L’après-midi s’étirait sur la Croix-Rousse comme un chat paresseux. La lumière qui filtrait à travers les volets de la chambre d’Astride devenait oblique, dorée, chargée de ces poussières suspendues qui dansaient sans hâte. L’odeur de lavande flottait dans l’air - lessive douce, draps propres - et se mêlait au parfum plus ancien du meuble en bois, ce secrétaire, sans doute hérité d’une grand-mère qui sentait la cire et les années.
Benoît poussa la porte d’entrée à dix-sept heures trente.
Son sac de sport tomba dans l’entrée avec un bruit mat. L’entraînement de rugby l’avait lessivé - les épaules endolories, les cuisses lourdes, une fine couche de sueur séchée qui tirait la peau de ses tempes. Il avait faim. Pas de nourriture - faim de calme, faim de présence, faim de cette paix étrange qu’il ne trouvait que dans l’appartement.
— Astride ?
Sa voix roula dans le couloir vide. La cuisine était déserte. Le salon aussi - le grand canapé bordeaux portait encore l’empreinte de leurs corps de la veille, les coussins écrasés, une tasse de café froid oubliée sur la table basse.
— Dans ma chambre !
La voix d’Astride lui parvint étouffée, traversant la cloison du couloir. Il sourit. Ce sourire qu’il ne contrôlait plus depuis qu’il vivait ici - ce sourire qui lui montait aux lèvres chaque fois qu’il entendait l’une ou l’autre, chaque fois qu’il sentait l’odeur de cet appartement, chaque fois qu’il posait son sac dans l’entrée et se disait : « Je suis chez moi. »
Il traversa le couloir. Le parquet grinçait sous ses baskets - ce langage secret du bois ancien qui annonçait chaque déplacement, chaque visite nocturne, chaque désir qui se faufilait d’une chambre à l’autre. Il poussa la porte entrouverte.
Astride était assise en tailleur sur son lit, un livre ouvert sur les genoux. Elle portait une robe légère, un coton blanc à fines bretelles qui lui arrivait à mi-cuisse, et ses cheveux châtains étaient relevés en ce chignon désordonné qu’elle faisait machinalement quand elle lisait - quelques mèches folles s’échappaient sur sa nuque, sur ses tempes. La lumière des volets entrouverts striait ses jambes nues de bandes dorées.
— Salut, dit-elle.
Elle ferma le livre - un roman dont il ne lut pas le titre - et le posa sur la table de chevet. Ses yeux noisette le regardaient avec cette intensité nouvelle qu’elle avait depuis quelques jours, ce mélange de timidité et de détermination.
— Clémentine n'est pas là ?
Astride secoua la tête.
— Elle avait un truc à la fac. Un cours de rattrapage ou quelque chose. Elle rentre tard.
Benoît s’appuya contre le chambranle de la porte. Ses bras croisés sur sa poitrine tendaient le tissu de son t-shirt, et ses yeux verts parcouraient la chambre - le lit défait, les draps blancs froissés, l’oreiller qui portait encore l’empreinte de la tête d’Astride.
— T’as fait quoi aujourd’hui ?
La question était banale. Mais la réponse - il le sut tout de suite en voyant le rouge qui montait aux joues d’Astride - ne le serait pas.
— Je… j’ai réfléchi.
Elle se leva du lit. La robe blanche ondula autour de ses cuisses, et ses pieds nus firent grincer le parquet tandis qu’elle s’approchait de lui. Ses doigts jouaient avec l’ourlet de sa robe - ce geste nerveux qu’elle avait depuis l’enfance, qu’il avait appris à décoder.
— À quoi ?
Elle s’arrêta à un mètre de lui. La lumière dorée caressait ses épaules, faisait briller les taches de rousseur qui parsemaient sa peau laiteuse comme une constellation pâle. Elle respira. Ses seins se soulevèrent sous le coton blanc - elle ne portait pas de soutien-gorge, et la courbe de sa poitrine se devinait sous le tissu.
— À ce qu’on a fait ce matin, Clémentine et moi.
Benoît décroisa les bras. Ses mains tombèrent le long de son corps, et il sentit un frisson lui traverser le ventre - pas de surprise, non, il connaissait cette sensation, cette tension qui montait chaque fois qu’Astride baissait la voix, chaque fois qu’elle le regardait avec ces yeux-là.
