’avaient rien à lui reprocher. Alicia se détendit quelque peu et découvrit des gens assez charmants, un peu bourrus de temps en temps. Ce qui amusa la jeune femme, fut que la femme et le mari avaient un peu la même différence de gabarit qu’elle et Bruno.

Lorsqu’elle était rentrée le dimanche dans la nuit chez Roger, Alicia avait d’abord voulu dormir dans le grenier mais finalement, elle ne put se passer de rejoindre ses "parents". Alicia se glissa entre eux et s’endormit rapidement. Le matin, elle eut un récit détaillé, enjoué et, même, surexcité de la venue de Paco par Hala. La petite fille était toute heureuse et le garçon lui avait proposé de venir chez elle également. Alicia n’avait rien contre mais elle devrait appeler la mère du garçon pour planifier cela. Dans la journée, la strip-teaseuse traina un peu sa misère. Jusqu’à ce qu’elle reçoive un appel de Karima.

"Allô ? Karima ? Ça va ?"

"Allô ? Oui, oui, c’est super, c’est génial. Merci, merci, merci."

La maghrébine lui brisait les tympans à hurler comme ça dans le téléphone. Apparemment, ce qu’elle avait fait avec Bruno semblait l’avoir définitivement requinquée.

"Du calme, du calme. De rien, frangine."

"Que je me calme ? T’es folle ? Non, non, tu ne comprends pas. Je suis allé voir Franck samedi. Bon j’ai un peu débarqué à l’improviste mais heureusement sa fille n’était pas là."

"Merde, tu veux dire... t’es allée chez lui pour... concrétiser ?"

"C’est joliment dit, ah, ah, ah. Oui. Déjà, après que vous m’avez décoincé j’ai eu envie de sauter dans ma voiture dès ce moment-là. Mais bon en pleine nuit, la foufoune encore pleine de... Bref je me suis un peu calmée. Mais vous avez tellement bien allumé ma flamme que vendredi je lui ai envoyé quelques textos un poil chauds. Comme il a répondu avec autant de coquinerie que moi... Je me suis dit qu’il n’avait pas été échaudé par ma fuite la fois d’avant."

"Du coup, tu t’es dit que tu pouvais aller chez lui."

"Carrément, je l’ai laissé entendre et dans le principe, il n’avait rien contre. Alors je me suis décidée tout à coup. Je te raconte pas dans quel état j’étais sur la route."

"J’imagine."

"Je suis arrivée devant chez lui mais j’ai un peu paniqué. Je me suis calmée et j’y suis allé. Il était surpris de me voir mais très heureux. J’ai eu de la chance car sa fille dormait chez une copine, soirée pyjama, tu vois le genre."

"Non, pas trop, je n’en ai jamais fait. Mais du coup, il était seul ?"

"Ouiiii. Je crois que je lui ai peut-être fait peur vu comment je me suis jetée sur lui."

"Non, tu as fait ça ?"

"Oui, bon, il m’a demandé ce qu’il m’arrivait. J’ai dû lui dire qu’on m’avait aidé psychologiquement."

"Euh, tu n’as parlé que de ça ?"

"Oui, oui, ça restera notre petit secret, promis. Mais bon, je pensais qu’il allait me sauter dessus, et en fait non. On a beaucoup parlé, parlé, parlé. Au lieu de me calmer ça m’a fait bouillir comme pas possible. Mais tous ses compliments, tout ce qu’il me disait, c’était trop beau. Je crois qu’il est super fier de moi en fait. Mais bon, tout ça c’était bien beau mais je n’étais pas venue là pour ça. Je crois qu’il voulait que je fasse le premier pas, que je lui montre que vraiment je voulais. Alors à un moment je l’ai embrassé comme une furieuse; je crois qu’il a été étonné. Mais il m’a rendu mon baiser avec la même passion. Je voulais avoir sa peau sous mes doigts, je les ai glissés sous sa chemise. Je ne le pensais pas si poilu, ça m’a pas mal changé de Bruno mais c’était agréable, surprenant mais agréable. Franck m’a imité en passant ses mains sous mon haut... J’ai eu peur mais ça allait. J’ai aimé ses doigts, ils sont plus rêches que ceux de ton chéri ou les tiens mais j’ai aimé ses caresses. Il est remonté comme ça de mon ventre à mes seins. Oh, je crois avoir bien gémit quand il les a pris en main. Il était plus ferme que vous mais il restait attentif à moi. A un moment j’étais moins à l’aise alors il a changé et j’étais mieux."

