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World of Domination

Chapitre 16

Le calme avant la tempête

Divers

Il était presque midi lorsque Mégane fit semblant de ne pas voir Paragon arriver. Tandis qu’elle approfondissait l’excavation, elle profitait de se débarrasser de la terre pour lui lancer des coups d’œil à la dérobée jusqu’à ce qu’il s’arrête aux abords du piège.  


-Megg ? (Elle mima la surprise à la perfection avant de lui sourire) Tu ne dors pas ?

-Pas fatiguée. Et toi, tu as bien dormi ?

-Mouais ...


Il s’empara d’une pioche et sauta dans le trou afin de lui prêter main-forte. Tous deux travaillèrent en silence.  


Mégane désirait lui parler pour comprendre ce qui n’allait pas mais un embouteillage de mots obstruait sa gorge. Tu m’en veux ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Je ne comprends pas. Tu es très fort, tu sais ? Tu es fâché ? Je ne sais pas pourquoi je suis triste mais ça va. Pourquoi tu ne dis rien ? Tout ça formait une boule entre ses cordes vocales, l’empêchant de respirer et de déglutir. Alors, elle se concentrait sur sa tâche, s’y jetant corps et âme dans l’espoir de réduire ses pensées à l’état de petits tas de terre dont elle pourrait se débarrasser à coups de pelle.  


Le calme se fit du côté de Paragon. Pourquoi arrête-t-il de piocher ? C’est son regard que je sens peser sur mon dos ? Non, tu rêves, Megg, il doit juste déplacer la terre. Pourquoi est-ce qu’il ne dit rien ? Peut-être qu’il me voit comme ce que je suis : une joueuse. Il me déteste. C’est sûr, il me hait.


Le coups de pioches reprirent ; Mégane respira plus librement. Mais non, il ne me déteste pas. Il m’en veut d’avoir ... heu ... il m’en veut quoi, c’est tout. Pas vrai ? Je suis sure qu’il a ses raisons de m’en vouloir ... Et s’il me haïssait réellement? Si jamais ...


-Le piège est presque terminé, non ?

-Quoi ? Ah ... heu ... Encore un peu ...

-Megg ?

-Quoi ?

-Tu ... tu pleures ?

-Non.


Je transpire des yeux, c’est tout. Ça arrive, non ? Allez, un peu plus profond ma petite Megg. Encore quelques pelletés.  


-Pourquoi tu pleures ?

-C’est ... c’est la poussière. Ça m’arrive souvent, ne t’en fais pas.


Après une minute, les coups de pioches reprirent. Mégane se rendit compte qu’elle retenait sa respiration ; elle souffla longuement. Les interrogations qu’il posait semblaient gonfler le flot de ses propres questions, menaçant de faire sauter son barrage de larmes. D’ailleurs, il y avait des réparations à faire parce que son barrage, celui qu’elle soutenait de toutes ses forces mentales, il était tout troué. Un vrai gruyère ce truc-là. C’est pour ça qu’elle pleurait, il y avait une fuite, voila tout.


-C’est à cause de moi ? (Pas de réponse) C’est la deuxième fois que je te fais pleurer. Mais je ... je ne le fais pas exprès, tu sais ?


Ils avaient tous deux cesser de creuser. De toute façon c’était bien assez profond ; trop même. Ils se tournaient le dos, essoufflés et crasseux. Comme elle savait que prononcer le moindre son ferait céder son barrage, elle ne dit rien et pria pour qu’il se taise.


-La première fois, je m’en suis voulu. Il fallait que je fasse quelque chose pour m’excuser mais je ne savais pas quoi alors, bon ... je t’ai donné ce bout de reptozaure mais tu ... tu étais ... heu ... C’était quoi déjà le mot ? Enfin, tu ne mangeais pas de viande, quoi. Par le Héros quantique, en plus de te faire pleurer, je t’insultais. Mais je ne savais pas. Je ne comprends pas comment ... comment dire ? Bah c’est ça, en fait : je ne sais pas comment dire les choses.


