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World of Domination

Chapitre 8

Le mode d'emploi d'un Tamagotchi

Divers

Après des explications bien trop longues de la part du FreeBodyCare concernant les consignes d’utilisations ainsi que les risques encourus, Mégane se retrouva propulsée dans le monde virtuel. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la première chose qu’elle aperçut fut le cadavre du chapardeur de peaux.


Ce n’est que la maman, songea-t-elle douloureusement. Faites que le petit soit toujours en vie !


Où était Raymond ? S’était-il débarrassé du bébé sitôt Mégane déconnectée ? Elle essaya tant bien que mal de rassembler ses pensées mais la panique menaçait de la submerger d’un instant à l’autre. 


-Que ferait papa ? Réfléchis, ma petite Megg, que ferait papa ? Il trouverait un moyen de savoir où se trouve Raymond. Mais comment ? 


Ses yeux balayèrent les environs avant de s’arrêter sur une brassée d’herbes écrasée. Pister ! Voilà ce que ferait son père. Elle l’examina de plus près : il n’y avait pas de trace de pieds humains, néanmoins, la touffe en faisait la taille. Bien qu’elle ne connaisse pas les créatures peuplant ce monde, Mégane se dit que le joueur devait avoir pris cette direction. Cet indice était le seul qu’elle possédait et, après avoir concerté sa carte, elle fut persuadée qu’il s’agissait de Raymond : les traces se dirigeaient plein ouest, vers le lac en feu


D’une petite foulée, elle s’élança à sa poursuite.


Elle s’arrêtait par moment afin de vérifier si Raymond n’avait pas subitement changé de direction mais parvenait chaque fois à repérer de nouvelles traces. Sa course l’entraîna à travers plusieurs bosquets avant de finalement parvenir au lac. 


L’acidité du lac en feu avait brûlé la berge jusqu’à la noircir entièrement. De nombreux troncs d’arbres gisaient sur le côté, morts depuis longtemps. C’était un paysage triste qui rappelait que, même dans un jeux vidéo, l’humain laissait une empreinte. 


-Tiens, en parlant d’empreintes, murmura la jeune fille, les tiennes sont très visibles, Raymond.


Au vue des traces de pas enfoncées dans la mousse noirâtre, il était évident que le jeune homme avait longé le lac. Sans perdre de temps, Mégane s’élança à sa poursuite. La piste la mena droit sur une petite bicoque qui ne payait pas de mine, en bordure d’eau. Tout en bois pourris, parsemée de trous, elle semblait à l’abandon.


Mégane poussa la porte ce qui fit sursauter son occupant.


-Toi ! s’écria Raymond, la surprise marquant ses traits. Megg, tu m’as foutu les boules ! Qu’est-ce que tu fabriques-là ?

-Où est le petit ? Raymond, dis-moi que tu ne lui a pas fait de mal.

-Woo, woo du calme, rouquine. C’est pour lui que tu te mets dans tous tes états ? Je l’ai jeté dans le lac.


Mégane sentit le sang quitté son visage.


-Tu as quoi ?

-Je rigole, Megg. Il est ici, regarde.


L’archer souleva sa tunique de cuir pour révéler contre son ventre le petit chapardeur qui dormait paisiblement. La jeune fille faillit en pleurer de joie ... En fait, c’est exactement ce qu’elle fit.


-Hey, Megg, ne pleure pas, enfin. 


C’était plus fort qu’elle. Ramassée sur elle-même dans un coin de la cabane, elle laissa s’écouler tout la panique de la dernière demi-heure.


-Tu me fends le cœur, Megg. Tiens, prends-le. Je pense qu’il sera plus doué que moi pour te consoler.


Il déposa la fragile créature sur les genoux de la tout aussi fragile jeune fille. Elle se trouva face à une grande pair d’yeux noirs qui la dévisagea intensément. Un sourire germa sur ses lèvres comme le soleil perce à travers de lourds nuages de pluie.


-Eh bien voilà qui est mieux ! s’égaya l’archer. Mais enfin, Megg, je t’ai dis que je prenais soins du bébé jusqu’à ce que tu te reconnectes.

