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Une chute de vélo

Chapitre 23

Révélation orageuse

Hétéro

L’observation de l’orage se poursuivit dans une bonne humeur relative, cependant, Sylvain fut systématiquement repris par Jennifer, quoiqu’il dise ou fasse, elle trouvait toujours une remontrance ou un reproche à formuler. Alors que Rémy sortait un nouveau rouleau de pellicule de son appareil motorisé, il jeta un regard circulaire autour de lui, observa les nuages dans plusieurs directions avant de prendre la parole.


— La cellule orageuse s’est rapprochée de nous, on ne devrait pas rester ici, si le vent tourne et vient dans notre direction, nous n’aurons pas le temps de rentrer. Mais avant de partir, on va faire une photo de groupe. Mettez-vous dos à l’orage, nous dit-il en déplaçant son appareil.


Il remit une nouvelle pellicule, fit ses réglages, activa le retardateur et vint s’asseoir auprès de nous. Il fit ainsi une série de cinq photos avec des réglages différents et donna le signal du départ. En effet, l’orage se rapprochait, le délai entre éclair et tonnerre se réduisait rapidement, et chaque lueur nous éclairait plus fortement. Nous pouvions presque nous passer des lampes torches, tellement leur fréquence devenait dense. Le grondement du tonnerre, s’était transformé progressivement en claquements plus secs, ce qui indiquait des impacts en rapprochement constant. Le vent qui s’était levé juste avant que nous entamions la descente, avait nettement forci, agitait fortement les branches des arbres, et soulevait de nombreux tourbillons de poussière. Alors que nous étions proches de la route, une forte pluie s’abattit sur nous.


Une fois sortis du sentier, nous fîmes tous, les quatre cent mètres qui nous séparaient encore de la maison, en courant aussi vite que nos vêtements trempés nous le permettaient. Christophe et Gordon s’étaient très aimablement proposés de porter Julie pour me relayer puisque je l’avais déjà portée une partie du trajet aller, ainsi que presque tout le chemin du retour, mais elle refusa. Fortement agrippée à moi, je me doutai qu’elle ne devait pas être très rassurée.


Avant d’arriver au portail, plus aucun de nous n’avait le moindre poil de sec. Cette course sous la pluie, nous avait bien rafraîchis au début, mais nous parut glacée pour la fin du trajet. Dans la maison, comme à l’extérieur, plus d’électricité, nous utilisâmes les lampes torches qui diffusaient une bien faible lumière, en rapport aux éclairs parfois aveuglants de l’extérieur. Dans la véranda, Romain, Natacha, Julie et moi, nous nous déshabillâmes, restants pieds-nus en sous-vêtements.


— Attendez ici, leur dis-je, je vais aller chercher des serviettes pour vous sécher et des vêtements de rechange.


D’une armoire, je sortis, une pile de serviettes, que Romain se chargea de distribuer, puis Natacha emporta des t-shirts, des shorts et des survêtements tandis que Julie passait des vêtements secs et que je cherchais les bougies. Sylvain et Jennifer se changèrent dans la salle de bain pendant que le reste du groupe, laissant la pudeur de côté en faisait de même dans le salon ou la véranda, bien que j’aie proposé à tous de s’isoler dans les différentes pièces de la maison ; je fus surpris que Gordon, Bruno, Elsa et Jérémy ne fassent pas plus d’histoires. Après tout, nous n’avions pas avec mes amis, les mêmes mœurs qu’avec ceux de Julie. Le résultat fut comique, les vêtements de rechange que j’avais pu fournir, hormis quelques exceptions, étaient pour la plupart trop grands. Le tableau, irrégulièrement éclairé par les éclairs, donnait à l’ensemble un petit air insolite, qui m’amusa.


Dehors, le vent faisait une démonstration de ses capacités. A la lueur des éclairs, nous pouvions constater sa force d’après l’ample balancement des arbres, accompagné d’un mugissement puissant lorsque les violentes rafales ébouriffaient leur ramure. Des claquements sporadiques sur les vitres attirèrent notre attention. Ils s’intensifièrent rapidement. La grêle faisait son entrée dans la partie. Le vacarme produit par les impacts sur la baie vitrée de la véranda et sur les fenêtres, tranchait avec notre silence. Nous observions, impuissants, le déchaînement des éléments à l’extérieur. Nous étions rentrés juste à temps. L’orage redoubla de force. Les nombreux impacts de foudre étaient si rapprochés que l’on pouvait difficilement les compter, mais nous en ressentions aisément les vibrations.


Soudain une lumière orangée, aveuglante, inonda la véranda où nous étions rassemblés pour profiter de la vue, tandis qu’une double détonation assourdissante fit trembler toute la maison. Julie, surprise, se jeta contre moi, en hurlant de frayeur. Une poignée de secondes plus tard, un craquement sinistre accompagna la chute d’un arbre foudroyé au beau milieu du chemin. Quelques flammes en consumaient encore les branches, heureusement l’intensité de la pluie eut vite fait de les éteindre.


Cet orage, que beaucoup attendaient pour rafraîchir l’atmosphère était enfin là. Sa force était encore plus impressionnante que sa beauté tout à l’heure quand nous l’observions du sommet de la colline. Julie n’avait pas quitté le cocon protecteur de mes bras, et sursautait chaque fois que la foudre frappait les environs. Elle ne fut pas la seule apeurée. Bien qu’elle soit plus grande que lui, Valérie s’était réfugiée contre Jérémy. Julien était assis dans le canapé, la jolie Elsa sur ses genoux. Il devait être à son aise, lui qui la pistait depuis le début de la soirée, cet orage dut être une bénédiction pour lui. Mais chose plus étonnante, Katia placée derrière Gordon, le serrait contre elle, joue contre joue, le menton posé sur son épaule, ils observaient tous les deux le spectacle par la large baie vitrée.


