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World of Domination

Chapitre 21

Course effrénée

Divers

Ce jour-là, En regardant le FreeBodyCare dans lequel reposait Mégane, Alice fut prise par l’envie d’en apprendre un peu plus au sujet de ce monde étrange qu’était World of Domination. Si elle découvrit durant ses recherches que le bestiaire était incroyablement fourni, elle fut estomaquée en parcourant le glossaire des plantes. Elle avait beau scroller et scroller encore, la liste ne s’arrêtait jamais. Elle changea de catégorie pour réaliser que le nombre de contrées paraissait également infini, tout comme les villes et villages les parsemant. Elle tomba sur de fantastiques images qui lui firent miroiter des rêves de voyages, des créatures époustouflantes, bardées d’épines ou de grands yeux globuleux, des constructions sublimes qui paraissaient tout droit sorties de l’imagination d’un fou ...


Elle découvrit que, en plus de détenir une langue à part entière, World of Domination possédait une multitude de cultures variées qui ne demandaient qu’à être découvertes. Encore à ce jour, ce monde recelait une telle quantité de mystères enflammant la curiosité des joueurs que l’on pensait le jeu sans fin.


Alice commençait à comprendre pourquoi sa nièce avait décidé de rester là-bas lorsque son regard fut attiré par le titre d’un article : « Qui est Megg, la voleuse de vies ? ». Il va sans dire qu’elle cliqua aussitôt sur le lien. La lecture du texte la laissa sceptique, mais, pas un instant, elle n’associa la personne évoquée dans cet article à la fille charmante qui reposait dans la machine derrière elle. Seulement, quand elle aperçut une photo de Mégane, assise dans une cabane avec une petite créature pelucheuse sur les genoux, la réalité la frappa de plein fouet. C’était de sa Mégane dont le texte était question ?? Non, il devait y avoir une erreur !


-Cliché pris par le joueur « Raymond », lut-elle à voix haute. Qu’est-ce que c’est que ça ... ? Petit cœur, que se passe-t-il ?


L’article se concluait par le lien d’un site sur lequel Alice cliqua. Un forum de discussion s’ouvrit et ce fut pour elle comme d’ouvrir la boîte de Pandore. En parcourant la discussion avec une horreur grandissante, elle eut l’impression que tous les démons qui empoisonnaient le cœur des hommes s’étaient rassemblés sur cette page web : aversion, jalousie, haine, rancœur, ressentiment, malveillance ... Et tout cela, pour discuter d’une et une seule chose : Mégane. Sa Mégane, son petit cœur qui ne ferait pas de mal à une mouche.


Alice ne voulait pas croire ce qu’elle lisait ; elle ne le pouvait pas. Qu’une personne n’apprécie pas Mégane était déjà hautement improbable à son humble avis, alors une communauté toute entière ? Non, impossible ! Et puis, combien étaient-ils ? Une vingtaine tout au plus ...


Les yeux d’Alice s’arrondirent comme le sang quittait subitement son visage.


Plus de 6000 personnes ! 6000 personnes connectées sur ce forum qui déversaient leur colère envers son cœur chéri, sa petite Megg d’amour.  


Soudain, elle eut l’impression que tous ces hostiles messages étaient dirigés à son encontre et elle en vint même à souhaiter que ce fut le cas. Elle pouvait subir pareil traitement sans broncher, elle en était certaine. Mais Mégane ? Serait-elle capable de d’endurer cela ? Elle qui était si sensible, si douce, si attentionnée avec tout le monde ... Non, cette détestable communauté la détruirait, c’était certain !


Mais que pouvait-elle faire ? La seule aide qu’elle pouvait lui apporter, pour l’instant, c’était déposer de la nourriture dans la boîte connectée au FreeBodyCare. De quel autre soutien pouvait-elle faire preuve ? Dire à ces 6000 personnes qu’ils avaient tort ? Ça lui ferait une belle jambe. Et puis, s’ils étaient autant à être connectés actuellement, cela signifiait qu’ils devaient être beaucoup plus au total !  


Mon Dieu, petit cœur, mais que se passe-t-il ?!



***



-Qu’est-ce que c’était ? s’écria Elias en rangeant son sexe dans son pantalon.