"Dis donc, Bruno avait raison ça a l’air d’un mec bien."

"Oui. Après je voulais continuer, aller plus loin, je l’ai incité à ôter sa chemise, ce qu’il a facilement fait. Il m’a regardé et, avec un peu de stress, j’ai enlevé mon haut. Me retrouver en soutif devant lui, c’était stressant et enivrant à la fois. En effet, il est bien poilu sur le torse et le ventre. C’est marrant, il a le poil soyeux si j’ose dire. On a recommencé à s’embrasser et à se caresser. Il a fini par passer ses mains dans mon dos, il a défait l’attache et m’a regardé. Je lui ai fait oui et il a retiré mon soutien-gorge. Vous aviez raison, il a beaucoup aimé la vue de mes seins. Il s’est penché et les a embrassés longuement. Il est plus doué que Bruno là-dessus. Bref, moi j’avais les doigts dans ses cheveux et je le plaquais un peu plus contre moi. J’étais aux anges."

"Assez pour aller plus loin ?"

"Oh que oui. C’est moi qui ai voulu en premier enlever le bas, le sien. J’ai réussi à défaire la ceinture mais il a retiré mes mains pour m’enlever mon pantalon en premier. Il m’a fait basculer sur son canapé et tout en bataillant avec le bouton et la fermeture éclair, il m’embrassait les seins et descendait le long de mon ventre. Il a tiré mon pantalon tout en posant de nombreux baisers sur mes jambes. Je n’avais plus que ma culotte sur moi. J’étais presque nue devant un homme et j’ai aimé ça, Alicia. J’étais un peu craintive encore mais j’étais surtout impatiente. Il est remonté lentement, très lentement. Il a souri en voyant l’état de ma culotte. Je mouillais terriblement et c’était bon. Il l’a attrapé et a attendu que je lui fasse un signe de tête pour me la retirer. Je l’ai vu la sentir avant de la jeter derrière lui. Il est reparti à la charge et a approché sa bouche de mon entrejambe."

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"Oh, il t’a fait un cunnilingus ?"

"Oui. Sur le coup je n’ai pas compris ce qu’il comptait faire. Tu imagines bien que l’autre ne me l’avait jamais fait. Et mes petits copains d’avant non plus. Quand sa bouche a touché mes lèvres, j’ai poussé un râle, mon dieu, j’en ai honte encore tellement c’était bon. J’avais eu un aperçu de son agilité mais là... J’ai découvert le paradis quand sa langue s’est posée sur mon clitoris. Je suis partie en quelques secondes seulement, il est resté collé à ma chatte jusqu’au bout. Je crois bien qu’il a tout bu ce qui sortait. Les mecs ils aiment ça ?"

"Euh, certains, oui. Bruno par exemple."

"Ah, ok ? Bref, j’étais complètement sonnée par cet orgasme. Il m’a fallu un peu de temps avant de reprendre mes esprits. Franck me caressait tendrement les seins, j’étais bien. Assez pour aller au bout. Je me suis redressée et j’ai fini de déboutonner son pantalon. Il s’est mis debout et son jean est tombé au sol. Il avait un caleçon bien déformé par son sexe. Ça avait l’air d’être plus on moins de la même taille que Bruno donc ça allait. J’ai tiré sur son caleçon et son sexe est apparu. Il est un peu plus petit mais ses... sont plus grosses. Mais j’ai eu une angoisse, avant je me suis souvent retrouvée dans cette position et l’autre me forçait à le sucer. Alors, malgré mon envie du moment, je n’ai pas pu lui faire. Je l’ai juste masturbé aussi bien que je le pouvais, il a aimé, beaucoup. J’ai même cru qu’il allait..."

