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World of Domination

Chapitre 11

La décision du croque-mort

Divers

« Voici l’histoire de Bobby, un joueur expérimenté qui dépassa les bornes.


C’est bien connu, chaque cimetière est gardé par un croque-mort. C’est à ce dernier que vous vous adressez lorsque vous désirez être ressuscité mais il vous imposera une sanction qui va d’un peu de votre temps à, comme vous allez le constater, des sentences bien pire ...


Les croque-morts ne sont visibles que lorsque nous nous trouvons sous forme d’esprit, lorsque nous somme mort ; il est donc difficile d’avoir un entretien avec l’un d’entre eux. Pourtant, c’est ce à quoi aspirait Bobby.


Bobby était un chercheur en magie transmigratoire, ce qui, pour le vrai monde, pourrait s’apparenter à ingénieur en aviation. Pour faire simple, il effectuaient des recherches sur des moyens de transport instantanés. Après de nombreux essais infructueux, il s’était tourné vers le monde des morts. En effet, comme le décès téléportait automatiquement votre esprit au cimetière le plus proche, Bobby eut l’idée d’employer cette technique pour parcourir des distances incroyables en un temps record.  


La machine qu’il créa possédait un système relativement simple à comprendre : lorsque vous actionniez un levier, des lames plongeaient dans votre corps, libérant ce dernier de son esprit qui était aussitôt happé par une pierre de succube. Ensuite, à l’aide d’une surcharge magique, l’âme était catapultée hors de la pierre pour être recueillie par un récepteur situé à la destination désirée. C’était la théorie. La pratique se déroula tout autrement ...


La première partie se passa sans encombre : Bobby mourut, son esprit fut aspiré par la pierre et la décharge magique le propulsa en dehors de celle-ci. Cependant, il n’atteignit jamais le réceptacle ... Voici ce qu’il posta sur un forum, bien des années plus tard :


« J’ai vraiment cru que ça allait fonctionner ! J’ai eu l’impression de voler à la vitesse de la lumière. Le truc, c’est que, quand je me suis réveillé, j’étais toujours sous forme spirituelle mais il n’y avait aucun croque-mort pour me ressusciter. Oui, badant ... Je n’ai aucune idée d’où je me trouve, du coup, je me lance à la recherche du cimetière le plus proche. C’est alors que je l’ai vu ... Putain qu’elle était belle !! La croque-mort la plus bonne de l’histoire des croque-morts !


-Que fais-tu ici, m’a-t-elle murmuré.


Complètement subjugué, j’ai mis du temps avant de lui répondre.


-Heu ... me suis paumé, m’dame.


Elle a rigolé. Les gars, encore aujourd’hui, ce rire hante mes rêves ! C’était la musique la plus douce que vous puissiez imaginer. Bordel, tout ce que je voulais, c’était me jeter à son cou pour l’embrasser. Je ne l’ai pas fait, bien sûr ; c’est à peine si je pouvais cligner des yeux.


-Tu n’es pas passé par le bon chemin, reprit-elle de sa voix claire comme une pensée. Alors comment ?


Je lui ai tout déballer. Sérieux, je ne contrôlait plus ma propre respiration, comment voulez-vous que je songe seulement à lui mentir. Son regard m’emprisonnait aussi sûrement que si on avait coulé une putain de dalle en béton autour de moi.


-Je vois ... c’est ingénieux.


À ce moment-là, le simple fait qu’elle me complimente aurait pu faire exploser mon cœur de joie mais elle fit quelque chose en plus : elle posa sa main sur ma joue. Je sais ce que vous allez dire : « Bobby, c’est impossible que tu sentes quoique ce soit, nos sensations son coupées quand on est mort ». Eh bien non. Simplement, non.


Je ne saurais pas vous décrire ce que j’ai ressenti à cet instant. Une décharge, un éclaire, une explosion ... Mec, tous ces mots sont si loin de la vérité. Elle a caressé mon âme, point. Malheureusement, après ça, elle m’a dit les derniers mots que je voulais entendre :


-Ne reviens pas ici.