— Vous avez fait quoi ?
Sa voix était plus grave, maintenant. Il connaissait déjà une partie de la réponse - Clémentine lui avait envoyé un SMS cryptique à midi, quelque chose comme « On a testé le gode, détails ce soir ». Mais il voulait l’entendre de la bouche d’Astride. Il voulait voir ses joues s’empourprer, sa voix trembler, ses doigts triturer l’ourlet de sa robe.
— Le gode-ceinture, murmura Astride. On l’a utilisé. Et après… après on s’est léchées. Là où on n’avait jamais…
Elle n’acheva pas sa phrase. Le rouge avait envahi ses joues, son cou, descendait vers son décolleté en une marée écarlate. Mais ses yeux ne se baissaient pas. Elle soutenait le regard de Benoît.
— Mon cul, dit-elle. Elle m’a léché le cul. Et je lui ai fait pareil.
Le mot claqua dans l’air de la chambre comme une gifle. Pas obscène - juste brut, juste vrai, ce mot qu’elle n’aurait jamais osé prononcer quelques semaines plus tôt et qui sortait maintenant de sa bouche avec une franchise presque paisible.
Benoît sentit son sang battre plus vite. Sa queue gonfla dans son jean - une érection lente, encore contenue, qui poussait contre le denim.
— Et alors ?
Il fit un pas vers elle. Elle ne recula pas.
— C’était doux, dit-elle. Vraiment doux. Et j’ai pensé à toi.
Ses doigts lâchèrent l’ourlet de sa robe et se posèrent sur le torse de Benoît - cette poitrine large, ces pectoraux durs sous le coton du t-shirt. Elle sentit son cœur battre sous sa paume, ce rythme régulier qui s’accélérait peu à peu.
— J’ai pensé à toi, répéta-t-elle. Je me suis dit que je voulais essayer avec toi.
Benoît posa sa main sur la sienne. Sa paume était calleuse, chaude, et ses doigts se refermèrent sur les phalanges fines d’Astride.
— Essayer quoi ?
Il connaissait la réponse. Il voulait l’entendre.
— Me lécher. Me doigter. Comme Clémentine a fait.
Elle leva les yeux vers lui, et dans ce regard noisette, il vit la peur et le désir se mêler en une danse silencieuse - cette peur de ne pas être à la hauteur, cette peur d’avoir mal, cette peur de décevoir, et en même temps ce désir immense qui lui tordait le ventre, ce désir qu’elle avait noté dans son journal Moleskine, ce désir qu’elle osait enfin formuler.
— Avec douceur, ajouta-t-elle. Je veux que ce soit toi.
Benoît ne répondit pas tout de suite. Sa main libre monta vers le visage d’Astride, et son pouce caressa sa joue - cette joue brûlante, cette peau de pêche qui rosait sous son doigt.
— T’es sûre ?
Sa voix était rauque, presque étranglée, et il sentit sa gorge se serrer. Il la connaissait, sa peur à lui - cette peur de faire mal, cette peur de casser quelque chose en elle, cette peur de perdre le contrôle et de la brusquer.
— Oui, dit Astride. J’ai confiance en toi.
Elle attrapa l’ourlet de sa robe et, d’un geste fluide, la fit passer par-dessus sa tête. Le coton blanc glissa sur ses épaules, sur ses seins, sur ses hanches, et tomba sur le parquet dans un froissement léger.
Elle était nue.
La lumière dorée sculptait son corps - les petits seins ronds, les mamelons roses qui durcissaient déjà, le ventre plat, le pubis épilé qui laissait voir la naissance de sa vulve. Ses cuisses se serraient l’une contre l’autre, mais elle ne les cachait pas. Elle restait là, debout, offerte, les bras le long du corps.
— Putain, Astride…
Benoît la regardait comme on regarde une œuvre d’art - avec cette dévotion muette, cette admiration qui lui coupait le souffle. Ses mains se posèrent sur ses hanches, et la peau d’Astride frissonna sous ses paumes.
— T’es magnifique.
