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Zeus

Chapitre 1

Zoophilie

Quelle cuite mes amis ! Rarement, j’en ai pris une aussi sévère. J’ai la bouche pâteuse et les idées pas très claires. Bon, je devrais m’avouer une fois pour toutes que le Scotch et mon estomac ne feront jamais bon ménage. Une envie de gerber me prend, alors que la porte de chez moi fait de la résistance. Quand je dis la porte, il s’agit plutôt de la foutue serrure qui la tient fermée. Mes yeux ont beau viser la fente, il semble que la clé se soit singulièrement déformée au point de ne plus vouloir y entrer.


C’est donc à quatre pattes dans le jardinet que je renvoie à la terre ce nectar bu chez des amis. Cette régurgitation a au moins le mérite de me libérer des maux de tête qui sonnent le tocsin dans mon crâne depuis... quelques minutes. Comment ai-je pu me mettre dans un état pareil ? J’ai beau chercher, tenter de me souvenir... rien ne passe le filtre de mon cerveau engourdi par les brumes alcoolisées. Juste quelques bribes... j’entrevois simplement le début de soirée.


— xxxXXxxx —


L’invitation à dîner chez Claire et Milan avait été lancée de longue date. Depuis un mois au moins et ce n’est qu’hier soir qu’elle m’a rafraîchi la mémoire. Un coup de fil anodin, un SMS pour me rappeler que je devais être chez eux pour vingt heures. Jusque-là, pas de souci particulier. Ils avaient simplement omis de me dire que le frère de Claire serait aussi présent. Et ce gaillard, de retour d’Irlande, n’était pas venu les mains vides. Un échantillon des produits locaux en quelque sorte, mais sous forme liquide.


Mais j’ai oublié que si mon cœur adore le « Balvenie » vieux de vingt-six ans d’âge, mon estomac lui, ne supporte pas cet alcool. Alors ? Combien de ce fameux « Chocolate malt » ai-je ingurgité ? Je n’ai guère de souvenir du repas, et j’ai bien peur de ne pas y avoir fait vraiment honneur. Pourvu que je n’aie pas débité trop de conneries... Je garde quelques traces des fous rires de cet Allan et du couple. Ils me résonnent encore dans les oreilles... surtout ceux de Claire. Et puis comment suis-je rentrée ?


Je n’ai tout de même pas conduit ma voiture avec trois grammes dans chaque pore de ma peau ? Et cette Bon Dieu de porte qui ne veut toujours pas me laisser rentrer chez moi ! J’ai de la terre aux genoux, mon chemisier est taché et il me semble qu’une odeur infâme me poursuit. Désolée, mais je n’avais pas de bavoir, alors le devant de mon vêtement a morflé. Bon ! Tu vas finir par céder, saloperie de serrure ? Ah ! À la bonne heure, la clé s’est enfin rendue à de meilleurs sentiments. Elle fait un tour et délivre le pêne.


— xxxXXxxx —


Si je connaissais l’abruti qui a allumé la lampe juste au-dessus de ma figure... J’ouvre enfin un œil. Ma paupière retombe de suite puis se rouvre pour absorber une bonne dose de lux sur la minuscule surface de ma prunelle marron vert. Je dois me rendre à l’évidence, ce sont bien les persiennes qui ne sont pas tirées et le soleil m’agresse. Je fais le tour du canapé et mes frusques sont éparpillées un peu partout dans la piaule. Je n’ai sur moi qu’une culotte et mon soutien-gorge. Celui-ci ne cache pas vraiment ma poitrine, il a dû tourner alors que je tentais de le dégrafer. Et ça me donne une touche de... sorcière.


Il est temps de remettre de l’ordre dans tout cela, à commencer par mon caberlot. Je sens une vague odeur écœurante. Ce sont mes vêtements qui puent de la sorte ? Oui pour la chemise, quant à la jupe, il me faut encore la retrouver. Elle gît dans l’entrée, à dix mètres du salon ! Un de mes escarpins lui tient compagnie, le second lui... se trouve à l’entrée des toilettes. Bien, reste à réunir toutes les pièces et à coller le linge souillé dans la panière à la salle de bain. Les chaussures dans le placard et la gamine sous la douche. On y verra plus clair après un bon décrassage.


Chose dite, chose péniblement faite ! Mon estomac même vide fait des sauts de cabri dans mon corps. Non, mais quelle conne ! Je te jure ! Picoler du Whisky même Irlandais quand on ne le supporte pas, ce n’est pas une idée humaine cela. Et pourtant ! La douche est douce, et me ramène sur terre. Reste à savoir ce qui s’est vraiment passé chez mes amis. Pour une dînette, c’est du gratiné. Une pensée idiote me monte droit dans la caboche... et après m’être séchée, je revisite mon linge sale. Ma culotte pour être exacte.


Elle est là, en boule dans ma main, à couler sous mes narines. Puis mes yeux revenus en face des trous la visionnent sous toutes ses coutures. Apparemment, pas de traces suspectes de... et je n’ai pas trouvé en me lavant de marques dues à une partie de cul oubliée. Le visage d’ange de cet Allan refait surface derrière mon front. Je vais avoir besoin d’un comprimé d’aspirine pour stopper le train qui arrive lancé à toute allure sous mes tifs. Le dîner ? Impossible de me rappeler ce que j’ai bien pu avaler, le Scotch mis à part bien sûr. Une autre idée s’incruste derrière la frange qui me tombe sur les yeux... ma voiture ?


La place est inondée de soleil et la tache blanche de mon véhicule est bien devant ma maison. Proprement garée, là où je la mets d’habitude. Donc soit je suis revenue avec elle et là, ce n’est pas très prudent pour le coup, soit quelqu’un m’a ramenée, mais alors, pourquoi m’avoir laissé tomber sur le perron ? Un mystère de plus à éclaircir. Je suis également les marques de pas qui sortent du sentier. Quelques fleurs ont fait les frais de l’opération « soulagement » en pleine brousse potagère. L’odeur est immonde dans ce coin-là, sous la fenêtre de cuisine.


— xxxXXxxx —


Les bulles me fascinent alors qu’elles troublent la limpidité de l’eau du robinet. Je siffle d’un trait le médoc qui va, à coup sûr, me soulager. Je n’ai guère envie de bouger, mon estomac règle chaque mouvement de mon corps par un haut-le-cœur qui m’amène le peu que je garde en moi, au niveau de mes lèvres. La meilleure solution reste le divan et c’est un bonheur d’y retrouver une position horizontale permanente. Les chailles fermées, la vie redevient nettement plus agréable. Non, décidément, impossible de savoir ce que j’ai bien pu manger chez mes amis ! Et puis pourquoi la frimousse du frère de Claire reste-t-elle en suspens dans mon salon ?


Voilà ! C’est ma seconde incursion dans le monde des gens normaux, sur terre. Cette fois, plus de douleurs, simplement une soif violente. Je me lève précautionneusement et le sol ne tangue plus. Pas de roulis non plus, ce qui me permet de me rendre à la cuisine. La « crystalline » est la bienvenue, prise directement au goulot de la bouteille. Eh bien, ma fille, en voilà une de cuite mémorable ! Bon... cette fois, la décision est prise, plus jamais de whisky d’où qu’il vienne. Serment d’ivrogne sans doute, bien que celui-ci me rassure et m’engage à continuer.