Et tout à coup, je me suis retrouvé dans mon corps. »


Mais l’histoire de Bobby ne s’arrête pas là. Comme vous l’aurai compris, il était tombé amoureux de ce mystérieux PNJ et, malgré son avertissement, décida de réutiliser la machine. Seulement, celle-ci ne fonctionnait plus, ou plutôt, pas comme il l’entendait. Lorsque son âme était éjectée de la pierre de succube, il réapparaissait au cimetière le plus proche ; c’était une machine à tuer tout ce qu’il y avait de plus banal.


Il abandonna ses recherches sur les voyages transmigratoires pour se focaliser uniquement sur sa nouvelle quête : revoir l’élue de son cœur. Pour faire simple, il se suicida dans chaque cimetière de World of Domination. Et dans chacun d’entre eux, il demandait au croque-mort où se trouvait cette sublime créature mais tous lui répondaient la même chose : « je ne puis te le dire ».


Après avoir explorer tous les cimetière, Bobby baissa les bras. Jusqu’au jour où il appris qu’il existait une dague que l’on pouvait transportée dans le monde des morts. Après des mois de recherches, il réussit à mettre la main dessus et c’est à cet instant que tout bascula.


Il prit en otage le premier croque-mort chez qui son esprit apparut. Lorsque celui-ci refusa de lui indiquer où se trouvait la magnifique PNJ, fou de douleur, il lui trancha la gorge. Alors il la revit.


« J’ai failli en pleurer de joie ! » écrivit-il sur le forum. « elle était là, devant moi. Merde j’aurais pu crever pour elle ! C’est d’ailleurs ce que j’avais fait un bon milliers de fois.


-Pourquoi l’as-tu tué, m’a-t-elle demandé.

-Je voulais vous revoir.

-Je t’ai dis de ne pas revenir. Tu vas devoir payer une sanction, cette fois.

-Je ... c’était la seule solution ! S’il vous plaît, donnez-moi votre nom. Juste un nom, c’est tout ce que je demande.

-Si je te le donne, tu accepteras une sanction plus dure ?


Évidemment, j’ai accepté. Comment aurais-je pu savoir ? Elle s’est penchée pour me murmurer son nom. Je me rappelle encore de la caresse de son souffle, sa main qui effleure ma joue, la proximité de son corps. Chaque détail est incrusté dans ma mémoire, chaque putain de détail. 


Mais pas son nom ...


Aujourd’hui encore, je paye la sanction. »


Bobby fut banni du jeu, telle fut la sentence. Cependant, nombreux sont ceux qui pense que ce n’est pas de cela dont souffre cet ancien joueur. Nombreux sont ceux à se dire que la sanction que Bobby paye encore à ce jour n’est autre qu’un mal d’amour. »


Mégane releva la tête : si Elias et Hugo paraissaient sceptique, Paragon, lui, en avait les larmes aux yeux.


-C’est une belle histoire, admit-il.

-Belle ? s’insurgea Elias. Grand dadet, te rends-tu compte que ce crétin de joueur à tué un croque-mort ? Je ne savais même pas que c’était possible.

-C’était par amour.

-Ce n’est pas une raison pour tuer !

-Si tu penses que ça m’empêcherait de ...

-Qu’est-ce que l’amour ? s’enquit Hugo.


Mégane et ses deux compagnons le fixèrent avec surprise : ils avaient presque oublié sa présence.


-Voyons, c’est quand tu as des frissons, tu as chaud et froid en même temps et, si je me rappelle bien, tu as mal au ventre, lança le Roi croqueur comme s’il récitait une leçon apprise par cœur.  

-Oh, c’est quand tu as mangé quelque chose d’avarié, en fait ? s’étonna le nouveau PNJ.

-Elias, soupira Mégane, tu n’as rien compris.

-Pardon ? C’est mot pour mot ce que tu nous as dis hier soir.


Mégane roula des yeux avant de reprendre depuis le début les explications à propos de l’amour.


-C’est exactement ce que j’ai dit, répliqua Elias une fois l’exposé terminé.

-C’était quand même plus clair avec la joueuse, avoua Hugo ce qui eut le don d’irriter le Roi croqueur. Je comprends un peu mieux l’histoire, maintenant.