Il se pencha et l’embrassa. Ses lèvres étaient douces, et sa langue trouva la sienne avec une lenteur délibérée - un baiser profond, exploratoire, qui goûtait le café et le miel. Les mains d’Astride remontèrent le long de son torse, attrapèrent les bords de son t-shirt.
— Enlève ça, murmura-t-elle contre sa bouche. Je veux te sentir.
Benoît obéit. Le t-shirt vola à travers la pièce, et son torse apparut - large, musclé, la fine toison brune qui descendait en V vers son ventre. Astride posa ses lèvres sur sa clavicule, lécha le sel de sa peau, aspira l’odeur de transpiration et de savon au cèdre qui imprégnait son cou. Ses doigts descendirent vers sa ceinture, défirent le bouton de son jean, tirèrent la fermeture éclair.
— Toi aussi, dit-elle. Nu.
Le jean tomba. Le boxer suivit. La queue de Benoît jaillit - à demi-dure encore, mais lourde, épaisse, légèrement courbée vers le haut. Le gland, large et luisant, perlait déjà d’une goutte de pré-sperme qui brillait dans la lumière.
Ils restèrent ainsi une seconde - nus l’un face à l’autre, le parquet qui grinçait sous leurs pieds, la respiration suspendue.
Puis Astride recula vers le lit.
— Allonge-toi, dit-elle. Sur le dos.
Benoît obéit. Le matelas l’accueillit avec un grincement familier, et sa tête s’enfonça dans l’oreiller qui sentait la lavande. Astride grimpa sur le lit et s’agenouilla à côté de lui. Sa main se posa sur son torse, et ses doigts tracèrent les contours de ses muscles - les pectoraux, les abdominaux, la ligne de poils qui descendait vers son pubis.
— J’ai envie d’essayer quelque chose, murmura-t-elle. Toi aussi, t’as le droit de recevoir.
Sa main descendit plus bas. Ses doigts effleurèrent la hampe de Benoît - cette peau chaude, ces veines qui couraient sous la surface - puis glissèrent sous les testicules. Ils étaient lourds, pendants, et la peau des bourses était douce et ridée.
— T’as déjà goûté ton cul, toi ? demanda-t-elle.
La question la fit rougir - ce rouge qui partait du cou et remontait jusqu’aux tempes - mais elle ne la retira pas.
Benoît ouvrit la bouche, puis la referma. Un rire bref lui échappa.
— Non, avoua-t-il. Jamais.
— Moi non plus, dit Astride. Avant ce matin. Et maintenant… maintenant j’ai envie de goûter le tien.
Ses doigts caressaient le périnée de Benoît, cette zone de peau tendre entre les testicules et l’anus. Il frissonna - un frisson qui partit de sa nuque et descendit le long de sa colonne vertébrale.
— Astride…
— Chut. Laisse-moi faire.
Elle se pencha. Ses lèvres se posèrent sur le ventre de Benoît, puis descendirent - baisers légers, souffles chauds, langue qui traçait des sillons humides sur la toison brune. Elle contourna sa queue - elle l’effleura à peine, un frôlement de joue qui le fit gémir - et sa bouche trouva les testicules. Elle les prit entre ses lèvres, doucement, les suça un à un avec une lenteur appliquée.
— Putain…
Les mains de Benoît agrippèrent les draps. Ses hanches se soulevèrent malgré lui, et sa queue, maintenant complètement dure, se dressa contre son ventre - dix-neuf centimètres de chair gonflée, le gland luisant de pré-sperme.
Astride descendit plus bas. Sa langue glissa sur le périnée - un goût de sel et de peau propre - et continua sa route. Elle repoussa doucement les cuisses de Benoît, les écarta, et son visage se trouva face à son anus - une rosette plissée, plus foncée que le reste de la peau, entourée d’un fin duvet brun.
Elle souffla dessus. Benoît frissonna.
— Détends-toi, murmura-t-elle. Je vais y aller doucement.
Sa langue sortit. Le premier contact fut un effleurement - un frôlement minuscule sur le bord de l’anneau. La texture était soyeuse, les plis frémirent sous sa langue, et le goût était neutre - à peine salé. Elle recommença, plus appuyé cette fois, et sa langue traça un cercle autour de l’ouverture.