Une heure après, l’orage se calma enfin. L’averse de grêle avait duré environ quinze minutes. Elle avait dévastée la végétation et déversé plusieurs centimètres de grêlons au sol, mais le déluge d’eau fut bien plus long, il charria les débris de feuilles et la glace plus ou moins agglomérée dans les creux du terrain, où il créa des ruisseaux éphémères à même la couche de grêlons. L’atmosphère était lourde dans la maison, la chaleur y était emprisonnée, accrue par l’humidité ambiante. Le vent était tombé et la pluie diluvienne s’était transformée en une pluie fine et droite. Les éclairs se faisaient plus rares et plus lointains. Il était temps d’aérer et d’aller constater les dégâts.


C’est un gros hêtre, probablement centenaire, près de l’entrée de la propriété qui avait été foudroyé. Il ne restait qu’une partie du tronc debout. En éclatant, les branches énormes qu’il soutenait étaient tombées. L’une d’elles avait écrasé le portail qui s’était tordu sous le choc, deux autres étaient en travers du chemin, le reste dispersé dans la pelouse. Heureusement aucune voiture n’avait été touchée. Il n’y avait rien à faire de nuit, nous ne pouvions qu’attendre le lendemain. Personne n’allait pouvoir quitter la propriété, et tout le monde allait devoir dormir sur place…


Je rentrai annoncer la mauvaise nouvelle. J’allais devoir trouver une solution pour héberger vingt personnes ce soir-là. Je savais que cela n’allait pas poser de problèmes pour les amis de Julie, mais avec les miens, nous n’avions pas la même proximité, je dus improviser. Evidement, Jennifer fut la seule qui fit des histoires ; elle passa un savon phénoménal au pauvre Sylvain qui n’y était pour rien et qui absorbait pourtant la colère de sa compagne devant tout le monde sans broncher. C’en était trop pour moi.


— Jennifer ! Stop ! Sylvain ne commande pas la météo, dis-je, excédé. Fous-lui la paix ! C’est moi qui l’ai invité, alors si tu as des reproches à faire, adresse les-moi, je les rangerai dans une boite et si j’ai le temps lorsque je serai en retraite, je m’en occuperai.

— Toi, le Don Juan, ne la ramène pas, occupe-toi de ta Miss Monde, de sa copine et de leurs roploplos ! répliqua Jennifer.

— Dites donc ma sœur, si le bon dieu nous a donné une paire de nibards, c’est pour les secouer, répondit Elsa du tac-au-tac. Il n’y a aucun mal à ce que quiconque les regarde, au contraire. Mais c’est sûr que les vôtres, bien planqués comme ils sont, personne ne risque d’en profiter, même pas vous !

— C’est des malades ! C’est des malades ! hurla Jennifer, je suis dans une maison de fous ! Hors de question que Sylvain passe la nuit ici avec toutes ces greluches qui ont le feu au derche !


Un murmure de désapprobation parcourut la maisonnée.


— Mamour, s’il te plaît, calme-toi, je t’en prie, lui dit Sylvain, qui tentait de maîtriser la fureur de Jennifer.

— Toi, tu la fermes !


Cette réponse cinglante de Jennifer à celui qui l’appelait « Mamour » m’irrita au plus haut point. J’en éprouvai de la peine pour Sylvain. En même temps je me remémorai la scène à laquelle nous avions assisté dans l’après midi. Après tout, peut-être que Sylvain aimait que Jennifer lui parle ainsi. Par contre, il était hors de question que je tolère plus longtemps les insultes envers Julie. Même celles faites de façon détournée, comme Jennifer venait de le faire en l’appelant « Miss Monde ». Gordon l’avait dit à Julie et je n’appréciai plus du tout l’attitude de la femme de Sylvain envers mon ange.


— Jennifer, calmez-vous, lui dit Natacha d’un ton très calme et courtois, volant à mon secours autant qu’à celui de Sylvain, je suis sûre que nous allons trouver une solution sans nous fâcher.

— Ta gueule ! cria Jennifer, hystérique.


D’un simple geste Natacha nous stoppa, Romain et moi, qui nous apprêtions à entrer dans la joute pour la défendre.


— Dans ce cas, repris Natacha, toujours du même ton calme et posé, je crois qu’il est temps que la greluche qui à le feu au derche que je suis, vous raconte l’histoire de mon amie Tatiana.

— Oh non ! supplia Jennifer, pâlissant subitement.

— Alors ainsi, Jennifer, selon toi, il y aurait ici, pour reprendre tes propres termes, huit greluches, dont une Miss Monde, prêtes à tout pour allumer Sylvain ?

— Je t’en prie Natacha. Non...

— Mamour, explique-toi !

— Connaissez-vous une personne dénommée Tatiana, Sylvain ?

— Non ! Pourquoi ? Je devrais ? Mamour, qui est-ce ? Dites-le-moi Natacha !


En entendant ces mots, Jennifer appela Sylvain à la suivre pour quitter à pied ce repaire de détraqués et sortit en trombe du salon par la terrasse.


— Les garçons ! Ramenez-la-moi ici, illico presto ! commanda Natacha.


Sans perdre une seconde, Romain, Christophe et Pascal partirent à la poursuite de Jennifer.


— Sylvain, restez ici, lui dit-elle d’une voix beaucoup plus douce, nous allons patienter jusqu’à son retour.

— On va bien rigoler, me souffla Gordon dans l’oreille. Je la connais moi, Tatiana. Au passage, quelle poigne elle à sur ses amis. Natacha est formidable. Si tu savais à quel point je suis content que tu ais rencontré Julie.


