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World of Domination

Chapitre 23

Bivouac

Divers

-Regardez ce que j’ai trouvé! Un genre de ... heu ... aubergine rouge avec des pustules. 

-Megg, on t’a dit qu’il y avait de la viande. 

-Et moi je t’ai dit que j’étais végétarienne, Elias. La viande ça va bien quelques jours mais ça fait une semaine qu’on ne mange que ça. Et toujours la même pauvre bête en plus. 

-Pauvre bête, pauvre bête ; ça fait un moment qu’elle est morte la pauvre bête. 

-Bon, dites-moi plutôt si ce que j’ai cueilli se mange. 


Mégane déposa les victuailles devant ses trois compagnons. Paragon qui prenait soin des montures s’approcha pour jeter un coup d’œil aux fruits. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les tailles : des courbés, de petits globes ressemblant à des baies, des filiformes, des granuleux ... Il y en avait même un qui possédait la forme d’un donut. 


-Tu sais, Megg, dit-il, je ne ... hum ... je ne m’y connais pas trop en plantes ... 

-Bah tiens ! Il ne s’appelle pas le Désosseur pour rien, notre grand dadet ! Je te parie que si tu réussis à dénicher un fruit avec un squelette, il parviendra à te donner son nom, l’arbre dans lequel il pousse et les mille et une façons de le cuisiner. 

-Des fruits avec un squelette, ça existe ? 

-Comment cela se fait-il que je sois encore surpris par ton manque de culture ? soupira la Roi croqueur. Pourtant, chaque jour, tu nous poses de ces questions ... Je devrais être habitué à l’heure qu’il est, mais non. 

-Elias, intervint Hugo, sois un peu bienveillant avec notre chère Megg. Pour répondre à ta question, jeune fille, oui, il existe des fruits à squelette. Évidemment, ce n’est en rien aussi complexe que ce que nous possédons ; en général, ces fruits ne sont munis que d’une paire de jambes et le nécessaire pour les actionner. 

-Des jambes ? Mais, pour quoi faire ? 

-Là ! Tu vois, l’exemple parfait d’une question complètement stupide ; et ne va pas dire le contraire, monsieur du Dernier Rempart ! À quoi servent des jambes, sérieusement Megg ? 


Ignorant le bruyant animal, Hugo poursuivit ses explications : 


-C’est une manière comme une autre d’ensemencer ; la plupart des plantes utilisent le vent ou des pollinisateurs pour perpétuer leur lignée mais, dans certaines contrées, cela n’est pas assez efficace voire impossible. Prenons l’exemple de la Vallée pourfendue. À cause de sa position géographique et de la chaîne de montagne qui l’entoure, elle n’est balayée par aucun vent. Par un concours de circonstance, il n’y a pas de singe à fleurs, de gargouille bourdonnante, d’aiguillon rayé ou autre sorte de pollinisateurs vivant dans cette contrée ce qui laisse majoritairement la place à un type d’arbre d’y pousser : ceux possédant des fruits à squelette ou, plus communément appelés, les végétaux vertébrés. 

-Mais, comment cela fonctionne-t-il ? 

-Eh bien, les fruits vertébrés vont la plupart du temps tomber à l’aube. Une fois qu’ils touchent le sol, ils partent en quête d’un endroit ensoleillé. Il faut savoir qu’ils sont très sensibles aux rayons du soleil si bien que leur peau se désagrège au contact de la lumière. Si, en une journée, leur peau n’est presque plus présente, c’est un signe pour eux que l’endroit est idéal et ils s’y planteront, autrement, ils continueront leurs recherches. 

-C’est fascinant ! 

-En effet. Je me souviens d’avoir un jour été témoin d’un combat entre deux fruits. Ils se disputaient une place au soleil en se donnant des coups de pieds pour repousser l’autre et pouvoir se planter. C’était à mourir de rire ! 


Mégane rigola en imaginant une pêche envoyant des coups de pied circulaires en pleine poire d’une poire. Ce monde était décidément plein de surprises ! 


-Je pense avoir un jour rencontré un végétal vertébré, annonça-t-elle. 

-Vraiment ? À quoi ressemblait-il ? 

-Eh bien, c’était une grande créature faite d’écorces et de feuilles. On m’a dit qu’il s’agissait d’un gardien, si je me souviens bien. 


Les trois PNJ se figèrent. Ils s’entre-regardèrent avant de reporter leur attention sur la débutante.  


-Quoi ? Pourquoi vous me dévisagez comme ça ? 

-Grand dadet, on est d’accord que c’est impossible qu’elle ait rencontré un gardien, pas vrai ? 

