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Une chute de vélo

Chapitre 29

In extrémis

Hétéro

Hervé raccompagna tous ses invités. Les premiers à partir furent Gordon et Katia. Chaque voiture quitta ensuite à son tour la propriété avec son lot d’occupants. Seul Bruno, resta pour aider à mettre de l’ordre à l’extérieur, mais c’était surtout l’excuse qu’Hervé avait trouvée pour parler tranquillement avec son ami dans la détresse. Il était embarrassé de l’incident provoqué involontairement par Julie, il avait senti que Bruno en était honteux, et surtout qu’il était rongé par sa situation. Avoir côtoyé toutes ces personnes parlant librement et pratiquant sans gêne leurs activités sexuelles l’avait émoustillé à tel point qu’il avait, sans le vouloir, forcé Julie à réagir. Celle-ci s’occupait à l’intérieur, prenait tout son temps pour ranger des choses qui n’en avaient nul besoin afin de les laisser parler entre hommes. Cependant, malgré tous les efforts d’Hervé, Bruno détournait la conversation dès que ce sujet était abordé. Lorsque les dernières babioles furent en place, Hervé alla déposer les poubelles près de la route, Julie pensa qu’ils en avaient terminé et en profita. Elle s’excusa encore auprès de Bruno pour le tourment qu’elle lui avait infligé en public. Il l’écouta poliment, sans l’interrompre, hochant juste la tête de temps à autre, mais pas une fois, il ne croisa son regard.

 

— Je ne pensais pas que je te ferais autant d’effet, ni si vite. Me pardonneras-tu ?

— Tout est de ma faute Julie. Je n’aurais jamais dû prononcer ces paroles désobligeantes pour toi. Je suis un imbécile, doublé d’un incapable, déclara Bruno, en regardant fixement ses chaussures. Un inutile qui ne sert à rien. J’ai tellement honte, je voudrais disparaître. Je ne manquerai à personne, je vous laisse, merci pour ce week-end... Adieu… 

 

Sans laisser à Julie le temps de répondre, Bruno regagna sa voiture la tête basse, sans même un regard pour Hervé lorsqu’il le croisa, s’y engouffra et démarra le moteur.

 

— Bruno part déjà ? J’aurais bien voulu discuter encore un peu avec lui, je le trouve un peu déprimé depuis que tu l’as recadré.

— Je ne pensais pas l’impressionner à ce point. Il m’a dit qu’il avait honte de lui et qu’il aurait vou… Mon dieu ! Hervé ! Retiens-le ! Il va faire une bêtise !

 

Sans réfléchir, ni demander pourquoi, Hervé piqua un sprint. En quelques enjambées, il rattrapa la voiture de son ami qui n’avait parcouru qu’une vingtaine de mètres et était encore dans l’allée et il tambourina contre l’habitacle. Bruno, stoppa sa voiture sans tourner la tête, ni même demander la raison de cet assaut. Hervé ouvrit la portière, passa la main à l’intérieur et retira les clés de contact. Bruno le regarda, son visage rempli de désespoir, de chagrin, avec toutefois une pointe de soulagement aux commissures des lèvres. 

 

— Que se passe-t-il mon ami ? Pourquoi pars-tu déjà ?

 

Bruno, ne pouvant plus les retenir davantage, s’écroula sur le volant et libéra des torrents de larmes. Plusieurs minutes furent nécessaires pour qu’il réagisse enfin aux sollicitations d’Hervé. Julie s’en voulait terriblement car elle se doutait bien être à l’origine de ce déluge. Elle était venue en soutien mais restait légèrement en retrait, se doutant que sa présence plus près n’arrangerait rien. A l’issue d’une interminable palabre, Hervé obtint finalement de Bruno qu’il passe sur l’autre siège et lui laisse le volant. Il ramena la voiture près de la maison et entraina Bruno sur la terrasse.

 

— Mon chou, tes plaies se sont ouvertes, tu as du sang plein la jambe.

— Ah oui, tu as raison, je n’avais pas vu.

— Je vais appeler Elsa, elle viendra pour te soigner.

— Tu as raison, je pense que c’est préférable.

— Et ensuite j’irai nettoyer la voiture de Bruno, tu as dû lui tacher ses sièges.