Moins de trois minutes après son départ, Jennifer, n’ayant pas pu franchir le portail, toujours bloqué par une partie de l’arbre, revenait, sous bonne escorte.


— Merci les garçons ! Jennifer, comme tu as pu le constater, mes amis sont très obéissants, et font tout ce que je leur demande. Assieds-toi là, reste bien sage et écoute l’histoire.


Natacha expliqua pour ceux qui ne la connaissaient que depuis peu, qu’elle était esthéticienne de formation, que monter un cabinet était compliqué et que se constituer une clientèle suffisante pour que l’affaire soit rentable prenait du temps. Elle avait donc acheté une boutique en centre-ville et l’avait transformée en un sex-shop, beaucoup plus rentable. En l’écoutant, je devinai où Julie avait été faire ses courses la semaine précédente, et d’où venait la commande d’huile de massage qu’elle m’avait fournie hier pour Julie.


C’était les bénéfices de son magasin qui lui avaient permis, enfin, de monter son cabinet, et pour répondre aux demandes des clients de sa boutique, elle avait ouvert une salle de peep show. Depuis son ouverture, plusieurs filles s’y relayaient pour assurer les spectacles qui ne se déroulaient que sur réservation, cependant, celle qui attirait le plus de monde, était incontestablement Tatiana. Ses prestations très chaudes étaient autant appréciées que ses formes. Elle n’hésitait pas à donner aux voyeurs, cachés dans les cabines individuelles, ce qu’ils attendaient.


Jennifer se décomposait au fur et à mesure que Natacha parlait. J‘imaginai qui était Tatiana, comme nous tous. Sylvain aussi, commençait à comprendre, l’incrédulité se dessinait sur son visage, comme s’il se refusait à deviner la suite qui semblait pourtant évidente.


— Pour répondre encore plus à leurs demandes, continua Natacha, Tatiana a proposé de permettre aux clients, moyennant finances bien sûr, de commander certaines choses durant ses représentations. Cela à encore augmenté sa popularité, et avec, sa rémunération, car les bénéfices sont partagés à égalité entre le magasin et les filles. As-tu quelque rectification ou précision à ajouter Tatiana ? demanda Natacha en regardant fixement Jennifer.


Celle-ci ne releva pas. Elle était effondrée, la tête basse, honteuse de cette révélation faite en public, tellement éloignée de l’attitude qu’elle avait affichée jusqu’ici et que nous connaissions d’elle. Cette carapace de pudeur excessive, qu’elle entretenait autour d’elle venait de voler en éclats. Mais, chose plus grave encore, les restrictions imposées à Sylvain, toutes les remarques désobligeantes émises à son égard durant toute la soirée, indignaient ou révoltaient une bonne partie des personnes présentes. Je me remémorai les propos qu’elle m’avait adressés en fin d’après-midi et qui subitement prirent un sens bien différent : « Je ne suis pas du genre à aguicher, comme ça, en public ».


Le plus tragique de mon point de vue, c’était pour Sylvain, qui apprenait les activités de Jennifer de cette manière si brutale. Il semblait anéanti. De ses yeux sortaient de grosses larmes. Il ne comprenait visiblement pas plus que nous les motivations de Jennifer. Il parvint cependant à articuler quelques mots d’une voix cassée par le chagrin.


— Mais, mamour… Pourquoi ?


Jennifer releva la tête, le regarda quelques secondes, puis haussa les épaules.


— Tu ne peux pas comprendre.

— J’aurais pu essayer, pardonner, accepter, apprécier aussi. Mais tu ne m’as même pas accordé ta confiance, alors que j’ai tout accepté de toi. Tout, sans sourciller.


Sylvain reporta son attention sur celle qui venait de faire cette fracassante révélation.


— Quant à vous Natacha, reprit-il la voix lourde, je ne sais pas encore si je dois vous remercier d’avoir mis fin à cette série de mensonges ou vous détester d’avoir révélé cela en public. Mais je tiens à m’excuser auprès de vous pour Jennifer. Elle n’aurait jamais du vous parler de la sorte.

— Je vous remercie, Sylvain. Lorsque Jennifer est arrivée, elle redoutait que je fasse une gaffe et que vous appreniez ses activités. Je n’ai appris que ce soir que vous n’en étiez pas informé. Et lorsque nous sommes redescendus de la colline, je l’ai prévenue que si elle ne cessait pas de vous traiter de la sorte devant moi, je me verrai contrainte d’intervenir. Voyez-vous je suis très attachée à ce que les hommes qui assistent aux spectacles respectent les femmes qui s’y produisent, et le respect inverse est tout aussi important pour moi. Je demande donc à toutes les filles qui se produisent dans ma salle, de prévenir leurs conjoints de leur activité, afin que des situations comme celle-ci ne se produisent pas. Je tiens à vous présenter mes excuses pour vous avoir mis dans cette situation délicate, mais vous comprendrez que je ne pouvais pas laisser Jennifer continuer d’insulter tout le monde, vous y compris, sans réagir. Cependant si vous appréciez être traité de la sorte en privé comme en public, dites-le-moi et je ne me mêlerai plus de votre relation.


Les larmes de Sylvain s’espacèrent après avoir écouté Natacha. Il regardait fixement devant lui, le regard lointain, absent. Il accusait difficilement le coup de cette terrible révélation.


— Viens mon pote, tu as besoin d’air, lui dit Jérémy. On va aller faire un tour dehors.


Durant l’histoire de Tatiana, la pluie avait cessé. Nous sortîmes quasiment tous prendre l’air. Il fallait laisser la tension retomber.