Mon portable dans l’entrée fait comme une tache sur le carrelage. J’ai bien ramassé les haillons qui jonchaient le sol, mais lui je ne l’ai pas vu. Pas de dégâts apparents, tout va bien. Machinalement, je jette un coup d’œil sur l’écran et l’avatar de la messagerie me saute aux yeux. J’enclenche la touche pour écouter le SMS, que j’imagine de l’amie Claire et son compagnon. Et non ! Raté. La voix qui entre dans mes esgourdes n’a rien de féminin.


oxxXxxo


« Allo ! Bien décuitée ? J’ai laissé les clés de votre voiture sur le tableau de bord. Je suppose que vous aurez ce message à votre réveil. Alors, faites-moi signe lorsque vous serez disponible... je suis d’accord pour venir avec Zeus ! Reposez-vous bien belle dame... »


oxxXxxo



Zeus ? Qui c’est encore que celui-là ? Et pourquoi le frangin de Claire me parle-t-il d’un Dieu grec ? Pas moyen de me souvenir de quoi il retourne. J’ai dû sacrément déconner à cette soirée et me foutre dans un beau pétrin ! Enfin, je vais attendre Allan puisque c’est bien lui qui saura me rappeler. Je ne vais pas aller au-devant des ennuis. Ce n’est pas tout cela, mais je dois nettoyer aussi le jardinet proche de la fenêtre de la cuisine. Pas envie qu’en plus de l’odeur, des bestioles, mouches ou autres viennent en rajouter. De toute façon, je n’ai pas envie de revoir l’olibrius avec qui je me suis pinté la ruche... enfin, pas aujourd’hui, donc ça peut attendre.


Tout est de nouveau nickel ! La machine à laver tourne et les fleurs sont nettes, saupoudrées de terreau frais. C’est encore le téléphone qui me dérange ? Oui ! Mais cette fois, c’est Claire.


— Allo ma chérie ! Comment s’est passé ton retour avec mon frère ?

— Ben...

— Il n’avait pas trop bu et il a bien ramené ta voiture ?

— Oui... oui, rassure-toi ! Elle est là devant chez moi.

— Tu avais toi par contre déjà bien trop picolé pour apprécier le menu. Tu t’es couchée vers quelle heure ? Vous n’êtes tout de même pas allés en boîte comme vous aviez l’intention de le faire...

— Non, non, nous sommes rentrés directement...

— C’était mieux pour tout le monde. Allan ne t’a pas rappelée ? Il a essayé de te joindre dans la matinée, sans succès.

— Oui ! Il m’a laissé un message et je vais lui répondre. Je... je peux te poser une question ?

— Ben oui ! Vas-y !

— Je n’ai pas dit ou fait trop de conneries chez vous hier soir ?

— Non ! Tu étais pompette, mais rigolarde, la Sonia habituelle quoi... tu ne t’en souviens plus ?

— Le Scotch... je ne supporte pas cette boisson...

— Eh ben, ma vieille, il ne faut pas boire quand on ne supporte pas...

— Ne rigole pas ! Je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé ni de ce que j’ai mangé dit ou fait chez vous ou ailleurs.

— Tu es incorrigible toi. Tu demanderas à Allan, lui n’avait pas l’air aussi mûr que toi. Il saura bien te faire un rapport... mais, vous n’avez pas... tous les deux tout de même ?

— Baisé ? Tu veux dire baiser ? Nonnn ! Enfin... Je ne crois pas...

— Ça serait rigolo ça !

— Qu’est-ce qui serait rigolo ?

— Que tu passes d’amie à belle-sœur !

— N’y songe même pas ! Le mariage n’est pas fait pour moi...

— Bon, allez, Milan m’appelle, on sort. Bise ma belle... ivrogne va !


Son fou rire dans les oreilles m’atteint de plein fouet. Apparemment, c’est bien son frère qui a ramené ma bagnole, c’est déjà ça ! Mais où est-il passé ensuite alors ? Finalement, c’est encore plus grave que je ne le croyais. Pire, il y a ce Zeus dont le zigoto avec qui j’ai bringué m’a parlé, qui peut-il être ? Un nouveau verre... d’eau cette fois va me couper cette soif qui ne me lâche plus. Le bon pinard rappelle la flotte... mes maux de tête sont passés, au moins, c’est déjà cela de gagné. Puis j’ai faim, bonne maladie en soi.


— xxxXXxxx —


Le dimanche se passe à me prélasser au soleil. J’ai oublié jusqu’au prénom de ce frère de Claire. Et le lendemain, ma journée de boulot ne se passe relativement pas trop mal. Les lundis ne sont pas des jours surchargés. Les clients du reste se font un peu timides depuis quelque temps. C’est donc sans méfiance aucune que je décroche le combiné pour répondre à un des rares appels de cet après-midi calme.


— La compagnie d’assurances A... Bonjour !

— Ah ! Vous avez une jolie voix au téléphone Sonia.

— Pardon ?

— Allan ! Vous me remettez, le frère de votre amie, Claire.

— Euh... oui, je vois. Bien sûr ! Comment oublier ce samedi soir... encore que mes souvenirs ne soient pas très nets ?

— Vous m’offensez là ? Nous n’avons fait que rire. J’ai passé le reste de la nuit et mon dimanche dans un hôtel proche de votre domicile.

— Un hôtel ?

— Oui, j’avais moins bu que vous, mais j’étais piéton après avoir remisé votre voiture devant chez vous...

— Ah zut ! Vous auriez dû m’appeler ! Je vous aurais raccompagné chez vous après avoir un peu... dessoulé.

— Oh, je me suis arrangé, et puis de temps en temps. un break n’est pas pour me déplaire. Donc vous ne vous souvenez de rien ?

— Pas vraiment. J’ai fait beaucoup de bêtises ?

— Des bêtises ? Non ! Mais quelques promesses... je vous les rappellerai à l’occasion puisque vous n’avez pas de souvenirs...

— Oui, mais il est des promesses qui sont...

— Si je vous en ai fait, je les honorerai bien sûr.

— Là encore, vous en êtes bien certaine ? Parce que...

— Bon, j’ai un appel sur une autre ligne, je dois couper... n’oubliez pas... je sors après dix-sept heures trente... pour me rappeler.


La première ligne de mon bureau est retombée dans le silence. Sur la seconde alors, une voix féminine me parvient pour quelques renseignements. Je fais mon job et le temps s’étire mollement vers l’heure de la sortie. Je prends mon temps pour rentrer chez moi, passe aussi au supermarché. Mauvaise habitude que celle de manger au moins deux fois par jour, voire trois si l’on compte le petit-déjeuner. La préparation d’une salade verte me transporte vers les infos, suivies sur une chaîne locale de la télé. C’est au milieu de celles-ci que mon oiseau rare fait dirdinguer à nouveau mon portable.


— Allo !

— Sonia ! Ça y est ? Vous avez fini votre journée de travail ?

— Oui ! Ça fait du bien de rester tranquillement chez soi. Mais vous n’avez donc pas bossé, vous ?

— Oh si ! Mais vous savez, entre chaque client, il y a parfois des kilomètres de route et le Bluetooth pour le téléphone en voiture, c’est super.

— Je me disais aussi, le bruit de fond que j’entendais cet après-midi, c’était bien le moteur de votre voiture...

— Oui ! Mais c’est autorisé puisque je n’ai pas de téléphone dans la main. Ça passe par l’informatique de ma caisse. Et je n’ai pas à quitter la route des yeux ni le volant des mains.

— Et vous étiez dans quel endroit alors ?

— À environ trente kilomètres de chez vous. Je sortais d’une grande cave où j’avais des commandes à prendre.