-Et qu’est-ce que tu en penses ?

-Eh bien, ce n’est pas une légende de notre monde. C’est à propos de vous autres, pas de nous.

-Et alors ?

-Vous ne faites pas partie de notre monde.


C’est alors que Mégane comprit d’où provenait l’antipathie d’Hugo à son égard : il détestait les joueurs. Elle savait plus ou moins comment les PNJ étaient vus mais elle ne s’était jamais demandé comment eux considéraient les joueurs.


-Il n’a pas tort, enchérit Paragon. Il existe des légendes datant d’avant votre arrivée.

-Tu veux dire que vous existiez avant que nous n’entrions dans votre monde ?


Hugo eut un rire amer :


-Vous vous prenez vraiment pour le centre du monde. Oui nous existions et, à ce moment là, nous n’avions pas besoin de survivre pour cela. Ou plutôt, la survie restait quelque chose d’envisageable ...


Mégane fut étonnée de voir ses deux compagnons hocher la tête avec nostalgie. Eux aussi pensaient de même ?


-Racontez-moi comment c’était avant qu’on arrive.


Paragon et Elias se concertèrent du regard mais c’est Hugo qui prit la parole :


-C’était beau. Par le Héros quantique qu’est-ce que j’aimais ce monde. Il n’y avait pas de territoire, pas de guilde, pas de joueur. La paix régnait même si on ne connaissait pas ce mot. Ce n’est que quand les joueurs sont arrivés avec leur guerre qu’on a regretté la paix d’autrefois.

Je suis apparu lors de la mise à jour 1.165. Avec ma tribu, nous avons d’abord exploré le monde ; il était si vaste qu’il semblait sans fin. Un jour, notre chef est décédé à cause des spores d’un endenosa létalita, un champignons qui pousse dans les caves d’argents, et j’ai pris sa place à la tête de notre groupe. Nous nous sommes installés un peu avant la mise à jour 1.271 ; grâce à nos prières, les mises à jour suivantes nous ont apporté beaucoup de nouvelles recrues. Cela nous a permis de créer un village pour ensuite fortifier nos défenses afin de repousser les assauts des créatures de la zone. C’est alors que la mise à jour 1.42 est apparue et, avec elle, les joueurs ...

-Comment oublier ce jour ? lâcha Elias.

-Ils se sont comportés exactement comme leur nom l’indique, cracha Hugo, comme des joueurs immatures. Ils nous ont appelé PNJ, personnage non joueur. Ils nous ont définis par ce que nous n’étions pas, comme si c’était honteux de ne pas être un joueur. Avec la mise à jour 1.42, nous avons reçu les données nécessaires pour vous comprendre mais le cybervarien n’a pas disparu pour autant ; les joueurs ont été forcés de l’apprendre pour pouvoir utiliser les sorts de ce monde. Autrement, je suis persuadé que cette langue aurait simplement disparue parce que c’est comme ça que vous agissez : vous imposez votre culture sans prendre la peine d’apprendre.

-Qu’est-il advenu de votre village ? demanda Mégane.


Hugo détourna la tête ; visiblement, il s’agissait là d’un souvenir pénible.


-Une guilde a un jour réclamé le droit de diriger ma contrée. La guerre a éclatée bien que nous sachions n’avoir aucune chance face à eux car, à chaque fois qu’un joueur mourait, il ressuscitait aussitôt. Le combat était inégal depuis le début ; quand c’est devenu clair à mes yeux, je leur ai cédé le commandement de mon peuple et je suis parti. Pour me narguer, ils ont rebaptisé la ville Ragequit (*langage de jeux vidéo : action de quitter un jeu de façon rageuse, suite à un événement fâcheux) et m’ont surnommé Hugo l’clodo.

-C’est vous le chef de Ragequit ??

-Je l’ai été, oui.  


Mégane comprenait un peu mieux le ressentiment d’Hugo vis-à-vis des joueurs.


-Comment s’appelle la guilde qui dirige aujourd’hui le village ?

-Celle qui nous l’a volé se nommait les Déracineurs. Ensuite, il y eut d’autres combats, d’autres morts pour nous retrouver présentement avec les Drakes noirs aux commandes.