Je rentrai rapidement avec Julie pour organiser les chambres. Jennifer n’avait pas bougé, Julie s’approcha d’elle et lui demanda comment elle se sentait. Elle n’obtint pas la moindre réponse. Elle devait sûrement se sentir mal, évidemment, très mal, d’avoir caché la vérité à Sylvain, si longtemps, et quelle soit exposée en public de cette façon. Julie n’insista pas et m’aida à tout préparer. Gordon vint rapidement nous proposer son aide, accompagné de Katia qui ne le quittait plus d’une semelle. Nous répartîmes les chambres, les matelas, les transats que nous avions heureusement rentrés et qui étaient restés secs. Nous avions presque fini, lorsque Jérémy et Sylvain entrèrent me parler.


— Hervé, je voulais te remercier d’avoir pris ma défense tout à l’heure, me dit Sylvain d’une voix triste. Je crois que j’ai accepté trop de choses de la part de Jennifer. L’amour nous rend souvent aveugle, ajouta-t-il en la regardant.

— Crois-moi, lui répondis-je, je suis navré de la tournure des événements. J’imagine que cela ne doit pas être facile d’apprendre ce genre de nouvelle de cette façon.

— J’ignorais tout de ses activités. Mais le plus dur, c’est le manque de confiance et les mensonges, nous dit Sylvain, surtout les mensonges. Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé Jennifer, ajouta-t-il se tournant vers elle qui n’avait pas bougé de sa place, et depuis quand cela dure-t-il ?


Jennifer ne daigna même pas répondre, resta sans réaction, comme si elle n’avait pas entendu la question. Elle était prostrée depuis la révélation de Natacha. Quasiment muette, ne répondait pratiquement pas. Elle restait seule, et personne ne tentait de discuter avec elle. C’est Gordon qui débloqua la situation en lui demandant si elle comptait poursuivre ses shows.


— Non, Natacha me refusera, répondit-elle laconiquement.

— Dommage, vraiment dommage, soupira-t-il. Tatiana était ma préférée, très douée et tellement plus attirante que Jennifer. C’est une grande perte pour les clients de Natacha.


Ces mots provoquèrent chez elle une sorte d’électrochoc, qui la reconnecta subitement avec la réalité.


— Vous… m’avez vue ?

— Oui Tatiana, plusieurs fois, et avec grand plaisir. J’ai même essayé d’emmener Hervé vous voir, pour le sortir de la solitude de son célibat, malheureusement, cela ne s’est jamais fait. Tu te rappelles Hervé, cette sortie que je t’avais proposée pour ton anniversaire, et que tu as refusée en même temps que tu avais annulé la fête que nous avions prévue pour toi. Ce jour-là, tu as raté quelque chose d’exceptionnel. Tu ne serais pas resté de marbre devant un spectacle aussi… Heu… Je te présente toutes mes excuses Sylvain. Je n’aurais jamais dû tenir ce genre de propos devant toi. Je suis confus.

— J’ai l’impression d’être le cocu de l’histoire, se lamenta Sylvain. Qui, avec moi n’a pas vu madame Jennifer-Tatiana, faire son extraordinaire numéro, devant tous ces vicieux voyeurs, se branlant dans leur cabine ?

— Calme-toi mon chéri, supplia Jennifer.

— Mon chéri ? s’écria Sylvain. Tu oses m’appeler mon chéri ? Alors que tu piques une crise lorsque je réponds à une femme qui me pose une question sans aucune arrière pensée, que tu joues au paravent, que tu t’installes toujours entre elles et moi, que tu t’habilles en permanence comme une bonne sœur, que tu inventes des mensonges par pleines brouettes, pour te livrer toute entière et sans retenue devant tout un tas d’inconnus, pendant que je me morfonds seul, attendant ton retour, et que je n’ai droit au plaisir du sexe qu’exceptionnellement ? Mais tu es en plein rêve ! Tout ça, c’est terminé ! Plus de mon chéri, plus de mamour, plus de réflexions désagréables. Il va y avoir beaucoup de changements entre nous. Je reprends ma liberté, je reprends ma vie que je t’avais pourtant offerte aveuglément et sans restriction.

— Tu ne m’aimes plus ? Tu me reprends aussi ton amour ?

— Tu peux le garder, je n’en ai plus besoin. Je ne suis pas prêt de redonner mon amour ou ma confiance à qui que ce soit. Je ne regardais que toi, cela ne te suffisait pas, et tu ne regardais que les autres, comment ai-je pu accepter tout ça ?

— Je t’en prie, Sylvain chéri, je t’aime, je ne veux pas te perdre.

— Non ! Ce n’est pas ça, l’amour. Tu ne m’as pas aimé… tu m’as emprisonné.

— Je ne voulais pas que tu me trompes, c’est tout.

— Pendant que toi, tu le faisais, te montrant nue, ou peut-être même plus, devant tout ces mecs et que moi, pour te voir nue, j’ai dû jouer les voyeurs quand tu étais sous la douche ?


Je fus sidéré par la vie intime de Sylvain, qu’il exposait ainsi au grand jour. Je l’avais toujours connu avec Jennifer, et j’étais loin de me douter de la situation. J’avais réellement de la chance avec Julie. Elle m’a très vite accordé une confiance énorme, à l’inverse de Jennifer.

— S’il te plaît, Sylvain, nous en parlerons quand nous serons chez nous.

— Pourquoi ? Tu montres bien aux autres tout ce que tu me caches et m’interdis. Nous pouvons très bien régler ça en public puisque tu aimes tant te montrer.


La reprise de la dispute avait attiré presque tous les invités à l’intérieur. Christophe échangea quelques mots en douce avec Natacha et Lucie et prit la parole d’une voix neutre et posée, sans aucune animosité.


