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De vierge à soumise : l'année de mes dix-huit ans

Chapitre 8

… Et Bonne Année !

Hétéro

Chapitre huit : … Et Bonne Année !


Trente et un décembre. Enfin, cette année qui aura vu tant de changements dans ma vie prendra fin ce soir et avec elle, j’ai l’impression que s’achève aussi mon innocence. J’ai démarré l’année célibataire, vierge et encore guidée par mes valeurs, et je la termine en couple, avec en prime, une relation adultèrine incestueuse. Que demander de plus ?

Je n’ai rien dit à Léo, je n’ai pas pu. J’ai beau me dire que ce n’était qu’une seule fois, ma tromperie me hante encore et encore. Mais le pire dans tout ça, c’est que lorsque j’y repense, c’est le plaisir que j’y ai trouvé qui vient s’imposer à moi à chaque souvenir. J’ai tenté de retrouver cet état avec Léo mais rien à faire, c’est toujours aussi plat. Qu’est-ce que je dois faire ? Larguer Léo et continuer avec Arthur ? Arrêter avec Arthur et rester avec Léo ? Ou bien les quitter tous les deux ? Je suis complètement paumée.

J’ai besoin de me confier mais personne ne comprendrait. Arthur est mon frère, c’est bien plus que mal vu. Astrid et Aïssata me jugeraient certainement et elles auraient raison. Je suis complètement folle de coucher avec lui, encore plus d’aimer ça plus qu’avec mon petit-ami. Quant à Roman… Hors de question qu’il sache, je ne veux pas qu’il me regarde avec dégoût. Déjà qu’il est encore moins loquace depuis le soir de Noël...Oui oui, c’est possible. De quatre mots à la demi-heure, il est passé à deux. Bref, je suis bien dans la ...

Ce soir c’est la fête et tout le monde s’est donné rendez-vous chez Léo, dont les parents absents lui ont laissé la maison. J’ai passé ma journée d’hier avec lui à faire les courses et tout préparer, si bien que j’étais trop crevée pour rester ”m’amuser” avec lui. Dès que les filles passent me chercher, je me faufile dehors aussi vite que je peux. Je ne veux pas que mon frère me voit habillée comme ça. La robe que je porte est noire, assez courte et totalement dénudée dans le dos. Aïssata est magnifique vêtue d’une robe fourreau blanche et Astrid porte une combinaison très chic. L’expression se mettre sur son 31 prend tout son sens ce soir décidément !


-Wahou vous êtes superbes les filles ! M’exclamé-je en les embrassant devant l’entrée. On y va ? C’est moi qui conduis ce soir !

— Enfin plus obligée de marcher avec ces horribles chaussures ! se réjouit Astrid. Merci Papa Noël. Tu viens Aïssa ?

— Désolée les filles mais on se retrouve tout à l’heure, je vais y aller avec mon cavalier.

— Ton cavalier ?


C’est au moment où Arthur franchit le seuil de la porte que je comprends tout. Il a osé ? ! Pourquoi il l’a invitée ? Si c’est pour me rendre jalouse, c’est couru d’avance.


— Salut les filles ! Vous êtes super belles dites donc ! Je vais être le type le plus chanceux de la soirée en arrivant avec vous.

— Bon tu viens Astrid ? On se retrouve à la fête.


On peut dire que la soirée commence mal. Surtout que lorsqu’on arrive enfin chez Léo, ce dernier reste introuvable. Il y a vraiment beaucoup de monde, des tas de gens que je ne connais pas. Mais comment connaît-il tous ces gens ? Mon frère et Aïssata sont déjà sur la piste de danse à s’éclater. Les regarder m’énerve, ce qui n’échappe pas à Astrid.


— Ça te dérange qu’Aïssa sorte avec ton frère ?

— Non… C’est juste que je ne savais pas qu’ils se connaissaient.

— Tu connais Aïssata, elle ne fait ça que pour s’amuser. D’ici une semaine ils ne seront plus ensemble.