Il s’était tourné vers elle, elle l’entendit à sa voix. Voyait-il sa tête rentrée ? Ses épaules tressauter ? Au moins, il ne discernait pas ses larmes, c’était déjà ça.


-Je n’ai pas de reptozaure sur moi, aujourd’hui. Sinon je t’aurais donné la cuisse, c’est la partie la plus charnue, la meilleure, ça c’est sûr. C’est ... c’est ma partie préférée et ... mouais.


Il tritura sa pioche, à court de mot. Mégane se remit à pelleter.


-Megg, si on continue comme ça, on arrivera bientôt plus à sortir d’ici ...


Alors elle éclata en sanglots. De gros sanglots charriant des larmes qui dévalèrent ses joues, emportant dans leur traînée de la poussière et des débris de barrage.


-Pourquoi tu pleures ?

-Je ne sais pas ! Je n’en sais rien ! Je pleure tout le temps et sans raison.

-C’est de ma faute ?

-Oui ... non ... je sais pas ...

-...

-J’ai peur. Je suis terrifiée parce que je vous apprécie tous. Toi, Elias, Hugo, Sénéchal, Tamagotchi, je vous aime. Je vous aime mais ce foutu monde est trop dangereux : on peut mourir à chaque coin de rue. Il y a des monstres partout et pire, des joueurs ! Qu’est-ce que je ferais si l’un de vous mourais ? Je me disais que rétablir l’équilibre entre joueurs et PNJ pouvait nous aider mais je n’ai fait que devenir l’ennemi public numéro un. Par ma faute, on est encore plus en danger. Je comprends très bien pourquoi tu me hais et pourquoi Elias à foutu le camp. Si j’étais toi, je ferais pareil. J’ai tout ruiné en demandant à cette PNJ de nous mettre à votre niveau. J’aurais mieux fait de tuer ce chapardeur comme Raymond me l’avait dit. J’aurais quitter ce monde depuis longtemps et ça vous aurait évité d’avoir à vous coltiner une incapable dans votre équipe.  


Au fond du trou, le silence revint comme un ami qui s’est absenté pour aller chercher une bière dans le frigo. « Qu’est-ce que j’ai manqué ? » dirait-il. Et il prendrait de la place, trop de place. Du moins, jusqu’à ce que Paragon trouve enfin quelque chose à dire :


-Il n’y aurait pas d’équipe.

-Quoi ?

-Sans toi, il n’y aurait pas d’équipe.


Pour la première fois depuis qu’il l’avait rejointe dans l’excavation, elle se tourna vers lui. Il la dévisageait de ce regard enfantin chargé d’innocence. Elle haussa les épaules en frottant ses joues maculées de sillons boueux.  


-Ça aurait été mieux.

-Je ne peux pas te laisser dire ça, Megg. Sans toi, Elias serait toujours prisonnier de ses geôles et je n’aurais jamais fait la connaissance de ce drôle de personnage. Sans toi, les joueurs terrifieraient toujours les PNJ. Tu les as vu ces soldats ? Tu les as entendu te remercier ?


Elle ne dit rien.


-Sans toi, je ne t’aurais pas rencontré ... (un pauvre sourire naquit sur les lèvres de Mégane) Pourquoi tu dis que je te déteste ?

-Je vois bien que tu m’en veux depuis que cette PNJ s’est adressée à tout le monde.

-C’est faux, je ne t’en veux pas.

-Alors quoi ?

-Je suis mort d’inquiétude, petite flamme.

-Toi ? Inquiet ?

-Terrifié, même. Je n’avais plus eu peur depuis des mises à jour et des mises à jour. Je tremble en pensant à ce qui pourrait t’arriver ; à l’idée de te perdre, j’ai l’impression d’avoir un bourlingueur qui fait un combat de boxe avec mon cœur. Et laisse-moi te dire que je suis loin de remporter la victoire. Je ... mouais ... voilà.


Silence.


-C’est quoi un bourlingueur ?

-C’est comme un équarrisseur purulent mais avec de la fourrure.


Mégane renifla. Que pouvait-elle ajouter à cela ?


-Tu n’avais jamais prononcé autant de phrases auparavant ...