-Heu ... eh bien ... Loin de moi l’idée de mettre ta parole en doute, petite flamme, mais je suis d’accord avec Elias : il est difficile de croire que tu aies croisé la route d’un gardien ... 

-Mais je vous jure ! C’était juste avant qu’on ne se rencontre, Paragon. Il m’a même donné une fleur ! 

-Elle divague ! C’est sûr, elle divague ! Et toi, monsieur du Dernier Rempart, tu ne dis rien ?? 

-Notre champion a raison, c’est impossible, asséna Hugo. Strictement impossible. 

-Écoute-moi bien, mon petit vieux, appelle-moi encore une fois champion, et je ... 

-Mais je vous jure ! s’écria Mégane. 

-Megg, je n’avais pas fini de parler donc tu vas tout de suite ... 

-Et si tu nous montrais cette fleur, proposa Paragon. 

-Vous avez tous décider de me couper la parole, c’est ça ?! Bon, Megg, montre-nous la fleur. 


Avide de défendre ses dires, la jeune fille s’exécuta sans plus attendre. Seulement, elle eut beau parcourir son inventaire en long, en large et en travers, elle ne trouva pas trace du mystérieux cadeau du gardien ... Se pouvait-il qu’elle ait simplement rêvé de sa rencontre avec cette créature ? Non, impossible, Raymond s’était fait dépixeliser et ils en avaient reparlé par la suite. Mais où pouvait se trouver cette satanée fleur, dans ce cas ? 


-Je ... je regrette, je ne la trouve plus, émit-elle piteusement. 

-Comme par hasard, voyons ! Je suppose qu’elle s’est inexplicablement volatilisée. 

-Calme-toi, champion. Megg, dis-nous plutôt à quoi elle ressemblait. 

-Laisse-moi réfléchir ... je me rappelle que le gardien a tendu sa main. Au début, il n’y avait rien et puis, une fleur a commencé à y pousser. Ses pétales étaient ... mauves, enfin, plutôt violets. Je l’ai cueillie, ensuite il est parti. 


Les PNJ étaient perplexes ; ils se concertèrent du regard, incapables de dire s’ils croyaient la jeune fille ou pas. 


-Mais pourquoi c’est si dur à admettre ? J’y suis pour rien, moi, c’est lui qui est venu vers moi. 

-Les gardiens sont des créatures extrêmement rares, expliqua Hugo. Moi-même, je n’en ai jamais vu de ma vie ... Je ne comprends pas comment toi, en même pas l’espace d’une complète mise-à-jour, tu en as aperçus un. 

-Et puis, nous nous trouvions dans le bois du guet-apens, enchérit Paragon. Ce n’est certes pas le genre d’endroit où débusquer une telle créature ... 

-Mais qu’ont-ils de si spécial, à la fin ? 

-Pour commencer, je ne pense pas que quelqu’un ne soit jamais venu à bout d’un gardien. Ou du moins, je n’en ai jamais entendu parler. Surtout que les PNJ ne cherchent plus à les tuer depuis la mise-à-jour 0.367 ... 

-Que s’est-il passé ? 

-Exélia. 

-Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? 

-Non, pas « que-ce que c’est ». « Qui est-ce ». Exélia est la PNJ qui a découvert les bases de l’ancien cybervarien. C’est elle la première qui a créé un lien avec l’autre monde et a introduit le codage dans nos vies. 

-Quel rapport avec les gardiens ? 


Hugo concerta ses deux autres compagnons avant de poser un regard hésitant sur Mégane : 


-Dis-moi, sais-tu quel lien il existe entre Exélia à la Fleur, Ralsès le Héros Quantique et Tannaris à la Voix d’Or ? 

-Heu ... la fleur, je présume ? 

-Exactement. Tous ont reçu la fleur d’un gardien avant de se mettre à accomplir des exploits légendaires. On ne sait pas si la fleur en elle-même est une preuve de grandeur ou une sorte de prémonition ... Mais une chose est sure, jamais un joueur n’a cueilli la fleur d’un gardien ... avant toi, d’après tes dires. Tu comprends à présent pourquoi nous avons tant de mal à te croire. 

-Moi, je la crois. 

-Mph, quelle surprise ! Grand dadet, tu la croirais si elle te disait qu’elle pétait de l’oxygène ! 

-Ah, ça j’ai vérifié et je sais que ce n’est pas ... 

-Je ne veux pas le savoir, voyons ! Je me doute bien qu’elle ne pète pas de l’oxygène. Megg, ta naïveté est en train de déteindre sur ce trodd des marais ! 

-Je suis désolé mais, pour moi, c’est impossible. 

-Ah, pour une fois que monsieur Hugo garde les pieds sur terre ... 