— Vous négociez des vins ?

— Je passe dans les bars et les restaurants et je vends de grands crus à ceux qui en veulent, bien sûr !

— Ouais... j’avais pensé que vous vendiez des alcools plus forts.

— Oh non ! Si vous faites référence au Scotch de samedi soir, celui-là vient directement d’un distillateur irlandais... j’en ai rapporté quelques échantillons si le cœur vous en dit...

— Non ! Non merci ! Le malt me met dans des états pas possibles. Vous vous en êtes rendu compte, il me semble.

— Je peux... passer vous voir si vous voulez. Je suis à l’hôtel, celui où j’ai dormi suite au repas chez ma sœur.

— Comme vous voulez. Mais pas de scotch ou autre whisky, je n’en boirais pas de toute façon.

— Non, non ! Juste un bon bourgogne... si ça vous convient.

— Pourquoi pas... ça reste bien franchouillard... c’est plus digeste.


Au bout du fil, je l’entends s’esclaffer. Il rit comme un bossu et je rajoute quelques feuilles dans mon saladier. Je sens bien que ce gaillard-là va partager mon casse-croûte de ce soir. Il a des trucs à me rapporter, à me relater, pour que les pièces du puzzle se remettent en place. Dans mon réfrigérateur, il doit me rester une bouteille de « Petit Chablis » au frais. C’est un blanc que j’affectionne tout particulièrement. Il ne me reste plus qu’à attendre mon loustic de pied ferme.


Une douche rapide, juste le temps de me sécher et de faire un raccord à mon maquillage que déjà Allan sonne au portillon. Je lui ouvre et il a un sourire radieux. Sa bouteille d’une main et un énorme bouquet de l’autre, il me fait l’effet d’un dragueur impénitent qui vient à un rendez-vous galant.


— Bonjour ! Entrez donc.

— Bonjour, Sonia, vous êtes toujours en beauté.

— Si vous faites une comparaison avec notre dernière rencontre, et surtout la fin de celle-ci, je reconnais que vous devez avoir raison. Merci pour les fleurs... il ne fallait pas !

— C’est chouette chez vous !

— Vous n’étiez pas entré l’autre soir... c’est vrai que j’ai eu beaucoup de difficulté avec la serrure.

— Ah bon ?

— Oui ! J’ai passé un temps fou à ouvrir celle-ci et mon Dieu... pour un peu, je dormais à la belle étoile. Je ne serais pas morte de froid de toute manière, avec ce que je... enfin, nous avions torché.

— Moi, ça allait ! Sauf que j’ai dû dormir pas très loin d’ici, parce que j’étais sans véhicule.

— Oui ! Oui c’est ma faute ! Je n’étais plus en état de penser sainement. Je vous garde pour le dîner ? Pour me faire pardonner.

— Ça va vous faire du dérangement... et je ne voudrais pas abuser de votre temps.

— Pff ! N’importe quoi ! Et puis ce sera juste salade verte et jambon blanc. Pas de quoi faire des frais.

— Alors... c’est si gentiment demandé.

— Bien ! Commençons par boire un verre... un peu de blanc si vous aimez cela en guise d’apéro ?

— Pourquoi pas ? Ah, mais dites-moi, un « petit Chablis » on ne se refuse rien... qui c’est votre producteur ?

— Oh ! Un petit éleveur du chablisien... mais j’adore son vin...

— Bon ! Ça ne coûte rien de goûter ! Apparemment, il est bien frais... idéal quoi.


Il m’a pris la bouteille des mains et je vois qu’il s’y connaît en matière de débouchage de vin. En deux temps et trois mouvements, le liquide jaune translucide coule dans deux verres préparés à l’avance. Nous trinquons simplement en picorant des gougères que j’ai mises à décongeler.


— Il est parfait... extra, frais comme il faut. C’est bien de savoir garder le vin à la température idéale.

— Aucun mérite ! Il est dans le frigo depuis deux ou trois jours. Je ne l’ai pas bu parce que j’avais fait des folies avec un truc irlandais, vous vous souvenez ?

—... Oui... vous n’aimez pas le whisky donc ?

— Si ! C’est lui qui ne m’aime pas, je crois que c’est tout différent. Bon, on mange un peu ? Comme je vous l’ai dit, ce sera salade verte et jambon.

— Mais c’est mieux qu’un tête à tête avec une assiette dans un restaurant anonyme, vous savez ! Et puis l’hôtesse est très sympathique à regarder...

— Merci.


Nous sommes l’un en face de l’autre et notre dînette se déroule sous les meilleurs auspices du monde. Nous bavardons de tout, de rien. Je repousse au maximum les questions qui remontent en masse sous ma crinière. Savoir ce que j’ai bien pu faire, alors que j’étais ronde comme une queue de pelle, en sortant de chez la sœur de mon invité. Ça se bouscule dans mon crâne et finalement, c’est juste avant le fromage que je craque.


— Si nous parlions de cette fameuse soirée... qu’est-ce que nous avons bien pu fabriquer ?

— J’ai surtout passé mon temps à vous arracher la bouteille de la bouche. Vous ne vouliez plus rien entendre.

— Ça s’est bien possible. Je ne suis pas très souvent ivre, mais là, j’avoue que mon état lors de mon réveil m’a fait craindre le pire.

— Le pire ? Et vous entendez quoi, par là ?

— J’ai même cru un instant que vous et moi... enfin, vous voyez ce que je veux dire ?

— Vous auriez trouvé cela déplaisant ? Rassurez-vous, je ne force jamais personne. Nous avons surtout beaucoup ri et nous avons joué.

— À quoi grands Dieux ?

— Action-vérité ! Vous imaginez ce que ça peut donner...

— Pas totalement, même si j’en ai une vague idée... et j’ai été incorrecte ?

— Pas du tout. Vous avez pourtant insisté et j’ai dû tempérer vos ardeurs... Vous avez promis des choses par exemple...

— Dites-moi donc lesquelles ! Je ne veux pas mourir complètement idiote. Puis par la même occasion, parlez-moi de Zeus...

— Vous n’arrêtiez plus de parler de sexe... vous vouliez sortir en boîte et j’ai dû arrondir les angles, dans votre état... beaucoup auraient profité de...

— Et ce fameux Zeus alors ?

— Zeus... je ne sais pas vraiment si ça vaut la peine de le ramener sur le tapis.

— Pourquoi donc ?

— Parce que vous avez oublié ce que vous aviez promis et c’est bien mieux pour tout le monde... pour vous aussi.

— Je veux savoir et honorer mes promesses. Celles faites sous l’influence de l’alcool et les autres s’il y en a eu d’autres. Alors, dites-moi... s’il vous plaît.

— Vous pensez vraiment que ce serait bien de savoir jusqu’où vous vous étiez engagée. Tant que vous ne vous souvenez plus, l’honneur est sauf. Si je vous raconte, vous allez vous maudire. Et ça ne changera rien...

— Bon sang, je suis une grande fille ! J’ai trente-cinq ans, j’ai fait ma communion, il y a longtemps alors je peux assumer mes paroles, je veux tout savoir.

— Tant pis pour vous alors ! Ne venez pas vous plaindre...

—... ?


Allan se met alors à me raconter comment j’ai voulu boire un verre dans un bar. Les clients, des habitués, des hommes ont eu tôt fait de me faire boire quelques verres supplémentaires. Et sous l’effet des mélanges, j’ai juré que je pouvais faire n’importe quoi, à n’importe qui. J’écoute avec le sang qui quitte mes joues. Je suis blême et honteuse de ce que j’ouïs. Mais il est bien possible que je me sois engagée de la sorte avec des picolos, piliers d’un bar voisin.