— Oh bordel…
La voix de Benoît était rauque, brisée. Ses doigts s’enfonçaient dans les draps, et ses hanches tremblaient. La sensation était complètement nouvelle - cette langue tiède sur un endroit qu’il n’avait jamais exposé, cette humidité qui se glissait entre les plis de sa peau la plus intime - et son cerveau n’arrivait pas à décider si c’était étrange ou divin.
— Ça va ? demanda Astride en relevant la tête.
Sa bouche était luisante de salive, et ses yeux brillaient.
— Continue, grogna Benoît. S’il te plaît.
Elle replongea. Sa langue se fit plus insistante - elle lécha l’anneau avec des mouvements larges, comme on lèche une glace, et la pression fit frémir les muscles de Benoît. Ses mains agrippèrent les fesses d’Astride, et il la tira vers lui - pas pour la contrôler, juste pour la sentir plus proche, pour ancrer son corps dans cette tempête de sensations.
Astride continua. Sa salive coulait maintenant le long du périnée, lubrifiait la peau, et sa langue alternait entre cercles précis et pressions larges. Elle sentait l’anneau se détendre peu à peu - la résistance initiale cédait sous ses caresses, et les plis s’écartaient d’un millimètre à chaque passage.
— Tu veux que j’essaye avec un doigt ?
Sa voix était douce, presque timide à nouveau - cette voix d’Astride qui demandait toujours la permission, qui vérifiait toujours que tout allait bien.
— Oui, souffla Benoît. Vas-y. Doucement.
Elle humecta son index de salive et le posa contre l’entrée. La peau était chaude, détendue, et son doigt glissa contre l’anneau sans pénétrer encore - juste une caresse circulaire qui faisait gémir Benoît.
— Pousse.
Elle poussa. Son doigt s’enfonça d’un centimètre - juste la première phalange - et l’anneau se serra autour de lui. La chaleur était intense, les parois étroites, et elle sentit les muscles de Benoît se contracter.
— Respire, murmura-t-elle. Détends-toi.
Il obéit. Ses abdominaux se relâchèrent, et le doigt d’Astride glissa plus profondément - deux centimètres, puis trois. Elle le retira doucement, puis le renfonça, et un rythme s’installa - un va-et-vient lent et régulier qui arrachait des grognements à Benoît.
— Putain, Astride… c’est…
Il n’acheva pas sa phrase. Les mots restèrent coincés dans sa gorge, remplacés par un râle sourd quand le doigt d’Astride trouva sa prostate - cette bosse minuscule à l’intérieur de lui, cette zone qui envoyait des décharges de plaisir à travers tout son ventre.
— Là ? demanda-t-elle.
— Oui… là… putain, continue…
Sa queue palpitait maintenant contre son ventre, et le pré-sperme coulait en un filet continu qui s’écrasait sur ses abdominaux. Astride continua son massage - doigt dans son anus, langue qui remontait vers ses testicules, main libre qui enserrait la base de sa queue - et Benoît se sentit basculer.
— Arrête, haleta-t-il. Arrête ou je vais jouir.
Astride retira son doigt. Un filet de salive reliait encore son index à l’anneau détendu de Benoît. Elle s’essuya la bouche d’un revers de main et sourit.
— C’était bon ?
Benoît était incapable de parler. Il hocha la tête, les yeux fermés, la respiration hachée. Puis il rouvrit les yeux, et son regard vert avait changé - il était plus sombre, plus intense, chargé d’une faim qu’Astride ne lui avait jamais vue.
— À mon tour, dit-il. À quatre pattes.
Astride obéit sans hésiter. Elle se retourna sur le lit, se mit à genoux, et ses mains agrippèrent l’oreiller. Ses fesses étaient offertes - deux demi-lunes laiteuses, les cuisses écartées, la vulve qui luisait déjà de cyprine. Un filet translucide coulait le long de ses lèvres internes.
Benoît s’agenouilla derrière elle. Le matelas gémit sous son poids. Ses mains se posèrent sur les hanches d’Astride - cette peau brûlante, ces os fins sous la chair - et il se pencha.
Son souffle chaud caressa la raie des fesses d’Astride. Elle frissonna.
— T’es sûre ?
La question était la même que tout à l’heure, mais la voix avait changé - elle était plus rauque, plus grave, plus proche du grognement que du murmure.