— Ouais… Bon faut que je trouve Léo, ça te dérange si je te laisse ? Tiens, je vois David et Thomas là-bas. D’ailleurs, toi et Thomas, vous…

— A tout à l’heure, fait-elle en prenant la fuite, comme pour esquiver le sujet.

Dans toute cette pagaille, je parviens enfin à trouver Léo qui, dès qu’il me voit, m’enlace et me roule une pelle monumentale.

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— Clem tu es sublime ! Tu m’as manqué hier soir ma puce. Ça va ? Il y a du monde hein ? C’est génial !

— Oui je m’attendais à ce qu’il y ait beaucoup moins de gens. Tu les connais d’où ?

— J’ai lancé des invitations sur les réseaux, ça a hyper bien fonctionné ! Chacun a ramené une bouteille ou un truc à bouffer. Allez viens danser ! Sauf si tu préfères qu’on s’isole un peu.

— Plus tard, on va déjà danser.


La fête bat son plein, tout le monde s’éclate. J’ai réussi à ignorer mon frère qui se pavane au bras d’Aïssata, s’amusant à l’embrasser dès qu’il est sûr que je regarde. C’est dingue ce qu’il est puéril ! Après avoir passé un temps fou à danser avec Léo, je pars à la recherche de quelque chose à boire de non alcoolisé. Rien sur le buffet, je suis obligée d’aller dans le cellier à côté de la cuisine, là où je sais que la famille de Léo y entrepose ses vivres. Sauf qu’en entrant dans la cuisine, je m’immobilise devant le spectacle qui s’offre à moi.


Aïssata est penchée sur la table, en train de sniffer un rail pendant que devant elle, Roman compte une liasse de billets. Mon meilleur ami range l’argent dès qu’il m’aperçoit mais c’est trop tard. Avant même que je ne dise quelque chose, il sort par la porte menant sur la terrasse et je me lance à sa poursuite.


— Non mais tu vas où comme ça ? M’insurgé-je. Roman arrête-toi !

— Ça ne te regarde pas Clem, dit-il en s’en allant.

Furieuse, je le rattrape par le bras et tire de toutes mes forces pour l’obliger à me faire face.


— Tu m’avais promis que tu ne baignais pas dans ce genre de merde , le sermonné-je sans aucune retenue

— Qu’est-ce que tu comprends pas dans ”ça ne te regarde pas” ? siffle-t-il d’un ton acéré.

— Tu revends de la saloperie à une amie alors oui, ça me regarde ! Espèce d’imbécile ! Tu te rends compte à quel point c’est dangereux ?

— Lâche-moi Clem, laisse-moi partir.

— Hors de question ! Pas tant que tu ne m’auras pas tout expliqué. Je te connais Roman, je sais que tu détestes cette dope autant que moi. Pourquoi tu fais ça ?

— Ça suffit maintenant. J’ai pas de compte à te rendre.

D’une prise rapide, souvenir de ses années d’Aïkido, il se débarrasse de ma main et vient empoigner mon bras avec force. Il me fait mal mais pendant une seconde, je ne dis rien, tentant par le regard de gagner un combat déjà perdu d’avance.


— Qu’est-ce qu’il se passe ici ? intervient la voix de Léo derrière moi.

— Rien du tout, dit Roman en desserrant sa prise.

— D’où tu poses tes mains sur ma copine comme ça ? s’emporte Léo avant même que je n’aie pu répondre.

— Léo, ça va. Ne…

— Je m’en allais de toute façon, conclut Roman d’un ton sec en me lâchant.


Tout va alors très vite. Dès qu’il lâche mon bras, Léo vient le pousser violemment et s’interpose entre nous, se montrant particulièrement hostile.


— Léo laisse-le, tenté-je de l’apaiser. C’est mon ami.

— Un ami ne t’empoigne pas comme ça.

— Mec, écoute un peu ta copine et va te calmer à l’intérieur avec les autres gamins, le provoque Roman.