— Madame, je ne vous ai jamais vue dans les locaux de Natacha, et je ne connais pas non plus Sylvain. Je me considère donc comme neutre entre vous. Je n’approuve pas que vos activités soient ainsi révélées, tout comme je n’approuve pas non plus votre attitude envers les filles présentes ici, ni même la façon que vous avez de traiter Sylvain. Mais de ce que, tous ici, peuvent déduire, c’est que vous avez menti à tout le monde : à votre conjoint, à Natacha, et le plus grave selon moi, à vous-même. Vous ne me semblez pas heureuse, car je crois que vous voulez donner une apparence de vous, différente de ce que vous êtes en réalité. Tant que vous ne vous accepterez pas vous-même, vous ne serez pas heureuse, quoique vous fassiez.

— Vous n’en savez rien du tout ! répliqua sèchement Jennifer. On ne se connait pas, vous n’avez aucune idée de qui je suis, alors vos conseils de vestiaires, appliquez-les à vous-même ou à vos copains de rugby !

— Vous avez tord de prendre la mouche ainsi. Je ne cherche qu’à vous aider. Ma femme, Lucie, a assuré plusieurs séances au même endroit que vous. Mais contrairement à vous, elle ne me l’a jamais caché. J’y ai même assisté quelques fois depuis une cabine, et j’ai beaucoup apprécié.

— Mais vous êtes un pervers !

— Pourquoi ? Parce que je trouve que ma femme est très jolie et excitante ?

— Parce que vous aimez la voir se montrant à tous.

— Je ne vois aucun soucis à ce que d’autres la regardent, et bien que nous soyons mariés, je ne la considère pas comme m’appartenant. Elle reste libre de ses actions, de ses propos. Elle fait du vélo avec ses amis, des shows chez Natacha, plein d’autres choses et c’est très bien ainsi.


Si beaucoup de regards se sont tournés vers Lucie durant cet échange, personne n’a tenté de se mêler de la conversation, laissant le soin à Christophe de tenter d’adoucir la situation.


— Mais tous ces hommes qui l’imaginent depuis leur cabine, faire je ne sais quoi avec elle, ça vous est égal ? lui demanda Jennifer.

— Ils s’imaginent probablement en faire autant avec vous, si ce n’est plus. Non ? Cela ne vous dérange pas, et si vous y retournez c’est certainement que vous aimez ça, que cela vous excite, non ? Et si c’était Sylvain qui était en scène avec des filles dans les cabines pendant que vous seriez à la maison ? Comment réagiriez-vous ?


Jennifer se figea, pâlit considérablement sembla réaliser subitement l’absurdité de ses propos et de son attitude envers Sylvain, à moins que ce ne soit dans son imagination, la vision de Sylvain faisant le spectacle à sa place, observé par des femmes depuis leurs cabines.


— Mais c’est une excellente idée, Christophe ! s’exclama Natacha, il n’y a pas de raison pour que des hommes ne viennent pas faire des spectacles chez moi !


Lucie, Valérie, Katia et à ma grande surprise, Julie approuvèrent l’idée. Natacha les enrôla aussitôt dans un comité de sélection des candidats, déclarant qu’elle voulait que cette nouveauté soit de qualité, avant de la proposer à sa clientèle féminine. Elle proposa aussi à toutes les filles présentes, y compris Jennifer, qui le souhaiteraient de donner leur avis sur les candidats lorsqu’ils seraient connus.


— Vous n’avez pas répondu à ma question Jennifer, reprit Christophe pour revenir à la discussion.

— Sylvain serait bien incapable de faire un tel show, répliqua Jennifer.

— Encore une fois vous ne répondez pas à la question, insista Christophe. Si Sylvain avait fait plusieurs séances pour des filles qui lui avaient commandé des choses particulières, que ressentiriez-vous ?

— Je… je ne sais pas.

— Et que pensez-vous que Sylvain ressente pour vous à présent ?


Jennifer ne répondit pas, pourtant j’étais persuadé qu’elle connaissait la réponse, ou du moins une partie. J’avais organisé une fête, et elle était en train de tourner au règlement de comptes conjugal.


— Jennifer, Sylvain, je vous présente mes excuses. Etant à l’origine de cette soirée, je me sens responsable de la situation, et j’en suis désolé. Croyez-le, je n’ai jamais voulu ce qui arrive.

— Tu n’es responsable de rien, me rassura Sylvain. J’aurais préféré ne pas l’apprendre en public, mais je pense que je me suis menti depuis trop longtemps. Je préférais croire aux mensonges de Jennifer, plutôt que de lui parler de mes doutes, car j’en avais. Je crois qu’en fait, que je ne voulais pas affronter la vérité car je n’ai pas ton assurance. Je t’envie Hervé, tu as trouvé une fille magnifique, qui semble s’accorder parfaitement à toi, et surtout qui t’aime sans t’étouffer…

— J’ignorais tous ces détails sur ta vie privée. J’en suis désolé pour toi.

— Jennifer ne voulait pas que je parle de sexe avec quiconque, y compris avec vous mes amis. J’ai respecté sa demande, et je le regrette.

— Je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse avoir cette activité, qui plus est, cachée.

— Moi non plus Hervé, j’aurais presque préféré qu’elle ait un amant. Mais là, se montrer aux yeux de tous, alors qu’elle se refuse à moi… C’est dur à accepter… Dis-moi Gordon, toi qui l’a vue, que faisait-elle ? Et pourquoi ne pas m’en avoir parlé ?

— La première fois, j’ai pensé à une ressemblance, ensuite quand j’ai été sûr que c’était bien elle, j’ai pensé que tu étais au courant.

— Oui, mais que faisait elle ? Un strip-tease ?

— J’en ai déjà bien trop dit, Sylvain, à chaque jour suffit sa peine. Tu ne veux pas attendre un peu ? Laisser passer quelques jours ?