-Je ... je ne sais pas ...


À nouveau, il y eut des explosions dans le lointain.


-Que la Binarité quantique nous vienne en aide, Ragequit est attaqué !

-Mon Dieu ! Que fait-on ?


Mégane et Elias se regardèrent, interdits. Bien sûr, ils avaient conscience d’être tous deux d’une redoutable inutilité et foncer tête baissée dans la ville n’allait pas changer quoique ce soit. Pire, cela pouvait mettre en péril leurs amis qui devront dès lors se porter à leur secours.


-On ne peut pas y aller.

-Il faut au moins voir ce qui se passe ! s’exclama la joueuse. Tu sais te battre, non ?

-Eh bien ... voyons, je ... non, c’est Sénéchal qui prend en charge ma défense, normalement ...

-Bon, reste derrière moi, dans ce cas.


Mégane fit apparaître ses deux boucliers volants avant de se ruer vers la ville.


-Ne le prends pas mal, Megg, lança le Roi croqueur en s’élançant derrière elle, mais je préférerais que ce soit Sénéchal qui s’occupe de me protéger. Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en tes compétences, hein ... mais, pour être honnête, je n’ai pas confiance en tes compétences.


La débutante ne répliqua pas. Elle ne pouvait lui en vouloir : elle-même n’avait pas confiance en ses compétences ... Ils arrivèrent aux abords de la ville et distinguèrent immédiatement une épaisse fumée s’élever de derrière les remparts. Atteignant l’une des brèche qu’avait créé le bélier d’assaut, ils purent observer ce qui se tramait au sein du village. Ce qu’ils virent les terrifia. 


Un groupe de joueurs avait investi Ragequit et lançait des sorts comme des pistoleros à un stand de tir. Des traits de feu, de lave, de substances vert et mauve et autres sortilèges fusaient en tous sens, éclaboussant les maisons, carbonisant les façades et balayant les ruines de ce qu’avait été Ragequit


Mégane distingua Paragon se battre au corps-à-corps avec un joueur bardé d’armures. Il avait le dessus mais d’autres adversaires accouraient pour prêter main forte à leur compagnon en danger. Lorsque le Désosseur comprit qu’il se trouvait en bien mauvaise posture, il changea de tactique et troqua sa hache contre une épée et un bouclier. De la sorte, il fut à même de dévier les sorts lancés contre lui tout en parant les assauts de son opposant. Il était tellement accaparé de tout les côtés que plus aucune occasion de rendre les coups ne se présentait à lui : il était un mort en sursis.  


-Douce Megg, je sais que le spectacle de ce grand dadet cabriolant dans tous les sens pour survivre possède un charme tout à fait remarquable mais ne serait-il pas temps de mettre fin à sa torture en le rappelant à toi ?

-Le rappeler ? Mais Oui ! Je suis bête !

-Tu m’ôtes les mots de la bouche.

-Paragon le Désosseur, je t’invoque !


Alors que le colosse apparaissait devant eux, Elias se jeta sur la jeune fille en criant :


-À terre !


L’épée de Paragon trancha le vide où s’était tenue Mégane une seconde auparavant.  


-Megg ! s’écria le Désosseur, catastrophé. Par le Héros quantique, tu vas bien ? 

-Ça va, ça va, je n’avais pas prévu que tu me remercierais de la sorte.

-Non, ce n’est pas ...

-Je plaisante, Paragon.


Le sourire de la jeune fille acheva de rassurer le Désosseur.


-Oh merci, Roi croqueur, tu es vraiment mon compagnon le plus fidèle. Tu me sauves d’un drake noir et maintenant, tu me sauves de l’attaque d’un membre de ma propre guilde. Tu es un véritable héros ! Mais de rien, Megg, ça me fait plaisir, voyons. (reprenant une voix aiguë :) Que puis-je faire pour te remercier une fois de plus ? Demande ce que tu veux et tu seras exaucé. Eh bien, il est vrai que je ne serais pas contre fabriquer un peu d’amour dans les fourrés. Oh mon sauveur, j’en rêve depuis toujours ! Je sais, Megg.


