Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À la recherche du Mokélé-Mbembé — Chapitre 2 · Brazzaville
Auteur
À la recherche du Mokélé-Mbembé
Chapitre 2 · Brazzaville
Les pneus de l’appareil crissent sur le tarmac de l’aéroport de Maya-Maya. Quand la porte s’ouvre, la chaleur humide s’engouffre dans l’avion. Charles-Henri, suivi de Marion, descend de l’aéronef. Dans le hall de l'aéroport, un jeune homme d’une trentaine d'années au sourire pénétrant porte une pancarte à leurs noms.
— Bonjour, vous êtes bien Nzambele ?
— Oui, Charles-Henri et Marion ? Bienvenue au Congo. Suivez-moi, je vous conduis directement à votre hôtel pour déposer vos valises, nous nous rendrons à l’université après où le professeur Silao vous attend.
— Oui, Charles-Henri et Marion ? Bienvenue au Congo. Suivez-moi, je vous conduis directement à votre hôtel pour déposer vos valises, nous nous rendrons à l’université après où le professeur Silao vous attend.
Nzambele regarde sans gêne la jeune femme. Le jeune homme n’a pas l’habitude de voir en chair et en os une femme aux cheveux blonds et à la peau si claire. Son regard s’attarde. Ils montent tous les trois dans la vieille Peugeot 504 dont le moteur a fait plusieurs fois le tour du monde. Le Congolais a du mal à suivre la route et admirer dans le même temps les jambes de la jeune Française dans le rétroviseur. Marion croise son regard dans le miroir. Une chaleur lui noue le ventre. Elle détourne les yeux.
Les affaires déposées à l’hôtel, ils rejoignent le professeur Silao dans son petit laboratoire de l’université Marien Ngouabi. Charles-Henri et le professeur émérite discutent tandis que Nzambele fait découvrir l’état des recherches de la faculté sur un groupe de bonobos récemment découvert dans la jungle sur les rives de la rivière Sangha auxquelles il participe.
Alors que les professeurs continuent de discuter, les deux jeunes gens regardent une vidéo des primates récemment arrivée au centre de recherche.
— Regarde, celle-ci est exceptionnelle, on voit ces singes qui n’ont jamais été en contact avec des humains des grands centres urbains vivre dans leur milieu naturel.
La vidéo commence par des singes partageant leur nourriture, une dispute est rapidement réglée grâce à un rapport sexuel. Le visage de Marion rougit tandis que Nzambele rigole.
— Ils ont trouvé un moyen agréable de régler leur conflit.
Tout en parlant, il regarde la jeune femme, sa peau claire, si exotique pour lui l’attire. Une goutte de sueur perle et glisse du cou de Marion vers le col de son débardeur. Le regard fixé sur l’écran de l’ordinateur, elle ne remarque pas les yeux de son collègue africain inspectant les courbes de ses fesses. La vidéo finie, elle se retourne vers le jeune homme le visage empourpré. Son regard glisse malgré elle vers la bosse déformant le bermuda de Nzambele, un trouble soudain nouant le creux de son estomac.
L’entretien entre les deux professeurs terminé, Marion et Charles-Henri rentrent à l’hôtel pour se reposer avant la journée qui les attend le lendemain. Une fois seule dans sa chambre, Marion téléphone à Benoît pour lui signaler que son arrivée s’est bien passée.
Le lendemain, Marion a troqué sa tenue de voyage pour une jupe et un chemisier plus sobre. Au laboratoire, elle présente l’état de ses recherches sur le Mokélé-Mbembé et notamment l’ensemble des témoignages recueillis par les Européens depuis le dix-neuvième siècle. L’exposé finit par la photo de la créature dans le fleuve Sangha.
Silao est fasciné par la photo.
— Comment avez-vous eu cette photo ? Nous avons effectivement de plus en plus de témoignages par les populations Pygmées de la région ces dernières années sur la présence de la créature, mais personne ne m’avait jamais montré de photo.
Charles-Henri prend alors la parole.
— C’est un confrère ethnologue qui l’a prise. Au début il pensait à un python de Seba, mais en agrandissant la photo on voit clairement qu’il ne s’agit pas d’un serpent.