— Non, je préfère tout savoir maintenant, comme un sparadrap que l’on retire d’un coup.

— Et bien, comment dire, heu … balbutia Gordon, relativement gêné.

— Ne serait-ce pas préférable que Tatiana vous le montre directement, enfin si Sylvain n’y voit pas d’inconvénient ? proposa Natacha, sortant Gordon d’une situation délicate.

— Très bonne idée, Natacha, confirma-t-il, ravi de ne pas être celui qui aurait la charge d’ajouter cette explication au chagrin de Sylvain. Qu’en dites-vous Tatiana ?

— Non, pas devant vous, et encore moins devant Sylvain !

— Ah ? Devant plein d’inconnus, oui ! Mais pour moi, c’est non ! C’est un comble !

— Laissez-moi seule avec Jennifer quelques minutes, demanda Natacha.


Après de longues minutes de palabres secrètes, Natacha appela Sylvain qui s’empressa de les rejoindre. Quelques instants plus tard, Julie fut conviée également. Une poignée de secondes plus tard, je fus demandé à mon tour. Je ne sus comment, mais Natacha avait réussi à convaincre Jennifer de faire un show pour Sylvain et nous sur la terrasse. Elle n’avait pas sa tenue habituelle mais elle allait faire un tour dans mes armoires et s’habillerait avec ce qu’elle y trouverait. Lorsque je fis remarquer notre différence physique importante, Natacha répliqua qu’elles sauraient s’adapter. Je donnai mon accord pour utiliser ce qu’elles voulaient dans mes armoires. Natacha et Julie allaient l’accompagner dans cette tâche, pendant que j’allais faire de la place sur la terrasse.


La perspective d’un spectacle de Tatiana motiva tout le monde, nous installâmes rapidement les chaises autour de la terrasse. Natacha passa à maintes reprises vérifier leur disposition, nous demanda plusieurs modifications, afin de pouvoir placer des lampes torches pour diffuser un éclairage suffisant sans qu’il ne soit trop fort. Elle attacha aussi une grande importance à la distance entre la scène et le « public », insistant pour qu’il soit suffisamment proche, mais pas trop près quand même.


Après une longue attente, durant laquelle nous tentâmes vainement de remonter le moral de Sylvain, très en colère contre Jennifer, ses mensonges et son manque de confiance en lui, Natacha annonça le début imminent de la démonstration de Tatiana. Elle disposa deux chaises de cuisine au centre de la terrasse, reconvertie en scène improvisée, et fit ses dernières recommandations à Lucie, Valérie et Dominique qui étaient chargées des lumières. Elle plaça Sylvain, en face de l’entrée et donna le signal à Julie, restée dans le salon reconvertit en coulisses, se tenait prête à lancer la musique depuis mon poste radio cassette portable.


Les lampes-torches éteintes, Tatiana fit son entrée sous les applaudissements de Gordon. Le reste des spectateurs ne suivit que très timidement le mouvement. Elle s’assit en amazone sur une des chaises, posa les bras sur le dossier et regarda le sol, la tête posée sur ses bras.


Au signal de Natacha, les lumières des torches éclairèrent la scène et son actrice principale. Tatiana était vêtue d’une de mes chemises, évidement bien trop large et trop longue pour elle. Les manches retroussées jusqu’au milieu de l’avant-bras lui donnaient un air allumeuse. Ses très longs cheveux étaient ramassés en un chignon, maintenu en place par deux baguettes fines qui le traversaient. Julie lui avait prêté une paire de bas aux dessins réguliers, évoquant un grillage à mailles fines dont le haut disparaissait sous la liquette, nous laissant dans l’ignorance de ce qu’elle portait dessous.


Julie enclencha la lecture de la cassette. Je reconnus aussitôt la chanson, « Fever », superbement interprétée par Peggy Lee. Dès les premières notes, Tatiana tourna son regard vers Sylvain qui la regardait sans sourire, le visage fermé. Elle se transforma en chanteuse sans micro, ses lèvres synchronisées avec la bande son, claquant des doigts et bougeant ses épaules en parfaite coordination avec les paroles, preuve qu’elle connaissait parfaitement la chanson. Les mouvements de ses épaules s’accentuèrent rapidement, elle déplia ses bras, toujours dans le rythme. Quelques secondes plus tard, elle se pencha en arrière, prenant appui sur la seconde chaise, laissa tomber sa tête en arrière, bomba la poitrine et passa une de ses jambes tendue, largement au-dessus du dossier de la chaise et se redressa. Ainsi assise à califourchon sur la chaise, elle saisit les montants du dossier, les caressa langoureusement, comme elle aurait pu le faire des flancs d’un amant imaginaire.


Elle souleva ensuite son bassin de l’assise de la chaise, l’y reposa, et recommença ainsi plusieurs fois, tantôt, elle tendait ses fesses en arrière, tantôt, elle le poussait en avant, augmentait régulièrement l’amplitude et la vitesse des mouvements de ce geste sans équivoque. Elle pivota ensuite avec la chaise, tourna volontairement le dos à Sylvain, saisit les pans de la chemise qui lui couvrait le derrière, et remonta cet excédent de tissu sur ses reins. Nous découvrîmes alors qu’elle portait un short en jean de Julie, auquel ses bas étaient attachés avec des petites pinces. Elle remua ses fesses, redescendit ses mains dessus, les caressa, les écarta légèrement, tout en se retournant pour regarder fixement Sylvain, en se léchant les lèvres avec un regard lubrique que je ne lui connaissais pas.