— Oui, dit Astride. Vas-y.
La langue de Benoît toucha son anus.
Le contact était différent de celui de Clémentine - plus large, plus rugueux peut-être, avec cette texture de langue masculine qui n’était pas tout à fait la même. Astride gémit, et ses doigts s’enfoncèrent dans l’oreiller.
— Doucement… oh putain…
La langue de Benoît traça un cercle autour de la rosette - un mouvement lent, appliqué, qui suivait les plis minuscules de la peau. Le goût avait une note de miel qui était la signature d’Astride. Sa cyprine avait coulé vers son anus, et la saveur sucrée se mêlait à celle de sa peau propre.
— T’es tellement douce, grogna Benoît contre sa chair. Tellement serrée.
Il lécha plus fort. Sa langue s’aplatit sur l’anneau et le couvrit tout entier - une caresse large et humide qui fit trembler les cuisses d’Astride. Puis sa pointe se fit plus précise, et il poussa légèrement contre l’entrée - pas assez pour pénétrer, mais assez pour qu’elle sente la pression, cette promesse d’intrusion qui lui tordait le ventre.
— C’est bizarre, haleta Astride. Mais c’est bon. Continue.
Ses hanches ondulaient maintenant d’elles-mêmes - un mouvement involontaire qui frottait son anus contre la langue de Benoît, qui pressait sa vulve contre le vide. La cyprine coulait en abondance, trempait ses cuisses, s’écrasait sur les draps blancs.
Benoît releva la tête et humecta son index. Sa langue avait préparé le terrain - l’anneau était luisant de salive, détendu, les plis s’étaient écartés d’un millimètre. Il posa son doigt contre l’entrée.
— Je pousse. Dis-moi si t’as mal.
Le doigt s’enfonça. La première phalange franchit l’anneau, et Astride poussa un cri - un « Ah ! » aigu qui se transforma en gémissement. La sensation était étrangère - cette pression, cette chaleur, cet étirement qui n’était pas douloureux mais qui était tellement nouveau.
— Respire, murmura Benoît. Détends tes muscles.
Sa main libre caressait le dos d’Astride - cercles apaisants sur sa colonne vertébrale, sur ses reins, sur ses fesses. Il sentit les muscles de son anus se relâcher, et son doigt glissa plus profondément - deux centimètres, puis trois.
— T’es serrée, Astride. Tellement serrée…
Sa voix était étranglée, et sa queue, tendue à se rompre, suintait un filet continu de pré-sperme qui s’écrasait sur le drap. Il commença un mouvement de va-et-vient - un rythme d’abord minimal, presque imperceptible, qui s’amplifiait à mesure qu’Astride gémissait.
— Plus fort… non, attends… là, oui, comme ça…
Les mots sortaient de sa bouche en fragments désordonnés, des morceaux de conscience qui échappaient à son contrôle. Son visage était enfoui dans l’oreiller, et ses doigts agrippaient le tissu blanc avec une force qui blanchissait ses phalanges.
Benoît retira son doigt, le remplaça par deux - index et majeur réunis, lubrifiés de cyprine et de salive. Il poussa de nouveau, plus lentement encore, et Astride gémit longuement quand la double pression força l’anneau à s’élargir.
— Putain, Benoît… tes doigts…
Elle se mordit les lèvres. La sensation la submergeait - ce mélange d’étrangeté et de plaisir, cette chaleur qui irradiait de son anus vers son ventre, vers sa chatte, vers ses seins. Et puis il toucha quelque chose - un point à l’intérieur d’elle, une bosse minuscule - et une décharge électrique traversa son corps.
— Là ! Oh bordel, là !
Sa voix était rauque, méconnaissable. Ses hanches se mirent à onduler frénétiquement, empalant son anus sur les doigts de Benoît, frottant sa chatte contre le vide. La cyprine coulait maintenant en fontaine - un flot clair qui trempait les draps et luisait sur ses cuisses.
— Je vais jouir, haleta-t-elle. Benoît, je vais jouir avec tes doigts dans mon cul !