 

Hervé n’avait nul besoin de la présence d’Elsa pour nettoyer le sang qui maculait sa jambe, toutefois, il avait noté que Bruno avait souvent observé la jeune vétérinaire durant le week-end, et cette présence féminine pourrait s’avérer très utile. Jérémy habitait à quelques kilomètres de là, dans un village voisin. Ils étaient arrivés chez eux depuis peu de temps lorsque Julie leur téléphona, Elsa reprit immédiatement le chemin inverse, accompagnée de son frère. Ils arrivèrent une dizaine de minutes plus tard. Julie les accueillit à l’écart et leur résuma la situation, sans cacher la crainte qu’elle avait que Bruno puisse tenter de mettre fin à ses jours.

 

Elsa arriva sur la terrasse, ignora quasiment Bruno, s’avança vers Hervé et concentra son attention sur les plaies qu’elle contrôla minutieusement. Elle prit tout son temps pour les nettoyer et refaire les pansements. Durant tout le temps des soins, elle adressa une pluie continue de réprimandes à Hervé, lui reprocha vertement de ne prendre aucune précaution pour lui, alors qu’il était aux petits soins pour Julie depuis que son genou était blessé, qu’elle en avait plus qu’assez des ces entêtés de mecs qui ne comprenaient pas la notion de prudence élémentaire et qui jouaient aux héros, juste pour impressionner les filles, qui de leur côté n’avaient que faire de leurs attitudes de machos dont elles se moquaient éperdument. Bruno qui n’avait pratiquement pas parlé, s’accusa alors d’avoir ravivé les blessures d’Hervé. Sans même le regarder, Elsa, lui rétorqua que c’était beau l’amitié entre mecs, mais qu’il était inutile de chercher à couvrir son ami, qu’Hervé devait être assez grand pour assumer ses erreurs lui-même. 

 

— Mais c’est vrai ! C’est à cause de moi !

— Tant que vous y êtes, c’était sûrement aussi pour avoir le plaisir de quelques papouilles supplémentaires de ma part…

— Désolé Hervé, tu me sauves et c’est toi qui prends…

— Je m’en souviendrai de ces vacances, Hervé ! lui reprocha Elsa.

— Mais vous ne comprenez pas qu’il vient de me sauver la vie ? explosa Bruno.

— Pardon ? lui dit Elsa, se retournant lentement.

— Et Julie aussi… 

— Je ne comprends rien Bruno. Ne cherchez pas à les soustraire à ma colère, ou il vous en cuira. Je suis en vacances et ils m’ont dérangée pour réparer leurs erreurs.

— Vous pouvez bien penser ce que vous voulez de moi, je m’en moque, mais pas d’eux, ce n’est pas de leur faute.

— Alors, la faute à qui ?

— La mienne, répondit Bruno après un court instant d’hésitation.

— Enfin quelqu’un qui ose assumer les conséquences de ses actes, félicitations jeune homme, vous devenez intéressant.

 

Elsa reprit sa tâche, sous le regard attentif de Bruno, et termina rapidement ce qu’elle faisait trainer depuis le début. Elle revint ensuite vers lui qui ne la quittait quasiment pas des yeux. Elle s’installa sur une chaise, pour prendre le café que Julie avait servi, à quelques mètres de Bruno, elle l’observa minutieusement, sans s’en cacher. Il ne soutint son regard qu’une demi-seconde, avant de le diriger de nouveau vers le sol. Son visage portait encore les traces de ses larmes récentes, qu’il n’avait même pas songé à effacer. Enfin, Elsa l’abandonna des yeux et participa à la conversation en cours qui n’était pas très intéressante, et qui tournait sur des banalités. Seul Bruno ne participait pas, mais il relevait souvent les yeux vers Elsa, et les détournait dès qu’elle le regardait. Sans prévenir, elle l’apostropha, lui demanda de s’expliquer sur les raisons qui avaient conduites à ce qu’on les rappelle, elle et Jérémy, ici, à cette heure, les empêchant de se reposer. Bruno, surpris, balbutia quelques paroles incohérentes, incompréhensibles.

 

— Non, non, lui demanda-t-elle d’une voix plus douce, moins vite, et plus clairement, je n’ai rien compris. Expliquez-moi comment ils vous ont sauvé, car à part moi quand je suis en colère, je ne vois aucun danger mortel ici.

