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L'Usurpatrice

Chapitre 3

Le Tantra

Divers

Me voilà.


Répondant à ce message si concis, je me retrouvais à rompre le pain avec ce couple disharmonieux. Enjouée à l’idée de me retrouver dans leur lit, j’échangeais des œillades enflammées avec Monsieur et des banalités avec Madame. Ce décalage était... troublant. Je pense d’ailleurs que mon langage corporel aurait perturbé n’importe quel médium. La moitié droite de mon corps se précipitait vers lui, alors que la moitié gauche s’endormait, se distrayait, semblait vouloir fuir cette rencontre. J’en venais à nous imaginer faire la bête à trois dos et à redouter que le mien n’attrape un torticoït. La situation s’avérait compliquée.


Mais bon. À la guerre comme à la guerre, j’étais déjà dans mes retranchements et mon arrière ne demandait rien de plus qu’une bonne charge.


Les deux timides précisèrent leurs envies à voix basse, comme s’ils craignaient d’être entendus. Autour de nous, les serveurs tourbillonnaient sans se préoccuper d’eux. Ce petit monde bistrotier bourdonnait dans un brouhaha tel que j’étais même forcée de me pencher pour les comprendre. L’odeur de sueur de Madame mêlée au parfum de Monsieur me donnait l’impression étrange d’être dans un vestiaire. D’ordinaire, cette dualité m’aurait amusé, mais ce jour-là, je n’avais pas la patience. Etait-ce un duel d’ego ou la douloureuse comparaison à feu ma petite amie, mais cette femme me révulsait de plus en plus. Elle était une barrière entre moi et son homme, une barrière entre moi et le plaisir, pire, une barrière entre moi et moi-même.


Il peut sembler risible de parler ainsi. Ligne après ligne, j’ai tâché de me présenter comme une femme forte, assez indépendante et déculpabilisée, et voilà que j’affirme avoir besoin de quelqu’un, ou plutôt de quelque chose pour me recentrer intérieurement. Mais mon rapport au sexe me rattrape toujours. Il n’y a que l’Autre qui peut me ramoner et me ramener à la raison.


(J’aurais été tentée d’écrire l’Etranger pour glisser une quelconque référence littéraire et faire s’exciter les plus sapiosexuels d’entre vous, mais je ne connais pas assez l’ouvrage pour me le permettre. A moins que je ne vienne de le faire ?)


Bref, revenons à notre étalon et notre mouton noir.


Le café se vidait, l’heure de pointe était passée, et les paroles soudainement plus claires de mes amants me sortirent de ma torpeur. Je rattrapais le fil de leur passionnante histoire comme je le pouvais et tissais tant bien que mal la tapisserie de leurs désirs. (C’est beau hein ? – ouais bof)


Le plan était faussement simple. Nous allions baiser dans un club libertin du coin, le Tantra. Ca sonne mieux tout d’un coup ! Mais je ne devais pas embrasser Monsieur. Mais Madame devait toujours passer avant moi. Mais Monsieur n’aurait pas le droit de me prendre par le cul. Mais quand Monsieur se retirerait d’elle pour jouir, je devrais me retirer pour la laisser jouir seule de son éjaculât.


Je retenais un éclat de rire jaune face à ces conditions, mais acceptais de bon cœur. La garce me tapait sur le système, mais j’avais perdu assez de temps. Je ne demandais qu’une chose, offrir un peu de chaleur humaine. Je n’allais pas tergiverser pour réchauffer sa verge gercée.


[...]


Le Tantra était un de ces clubs/bars/saunas libertins que je fuyais d’ordinaire. Je trouve à ces lieux une atmosphère pesante de faux semblants et de vices faussement sages. Les gens s’y complaisent à se trouver désirables et désirés l’espace d’une soirée puis retournent à leur vie de tous les jours, à la médiocrité de la routine. C’était les regards collants et les codes vestimentaires qui m’avaient toujours fait fuir. Je ne suis pas une franche adepte des robes de soirée sexy et autres vêtements... affriolants quand ce n’est pas vulgaire. J’aime la simplicité.


Heureusement, Madame avait ses entrées et je pus rentrer sans avoir à repasser par la case départ pour me changer. Il aurait été amusant de revenir chez « nous », me faire ouvrir par ma dame satisfaite de mon retour et des excuses qu’elle allait recevoir, pour finalement ne lui demander que l’accès à ma garde-robe pour aller me faire sauter. La situation aurait été explosive et je n’aurais su comment la désamorcer, mais... Mais mes pensées s’égaraient, et j’éteignais la mèche de cette idée en recoiffant la mienne.


Cette absence de protocole signait enfin un bon point pour cette relation. Ce n’est pas tous les jours qu’on rentre au Tantra en minishorts, en jean, débardeur et sneakers. Je savourais chacun de mes pas profanes sur la sainte moquette du lieu. Par égard pour la « clientèle », on nous amena toutefois à une pièce isolée, sans que nous ayons à afficher nos dégaines consternantes à un auditoire assez contradictoire pour tourner de l’œil face à une paire de Nike, tout en se rinçant l’autre devant un pair en train de niquer.


La chambre me satisfaisait. Elle était simple, pas clichée pour un sou. J’appréhendais de tomber dans un baisodrome aux lumières rouges criardes, truffé de portraits indécents et de barres d’effeuillage, mais la chose ressemblait plus à un petit appartement. Un lit spacieux, mais sobre, un bar au fond et une petite commode remplie de serviettes, préservatifs et autres commodités ornées de l’écriteau suivant :


— Servez-vous, mais laissez les servir à d’autres gens que vous. Merci.


Madame marquait des points.


Elle se dévêtit. Laissant apparaître un corps grassouillet que Monsieur enlaça tendrement.


Madame perdait des points.


Note de l’auteur : Désolée, les scènes de sexe ne sont pas ce que je préfère écrire, d’où mon avancée à reculons vers ce moment. Le prochain chapitre l’évoquera, c’est promis. Mais je voulais ajouter un petit plus à ce récit, avant de moi même l’oublier.


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