La jeune fille ne fut même pas surprise pas la nouvelle.


-Ils m’ont invité à les rejoindre, avoua-t-elle. Mais j’ai dit non.

-Vous avez dit non ?! s’exclama Hugo. Attendez, c’est cette guilde qui en a après vous ?

-Oui, mais ça c’est parce que j’ai tué une de leur membre et volé son bouquin. (Le croqueur poussa un cri outragé) Ok, c’est Sénéchal qui a tué la joueuse et volé le livre mais c’est moi qui l’occupait en attendant.


Mégane faillit éclater de rire lorsqu’elle aperçut le croqueur rouler des yeux de consternation.


-Vous avez tué et volé une Drakes noirs sur son propre territoire.

-Et refusé son offre de rejoindre sa guilde, oui. On peut arrêté de se vouvoyer ? Ça me fait dresser les cheveux sur les tête ...

-Je n’arrive pas à le croire.

-Tu apprendras, mon cher Hugo, intervint le Roi croqueur, que Megg ici présente fait beaucoup de gestes insensés qui, étonnement, fonctionnent plus ou moins bien.

-Hey, je te rappelle que c’est Sénéchal qui a tout fait ; je n’y suis pour rien, moi.

-Qu’allez-vous faire, maintenant ?

-Non, j’ai dit stop au vouvoiement.

-Je disais vous tous, fit Hugo en englobant d’un geste l’étrange groupe de Mégane.

-Oh, ça va alors ... Ce qu’on va faire ? Eh bien ... à propos de quoi ?

-Des Drakes noirs, bien entendu.

-Je ne veux plus rien avoir à faire avec eux.

-Tu n’en auras pas le choix, annonça sentencieusement Paragon. Sais-tu pourquoi les joueurs se tuent entre eux ?  

-Pour ralentir leur progression, je dirais.

-Dans un sens, c’est vrai mais pas de la manière que tu entends. Envoyer un joueur au cimetière lui fera perdre maximum une journée, c’est tout. Mais tu peux faire bien pire ... Il existe des choses que tu ne peux caser dans ton inventaire : les montures, les maisons, (il désigna Tamagotchi d’un coup de menton) les familiers ... détruis l’une de ses choses et le joueur perdra tout le temps qu’il y a investi. Selon toi, que vont faire les Drakes noirs ?


Mégane porta son regard sur le chapardeur qui dormait contre son sein. Elle percevait sa chaleur au travers de ses vêtements, son souffle régulier, la cadence de son cœur ... Renna avait failli s’en débarrasser et les larmes lui montèrent aux yeux à l’idée de ce qui serait advenu sans l’intervention de Sénéchal.


Elle releva la tête : les trois PNJ la considéraient silencieusement. Elle réalisa qu’eux aussi étaient en danger ; après tout, ils n’avaient qu’une seule vie. Quelle injustice !


Soudain, une idée germa dans son esprit. Une idée géniale et insensée. C’était si clair qu’elle se demandait comment ça ne l’avait pas frappé plus tôt.


-Je sais ! On n’a qu’à rétablir l’équilibre !

-Qu’est-ce qu’elle nous chante, encore ?

-Elias, écoute-moi.  

-Je ne sais pas si c’est une bonne idée de prêter attenti ... Aïe ! Grand dadet, c’est fini de ... Aïe !

-Écoute ce que Megg a à dire ou je t’en colle un autre.

-Bon, bon ...

-Merci Paragon. Vous vous rappelez la PNJ de la légende ? Elle a banni le joueur du jeu ; qui a ce genre de pouvoir ici ?  

-Probablement ... réfléchit le Roi croqueur avant de se faire aussitôt couper.

-Les maîtres du jeu, parfaitement. Cette mystérieuse PNJ possède les pouvoirs d’un maître du jeu !

-Et alors ?

-Elias, fais fonctionner tes méninges, pour une fois.  

-Hey, c’est moi qui suis censé dire ...

-Elle possède les pouvoirs d’un maître du jeu mais c’est un PNJ ! Je suis persuadé qu’elle peut interférer en votre faveur ! Nous pourrions lui demander de rétablir l’équilibre en vous permettant de vous ressusciter.  

