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L'Usurpatrice

Chapitre 2

La Rupture

Divers

La Rupture


Je vous raconterais bien que j’ai rencontré Adrien après ma rupture. Six ans de vie sexuelle pour vivre sa première rupture à 19 ans, c’est tout de même amusant. Mais c’est faux. Ou presque...

Je m’explique. Je suis en couple « à distance » avec ma petite amie depuis sept ans. Les centaines de kilomètres qui nous séparent et notre forte libido nous ont vite imposé un certain laxisme vis-à-vis de la fidélité – en bref, nous sommes un couple ouvert. Attention, ceci dit, nous dissocions totalement sexe et sentiments. J’aime à croire que les lèvres avec lesquelles je l’embrasse sont purifiées par l’amour que je lui porte, elles qui ont été souillées par tant de sexes turgescents et d’oasis velus.


Cette idylle tout à fait agaçante de perfection ne fut chamboulée qu’à une seule reprise. Et c’est dans ce cadre tumultueux que notre histoire prend place. Avril 2017, je trône comme une merde sur le pas de ma porte, un pochon blanchâtre à la main, des larmes sèches au coin des yeux et une profonde envie de plus me détruire que la vie ne vient de le faire. Ma première rupture, sa première gifle sincère, pas mes premiers regrets. Elle ne supportait plus mon addiction, mon attitude, mes colères, mais bon, le train de ses reproches roulait au loin sur ce rail perdu dans mes sinus. Fin de l’histoire.


La culpabilité, ce n’est vraiment pas mon truc.


Sourire aux lèvres, je jetais l’emballage à moitié plein – par optimiste peut-être ? – sur le pas de sa porte. Je reviendrai. Mais sur l’instant, mon esprit primaire n’avait qu’une idée en tête. Si... Si hors-contexte, si bestial qu’elle m’en semble ridicule aujourd’hui – sans que je puisse pour autant prétendre pouvoir réagir différemment deux ans plus tard.


— Bon. Bah, avec tout ça, j’ai pas baisé moi.


Je ne me prétends pas nymphomane – Enfin, peut-on vraiment se prétendre nympho ? Aspirer à subir une maladie psychologique... Se rêve-t-on bipolaire ? Schizophrène ? Mon répertoire médical s’arrête là, désolée. Je disais donc. Je ne me prétends pas nymphomane, mais je ne dirais pas non plus que j’aime simplement le sexe. Le terme m’échappe, mais nous le qualifierons d’hypersexualité – bien qu’ironiquement, ce terme fasse écho à la nymphomanie, mais passons, je me distrais. Le sexe est bien plus qu’un petit plaisir, ou une simple obsession pour moi. J’ai construit ma vie dessus.


Déflorée très jeune – messieurs à vos calculatrices, la réponse se trouve ci-dessus – j’ai construit mon adolescence autour d’une image hypersexualisée de ma propre personne. Je trouvais ma popularité dans mon corps et ma précocité, je me rassurais par le sexe, je me récompensais par le sexe... Je me vengeais par le sexe. Voyez ça comme un doudou. J’étais une grande enfant qui, pour dormir et se sentir en sécurité, avait besoin de câliner les peluches que ces messieurs-dames cachent entre leurs cuisses.


Il n’est donc pas vraiment surprenant – stupéfiant aidant (Dieu que ce mot est laid, stu-pé-fiant) – que j’évacue la perte de la femme de ma vie dans le pieu de deux inconnus. Cela faisait maintenant quelque temps que j’échangeais avec un couple sur Tinder. La vingt-cinquaine, plutôt mignons, assez emmerdants pour être honnêtes. L’homme était un bel éphèbe noir, le cliché du fantasme colonial : glabre à l’exception du sexe, musclé, viril. Je pouvais sentir son musc juste en regardant ses photos. La femme était plus insipide, plus jeune. Un petit carré blond surplombant une belle poitrine, quelques rondeurs, pas un grand intérêt à mes yeux. Le plan s’annonçait foireux dès le départ, les photos de Madame étaient maladroites, elle manquait de confiance en elle. Non. Elle empestait le doute et la peur de l’autre. À côté de cela, elle semblait particulièrement affectionner les sextos – pratique dont l’érotisme est pour moi à peu près équivalent à celui d’une huître.


Monsieur n’avait pas le droit de m’envoyer de choses...


Trop olé olé. Madame était jalouse, possessive, peur que je le lui vole peut-être. Elle avait sûrement raison de se méfier, physiquement, elle ne le méritait pas. Nous devions nous rencontrer la veille, mais elle m’avait contactée de son côté.


Une femme charmante. Alcoolisée sûrement. Hors de question qu’une petite pute comme moi se tape son... Je devrais changer les noms. Peu importe. Hors de question qu’une petite pute comme moi se tape son Bastou, elle me tuerait, j’avais intérêt à refuser et à aller baiser le mec d’une autre meuf. Charmante, je vous dis.


Je ne suis pas du genre à me laisser intimider, ou insulter. D’ordinaire, j’aurais feint l’ignorance et baisé son homme juste pour la détruire, elle qui venait me défier. Mais c’était l’un de mes rares séjours chez ma petite amie – voulais-je vraiment gâcher une heure lovée entre ses bras juste pour un coup minable et sans envie ? La réponse était évidente : maintenant que j’étais célibataire, bien sûr que oui. Je les recontactais donc, jubilant à l’idée de voir la mine déconfite de Madame.


Une heure passa. J’étais sobre. Deux heures s’écoulèrent. J’étais malheureuse. Ce qui semblait être une éternité s’écoula. J’étais haineuse. Ce temps perdu à errer dans la ville, fumant clope sur clope, puis roulant joint sur joint, me faisait réaliser à quel point j’étais seule sans elle. Et je venais de la faire disparaître. Pour la première fois depuis cinq ans, j’étais réellement seule.


Une vibration me sortit de ma torpeur. Mes doigts crispés autour de mon bigot étranglaient une notification scintillante.


— Pas de soucis. Dispo pour un café avec nous cet après-midi ? On est vers le Sacré-Cœur.


(J’adapte le langage SMS pour les doyens et les âmes sensibles du site.)


Cette nuit, j’éteignais mon cerveau et je laissais mon corps s’embraser. Comme pour donner raison à cette promesse muette, mes écouteurs entonnèrent le refrain de la MZ :


Faire l’amour est une chose,

Baiser en est une autre.

Vu que nous sommes accros l’un de l’autre,

Allons jusqu’à l’overdose.


Je riais jaune en effritant mon marron, « étions accros l’un de l’autre » plutôt oui. Salope. Je lui en voulais maintenant. Elle m’avait trahie. Je chassai une fumée agitée par mon irritation et écrasai mon joint dans le creux de ma main, savourant cette douleur plus concrète. J’étais libre.


Je doute que la suite des événements vous intéresse. Pour être tout à fait transparente, je suis allée prendre un café dans un petit bistrot au coin de la rue, avant de m’acheter un sandwich pain polaire saumon fromage frais à Monoprix. Satisfaits ? Bien. Passons alors directement au rendez-vous.

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