 

Il bafouilla encore quelques mots, sans toutefois être plus clair dans ses propos. Elsa se leva, et se jucha sur les genoux de son frère qui occupait la chaise voisine de Bruno, sortit un mouchoir en papier de sa poche, l’humidifia avec un peu d’eau et sans un mot, entreprit de lui nettoyer le visage, effaçant ainsi les lits des rivières que ses sanglots lui avaient dessinés sur les joues. Il prononça un vague merci, et un sourire timide orna son visage.

 

— Voilà Bruno, vous êtes bien mieux ainsi. Dites-moi, y a-t-il un cinéma dans les parages ?

— Bien sûr, vous en trouverez plusieurs en ville.

—  Alors, voici ce que vous allez faire : choisissez-en un qui propose un bon film, et vous m’y inviterez un soir de cette semaine, vous serez ainsi pardonné de mon retour ici ce soir, puisqu’il semble que vous en êtes le responsable. Cela vous convient-il ?

 

Alors que Bruno buvait littéralement les paroles d’Elsa, le sourire plus prononcé esquissé dès les premiers mots se désintégra, et fit place à un désespoir profond.

 

— Oh non, se lamenta-t-il, je travaille d’équipe et je suis de l’après-midi…

— A quelle heure terminez-vous ?

— Vingt deux heures.

— Et à quelle heure est la dernière séance ?

— Vingt trois heures trente, enfin je crois.

— Cet horaire me convient s’il est possible pour vous, sinon je patienterai jusqu’au week-end prochain ou la semaine suivante, mais dans ce cas, il conviendra d’ajouter un repas dans un resto. Qu’en dites-vous Bruno ?

— Un repas ? Mais … mais… pourquoi ?

— Et pourquoi pas ? Si vous êtes incapable de vous décider, je sous suggère de m’inviter deux fois : cinéma puis, diner et cinéma, ou encore diner suivi ou précédé de ciné selon notre humeur.

— Mais co… com… comment… je…

— Comment me joindre ? Très simplement : en téléphonant à Jérémy qui m’héberge, vous avez son numéro je suppose. Alors à très bientôt, je suis impatiente d’avoir de vos nouvelles.

 

Elsa se leva, embrassa la joue de Bruno qui, tel un caméléon, prit à une vitesse fulgurante la couleur d’une tomate bien mûre et se dirigea vers la voiture de Jérémy qui lui emboita le pas. Après avoir laissé à Bruno plusieurs minutes pour se remettre de son émotion, Julie s’excusa encore une fois d’avoir provoqué un désastre en étant trop familière avec lui. Quand elle lui demanda si Katia était bien dans l’erreur, il hocha simplement la tête.

 

— Comme nous sommes quasiment seuls maintenant, Julie, j’ai un message à te transmettre, lui dit Hervé : Merci.

— Merci ?

— Oui, juste merci.

— Mais de qui ? Merci pour quoi ?

— Je me contente de transmettre, c’est tout.

— Mais de qui est ce message ?

— Je ne sais pas si je peux te donner cette information.

— Ah ? Dommage, j’aime bien les compliments pourtant.

— Et je précise que ces remerciements étaient précédés d’excuses…

— Ah… Je comprends… Peux-tu transmettre une réponse ?

— Oui, je crois.

— Dans ce cas, transmets ce télégramme : Excuses acceptées. Stop. Souhaite précisions sur remerciements. Stop et fin.

 

Bruno osa regarder Julie en face plusieurs secondes avant de détourner son regard. Puis Julie s’approcha de lui doucement.

 

— Penses-tu que j’aurai une réponse rapidement ?

— Je… Je ne sais pas...

— Je suis très intriguée par ce message anonyme.

— Ah ?

— Oui j’ai un côté un peu curieuse, surtout quand c’est mystérieux. J’ai bien une petite idée, mais je ne suis pas très sûre.

— Ah bon ?

— Oui, j’ai une impression bizarre, comme quand on fait un mélange improbable de choses opposées, du genre sucre-salé, chaud et froid, ombre et lumière, plaisir et frustration.

— Tu crois ?

— Oui, surtout pour le dernier, qu’en penses-tu ?