L’orgasme la submergea. Son anus se contracta violemment autour des doigts de Benoît, et sa vulve expulsa un jet de cyprine qui s’écrasa sur le matelas. Elle hurla - un cri long et rauque qui résonna dans toute la chambre - et ses jambes tremblèrent, et ses bras cédèrent, et elle s’effondra sur le lit, haletante, inondée, les doigts de Benoît encore enfoncés dans son anus.
Il les retira doucement. L’anneau resta ouvert une seconde - une petite bouche rose qui palpitait - puis se referma lentement. Un filet de salive coulait encore entre les fesses d’Astride.
Elle se retourna. Son visage était cramoisi, ses yeux embués de larmes - ces larmes de plaisir qui coulaient sans qu’elle les contrôle - et ses lèvres tremblaient. Mais elle souriait.
— Putain, murmura-t-elle. C’était… putain.
Benoît se pencha et l’embrassa. Leurs langues se mêlèrent, et Astride goûta sa propre peau sur les lèvres de Benoît - ce goût de sel et de miel. Ses mains agrippèrent ses épaules, et elle le tira vers elle.
— Maintenant, dit-elle. Prends-moi. En levrette.
Sa voix était essoufflée mais déterminée - cette voix nouvelle qui était née sur la terrasse, qui avait grandi dans le salon, qui s’affirmait maintenant dans cette chambre baignée de lumière dorée.
Elle se remit à quatre pattes. Ses bras étaient encore tremblants, mais elle tint la position - les fesses offertes, la vulve gonflée et luisante, l’entrée de son vagin qui palpitait d’impatience.
Benoît se positionna derrière elle. Sa queue était dure comme du marbre, et le gland, violet de sang, luisait de pré-sperme. Il l’aligna contre l’entrée d’Astride - cette fente étroite, ces lèvres roses qui s’ouvraient comme une fleur - et poussa.
Le gland franchit les lèvres. Astride gémit. Les parois de son vagin étaient brûlantes, étroites, et elles se contractèrent autour du gland comme pour l’aspirer plus profondément. Benoît continua - centimètre par centimètre, lentement, la queue qui disparaissait dans la chatte d’Astride, les veines qui frottaient contre les parois humides.
— T’es faite pour ma bite, Astride, grogna-t-il. Putain, t’es tellement étroite…
Sa main droite agrippa la hanche d’Astride - assez fort pour laisser une marque - et sa main gauche se posa sur sa fesse, l’écarta, regarda l’endroit où leurs corps se rejoignaient.
— Plus profond, supplia Astride. Oh bordel, Benoît… plus profond…
Il obéit. Son bassin commença un va-et-vient - un rythme d’abord lent, comme pour apprivoiser chaque millimètre de ce vagin qui l’enserrait, puis plus rapide, plus profond. Ses testicules claquaient contre le périnée d’Astride à chaque enfoncement, et le bruit de la pénétration - cette succion mouillée, ce claquement de peau contre peau - emplissait la chambre.
Les seins d’Astride ballottaient sous elle à chaque coup. Ses mains agrippaient la tête de lit en fer forgé - ce lit qui grinçait maintenant avec un rythme obscène, un grincement de métal et de bois qui se mêlait aux gémissements, aux halètements, aux « oui » et aux « putain » qui s’échappaient de leurs bouches.
— Frotte mon clito, haleta Astride. S’il te plaît… frotte-le…
Benoît glissa sa main sous le ventre d’Astride, et ses doigts trouvèrent le clitoris - ce minuscule bouton rose, gonflé et sensible, qui émergeait de son capuchon. Il appuya dessus au rythme de ses coups de reins, et Astride cria.
— Je vais jouir encore ! Benoît, je vais jouir !
Sa voix se brisa en un sanglot de plaisir, et l’orgasme la submergea avec une violence qui la fit trembler de la tête aux pieds. Ses parois vaginales se contractèrent autour de la queue de Benoît - cet étau de chair brûlante qui le serrait si fort qu’il ne pouvait plus bouger - et un flot de cyprine jaillit autour de sa hampe, coula le long de ses testicules, s’écrasa sur les draps déjà trempés.
Benoît ralentit. Il voulait prolonger le plaisir, laisser Astride redescendre de son orgasme, mais elle tourna la tête vers lui, les joues inondées de larmes, et murmura :
— Continue. Je veux que tu jouisses aussi.