Il haussa les épaules.


-Pourquoi tu pleures, cette fois ?


Elle secoua la tête. La raison de ses larmes lui échappait toujours mais parler dans ces cas-là ne pouvait qu’aggraver la situation. Paragon s’approcha, l’air de ne pas trop savoir quoi faire de son corps tout de muscles et d’armures. Il tapota l’épaule de la jeune fille :


-Ça va aller, Megg.


Elle le regarda à travers ses larmes avant d’enfouir son visage dans ses mains. Ses épaules vibrèrent.


-Voilà ... heu ... pleure un bon coup ... c’est ... c’est bien.


Mégane releva la tête, elle riait ! Non, elle était morte de rire ! Ses larmes coulaient toujours mais pour une raison diamétralement différente.


-Paragon ! Oh Paragon !

-Qu ... Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

-Rien ... Oh mon Dieu. C’est juste ... rien, c’est ta façon d’être.

-Qu’est-ce qu’elle a ma façon d’être ?

-Rien, elle est parfaite. (elle essuya ses yeux) La prochaine fois que quelqu’un pleure comme ça, prends-le dans tes bras.

-Dans mes bras ? Mais je ... enfin je pensais que ...  

-Prends-moi dans tes bras, Paragon

-Je ... hum ... d’accord.


Et c’est ce qu’il fit.



***


Il n’y eut aucun signe des Drakes noirs durant toute la journée. À la nuit tombée, Mégane était tellement angoissée due à cette insupportable attente qu’elle priait pour que l’attaque survienne bientôt.  


-Bon sang, mais que font-ils ?

-Du calme, petite flamme, ça ne sert à rien de s’impatienter.

-C’est juste que ... ça me stresse de ne pas les voir attaquer. Je n’arrête pas de me demander ce qu’ils préparent.

-C’est précisément ce qu’ils veulent. Ils attendent que nous commettions une erreur.

-Une erreur ? Comme quoi ?

-Ne pas nous reposer correctement en est une. Se laisser gagner par la peur, aussi.

-Dormir ? C’est de ça dont tu parles ? Alors qu’on est en pleine guerre de guilde ?

-Le repos est le nerf de toute guerre ; il peut faire la différence entre victoire et défaite.


Mégane poussa un soupir résigné.


-J’imagine que tu as raison. Jamais je n’arriverai à dormir en sachant que cette guilde rôde dehors et peut attaquer à tout moment.

-Il va bien falloir, pourtant.

-Je dors mieux quand je suis proche de toi, Paragon.

-Vraiment ? Je veux bien m’asseoir à tes côtés en attendant que tu t’endormes.


Sérieusement ?Mégane dévisagea le Désosseur stupidement. Manifestement, il avait un peu du mal avec la subtilité. Mégane le prit par la main.


-Qu’est-ce que tu ...

-Suis-moi, mon grand. On va dormir et tu vas « t’asseoir » à côté de moi ...


À peine arrivée dans la chambre, la jeune fille réinitialisa son équipement avant d’envoyer valdinguer son soutien-gorge et sa culotte à l’autre bout de la pièce.


-On ne va pas passer par quatre chemins, Paragon le Désosseur. Ta petite flamme est stressée et ta petite flamme elle a envie qu’on s’occupe d’elle. Retire-moi cette armure et fais-le avec ton tableau de bord, je te prie, on n’a pas de temps à perdre.

-Je ... tu veux que ...

-Oui, je veux.

-Maintenant ?

-Parfaitement.


Mégane avait déjà posé ses mains sur le lit et, pliée en deux, son regard ordonnait au Désosseur de la chevaucher. Il déglutit en apercevant les gouttes de mouille qui sourdait du petit abricot de la débutante. Abandonnant toute question telle que « Mais enfin, ne voulais-tu pas dormir ? », il retira son équipement.


Comme son sexe n’était pas encore en érection, il vint s’agenouiller face au sublime derrière de la jeune fille pour en reluquer la moiteur. Agrippant les deux fesses avec convoitise, il prit d’abord une grande inspiration en se perdant dans la contemplation de l’objet de tous ses désirs. Les fragrances de la jeune filles montèrent jusqu’à ses narines.