— Je... leur ai dit cela ? Vraiment !

— Ca et bien pire encore. Nous parlions de mon chien, celui de mes parents et vous avez juré à ces mecs que vous n’hésiteriez pas à... faire ce genre de chose avec lui... devant eux s’ils le voulaient. Vous pensez bien que deux ou trois de ces vieux beaux vous ont prise au sérieux. Et je n’ai pas cessé d’arrondir les angles.

— Quand donc devais-je les revoir pour leur montrer de quoi je suis capable ?

— Samedi soir vers vingt heures, vous leur avez donné rendez-vous au parc tout proche ! Je pense qu’ils ont compris que vous étiez ivre... mais faites attention parce que certains pourraient vous reconnaître dans les rues et ma foi...

— Mais qui est donc Zeus ?

— C’est un berger allemand, le chien de mes parents. Je ne me souviens plus comment nous en sommes arrivés à parler de lui et vous à faire vos paris stupides. Mais comme vous n’avez plus de souvenirs, ça ne compte donc pas...

— Merde alors ! Mais moi, quand je donne ma parole... je suis une personne de confiance et je tiens à ne pas passer pour une menteuse ou une tricheuse...

— Un chien... tout de même ! Zeus, vous vous rendez compte ? Il a six ans et est en pleine forme... Je peux vous assurer qu’il se frotte parfois sur les coussins chez mon père... c’est imposant, vous savez... ne vous mettez pas martel en tête. N’en faites pas une question d’honneur.

— Vous savez bien que ces gens-là sont tous des clients potentiels de mon cabinet, je vais avoir l’air de quoi, moi si... je ne tiens pas parole. Ah ! Vous en avez fait de belles avec votre Scotch irlandais !

— Eh ! Je ne vous l’ai pas versé de force dans la gorge non plus ! Je ne sais pas combien de fois j’ai tenté de vous reprendre le flacon des mains... vous avez du culot...

— Oui... pardon ! Bon, comment est-il votre... ami Zeus ? Il ne mord pas au moins ?

— Non ! Mais vous n’allez pas... non, je n’y crois pas !

— Je pourrais le voir avant ? Et vous seriez là avec moi pour m’épauler samedi au bistrot ?

— Si vraiment vous y tenez ! De toute façon, je ne laisse pas le chien de mes parents tout seul, on ne sait jamais.

— Mais vous pourrez l’amener ou pas ?

— Il suffit de demander...


La fin du repas se passe dans un silence pesant, pour ne pas dire religieux. Je ne crâne plus, je ne cherche aucune excuse à mon comportement. Et Allan me rassure. Il me passe son bras autour des épaules, m’aide à desservir. Je le sens préoccupé, mais je le suis davantage. C’est bien moi tout craché cela ! Aller fanfaronner devant je ne sais combien de vieux picolos qui doivent doucement rigoler de savoir qui je suis et où je bosse. Je me sens prise à mon propre piège. Allan ne me paraît pas plus que cela dérangé par cette situation désobligeante pour moi !


— Ne vous inquiétez pas et laissez tomber. Personne ne viendra vous chercher des poux sur la tête. Ils sont comme vous, ils ont dormi depuis cette histoire.

— Ouais ? Et si l’un d’eux se pointe à mon bureau ? Je lui dis quoi ? Et je passerais pour qui ou quoi ?

— Je comprends votre point de vue ! Mais de là à faire cela avec un cabot... vous avez déjà eu ce genre d’expérience ?

— Bien sûr que non ! Je n’en ai déjà pas tellement avec des humains, alors avec un... vous pensez bien que...


Je sens sur moi son regard. Je crois que je viens encore de parler trop vite. Il a été surpris par ma réponse et d’un coup, j’ai l’impression qu’il ne me voit plus tout à fait de la même manière. J’étais jusque-là une femme avec qui il discutait gentiment, je suis d’un coup une frustrée mal, ou pas du tout baisée, et ça fausse nos rapports, soudain. Sa main qui n’a pas quitté mon épaule depuis un long moment, je l’ai sentie qui serrait plus fortement la rondeur de mon articulation. Je n’ai pas le cœur à cela et c’est pourtant bien un nouveau palier que je viens de lui faire franchir. De copine, je deviens proie ?


— Je peux sinon arranger le coup, du moins en minimiser l’impact, enfin si vous le désirez bien sûr.

— C’est-à-dire ? Expliquez-moi, parce que ce que vous me racontez, c’est du chinois là !

— Disons que je pourrais d’une part aller revoir ces gars et tenter de vous aplanir toutes les difficultés. Par exemple, qu’ils ne viennent pas tous dans ce foutu parc, mais juste un ou deux qui attesteraient de votre bonne foi. Peut-être même changer l’endroit pour cela et vous mettre à l’abri des regards des passants toujours possibles. Vous voyez... ainsi vous auriez tout loisir de respecter votre parole sans pour cela courir trop de risques.

—... ! Et je devrais faire cela où exactement, parce qu’ici, il n’en est même pas question...

— Disons... chez moi ! Je vous prêterais ma maison pour l’occasion et y conduirais les spectateurs qui n’auraient d’autre choix que de ne pas bouger...

—... Ça demande réflexion... bon, ce n’est pas tout cela, je bosse demain, il faut que je dorme un peu.

— En clair, vous me chassez, si je saisis bien...

— Chasser, chasser, comme vous y allez... enfin oui, c’est un peu ça.


Nous rions ensemble, mais moi, bien jaune, je l’avoue. Comment me suis-je fourrée dans un tel pétrin ? Est-ce une bonne idée de me rendre chez Allan pour... et avec un cabot en plus, devant des gens inconnus ? Merde alors, j’ai beau retourné le problème dans tous les sens, je n’ai pas de solution. Il quitte ma maison avec seulement un bisou sur la joue et j’ai bien compris qu’il est plus frustré que moi par l’abandon de cette perspective de sexe qu’il envisageait sans doute, depuis que j’ai trop parlé.


— xxxXXxxx —


Je rappelle au téléphone Allan tous les soirs de la semaine, anxieuse de ce samedi prochain qui se dessine déjà. Nous n’avançons pas dans nos rapports, bien que nous décidions ensemble de la marche à suivre pour... cette soirée merdique pour moi qui se profile à l’horizon. C’est une conséquence directe de ma propre inconséquence évidemment. Nul autre que moi n’est à blâmer. J’opte finalement pour la solution qu’il me propose : celle de venir chez lui et d’y faire ce que je dois faire. Il me retire une épine du pied en s’occupant de tout. Au moins n’aurais-je pas en plus les détails sordides dans la tête. Bien que je doive admettre que ceux-ci m’empêchent de bien dormir.


Je compte les heures, appréhende les jours, mais inexorablement, après l’un vient l’autre et le samedi c’est déjà... demain. Allan veut absolument passer à la maison ce soir après mon boulot. Il veut que nous mettions au point notre stratégie commune. Comment ne pas dire oui à ce type qui sait ce qu’il veut ? Et c’est donc vers vingt heures qu’il sonne chez moi. J’ai une surprise de taille en ouvrant ma porte. Il tient en laisse un fauve roux qui me regarde d’une drôle de manière.


— Bonsoir Sonia !

— Bonsoir.