— Ça doit sûrement être ça…

— Alors, ne te tracasse pas, ne cherche pas à précipiter les choses. 

— Tu en es sûre ?

— Certaine. Même si certaines filles aiment les gars plein d’assurance et de suffisance, je t’assure que la timidité et la délicatesse dont tu fais preuve sont des atouts bien plus efficaces. Tu dois juste être patient, il n’y a pas que les garçons qui aiment fanfaronner en public, les filles aussi. Tes atouts à toi seront bien plus appréciés en tête à tête qu’en grand comité.

— Oh les filles ne sont pas attirées par les couards.

— Tu n’en es pas un.

— Tu te moques de moi.

— Non Bruno, sinon, tu ne serais pas revenu à table alors que tout le monde pensait que tu t’étais pissé dessus de peur, tu ne serais pas resté seul avec Hervé et moi, tu n’aurais pas non plus avoué à Elsa que c’était à cause de toi que les blessures d’Hervé s’étaient rouvertes et tu ne répondrais pas à mes questions. Tu caches ton courage derrière ta timidité et ta gentillesse, tu es craquant.

 

Bruno reprit son camouflage tomate, mais cette fois avec un début de sourire.

 

— Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir au moins ?

— Tu as pu constater cet après-midi que je n’ai pas ma langue dans ma poche, ce n’est pas mon genre et ce serait un bien mauvais service à te rendre.

— Julie, si un jour, je rencontre un génie sortant d’une vieille lampe, je lui demanderai de faire en sorte qu’Hervé et toi, soyez toujours heureux, et s’il le permet, de te copier pour que je puisse, avec ton double, moi aussi vivre ce que vit Hervé. A vous voir, ça donne envie. Malheureusement, une fille aussi belle, aussi bien que toi, il ne peut y en avoir qu’une seule dans tout l’univers. Et c’est Hervé qui a décroché la timbale. Enfin c’est sans doute un rééquilibrage, même si cela n’effacera pas ce qu’il a vécu, je suis content pour lui… et aussi pour moi. Merci Julie.

— Il y a forcément une femme pour toi, il te suffit de la chercher et tu la trouveras.

— Tu as probablement raison, je vais rentrer chez moi, je vous ai causé suffisamment de tracas comme ça.

— Bruno, si tu veux, tu peux dormir ici, proposa Hervé.

— Non, ça va aller.

— Bruno, je m’inquiète pour toi. Tu avais sérieusement l’intention de…

— … J’en avais envie... N’en parlons plus Hervé.

— Au contraire Bruno, parlons-en. Je suis très bien placé pour te comprendre, et je suis un imbécile de ne pas avoir deviné. On ne connait jamais assez bien ses amis…

— Tu en as assez bavé, tu n’as pas à revivre tout ça.

— Raison de plus pour que je te raisonne Bruno, que je te comprenne, que je t’aide.

— Que nous t’aidions Bruno, murmura doucement Julie.

— Merci à vous deux, mais vous l’avez déjà fait…

 

Ni Julie ni Hervé ne forcèrent Bruno à se livrer davantage, ils lui laissèrent le temps de réfléchir et d’accuser le coup de ce qu’il venait de vivre. Bruno sembla subitement avoir pris une nouvelle résolution.

 

— Hervé ? Tu connais un bon resto ? Je ne voudrais pas décevoir Elsa.

— On dirait qu’elle semble à ton goût.

— Elle est magnifique, et celui qui dirait le contraire serait bien difficile ! Tu ferais quoi Hervé, d’abord le ciné ou le resto ?

— Je crains que ce soit mort pour le restaurant à une heure si tardive en semaine.

— Tu as raison. Mais si je l’invite au ciné et qu’elle refuse un resto plus tard ?

— Tu ne devrais pas réfléchir ainsi, mais plutôt à ce qui vous ferait plaisir à tous les deux.

— Mais je ne sais pas ce qui lui ferait plaisir ! Et pour le ciné je choisis quel film ?

— Calme-toi Bruno. Elle a bien dit que si tu hésitais, tu pourrais l’inviter deux fois. Pour le ciné, vous arrivez en avance et vous choisissez ensemble.

— Ah oui, bonne idée ! Tu crois qu’elle viendra ?