-Paragon, qu’est-ce que tu ... MmMMmmhh !


Une langue rappeuse la fit taire en glissant le long de son minou. Elle la sentit ensuite fouiller ses chairs et pénétrer son puits d’amour pour en écarter les abords. Dieu que c’était bon ! Elle se sentit fondre de bonheur ce qui encouragea les caresses linguales.  


-Ooh Paragooonnn ...


Le guerrier était à présent pourvu d’une formidable érection mais il se délectait tant du champagne de Mégane qu’il n’y prêta guerre plus d’attention. L’intimité de la jeune fille accaparait toutes ses envies. Il fit tournoyer sa langue dans les recoins les plus humides, avalant une quantité impressionnante de cyprine.  


Sous le coup du plaisir, les bras de Mégane cédèrent et son buste s’échoua contre le lit, écartant d’autant plus son sexe transpirant d’envie. Ce faisant, son clitoris fut à portée de bouche ce qui permit à Paragon de se ruer dessus. Sachant que la bouillante jeune fille adorait cela, il offrit une attention toute particulière au petit bourgeon. Il le couvrit de baiser, puis le suçota longuement avant de le taquiner avec sa langue.


-Oooh c’est bon ! Mmmh ouiii !


Il titilla le petit appendice de Mégane avant de retourner à son trou suintant d’excitation. De son doigts, il suivit les abords du jardin secret avant de l’y enfoncer d’une pression, faisant crier de plaisir la jolie rousse. Tout en faisant coulisser son index dans les tréfonds gluants, le colosse retourna à sa dégustation. À nouveau, sa langue s’insinua entre les lèvres intimes. Mégane, quant à elle, dandinait des fesses pendant que le guerrier lui broutait goulûment le vagin.


-Mmh Paragon, je te veux! Oohh Je te veux, maintenant ! Mmh ...


La bouche barbouillée de mouille, Paragon se releva, le canon de son sexe posé contre le puits d’amour de la fille en rut. Il caressa l’entre-jambe de Mégane à l’aide de sa hampe, y répandant la cyprine qui y coulait abondamment. Les halètements de la débutante s’accentuèrent lorsqu’elle sentit le gland frotter ses lèvres intimes.


-Vas-y, Paragon ! Je ne peux plus attendre ! Prends-moi !


Les pattes musclées du Désosseur se posèrent sur la croupe de la jeune fille. Ainsi, il paraissait capable de la soulever d’une seule main mais il se contenta de tirer le derrière de son amante vers lui pour l’empaler sur sa queue.


Mégane accueillit le membre viril en elle en se mordant les lèvre et en roulant des yeux de bonheur. Quand elle sentit le bassin du Désosseur entrer en contact avec ses fesses, elle se rendit compte qu’elle retenait son souffle et exhala de plaisir. La pine de Paragon la remplissait profondément, étirant ses chairs et y répandant sa chaleur.


Les mains calleuses du guerrier maintinrent solidement son bassin en place pendant qu’il reculait, arrachant un geignement à Mégane. Lorsqu’il s’enfonça encore, il y eu un claquement suivi d’un cri de plaisir.  


Après cela, Paragon se déchaîna. Il envoya de formidables coups de bassin dans les tréfonds de la rouquine qui laissaient s’échapper une quantité impressionnante de mouille. Son trou enserrait la queue du guerrier qui ne se lassait pas d’écouter Mégane gémir.


-MmmHh Paragon ! Oh Paragon, ouii !


Ses mains puissantes lui permettaient de pénétrer la jolie rousse avec toujours plus de forces. Les bruits de chocs s’enchaînaient à un rythme effréné tandis qu’elle se faisait proprement prendre en levrette. Les Drakes noirs eurent attaqués maintenant, elle ne leurs aurait pas accordé la plus petite attention tant elle prenait son pied.


Soudain, le colosse la lâcha et elle se retrouva propulsée sur le lit. La chatte en feu, elle voulut se retourner pour quémander plus mais, déjà, Paragon lui grimpait dessus. Elle sentit avec une joie féroce la tige frapper contre ses fesses à la recherche de son trou d’amour et elle écarta la jambes pour en faciliter l’accès.