Une fois son monologue terminé, Elias se tourna vers ses deux compagnons qui le dévisageaient stupidement. Il haussa les épaules avant d’ajouter :


-Eh bien quoi ? Ce n’est pas vous qui êtes resté des mises-à-jours et des mises-à-jours dans une prison, que je sache ? Bon, alors arrêtez de me regarder avec ces yeux de dévoreur de plaines. Ne devrais-tu pas invoquer l’autre imbécile également ? On ne sait pas où il se trouve mais le savoir prêt de nous ne peut être que pour un mieux, ne penses-tu pas ?

-Heu ... je ... eh bien, oui, sans doute.


Lorsque Hugo sa matérialisa à son tour, il était recroquevillé sur lui-même, la tête enfouie entre ses jambes et tremblait de tout son corps.


-Hugo ? appela doucement Mégane.


Bien qu’elle se voulait apaisante, la main qu’elle posa sur l’épaule du PNJ le fit violemment sursauter. Il releva la tête, les yeux écarquillé de terreur mais se calma dès qu’il reconnu sa douce amie :


-J’ai entendu ta voix : je pensais que c’était la fin pour moi ...

-C’est parce que je t’ai invoqué. Tu vas bien ?


Le visage d’un blanc cadavérique, il approuva faiblement.  


-Les autres PNJ, ils ... ils ...


incapable de finir sa phrase, il secoua la tête.


-Ils se sont sacrifiés pour Megg, reprit Paragon. Maintenant, il faut partir.

-Pas sans Tamagotchi ! s’exclama Mégane.

-Justement, voilà mon petit Sénéchal qui accourt et devine qui est sur son dos ?


Effectivement, le croqueur courait de sa démarche si caractéristique, la tête du chapardeur rebondissant joyeusement par-dessus son épaule. Une fois parvenu au niveau des quatre compagnons, il lâcha Tamagotchi qui se rua aussitôt dans la main de sa maîtresse. 


-Eh bien, nous voilà tous réunis, à présent. Pouvons-nous filer de cet endroit qui grouille de joueurs, princesse ?

-Elias à raison, Megg, il faut filer !

-Impossible, intervint Hugo, s’ils lancent un sort de flair augmenté, ils pourront nous retrouver où que nous nous trouvions. Et ils ont des montures, eux ; ils nous rattraperont en un rien de temps.

-Je n’avais pas pensé à ça, admit Paragon. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas rester ici ; éloignons-nous le plus possible de la ville, nous chercherons une solution plus tard.


Tandis qu’ils décampaient, Mégane se tourna vers l’ancien chef du village :


-J’imagine que le sort de flair augmenté fonctionne grâce à notre odeur ?

-C’est exact : comme ils ont senti mon odeur et celle de Paragon, il leur sera aisé de nous retrouver.

-Ils pourraient aussi ... hhh ... utiliser un sort de ... hhh ... radar à balayage magique, intervint Elias.

-Zut, tu as raison ! Mais seuls Megg et moi pourrions être pris pour cible étant donné que vous deux êtes toujours sous l’emprise d’une effacement d’identité.  

-Je possède toujours le livre de Renna, on pourrait s’en servir pour effacer nos pseudo.

-Bonne idée !


Ils s’arrêtèrent le temps de lancer le sort ; Hugo s’en chargea étant donné que le Roi croqueur tentait désespérément de récupérer son souffle.


-J’ai peut-être une idée, annonça Mégane une fois son pseudo disparu.

-Eh bien ... hhh ... on aura tout vu !

-Je suis sérieuse, Elias. Avant tout, dites-moi s’il existe d’autres moyens que le flair augmenté pour nous suivre à la trace?

-Ils pourraient ... hhh ... se servir de vision perçante ... hhh ... pour nous pister.

-Je vois ; c’est tout ? Bon, je propose que nous nous séparions. Hugo et Paragon, comme ils connaissent votre odeur, vous aller partir dans des directions différentes. Elias et moi, nous restons ensembles.

-Non, petite flamme, je ne peux pas te laisser seule !

-Voyons, grand dadet ... hhh ... je reste avec la petite et je veille sur elle.

-C’est loin de me rassurer ...