— Je ne la connais que depuis hier, mais elle ne me semble pas être du genre à demander une invitation pour te poser ensuite un lapin. Elle viendra.

— Et le resto, qu’est-ce qu’elle aime manger ?

— Ah ça, je n’en sais rien, mais le plus simple serait de lui demander non ?

— Tu crois ? Mais je vais passer pour quoi si je lui demande ?

— Pour un type bien élevé qui pense à elle, tout simplement, suggéra Julie.

— Sois naturel et demain, renseigne-toi sur les restaurants, leurs cartes, leurs jours d’ouverture et leurs horaires. Ensuite, tu lui téléphones, tu lui demandes simplement ce qu’elle préfère, et tu lui proposes celui qui correspond, si elle valide, tu réserves et c’est tout.

— Tu penses que ça va marcher Hervé ?

— Il n’y a qu’une façon de le savoir… 

— Vous avez raison tous les deux ! Je vais suivre vos conseils.

 

Bruno, requinqué par la promesse d’une soirée avec Elsa, quitta la maison dans de meilleures dispositions, et surtout sans les sombres idées qui lui encombraient l’esprit plus tôt. Dès que sa voiture eut franchit le portail, Julie sauta presque dans les bras d’Hervé. A présent, seuls, elle pouvait lui exprimer l’angoisse qui avait été la sienne lorsqu’il avait été coincé dans les branches, ainsi que pendant la longue attente de son retour de l’hôpital. Hervé la réconforta de son mieux et lui proposa de se reposer ensemble. Julie prit une douche tandis qu’Hervé fit sa toilette comme il pouvait pour éviter de mouiller ses bandages puis ils s’allongèrent dans leur grand lit dès qu’ils eurent changé les draps. 

 

Hervé après avoir tenu son ange contre lui un long moment, lui caressa le dos et les fesses, l’embrassa partout, heureux d’être enfin seul avec elle. Julie répondit plus que favorablement, exprima la satisfaction que lui apportaient ces mains qui parcouraient son corps. Comme d’habitude, il prenait son temps pour faire monter son désir, ce qu’elle appréciait habituellement, mais ce soir-là, elle était pressée. Son envie de lui, qu’elle avait bâillonnée depuis la veille, était toujours présente, encore plus puissante depuis qu’elle avait mis la main au paquet de Bruno, depuis qu’elle l’avait senti prendre du volume très rapidement et avec un certain plaisir, sans se douter qu’il allait jouir quasiment dans sa main. Julie dévorait le torse d’Hervé, ses épaules, tandis que sa main allait de long en large sur ses abdominaux, traçait le contour de chaque petite dune dessinée par les muscles qu’il s’amusait à contracter pour en augmenter le volume. Amusé par l’empressement de Julie, il n’en eut que plus d’envie pour elle. Il la poussa doucement, la fit rouler sur le côté, embrassa ses seins fermes et doux sous ses doigts, durs sous sa langue qui se faisait bien plus fougueuse qu’habituellement. Progressivement, ses caresses se déplacèrent sur son ventre, dont il embrassa largement les flancs, jusqu’au pli de l’aine, où les chatouilles amplifiées, transformèrent les tortillements en contorsions saccadées et emplirent la chambre des cris de Julie. Loin de les calmer, ce jeu les excita encore plus. Hervé profita d’une convulsion pour positionner Julie sur le ventre. Ses fesses ainsi exposées, devinrent son nouveau terrain de jeu. Il déchaina sur ce popotin un déluge de baisers et de papouilles linguales tandis qu’elle le remuait pour l’aguicher encore plus.

 

