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Une rencontre

Chapitre 1

Chapitre 1 : Emmanuelle

Divers

— Mince, me dis-je.


Je suis en retard pour mon travail. Tout ça, à cause de mon chat, qui a réussi à coincer sa tête dans le tuyau du frigo. J’ai passé plus d’une heure à le décoincer de là. Je me demande encore comment il a pu faire son compte. Je marche vite sur le trottoir pour attraper le bus qui me conduit au bureau. Je travaille dans une maison d’édition. Je suis aux services éditoriaux. J’aide les auteurs avec leurs manuscrits, ou leurs story-boards à en faire des romans, ou des BDs. Je monte dans le bus, et trouve une place, assise. Je soupire en regardant ma montre toutes les dix secondes, je suis définitivement et irrévocablement en retard. Je croise le regard d’un homme, en levant ma tête, que je trouve plutôt mignon, même très beau. Mais je ne suis pas très à l’aise avec les hommes, non plutôt avec ma sexualité. Je ressens souvent l’envie d’un homme, mais je sais aussi que ce n’est pas forcément très bien.


Surtout avec ma mère, qui me tanne pour me trouver un homme, alors que j’ai presque envie de faire l’amour avec la moitié de ceux qui se trouvent dans le bus, en particulier de celui qui est assis à quelques sièges en face de moi. Il est plutôt grand, semble-t-il, difficile de le savoir vu qu’il est assis.


Le bus s’arrête, et malheureusement pour moi, je dois descendre, déjà en retard, je n’ai pas le temps de faire connaissance avec cet homme. Je marche vite pour rejoindre la maison d’édition pour laquelle je travaille.


— Emmanuelle Trevor, vous êtes en retard, annonce une voix dans mon dos, d’un ton de reproche.

— Kathryn, dis-je en soupirant de soulagement.


J’ai bien cru que le patron allait me tomber dessus pour me sermonner. Mais heureusement, il n’est pas là non plus, et la responsable semble faire les cent pas dans son bureau, parlant avec vigueur au téléphone. Je vais à mon poste de travail, et observe mon planning. Je dois travailler sur le nouveau manuscrit de Dimitri Ford, un auteur assez connu. Normalement, c’est Kathryn qui se charge de lui, mais apparemment, il y a eu des problèmes. Du coup, la responsable m’a refilé le « bébé ». Enfin pour l’avoir croisé une fois, il n’a rien d’un bébé. C’est un homme grand, beau, charismatique, le genre d’hommes qu’on remarque dès qu’il entre dans une pièce.


Le second projet que je dois m’occuper est celui d’une BD. Je ne suis pas trop fan du genre, et les story-boards ne sont pas toujours faciles à décrypter. Sébastien Valmont, l’auteur de celle-ci, a ajouté des planches dans son courrier. Je m’installe dans mon fauteuil, et les lis. Il a de beaux dessins, mais le scénario est bancal, et peu intéressant. Qui aurait envie de découvrir la vie de Mr Machin, un peu plan-plan. Il manque de peps à son histoire. Sans le vouloir, je me dis qu’ajouter quelques scènes de sexe ne serait pas trop mal. Je secoue la tête, c’est le reste de mes envies dans le bus. Je repose les planches, en soupirant. Comment vais-je lui dire que son histoire manquait de ... tout ?


— Emmanuelle !?

— Mmm !

— Sébastien Valmont est là. Il est dans ta liste, non ? demande Kathryn.

— Oui, je m’en occupe.


Je me lève et me dirige vers l’accueil, et mon regard croise le regard de l’homme du bus. Je me fige quelques instants à l’observer, le déshabillant littéralement du regard. Cet homme me fait fantasmer depuis la dernière heure, et voilà qu’il se trouve face à moi.


— Vous êtes Sébastien Valmont, dis-je.

— Oui, c’est bien moi.


Je tends la main pour le saluer, ses doigts rencontrent les miens. Il a une belle main, et j’ai bien envie qu’elle caresse d’autres endroits de mon corps.


— Suivez-moi, dis-je en indiquant le couloir.


Je passe devant, et le conduit dans une salle de réunion, je l’invite à s’asseoir sur une chaise. Et prends place en face de lui. Je me sens mal à l’aise, et croise les jambes en espérant calmer le feu entre mes cuisses. J’ai une envie irrésistible de me masturber, ou de faire l’amour avec lui.


— J’ai eu l’occasion de parcourir votre story-board et de regarder vos dessins. Vous avez du talent, c’est indéniable. En revanche, le scénario... c’est assez plat. Il ne se passe pas grand-chose. Il faudrait revoir les actions au cœur de l’histoire. Si vous le souhaitez, nous avons un service d’aide à la construction de scénario. Est-ce que cela vous intéresserait ?


Je continue à l’observer du coin de l’œil, pendant qu’il répond à ma question. Je le trouve vraiment très beau. Et ses doigts sont une merveille. S’il est aussi doué pour donner du plaisir que pour dessiner, ça promet. Nous discutons plusieurs dizaines de minutes, de son histoire, et il repart avec des conseils sur son scénario. Et moi, je retourne à mon bureau, avec toujours autant de frustration, mais maintenant je sais que je le recroiserais un jour.