-Quoi ? Mais tu ne m’as jamais dis ça.

-Bien sûr que si, je t’ai envoyé un message.

-Un message ?

-Tu as ouvert ton tableau de bord, au moins ?

-Pas dans la vraie vie, non, lâcha-t-elle, mi-figue, mi-raisin.

-Tu n’as pas téléchargé l’application World of Domination messanger ? Elle permet de communiquer avec ta guilde ou tes amis du jeux dans le vrai monde.

-Oh ...


Raymond éclata de rire devant l’expression penaude de son amie.


-J’oublie tout le temps que tu débutes ! En même temps, tu as beau poser tout plein de questions, tu parais à ta place, ici. 

-Vraiment ?

-Bien sûr. Je pense que ça vient de ta façon de te déplacer ; on dirait que tu sais où tu mets les pieds.

-Bah, sache que je n’en ai pas la moindre idée.


Mégane avait recueilli le chapardeur dans sa paume et, de l’index, brossait sa fourrure entre les oreilles. Il semblait apprécier ce traitement car il fermait les yeux d’aise, se laissant bercer d’avant en arrière au gré des caresses.


Elle se rendit compte que la première impression qu’elle avait eu du petit être était assez proche de la réalité. Il ressemblait vraiment à une boule de poils. C’était comme si quelqu’un avait gonflé un crapaud afin de lui donner la forme d’un ballon de baudruche pour ensuite l’enduire de colle et le plongé dans un bac à fourrure. Le tout en miniature, bien entendu.


-Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas, avoua Raymond. Si tu n’as pas vu mon message, comment tu as su que j’étais ici ?

-Mh ? Ah, je t’ai pisté, répliqua-t-elle distraitement.

-Tu m’as quoi ?

-Pisté. C’est quand on suit les traces de ...

-Oui, merci je sais ce que pister signifie. Quel sort as-tu utilisé ? 

-Un sort ? Pour quoi faire ?

-Ben, pour me pister.

-Heu ... aucun. Il existe des sorts pour pister les gens ?

-Tu sais faire ça sans te servir de pouvoirs ? 


Elle haussa les épaules, l’air de dire : « C’est pas bien compliqué, hein ».


-En toute honnêteté, je ne connais personne capable d’une telle prouesse sans se servir d’un pouvoir de flair augmenté, de vision perçante ou encore de radar à balayage magique.

-C’est mon père qui m’a appris, dit-elle en guise de justification. 


Raymond considéra longuement la jeune fille avant de secouer la tête avec incompréhension. Il jouait depuis un moment déjà mais il n’avais encore jamais rencontré quelqu’un comme Mégane. 


-Où sommes-nous, en fait ?

-Oh, ça ? Tu te rappelles l’histoire de Mara ?

-Comment l’oublier, murmura Mégane.

-Eh bien, c’est ici qu’elle habitait.


Elle parcourut la maisonnette d’un œil neuf. Il était évident que plus personne ne vivait ici depuis longtemps pourtant, on sentait que quelqu’un y avait laissé sa marque, comme une fragrance dans l’air après le départ d’un amant. Les décombres d’un lit gisaient dans un coin, un vieux coffre était adossé au mur, des cendres humides reposaient sous une cheminée en ruine. Elle baissa les yeux, mal à l’aise.


-Je vais passer un appel, lâcha Raymond en sortant. 


Accaparée par le chapardeur, c’est à peine si la jeune fille s’en rendit compte. le petit s’était assoupi en se servant du pouce de la jeune fille en guise de coussin. Elle plaça sa main par-dessus lui afin de créer un cocon de chaleur et le regarda dormir. Pas un seul instant, elle ne songea qu’il était un code informatique généré par un ordinateur surpuissant. 


Elle faillit sursauter lorsque son compagnon fit irruption dans la pièce quelques minutes plus tard.


-Bon, Megg, j’ai une bonne nouvelle pour toi ! 

-Shht, tu vas le réveiller.