Sylvain était ébahi, comme beaucoup d’entre nous, à l’exception de Gordon qui l’avait déjà vue, et semblait aux anges. Juste avant que la chanson ne se termine, Tatiana, toujours une jambe de chaque côté de la chaise, se souleva plus haut, et la plaqua entre ses jambes, l’enserrant de ses bras, avant de pivoter pour faire face à Sylvain.


La piste musicale suivante était « Don’t be cruel », d’Elvis Presley. Tatiana continua sa prestation, reposa la chaise au sol, elle y reprit sa position à cheval, le dossier seul, érigé en un bien faible rempart, la séparant des spectateurs. Elle accordait ses mouvements à la rythmique de la musique qui se prêtait facilement à ses gestes saccadés. Tout en se contorsionnant, elle caressa ses jambes, remonta vers son bassin dont elle ne frôla que les côtés, avant de se caresser le ventre, les côtes, les seins et le cou. Elle étendit même les jambes en équerre, bombant une nouvelle fois le torse, projeta en avant sa poitrine, que l’on devinait à peine sous la chemise ample.


C’était la première fois que je voyais un numéro de ce genre, et je compris pourquoi Gordon appréciait tant. Mais surtout j’avais du mal à croire que Tatiana et Jennifer ne soient qu’une seule et même personne, tellement leurs comportements étaient opposés. Nous avions sous les yeux, une véritable allumeuse, et même si je n’appréciai guerre Jennifer, Tatiana elle, ne me laissait pas indifférent, mon sexe se gonfla légèrement dans mon short. J’imaginai facilement que le reste du public était également sous le charme.


Les caresses que Tatiana s’accordait, repartirent de nouveau vers ses seins sur lesquels elle s’attarda plus longuement cette fois-ci ; les massant ostensiblement par-dessus le tissu, ce qui nous permis d’en évaluer leur taille, leur forme. Elle fit ressortir les pointes pour mieux les stimuler. Puis ses mains redescendirent, s’aventurèrent sur les faces intérieures de ses cuisses, comme pour tenter de les écarter encore plus qu’elles ne l’étaient déjà. S’approchant inexorablement de l’échancrure de son short, elles s’y glissèrent même subrepticement de quelques centimètres à l’intérieur lorsque le morceau se termina.


J’identifiai, comme beaucoup aussi, Nina Simone, sur la piste musicale suivante avec « My baby just cares for me ». Tatiana, s’approcha de Sylvain, lui prit les mains pour le guider sur la chaise qu’elle venait d’utiliser. Une fois qu’il fut assis face à nous, Tatiana lui croisa les mains à l’arrière de la chaise et lui entoura les poignets d’une ceinture de peignoir, juste pour la forme, sans même faire un nœud. Tatiana, dont les doigts pianotaient au fil des notes et remontaient le long des bras de Sylvain jusqu’à ses épaules, pivota autour de lui, en gardant les mains autour de son cou, elle s’installa sur ses genoux, comme elle l’avait fait plus tôt, seule, sur la chaise. Face à lui, elle défit un à un tous ses boutons en suivant parfaitement la cadence de la chanson.


Le dernier défait, elle se positionna debout devant lui et d’un geste brusque, tout en ondulant de tout son corps, ouvrit les deux pans latéraux, les utilisant comme des paravents très mobiles pour nous empêcher de voir ce qu’elle offrait à la seule vue de Sylvain. Celui-ci en profita quelques secondes avant que les rideaux de cette cache improbable ne se replient, masquant à nouveau ce que seul Sylvain avait pu apercevoir. Elle reprit sa place à califourchon sur ses genoux, se re-dévoilant partiellement, lui exposa ce qu’elle nous cachait toujours, à une dizaine de centimètres seulement de ses yeux. Elle lui plaqua alors la tête contre ses seins, ses bras se refermèrent sur lui comme les ailes d’une chauve souris au moment où la chanson se terminait et laissait place à Louis Armstrong.


Tatiana libéra Sylvain, masqua sa poitrine sans rien attacher, recula, se caressa une nouvelle fois, et dansa en suivant la mesure de « What a wonderful world ». Le vêtement trop large et pourtant déboutonné, ne laissait cependant rien voir de ses attributs, malgré tous les mouvements de sa chorégraphie très sensuelle et évocatrice. Quelques secondes avant la fin de la chanson, Tatiana, nous tourna le dos, poussa la chemise par-dessus ses épaules, baissa lentement les bras, et ainsi, la laissa doucement tomber au sol, révélant son dos entièrement nu. Seul Sylvain, pouvait voir tout ce qui nous était toujours invisible.


La suite fut encore plus érotique et fit monter la tension d’un cran lorsque Nina Simone chanta « I put a spell on you ». Alors qu’elle nous tournait toujours le dos, elle posa ses mains sur les épaules de Sylvain, les descendit lentement jusqu’à ses genoux, lui écarta lentement les jambes, sans cesser de remuer son derrière qu’elle dirigeait toujours vers nous, elle plia une jambe après l’autre dans un mouvement gracieux qu’elle semblait parfaitement maîtriser. Elle posa ensuite un pied sur la chaise, au plus près de l’entre-jambe de Sylvain. On pouvait lire sur le visage de celui-ci, une sorte de mélange de stupeur et d’incrédulité. Il découvrait Jennifer telle qu’il ne l’avait sûrement jamais vue. Elle retira alors un bas, lentement, et lui en entoura le cou. Elle enleva de la même manière le second, lui fit renifler, en passant lentement toute la longueur sous son nez, avant de lui laisser sur les épaules.


Ses mains repartirent à l’assaut de ses formes, remontèrent sa nuque, se saisirent des baguettes qui maintenaient le chignon en place, puis les retira d’un geste sec. Ses longs cheveux tombèrent en cascade sur ses épaules recouvrant une bonne partie de son dos et de sa poitrine. Ainsi partiellement masquées, ses formes en étaient encore plus remarquées lorsque sa chevelure les dévoilait un bref instant.