Tout le monde se tourna alors vers le Roi croqueur. 


-Quoi ? Vous voulez que je vous dise si je la crois ou pas ? Eh bien, non ! Pas le moins du monde, cette jeune fille ment autant que ... heu ... autant que ses cheveux sont rouges ! Et ils sont très rouges, c’est pour dire à quel point elle ment ! 

-Quelle répartie, ironisa Hugo. 

-Elias, lança la jeune fille, ton dîner va se faire la malle ... 


Paniqué, le Roi croqueur fit volte-face.  


Se tenant en équilibre précaire sur le dos de Tamagotchi qui marchait sur les braises du feu de camp, Sénéchal tentait d’arracher un bout de l’appétissant jarret de coureur des plaines piqué sur une broche. 


-Hey, fichez le camp, vous deux ! Zou, je ne veux pas vous voir traîner autour de notre dîner. Megg, depuis que les dents de ton familier ont poussées, il est devenu ingérable, et Sénéchal avec. Non mais regarde-les, ils sont inséparables ces deux-là. Et je vous interdis d’aller embêter TigrounetAGrandeQuenotte, c’est claire ? Vous savez qu’il a besoin de tout le repos possible après une journée de voyage. 


Il continua de grommeler des menaces à l’encontre des deux petites créatures tandis qu’il faisait tourner la viande avec une tendresse presque paternelle. La bongo sautilla de son unique jambe jusqu’à lui pour lui ébouriffer les cheveux avec sa trompe. 


-Oui, je sais que tu n’aimes pas quand je m’énerve, ma belle. Là, je me calme, tu vois ? Tu as bien voyagé aujourd’hui, tu sais ça ? Oh, tu veux des caresses ? Voiiiilà, des bonnes grosses grattouilles sur la trompe. 

-Il est complètement gaga ce Roi croqueur, soupira la jeune fille. (Elle fit mine de ne pas apercevoir le regard meurtrier que l’intéressé lui lança avant de se tourner vers Hugo :) J’ai quand même une question, enfin, parmi toutes les questions que j’ai, il y en a une qui me turlupine plus que les autres. Tu dis qu’Exélia a découvert l’ancien cybervarien, n’est-ce pas ? Et, grâce à cela, vous pouvez coder des demandes auprès des dieux afin d’augmenter la population des PNJ. Mais dans ce cas, comment faisiez-vous avant Exélia. 

-Eh bien, à ce jour, cela demeure un mystère irrésolu. 

-Comment est-ce possible ? 

-Il existe très peu de document datant de cette époque. 

-Mais vous devez certainement avoir des théories : comment faisiez-vous avant la mise-à-jour 0.300 je-ne-sais-plus-combien pour augmenter votre population ? 

-0.367, une grande mise-à-jour ! Eh bien ... il doit sûrement exister des théories mais je n’ai jamais vraiment creusé la question je dois admettre. J’étais trop occupé à me faire dérober mon village par les joueurs ... Je te rappelle que je ne suis apparu qu’à la mise-à-jour 1.165, bien après Exélia. Tout ce que je sais, je le sais grâce à des livres d’histoire, et laisse-moi te dire qu’il y en a très peu d’avant le cataclysme de la mise-à-jour 1.0. 

-Wow wow wow, tu es en train de m’embrouiller là ... vous ne pourriez pas dire des années comme tout le monde ? 

-Des années ? Pour quoi faire ? 

-Pour compter le temps. 

-Eh bien, parce que ce système est nettement plus pratique pour dénombrer les changements, enfin ! Regarde, c’est simple : chaque chiffre correspond à un changement dans le monde, que ce soit au niveau géographique, topographique, des règles du monde, ou quoique ce soit d’autre. Suivant leur importance, on va d’abord avoir les petites mises-à-jour qui représentent les millièmes. Donc, 0.001 est une petite mise-à-jour. Ensuite, les moyennes mises-à-jour pour les centièmes, donc 0.01. Les grandes mises-à-jour pour les dixièmes, 0.1, et enfin, les unités pour les mises-à-jour qui chamboulent tout. À ce jour, il n’y en eu qu’une seule ; nous l’avons appelée le cataclysme. L’unité représente l’ère dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes donc dans l’ère post-cataclysmique. 

-... 

-Ça va, tu suis ? 

-Ben ... si je dis non, Elias va encore s’écrier que je ne fais aucun effort et que je devrais apprendre à me servir de ma matière grise donc je vais dire oui. Mais alors, comment savez-vous qu’une nouvelle mise-à-jour est passée ? 

-C’est écrit dans ton tableau de bord. 