"Il devait avoir pas mal rêvé de toi et puis vous avez eu de bons petits préliminaires."

"Je suppose. Enfin, je voulais un peu plus qu’une branlette et lui aussi. Alors je me suis calée dans son canapé. J’ai un peu tremblée en écartant mes jambes mais son sourire m’a rassuré. Je voyais son sexe dur, tendu vers moi mais je n’ai pas eu trop peur. Franck a posé ses mains de part et d’autre de moi. J’aurais pu me sentir emprisonnée, coincée mais il posé son front contre le mien pour que nos regards ne se lâchent plus une seconde. Il m’a embrassé puis j’ai senti son sexe venir contre le mien. J’ai eu le souffle coupé mais j’ai repensé au plaisir que cela pouvait procurer, celui que j’ai eu avec vous. J’ai pris mon courage à deux mains et ses fesses aussi. Je l’ai légèrement tiré vers moi et il est entré. Ohhh, Alicia, c’était magnifique. Je l’ai senti glisser, écarter mes chairs sans brutalité mais avec une douce puissance..."

"Bah, dis donc..."

"Oh, la, la, oui. Sans vous je n’aurais jamais été capable de me donner autant, d’aimer autant. J’aurais peut-être réussi à le faire mais je crois que j’avais besoin de la présence d’une femme pour la première fois. Quelqu’un à qui me raccrocher en cas de besoin. Là, j’étais prête, vraiment disponible pour lui et pour moi, surtout pour moi, mon plaisir. Franck a rapidement commencé ses va-et-vient. Ils étaient parfois rapides, parfois lents. Ça me faisait de drôles de sensations. Et puis ses yeux dans mes yeux, j’avais envie de me perdre dedans. Et puis, il est allé de plus en plus vite, je l’ai serré contre moi. J’aurais voulu l’embrasser mais je gémissais bien trop. Et lui râlait aussi tant sous l’effort que par le plaisir qu’il avait. Il a fini par jouir en moi, il m’a inondé le vagin, quelle quantité !"

"En même temps, tu me dis qu’il a une sacrée paire... Mais bon, et toi, tu as eu un orgasme ?"

"Euh, je ne sais pas. C’était très différent d’avec vous. Et puis là j’étais toute seule... J’ai eu quelques petits blocages, comme avec la pipe."

"Dis donc, tu veux pas t’entrainer sur Bruno, non plus ? Ha, ha, ha..."

"Non, non. Euh, tu vois on est resté à se faire de petits câlins un long moment. J’étais bien et tout. Bon, je te raconte pas tout ce qui a coulé le canapé en cuir et par terre. Bref, il m’a aidé à me relever et m’a donné de quoi me laver. Je ne voulais pas trainer alors j’ai fait une douche rapide. Quand je suis ressortie, j’ai piqué un fou rire : Franck essayait de nettoyer nos bêtises. Il n’est pas très efficace niveau ménage je pense... Je l’ai envoyé se doucher et j’ai effacé nos traces. Je... J’ai goûté."

"Goûté quoi ? Oh !"

"Oui, euh, je voulais savoir le goût que ça avait quand on en a envie. Tu sais, avec l’autre, j’allais vomir à chaque fois qu’il me forçait à avaler... Là, il y avait son jus et le mien. Alors, j’en ai pris du bout du doigt et je me suis lancée. Ça allait, c’était un peu bizarre mais je n’avais pas de reflexe de régurgitation ou un dégoût prononcé. J’ai vite terminé, je ne voulais pas qu’il sache ce que je venais de faire. J’ai attendu qu’il ressorte pour repartir. J’étais venu les mains dans les poches et je ne voulais pas m’imposer plus. Mais il a su me retenir. Et au fond de moi, je ne voulais pas partir. Il n’avait pas grand-chose dans son frigo à part un peu de pâté, quelques tomates, de la salade. C’était un vrai pique-nique mais c’était vachement romantique... Et puis de fil en aiguille..."