— Je voulais que vous fassiez connaissance avec Zeus. Voilà le monsieur... il est tout doux. Vous n’en avez pas peur au moins ?

—... Je n’en sais rien, je n’approche pas vraiment de chiens dans ma vie quotidienne... il a l’air gentil et calme.


Machinalement, je caresse le dos de la bestiole ! Il me lèche la main avec délicatesse. Je ne me sens pas pleinement rassurée devant cette masse de muscles imposante. Allan me regarde.


— J’ai tout arrangé. J’irai en chercher deux, les plus virulents de ces messieurs. Je passerai devant chez vous et vous me suivrez chez moi. De cette façon, vous pourrez rentrer chez vous après... votre... spectacle ! Les deux loustics verront et pourront ainsi raconter à leurs copains...

— Je ne suis pas certaine de parvenir à... faire ce genre de truc.

— C’est un peu pour cela que Zeus est là ce soir. Pour que vous soyez déjà familier demain. Pas de surprise d’un côté ou de l’autre, vous voyez ?

— Euh... vaguement ! Vous voulez dire que c’est une présentation en quelque sorte.

— Vous m’enlevez les mots de la bouche. C’est exactement ce que je pense. Vous vous apprivoisez. Il est très docile de toute façon. Et puis... je ne serai pas très loin. Votre sécurité avant tout. Les deux « spectateurs » n’auront pas le droit de vous toucher, ou alors seulement des yeux. À moins que ce soit vous qui le demandiez.

— Non ! Vous avez bien fait. Je... suis désolée, mais je ne sais même pas comment, je devrais commencer avec lui !


En parlant de lui, c’est bien vers la bestiole que mes yeux se sont tournés. Allan le sait. Il semble attentif à mes moindres gestes. Et sa main me prend le poignet, tirant doucement mon bras vers l’animal. Il sait où amener ma patte pour qu’elle soit proche de... ce qui différencie, je suppose, les mâles des femelles. Sous mes doigts, c’est bien dur, mais il n’y a rien d’apparent.


— Vous mettez votre menotte là et... serrez les doigts.

—... ?

— Allons, serrez vos doigts sans lui faire mal ! Vous sentez ? C’est déjà bien dur. Poussez votre main en gardant les doigts sur son sexe... oui comme ça. Vous ne l’aviez jamais fait ?

—... Bien entendu que je n’ai jamais fait ça !

— Chut ! Pas de cris ou de hurlements ! Il est calme, mais réceptif à tous les bruits autour de lui. Il apprécie que vous le touchiez par là. Ce que tout le monde prend pour le pénis n’est en fait que le gland de l’animal. Il est encore dans son fourreau. Mais là... allez-y, tirez lentement la peau en arrière ! Vous voyez, maintenant, il est en érection, un peu fougueux aussi parce qu’il est encore jeune.

— Mais...

— Ne craignez rien... il apprécie vos caresses... il danse déjà. C’est sa manière à lui de vous faire la cour... enfin à sa femelle, c’est ce que vous êtes désormais pour lui, sa femelle... et demain, il s’en souviendra.

— Je... je ne suis pas certaine de pouvoir faire cela, je vous assure.

— Allons, ce ne sera pas bien long. Le coït du chien ne dure pas plus que celui d’un homme.

— Mais je risque d’être collée non ?

— Pas si vous faites ce que je vous dirai de faire... Vous le tiendrez par là ! Vous sentez sous vos doigts, le nœud ?

— Ce gros truc-là ?

— Oui ça s’appelle le nœud et c’est ce qui entre dans la femelle normalement pour assurer la mise en place du sperme du mâle. Si vous le tenez juste là, il ne pourra pas faire pénétrer ce que vous appelez une boule et vous ne risquez donc pas d’être collée. Du reste en théorie, le « collage » des chiens ne dure jamais au-delà d’une trentaine de minutes.

— Je préfère ne pas savoir... ni m’y frotter...

— Vous avez raison. Faites comme je vous ai expliqué et vous verrez, tout devrait se passer bien. Pour les fellations, c’est sans danger...

— Fellation ? Vous pensez que je vais tailler une pipe à votre clebs ?

— Ben ! C’est une façon de faire progresser son appétit sexuel et surtout de calmer l’attente de vos spectateurs. Ensuite, c’est à vous d’imaginer et de faire ce que bon vous semble...


Ouais ! Je m’imagine vraiment. À quatre pattes, en train de tailler une pipe à ce bestiau-là. De plus, il me regarde avec des yeux marron immenses. Il attend déjà plus que ce qu’il ne va avoir ce soir. Dire que demain, je vais devoir me mettre à poil pour toi mon gaillard. Que tes pattes... vont venir sur mon dos...


— Ses pattes... là, elles vont me déchirer la peau du dos non ?

— Je lui mettrai des chaussettes, pour qu’il ne vous laboure pas la chair. C’est déjà prévu.

— Il... ne risque pas de me mordre... pendant... vous voyez, un mauvais réflexe...

— Non ! je vous l’ai dit, je resterai dans le coin et prêt à intervenir.

— ... ouais ! Ben, ça ne me rassure pas pour autant.

— Allons ! Tout va aller pour le mieux. Et puis vous pouvez encore renoncer.

— Et les types qui attendent, eux, ils peuvent aussi renoncer ? Je ne veux pas avoir d’ennuis. Alors je vais assumer mes conneries.

— C’est vous qui décidez ! Je ferai tout pour que rien de fâcheux ne vous arrive. Vous voulez l’essayer ce soir ?

— Quoi ? Vous voulez dire baiser avec Zeus ? Bien sûr que non ! Je l’ai déjà mis en émoi, c’est suffisant pour un galop d’essai. On verra demain si... je suis capable de tenir ma parole, à défaut de tenir ma langue.


Le regard d’Allan est allumé comme un ciel d’été. Je suppose que lui aussi est heureux de me voir faire demain ce que les autres attendent de moi ! C’est la rançon de ma grande gueule et je vais le payer cash ! Comme quoi, il est toujours bon de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de boire du Scotch, même de l’Irlandais. Pourtant, lorsqu’il reprend la parole, c’est pour me faire une demande surprenante.


— Vous voulez venir avec moi ? Je ramène Zeus chez moi ! Il attendra sagement que vous vous occupiez de son cas... ou pas !

— Chez vous ? Mais... comment vais-je revenir ?

— Je vous redéposerai ici, et puis vous pourrez aussi vous familiariser avec les lieux, choisir le meilleur endroit pour... votre show !


Et conne comme une oie blanche, je réponds par l’affirmative à sa demande. Bien entendu qu’il est content, qu’il a de quoi pavoiser. Non seulement demain, je serai à poil chez lui, je me ferai sauter par le cabot familial, mais en supplément, il va savoir où, en avant-première. De quoi jubiler, il faut se l’avouer. Enfin, je ne réagis plus sainement depuis la soirée arrosée par son whisky... c’est exactement cette réflexion qui me vient à l’esprit alors que je m’installe à côté du chauffeur, dans une berline confortable.


— xxxXXxxx —


Le trajet ne prend guère plus d’une quinzaine de minutes. Mais il n’amuse pas le terrain et mon jugement sur le kilométrage s’en trouve plus ou moins faussé. Sa maison n’a rien à envier à la mienne. On sent pourtant à l’intérieur de celle-là que c’est un célibataire qui y vit. Il passe devant moi et son chien pour escamoter à ma vue quelques fripes qui traînent ici et là. Puis il m’invite à entrer dans un salon mal éclairé.


