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Une veine de cocu

Chapitre unique

Erotique

Toulouse, quartier Saint-Agne, septembre 2019



— These boots are made for walkin’

And that’s just what they’ll do

One of these days these boots are gonna walk all over you

Ya


Mon sac de courses se balançant au rythme de mes béquilles, j’entrai dans le hall de mon immeuble en chantonnant. Libérant ma main gauche, j’appelai l’ascenseur et me calai en l’attendant.


— You keep lyin’ when you oughta be truthin’

And you keep losing when you oughta not bet

You keep samin’ when you oughta be a’changin’

Now what’s right is right but you ain’t been right yet


Bling ! La porte s’ouvrit et j’avançai, prêt à appuyer sur le bouton du cinquième ; mais quand des pas rapides me signalèrent l’arrivée d’une personne derrière moi, je bloquai machinalement la porte le temps que l’arrivant me rejoigne.


— Merci. Je vais au cinquième.


Cette voix… Une voix féminine, jeune. Je me tournai lentement – difficile de faire autrement avec mes béquilles – et baissai les yeux sur ma passagère. Tête baissée, elle était minuscule à côté de moi. Cheveux noir de jais fins et lisses sagement remontés en chignon, odeur de savon… Bien sûr. Je la reconnus instantanément, avant qu’elle lève la tête vers moi : Océane, la fille unique des voisins. Vingt ans… non, attends… presque six de moins que moi, ça fait donc… vingt-trois. Bon sang, elle a vingt-trois ans.


Je ne l’avais pas vue depuis au moins six ans… Je me rendis compte que je souriais bêtement.


— Maxou ? Maxime Pelous ? C’est pas vrai… Tu as… Je te reconnaissais pas...

— Ben oui ; je suis revenu vivre dans l’appart’ de mes parents. C’est plus facile, avec l’ascenseur ; et puis...

— Oui, j’ai appris que tu étais séparé ; je suis désolée, vraiment.

— Moi pas ; la roue tourne, et Marina n’était pas celle que je pensais. Cinq ans de mariage pour un échec cuisant. Sans bavure.

— Mes parents ont su que tu as eu un accident de moto, ajouta-t-elle.

— Oui, sur ma Bandit. Et à partir de là, tout s’est bousculé. C’est à l’hôpital que Marina m’a annoncé qu’elle me quittait, alors qu’on venait de me mettre des broches dans la jambe droite. Tibia et péroné cassés. Tu connais ça mieux que moi ; tu es toubib maintenant ?

— Pas encore, j’ai commencé mon internat au CHU Rangueil au début du mois.


Nous étions sortis de l’ascenseur et discutions devant ma porte. Je cherchai la clé, maladroitement ; d’ailleurs elle m’échappa. Je retins un juron alors qu’Océane la ramassait avec vivacité. Un instant, je vis ses yeux gris-vert exprimer la désolation devant mon état.


— Je vais me changer et je viens te voir ; j’en ai marre de cette tenue, elle sent l’hôpital, décida-t-elle. À toute.


J’eus à peine le temps de ranger mes courses dans le frigo qu’elle était entrée après un bref coup de sonnette. Il faut dire qu’elle venait souvent voir mes parents quand ils habitaient ici. Pour les aider, faire les courses, cuisiner même, quand maman était trop fatiguée. Elle avait dénoué ses cheveux qui dansaient librement sur ses épaules. Vêtue d’un grand tee-shirt blanc sur un pantalon de yoga, elle sautilla devant moi comme quand elle avait douze ans. Ses pensées ont dû rejoindre les miennes car elle demanda :


— Tes parents vont bien ?

— Oui, ils sont partis du Cap jusqu’en Corse avec leur voilier. Et les tiens ? Ils sont au Vietnam à nouveau ?

— Presque, oui... Ils sont en Guyane depuis trois jours, dans un village Hmong appelé Cacao. Maman est heureuse comme tout d’y retrouver des cousines. Je crois qu’ils passent leur temps à manger. Papa va prendre dix kilos ! Toi, par contre, tu as besoin de te remplumer, non ?


Elle se rembrunit en examinant mon visage lisse.


— Chimio ou lubie de trentenaire ?