-Écoutez ! Nous ne resterons pas longtemps seuls. Quand vous penserez être assez loin, vous enverrai un message dans la discussion de guilde et je vous invoquerai.  

-C’est brillant, s’exclama Hugo. Ils vont devoir se séparer et tomberont sur deux pistes qui ne mènent nul part.

-Exact, en attendant, nous seront loin !

-Mais ils pourront toujours suivre nos traces, Megg.  

-Oui, je ne sais pas quoi faire pour ça ...

-Bon, c’est déjà ça, lâcha Paragon. Ne perdons pas plus de temps : Je vais partir dans cette direction, Hugo, va dans l’autre. Vous deux, faites en sorte de vous diriger vers l’Ouest ; Elias, tu sais comment faire ?

-Heu ... eh bien, je ... Il faut suivre le ... heu ...

-Si c’est pareil que dans mon monde, intervint la jeune fille, je dois me diriger vers soleil couchant.

-Dans ce cas, nos mondes sont identiques à ce niveau. Invoque-moi s’il y a quoique ce soit qui ne va pas. Prends-garde à toi, petite flamme.


Après avoir jeté un dernier regard à la jeune fille, le colosse partit à grandes foulées.  


-Il y a peut-être un sort de souffle persistant dans ton recueil, Megg. Utilise-le sur Elias sinon il te retardera. À très vite !

-Comment ça : « utilise-le sur Elias » ?? Je cours très bien comme ça ! Hugo, tu m’entends ? C’est ça, cours ! Fuis loin de moi !

-Allons-y, Roi croqueur, je chercherai le pouvoir en chemin.

-Puisque je te dis que je n’ai pas besoin de ça, je cours très bien ! Mais attends-moi, voyons !


La forêt n’était pas trop dense et Mégane fut à même de conserver un rythme soutenu. Malgré les nuages lui cachant le soleil, elle savait où l’astre se situait dans le ciel et pouvait dès lors prédire plus ou moins l’endroit où se tenait l’Ouest. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était maintenir ce cap.


Le terrain était accidenté et il lui arriva plus d’une fois de devoir contourner des obstacles. Tamagotchi, confortablement installé sur son épaule, jappait de plaisir sous les ruades de cette folle chevauchée. Soudain, un couinement la fit se retourner :


-Oh, c’est toi, Sénéchal. Où est Elias ?


Au même instant, elle recevait son premier message de guilde : « Douce Megg, loin de moi l’idée de te déranger mais pourrais-tu m’indiquer le chemin que tu as pris ? Il semblerait que j’ai tourné au mauvais moment et je ne vois plus ta douce trace ... ». Mégane leva les yeux au ciel avant d’invoquer le Roi croqueur à ses côtés.


-Ah voilà ! Eh bien, merci pour ...

-On n’a pas le temps, suis-moi vite !


Cette fois, tout en s’élançant, Mégane sortit le cybervarien pour les nuls et chercha le sort de souffle persistant. Le sort paraissait relativement basique et, lorsqu’elle tendit le livre ouvert à la bonne page à Elias, celui-ci grogna de mécontentement avant d’incanter.  


Tout à coup, elle eut cette sensation indescriptible, comme si elle entendait une vibration. Comprenant que quelqu’un tentait de la joindre, elle ouvrit son tableau de bord : c’était Alice.  


-Allô tatie ?

-Mégane, tout va bien, mon ange ?

-Oh heu ... comme tu le vois, je suis en train de courir ... hhh ... et toi, ça va ?

-Moi, je ... oui, oui, tout va très bien. Je ... j’étais inquiète à ton sujet. Où cours-tu comme ça ?

-Eh bien, je cours vers l’Ouest ... hhh ... C’est là où nous allons avec mes compagnons ... hhh ...  

-Ah donc, tu n’es pas seule ?

-Non, non, regarde : il y a Tamagotchi sur mon épaule ... hhh ... Tu dis bonjour à tatie Alice, Tam ? ... hhh ... Et puis il y a Sénéchal, regarde, il court à mes côtés. Voilà ... hhh ... Et puis il y a ... heu ... Elias ? Elias, tu m’entends ? ... hhh ... Où est-il encore, celui-là ?