— Incroyable.
— C’est pour ça que nous sommes venus avec Marion, nous voudrions enquêter dans le bassin, d’où ma demande il y a quelques mois.
— Fascinant, Nzambele vous accompagnera, il parle parfaitement la région et le Lingala. Il pourra vous introduire facilement auprès des populations locales et vous servir d'interprète si nécessaire.
Pour la soirée, Marion opte pour une petite robe d’été légère qui lui permet de mieux supporter la moiteur locale. Charles-Henri a fait de même avec un bermuda et une chemise hawaïenne. Nzambele les emmène dans une boîte de nuit à la mode de la capitale. Attablés, Nzambele leur parle de ses recherches sur la nouvelle population de bonobos du bassin du Sangha et comment il découvre peu à peu que ces primates développent des cultures propres en fonction des sites. Chaque génération apprenant à la suivante des savoirs spécifiques, rendant la frontière entre les grands singes et les humains bien plus fine qu’on ne le pensait au siècle dernier.
— Puis-je vous faire découvrir une boisson typique de mon pays ?
— Avec plaisir.
Le jeune homme revient avec trois verres de lotoko.
— C’est fort !
— Ça permet de tout nettoyer.
Le Congolais invite sa collègue française à danser. Charles-Henri dont l’alcool commence à monter à la tête reste assis sur la banquette. Il regarde de loin le couple, envieux de l’universitaire. Il voit la jeune femme qui semble danser sans retenue avec son collègue. Il observe leur corps se frôler. Le jeune homme n’hésite pas à passer ses mains dans le dos de la jeune femme, laissant ses paumes épouser la chute de ses reins. Le professeur voit les mains ébènes descendre sur les fesses de son élève qui ne les repousse pas. Les deux corps sont l’un contre l’autre. Marion, prisonnière de cette étreinte moite, cambre légèrement le dos, sentant la chaleur lourde du sexe de Nzambele pressé contre son bas-ventre. Ils ondulent ensemble au rythme de la musique lancinante. Sur son siège, Charles-Henri regarde impuissant, jaloux du jeune homme. Comment sa collègue peut-elle se frotter comme ça à un homme qu’elle ne connaissait pas il y a encore vingt-quatre heures ? Ses yeux, attirés par les jambes nues de la jeune femme sous sa robe légère qui révèle chaque détail : les tétons qui pointent sous le tissu fin, le regard appuyé et possessif du Congolais, et surtout ces mains ébènes qui ne se privent pas de glisser le long de ses formes. Ce spectacle attise sa frustration.
En sueur, ils retournent aux côtés du professeur, plus complices qu'auparavant, les lèvres entrouvertes. Alors que Nzambele est parti régler la note, Charles-Henri se rapproche de son étudiante.
— Vous vous entendez bien tous les deux.
— Nzambele est très gentil.
— Faites attention, vous ne connaissez pas la réputation des hommes d’ici.
— Comment ça ?
Dans sa chambre, Marion repense à l’avertissement de son maître de thèse. Qu'a-t-il vraiment voulu dire ? Elle effleure sa propre peau encore brûlante du contact de son collègue africain. Elle a aimé ce contact, plus qu’elle ne l’aurait cru. Et cela la gêne. Son téléphone sonne, Benoît.
— Bonsoir mon cœur, tu vas bien ? Ta présentation s'est bien passée ?
— Très bien Benoît. J’ai pu présenter mes recherches ici. Demain nous allons préparer notre voyage au cœur du bassin du Sangha.
— C’est fantastique, je suis content pour toi, vraiment.
— Oui, et il y a Nzambele, il va nous servir de guide. Il connaît très bien la région. Par contre je ne sais pas si je pourrai t’appeler là-bas.
— Ne t’inquiète pas, je penserai à toi tous les jours. Je t’aime Marion.
— Je t’aime Benoît.
Elle raccroche et reste un moment immobile dans le noir, la main encore posée sur son téléphone.
À suivre…
À suivre…
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Commentaires ()
Que nous reserves la suite de l'expedition?
Intéressant à suivre.
Ça se mange ? Plutôt frit ou rôti ?