— Tu changes pas : toujours directe, la Schtroumpfette. Chimio ; et tondeuse. J’avais pas perdu grand-chose sur le visage, mais suffisamment pour que ce soit moche.

— Tes parents n’ont rien dit.

— Je sais. Je leur ai demandé d’attendre un peu.

— Attendre ? Attendre quoi ? Même si tu es parti à Paris il y a bien longtemps, tu fais partie de ma famille.


Sa maman, Mai Ly, a été ma nounou et ma seconde mère ; à la naissance d’Océane, j’ai été le premier à qui Mai Ly a tendu la crevette aux cheveux noirs fins et raides. J’avais presque six ans, j’étais curieux et pétrifié par la peur de mal faire. Le bébé m’a fixé de ses yeux sombres et a arrêté de pleurer pour me sourire. Son premier sourire a été pour moi. À jamais.


Je me raclai la gorge, mal à l’aise.


— Je sais, je suis désolé. Mais tout est allé si vite… Marina qui m’annonce qu’elle va me quitter pour son prof de zumba, mon accident de moto, la découverte de mon cancer du pancréas...

— Oh merde, c’est pas vrai ! 


Le cri du cœur d’Océane, qui ne put retenir ses larmes.


— Ouais, je sais. Le toubib de l’hôpital Ambroise-Paré m’a dit que j’avais une veine de cocu. Une petite tumeur a été repérée lors d’IRM ventrales. Je m’étais pris le rétro de la voiture dans le ventre. J’avais un mal de chien et on soupçonnait une lésion interne. Moralité, je n’avais rien de grave, sauf qu’ils ont découvert un intrus. Dans la journée, je suis passé du service orthopédie de Saint-Joseph au service cancérologie d’Ambroise-Paré.


Je m’étais installé dans mon vieux fauteuil préféré en cuir craquelé et avais posé mes béquilles en soupirant. Fidèle à mon souvenir, Océane était passée en mode commando. Je savais qu’il ne servait à rien de lui demander de s’asseoir. Elle installa ma jambe esquintée sur le pouf, me servit un verre d’eau, inspecta le frigo, lava se qui traînait dans l’évier… C’est alors qu’elle repéra le dossier sur la table, avec le logo AP-HP, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, avec un petit rond blanc dans un cœur bleu.


— Ton dossier… Je peux ?

— Pfff… Si je dis non, tu regarderas quand même, non ?

— Nooon ! s’indigna-t-elle. C’est TON dossier, il t’appartient. Mais je te rappelle que je suis presque docteur. Si je peux t’aider... 

— Tu m’aides déjà, tu sais. Par ta présence ici. Je me sentais seul.

— Eh bien tu ne l’es plus, seul. Je suis avec toi, et je n’ai pas l’intention de te lâcher. Enfin, je veux dire...


Elle détourna le visage, mais pas assez vite pour me cacher la délicieuse rougeur qui venait d’envahir ses joues.


— Vas-y, je n’ai rien à cacher. Je te paierai en heures sup’ pour ton boulot.

— Pas de chèque, hein ! En liquide.


Elle se rendit compte du double sens, car là elle devint carrément pivoine. Je me permis un petit rire, embarrassé par sa gêne évidente.


— Tu as l’esprit mal placé, protesta-t-elle vivement.

— Pas plus que toi, ma belle toubib. Alors, tu vois quoi ? Je vais mourir dans un mois ?

— Sors pas des trucs comme ça, Max. Tu te fais mal, et tu me fais mal.

— Tu as raison. Pardonne-moi.


Elle ne répondit pas, plongée dans mon dossier. Elle s’est assise sur un coin de chaise pour parcourir les documents ; je la voyais froncer les sourcils, se mordre la lèvre inférieure, parfois même se ronger un ongle. Durant tout le temps qu’elle lisait – peut-être une demi-heure – je ne bougeai pas d’un pouce. Je la regardais en silence, m’émerveillant de la voir après ces années. Malgré sa petite taille, clairement une adulte, rien à voir avec l’ado d’autrefois.


Enfin elle referma soigneusement le dossier puis elle poussa un soupir en se tournant vers moi. À ma surprise, elle se précipita contre moi, s’agenouilla et enfouit sa tête contre mon épaule gauche. Je ne pouvais voir son visage mais je compris alors qu’elle sanglotait sans retenue. Désemparé, ne sachant que faire, je refermai mon bras sur elle et caressai ses fins cheveux noirs en murmurant des mots d’apaisement.