-Bien, bien mais ... tu n’as pas de problème, n’est-ce pas ?

-Des problèmes ? Non, à part que je n’arrête pas de perdre mon compagnon. Pourquoi me demandes-tu ça ?

-Pour rien, je voulais savoir, c’est tout ...

-Ne t’en fais pas, tout se passe bien pour moi, tatie.

-J’en suis contente, petit cœur. C’est juste que j’ai vu sur ce site que ...

-Megg ? Megg, tu es là ??

-Je suis ici, Elias.

-Ah enfin ! Mais vas-tu finir par m’attendre à la fin ?  

-Je pensais qu’avec ton souffle persistant, je n’aurais plus besoin de m’arrêter à chaque arbre pour voir si tu me suivais bien.

-Je te fais remarquer que tu ne faisais déjà pas ça avant que je ne lance ce foutu sort.

-Quoiqu’il en soit, Elias, je te présente ma tante, Alice. Tatie, voici Elias, l’un de mes compagnons de voyage.

-Bonjour monsieur, enchantée de vous rencontrer.

-Oh je vous en prie, vous pouvez m’appeler Roi croqueur. Le plaisir est pour moi et sachez-que si nous étions dans le même monde, je vous proposerais sur le champ de construire un peu d’amour.

-Elias !

-Heu ... pardon ? questionna Alice qui n’était pas sure de comprendre ce qu’il voulait dire par-là.

-Non, non, il rigole, tatie. Pour lui, c’est une façon de dire bonjour, voilà tout.

-Mais pas du tout, je voulais dire que ...

-Écoute-moi bien, Roi croqueur, si tu ne fermes pas tout de suite ton clapet, je t’invoque tout en haut de cette arbre, compris ?


Le message ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd et Elias ferma effectivement son clapet durant le reste de la conversation.


-Eh bien, tu as de charmants compagnons, mon ange.

-Oui, ils sont sympas mais ils ont encore beaucoup à apprendre, dit-elle en fusillant du regard le PNJ. Je suis désolée tatie mais il va falloir que j’y aille. Je dois me dépêcher d’aller quelque part ...

-Oh bien sûr, bien sûr, je ne veux pas t’embêter plus longtemps.

-Tu ne m’embêtes jamais, tatie, tu le sais. Je suis contente que tu aies appelé.

-Moi aussi, ça m’a fait plaisir de te voir en vrai. Et je suis heureuse de vous avoir rencontrer cher ... heu ... Roi croqueur.

-Moi de même, douce tatie. Bon Megg, dépêchons-nous avant qu’ils ne nous rattrapent.

-Que qui ne vous rattrapent ?

-Personne, tatie, personne, c’est juste ...

-Ce sont simplement d’autres joueurs, la rassura le PNJ.

-Elias, vas-tu te taire, à la fin ??

-Mais c’est vrai ! Mais ne vous en faites pas, mademoiselle tatie, ils ne sont pas plus d’une centaine. Enfin, si peut-être plus, on ne sait pas trop, à vrai dire. Cela dépend de ...


Il déglutit devant le regard noir que lui lança la jeune fille avant de se taire (pour de bon, cette fois).


-Tu es poursuivie par des joueurs ?

-Oui mais ce n’est rien, je t’assure.

-Tu sais, Megg, j’ai fait quelques petites recherches et ...

-Tatie, je suis désolée mais il faut vraiment que je te laisse.

-Oh oui, je comprends, excuse-moi. Je t’embrasse très fort, petit cœur.  

-Moi aussi, tatie ; je t’aime !

-Je t’aime aussi, dis.


Une fois la conversation coupée, Mégane tourna un regard tranchant vers son compagnon.


-Heu ... hum, eh bien, douce Megg quelle ... hum ... cette femme possède ... heu ...  

-Roi croqueur, quand je te dis « ferme ton clapet », qu’est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?

-Voyons heu ... sans être tout à fait équivoque, la phrase est plutôt ...

-C’était une question rhétorique, mon grand.

-Ah voilà ...