"Vous avez remis ça ? Mais tu deviens insatiable."

"Te moques pas de moi..."

"Non, t’inquiète."

"Je sais, bon. De fil en aiguille, la soirée télé s’est transformée en soirée câlin et plus. Et je... Je me suis lancée, je l’ai sucé. Heureusement que je t’avais vu faire un peu car sinon, j’aurais été bien embêté. Je ne pense pas lui avoir offert la meilleure pipe de sa vie mais bon il a apprécié. Je n’ai quand même pas osé le faire jouir dans ma bouche. A la place, je me suis dit que les mecs aimaient aussi la branlette espagnole donc j’ai tenté la chose. Je me suis assez bien débrouillée, ça m’a fait tout drôle d’avoir les nichons recouverts de sperme mais j’étais contente de lui avoir fait plaisir. Surtout qu’il a pris soin de moi comme plus tôt dans l’après-midi. Je vais devenir accro à ce truc-là ! Bref, on a fait plein de trucs, on s’est massé, caressé, embrassé pendant des heures. On a baisé encore une fois et j’ai pris mon pied, sans plus aucune crainte de rien ! Forcément, je suis restée dormir chez lui. Ce n’est que le lendemain que je me suis rendue compte que j’avais dormi avec un homme et que j’avais aimé être entre ses bras. D’avoir un sentiment de protection, de sérénité, ça ne m’était jamais arrivé..."

"Bah, dis donc... Tout va pour le mieux !"

"Quasiment. Euh, le lendemain matin, on s’est levé à pas d’heure... Il m’a prêté un polo à lui et un caleçon. On a pris un brunch et je n’arrêtai de rigoler à ses bêtises. A un moment je me suis levée pour l’embrasser par-dessus la table. Nos lèvres étaient scellées quand on a entendu : "Salut, p’pa, je suis rentrée !". Sa gamine venait de rentrer de chez sa copine. Je te raconte pas le malaise. Victoire, c’est son nom, a pété un câble. Elle s’est mise dans une colère noire pas possible. J’en ai pris pour mon grade et Franck aussi. Elle m’a traité de tous les noms avec hargne et colère. J’en ai pleuré. Franck l’a emmené dans sa chambre pour qu’ils discutent. Qu’ils se disputent plutôt... Il en est ressorti quelques minutes plus tard pour venir me réconforter. Il a fait comme il a pu et j’ai retrouvé un peu de calme. Il a eu un appel urgent de la mairie et il a été obligé de le prendre. Je voulais vite partir alors je suis retournée dans sa chambre pour me rhabiller. Victoire est sortie de sa chambre à ce moment-là."

"Oh le malaise !"

"Enorme ! Mais la gamine avait les yeux aussi rouges que moi. Sinon plus. Elle a baissé la tête et elle a marmonné un truc avec une toute petite voix. Je n’ai pas compris et elle a répété plus fort. Elle s’est excusée. Ce n’était pas envers moi qu’elle était en colère mais plutôt contre son père, sa mère, le copain de celle-ci, un peu toute la Terre en fait. J’étais moins mal à l’aise devant elle mais j’ai bien compris qu’elle n’était pas prête à me voir. Alors je suis partie..."

"Aïe. Ça craint... Tu fais quoi maintenant."

"Euh, je n’en sais trop rien. Je suis toute excitée, nerveuse, j’ai envie de croquer la vie à pleine dent."

"Avec ou sans lui ?"

"Ah, ça... Euh, je suis trop perdue pour l’instant. Il est sympa et tout. Mais je ne suis pas certaine qu’il veuille un autre enfant et il y a Victoire."

