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Vendue

Chapitre 1

Le désamour

Erotique

Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ? Un proverbe que j’aurais bien jugé absurde il y a quelques mois, mais… il faut que je vous raconte…


— xxxXXxxx —


A vingt ans le premier homme, celui de toute une vie, de toute ma vie, je l’ai cru longtemps. Puis au bout de sept années, la lassitude pousse parfois les gens à faire des trucs impensables. Alors oui… ce Daniel de mes premières amours, un après-midi de septembre est devenu un homme trompé. Celui avec qui j’ai franchi ce cap a des yeux verts, me fait sourire et se montre plutôt entreprenant. Je me doute bien qu’il a ce même comportement avec toutes les nanas qu’il croise.


Il n’est pas question que nous vivions ensemble de toute façon et je n’aime pas les situations ambiguës. Enfin… je dois d’abord relater cette rencontre qui a fait de moi une épouse infidèle. Rien d’original, comme dans la plupart des cas de ce genre. Nous sommes tout bêtement deux collègues et nous occupons chacun un bureau dans une pièce. Alors, la discussion ne s’arrête pas au sujet de l’entreprise, ou de notre job.


Lui, se prénomme Jean, il a cinq ans de plus que moi. Et mon Dieu, il vivait une vie assez spéciale avec une dame plutôt guindée. C’est du moins ce qui ressortait de nos dialogues, les jours de mauvais temps, dans son couple. J’avais de suite compris que les matins où il était en avance au boulot, les soirs où il s’éternisait au bureau correspondaient en fait à des moments « difficiles ». Alors de fil en aiguille… nous avions fini par nous raconter des bribes de ce que nous vivions.


Je dois dire que chez moi, c’était plutôt calme, et que la routine avait gagné la partie. Oh ! Bien entendu que de temps en temps Daniel se rappelait qu’il avait une épouse et il lui prenait l’idée… l’envie de faire l’amour. Un passe-temps ordinaire exécuté en deux minutes, plus hygiénique qu’amoureux quoi. Il était loin le ciel de nos amours de folie. Alors la routine avait sans doute beaucoup œuvré dans le rapprochement opéré cet après-midi-là.


Par contre, nous n’avions aucune crise, jamais un mot plus haut que l’autre. Les sentiments avaient dérivé vers une amitié sincère et ni lui ni moi n’osions nous l’avouer, nous ne nous aimions plus vraiment. Alors, après la pause de midi de ce jour-là, j’avais remarqué que Jean avait des larmes dans les yeux à son retour du déjeuner. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sentais triste pour lui. Bêtement, j’avais tenté de le faire sourire. Ce faisant, nous avions discuté gentiment.


— Tu n’as pas l’air dans ton assiette. Tu as des problèmes ?

— Non, non Cécile, ça passera.

— Tu crois ? C’est de plus en plus souvent que tu affiches cette mine de déterré.

—… ? Parce que tu imagines que la tienne est plus réjouissante ? Certains matins, tu viens à reculons au bureau…

— Pas toujours simple de vivre à deux, tu en sais quelque chose, non ?

— Ouais… mais pour moi, c’est réglé.

— Réglé ? Comment ça réglé ? Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Que depuis ce matin, je suis seul ! Je suis rentré pour le déjeuner et… l’appartement est vide.

— Tu veux dire que Francine t’a quitté ?

— Non seulement elle a quitté le nid, mais elle l’a totalement vidé ; tout est parti. Les meubles, tout… je n’ai même plus de quoi dormir ce soir, tu peux croire ça ?

—… ! Mais… ça allait si mal entre vous deux ? Qu’est-ce qu’elle avait à te reprocher ?

— Bof… je suis un peu cavaleur. Je n’ai jamais su résister à un joli sourire. Alors je n’ai pas à me plaindre, je mérite ce qui m’arrive.

— Tu veux dire que tu la trompais ? Je n’en reviens pas !

— Je ne suis pas devin, mais j’ai bien l’impression que chez toi Cécile, ce n’est pas l’extase toutes les nuits non plus. Alors ne me jette pas la pierre, veux-tu !

— Non ! Non bien sûr, mais je n’aime pas la duplicité… Je…

— Tu quoi ? Pour être franc, depuis que tu es arrivée dans ce foutu bureau, je ne trompe plus personne, sauf moi sans doute.