-Maintenant, tatie Alice va s’inquiéter pour moi et c’est la dernière chose que je souhaitais. Si jamais elle apprend que toute la communauté de ce jeu en a après moi, elle va se faire un sang d’encre ! Quand je pense à ... oh ?


Sentant le message arriver, elle se dépêcha d’ouvrir son tableau de bord. Cette fois, c’était Hugo qui lui disait : « MAINTENENANT ! ». Sans perdre plus de temps, elle posa sa figurine sur le sol avant de prononcer la formule.  


-AAAaaaahhh ...  


Le PNJ se matérialisa au sol, les bras tendus par-dessus son visage dans une posture défensive. Son cri mourut peu-à-peu dans sa gorge comme il prenait conscience qu’il n’y avait plus de danger.


-Oh par la Grande Quantiquité, j’ai cru mourir à nouveau ! Megg, depuis que tu es entrée dans ma vie, ce genre de situation survient bien trop régulièrement à mon goût.

-Que s’est-il passé ?

-Un joueur me chargeait. Il était sur un flairatops de bataille et s’apprêtait à me transpercer de sa lance quand tu m’as invoqué.

-Un quoi ?

-Un flairatops. C’est comme un bézoar herbivore mais avec quatre cornes et qui se déplace beaucoup plus vite. Oh par le Héros quantique, ils sont nombreux ! Nous devons filer d’ici ; s’ils ont repéré vos traces, ils ne vont pas tarder à nous tomber dessus.

-Ça tombe bien parce que Elias n’a pas arrêté de se tromper de chemin ; je suis certaine que ça va en détourner plus d’un de son but ...  

-Bien joué ça, champion !

-Oh, tu sais, je n’ai fais que mon dev ... est-ce que tu viens de m’appeler « champion » ?

-Allez, ne perdons pas plus de temps. Megg, vérifie tes messages, Paragon pourrait t’en envoyer un très vite ! En route les amis !

-Il m’a appelé « champion » !

-Viens, Elias !

-Mais tu n’as pas entendu, voyons, il m’a appelé ...


Ils coururent à travers la forêt durant un long moment et Mégane s’inquiéta de n’avoir aucune nouvelle du Désosseur.


-Ne t’en fais pas ... hhh ... Megg ... hhh ... le connaissant ... hhh ... je suis sûr ... hhh ... qu’il va bien.

-Le soleil va bientôt se coucher ... hhh ... il aurait dû m’envoyer un message depuis longtemps. Devrais-je l’invoquer ?

-Je ne ... hhh ... pense pas ... hhh ... Soyons patients ... hhh ... Megg.

-D’accord ... hhh ... Voudrais-tu faire une pause ?

-S’il te plaît ... hhh ... Tu as une endurance étonnante ... hhh ... jeune fille.

-Merci ... hhh ... mon père m’a beaucoup appris, notamment à garder une forme olympique. Bon ... hhh ... il est où l’autre, encore ? Elias le Roi croqueur, je t’invoque.


La figurine qu’elle venait de lancer grandit subitement et le PNJ ainsi que son croqueur apparurent.


-Que la Longue Fractale me décalque, où étiez-vous encore passé ?

-Toujours tout droit vers le soleil couchant, Elias. Ce n’est quand même pas compliqué.

-N’avez-vous pas tourné après le rocher en forme d’œuf ?

-Non, comme je viens de te le dire, nous avons été toujours tout droit.

-J’aurais pourtant juré que vous aviez tourné, bougonna-t-il.


Enfin, elle reçut un message du Désosseur qui disait : « fais en sorte de m’invoquer à une dizaine de mètres de toi ». Sans comprendre la raison de cette requête, elle plaça la statuette de Paragon un peu plus loin avant de revenir vers ses compagnons et de réciter la formule.


Le colosse se matérialisa mais il n’était pas seul : deux magnifiques bêtes apparurent à ses côtés. L’une d’elle ressemblait à un énorme tigre à dents de sabre à la fourrure bleu nuit sur lequel une selle avait été placée. L’autre, en revanche, était une créature pour le moins étrange à commencer par le fait qu’elle ne possédait qu’une seule patte. Une épaisse fourrure blanche tapissait son corps et une petite trompe pendait au milieu de sa tête. Deux yeux humides perçait au travers de cette ... heu ...


