Le site de l'histoire érotique
  • Histoire érotique écrite par
  • Fantasme
  • Publié le
  • Lue 2 471 fois
  • 75 J'aime
  • 12 Commentaires

World of Domination

Chapitre 22

La colère d'un père

Divers

C’était devenu rare, très rare même, que Benjamin Herbert se mette en colère. Pourtant, aujourd’hui, c’était l’état dans lequel se trouvait le père de Mégane : il était furieux. 


Cela avait débuté alors qu’il logeait dans la yourte de son vieil ami, Andrèj, au fin fond des montagnes du Kirghizistan. Pendant qu’il dégustait l’étrange alcool que les gens de là-bas distillaient à partir de lait de chèvre, il avait reçu un message de sa sœur Alice qui disait simplement : « peux-tu rentrer ». Pas de bonjour, pas de ponctuation, rien. Sa réponse avait été tout aussi sèche : « non ».  


Pas de bonjour, pas de ponctuation. 


Le sms qui avait alors suivi l’avait plongé dans une profonde perplexité mêlée d’inquiétude : « C’est à propos de Mégane ... ». Cette fois, il y avait de la ponctuation et quoi de plus angoissant que ces trois petits points de suspension. Ils semblaient le regarder l’air de dire « Nous, on sait ce qui se passe et c’est pas jo-jo hein ». Si Benjamin Herbert appréciait le suspens dans les romans ou les films d’aventures, il éprouva une vive horreur à en voir en présence du nom de sa fille chérie. 


« C’est à propos de Mégane ... » Mais quoi, c’est à propos de Mégane ?? Elle était malade ? Ou blessée peut-être ? Ou bien l’espèce de lave-vaisselle du future dans lequel elle reposait l’avait digéré par mégarde ? Quoi ? 


C’est avec fébrilité qu’il tapa le texto suivant : « Développe ! ». Le point d’exclamation était important dans ce cas-ci. Ainsi, il faisait comprendre à sa sœur qu’il n’appréciait pas le manque d’explication et exigeait qu’elle y remédie sur le champ. 


Ce qu’elle ne fit pas. 


À la place, elle lui fit comprendre qu’elle préférait ne pas détailler la situation par messages interposés et qu’elle avait besoin de lui « pour le bien de sa fille ». 


Pour le bien de ma fille, répéta intérieurement Benjamin, sentant l’inquiétude sournoisement se changer en peur. Mais bon sang de bois, est-elle en danger oui ou merde ?? (Il ne jurait pas souvent mais quand il s’agissait de ses pensées, il se permettait quelques écarts). 


C’est donc le cœur étreint d’angoisse qu’il avait pris l’avion pour rentrer à la maison. Quelques heures après, il se tenait face à l’ordinateur d’Alice et lisait ce ... ces horreurs. Ces immondices ! 


Il n’avait jamais pris conscience auparavant combien les êtres humains pouvaient se montrer méchants. Mais vraiment méchants, malveillants même. Jusqu’à ce jour. Et il fallait que cette découverte se fasse alors que cette haine était tournée vers sa petite Megg, vers sa fille chérie ... 


Brutalitor : les gars la gross put va ver l ouest 

hélHaine121 : on va la baisé ses sur ! Les gilde sont en trin de fair une alience pour pèté la gueul a 7 salope 

Erector : Megg la pute ! 

Améliedeslivres : Non mais de quel droit cette conne se permet d’handicaper tous les joueurs pour son petit plaisir ?? C’est honteux ! Vivement qu’on la bute. 

KimJongUpercut : i paré que c 1 débutante en + 

JosHua : tant mieux, on va niqué cet salope encore plus facilement ! Crève Meg la pute ! 