— Quoi ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes.

— Tu veux un dessin ? Je te vois aller et venir, passer sous mon nez depuis… deux ans et je suis tombé amoureux de toi.

— Mais… je ne t’ai jamais donné à penser que quelque chose pouvait se passer entre nous. Je ne crois pas t’avoir délibérément aguiché…

— Non bien sûr… c’est autre chose. Tu es faite pour l’amour et je rêve de ce grand amour avec toi, de faire plein de cochonneries en ta compagnie. Tu n’es pas heureuse plus que moi dans ton ménage.

— Qu’est-ce que tu en sais toi ? Je n’ai jamais songé à tromper Daniel… je l’ai aimé.

— Tu vois… c’est bien là le drame. Tu ne dis plus « je l’aime », mais bien « je l’ai aimé ». Tu parles déjà au passé de tes amours mortes.

—… tu… tu es fou, Jean.

— Chante toujours belle merlette. Quand tu auras tâté d’un autre mâle, tu en oublieras jusqu’au premier baiser échangé avec ton Daniel. Je ne saurais te dire combien de fois j’ai eu envie de te prendre dans mes bras, de t’embrasser…

—… mais ça ne va pas dans ta tête !

— Oh que si ! Je me fais violence pour ne pas…


Il s’était alors levé et contournait nos bureaux. Sidérée par ses propos, je n’avais pas seulement réagi lorsqu’il s’était placé derrière mon siège. Il s’était alors penché sur moi et ses deux bras avaient encerclé mon corps. Sa bouche sur mon cou m’avait collé d’affreux frissons. Et quand ses mains avaient empaumé ma poitrine, sur mon chemisier, un véritable courant électrique traversait mon corps. Le souffle qui courait sur ma nuque… mon Dieu rien que d’y repenser… j’en ai toujours des frémissements.


Puis… les choses évoluaient inexorablement et c’était bel et bien sur notre lieu de travail que nous nous étions laissés aller. Ma jupe remontée sur mes hanches, Jean me culbutait sur le côté de mon bureau. Nos gestes n’avaient rien de différent de ceux de Daniel dans notre lit. Mais ceux de cet instant-là… portaient le gout de l’interdit et de la sauvagerie d’une partie de cul inopinée. J’avoue que j’avais joui, comme ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps.


Mille fois nous aurions pu être surpris par un ou une de nos collègues des bureaux avoisinants. La rapidité de l’acte n’entachait en rien la jouissance qui me secouait de partout. Elle ne me laissait pas non plus le temps de raisonner. Et Daniel en quelques instants bien sentis passait de l’état d’époux à celui de cocu. Avais-je ressenti les affres de cette duperie ? Eh bien… pas vraiment. Aucun regret et encore moins de remords, comme si les choses se remettaient en place toutes seules.


— xxxXXxxx —


Les choses sont restées quelques mois sans vraies évolutions. Nous nous retrouvions de temps en temps pour un après-midi « baise » dans le nouvel appartement loué par Jean. Chez moi, Daniel ne se doutait de rien. À moins qu’il ait feint d’ignorer la situation. Presque chaque jour, je me faisais sauter au bureau ou chez mon amant, et je ne manquais donc plus de sexe. C’est moi, et moi seule qui aie décidé de changer l’ordre établi. Un soir, j’ai mis Daniel devant le fait accompli. Il a semblé d’abord tomber des nues, puis a paru soulagé.


Nous sommes restés bons amis et notre divorce prononcé à l’amiable, je me suis retrouvée avec un autre dilemme. Vivre une nouvelle existence à deux ou prendre un appartement, seule. J’ai finalement opté pour cette seconde solution. Voir Jean le plus souvent possible, mais n’être liée à lui par aucun point. Il a très bien compris ma position et nous nous voyons lorsque nous en avons envie. Je me doute bien aussi qu’il continue ses rencontres avec d’autres femmes, mais ça me laisse le champ libre pour d’éventuels jeux sans lui.


Je ne le fais pas cependant. Pas par respect ou quelque truc de ce style, non ! Je ne ressens pas le besoin d’avoir plus de relations sexuelles que celles que nous avons souvent, nous deux. Il voudrait plus, et il me tarabuste avec ça depuis des semaines, voire des mois. En parler est une chose. Ça me procure des orgasmes sans commune mesure avec ce que je vivais avec Daniel. Quand il me traite de salope en me baisant, je dois reconnaitre, que c’est extrêmement jouissif et que j’en profite largement.