La journée défile, après le travail avec Sébastien Valmont, je commence à lire le manuscrit de Dimitri, pour me donner une idée de son travail, et de l’aide que je peux lui apporter sur le sujet. Cet homme a beaucoup de talent pour raconter des histoires, et la scène intense de ... sexe, est vraiment bien écrite. Et ce n’est pas fait pour calmer le feu entre mes jambes.


Enfin c’est la fin de la journée. Je suis enfin libre de quitter les lieux pour retourner chez moi. J’appuie sur le bouton de l’ascenseur quand la responsable du service arrive à grands pas vers moi.


— Vous tombez bien. Avez-vous quelque chose de prévu, ce soir ?

— Euh...

— Bien, dans ce cas, rentrez vous changer, mettez-vous sur votre 31, je passerai vous chercher. Nous allons à une soirée d’édition.

— Euh... C’est que ...

— Vous étiez en retard ce matin...

— D’accord, je serais là, dans une heure.

— C’est parfait.


J’entre dans l’ascenseur, et soupire de lassitude, je savais que cette journée allait être compliquée. Tout avait si mal commencé, sauf peut-être ma rencontre avec Sébastien. Il est le seul rayon de soleil de la journée. Moi, qui ai prévu de me faire un plateau-télé-masturbation devant un porno, et bien ça ne serait pas pour ce soir. Oui, à défaut de pouvoir faire dans la réalité tout ce que je peux imaginer dans mes fantasmes, je regarde des films érotiques.


Je repasse chez moi pour me changer. J’opte pour une robe de soirée bleu nuit, des bas, des escarpins avec une sangle et une étole pour ne pas avoir froid. Lorsque je sors de chez moi, ma responsable m’attend dans sa voiture. Nous partons ensemble pour cette soirée. Elle conduit vite, mais nous arrivons entières à la fête.


La soirée a lieu dans la salle de réception, du Plaza Athénée. Je me promène dans la foule, un verre à la main, en souriant, et croisant quelques auteurs, et autres éditeurs de la ville. Soudain, je croise le regard de Sébastien... Finalement cette soirée ne sera pas perdue. Je m’avance vers lui avec le sourire.


— Bonsoir, Mr Valmont, vous avez décidé de vous joindre à nous. C’est une bonne idée. Rencontrer d’autres auteurs ne peut que vous inspirer.

— C’est votre patronne qui sait se montrer persuasive, me sourit-il.


Je ne sais pas trop comment la soirée a tourné, mais je me retrouve dans une chambre d’hôtel où la réception avait lieu. Je suis en compagnie de Sébastien, je détache sa chemise avec le sourire, et le déshabille avec empressement. Je fantasme sur lui depuis ce matin, il ne va pas m’échapper. Je sais que si la patronne en a vent, j’aurai de gros ennuis, mais là tout de suite, je m’en fiche comme de ma première couche. Je le pousse sur le lit, et me mets à califourchon. J’écrase ma bouche sur la sienne, avec avidité. Nos dents se cognent. Je recule ma bouche, pour venir la poser sur son torse. Je sens ses mains dans mes cheveux, une de mes mèches se coince dans le bracelet de sa montre.


— Aïe ! fis-je.


Après quelques caresses, il est évident que la réalité est très loin du fantasme, après l’accident des dents, et des cheveux. Je n’ai pas aussi bien réussi ma fellation, que je le voulais, pourtant ... j’en ai déjà fait. Mes ex m’ont même félicitée sur ma façon de faire, mais là... rien. Ensuite, je n’ai pas réussi à jouir sous ses doigts. Était-il si peu doué avec ses doigts ? Pourtant pour les dessins, c’était presque parfait. Mais là, rien. La position du missionnaire ne m’apporte aucune satisfaction. Mais, je gémis quand même en espérant que cela allait me stimuler. Il cache peut-être encore son talent. Il éjacule dans le préservatif, et se retire de moi. Il s’allonge à mes côtés, et j’hésite à lui dire, ce que je pense de cette expérience.


— C’était ... commencé-je.


Mauvais ? Triste ? Lamentable ? Puéril ? Ridicule ? Je me tourne vers lui, et commence à me rhabiller. Il y a des chances que je doive lui changer de conseiller éditorial. Ce serait difficile de travailler avec lui, maintenant. Je peux le donner à Kathryn, vu que j’ai reçu Dimitri. J’ai hâte de le rencontrer celui-là. Une fois, vêtue, je me lève du lit, je le regarde une dernière fois.


— Euh... salut ! dis-je en quittant la pièce.


Je ferme la porte et quitte l’hôtel. Ça a duré si peu de temps, que la soirée n’est même pas finie. Je réajuste ma robe, et retourne parmi les invités. C’est bien dommage de réaliser que la réalité n’est pas toujours à la hauteur de ses fantasmes.

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