"Bref tu as besoin de réfléchir."

"Oui... Bon faudrait que je bosse un peu moi."

"Moi aussi, je ne vais pas tarder à partir. Bisous."

"Bisous."

Alicia était heureuse pour sa voisine; même si le chemin du bonheur ne semblait pas clairement tracé pour elle. Elle alla se préparer et partit à La Jonquera.


* * *



Le lendemain Alicia était toujours taciturne. Elle avait pourtant retrouvé ses enfants, ses "parents". Sa "sœur" paraissait avoir retrouvé définitivement sa joie de vivre, des désirs. Mais elle, elle ne savait pas pourquoi, elle n’était pas vraiment satisfaite. Bérénice s’en aperçut, elle la prit à part alors que Roger avait embarqué Hala et Salil avec lui pour que les deux femmes puissent parler tranquillement.

"Qu’est-ce qui ne va pas ma chérie ?"

"Non, rien, ça va..."

"Ça n’a pas l’air. La semaine avec Bruno ou la visite chez ses parents ne s’est pas si bien passée que ça ?"

"Si, si, au contraire, c’est juste que... Dis, tu crois que c’est normal qu’après tout juste une semaine je sois autant en manque de lui."

"Ma coquine a hâte de le retrouver ?"

"Oui, évidemment, mais il n’y a pas que ça. J’ai aimé diner avec lui le soir, regarder la télé, le voir me regarder me réveiller le matin, me promener avec lui..."

"Et tu crois que tu en es où de tes sentiments avec lui ?"

"Euh, je l’aime. Il le sait et c’est lui qui me l’a dit en premier."

"Bon, ça s’accélère votre histoire. Il te manque ? Tu voudrais peut-être aller le retrouver encore ?"

"Oui mais en même temps, je suis si contente de retrouver mes enfants et vous. Vous me manquiez aussi..."

"Peut-être que tu peux lui proposer de venir ici pour la fin de semaine..."

"Pardon ? Mais et papa, il va dire quoi ?"

"Oh, il va sûrement râler mais il va se laisser faire. Tu sais bien qu’il ferait tout pour te faire plaisir... Et moi aussi."

"Merci, mais tu crois que Bruno, il ne va pas se dire que je suis possessive ? Et puis, il a peut-être prévu autre chose..."

"Bon, à mon avis il sera content de te voir. Mais surtout je ne pense pas que ce soit le seul souci, non ?"

"Si, si... Bon, j’aimerais bien dormir avec vous cette nuit. Si vous voulez bien..."

"Bien sûr, allez, appelle-le. Et propose-lui de venir demain."

"Dis, ça ne vous dérange pas de devoir être avec lui le soir ?"

"Non, c’est mon futur gendre... Et je le connais déjà bien."

"Oooh, maman ! C’est le problème aussi, ça va être un peu gênant pour lui."

"Je pense qu’il faudra que Roger le rassure, avant que tu ne partes demain pour aller travailler."

Alicia finit par appeler son copain et celui-ci fut tout heureux de la proposition. Il lui dit qu’il était déjà en manque d’elle et qu’il avait d’abord pensé à la faire venir chez lui mais qu’il avait renoncé pour ne pas la priver de ses enfants et de ses parents. Il eut tout de même quelques inquiétudes de devoir se retrouver seul à seul avec Roger et Bérénice le soir. Mais son désir de retrouver Alicia était plus fort et comme tout le monde était au courant, il ne vit pas de problème à venir.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Alicia se dépêcha de rentrer pour coucher encore un peu dans le lit de ses parents. La jeune femme fut toute fébrile en attendant son compagnon. Bruno passa rapidement déposer des affaires avant d’aller travailler. Alicia le revit rapidement au déjeuner avant qu’il ne parte à nouveau à la boucherie. Lui ne la croisa pas en rentrant de son travail, elle était déjà repartie. Il passa la soirée accaparé par Hala et Salil avant de devoir leur lire plusieurs histoires. Le jeune homme était rassuré de voir qu’Hala avait abandonné ses réticences premières et avait un vrai plaisir à le voir. Mais il fut frustré de ne pas avoir Alicia avec lui.