— Excusez le désordre... je n’ai pas vraiment de temps pour le ménage. Je vous abandonne une petite minute ! Juste le temps d’emmener Zeus chez mes parents. Ils habitent de l’autre côté de la route, vous voyez la maison en face...

— Je vous en prie, faites comme chez vous !

— Servez-vous... il y a un bar dans ce meuble... pour moi un verre de Scotch, vous, ce que vous voudrez... Je reviens de suite !


Il vient de me laisser en plan dans cette baraque inconnue. Le salon est immense et un long canapé de cuir noir mange une partie de cet espace. Le bar est bien rempli. Je visite donc une à une les bouteilles et mon dévolu se porte sur une vodka dont je suis certaine de maîtriser les effets. Puis dans la foulée, je lui colle une dose de son rye favori. J’inspecte aussi les alentours immédiats de cette pièce. Un bruit proche me fait savoir que le propriétaire des lieux est de retour. Sa frimousse souriante apparaît dans l’encadrement de la porte.


— Ah ! C’est bien. Vous vous sentez à l’aise ici ? C’est calme !

— À l’aise est un bien grand mot. Je suis dans mes petits souliers. Et puis, quand je songe à ce qui va se passer...

— Allons ! Ne vous mettez pas dans des états pareils. Ce n’est pas la fin du monde. Vous allez faire partie de la grande famille des femmes qui pratiquent la zoophilie et je ne trouve pas cela si moche. Ce serait plutôt l’inverse.

— C’est facile pour vous les bonshommes... et puis vous ne serez que spectateur donc, je comprends que ça puisse vous plaire.

— Je ne vous ai obligée à rien. C’est bien vous qui insistez depuis que je vous en ai parlé pour « tenir votre parole », il me semble. Ne soyez pas acerbe avec moi. Je suis votre ami et n’ai rien fait pour que vous en arriviez là.

— Oui, oui pardon ! Je suis à cran. J’aimerais être déjà dimanche matin !

—... Oui ? Quand vous serez dans le feu de l’action... ne perdez jamais de vue que je serai là tout proche, prêt à vous épauler au moindre souci.

— Merci... je suppose que vous attendez une récompense en retour ?

— Vous ai-je demandé une quelconque faveur ? Je ne veux qu’être votre ami. Ça suffit à mon bonheur.

— Vous vous contentez de bien peu. Enfin... on verra, après la séance porno de demain.

— C’est encore vous qui déciderez de la suite à donner à tout cela... On peut aussi imaginer que vous y preniez goût.

— Vous êtes fou ? Je paie ma dette et personne n’en parlera plus, plus jamais, vous m’entendez.

— Ne dites pas « fontaine, je ne boirai pas de ton eau », on ne sait jamais... qu’après.


Nous buvons en silence. L’alcool glisse dans mon estomac, je me sens un peu mieux. Il a de foutus beaux quinquets. C’est finalement un vrai mec qui me reluque sans pour autant être indélicat. Mais je vois que son verre tremble un peu dans sa main. Ce qui me force à constater que le mien a des tressaillements identiques. Alors que je repose mon godet vide sur la table basse du salon, celui qu’il tient parcourt un chemin similaire et nos mains se frôlent. Nos pattes, mais également nos fronts puisque la table est plutôt basse.


Lequel a pris le cou de l’autre ? Est-ce important ? Plus vraiment puisque nos lèvres se rejoignent dans une soudure imprévue. Par contre, c’est bien ma langue qui entre dans cette bouche inconnue jusque-là. Allan bien entendu répond avec fougue à ce baiser, qui d’un coup nous rapproche, avec ce que ça comporte comme chaleur. La température monte vite et quoi de mieux pour nous refroidir que de nous dévêtir mutuellement ? J’accomplis sur lui ce qu’il fait sur moi. Et tout naturellement, c’est dans une nudité intégrale que notre tête-à-tête perdure.


L’approche est toute nouvelle, mais exquise et me permet d’oublier entre guillemets, que dans ce même lieu demain... je vais passer à la casserole d’une manière moins romantique. Enfin, j’apprécie ces attouchements faits avec une délicatesse toute particulière. Je découvre chez cet homme tout ce qui m’est dévoilé par le retrait de ses vêtements et nous partons tous deux, dans des manœuvres qui vont me donner un courage à toute épreuve. Si je n’ai guère de pratique, il est assurément un bon amant et sait trouver les gestes, faire les mouvements qu’il faut au bon moment.


Le résultat est que je crie, gémis, et que le temps me file entre les pattes, alors qu’il se démène entre mes cuisses comme un bon diable. Nous nous envoyons en l’air avec délice et je goûte au plus haut point qu’il me fasse plus l’amour qu’il ne me baise. Si, si, la différence est notable. J’ai droit à une multitude de positions, pour finir par une levrette qui m’offre les sensations les plus diverses. En particulier, celle de savoir comment demain... je devrai me placer... pour l’ami Zeus ! Comme me l’a si gentiment suggéré Allan, sans faire référence toutefois au toutou... je crois que cette posture me donne les meilleures perceptions de l’amour.


Le sexe est une bonne chose. Il a le mérite d’avoir remis toutes mes idées en place. Et c’est d’un cœur plus léger que je rentre, en compagnie de mon nouvel amant chez moi. Il me quitte devant mon perron, sans chercher à remettre le couvert. Je ne suis pas certaine que je lui aurais refusé un second acte à une pièce qui ne fait que débuter. D’autant plus que mon sommeil est difficile à venir, que les images de cette aventure se mélangent avec mes idées de celle à venir. Curieux panachage qui me tient éveillée et surtout m’empêche de sombrer dans un repos réparateur.


— xxxXXxxx —


Il va sans dire que ma bouille au petit matin n’est pas fraîche fraîche. Je ressasse tout ce qui s’est passé hier soir et je crains ce qui va arriver. Là encore, la matinée n’est pas, malgré le soleil, au beau fixe. Le repas de midi est plutôt vite expédié et ma salle de bain me voit passer le plus clair de mon après-midi entre ces murs. Je me surprends même à rire alors que je me maquille, en pensant que c’est pour un canidé que je fais tous ces frais. J’en connais d’autres des loups, qui riraient bien de me voir aussi bécasse...


Plus les minutes s’égrènent et plus je sens monter un stress qui me serre les tripes. À tel point que je me demande si je ne vais pas vomir ce maigre casse-croûte pris depuis quelques heures déjà. Mais le dénouement ne saurait plus être bien éloigné. Je suis prête, pas fière de l’être cependant. Et le bruit du moteur qui ronronne devant chez moi n’arrange rien. Devant ma porte, il vient de s’arrêter puis il est monté pour sonner. Bon, puisqu’il le faut... allons-y.


— Voilà ! Voilà ! J’arrive.

— Waouh... vous êtes très en beauté.


Je ne rétorque rien ! La boule que j’ai au creux de l’estomac ne saurait se dissiper avec des mots. Je ne jette pas même un regard vers sa voiture, me contentant de me diriger d’un pas peu ferme, vers la mienne. Je sais bien que des paires d’yeux ont suivi mon avancée sur les graviers devant ma maison. La bête qu’on mène à l’abattoir ne doit pas avoir pire allure que celle que j’ai en cet instant. Machinalement, je suis les feux arrière de cette bagnole qui trace la route. J’ai beau connaître les détails de ce qui m’attend, je ne me sens pas très rassurée alors que je franchis quelques minutes plus tard la porte d’Allan.