Le guerrier la fourra dans un grognement d’extase avant de la saillir sauvagement. Tous deux haletaient comme les coups de boutoirs résonnaient dans la pièce. Mégane ne pouvait contenir les gémissements qui lui échappaient à chaque fois que la queue écartelait ses chairs. Elle se faisait fourrer encore et encore, sa température interne et son plaisir grimpant à une vitesse alarmante.


-Oh Megg, c’est bon !

-Vas-y, Paragon ! Baise-moi fort ! Oh ! Oh oui !


Elle n’en revenait pas ; son compagnon était transfiguré. C’était comme si l’approche des combats l’avait rendu encore plus sauvage qu’avant et, curieusement, Mégane adorait cela ...


Il écrasait le corps de la jeune fille de tout son poids à chaque fois qu’il s’enfonçait en elle. Ses grondements et halètements résonnaient dans la pièce au même titre que les cris de plaisir de Mégane. Elle se faisait ensevelir sous la masse musclée et transpirante de son compagnon alors qu’il la prenait brutalement.


Le colosse changea une fois de plus de position. Au lieu de se coucher complètement, il releva son buste de manière à se trouver assis juste en-dessous du superbe arrière-train de la jeune fille. Ainsi, il put la saillir tout en pétrissant son fessier.


Le sexe perdu au fin fond de Mégane, il agrippa ses fesses pour les écarter grandement. La vue de ce petit œil lui fit perdre ses moyens et il fourra sa compagne avec une bestialité renouvelée.


-Oh Pa ... Paragon ... Oh ... mon Dieu ... Mmh ! J’a ... j’adore ! Enc ... ore ... encore !


Tous deux percevaient le plaisir de cette baise avec une acquittée exacerbée. Le lit grinçait, menaçant de céder d’un instant à l’autre mais les amants n’en avaient cure. Mégane hurlait son bonheur et Paragon haletait sous l’effort, sa hampe labourant l’intérieur de la jeune fille.


Soudain, Sans arrêter de la saillir, il jeta sa tête en arrière et poussa un long grognement. Quelques pénétrations plus tard, la joueuse sentit à son tour l’orgasme la cueillir et son corps se tendit sous la vague de plaisir qui la submergea.


Alors que le sperme jaillissait en elle en furieux bouillonnements, son esprit fut englouti par une cascade de frissons orgasmiques ...


***


Mégane s’éveilla le lendemain matin recroquevillée dans les bras du colosse. Elle mit quelques secondes avant de se rappeler où elle se trouvait.  


Ah oui, World of Domination, Ragequit, l’auberge ... La guerre !


Elle se leva en catastrophe pour voir par le fenêtre. Tout était là, les maisons en bois, les rues en terre, quelques soldats déambulaient de-ci, de-là ... 


Ils n’ont toujours pas attaqué ?


Soudain, une autre urgence la fit paniquer davantage : Tamagotchi !


Après s’être prestement habillée, elle fonça le chercher. Quelques instants plus tard, elle entrait dans la chambre, la petite boule de poil solidement calé dans le creux de ses bras.


Toujours couché sur le lit, Paragon était éveillé et la couvait d’un tendre regard.


-Salut à toi, beau guerrier.

-Bonjour, petite flamme.


Tout en donnant le sein à son familier, elle vint se blottir dans les bras de son amant.


-On forme tout de même une bien curieuse famille, tu ne trouves pas ? dit-elle en contemplant le chapardeur de peaux avaler goulûment le lait de son sein.

-Une famille ? Je pensais que c’était le papa et la maman qui formaient les familles.

-C’est vrai, mais il existe plusieurs sortes de familles. Il y a la biologique et il y a aussi celle que tu choisis.

-Celle que tu choisis ... tu veux dire que ... tu m’as choisi ?

-Toi, Tamagotchi, ce crétin d’Elias, Sénéchal, Hugo ... On s’est choisi les uns les autres.