Et malgré les mots rassurants de Roger sur l’unique relation que Bruno avait eue avec Bérénice, il se sentit un peu gêné quand il se retrouva seul avec eux. Bérénice monta au grenier pour arranger le lit que Bruno allait partager avec Alicia. Ils avaient toujours les deux lits pliants et ils les avaient collés pour faire un lit double. Bruno se retrouva face à Roger et sentit l’inquiétude monter en lui. Roger vit le jeune homme se décomposer petit à petit, Bérénice était montée intentionnellement pour leur permettre d’avoir une discussion d’homme à homme.

"Bruno, il faut qu’on parle."

"Ah, euh, oui."

"Déjà, respire un bon coup ! Sinon tu vas exploser. Tout va bien."

"Euh, tu es sûr ?"

"Oui, on se détend. Je trouve Alicia très heureuse depuis qu’elle t’a trouvé donc c’est le plus important."

"Merci. Et pour Bérénice ?"

"Ah, pour ça... Je t’avoue que sur le coup j’ai été un peu vexé mais pas envers toi. Et puis, Bérénice est avec moi maintenant donc... Tu n’étais pas au courant de nos relations à tous les trois donc pas de soucis. Tu as Alicia, j’ai Bérénice donc on en reste là."

"Tu... Bon, ok merci."

"Nous sommes à égalité en quelque sorte... On veut tous les deux le bonheur d’Alicia et c’est tout ce qui compte."

"Je comprends..."

"Bien, un remontant ?"

"Euh, là je ne dis pas non."

Quelques minutes plus tard Bérénice était redescendue pour les trouver en train de siroter un alcool fort. La soirée se passa tranquillement et Bruno sentit, au petit matin, le corps chaud d’Alicia venir contre lui. Elle était fatiguée et s’endormit rapidement dans ses bras. Ils ne firent que se croiser jusqu’au dimanche où ils purent profiter d’un déjeuner tous ensemble. Cela déprima énormément Alicia, elle n’avait eu que de trop brèves minutes passées avec son chéri. De retour chez elle et dans son rythme de vie habituel, elle se sentit malheureuse. Pas à cause de difficultés mais par manque de sa vie là-bas, chez Roger, par manque de ses "parents", de son chéri, de la vallée. Même Hala et Salil avaient changé d’attitude, s’ils aimaient déjà avant passer du temps là-bas, cela s’était accentué de façon significative. Ils lui parlaient sans cesse de tout ce qui s’y trouvait, de leur papi et mamie, de Bruno. Elle avait un idéal de vie à porter de main mais elle sentait encore de multiples obstacles devant elle.

Ils devaient revenir au pont de l’Ascension. Alicia fit un peu de chantage à Firmin mais elle obtint quelques jours de congés pour profiter de temps en famille. Karima apprit par Hala et Salil qu’ils retournaient chez Roger à ce moment-là. Après quelques jours d’hésitation, elle demanda si elle pouvait s’incruster. Elle voulait profiter de Franck quelques jours mais ne pouvait ni dormir chez lui, à cause de Victoire, ni l’obliger à faire de multiples aller-retour. Alicia n’avait rien contre cette idée mais elle voulait avoir Bruno avec elle, donc il ne resterait plus que le canapé à Karima. Celle-ci était prête à s’en accommoder mais, pragmatique, Salil avait eu l’idée que sa "tata" aille dormir chez Bérénice. L’idée n’était pas mauvaise, la voisine d’Alicia souhaitait juste un endroit proche de chez Franck sans vouloir s’incruster trop dans la vie de famille de sa petite sœur. Bérénice n’eut rien contre prêter sa petite maison. Alicia appela enfin Bruno qui accepta rapidement de rejoindre la petite troupe. Mais Alicia sentit comme des doutes, une hésitation dans la voix de son copain. La passion qui les animait s’estompait-elle déjà ? Finalement, le jeune homme ne se voyait pas avec une strip-teaseuse ou avec deux enfants ? La jeune femme fut en proie aux doutes quelques jours mais ils s’estompèrent comme Bruno continuait de lui envoyer des mots doux par texto et que leurs appels avaient repris comme avant.