Léo part au quart de tour. D’un coup, il lui assène une vigoureuse droite. Ce dernier l’esquive sans soucis, si bien que Léo enrage encore plus et se jette sur lui. J’ai beau crier, les deux refusent de se séparer. Je tente d’attraper le bras de Léo avant qu’il ne frappe Roman mais je me prends le coup qui lui était destiné en plein visage et m’écroule sur le sol. C’est alors que je vois Aïssata, Arthur et deux autres mecs débarquer. Pendant que les garçons s’occupent de séparer Léo et Roman, Aïssata, complètement perchée, s’allonge dans l’herbe humide à côté de moi et se met à chantonner un air d’un film de guerre assez connu.


— Tout va bien Clem ? S’inquiète mon frère qui m’aide à me relever.

— Ça va.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu peux marcher ?

— Oui...

— Clem ! Ma puce, tu vas bien ? Je suis désolé ! S’empresse de venir s’excuser Léo

— Je la ramène, s’impose Arthur. Occupe-toi plutôt de sa copine complètement pétée et la prochaine fois que tu fais une fête, essaie de mieux choisir tes invités, ça t’évitera ce genre de problème. Viens Clémence, on rentre.


Arthur me tire par le bras, loin de mon petit-ami qui s’agenouille auprès d’Aïssata. Cette dernière ne cesse de rire, d’une façon peu naturelle. Roman quant à lui, me jette un dernier regard avant de quitter les lieux. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il signifie tant ses yeux sont emplis de sentiments différents. Rage, déception, douleur, inquiétude… Tant d’émotions en si peu de secondes. Je n’ai qu’une envie, c’est de le rattraper. Mais Arthur m’oblige à rentrer.


— Non attends, je ne peux pas laisser mes amies ! Me rebellé-je. Lâche-moi Arthur. Tu ne peux pas me forcer à partir !

— Ah tu crois ça ?

Il me soulève sur son épaule et malgré mes vives tentatives de me dégager, il me fourre dans ma voiture sans que je ne puisse rien y faire et m’enferme. Complètement outrée, je le vois s’éloigner à nouveau vers la maison. Quand enfin il revint, j’ai eu à peine le temps de me calmer. Tout le long du chemin, je l’insulte de tous les noms possibles, déversant toute ma rage sur lui sans qu’il ne dise un seul mot en retour. Il est silencieux mais sa colère se lit sur les jointures blanchies de ses mains, crispées sur le volant.

Ce n’est qu’une fois à la maison que je cesse enfin de l’abreuver de toutes les injures imaginables. Je file jusqu’à ma chambre en faisant le plus de bruit possible, claque la porte violemment et la referme à clé.


— Clem ouvre !

— Pas question. De quel droit tu t’es permis de me ramener ici ?

— Bordel ton mec vient de te frapper, j’allais quand même pas te laisser passer la soirée avec lui.

— Tu sais très bien qu’il n’a pas fait exprès ! Ce coup ne m’était pas destiné.

— Je m’en cogne. Ce mec ne te mérite pas. Pourquoi tu restes avec ? Tu ne t’éclates même pas avec lui au lit ! Et tu as vu comme il a agressé Roman ?

— Roman n’est pas tout rose dans l’histoire. Il l’a provoqué. Et ce que je fais avec mon cul ne regarde que moi. Laisse-moi tranquille Arthur, tu as déjà bien assez gâché la fête comme ça.

— Si tu ne veux pas sortir, alors je vais défoncer cette porte.

— Ça va pas ? Maman va criser quand elle va voir ça.

— Alors ouvre-moi. Je sais que tu en as envie. J’ai besoin de toi s’il te plaît.


Par dépit, j’ouvre cette fichue porte et me retrouve face à un Arthur tremblant de rage et de désespoir. Son état me fait de la peine et je me radouci. Mais pourquoi mon rejet le met dans un état pareil ? Il se jette dans mes bras et m’enlace si fort qu’il me coupe presque la respiration. Mon cœur s’emballe quand sa main se glisse dans mes cheveux et les tire en arrière d’un coup sec.