-Mais qui fait ça ? 


Hugo eut un rire désabusé : 


-Qui déplace le soleil, qui fait tomber les feuilles des arbres, qui fait pleuvoir, qui génère les mises-à-jour ... ? Ce sont-là des questions qui ne sont pas de mon domaine, jeune fille. Si la philosophie t’intéresse, je serais ravi de te présenter à des amis qui en connaissent un rayon sur le sujet. Enfin, s’ils sont toujours en vie, bien sûr ... 

-Bon ok, ok, donc si je comprends bien, 10 petites mises-à-jour équivalent à une moyenne mise-à-jour ? 

-Exactement ! Ainsi, cela nous permet d’estimer la quantité de changement qu’il y a eu depuis la 0.001. Je pourrais rentrer dans les détails mais je ne veux pas te donner trop d’informations en un coup ... 

-Mh ... J’ai l’impression que chaque explication crée encore plus de questionnements dans ma tête. Ok, j’en ai une dernière : tu dis que les changements génèrent les mises-à-jour, ou inversement, je ne sais plus ... bref. Mais alors, quand j’ai demandé à la Mort de rétablir l’équilibre, il aurait dû y avoir une nouvelle mise-à-jour, non ? 

-Bien, je vois que tu commences à comprendre ! Cela dit, ce n’est pas le cas ici car c’est une exception. Vois-tu, la Mort a posé une condition : « tant qu’elle vivra, cette règle persistera ». Cette simple phrase relaye la règle au rang de « sortilège éphémère » ce qui signifie que, un jour ou l’autre, la vie reviendra forcément à la normale. Tant que tu seras en vie, la mort des joueurs entrainera immanquablement leur bannissement. Les mises-à-jour, elles, sont permanentes. 


Mégane demeura songeuse, tentant de compiler les connaissances que venaient de lui fournir Hugo. World of Domination étaient tellement complexe ! Comment les développeurs du jeu avaient-ils penser à tout cela ? Tout possédait une raison d’être, un but. Même des fruits avec des jambes existaient pour une raison donnée. L’ampleur du travail derrière ce monde la dépassait complètement. 


Elle resta silencieuse tout le temps que dura la dîner, écoutant d’une oreille distraite le monologue d’Elias et s’amusant de voir Tamagotchi se démener comme il pouvait avec son bout de viande. Ses dents n’étant pas encore assez affûtées, il tirait dans tous les sens en grognant comme un forcené jusqu’à ce que la chair se déchire enfin. Alors, fier comme un paon, il la mâchouillait longuement, les paupières closes de satisfaction. 


Il ressemblait de plus en plus à un drake noir, la créature dont il avait chapardé la peau. À cela près qu’il était beaucoup plus petit et adorable et ne possédait pas d’aile. 


Avisant la mine soucieuse de Paragon, Mégane lui demanda ce qui le travaillait. Il soupira avant de tourner son regard vers le soleil couchant : 


-Cela fait une semaine que les joueurs nous courent après. Nous sommes parvenus à les semer à travers ces bois mais, bientôt, nous arriverons aux Plaines de Cijyack, des steppes herbeuses qui s’étendent à perte de vue. Il n’y aura plus d’endroit où nous cacher ... 

-Ne pourrions-nous pas les contourner ? intervint Hugo. 

-Et passer par la Crevasse ? Non, je ne prendrai pas ce risque. Les créatures que l’on y trouve m’effraient davantage que les joueurs à nos trousses. Nous devons poursuivre plein ouest à travers les plaines pour atteindre notre destination. 

-Oh arrête avec ça, grand dadet ! Où allons-nous, à la fin ? 


Songeur, Paragon fixa son regard sur ses trois compagnons ; il soupira avant de faire apparaître sa carte : 


-Nous sommes ici (il pointa un lieu nommé la Forêt d’Etenn), tout ça, ce sont les Plaines de Cijyack, il faudra plusieurs jours pour les traverser. Et nous allons là. 


Tout le monde se pencha pour tenter d’apercevoir le petit point que le colosse désignait du bout de l’index. Placé à la frontière avec lesdites plaines, le morceau de territoire indiqué portait le doux nom d’Entre-terre


-Jamais entendu parler, c’est quoi ? 


Devant les regards interrogateurs de ses amis, le Désosseur enjoignit Hugo d’ouvrir sa carte. 


-Tu m’as dit que tu avais déjà découvert cette région, n’est-ce pas ? Donc tu devrais être capable de trouver Entre-terre sur ta carte. 

-Dans ce cas, pourquoi je ne la vois pas ? 

-Eh bien, comme tous les joueurs qui en ont après nous, tu ne peux la distinguer sans avoir avant cela visiter cette zone précisément. 