Il obéit. Ses coups de reins reprirent - un rythme plus lent, plus profond, chaque mouvement l’enfonçait jusqu’à la garde, son pubis heurtait les fesses d’Astride, et il sentait la pression monter dans ses testicules, cette boule de chaleur qui gonflait à la base de sa verge.
— Je vais jouir, grogna-t-il. Astride… je vais…
Elle se retourna brusquement. La queue de Benoît sortit de sa chatte avec un bruit mouillé, et elle l’attrapa à deux mains - cette hampe brûlante, luisante de cyprine, qui palpitait entre ses doigts.
— Dans ma bouche, dit-elle. Je veux ton sperme dans ma bouche !
Elle s’agenouilla devant lui - Benoît était debout au bord du lit, les jambes flageolantes, la queue tendue vers le visage d’Astride. Elle ouvrit la bouche et prit le gland entre ses lèvres.
Sa langue recueillit le pré-sperme qui perlait au méat - ce goût salé, légèrement amer, avec cette note de musc qu’elle avait appris à aimer. Puis elle enfourna la queue - pas jusqu’au fond, non, mais assez pour que le gland heurte sa luette - et elle suça avec une avidité qui fit grogner Benoît.
Ses mains ne restaient pas inactives. L’une tenait la base de la verge, masturbant ce que sa bouche ne pouvait pas prendre. L’autre caressait les testicules - ces bourses lourdes et pendantes qu’elle massait doucement. Ses lèvres coulissaient le long de la hampe, et sa salive coulait en filets épais qui trempaient les poils du pubis.
— Putain, Astride… ta bouche… je vais jouir…
Les hanches de Benoît avançaient par saccades - des mouvements incontrôlés qui enfonçaient sa queue entre les lèvres d’Astride. Ses mains agrippaient ses cheveux, défirent le chignon désordonné, et les mèches châtaines se répandirent sur les épaules d’Astride.
— Jouis pour moi, Benoît, murmura-t-elle contre sa hampe. Jouis dans ma bouche.
Le premier jet frappa le fond de sa gorge. Chaud, épais, salé - ce goût qu’elle connaissait maintenant, ce goût qui lui était devenu familier. Elle avala, et le deuxième jet atterrit sur sa langue - elle le fit tourner dans sa bouche avant de l’avaler à son tour. Le troisième déborda - il coula sur ses lèvres, sur son menton, et elle recueillit chaque goutte avec sa langue.
Benoît grogna longuement - un râle sourd qui partit de sa poitrine et mourut dans sa gorge. Ses jambes tremblaient, et il s’effondra sur le lit, haletant, la queue encore à demi dure qui reposait sur son ventre.
Astride avala une dernière fois. Puis elle ouvrit la bouche - elle la montra à Benoît, ce trou vide où le sperme avait été, ce trou qui avait tout pris, tout bu, tout gardé - et elle sourit.
— T’es incroyable, murmura Benoît. Vraiment incroyable.
Il l’attira contre lui, et elle se blottit contre son torse, la tête sur son épaule, sa main posée sur son cœur qui battait encore à tout rompre. Les draps étaient trempés - cyprine, sperme, sueur - et l’odeur du sexe emplissait la chambre. Mais ils ne bougeaient pas. Ils restaient là, enlacés, les jambes entremêlées, la respiration qui ralentissait peu à peu.
— C’était…, commença Astride.
— Parfait, finit Benoît. C’était parfait.
Il embrassa son front. Ses lèvres s’attardèrent sur la peau moite, et il sentit l’odeur de lavande qui remontait de ses cheveux.
— On devrait faire ça plus souvent, dit Astride. Sans Clémentine, je veux dire. Juste toi et moi.
Sa voix était douce, mais il y avait une pointe d’inquiétude - cette peur de mal faire, cette peur que ce qu’ils venaient de vivre soit une trahison.
Benoît caressa ses cheveux.
— Elle va nous tuer, dit-il en riant doucement.
— Je sais. Mais il nous arrive de baiser entre filles… et tu pourras la baiser seule aussi ! Non ?
— Tu crois ? Que ça peut marcher comme ça entre nous ?