À bien y regarder, Mégane se rendit compte que ce n’était pas de la fourrure qui recouvrait l’étrange créature mais une sorte de mousse épaisse comme s’il s’agissait d’une grosse éponge.


-Ça a marché ! s’exclama le guerrier, l’air exténué. J’avais peur qu’elles ne soient pas invoquées ...

-Paragon ! s’extasia la jeune fille. Qu’est-ce que c’est que ça ?

-Je vous présente TigrounetAGrandesQuenottes, c’est un shaä de la nuit, et voici Gum-gum qui est un bongo. Une bongo pour être exact. Ce sont nos nouvelles montures.

 -Ils sont magnifiques, cher Désosseur ! Je présume que leur maître ont décidé de t’en faire don de leur plein gré ?

 -Eh bien, mon cher Hugo du Dernier Rempart, c’est tout à fait juste. Ils ont simplement été forcés de me les céder de leur plein gré, voilà tout. Veux-tu que je te présente, petite flamme ?

 -Je ... je peux ?

 -Bien sûr, approche.

 

Mégane s’exécuta, intimidée par les longues dents qu’arborait la gueule du shaä de la nuit. Cependant, lorsque Paragon saisit sa main pour la poser sur le tête de la bête, celle-ci se laissa faire avec une docilité exemplaire. Intrigué par ce nouveau compagnon, Tamagotchi galopa gaiement le long du bras de Mégane pour venir renifler le nouveau venu. Décrétant que son odeur lui plaisait, il sauta sur la tête du shaä avant de s’enfouir sous son épaisse fourrure sombre. La jeune fille sourit face à cette insouciance avant de caresser la joue de l’animal. À sa grande surprise, TigrounetAGrandesQuenottes ferma les yeux en poussant un ronronnement de plaisir.

 

 -Tu sais y faire avec les bêtes, affirma Paragon avec une note de fierté au fond de la voix.

-Ce n’est pas très compliqué, rétorqua Elias en posant sa main sur la croupe du shaä. Il suffit de ...

 

 Le rugissement que poussa la bête fit sursauter tout le monde, surtout le Roi croqueur qui se retrouva les quatre fers en l’air.  

 

 -Doucement ; de la délicatesse, enfin !

 -Grmlrmllmgrl délicatesse, délicatesse ... j’étais délicat, grand dadet.

 

 C’est alors qu’Elias sentit une drôle de sensation dans ses cheveux et, lorsqu’il se retourna, il se retrouva face à un Gum-gum qui le palpait singulièrement avec sa trompe.

 

 -Qu’est-ce que tu veux, toi ?

 -Eh bien voilà, Roi croqueur, tu t’es fait un nouveau copain.  

 -Très drôle.  

 

 Gum-gum émit un barrissement que ébouriffa la coiffure d’Elias avant de sautiller sur place.

 

-Qu’est-ce qu’y lui prend à çui-là ? Tu veux des caresses sur la trompe, c’est ça ? Ah on aime ça hein ! Ça c’est des bonnes grosses caresses, hein. Ça grattouille bien partout, c’est ce que tu voulais, pas vrai ?

 

 Paragon et Mégane échangèrent un regard ironique. Ce Roi croqueur avait beau jouer les grognons, il possédait tout de même un grand cœur.  

 

 -Bon, ce n’est pas tout, mais il vaudrait mieux ne pas s’attarder ici, lança Hugo.

-Tu as raison, approuva le Désosseur. Je propose que toi et Elias montiez sur Gum-gum tandis que Megg et moi prenons TigrounetAGrandeQuenotte.

 -Fort bien. D’ailleurs, tu ne nous à toujours pas dis où nous allons.

 

Agrippant les rênes du shaä de la nuit, Paragon tourna son regard vers l’astre solaire qui, lentement, disparaissait derrière l’horizon.

 

 -Nous allons rendre visite à une vieille amie. Une amie que les joueurs n’auront pas le courage d’affronter ...

 

 Arborant un sourire énigmatique, il fit claquer les rênes et le fauve bondit vers le soleil couchant.

 

 Vers l’inconnu ...

 


Fin de la première partie

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