-Comment se fait-il qu’on puisse la voir sur ta carte, alors ? 


Paragon eut un sourire énigmatique. 


-C’est là que réside le secret de cette terre. Sa propriétaire la cache à la vue de tous à l’aide d’un puissant sortilège. J’ai un jour pénétrer dans ce lieu ce qui me permet de le distinguer sur ma carte. C’est le meilleur endroit où cacher Megg ... et organiser une riposte. (Il s’étira longuement) Vous feriez mieux de dormir, je prends le premier quart. Nous partons dans quatre heures. 


Hugo et Elias s’exécutèrent mais Mégane préféra s’asseoir aux côtés du Désosseur. Ils laissèrent les crépitements du feu, le pépiement des oiseaux et le cri d’autres animaux emplir le silence. Lorsque Sénéchal se coucha auprès de son maître, Tamagotchi en fit de même et escalada le genou de la jeune fille pour se pelotonner entre ses jambes croisées. Il ne fallut pas longtemps avant qu’un léger ronflement leur parvienne ; la journée avait été longue pour tout le monde. 


-Est-ce vraiment pour cela que tu es inquiet ? s’enquit finalement la joueuse. 


Paragon ne parvint pas à masquer sa surprise ; cette fille était réellement capable de lire dans son cœur. Il soupira avant de reporter son attention sur la forêt en contrebas. 


Ayant déniché cette corniche plus tôt dans la soirée, il avait aussitôt décidé d’y faire halte afin de se reposer et de se sustenter. L’endroit était idéal pour distinguer n’importe quelle menace en approche tout en restant à couvert des arbres. 


-Pourquoi penses-tu que quelque chose d’autre m’inquiète ?  


Elle haussa les épaules : 


-Mon instinct, je dirais. 

-Ton instinct voit juste, sourit le colosse. Je ... cette femme qui possède Entre-terre ... Elle est ... disons étrange. 

-C’est ça qui t’inquiète ? Je te rappelle qu’on voyage avec Elias le Roi croqueur, plus étrange que lui tu meurs ! 


Cette remarque parvint à effacer les quelques rides d’anxiétés qui couraient sur le front du Désosseur. Il posa son regard gris acier sur Mégane : 


-Je suis heureux de t’avoir rencontrée, petite flamme. 


Elle sourit et se pencha pour l’embrasser. 


-Moi aussi. 


Sans mettre fin à leur baiser, elle déposa son familier sur le sol et vint s’asseoir à califourchon sur les jambes de son amant. 


-Mais dis-moi, en quoi est-elle si étrange ? 

-Eh bien, pour commencer, je ne suis pas sûr qu’elle nous acceptera chez elle. 

-Ah bon ? N’êtes-vous pas amis ? 

-Hum ... entre elle et moi, ça a toujours été compliqué ... À vrai dire, elle me déteste. 

-Elle te déteste ? Mais pourquoi ? 

-J’ai fait quelque chose ... et c’était mal. Depuis, la simple évocation de mon nom lui donne des envies de meurtre. 


Comprenant qu’il ne souhaitait pas en révéler davantage, Mégane n’insista pas. Cependant, elle s’interrogea : qu’avait pu faire Paragon à cette PNJ pour qu’elle le haïsse à ce point ? Et, si elle le détestait tant, pourquoi le guerrier avait-il décidé de courir se réfugier chez elle ? N’y avait-il aucun autre endroit susceptible de protéger la jeune débutante de la haine des joueurs ? 


Constatant que l’inquiétude avait repris sa place dans le cœur du colosse, Mégane le serra contre elle. Alors qu’elle désirait le réconforter, elle avait obtenu l’effet inverse en lui posant toutes ces questions. Elle décida donc de changer de sujet : 


-Comment cela se fait-il que tu ne fasses jamais de récupération ? N’es-tu jamais blessé ? 

-J’ai déjà eu quelques égratignures par le passé, concéda-t-il, mais je n’ai pas souvent eu à me soigner de cette manière. Et de toute façon, je n’y arrive pas ; je me pose trop de question. 


Mégane dû admettre que ce devait être laborieux de se concentrer avec un tel capharnaüm dans la tête. Heureusement, elle connaissait un moyen de faire naître le silence en lui. Avec un sourire coquin, elle ouvrit son tableau de bord afin de réinitialiser son équipement. 


Subitement nue, elle s’amusa de voir l’expression du colosse passer peu-à-peu de la stupéfaction à l’excitation. Ils avaient une heure devant eux avant qu’Hugo ne prenne la relève du prochain tour de garde, autant bien l’exploiter ... 

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