Elle ne portait plus que son short, dont elle débuta le déboutonnage, reprenant ses pas de danse lascive, nous faisant face, cette fois-ci, sur la chanson de Marylin Monroe, « I wanna be loved by you », posant ses mains sur les genoux de ses jambes tendues, remuant son popotin juste sous le nez de Sylvain, l’allumant franchement, ainsi très probablement, qu’une bonne partie de l’assistance. Elle caressait sensuellement son corps, qui malgré le faible éclairage, semblait être très agréable à découvrir de plus près. Ses seins qui n’étaient pas énormes, mais de taille largement suffisante pour remplir une main, paraissaient très fermes et certainement très doux au toucher. Elle pivota encore une fois, pour se placer face à Sylvain.


Tous les regards se tournaient vers ses mains, qui avaient saisi les bords de son short, et allaient d’un instant à l’autre, retirer le seul rempart qui masquait encore son anatomie, habituellement largement dissimulée sous un blindage de vêtements. Le short descendait, centimètre après centimètre, dévoilant des fesses bien rondes et très claires. Elle ne portait absolument rien en dessous.


La quasi-totalité de ses fesses était à présent visible, après nous avoir fait languir un peu, jouant à l’ascenseur avec le short, Tatiana, le laissa finalement tomber à ses pieds, se redressa, en dégagea une jambe, et de l’autre l’envoya délicatement mais très précisément atterrir sur les genoux de Sylvain.


Tatiana le regardait fixement, alors qu’il n’avait pas bougé depuis le début, elle lui envoya un baiser aérien de la main, au moment où Maryline susurrait son célèbre « pou pou pi dou » final, tandis que les lampes torches furent éteintes. Gordon lança les applaudissements, et cette fois-ci, ils furent largement plus nourris que ceux de l’entrée en scène.


Subitement, le théâtre improvisé et son actrice principale furent inondés de lumière. L’électricité était enfin rétablie. Les assistantes en coulisses réagirent rapidement : Julie se précipita sur le bouton pour éteindre la lumière de la terrasse, Natacha apporta le peignoir qu’elle avait déjà en main, en prévision de la fin du spectacle. Tatiana prit tout juste le temps de s’en vêtir avant de retirer la ceinture qu’elle avait utilisée pour attacher les poignets de Sylvain. Elle le regarda quelques instants, comme attendant son avis sur ce qu’il venait de voir.


Je ne pus m’empêcher de penser que Jennifer n’avait pas choisi sa bande son totalement au hasard. Si le tempo de l’ensemble était cohérent avec le spectacle qu’elle avait assuré, il ne faisait aucun doute pour moi, que les titres n’avaient pas été sélectionnés et passés dans cet ordre sans arrière-pensée. Jennifer avait envoyé un message à Sylvain, et il ne semblait pas disposé à faire le moindre commentaire sur ce qu’il venait de voir. Trop absorbé par les actions de sa compagne, il est possible qu’il n’ait même pas prêté une attention suffisante à la musique pour s’en rendre compte. Jennifer de son côté, chose quelque peu étonnante, ne le brusqua pas. Natacha nous demanda de les laisser seuls.


Nous en profitâmes pour nous organiser pour la nuit, répartîmes les couchages disponibles dans les trois chambres, le canapé convertible et les relax extérieurs. J’aidai Julie qui s’était attelée à préparer les lits. A une vitesse incroyable, elle avait déjà pris ses marques dans la maison. Nous décidâmes de laisser une chambre pour Jennifer et Sylvain sans leur adjoindre un lit de fortune, comme cela avait été prévu au départ, avant le show.


Une fois tout organisé, je fis le tour de la maison, pour vérifier s’il n’y avait pas d’autres dégâts. Presque tout le monde me suivit lorsque je retournai voir le portail d’entrée. Une grosse branche, qui devait faire environ quarante centimètres de diamètre était en appui sur la lourde porte métallique, mais ce que je n’avais pas remarqué lors de ma première inspection, c’était le pilier en béton qui la soutenait qui avait été descellé sous le poids ou le choc et qui penchait. Il y allait avoir des travaux importants à réaliser bientôt…


De retour sur la terrasse, nous constatâmes qu’une sorte de cessez-le-feu avait été conclu entre Sylvain et Jennifer, et si ce n’était pas le grand amour entre eux, la guerre qui couvait n’allait pas éclater ce soir. Nous bûmes quelques verres en commentant la soirée, mais très peu la prestation de Tatiana. Tout le monde semblait éviter le sujet pour ne pas relancer une dispute entre eux. Nous prîmes rapidement la direction de nos couchages, car le lendemain, il allait falloir s’attaquer à dégager le portail.



Note de l’auteur :

Je tiens à remercier les lecteurs qui suivent cette histoire, oui, vous, qui avez lu jusqu’ici, ceux qui votent pour, ceux qui m’ont laissé un ou plusieurs commentaires. Vous m’avez donné envie de poursuivre l’écriture des suites.

Je voulais aussi exprimer ma gratitude envers les participants au forum, qui ont distillé ici et là des conseils et tutoriels sur l’écriture, cela m’a permis de progresser en orthographe, conjugaison, rédaction et fluidité de lecture, et particulièrement Duchesse, qui a relu et corrigé ce chapitre. Elle à ainsi contribuée à l’améliorer par ses conseils, son œil averti pointant les fautes, les répétitions de mots que je ne voyais plus à force de relectures et de corrections.


Pour les lecteurs joueurs, il y a deux répliques tirées de films, disséminées dans ce chapitre. Saurez-vous les identifier ?

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A tous, MERCI


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