Je me laisse complètement aller alors que ses lèvres viennent effleurer mon cou. Encore une fois, c’est mon corps qui prend le dessus et se laisse soumettre sans la moindre résistance. Pire, alors qu’Arthur me pousse sur le lit avec vigueur, mes cuisses s’écartent d’elles-même pour l’accueillir et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il y plonge, la tête la première. Impossible de résister à la douceur de sa langue qui s’immisce entre mes lèvres. J’en oublie tout de cette foutue soirée. Le scénario se répète à nouveau, encore une fois je mets de côté mes réserves et me laisse totalement guider par mes pulsions.

Arthur ne tarde pas à se dévêtir. J’attend sagement qu’il revienne mais il ne semble pas décidé. Je l’interroge du regard.


— Viens t’agenouiller contre le lit. J’ai bien envie d’une petite pipe.


J’exécute son ordre sans discuter. Son ton si autoritaire me donne des frissons. Sans vraiment pouvoir l’expliquer, chaque parcelle de ma peau désire plus que tout lui obéir, comme si être l’esclave de ses désirs décuplait les sensations. Je suis sa chose, complètement, inexorablement. Telle une poupée je m’installe, la tête posée sur le lit, tandis qu’il vient présenter son sexe devant mes lèvres.

Ma bouche sait ce qu’elle doit faire. Elle s’empare avec délice de cette verge fièrement dressée et la dévore comme il aime tant. Qu’est-ce que j’aime son goût ! Et sa façon de poser sa main sur ma tête pour m’indiquer la cadence me fait fondre… Au fur et à mesure, Arthur investit ma bouche de plus en plus fort et je me retrouve la nuque collée au matelas, pendant que lui fait aller et venir son sexe entre mes lèvres comme s’il était dans ma chatte. Sa main se crispe dans mes cheveux alors qu’il s’immobilise au plus profond de ma gorge, m’étouffant complètement. Cette délicieuse entrave, au lieu de m’indigner, me liquéfie sur place. Il reste immobile ce qui me semble être une éternité et quand enfin il me libère, la première bouffée d’air a une saveur nouvelle, plus suave.


— Retourne-toi, me commande-t-il. J’ai envie de voir ton joli petit cul s’agiter sur ma queue.


Je n’ai encore jamais essayé la levrette, le missionnaire étant une valeur sûre pour débuter. Je me place comme il le demande et pousse un petit cri de surprise quand il abat sa main sur la chair tendre de mes fesses. De ses deux mains, il écarte mes globes et les malaxe, passant son pouce sur ma vulve trempée. C’est si bon que je me cambre un peu plus et lui en profite pour revenir s’abreuver de ma cyprine. J’agrippe le drap de toutes mes forces pour contenir le plaisir, surtout lorsqu’il commence à m’explorer de ses doigts.


— Arthur… S’il te plaît...Viens…

— Petite impatiente, j’ai encore envie de te goûter un peu.

Le salaud me fait languir encore et retourne lècher mes lèvres si sensibles. Je ferme les yeux, essayant de résister à ce traitement si enivrant. Quand enfin il se décide à me prendre, j’ai l’impression de n’avoir jamais attendu quelque chose avec autant de ferveur. Sa verge coulisse lentement en moi tandis qu’il s’agrippe à mes hanches pour s’enfoncer plus loin.

Malgré mes gémissements de plus en plus sonores, je l’entends gronder son plaisir à chaque coup de reins qu’il m’assène. Savoir que je le rend fou est bien plus aphrodisiaque que n’importe quelle parole. Il n’a pas besoin de parler pour me faire comprendre qu’il aime ça : je le sens dans sa façon de m’empaler, par de longs mouvements lents et profonds, mais aussi par la force de sa poigne qui étreint mes hanches, si fort que j’en aurais sûrement des vestiges demain.

Arthur finit par relâcher sa prise et accélère le rythme tout en empoignant mes épaules. Bien arrimé, il se propulse en moi avec encore plus de fougue et me voilà presque incrustée dans le matelas à chacun de ses à-coups. Je n’en peux plus. Son gland frappe dans mon vagin à un rythme fou et déclenche une vague de chaleur, débarquant de nulle part, qui s’amplifie à chaque butée, jusqu’à atteindre son apogée.