Il a eu la présence d’esprit de faire entrer les « invités » avant que je descende de mon véhicule. Histoire de me laisser un peu mariner seule. C’est donc là dans son entrée qu’il fait le pied de grue alors que j’hésite entre aller de l’avant ou me sauver en courant. Je me force et la main du frère de Claire me donne un peu de courage. Il se baisse vers moi, me prend dans ses bras et murmure quelques encouragements.


— Tout va bien se passer ! Ne soyez pas trop tendue... et puis je suis là ! Nous fêterons cela tous les deux ? Après ?


Après ? Il en a de bonnes lui ! Après... comment va-t-il me trouver après qu’un clebs m’aura sailli ? La pire des salopes aux yeux de tous et notamment de ces spectateurs qui doivent s’impatienter. J’en suis là de mes cogitations extrêmes et je me dois de faire quelque chose...


— Vous voulez bien me montrer vos toilettes ? Je voudrais faire... pipi.

— Oh oui ! Bien sûr. Vous savez, à l’armée, j’étais parachutiste et on appelait ça le pipi de la peur... avant chaque saut !

—... !


S’il savait comme je suis bien loin de ces souvenirs de soudard. Je suis dans l’endroit finalement pas si exigu que je pouvais le penser. Assise, la culotte à mi-jambe, je tremble de pétoche. Je m’essuie et vais pour la remonter alors que la seule idée qui s’impose à mon esprit malade, c’est qu’elle ne va plus servir à grand-chose. Alors, à quoi bon la remettre sur mes fesses ? Cette fois, mes pieds laissent s’envoler la dentelle et elle file tout droit dans mon sac. La porte à gauche du petit coin, c’est celle de la salle de bain. Alors c’est là que mécaniquement, je retire tout.


Me voici totalement nue et je cherche la direction du salon. En cela, je suis guidée par les voix masculines qui me parviennent. Un silence de mort s’instaure à la vision étrange de cette créature absolument à poil que je suis, lorsque je fais mon apparition dans la pièce. Ils sont bien trois. Deux parfaits inconnus et celui avec qui j’ai... bon, cette fois, c’est pour Zeus que je suis là ! Et tous en sont conscients. Je perçois les respirations qui se font plus courtes, les yeux qui me tripotent sont plus salaces qu’admiratifs.


Et je le devine plus que je ne le vois. Il est là, sa toison fauve qui frémit à la vue de cette tache blanche qui avance dans la salle. Les hommes sont assis, deux sur le canapé et Allan sur un fauteuil. Il tient la laisse courte et le chien est couché à ses pieds. Les yeux marron qui m’intimident se font plus pressants. Mais rien à voir avec les regards des types, non, lui ne me voit pas de la même façon ? Je n’en sais rien et n’arrive pas à mettre une idée en avant dans ma caboche, elles se bousculent toutes. Ils sont surpris que je sois déjà dévêtue ? Peut-être.


Personne ne parle, tous attendent et je ne sais pas vraiment quoi faire. Alors, comme ça, pour ne pas craquer, je me mets sur les genoux, les fesses tournées vers les inconnus, suffisamment éloignées cependant pour que pas un des deux ne soit tenté d’y poser une patte. Puis je caresse le dos de l’animal qui ne bronche pas. Il reste impassible, mais tourne seulement légèrement son museau dans ma direction. Il n’est guère qu’à dix centimètres de ce que son maître a dégusté hier soir. Bizarrement, mes mains qui cajolent la fourrure trouvent celle-ci plutôt douce.


Je cherche à oublier pourquoi je suis là et surtout que des gens observent et dissèquent chacun de mes mouvements ! Zeus, lui, ne daigne pas montrer un quelconque intérêt à cette chose qui lui passe une main sur le crin. Je constate également qu’Allan a bien tenu parole. Les pattes antérieures du chien sont emmaillotées dans des chaussettes dont des rubans adhésifs assurent la tenue. Je flatte un peu les flancs de la bestiole sans trop provoquer de réactions. Je dois donc employer les grands moyens et mes petits doigts glissent plus bas, sous son ventre. Manœuvre peu aisée parce qu’il se tient allongé sur le sol.


Je parviens à tripoter ses testicules et il a enfin comme un frémissement. Celui-ci entraîne son museau vers moi, et c’est bien ma chatte qu’il renifle du coup. Est-ce que mon odeur éveille quelque chose en lui ? Il se tourne légèrement comme pour me faciliter la tâche. Ma patte peut désormais glisser le long de son ventre et elle finit par rencontrer le gland toujours dans son fourreau. Je m’escrime délicatement pour découvrir cette chose étrangement rose qui finalement se montre dans sa totalité. Il bande cette fois et la salope qui le met dans cet état s’appelle bien... Sonia !


Une pensée me revient, un mot de son maître : « Pour les fellations, c’est sans danger... » puis une seconde phrase tout aussi tordue : « Ben ! C’est une façon de faire progresser son appétit sexuel et surtout de calmer l’attente de vos spectateurs. » Mais je n’entrevois pas vraiment comment je pourrais m’y prendre avec cette chose que je branle maintenant d’une main. Je me penche en avant comme pour laisser mon visage aller vers cette bite qui rougit de plus en plus. Dans l’avancée de mon corps vers le chien, ma position fait que le mufle de Zeus croise dans les parages de mon sexe. Fatalement, il y met la langue et je sursaute. C’est le moment que choisit le propriétaire des lieux pour rompre le silence...


— N’ayez pas peur. Il ne veut que vous montrer sa gratitude. Je peux vous guider si vous le désirez.


Comme je n’ai pas le cœur à répondre, il poursuit donc d’un ton plutôt neutre.


— Écartez doucement vos cuisses. Là ! C’est suffisant. Et toi mon beau, vas-y. Sers-toi !


Un autre coup d’une langue baveuse et légèrement râpeuse vient de m’atteindre au beau milieu de cette fente que je dois lui présenter. C’est bien différent de tout ce que je connais, de tout ce que j’ai ressenti jusque-là. Et le bruit qui nous entoure tous, il me surprend, mais m’affole aussi. Maintenant, le chien s’est presque relevé et je tente de garder sa bite entre mes doigts. Il ne l’entend pas de cette oreille. Du museau, il me pousse, me force presque à me coucher. Il me lèche et honte à moi, je crois que j’apprécie de plus en plus cette incroyable léchotte. Puis il tourne et passe sur moi, c’est le cas de le dire.


Je suis en soixante-neuf, sous le ventre de l’animal et je peux admirer cette trique qu’il arbore. Il n’a plus besoin d’aide pour bander. Sa pine se frotte sur ma peau, remonte sur une de mes joues et je la vois qui flirte avec ma bouche comme s’il savait quoi demander. Alors pourquoi est-ce que j’ouvre le bec ? Allez savoir, mais c’est instinctif et la chose s’engouffre entre mes lèvres. J’oublie toute retenue, la présence des mecs qui suivent le spectacle n’a plus aucune incidence sur mon comportement.


Je deviens une harpie en mal de bite, une grosse salope qui ne demande qu’à être tringlée. Que le partenaire soit à quatre pattes n’est plus un souci particulier. Je suis en chaleur et deviens la chienne de ce Zeus qui pour le moment ne canalise pas encore ses ardeurs. Il se gaspille en frottements de tout genre sur ma bedaine. Mimant l’acte sexuel alors que sa pine est dans mon gosier. Je sens aussi une sorte de liquide qui coule dans ma gorge. Croyez-vous que cela freine une seconde l’envie lubrique qui m’étreint ? Je pense que ça la renforce bien plus encore.