Si les yeux de Benjamin piquaient, ce n’était pas dû aux (trop) nombreuses fautes d’orthographes qui parsemaient les lignes de ce forum. Non, loin de là. Si ses yeux piquaient, c’est parce qu’il mobilisait toutes ses forces pour ne pas fondre en larmes. Des larmes d’une fureur qu’il parvenait difficilement à maîtriser. Ses poings étaient contractés à un tel point que ses articulations en devenaient blêmes. Il avait envie de tout casser, surtout l’horrible sarcophage dans lequel reposait actuellement sa fille. 


Comment était-ce possible ? Comment quelqu’un pouvait-il éprouver tant de haine envers une personne ? Après réflexion, il eut la réponse à cette question en constatant avec quelle intensité lui-même haïssait cette répugnante communauté. Mais plus incompréhensible encore, comment quelqu’un pouvait éprouver un tel sentiment à l’égard de sa fille ? Si douce et gentille, pleine d’entrain et d’amour, Mégane était difficile à ne pas appréciée.


Alice était également passée par ce stade de questionnement et, depuis quelques jours, elle avait mené sa petite enquête. Elle comprenait maintenant la raison de ce violent acharnement, sans pour autant l’approuver, bien entendu, et c’est la mine sombre qu’elle fournit les explications au père de la jeune fille. Elle lui conta ce que Mégane avait accompli dans le jeu, la règle qu’elle avait mise en place, les bannissements, la guerre, le drake noir ... tout ce qui l’avait menée à devenir le bouc émissaire de plus de 6000 joueurs. 


À présent, le silence régnait dans le salon d’Alice Herbert. Frère et sœur avaient tous deux le regard scotché au FreeBodyCare dans lequel dormait leur Belle-au-bois-dormant de fille/nièce. Benjamin s’ébroua : 


-Bon, ça a assez duré. Sortons-la de là. 


Il tira sur la poignée mais le couvercle ne bougea pas d’un iota. Tâtonnant maladroitement autour de la machine, il chercha le mécanisme qui l’empêchait d’accéder à son amour plongé dans un sommeil artificiel. 


-C’est verrouillé de l’intérieur, annonça Alice. Il faut qu’elle se déconnecte pour sortir de ce ... machin. 

-Où se trouve la prise de courant ? On a qu’à la débrancher et elle se réveillera. 


Alice sauta sur ses jambes, épouvantée : 


-Et risquer qu’elle ait une lésion cérébrale ? Tu es fou !

-Je veux juste revoir ma fille ! 

-Eh bien si tu veux revoir ta fille avec toutes ses capacités mentales, je te conseille d’oublier cette idée. 

-Quoi alors ? On attend qu’elle sorte d’elle-même ? Quoi, Alice, qu’est-ce qu’on fait ? 

-Je ne sais pas, Ben ! Je ... je ne sais pas ... 


Voyant à quel point sa sœur était terrifiée, peur qui trouva échos avec la sienne, Benjamin se calma. 


-Il doit y avoir une solution, raisonna-t-il tout haut. Je veux revoir ma petite Megg, c’est tout. 

-Moi aussi, Ben. C’est tout ce que je veux. Si ça peut te rassurer, elle n’est pas seule dans le jeu. La dernière fois que je l’ai appelée, elle m’a présenté l’un de ses compagnons, un certain Roi croqueur, et m’a affirmé qu’elle était entourée d’une fine équipe ... 


Le père de Mégane renifla, sceptique. Il se disait que si sa fille avait été seule dans le jeu, peut-être aurait-elle abandonné plus vite. Peut-être qu’à l’heure actuelle, elle serait avec lui, dans les montagnes du Kirghizistan à boire cet alcool infect, qui sait ? Au lieu de cela, elle se trouvait enfermée dans une boite en métal, poursuivie par un groupe de mauvais perdants. 


Mais ce n’était pas ça le pire ... 