Là, plus rien ne compte hormis le plaisir. Cette luxure qui s’empare de chaque centimètres de mon corps alors que mon esprit, lui, s’envole bien plus haut. Je n’entends plus rien même, même pas mes propres cris de jouissance qui entraînent la perte de contrôle de mon frère.


Ce dernier ne se retient plus et au moment de jouir, il sort de son fourreau, retire le préservatif et explose sur ma croupe en un long râle. Les grosses giclées s’abattent sur mon dos et mes fesses, tachant la robe qu’il n’a même pas pris le temps de m’enlever.


— Tu vois, je te l’avais dit, annonce Arthur, d’un ton impérieux. Entre nous c’est plus que du sexe, sinon pourquoi ce serait si bon ?

— Je ne sais pas. C’est vrai que c’était vraiment…. Mais on ne peut pas être ensemble. Tu sais bien que c’est interdit. Imagine ce que Man dirait si elle l’apprenait.

— Et si pour une fois, on arrêtait de discuter et qu’on profitait de la soirée. On verra ça demain. S’il te plaît, juste une nuit !

— D’accord, mais demain on arrête tout. Il faut absolument que j’aille parler à Léo. Je ne peux pas continuer comme ça. C’est déjà dur cette situation entre toi et moi je ne veux pas y ajouter la tromperie. Il y a trop de secrets.

— Comme tu veux. Tu prends la bonne décision, ce type n’est pas un mec pour toi. Bon, on va prendre une douche ?

— Tous les deux ?

— Si tu crois que j’en ai eu assez de toi, tu te trompes soeurette. Je compte bien encore profiter de ta si belle bouche et de ta douce petite chatte. La douche semble être l’endroit le plus approprié pour ce que j’ai prévu pour toi.

— Comment ça ?

— J’adore te voir couverte de mon sperme mais ce que j’aime par-dessus tout c’est de contempler tes beaux yeux quand je t’en mets plein le visage.

Inutile de préciser l’effet qu’ont ses mots sur moi. Je suis désarmée devant lui, que je le veuille ou non. Alors je le suis dans cette douche, où il se plaît à réaliser ses desseins. Alors je le suis dans cette douche, et je me laisse totalement emporter dans cette pure folie, peu importe les conséquences.


Après une nuit passée dans les bras de mon frère, la dure réalité revient s’imposer à moi dès que j’ouvre les yeux. Il est encore très tôt et Arthur dort encore. Je m’habille sans un bruit et quitte la maison le plus discrètement possible. Il fait très froid en ce premier matin de janvier, si froid que la vapeur que j’exhale se transforme immédiatement en fines gouttelettes. Je ne sais pas où je vais comme ça, j’ai tant de choses dans la tête ! Courir me fera du bien, je dois me vider l’esprit. Ça fait bien longtemps que je n’ai pas fait de footing. Avant de partir, j’envoie un SMS à Léo, l’informant que je passerai récupérer ma voiture bientôt.

La soirée d’hier a encore été une catastrophe. A croire qu’aucune d’entre elles ne se terminera normalement cette année. Je dois aller voir Léo et mettre fin à cette mascarade le plus vite possible, son comportement hier soir avec Roman était bien trop agressif et pour ce qui est du sexe... Mais comment trouver le courage ? Plus je cours, plus mes idées s’éclaircissent : Léo n’est pas fait pour moi. Il n’y a aucune alchimie entre nous. Il faut que je rompe.

Pourtant, alors que j’arrive enfin devant la bâtisse, essoufflée par ma course, je sens ma détermination faillir. Le beau Léo m’ouvre la porte avec un grand sourire et me serre dans ses bras.


— Je suis tellement désolé pour hier Clem , si tu savais ! Est-ce que ça va ? Tu as une marque ?

— Non, ne t’inquiète pas, tout va bien. Je suis venue aider à ranger et apparemment, il y a du boulot !

— On émergeait seulement. On comptait s’y mettre après le café. Tu en veux un ?

— Volontiers.