-Oh, pardon. J’ai une bonne nouvelle pour toi, répéta-t-il plus doucement.

-C’est quoi ?

-T’es prête ?

-Vas-y.

-Dis-moi d’abord si t’es prête.

-Je suis prête, fit-elle en levant les yeux au ciel.

-Non, t’es pas prête.

-Mais si !

-Je le vois à ta tête ; t’es pas prête.

-Bon, Raymond, crache le morceau !


Il laissa s’écouler une poignée de secondes, un sourire mystérieux plaqué sur les lèvres. Son air ravi s’accentua devant le regard impatient de la jeune fille.


-J’ai l’honneur et le privilège de t’inviter dans notre guilde, les enragés !


Trop choquée pour réagir, tout ce qu’elle trouva à dire fut : 


-Bah pourquoi ?

-Pourquoi ? Eh bien, heu ... tu as des compétences qui pourraient nous être utiles.

-Oh ...


Il sourit face à l’air perdu de la débutante avant d’ouvrir son tableau de bord.


-Voilà, je t’ai envoyé l’invitation, tu n’as plus qu’à l’accepter. J’ai longtemps hésité avant de t’inviter, tu sais. Je n’arrivais pas à dire si tu nous serais vraiment utile mais, en fin de compte, je pense que tu es pleine de surprise. J’en ai parlé à mon chef de guilde, il m’a dit qu’il me faisait confiance donc j’espère que tu seras à la hauteur de ...

-Je regrette, Raymond, mais je préfère décliner ton offre.

-Tu quoi ?

-Je ne souhaite pas faire partie de ta guilde, dit-elle doucement. 

-Mais enfin, Megg, tu ne peux pas survivre dans World of Domination sans guilde.

-Je m’en suis très bien sortie jusqu’ici.

-Ça, je ne peux que te l’accorder. Mais t’inquiète pas que ça va être de plus en plus dur ! Il faut que tu acceptes, Megg.


Elle détourna la tête, incapable d’affronter le regard meurtri de son ami. Ses yeux se posèrent sur l’ancien lit de Mara, cette PNJ à l’histoire horrible tournée en dérision. Sa conviction s’en trouva renforcée.


-Je suis désolée.

-Pas autant que moi.


L’archer remit son arc en bandoulière.


-Tu pars ? s’enquit tristement Mégane.

-Je n’ai rien à faire ici. Tout ce que je voulais, c’était t’accompagner dans t’es débuts mais il semblerait que tu n’aies besoin d’aucune aide. Salut, Megg.

-Attends, Raymond.


Il se figea, la main sur la poignée de la porte.


-Pourquoi ... pourquoi tu ne l’as pas tué ?


Comprenant qu’elle parlait du chapardeur, il coula un regard en direction de la boule de poils endormie avant d’articuler :


-Honnêtement, j’en n’ai pas la moindre putain d’idée.


Et il partit.


Elle passa un long moment à se demander si elle avait fait le bon choix. Bien qu’elle n’ait pas voulu blesser l’archer, elle ne pouvait pas pour autant lui dire "oui" pour ses beaux yeux. Elle se remémora la façon dont il avait traité le tavernier, ou quand il avait raconté son histoire sur Mara. Mais elle ne pouvait pas non plus oublié qu’il avait gardé le petit chapardeur pour elle. Deux voix débattaient dans sa tête et, aussi frustrant que cela puisse être, aucune ne sortait vainqueur. 


Elle se laissa aller contre les planches du mur en soupirant.


-Il semblerait qu’il n’y plus que nous deux, à présent.


Au son de sa voix, la créature ouvrit des yeux ensommeillés. 


-Salut, toi. Bien dormi ?


Pour toute réponse, le chapardeur ouvrit une bouche démesurée de laquelle jaillit un long piaillement.


-Piiah piiah piiah !

-Houla heu ... qu’est-ce que ... tu as faim, peut-être ? Je ... je n’ai rien pour toi. Enfin, rien que tu puisses avaler. D’ailleurs, je ne sais même pas ce que tu manges. Shhht, calme-toi. Du lait, peut-être ? Ou bien ... heu ... des plantes ? Tes carnivores ou herbivore, en fait ? 