-Je vois ...


Un sourire rêveur flottait sur les lèvres du Désosseur.


Une fois encore, la journée se déroula sans l’ombre de la guilde adverse à l’horizon. Mégane faisait les cents pas, incapable de se débarrasser de son appréhension grandissante. Hugo lui recommanda bien de faire de la récupération mais à peine eut-elle adopter la position du lotus qu’elle abandonnait : elle ne se sentait pas capable de méditer pour l’heure.


La nuit arriva et toujours aucune trace de leurs ennemis.


Bon sang mais que faisaient les Drakes noirs ? L’annonce de la PNJ les avait-elle fait renoncer à leur territoire ? Ou bien préparaient-ils une attaque plus conséquente. Paragon penchait pour cette option :


-S’ils n’ont plus qu’une vie, ils ne vont pas la sacrifier pour si peu.  

-« Si peu » ? C’est d’un village entier dont on parle.

-Je ne pense pas qu’ils tiennent tant que cela à Ragequit. Pour eux, ce n’est qu’une bourgade qui ne leur rapporte pas grand chose si ce n’est du prestige. Elle n’est ni stratégique, ni intéressante pour ses ressources. Risquer de perdre des membres de leur guilde afin de la récupérer n’a pas grand intérêt à leurs yeux.

-Alors ils abandonnent ?

-Je n’ai pas dis ça. Contrairement aux PNJ, les joueurs possèdent généralement une haute estime d’eux-mêmes. Ce serait un monumentale déshonneur de perdre l’un de leur territoire, aussi insignifiant soit-il, face à une guilde menée par une débutante. Je pense qu’ils vont faire une attaque massive mais de sorte à ne pas risquer leur vie.

-C’est possible ?


Il acquiesça sombrement.


-Les écraseurs sanguins qui nous ont attaqués il y a deux soirs, tu as remarqué qu’ils se dépixelisaient ?

-Heu ... peut-être, je ne sais plus ...

-Il n’y a que les joueurs ou les invocations qui se dépixelisent.  

-Tu veux dire que ... ?

-Oui, c’étaient des invocations. C’est la raison pour laquelle les soldats rencontraient tant de difficultés pour en venir à bout.

-Mais qui ?

-Des amis de notre chère Renna, certainement. Je crois qu’ils ont lancé cette attaque dans l’intention de connaître notre niveau. Et puis, ils devaient probablement attendre que leur petite copine ressuscite. Enfin, si elle a bel et bien ressuscitée ... Comme l’annonce de cette PNJ s’est faite pendant qu’elle purgeait sa peine, j’imagine qu’elle reviendra tout de même à la vie.

-Dans ce cas, qu’est-ce qu’ils attendent ?

-Je ne sais pas.

-Une chose est sure, intervint Hugo, Renna n’est plus seule.

-Exact. J’ai déjà prévenu les soldats à propos des invocations. La plupart se sont armés d’arc à flèche ou d’armes à distance. Le but va être de résister le plus possible aux assauts sans risquer de vie. Il reste une nuit et une journée à cette foutue guerre ; ce sera une bataille d’endurance.


Attablés dans la salle à manger de l’auberge, les trois compagnons marquèrent un silence tandis qu’ils avalaient leur part de ragoût. Mégane, qui n’avait pas touché à sa viande, tourna son regard vers Hugo :


-Qu’elle est la différence entre une invocation et un familier ?

-Les invocations disparaissent après un certain laps de temps et, suivant la puissance de l’invocateur, elles sont plus ou moins limitées en nombre, lui apprit-il. Elles sont constituées de pixels, contrairement à nous ... enfin, à Paragon et moi (il lança un regard d’excuse à la jeune fille). Les familiers, comme ton Tamagotchi, sont faits de matière solide ; ils ne se dépixelisent pas à leur mort. Aussi, les invocations puisent leur énergie dans celle de leur maître.

-J’espère tirer avantage de ce dernier point, dit Paragon.

-Messire le Désosseur, appela un garde en déboulant dans la salle. Il y a une lumière au loin.


Paragon renversa sa chaise en se relevant avant de jaillir dans l’air frais de la nuit.  