De là à franchir le pas qui me ferait, passer des amours libres avec lui à celles libertines m’effraie pour de bon. En parler oui, le faire… difficile pour mon cerveau. Mais il m’arrive d’imaginer que ce n’est pas son sexe qui va et vient en moi, mais celui d’un inconnu, de rêver qu’un mec que je ne vois pas, que je ne connais pas non plus, me donne des ordres auxquels j’obéis aveuglément. C’est d’un côté extrêmement stressant et d’un autre ça décuple mes envies. Jean m’a mis ces pensées saugrenues dans la tête.


Un vrai travail de sape en quelque sorte. Il me rebat les oreilles de ses mots, je les entends évidemment, mais ils restent accrochés à mon esprit et reviennent tels des leitmotive récurrents. Ma résistance ne le désarme pas et lorsque nous faisons l’amour, il me vante les mérites de ces parties fines auxquelles il a sans doute déjà participé pour en savoir autant de détails. Je tiens bon, mais je ne suis pas absolument certaine de me cramponner à mes certitudes.


Il sait se montrer si persuasif. Je me sens folle de ce type et le suivrais au bout du monde, bien que là… il s’agisse de toute autre chose. Et nos retrouvailles charnelles se font, dans un climat extrêmement érotique, une charge émotionnelle intense. J’adore en un mot comme en mille, baiser avec cet homme qui sait si bien me faire grimper aux rideaux. Alors, il en joue et insiste sur les bienfaits de ce que je nomme « partouzes », bien qu’il s’en défende. Mais… c’est bien la peur qui m’empêche sans doute d’aller plus avant dans ce domaine.


— xxxXXxxx —


Lui et moi sommes au restaurant comme très souvent et nous discutons à bâtons rompus. Là encore avec circonspection, Jean axe la causette sur son sujet de prédilection. Je feins d’ignorer ses remarques de plus en plus précises, mais il remonte au créneau sans cesse. Et je finis toujours par répondre bien sûr.


— Tu n’es toujours pas d’accord pour une rencontre avec un de mes amis ?

— Ben… je suis satisfaite par ce que tu me donnes. Pourquoi aller chercher chez un autre ce qui, sans mentir, chez toi me satisfait pleinement ?

— Et mon plaisir ? Les miennes d’envies ? Tu ne veux donc pas les prendre en compte ?

— Je ne te suffis donc pas ? Plus ?

— Ça n’a rien à voir avec ce genre de choses. J’aimerais… je peux t’expliquer sans que tu t’énerves, ou que tu rues dans les brancards ?

— On papote gentiment là, non ? Pourquoi es-tu d’un coup si tendu ?

— Je ne suis pas tendu… comme tu dis. J’aimerais juste argumenter sur mes attentes, t’exposer mon point de vue. Tu es venue vers moi un jour au bureau, parce que sans doute qu’avec ton mari tu n’avais plus ce qui te faisait vibrer.

—… ? Tu penses vraiment que c’est parce que j’étais mal baisée chez moi, que je me suis jetée dans tes bras ? Tu t’entends parler là ?

— Oui… et j’en suis intimement convaincu. Si Daniel t’avait fait l’amour comme un Dieu, tu n’aurais jamais ressenti ce besoin de coucher ailleurs, et avec moi en particulier.

— Mon Dieu… ce Jean est dingue ! Il est devenu fou… Je l’ai fait parce que j’étais un peu amoureuse de toi aussi depuis… longtemps. Il n’y a pas à chercher midi à quatorze heures.

— Je t’ai donné le meilleur de moi, ne suis-je pas en droit de compter sur un retour de ta part ? Je veux dire sur un peu de…

— Un peu de quoi ? Je ne te refuse rien dans l’intimité… et parfois aussi ailleurs. On ne peut pas dire que notre bureau soit dans l’intimité… que je sache.

— J’en suis conscient. Mais c’est bien ce qui me fait dire que nous pourrions, nous devrions aller plus loin. Le danger, la peur comme tu dis d’être surpris en plein chantier… nous donnent des poussées d’adrénaline qui se transforment en jouissances monstrueuses. Tu en es si convaincue que nous continuons à faire cela sauvagement sur l’un ou l’autre de nos bureaux. Il serait plus simple d’attendre que nous soyons sortis du boulot, tu saisis bien là… ?