Comme le petit paraissait affamé, Mégane décida d’appeler à l’aide. Elle voulut saisir la figurine de Paragon mais changea rapidement d’avis : elle voyait mal l’implacable guerrier la secourir dans une situations aussi délicate.


-Par le Héros quantique, qu’est-ce que c’est encore que ces simagrées ? jura Elias lorsque Mégane l’invoqua.

-Oh, Roi croqueur, tu tombes bien, j’avais justement besoin de ton aide.

-Megg, quel immense plaisir de revoir ton doux visage. C’est avec une incommensurable joie que je ... mais y va la fermer, oui ? Megg, veux-tu bien me dire ce que fait ce chapardeur de peaux ici ?

-Justement, c’est pour lui que j’ai besoin de ton aide.

-Ah bon ? répliqua-t-il en affichant un sourire satisfait. Comme ça tu as besoin de moi ? Tu entends, Sénéchal, notre amie commune requiert notre aide. Pourtant je ne vois aucune scène pour ce concours d’éloquence sarcastique dont tu me faisais part. Ou serait-ce dehors ? Nous nous trouvons très probablement dans les coulisses, n’est-ce pas ?

-Roi croqueur.

-Attends, ma chère, laisse-moi m’échauffer encore un peu. Qui diantre oserait penser que ... enfin, comment pourrait on croire que ... heu ... bon, je n’ai plus rien, tout compte fait. Tu désires donc mon aide ?


Les yeux de Mégane roulèrent dans leur orbite ; elle regrettait déjà d’avoir fait appel à lui. Tandis qu’Elias déblatérait, son croqueur s’était approché du petit chapardeur vagissant. Les bras dans le dos, il le considéra avec curiosité.


-Heu ... Roi croqueur ? Il ne va pas lui faire de mal, n’est-ce pas ?

-Sénéchal ? Eh bien, disons qu’il possède un régime très viandeux, si je puis m’exprimer ainsi. (Voyant que Mégane éloignait le chapardeur dans un réflexe protecteur, il ajouta :) cependant, il te voue, comme moi, un profond respect. Pas vrai, Sénéchal ?


Le concerné tourna un regard dénué de cruauté vers la jeune fille avant de reporter son attention sur le bruyant animal (celui-ci étant le chapardeur et non Elias).


-Voilà, tu vois, nul besoin de s’inquiéter, sourit le Roi croqueur.

-Mouais, si tu le dis.

-Bon, alors, quel est le problème ?

-Tu ne l’entends pas ? ironisa la jeune fille. Moi je trouve qu’il le crie assez fort.

-Oh ça, c’est probablement qu’il a faim.

-Bien vu, Einstein. Mais qu’est-ce que ça mange ?

-À cet âge-là, du lait très certainement.

-Et où je peux trouver ça ?

-À ton avis ?

-Je n’en sais foutre rien, Roi croqueur. Si je connaissais la réponse, je ne t’aurais pas poser la question.

-Megg, je sais que ce n’est pas évident mais je vais te demander d’activer ce que nous autres appelons cervelle. C’est un organe vraiment pratique une fois qu’on commence à s’en servir, tu devrais essayer. Il permet tout un tas de ...

-Abrège ! Il y a un bébé chapardeur qui me hurle dans les oreilles, je n’ai vraiment pas le patience de supporter tes sarcasmes.

-Par le Héros quantique, Megg, lance un sort de récupération sur tes mamelles.

-Tu veux que je fasse quoi ??

-Bon sang mais c’est pas vrai. Qui m’a fourré une empotée pareille dans les pattes ? Si tu lances un sort de récupération sur tes mamelles, tu ...

-Mes seins ?

-Ce sont des synonymes, Megg ; il est temps de suivre un peu ! Je disais, si tu lances un sort de récupération sur tes mamelles, tu vas réinitialiser leur fonction. Tu sais c’est quoi la fonction première des mamelles, Megg ?