-Ressusciter des PNJ ? s’exclama Hugo. Ça n’a aucun sens.

-Pas plus que de ressusciter des joueurs.

-Et comment tu comptes t’y prendre pour lui parler ? Tu vas construire une machine à tuer, comme Bobby ? Ou bien te suicider dans tous les cimetière ? Ou pire encore, tu vas tuer un croque-mort ?

-Je pense qu’il existe un autre moyen. Dans la légende, la PNJ dit a Bobby qu’il n’est pas passé par le bon chemin ; dans ce cas, où se trouve le bon chemin ?


Paragon, Elias et Hugo s’entre-regardèrent.


-Quoi ? fit Mégane. Vous connaissez la voie ?

-Tous les PNJ la connaissent.

-Tais-toi Paragon !

-Elias, tu sais comme moi que Megg ne nous trahirait jamais.

-Ça reste une joueuse.

-Une joueuse à qui nous avons jurer allégeance, gronda le Désosseur.


Elias se ratatina sur lui-même tandis que Sénéchal poussait un feulement agressif.


-Vous lui avez prêter allégeance ? s’écria Hugo, horrifié.

-Et je n’hésiterais pas un instant si c’était à refaire, répliqua Paragon.  

-Moi non plus.


Tous se tournèrent vers le Roi croqueur. Les compliments étaient rares dans sa bouche mais faire des déclarations de cette envergure, c’était du jamais vu.  


Hugo les dévisagea longuement avant de se tourner vers la jeune fille :


-Le temple, c’est là que se trouve la voie.

-Quel temple ?

-Tous les temples, tous ont une voie. Le plus proche se trouve à Ragequit, c’est moi qui l’ai bâti.  

-Je ne peux pas retourner là-bas, Renna va me tomber dessus.


Paragon secoua la tête :


-Si elle est morte, elle doit payer une sanction d’au moins deux heures. En plus, le cimetière le plus proche se trouve à plus d’une heure de marche ; elle ne se montrera pas avant la tombé de la nuit.

-Les portes ferment pendant la nuit, enchérit Hugo, il se peut que cette Renna ne puisse pas rentrer avant le petit matin. Le problème c’est que, comme vous l’avez tué ...

-J’ai dit qu’on ne se vouvoyait plus.

-Je disais vous, Sénéchal et toi.

-Oh, d’accord. Hum, Continue.

-Comme vous l’avez tué, elle vous a très certainement interdit l’accès au village.

-Elle peut faire ça ?  

-La guilde qui contrôle la ville en a le droit, oui.

-Comment faire, alors ?

-À moins qu’une autre guilde n’entre en conflit pour la détention du territoire, je ne vois pas bien ...


Mégane lorgna Hugo, un sourire grandissant sur ses lèvres.


-Oh oh, ça sent pas bon ; je n’aime bas beaucoup ce regard, lâcha Elias. Qu’est-ce qu’elle va encore inventer ?

-Je n’ai qu’à créer un guilde !

-Et voilà, je vous avais dit que ça sentait mauvais.

-Non, sérieusement. Je suis déjà en guerre contre les Drakes noirs, autant officialiser la chose. Comment fait-on pour créer une guilde ?

-C’est dans ton tableau de bord, soupira Elias. Mais tu ne peux pas créer une guilde toute seule.


Mais Mégane ne l’écoutait déjà plus. Elle n’eut pas à chercher longtemps l’onglet guilde dans lequel deux phrases étaient inscrites : « demande d’ajout à la guilde les Enragés rejetée » et « demande d’ajout à la guilde les Drakes noirs rejetée ». une case située en haut à droite était intitulée : créer une guilde. Après avoir cliqué dessus, une voix traînante retentit :


-Bui c’est bourquoi ?

-Houla, qu’est-ce que c’est que ce truc ? s’écria Mégane en sursautant.

-Ce truc, comme bous dites, est un maître de guilde. C’est bous qui m’avez abbelé ?