-Là-bas, regardez.

-Je les vois. Trois torches sur la colline. Trois cavaliers.

-Ce sont eux ?

-Mmh, possible ... Tous les joueurs en ont après Megg, ce peut-être n’importe qui. Mais ...

-Mais ... ?

-Mais je pense que ce sont eux. Vous avez planté des torches dans tout le périmètre autour des remparts ?

-Oui.

-Avons-nous suffisamment de munition pour tenir toute la nuit ?

-Toute la nuit ... heu ... je ...  

-Avez-vous hissé les pierres que nous avons tirer du trou ? Les avez-vous mises sur les remparts ?

-Affirmatif.

-Bien.


Après avoir déposé le chapardeur dans sa chambre, Mégane rejoignit ses compagnons aux pieds des murs. Pendant la journée, Paragon avait passé de longues minutes à huiler son armure, lustrant consciencieusement les courbes en métal avec un torchon imbibé de graisse de reine des marais (comme d’habitude, Mégane avait fait semblant de comprendre de quoi il s’agissait). Il s’était ensuite occupé de sa hache, de ses dagues et d’autres objets tranchants que la jeune fille n’avait su dénombrer ou même identifier.


Posté en hauteur, l’armure luisante à la lueur des torches, le colosse possédait une prestance indéniable. Il n’était pas très doué pour tout ce qui avait un rapport avec les émotions ou les liens sociaux mais, quand il était question de guerre, il brillait.


-Ils invoquent ! cria un homme.


Paragon fit un signe à Hugo. Ce dernier acquiesça avant d’entreprendre une incantation en ancien cybervarien. Lorsqu’il parla, la voix du Désosseur résonna avec une puissance détonante qui porta jusqu’aux trois cavaliers et bien au-delà.


-Préparez-vous, soldats ! Préparez-vous à vous battre ! La bataille sera longue. Aujourd’hui, vous ne vous battez pas pour vos vie, vos maisons ou cette ville. Vous ne vous battez pas pour vos compagnons ou pour passer une journée de plus dans ce monde. Non, aujourd’hui, vous vous battez pour Megg.  


Les soldats approuvèrent vivement. Paragon poursuivit de sa voix magiquement amplifiée.  


-Megg s’est sacrifiée pour nous, elle est allée voir la mort en personne, elle l’a regardée droit dans les yeux et lui a ordonné de rétablir l’équilibre. Elle lui a dit « je ne te crains pas ! Je ne te crains pas et c’est pourquoi tu vas reprendre ton rôle auprès des joueurs. Tu vas leur accorder le repos auquel ils aspirent depuis bien trop longtemps. » Et vous savez quoi ? La Mort lui a obéi ! Megg est celle qui commande à la Mort. C’est pour elle que vous vous battrez aujourd’hui ! Pour elle et personne d’autre ! Ne laissons pas son sacrifice vain ! C’est notre chance de rendre coup pour coup ce que les joueurs nous on fait subir. Montrons-leur la puissance des PNJ ; soyons la bras armé de Megg.


Des acclamations jaillirent du haut de chaque rempart. « Megg, Megg, Megg ! », scandaient-ils. Comme en réponse à cela, des mugissements leur parvinrent : ça commençait.


-Quand les invocations afflueront, poursuivit Paragon par-dessus les acclamations, je veux que vous combattiez comme si chacune d’entre elles menaçait la vie de Megg.


Le sol trembla.  


-Pour Megg !!

-Pour Megg !! reprirent les soldats.


Soudain, l’orée du bois se déchira pour faire place à une créature de la taille d’un mammouth qui barrissait de rage. Sa gueule ressemblait à un gigantesque bouclier duquel dépassait un museau effilé. Sa charge semblait inarrêtable.  


Quantité de traits ricochèrent contre la face de la bête sans faire le moindre effet. La terrible bête piétina les torches présentes sur son chemin sans paraître les remarquer. Comme au ralenti, Paragon vit le bélier d’assaut percuter le mur qui, dans un craquement de fin du monde, explosa en mille morceaux.

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