Je le suis jusqu’à la cuisine où Aïssata, Astrid et Thomas sont tous attablés devant une tasse de café fumant. À leurs visages livides et leurs cheveux ébouriffés, on voit tout de suite qu’ils ont tous une bonne gueule de bois. Seule Astrid semble assez fraîche mais elle semble absorbée par ses pensées.


— Alors qu’est-ce que j’ai loupé ?

— Tu veux dire après le coup de jalousie que nous a fait Léo ? se moque Aïssata, Oh pas grand chose…

— Tu parles ! Comment tu peux te souvenir ? T’étais déchirée, rit Thomas.

— Thomas a essayé de pécho Aïssa mais celle-ci lui a vomi dessus, m’informe Léo. David a fini à poil sur la piste de danse, après il s’est endormi comme une merde dans les toilettes. Du coup on l’a un peu...décoré. Je te montrerai les photos.

— Sinon, Chloé a débarqué avec sa bande juste après ton départ, commente Aïssa. Elle a bien essayé de donner son baiser de minuit à ton homme mais il l’a remballé en public, elle était verte !

— Et bien… J’aurais du rester finalement.

— Ton frangin n’a pas l’air commode. T’embarquer comme ça... D’ailleurs, tu lui diras que c’est avec sa cavalière qu’on est censé repartir, pas avec sa sœur, raille Thomas. Il est amoureux ou quoi ?

— T’es con, me défendis-je en sentant mes joues s’empourprer. Il a juste voulu faire son grand frère protecteur.

— En tout cas, il peut toujours courir pour que je lui redonne une autre chance… déclare Aïssata.

— Bon tu viens Léo, on va réveiller David, on vous laisse commencer à ranger les filles .

— Attends je veux voir sa tête quand il va voir ses nouveaux tatouages ! s’amuse Aïssata en les suivant.


Astrid est restée si silencieuse, ce qui n’est pas dans ses habitudes. J’ai bien vu que quelque chose n’allait pas, aussi, je tente de lui parler.


— Tu vas bien Astrid ?

— Oh oui, j’ai juste un peu trop bu hier soir. Je n’ai pas la descente d’Aïssa.

— Tu sais que tu peux me parler si tu as besoin ? On dirait vraiment que tu n’es pas bien. C’est à propos de Thomas ?

— Non non, ça va je t’assure. Il ne me plaisait pas de toute façon. Et toi alors ? Je sens comme un truc bizarre entre toi et Léo. Ça ne se passe pas si bien que ça ?

— Si, c’est juste niveau sexe que ça ne colle pas trop.

— C’est ton premier c’est normal, il faut du temps pour apprécier ça.

— Il n’y a pas que ça… Mais je ne veux pas t’embêter avec mes histoires.

— Comme tu veux. Bon on s’y met ? Je dois rentrer assez tôt. Chez moi le premier, on fait le tour des familles pour souhaiter la bonne année.

— Ma pauvre, et pas moyen d’y échapper j’imagine ?

— Aucun. Heureusement que ces périodes de fêtes s’achèvent enfin, je n’en peux plus…


Nous avons mis au moins quatre heures à tout remettre en ordre, les gens ont vraiment fait n’importe quoi. J’en ai complètement oublié pourquoi je suis venue et quand enfin ils repartent tous, Léo m’entraîne dans sa chambre. Allez, c’est le moment ou jamais !


— Je voulais encore m’excuser pour hier soir. J’ai un peu pété les plombs avec ce type.

— Il s’appelle Roman, et oui tu as carrément exagéré ! C’est mon meilleur ami.

— Tu es amie avec des dealers ?

— Il n’est pas comme tu le penses. C’est pas dans ses habitudes de faire ça, c’est pour ça que je me suis pris la tête avec lui. Tu n’avais pas besoin de le frapper.

— Je sais, mais quand je l’ai vu te toucher c’était viscéral, j’ai pas pu me contrôler. Avec ton frère aussi d’ailleurs. Heureusement que je me suis raisonné. Je suis trop jaloux je le sais, je vais faire des efforts.