Et c’est comme si je suçais un mec, je m’affole sur le jonc qui a une forme bizarroïde, mais c’est une queue après tout. Les autres suivent chacun de mes faits et gestes. Je suis là pour cela non ? Alors de quoi devraient-ils se plaindre ? Au bout d’un laps de temps que je ne saurais comptabiliser, le filet de voix d’Allan me parvient, entre deux soupirs.


— Mettez-vous en levrette, il a assez joué.

— Quoi ?

— Oui, donnez-vous à lui, sinon il pourrait s’énerver de plus en plus. Ce n’est pas comme les hommes, il devient impatient.

—... !


Pas de quoi répondre, mais je me positionne comme il me le demande. J’ai le visage entre les bras, le nez dans la moquette et je sens cet amant en devenir, qui léchouille encore un peu, mais cette fois, toute la raie de mes fesses, vu la posture que j’ai prise. Le passage sur la rosette renforce le sentiment d’agréabilité et d’envie que j’ai déjà depuis un bon moment. Je suis sa femelle et prête pour ma saillie imminente. Je conçois d’un coup l’utilité des chaussettes alors que l’animal me grimpe sur le dos. Du moins s’y plaque-t-il. Je sens sa quéquette dure qui se frotte dans ma raie du cul sans parvenir à me pénétrer.


Me reviennent aussi les conseils du maître pour guider le chien et surtout ceux pour éviter un « collage ». Je me contorsionne pour guider la bite impatiente vers la fente bien baveuse. Elle est humide de mes sécrétions autant que de celles du cabot. À la troisième tentative, d’un coup de reins violent, je suis enfin prise. Et il y va de ses avancées et reculées, comme un homme quoi. Mais en bien plus puissant et je me sens toute molle. Une main est venue remplacer la mienne, parce que de toute façon, je n’en peux plus, et j’allais lâcher la boule que je cramponnais avec force.


Je sens la montée d’un plaisir plutôt écœurant. Je suis la maîtresse d’un vrai chien et loin de me faire gerber comme j’aurais pu le croire, cette troublante pensée fait que l’orgasme qui me fait frémir m’emporte dans des sons et lumières d’une intensité jamais égalée. Longtemps après que la bite ait quitté mon sexe, je tremble encore de cet accouplement hors-norme et si peu digne. Quand je relève le menton pour voir où sont passés les types qui étaient au théâtre, je les trouve qui se branlent encore tous les trois. Je me lève, et c’est sans un mot ni un autre regard vers ces cons du bistrot que je me dirige vers la salle de bain. J’ai besoin de me remettre et une douche ne peut que m’y aider.


— xxxXXxxx —


Un bien fou, un réel bonheur de se nettoyer après les folies que je viens de faire subir à mon corps. Je me délasse dans cette salle de bain ultramoderne bien loin du regard des guignols qui ont suivi mes frasques. J’ai payé ma dette et je me fiche bien de ce qu’ils peuvent en penser. Un bruit léger m’apprend que la porte vient de s’ouvrir. C’est mon hôte qui vient me rejoindre. Il est tout habillé et moi nue, entortillée dans une serviette, avec les tifs enturbannés dans une seconde.


— Ça va ? Ça ne vous a pas paru trop difficile à réaliser ?

— ... !

— Vous avez apprécié, enfin il m’a semblé que par instant, vous y preniez presque du plaisir !

— Presque ? Pas presque ! Je crois que j’ai trop savouré. C’est vous qui aviez raison au final, une fois que l’on y a goûté...

— Ah ! Ah ! Je vois ce que c’est... un peu comme moi avec vous hier soir...

— Vous voulez dire que ça vous a plu ?

— À un tel point que si un jour... l’idée de refaire les mêmes jeux... je n’y serais pas hostile.

— Si on commençait par se tutoyer ? Qu’en dis-tu ?

— Là encore, j’applaudis des deux mains. Évidemment que je suis d’accord.

— Tu... en as envie là ? Parce que le chien, ce n’était peut-être qu’un hors-d’œuvre pour moi !

— Gourmande alors ?

— Gourmet serait plus exacte... et puis l’appétit vient en mangeant, il me semble bien.

— Je ne me ferais pas prier pour jouer alors...

— Qu’est-ce que tu attends pour retirer ces oripeaux qui te boudinent un peu...

— Tes désirs sont des ordres.


En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je vois voler des fringues partout dans la salle de bain. Il est désormais en slip et toute grande voile dehors, « le petit bateau » prend la marée. Il bande comme un homme qui aurait vu une scène de zoophilie et qui ne s’en serait pas encore remis. Profitons donc de l’occasion. C’est en prière, donc à genoux que je salue Priape et sa verge tendue. Il ne s’offusque pas de cette pénitence que je lui inflige. Il soupire et je persiste à lui procurer un plaisir analogue à celui donné précédemment à son clebs. Mais là, la situation me paraît plus naturelle, plus humaine.


Mon Ave le fait monter crescendo dans les tours et j’espère son offrande. Ne surtout pas offenser le Dieu Éros pour qu’il débande son arc. En fait de flèche, c’est bien d’un long trait que la plume se termine. La liqueur frappe violemment ma luette tant la vidange du bonhomme devenait urgente. Et je ferme les yeux pour en déglutir quelques gouttes. Pas la totalité, non ! Lui aussi doit connaître son propre goût, celui de sa semence et pas question d’en gaspiller. C’est bien dans un baiser affolant, avec une bonne rasade de son sperme que nous nous roulons une pelle digne des meilleurs pornos.


Je l’ai senti se raidir, mais il ne cherche aucune dérobade. Il se laisse aller puisque c’est moi qui lui impose cette mixture. Après tout, elle est de sa propre fabrication, une eau-de-vie maison en quelque sorte. Puis ce baiser en appelle toute une flopée d’autres. Nous en usons, en abusons avant de finir sur le carrelage, moi à nouveau à quatre pattes, avec fiché en moi ce qui, quelques instants auparavant, pleurait... de joie qui sait ! Les assauts sont nombreux. Il n’est cependant de si grandes guerres qu’il n’y ait des survivants.


C’est donc les bras en croix sur le sol frais de la douche que je constate avec amertume que celle que je viens de prendre avant l’arrivée d’Allan s’avère bien inutile. Il ne me reste donc plus qu’à la renouveler, ce que je fais avec un plaisir partagé par mon amant de la soirée... un des deux, devrais-je plutôt dire. Ça se passe de manière bon enfant. De ses mains, il me frotte le dos à l’aide d’une fleur de nylon, laquelle est enrobée dans un gel douche aux senteurs printanières... lilas si j’en juge par ce que me rapportent mes narines. Puis un verre pour faire passer tout cela, prélude à mon retour chez moi !


Avant que je monte dans mon carrosse, mon prince charmant s’est inquiété de savoir si nous nous reverrions.


— Je ne sais pas ! Après tout, nous pouvons un jour ou l’autre nous retrouver invités tous les deux, chez ta sœur.

— Je parlais d’avoir une relation suivie ! Tu me plais beaucoup et puis ce qui ne gâche rien, tu es un bon coup !

— C’est l’avis d’Allan là ? Ou tu as demandé ce qu’il en pensait à Zeus ?


Je souris de voir sa mine déconfite. La plaisanterie n’a pas l’air d’être bien perçue ! Je sais cependant que la réponse, au fond de moi, c’est un grand OUI !






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