— Je suis là, Schtroumpfette, tout va bien ; tu vas sûrement devoir me supporter encore longtemps.


Il fallut plusieurs minutes pour qu’Océane se calme et que sa respiration s’apaise. C’est là que je fis preuve de mon humour légendaire, genre éléphant dans un magasin de spécialités de Limoges :


— Le jour de ton mariage, j’accepte même d’être ton témoin.


Elle se raidit et se propulsa sur ses jambes, comme mue par un ressort, et me fusilla du regard avant de filer comme une flèche. Non sans lancer d’une voix fragile mais clairement courroucée :


— Maxime Pelous, si je me marie un jour – et rien n’est moins sûr – je peux te promettre une chose : tu ne seras pas mon témoin.


Clang ! La porte d’entrée claqua et me laissa dans un silence abasourdi.


Je l’ai fâchée, et je sais même pas pourquoi. C’est quoi, cette histoire ? Elle ne veut pas de moi à son mariage… Attends, c’est pas ce qu’elle a dit : elle ne me veut pas comme témoin...


Là, je devais avoir les oreilles qui fumaient tellement je décortiquais ses paroles dans mon petit cerveau.


Oh merde, que je suis con ! C’est pas vrai, il faut que j’aille m’excuser, même si elle doit me tuer. Je suis un gros blaireau, décidément ; maintenant je dois ravaler ma fierté et me mettre à plat-ventre devant elle...


Penser à me mettre à plat-ventre, ce devait être prémonitoire : en arrivant à la porte des voisins, poussant sur mes béquilles pour aller plus vite, je dérapai devant le paillasson et me vautrai lamentablement. Je crois que j’ai dû donner un bon coup de boule contre la battant car je ne me rappelle pas de la suite. Ce que je sais, c’est que je suis revenu à moi allongé sur le sol, la tête sur les genoux d’Océane.


— Je suis venu m’excuser, bredouillai-je, et je me suis pris un gadin dans le couloir. 

— Tu as failli défoncer la porte d’un coup de tête. Heureusement que ton crâne est solide ; c’est normal, y a rien dedans.


Je pris le temps de respirer un bon coup avant de me lancer ; non pas que je manquais de courage, mais là…


— Je sais pas ce que tu me trouves ; j’ai une chance sur deux d’arriver à trente ans – et je te rappelle que j’en ai vingt-neuf – et tu as envie de t’attacher à moi ?

— Te fatigue pas, Maxou. je n’ai envie de rien. C’est comme ça : je t’aime depuis toujours, et tant pis si ce n’est pas réciproque.

— Merci pour ton courage, ça ne m’étonne pas de toi. De mon côté, je ne sais pas quand mon amour purement fraternel est devenu autre chose. Autre chose que j’ai enfouie au fond de mon cœur, certain que tu étais trop jeune pour moi. Alors j’ai fui, je suis parti loin, j’ai épousé une jolie femme de mon âge. Pour elle, j’avais du désir, pas de véritable amour ; et de son côté Marina n’avait pas mieux à m’offrir. Amen.

— Et maintenant ? 

— Maintenant, je suis là, avec toi. Donnons une chance à notre relation.

— Tu te sens comment ? 

— Bien. Étrangement bien. Tu es la première fille que j’ai tenue dans mes bras, et je sais que tu seras aussi la dernière.


Cette nuit-là, pour la première fois, Océane a dormi blottie contre moi. Épuisé, endolori par ma chute, je me suis endormi comme un bébé. Au matin je me suis réveillé d’un rêve érotique si réaliste que je bandais comme un âne ; je me redressai sur les coudes pour découvrir un tableau adorable : Océane était agenouillée entre mes jambes écartées et pompait ma bite avec application. Elle se dégagea un instant pour me sourire, les yeux pétillant de malice.


— Bonjour, mon beau prince. Ce réveil vous sied-il ?

— Bonjour, ma puce. Je ne pouvais rêver mieux, vraiment. Mmm...


Elle venait d’engloutir sans effort la totalité de ma verge pourtant conséquente, ceci sans me quitter des yeux. Je me noyai dans ses prunelles grises et ne remontai jamais à la surface.

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