Sa remarque me glace le sang. Et s’il découvrait pour Arthur et moi ? Ce serait une catastrophe ! Ce n’est peut-être pas le bon moment pour le larguer finalement … Il risquerait de se poser des questions. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ?


— Clem tu es sûre que tu ne m’en veux pas ?

— Mais oui, seulement la prochaine fois laisse-moi gérer à ma façon.

— Je ferai de mon mieux, je te le promets. Et si on s’allongeait un peu ? Tout ce rangement m’a éreinté et je ne dirai pas non à un petit câlin…

— Il faut que j’y aille, je n’ai pas encore vu ma mère et elle risque de me faire une crise.

— Je viens avec toi, ça me permettra de lui présenter mes vœux, dit-il en prenant son manteau. Laisse-moi juste le temps de me coiffer un coup avant de partir. J’ai pas envie de faire peur à ta mère.


A ce moment là,autre choix. je suis incapable de trouver une excuse pour qu’il ne m’accompagne pas. Ça va mettre Arthur en rogne de le voir. Alors qu’il s’absente quelques minutes, je laisse mon regard errer dans la pièce quand un éclat brillant attire mon attention. Je ramasse l’objet abandonné sur le sol et découvre qu’il s’agit d’une fine chaîne d’or avec un petit médaillon où sont gravées les lettres CB.

CB. Comme Chloé Basinni. Qu’est-ce que son collier fait ici, dans la chambre de Léo ? Se pourrait-il qu’il… Non. Ce n’est pas possible, je me fais des films. A tous les coups c’est un malentendu. Je le fourre discrètement dans ma poche quand Léo arrive enfin.


-On y va ?

— Écoute Léo, je suis vraiment crevée. Je pense que je vais rentrer toute seule si ça ne te dérange pas trop.

— C’est que... j’aurais pensé que pour commencer la nouvelle année en beauté, on aurait pu se rattraper.

— Je suis désolée mais je n’ai pas du tout la tête à ça aujourd’hui. Pardon…

— Bah tant pis, rumine-t-il en posant son manteau. C’est toi qui vois.

— Je t’appelle bientôt, promis.

— Ouais…


Il est en colère. Tant pis. Je ne me voyais absolument pas passer le reste de la journée avec lui. Mais c’est avec mauvaise conscience que je rentre chez moi, bien vite accueillie par ma mère, fraîche comme un gardon malgré sa soirée mouvementée. Elle a tellement de choses à me raconter qu’il est déjà tard lorsque je m’aperçois que j’ai oublié quelque chose.

Je voulais passer voir Roman au garage, histoire de lui remonter les bretelles. Son comportement me fait peur. Jamais il n’avait osé me parler ainsi avant. Je sais que j’avais dis que je le laisserai tranquille mais là, je ne peux pas rester sans rien dire. Je ne peux rien faire pour qu’il arrête son trafic mais je refuse qu’il vende cette saloperie à mes amies.

Il fait nuit dehors et particulièrement froid, alors je prends ma voiture. Une fois sur place, je passe par la porte de derrière, histoire de ne pas croiser son père. Le garage est vide, c’est étrange. Roman est toujours fourré ici pour bricoler sa moto ou des voitures, même les jours fériés. A peine fais-je demi-tour, une voix m’interpelle.


— J’y crois pas la petite Clémence !


De derrière l’atelier surgit une ombre qui me fait sursauter. Darkan Terzic, le père de Roman, s’approche de moi en titubant. Il est à quelques mètres de moi et pourtant, la puanteur de son haleine alcoolisée vient me chatouiller les narines.


— Monsieur Terzic… Je cherchais Roman.

— Ah mais pas de monsieur avec moi ! Je t’ai connue toute petite. D’ailleurs tu as bien grandi, tu es devenue une bien jolie jeune femme…

— Euh...merci. Il n’est pas là ?

— Non, je suis tout seul. Plus il est loin, mieux je me porte. Allez, viens au salon, je vais te servir un petit verre pour fêter la nouvelle année.

— Je pense que je vais y aller, désolée… Vous ne savez pas où je pourrais le trouver ?