— Tu penses que j’ai vraiment besoin de me sentir… en danger pour donner le meilleur de moi ? Alors pourquoi un autre homme… ou qui que ce soit d’autre du reste ?

— Parce que le piment de la situation donnerait un ton nouveau à nos petites sauteries. Que d’autres pattes que les miennes te caressent, que ta bouche s’ouvre sur un sexe inconnu, tu ne peux pas savoir comme ça me tend pour de bon cette fois.

—… Me voir tripoter ou baiser par un autre type te fait bander ? Tu es pervers ma parole.

— Tout de suite les grands mots. Il faut une certaine dose de perversité pour se laisser prendre aussi alors que derrière la cloison se trouvent deux ou trois secrétaires qui doivent bien se douter que… tes gémissements ne proviennent pas forcément du fait que tu te pinces les doigts dans les tiroirs de ton burlingue. Tu as déjà senti les regards de Marjorie ou de Kathya, quand on sort de notre poste de travail ?

— Il y a une sacrée différence entre se savoir écoutée et être actrice d’un jeu dont je ne maitriserais rien. Qui te dit en plus que j’aimerais sentir des pattes sur moi, ou que je serais d’accord pour… faire une pipe à je ne sais qui ?

— Rien ni personne ne peut le savoir si tu ne veux pas seulement y réfléchir… C’est simplement un jeu.

— Ouais ? Dangereux non ? Imagine que j’y prenne gout et que je te jette après ça ?

— Un risque bien minime au regard de la jouissance retirée.

— Tu as déjà fait ce genre de… trucs, avec une autre ? Des autres peut-être ?

— Soyons honnêtes ! Je ne suis pas arrivé à bientôt cinquante ans sans un vécu d’homme. Mais il vaut mieux ne pas faire état de ce genre de petits travers…


Nous sommes interrompus par l’arrivée de la serveuse et de nos desserts. J’avale en silence les profiteroles qui sont alléchantes. Jean me sourit. Allez savoir pourquoi, j’imagine qu’il se moque et le stress engendré par notre dialogue me tend comme un arc.


— Quoi ? J’ai du chocolat sur le menton ?

— Non ! Pourquoi crois-tu cela ?

— Tu te fous de moi, je ne suis pas folle.

— Tu veux parler de mon sourire ? C’est que ta bouche et le chocolat… je songe à bien des possibilités. Rien de désobligeant dans ceci.

— Tu ne penses qu’à cela ma parole !

— Je te ferai humblement remarquer que c’est toi qui ne veux que le meilleur dans notre relation. Pas de vie commune ! C’est ton choix, pas le mien. J’ai toujours respecté ta vision des choses de la vie. Je te reconnais un bon point dans tout ceci… tu sais écouter jusqu’au bout, même si tu n’es pas de mon avis. Au moins me prêtes-tu toute ton attention et j’aime que tu connaisses mes envies, mes désirs.

—… nous sommes l’un en face de l’autre. Il me parait difficile de ne pas entendre tes propos.

— Que tu n’y adhères pas ne relève pas d’un vrai problème. J’aime que tu sois au courant et que tu ne dises pas non sans savoir.

— Où veux-tu en venir Jean ? Personne n’est forcé de faire comme son voisin, et mon corps m’appartient, quoique les autres en pensent. Je suis relativement libre de faire ce que je veux.

— Et si pour une fois tu faisais ce que moi, je réclame ? Une fois, juste pour voir… pour essayer et me rendre heureux.

— Tu ne l’es donc plus avec moi ? Je me doute que je ne suis pas la seule à t’exciter, mais tant que j’y trouve mon compte…

— Tu as raison. Laissons de côté ces paroles qui pourraient nous fâcher. Je ne veux pas te perdre.

— Moi non plus je ne veux pour rien au monde renoncer à notre belle entente. Mais ce que tu me demandes là… c’est… au-dessus de mes forces.

— Sans tenter le coup, tu n’as pas le droit de dire ça.

—… ?