-Ne prend pas cet air supérieur avec moi, Roi croqueur. Et d’abord, qu’est-ce que c’est, un sort de récupération ?

-Qu’est-ce que c’est ?? Comment veux-tu que je ne prenne pas un air supérieur quand tu me sors des monstruosités pareilles ? Qu’est-ce que c’est un sort de récupération ? Tu es sérieuse, Megg ?

-Très sérieuse ! Tellement sérieuse que je suis à deux doigts de t’invoquer dans le lac ultra-acide qui se situe à 10 mètres de cette cabane. Qu’est-ce que c’est qu’un putain de sort de récupération, Elias le Roi croqueur ??!

-Hum ... il est vraiment acide le ... heu ... le lac ?

-Suffisamment pour te faire fondre comme neige au soleil.

-Ah bon, c’est ça ... Voilà, voilà. Heu ... quelle était la question déjà, ma douce ?

-Qu’est-ce qu’un sort de récupération ?

-Aah oui, excellente question ! Tu vas voir la réponse est passionnante : un sort de récupération est un pouvoir qui permet de rendre son état d’origine à l’objet ciblé.

-Mais pourquoi tu veux que je fasse ça sur mes seins ?

-Sur tes mamelles ? 

-Non, j’ai dit mes seins.

-Mais ... heu ... comme je l’ai déjà expliqué, ces sont des syno ...

-Pourquoi tu veux que je fasse un sort de récupération sur mes seins, Elias ?

-Pardon, pardon ! Eh bien, pour activer leur fonction première qui est de créer du lait.

-Tu veux que j’allaite ce petit chapardeur ??

-Tu préfères que je le fasse, peut-être ?


Mégane lui jeta un regard d’avertissement. Il leva les mains en guise d’excuse :


-Pardon, ça m’a échappé. Donc, oui, le mieux serait de l’allaiter par toi-même.


Ils baissèrent tous deux leur regard sur la créature qui n’avait cesser de beugler. La jeune fille haussa les épaules :


-Très bien. Comment fait-on ?

-Plaît-il ?

-Pour le sort de récupération.


Elias lança un regard interloqué à son croqueur ; il semblait que même Sénéchal prenait Mégane pour une demeurée, malgré le respect qu’il lui vouait.


-Eh bien, tu lances un sort de récupération mais tu vises tes mame ... tes seins.

-Elias on va pas y passer la journée ! Comment lance-t-on un sort de récupération ??

-Mais avec la méditation, voyons !

-La méditation ? Oh, je vois ... et c’est tout ?

-Il faut viser ...

-Mes seins, oui, ça je pense l’avoir saisi. 

-Bah oui, bien sûr, tu avais tout compris depuis le début. En fait, tu voulais juste me faire répéter.


Mégane le foudroya des yeux avant de croiser ses jambes et de poser ses mains croisées sur son giron. Son dos était bien droit et sa tête légèrement inclinée vers l’avant. Son père lui avait montré plusieurs positions mais c’est celle-là qu’elle préférait.


-Donc j’imagine qu’au lieu de me concentrer sur ma respiration, je pense à mes seins, c’est ça ?

-Eh bah voilà, les connexions se font.

-Tu peux t’occuper du chapardeur le temps que je lance ce foutu sort ?


Elias accepta et s’éloigna avec l’animal affamé pour laisser à la jeune fille le calme que requérait un tel sortilège.


La méditation était une habitude que son père lui avait inculqué très tôt. Durant leurs nombreux voyages, ils effectuaient des séances de recueillement au moins une fois par jour. Si elle avait éprouvé quelques difficultés au commencement, elle était à présent capable de conserver sa concentration sur de longues périodes. Cependant, ce fut une première pour elle d’ajouter à cette pratique la visualisation de ses seins et, bien qu’elle trouva cela d’un singularité étonnante, elle s’y adapta en un rien de temps.