Alicia arriva chez Roger dès le mardi soir. Hala et Salil n’avaient pas cours le mercredi et l’école faisait le pont le vendredi. Karima ne devait venir que le mercredi pour prendre les clés auprès de Bérénice avant de rejoindre son amant pour un diner en tête à tête dans un restaurant du coin. Bruno arriva, lui aussi, dès le mardi soir et ils passèrent tous les six une soirée tranquille. Mais Alicia sentit son compagnon soucieux ou perdu dans ses pensées. Elle-même n’était pas très à l’aise mais n’en trouvait pas l’explication de façon évidente. Elle avait son chéri avec elle, ses enfants et elle était chez Roger avec Bérénice. Même Karima passerait les voir le lendemain et serait à proximité pour les jours suivants. Hala était invitée le vendredi à venir passer la journée chez Paco. En plus en cette fin mai, le temps était annoncé particulièrement clément voir même beau et chaud. Quand ils montèrent se coucher, Alicia sentit son copain de plus en plus pensif. Une fois au lit, sentant que cela risquait d’empirer, elle décida de crever l’abcès.

"Dis mon gros loup, ça va ? Tu as l’air soucieux..."

"Pas forcément... Enfin, j’ai un truc que j’ai besoin d’éclaircir..."

"Dis-moi, c’est quoi ?"

"C’est plusieurs trucs que tu as dits, surtout quand j’ai passé la semaine chez toi. Sur le coup je n’ai pas percuté mais après il y a eu une petite musique bizarre dans ma tête."

Alicia commença à s’inquiéter, le ton était sérieux, grave même. Bruno poursuivit :

"Par exemple, j’ai compris que ce n’était pas la première fois que tu avais des... attouchements avec une autre femme, pareil pour le coup de la chantilly, tu l’as déjà fait. Ok, pourquoi pas. Mais j’ai bien compris que c’était assez récent. Et de ce que j’ai compris de ta relation avec Samir, vous étiez plutôt très soft, classique si je peux dire. D’ailleurs, c’est pareil pour ton goût pour les insultes et le sexe un peu moins conventionnel que tu ne l’avais fait avec ton compagnon..."

Alors qu’elle pensait avoir fait attention, Bruno avait su capter, écouter toutes les petites allusions qui lui avaient échappées. Cela le laissait-il simplement dans l’expectative ou bien avait-il compris plus de choses. Son cœur se mit à battre la chamade tant le stress la gagna.

"Et puis le fait que j’ai baisé avec Bérénice... Vraiment je pensais que ça allait faire plus de remous que ça. Ok, on n’était pas ensemble, eux non plus, mais tout de même. Et puis Roger m’a dit la fois dernière, en essayant de me rassurer, qu’on était à égalité. Tout ça a tourné dans ma tête un petit moment sans que je puisse mettre des mots dessus. Jusqu’à récemment..."

"Alors ? Que crois-tu avoir compris ? demanda-t-elle sur un ton qui se voulait léger."

"Pour faire simple, je pense que tu as baisé avec Roger et Bérénice."

Bien qu’elle commençait à s’y attendre le cœur d’Alicia s’arrêta de battre quelques instants. Sa respiration se bloqua et elle ne put plus bouger un cil.

"Alors, est-ce que tu as baisé avec eux avant de te mettre à les considérer comme tes parents ?"