Le pire, c’est que c’était sa faute. Lui, Benjamin Herbert, était seul responsable de la situation dans laquelle se trouvait sa fille. C’était à cause de ce ridicule pari qu’elle était bloquée dans un monde virtuel. Pari qu’il avait lancé dans l’espoir qu’elle s’endurcisse un peu. Juste un tout petit peu, histoire qu’elle puisse survivre dans la nature, c’est tout ... Qu’est-ce que c’était de tuer une créature virtuelle ? Rien du tout. Simple comme bonjour. S’il avait su que ça plongerait sa fille dans une telle situation ... 


Ben, je te conchie, toi et tes idées de merde ! (Il y avait des jurons mais ils étaient mérités) 


-Et si ... et si on arrêtait de la nourrir ? proposa-t-il. 


Il aurait tout aussi bien pu émettre l’idée de la pendre haut et court que l’expression d’Alice n’en aurait pas été moins choquée. 


-Tu veux que je la force à revenir en la laissant mourir de faim ? 

-Je ... s’il n’y a pas d’autre solution, je ... 

-Écoute-moi bien, Benjamin Herbert, si elle a décidé de rester dans le jeu, c’est son choix et on ne peut rien y faire. Suggère-moi encore une idée comme ça et je te mets à la porte, c’est clair ? 


Il déglutit. Si sa sœur avait la réputation d’être douce et gentille, tout comme Megg, il fallait craindre lorsque son expression devenait aussi menaçante. Il acquiesça avant de dégainer son téléphone. 


-Qu’est-ce que tu fais ? s’enquit-elle. 

-Je l’appelle. 


Alice croisa les bras et regarda son frère effectuer les cents pas en attendant que Mégane décroche. Malheureusement, il tomba immédiatement sur un message vocal expliquant : 


La joueuse que vous essayez de joindre est actuellement indisponible.


-Il y a quelques jours, lui apprit Alice, son numéro a fuité sur le forum. Les autres joueurs s’en sont donné à cœur joie et depuis, elle reste injoignable. 

-Donc elle est au courant qu’elle est ... 


Benjamin ne sut comment terminer sa phrase, le mot « détestée » lui paraissant bien trop réel à son goût. 


-Je l’ignore, fit Alice en secouant ses cheveux bruns. Les joueurs avaient l’air de dire que personne n’était parvenu à l’appeler. Je pense que si au moins l’un d’entre eux avait réussi, il s’en serait aussitôt vanté.  


Le père de Mégane acquiesça. Qu’elle ignore tout de cette communauté était une bonne chose ; sensible comme elle était, elle ne résisterait pas à ce terrible choc. 


Son regard glissa le long du FreeBodyCare avec dégoût. L’inscription World of Domination gravée sur le côté lui donna même envie de vomir tant son ressentiment était grand. Dire que c’était son idée : sa fille chérie coincée à cause de lui. 


Il décocha à nouveau son téléphone avant de composer un numéro. 


-Qui appelles-tu, cette fois ? 


Benjamin fit signe à sa sœur de se taire tandis que les bips de la sonnerie retentissaient. 


-Oui, bonjour docteur, lança-t-il lorsqu’on décrocha à l’autre bout de fil. J’aimerais prendre un rendez-vous pour faire un scanner ... Oui ... C’est ça oui ... Le plus tôt serait le mieux ... Mmh, vous n’avez pas plus tôt encore ? C’est très important ... Ce soir serait parfait, docteur, je vous remercie infiniment. Dois-je prendre le casque avec moi ? ... Bien, je le prendrai, dans ce cas. À ce soir. 


Il raccrocha. 


-Qu’est-ce que tu fais ? Tu ne vas quand même pas ... 

-Je vais chercher ma fille. 

-Mais comment comptes-tu la ramener ? Elle évite tous les joueurs. 

-Je vais la trouver et la convaincre de rentrer. Je suis son père, je te rappelle. 

-Mais si elle refuse ? 


Le regard de Benjamin se durcit tandis qu’il prononçait une phrase que jamais il n’aurait pensé dire un jour : 


-Alors, pour qu’elle revienne à la réalité, je tuerai ma fille. 

Diffuse en direct !
Regarder son live