— Il est sûrement chez sa copine. Une blonde avec un de ces cul ! Ah, pour ça il sait les choisir ses gonzesses. Tu es sûre que tu ne veux pas rester ?


Je ne suis même pas sûre d’avoir entendu la fin de sa phrase. Tout autour de moi s’est arrêté au moment où il a annoncé l’amère nouvelle. Roman a une copine. Une boule vient se loger dans ma gorge tandis que j’essaie de reprendre contenance. Quel vilain poison que la jalousie ! Il me paralyse tellement que ce n’est que lorsque je sens la main de Terzic se poser sur mon épaule que je réagis enfin.


— Allez, viens ma belle, ne te fais pas prier. J’ai une bouteille de Rakija, venue du pays, tu m’en diras des nouvelles.

— Non merci je…

— Qu’est-ce que tu fous Darkan ? Lâche cette fille tout de suite ! tonne la voix caverneuse de Roman

— Ah le fils prodigue ! Ironise Darkan en laissant sciemment sa main sur mon épaule. Je ne fais que proposer à boire à ton amie.


En quelques enjambées, le voilà près de nous, s’interposant entre son père et moi. Ce dernier tente de rester fier, mais la crainte se lit dans son regard et il recule en levant les mains, en signe de reddition.


— C’est bon, je te la laisse… D’ailleurs je suis déçu que tu ne te la sois pas tapé depuis le temps ! Elle a chopé des belles hanches et une sacrée paire de…

— Dégage !


Je n’ose rien dire tant Roman semble furieux. J’en ai presque oublié pourquoi j’étais là. La seule information qui tourne en boucle dans ma tête, c’est l’existence de la copine de Roman. Je savais pourtant qu’il ne restait pas en ermite dans son garage en permanence. Lui aussi a le droit d’avoir une vie sexuelle et sentimentale… Mais putain ce que ça fait mal !


— Clémence est-ce-que ça va ? m’interroge-t-il une fois son père parti. Est-ce qu’il t’a ...

— Ça va, il n’a rien fait. J’allais partir avant que tu n’arrives.

— Ce mec fout toujours la merde. Reste loin de lui autant que possible.

— De toi aussi alors, rétorqué-je sèchement.

— Quoi ? Comment ça de moi ? s’étonne-t-il

— Arrêtes de me prendre pour une conne Roman. Il n’y a pas que ton père qui fout la merde et tu sais très bien de quoi je parle.

— Je t’ai dis que je ne voulais pas t’en parler. Moins t’en sais, plus tu es en sécurité.

— Alors ne viens pas vendre tes saloperies à mes amies ! Déjà que tu es incapable de me dire la vérité !

— Putain t’es une vraie chieuse Clémence ! S’emporte-t-il. Tu sais très bien ce que je fais. Je rembourse les dettes de mon père. Après j’en aurais fini avec tout ça. C’est bon, t’es contente ?

— Contente ? Tu te mets en danger pour un connard et je devrais être contente ? Il est hors de question que je cautionne ça.

— Et qu’est-ce que tu comptes faire ?

— Me tenir éloignée de toi. Si tu n’arrêtes pas ce trafic, tu n’as plus qu’à tirer un trait sur notre amitié.


Son visage pâlit et dans son regard brûle une profonde déception. Je sais que j’ai lancé cet ultimatum sur le coup de la colère mais il m’est impossible de réagir autrement. Son regard se durcit et il prononce les mots que je ne voulais surtout pas entendre, ceux qui scelleront cette si vieille amitié.


— Tu as raison, mieux vaut que tu restes loin. Au revoir Clémence. Bonne année, conclut-il en se retournant.

Je digère la nouvelle pendant quelques instants et quand enfin, je réalise ce qu’il vient de se passer, c’est avec dépit que je tourne les talons pour quitter la pièce. Avant de sortir, je lui lance une dernière remarque, emplie d’amertume :


— Je pensais vraiment que notre amitié comptait plus à tes yeux que l’homme qui se prétend être ton père. Je me suis trompée visiblement.

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