L’être qui venait de se matérialiser et s’adressait aussi lentement à la jeune fille tout en prononçant des fautes d’orthographes était une créature de taille réduite. Il était doté d’un nez crochu, d’oreilles tombantes et d’arcades sourcilières proéminentes qui conféraient à son visage un air abruti. De sa main composée uniquement de trois doigts, il tenait un calepin sur lequel il griffonnait quelques ratures avec application.


-Heu ... oui, c’est moi. Je ... j’aimerais créer une guilde.

-Eh bien boilà qui est original. Megg, c’est cela ? Mmh d’accord, bous serez la chef de guilde ?

-Eh bien ... (elle se tourna vers les trois PNJ avant d’acquiescer) Oui, j’imagine.


La créature la considéra à travers ses épais sourcils avant d’ajouter une note sur sa feuille.


-Qualité de leader absente, murmura-t-il. Bien, bous n’êtes pas sans savoir qu’une guilde ne beut compter moins de quatre membres. Qui sera botre sous-chef ?  

-Ce sera moi, voyons.

-Non, Elias, tu as déjà du mal à t’occuper de Sénéchal. Ce sera Paragon le Désosseur.

-Comment ? Ce grand dadet ne saurait même pas dans quel fourreau il a rengainé son épée.

-Ce sera Paragon, un point c’est tout.

-Très bien, beuillez remplir ce document, monsieur le Désosseur ... oh, bous êtes un BNJ. M’oiselle Megg, bous êtes consciente que si bous n’êtes que quatre et qu’il meurt, botre guilde sera aussitôt dissoute ?


Pour toute réponse, la jeune fille haussa les épaules. Le Roi croqueur signa également le document suite à quoi, tout le monde se tourna vers Hugo.


-Je n’ai jamais dit que je ferais partie de votre guilde, moi.

-Boilà qui règle la question, lâcha l’étrange créature en refermant son calepin dans un claquement sec. Rebenez quand bous aurai quatre membres.  

-Non, attendez ! Hugo, je vous en prie. Qu’est-ce que je peux faire pour vous convaincre d’entrer dans notre groupe ?

-Rien, ça ne m’intéres ...

-Je sais, s’exclama-t-elle. Si nous parvenons à récupérer Ragequit, vous en serai le chef.


Hugo releva un sourcils sceptique :


-Je pensais qu’on arrêtait avec le vouvoiement.

-C’est vrai, tu en seras le chef.

-Qu’est-ce qui me prouve que tu dis la vérité ?  

-Je t’en fais la promesse.

-La promesse d’un joueur ...

-Hugo, intervint Paragon, elle est digne de confiance.


Après quelques secondes de réflexion durant lesquels tout le monde fut suspendu à ses lèvres, il acquiesça gravement.


-C’est d’accord ! Si même le Désosseur est de ton côté, c’est que tu dois avoir quelque chose de spéciale.

-Trois BNJ dans une guilde, on aura tout bu, murmura l’étrange créature. Dernière question, il bous faut un nom de guilde.

-Ce n’est pas une question, cela, cher ami, fit remarquer Elias.

-Bardon, les Emmerdeurs comme nom de guilde, cela bous convient-il ?

-J’opterais davantage pour les Siphonnés du ciboulot ou bien les Quatre PNJ dont une joueuse, c’est pas mal ça. Qu’est-ce que vous en pensez ?

-Après réflexion, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de prendre le Roi croqueur dans notre équipe, lâcha Mégane. On pourrait prendre son familier, Sénéchal, à la place ?

-Non, les créatures ne sont bas autorisée en tant que membre à bart entière.

-Dommage ...

-Non mais je rêve, je suis le seul à lancer des idées et vous voulez vous débarrasser de moi ??  

-Les Insurgés ? proposa Paragon.

-Ouais, pas mal. Ça vous va ?

-Non, pas du tout, je préférais mes idées !

-Donc on est tous d’accord : nous serons les Insurgés.

-Quoi, mais ...

-Eh bien, bonne chance, mesdames et messieurs les Insurgés.


Sur ce, l’être se dématérialisa.


-Cool, on va conquérir ton village, Hugo ? Alors, comment fait-on pour déclarer la guerre à une autre guilde ... ?

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