Alors qu’Hervé se concentrait sur le flanc d’une cuisse, Julie reprit le dessus de cette joute amoureuse, le plaqua sur le dos et lui chevaucha le visage. Elle ne voulait plus attendre d’avantage, et réclamait ainsi la suite sans prononcer une seule parole. Hervé saisit parfaitement le message et s’occupa prestement de ce minou qui débordait déjà d’envie. En quelques coups d’une langue gourmande sur ces lèvres intimes presque ouvertes sur sa bouche, il en récolta les épanchements. Julie grogna de contentement, les mains d’Hervé sur ses fesses lui poussaient le bassin vers cet appendice souple et affamé qui lui enflammait les sens et décuplait son désir. Elle saisit la tête d’Hervé, qu’elle plaqua, contre elle comme s’il avait été possible ainsi d’augmenter la surface de contact entre eux. Ses jambes frémirent bien plus rapidement qu’à l’accoutumée, trahirent la montée de son plaisir qu’elle ne voulait plus retarder. Hervé connaissait bien ce premier signe qui lui indiquait que la jouissance était en route, habituellement, il bifurquait sur une autre caresse pour la retarder, cependant la fougue de son ange à cet instant, lui fit changer ses usages. Il poursuivit, accentua même ses gestes, amplifia les pressions, les effets de succion, précipita l’arrivée de ce plaisir, qu’elle attendait si impatiemment. Sa jouissance, bien qu’intense fut brève, mais ce n’était qu’un hors-d’œuvre, son appétit ainsi aiguisé, la soirée promettait d’être terrible. Julie revint se caler contre Hervé.

 

— Hum, j’ai adoré, mon chou.

— Moi aussi, mais ce n’était là qu’une avance.

— Alors tant mieux.

— Round deux. Top départ !

 

Hervé se dégagea de l’étreinte de douceur dans laquelle il se complaisait, maintint son ange sur le ventre et se coucha presque sur elle. Il lui couvrit le dos et les épaules de baisers langoureux. Ce faisant, il descendit en zigzag jusqu’à la naissance de ses fesses. Il y ralentit sa vitesse de déplacement, mais y accentua ses embrassades, qui devinrent plus marquées, plus longues à chaque fois. Sa bouche grande ouverte laissait largement sortir sa langue, tel un serpent humide, elle traçait des arabesques complexes sur la peau exquise, à la limite entre le plaisir de cette sensation et le tourment de l’attente pour elle, car Hervé semblait se complaire dans ces meules fermes et tendres à la fois. Julie se retourna lentement, lui offrit l’autre face de son corps qui réclamait, elle aussi son dû. Les effluves de son frifri, bien lubrifié par la première étape attirèrent Hervé comme un aimant. Il parcourut plusieurs fois chaque repli, chaque creux, chaque cavité  comme s’il cherchait à y retirer la moindre goutte de ce qu’il y trouvait. Cependant, au lieu d’assécher cette délicieuse intimité, il y provoqua l’effet inverse, qui délivra encore plus de liquide pour leur plus grand plaisir mutuel.

 

Julie gazouillait de contentement, Hervé grognait de satisfaction. Chacun, en entendant l’autre s’exprimer ainsi, augmentait son envie de lui en donner plus encore. Il rendit alors visite à son petit bouton qu’il avait volontairement peu sollicité, car il souhait le faire piaffer d’impatience une seconde fois. Il souleva son capuchon, cueillit toute l’onctuosité qui l’entourait, puis concentra le reste de son action, sur sa proximité immédiate. Il évita maintes fois, ce téton isolé, bien plus arrondi, mais largement plus humide que ceux de ses seins. Il se délecta de son odeur, de son goût, tout autant que de ressentir le désir monter. Julie cambrait de plus en plus son bassin, pressée que son clitoris devienne le centre des attentions d’Hervé. 

 

Ce bas-ventre qui se pressait vers lui, fit germer une idée dans son esprit. Il lui saisit les hanches et les souleva contre lui en se redressant. Ainsi assis sur ses talons, Hervé avait un accès complet à la quasi-totalité de l’anatomie de son ange dont les épaules reposaient toujours sur le lit. D’une main, il lui caressa le ventre et la poitrine, de l’autre, il la tint contre lui et jeta son dévolu sur ses cuisses et leur peau satinée, qu’il embrassa, lécha et suça avec une avidité qu’elle ne lui connaissait pas encore. Julie riait sous ce torrent de baisers qui la surprenait. Elle cessa très vite, dès qu’elle se rendit compte qu’Hervé repartait à l’assaut de son intimité avec une voracité telle que son plaisir monta très rapidement, cependant, elle le voulait en elle et demanda un arrêt provisoire des réjouissances. Hervé la reposa, s’allongea auprès d’elle et l’embrassa longuement tandis qu’elle le caressait. Julie se déroba, dirigea son attention sur le sexe toujours au repos d’Hervé, l’engloutit entièrement dans sa bouche chaude pour le réveiller, le faire grossir et durcir afin qu’elle puisse le sentir en elle.