Nouveau pouvoir : récupération mammaire


Surprise, elle ouvrit les yeux. Ça ne faisait que deux minutes qu’elle était plongée dans sa méditation, était-ce possible que le sort ait déjà été lancé ? En observant sa poitrine, elle constata que, effectivement, elle avait gagné un bonnet, peut-être même plus. Après avoir fait apparaître son tableau de bord, elle vit que la section « Pouvoirs » était en surbrillance. Récupération mammaire se trouvait être le seul pouvoir de la liste ; il était dans la partie « soins » qui se trouvait être également la seule section de son répertoire. 


-Ah, je me doutais bien que tu n’y arriverais pas, soupira Elias lorsque Mégane sortit. Il va falloir t’entraîner sinon je ne sais pas comment nous allons nourrir ce petit bout de chou.


Sans rien dire, la jeune fille récupéra le chapardeur, s’asseya, ouvrit sa tunique et lui tendit un sein. Sous les yeux médusés du Roi croqueur, le petit être se mit à téter goulûment. Mégane sentit un fourmillement dans la poitrine suivie d’une démangeaison qui s’estompa au fur et à mesure des déglutitions du petit être. Après plusieurs secondes de ce traitement, une douce chaleur l’envahit, la détendant progressivement.


-Co ... comment tu ... ?

-Bah quoi ? C’est pas ce qu’il fallait faire ?

-Si, si mais ...

-Mais quoi ?

-Mais comment tu as fait ?

-J’ai lancé un sort de récupération sur mes seins, c’est toi qui m’a dit de faire ça.

-Je sais très bien ce que j’ai dit ! s’énerva Elias. Mais comment l’as-tu lancé aussi rapidement ?

-Ah ça ? Heu ... je me suis concentrée.


Le Roi croqueur dévisagea la jeune fille avant d’exploser de rire. Il se mit même à taper sur la cabane du plat de la main tant l’hilarité le prenait.


-Oh, j’y ai cru, tu sais ! J’y ai vraiment cru !

-Qu’est-ce qu’il me chante encore, cet oiseau-là ?

-Oh Megg, je pensais sincèrement que tu ne connaissais pas ce sort. C’est vrai que je ne t’ai jamais considéré comme quelqu’un de brillant mais de là à ne pas savoir comment effectuer un sort de récupération ! Très drôle, Megg. Très, très drôle ! Tu m’as bien eu.


Mégane lorgna stupidement le curieux personnage qu’était Elias le Roi croqueur puis, décida de ne pas le démentir. Pour une fois qu’il la prenait un minimum au sérieux, autant le laisser croire ce qu’il souhaitait. Elle reporta son attention sur le chapardeur. Aussi irritant qu’Elias puisse être, il avait vu juste : allaiter la petite créature semblait être une bonne solution.


Des bulles de lait naissaient aux coins de ses babines tandis qu’elle aspirait le lait de Mégane. C’est en l’observant maternellement de la sorte qu’elle se rendit compte qu’elle allaitait pour la première fois de sa vie. Quelle expérience ! Une chanson lui vint à l’esprit ; c’est tout naturellement qu’elle la fredonna distraitement :


-Quand Margaux dégrafait son corsage pour donner la gou-goutte à son chat ...

-Est-tu une mage-sicienne ? l’interrompit Elias.

-Heu ... non.

-Ah bon.


Poser la question de ce qu’était une mage-sicienne ne l’effleura même pas tant il était dur d’extraire des réponses de la caboche du Roi croqueur. Elle opta donc pour une interrogation plus personnelle :


-Est-ce que tu t’y es pris de la même façon avec Sénéchal ? s’enquit-elle. 

-Mais oui, bien sûr. J’ai changé de sexe, je me suis fait pousser des seins et je l’ai allaiter.

-Vraiment ?

-Non, Megg, c’était ironique.

-Oh. Mais comment alors ?

-Les croqueurs naissent directement avec des dents ; ils mangent de la viande dès le premier jour.

-Ça a dû être plus facile pour toi, dans ce cas.

-Quand Sénéchal ne faisait pas la différence entre les bouts de gras que je lui tendais et mes doigts, laisse-moi te dire que ce n’était pas les meilleurs moments de ma vie.