Sa phrase m’arrive en pleine poire, pareille à une gifle. Après notre dinette, la soirée se prolonge chez Jean et c’est sur un horrible fauteuil « crapaud » trop bien nommé que je me retrouve, nue comme un ver, à recevoir ses hommages vibrants. Évidemment les préliminaires se trouvent légèrement écourtés par nos besoins respectifs de calmer nos ardeurs. Lorsque je quitte enfin le batracien de cuir noir, je suis repue, les cuisses dégoulinantes de la semence laissée par mon amant. Je ne rentre pas chez moi pour autant.


Dans sa chambre, sur sa couche où nous gisons depuis un moment déjà, force câlins ramènent nos deux corps à une frénésie plus feutrée. C’est dans des positions plus traditionnelles, plus académiques également que nous nous servons une seconde tournée d’un bonheur de bon aloi. J’adore lorsque notre petite affaire achevée, je pose ma tête sur son torse et que d’une main tendre il me masse nuque et cuir chevelu.


Une félicité gratuite qui permet de revivre dans nos têtes, le meilleur de ce qui vient de se passer. C’est aussi le moment où je commets ma première bourde, ivre de trop de sexe et d’amour.


— Tu aimes me prendre ?

— Oui… j’adore ça !

— Tu dis cela à toutes celles avec qui tu fais l’amour ? Tu me raconteras un jour comment c’est une partie libertine ?

— On dirait que ça t’intéresse soudain ? Tu aurais peut-être envie de le vivre ?

— Euh… non ! Juste savoir comment ça se passe. Pourquoi tu y prends tant de plaisir, parce que je présume que pour me tarabuster avec ce genre de truc, c’est que tu es accro… un peu, je me trompe ?


Il ne répond pas tout de suite et sa main glisse de ma nuque à mon dos. Je frissonne davantage. Il laisse d’un coup tomber un soupir agrémenté d’un seul mot.


— Dommage !

—… dommage de quoi ? Pourquoi refuses-tu de me raconter…

— Sans doute parce que mon ange, c’est indescriptible ! Ça se vit tout simplement, tout bêtement. Et le ressenti de chacun lui appartient. De plus c’est un monde empreint d’un respect des autres inaliénable.

— Donc si je comprends bien, je ne saurais rien de ce que tu fais dans ce genre de… soirées ?

— Tentes-en une et tu sauras…


Il me caresse le dos et mes frissons se déclinent en une monumentale chair de poule. Je ne réalise pas de suite que cette fois sa patte a de nouveau franchi la barrière de mes fesses. Il me tripote lentement la ligne qui fend en deux mon derrière. Et… je me pâme d’aise.


— Tu serais d’accord ?

—… pour quoi ?

— Une seule fois… juste une fois que je te regarde, que je t’entende crier sous les coups de boutoir d’un autre… que j’admire ton visage lorsque tu jouis…

— Mais il te suffit de me regarder quand nous faisons l’amour ! C’est la même chose, non ?

— Non Cécile ! Parce que lorsque tu jouis… et bien je partage cet état avec toi et je ne peux jamais te voir en transes…

—… je crois qu’il est temps de dormir, tu me fais dire des conneries.

— Dormir ? Regarde-moi ce truc… tu crois que je vais pouvoir pioncer avec ce machin tout raide ?

— Pff ! Tu es insatiable… mais bon, je te pardonne et veux bien te donner l’absolution !


Je le chevauche, bras tendus poussés en arrière. Mes yeux ne quittent pas les siens alors que j’ondule du bassin sur sa trique. Jean garde également les quinquets largement ouverts et nous nous abandons lentement à ce petit bonheur tranquille. Emportée par la vague qui nous submerge, je dois bien avouer que s’il a bien de nouveau craché en moi, je n’ai rien perçu des traits de son visage dans l’effort.


La réflexion est du coup plus simple. C’est vrai que prise par mon propre bonheur, je n’ai pas vu monter le sien. Est-ce une raison pour passer la barrière fatidique, le cap qui à mes yeux représente la frontière entre sexualité « normale » et début de perversité ? C’est bien ce à quoi je réfléchis, alors que nous sommes allongés côte à côte dans le noir, que je cherche à reprendre mes esprits après un joyeux déferlement de sensations magiques. Le sommeil me gagne alors que je suis lovée dans les bras protecteurs de Jean.


— xxxXXxxx —


À suivre…

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