"Euh, oui... Ecoute, quand Roger m’a trouvé dans la montagne avec Hal et Sal, il m’a sauvé, je me suis sentie redevable qu’il accepte de nous accueillir ici. Je lui ai un peu forcé la main pour qu’il accepte un deal. Mais je sentais que j’avais une dette envers lui. Tu as raison sur ce point c’est lui qui m’a fait découvrir mes préférences sexuelles. Et pour Bérénice, tu sais que j’ai cru qu’elle pouvait être ma mère. Et quand je suis allée la voir, à son invitation, j’ai su que ce n’était pas le cas. On a eu une relation à ce moment-là, un peu dans le même genre qu’entre Karima et moi. Mais je me suis surtout sentie bien avec elle, elle avait su me consoler, me réconforter et c’est pour ça que je lui avais demandé de venir ici."

Alicia avait choisi ses mots avec une extrême attention. Elle ne voulait pas lui mentir mais pas non plus lui avouer qu’elle avait continué à coucher avec eux ensuite.

"Je comprends mieux maintenant. Euh, détends-toi mon cœur. Ecoute, ça s’est fait comme ça, voilà. Merci en tout cas."

"De quoi ?"

"De ne pas avoir cherché à me mentir."

"Ça aurait difficile de ne pas te dire cela."

Bruno était en grande partie rassuré, il voulut changer de sujet car, pour lui aussi, cela avait été source d’un certain stress. Il était tout de même heureux qu’Alicia n’ait pas cherché à nier. Ils parlèrent des activités qu’ils voulaient faire pendant ce court séjour à deux ou avec les enfants. Ils restèrent éveillés assez tard en faisant de multiples plans sur la comète. Bruno envisageait également de partir en vacances avec cette future petite famille mais en dehors du contexte de la ferme, juste eux quatre. Alicia fut touchée par son désir de mieux connaitre Hala et Salil, de savoir vivre avec eux au quotidien sans la présence de Bérénice ou de Roger. Alicia comprit qu’il se projetait sans doute dans une vie de famille avec elle et ses enfants. Et cela malgré ce qu’il avait deviné de sa relation avec ses parents, du moins une partie.

Le mercredi, Karima passa en coup de vent à l’heure du déjeuner prendre les clés de Bérénice. Elle ne voulut pas s’imposer car elle comptait déjeuner chez Bérénice avant de rejoindre Franck dans l’après-midi mais elle fut presque assise de force par Bérénice et Roger. Pour être certains qu’elle ne se relèverait pas, Hala et Salil s’assirent sur ses genoux. Finalement elle fut toute heureuse de partager ce moment avec eux. Karima ne savait pas trop quel pouvait être son programme avec les obligations inhérentes de Franck. Karima repartit en même temps que Bérénice et Bruno qui retournaient au travail. Le reste de la journée se passa tranquillement entre jeux, sorties et coup de main à Roger. Hala et Salil refirent du fromage avec lui tandis qu’Alicia remit de la paille dans la chèvrerie. Bruno et Bérénice, en rentrant de leur travail, les trouvèrent fatigués mais épanouis des activités qu’ils avaient menées. Le soir, Alicia s’endormit sur le canapé et Bruno dut la prendre dans ses bras pour la monter dans leur chambre de fortune. Le jeune homme l’allongea sur le lit et à ce moment-là, Alicia sembla ouvrir un œil endormi :

"Viens-là, bisou."

Elle passa ses bras autour de son cou et l’embrassa langoureusement.

"Désolée mais pour ce soir, je suis naze."

"Pas grave. On a plein de temps jusqu’à dimanche."

Alicia bailla longuement et se colla contre lui alors que Bruno se glissait aussi sous la couette. Ils restèrent quelques instants comme cela, Bruno lui caressant les cheveux doucement. Il croyait qu’elle dormait déjà, d’après sa respiration lente et profonde, mais elle bougea et posa sa main sur son entrejambe. Cela fit sourire Bruno et il l’entendit marmonner avant de s’endormir contre lui.

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