Mégane jeta un coup d’œil au croqueur qui ne l’avait pas lâché des yeux depuis qu’elle nourrissait le bébé chapardeur. Elle le vit passer une langue sur ses larges babines ce qui la fit frissonner. 


-On dirait qu’il a faim, lui aussi. 

-Oh, tu sais, ça fait longtemps qu’il se nourrit tout seul. Quand j’étais en prison, il a appris à s’occuper de lui-même tout en prenant soin de moi.


Les yeux normalement perçants du Roi croqueur s’attendrirent lorsqu’ils se posèrent sur son familier. Un puissant lien unissait ces deux-là ; Mégane ne put s’empêcher de songer qu’Elias était une créature possédant une personnalité des plus complexes. 


Dire que c’est un PNJ, songea-t-elle.


La suite de la rengaine flotta dans sa mémoire quand elle vit les deux compères la lorgner rêveusement.


... tous les gars, tous les gars du village

étaient là làlàlà là làlà là,

étaient là làlàlà là làlà là ...


-Comment comptes-tu le nommer ? demanda-t-il.

-Je n’y ai pas encore pensé, admit-elle en lorgnant l’adorable créature qui tétait son sein. Oh, je sais ! Tamagotchi, c’est un jeux auquel mon père jouait quand il était jeune.

-Jamais entendu parlé ... Mais dis-moi, Megg, pourquoi avoir choisi un chapardeur de peaux comme compagnon ? Ces créatures sont loin d’être d’une quelconque efficacité ici-bas. Trop peureuse. 

-Je ne l’ai pas choisi ; j’ai tué sa mère, le laissant orphelin.

-Oh je vois, c’est par pitié que tu t’occupes de lui. Ou plutôt, par remord. 

-Sans cette pitié, comme tu dis, tu croupirais toujours dans ton trou à croqueurs, alors ne prends pas ce ton condescendant avec moi, Elias.

-Certes ... heu ... tes paroles sont d’or ... hum ... douce Megg.


Elle leva les yeux au ciel. Malgré son attitude changeante, elle commençait à apprécier ce personnage tantôt acerbe, tantôt mielleux. 


Tamagotchi ouvrit la gueule en un long bâillement, repu. Ses yeux papillonnèrent et il s’assoupit contre le sein de celle qu’il considérait à présent comme sa maman. Mégane le regarda dormir, le cœur débordant de tendresse.


-Il a beau être complètement inutile, lâcha Elias, il faut avouer qu’il est mignon. Hein que tu es mignon, Tagamoshy.

-C’est Ta-ma-go-tchi, le reprit-elle en le fusillant du regard. Et il n’est pas inutile.

-Si tu le dis.


En levant les yeux, Mégane constata que la position d’Elias était en tout point semblable à celle de son familier : légèrement penché en avant avec les bras dans le dos. Elle se demanda lequel des deux avait déteint sur l’autre avant de constater que l’attention d’Elias restaient fixés, non sur le chapardeur, mais sur son décolleté. Elle sourit malgré elle.


-Tu veux goûter ?


La mâchoire du Roi croqueur parut se décrocher. Il tourna la tête de droite à gauche, puis afficha une mine encore plus surprise lorsqu’il comprit qu’elle s’adressait bel et bien à lui.


-Moi ? Je ... heu ... je peux ?

-Si tu le désires, oui.


Ça crevait les yeux qu’il en mourrait d’envie, mais il haussa les épaules avec nonchalance, comme pour dire : « Allez, après tout, pourquoi pas ? ».


-Si tu ne veux pas, ça ne fait rien, hein, fit la jeune fille en remontant sa tunique.

-Si si si, je veux goûter !

-C’est bien ce que je pensais, répliqua-t-elle en affichant un large sourire.


Son chapardeur dans une main, de l’autre, elle saisit son sein qui était encore gonflé de lait, malgré le repas de Tamagotchi. Elias se mit à sa hauteur en ouvrant de grands yeux face à ce joyau ; il ne réalisait pas la chance qu’il avait ...

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