 

Malheureusement ses efforts furent vains, la verge resta aussi nonchalante qu’une manche à air en l’absence du moindre souffle d’air. Hervé attira Julie à lui en s’excusant. Il lui expliqua qu’à l’hôpital, les internes l’avaient prévenu que sa blessure aurait peut-être ce genre de conséquences, que cela pourrait être passager, ou plus long. Il ajouta surtout que même si les médecins ne lui avaient rien dit en ce sens, que cela ne voulait pas dire qu’il n’éprouvait rien pour elle. 

 

— Je comprends, mon chou. Je te laisse quelques jours pour récupérer et ça va repartir.

— Je l’espère bien, car je ne compte pas m’arrêter de t’aimer avant au moins deux siècles.

— Deux ? Pas plus ? 

— Il ne faut pas abuser des bonnes choses ! Après, mon amour se transformera sûrement en passion furieuse, mais en attendant, je reprendrais bien des amuses-bouches !

 

Sans lui laisser le temps de répondre, Hervé lui releva les jambes et plongea entre, pour un long round buccal. Soucieux de ne pas décevoir une seconde fois Julie, il redoubla de passion, changea souvent sa façon de lui procurer de plaisir, tout en restant attentif à ne pas aller trop vite. Il alterna entre les moments de fougue et les instants plus calmes où il s’essaya à ne pas laisser redescendre le niveau d’excitation de Julie lorsqu’elle était proche de la jouissance. Plusieurs fois, il crut échouer dans cet exercice assez délicat, où un petit coup de langue de trop pouvait déclencher l’orgasme qu’il cherchait à contenir, tandis qu’un de moins l’aurait laissé redescendre plus bas qu’il ne l’aurait voulu. Heureusement, depuis toujours, il adorait le cunnilingus, et plus encore depuis qu’il avait rencontré Julie. Il réussit à la garder proche de cette limite un très long moment avant de laisser ses doigts prendre le relais de sa langue pour le troisième round. Avec seulement deux doigts introduits en elle et son pouce qui lui caressait le pubis et parfois le clito par-dessus son capuchon, il prolongea encore ce moment pour le plus grand plaisir de Julie. Elle exprima son bonheur sans retenue, ses gémissements emplirent la chambre, son bassin se cabra parfois de manière compulsive et désordonnée. Hervé, ravi de ce comportement s’appliqua à le prolonger jusqu’à ce qu’une longue plainte lui emplisse les oreilles tandis que sa main devint prisonnière des cuisses de Julie.

 

Sa jouissance ne fut pas plus intense que les fois précédentes, mais bien plus longue et dura près d’une minute durant laquelle elle ne contrôla plus la totalité de son corps. Elle semblait prise dans des convulsions nées de cet orgasme qui lui avait paru improbable lorsqu’elle s’était rendu compte de la panne d’Hervé.

 

De longues minutes plus tard, elle trouva la force de prendre Hervé dans ses bras, et s’endormit très rapidement sans même s’apercevoir que ses pieds reposaient sur les oreillers et qu’elle se trouvait à l’envers dans le lit. Hervé attendit patiemment ainsi un long moment avant d’oser bouger. Sans la réveiller, tout en délicatesse, il la replaça dans le bon sens et s’allongea à ses côtés avant de s’endormir à son tour.


Je tiens à remercier les lecteurs qui suivent cette histoire, oui, vous, qui avez lu jusqu’ici, ceux qui votent pour, ceux qui m’ont laissé un ou plusieurs commentaires. Vous m’avez donné envie de poursuivre l’écriture des suites.

Je voulais aussi exprimer ma gratitude envers les participants au forum, qui ont distillé ici et là des conseils et tutoriels sur l’écriture, cela m’a permis de progresser en orthographe, conjugaison, rédaction et fluidité de lecture, et particulièrement Duchesse, qui a relu et corrigé ce chapitre. Elle à ainsi contribuée à l’améliorer par ses conseils, son œil averti pointant les fautes, les répétitions de mots que je ne voyais plus à force de relectures et de corrections.



A tous, MERCI

MANDRAKKE

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