— Oui, je pense… Bon, Clémentine va râler un peu au début… mais…
Astride rit aussi - un rire léger qui secoua ses épaules contre le torse de Benoît.
— Mais c’était bien.
Ils restèrent silencieux un moment. La lumière avait changé - les rais dorés s’étaient allongés sur le parquet, et les ombres s’étiraient sur les murs. Le soir approchait, et avec lui, l’heure où Clémentine rentrerait.
Et puis, comme si le simple fait d’avoir pensé à elle l’avait invoquée, le bruit claqua dans l’appartement.
La porte d’entrée.
— Benoît ? Astride ?
La voix de Clémentine était joyeuse, légère - cette voix qu’elle avait quand elle rentrait de la fac, quand elle posait son sac dans l’entrée, quand elle s’apprêtait à les rejoindre sur la terrasse.
Astride se figea. Ses yeux s’agrandirent, et son regard croisa celui de Benoît. Ils étaient nus. Le lit était trempé. L’odeur du sexe flottait dans toute la chambre - cette odeur musquée, épaisse, qui ne trompait pas.
— Putain, c’est elle, murmura Benoît.
— Merde… déjà !
Astride bondit du lit, attrapa sa robe blanche sur le parquet, l’enfila précipitamment. Le tissu se prit dans ses cheveux, et elle dut tirer brutalement pour le faire passer. Benoît chercha son boxer - il le trouva sous le lit, l’enfila à l’envers, jura entre ses dents.
Les pas de Clémentine résonnaient dans le couloir. Le parquet grinçait sous ses pieds - ce grincement familier qui d’habitude était une musique et qui devenait soudain un compte à rebours.
La porte de la chambre s’ouvrit.
Clémentine se tenait dans l’encadrement. Ses cheveux blonds étaient défaits, et elle portait un débardeur noir et un jean moulant. Son visage, d’abord souriant, se figea. Ses narines palpitèrent - elle sentit l’odeur avant même de voir le désordre, avant même de voir le sperme qui brillait encore sur les lèvres d’Astride, avant même de voir l’érection résiduelle qui tendait le boxer de Benoît.
Son regard balaya la chambre. Le lit défait. Les draps trempés de taches sombres. La culotte d’Astride qui gisait sur le parquet. Les deux corps à demi nus, figés dans des postures coupables.
— Alors c’est comme ça ?
Sa voix était glaciale. Pas un cri - pire. Ce calme lourd qui précédait les tempêtes.
— Clémentine, écoute…, commença Benoît.
— Non.
Elle leva la main, et ce simple geste le réduisit au silence.
— Je vous ai laissés une journée. Une seule journée. Et vous en profitez pour baiser comme des ados ?
Ses yeux allaient de l’un à l’autre - ces yeux marron qui d’habitude brillaient de malice et qui maintenant brûlaient de colère.
— Astride. Tu m’as regardée dans les yeux ce matin. Tu m’as dit que tu m’aimais. Et pendant ce temps…
Sa voix se brisa. Elle ne pleurait pas - pas encore - mais quelque chose dans sa gorge s’était serré, et les mots sortaient hachés, douloureux.
— Clémentine, murmura Astride, on voulait juste…
— Quoi ? Essayer quelque chose de nouveau ? Sans moi ?
Clémentine rit - un rire sec, cassant, qui ressemblait à un sanglot retenu.
— Putain, mais vous êtes sérieux ?
Le silence retomba. Lourd. Épais. Le parquet grinça sous le poids de Clémentine qui reculait d’un pas.
— Tu vois, Benoît, dit-elle d’une voix plus basse, plus dangereuse. Je croyais qu’on s’était promis quelque chose. Toujours trois. Tu te souviens ?
— Je me souviens, dit Benoît. Mais…
— Il n’y a pas de mais.
Elle tourna les talons. Ses cheveux blonds fouettèrent l’air, et ses pas résonnèrent dans le couloir - rapides, furieux, ce rythme de fuite que le parquet amplifiait.
La porte de sa chambre claqua. Le bruit se répercuta contre les murs de pierre, contre le plafond, contre le cœur d’Astride qui se serra dans sa poitrine.
Puis plus rien. Le silence. Ce silence vide qui n’était pas habité par la paix mais par l’absence, par la colère, par la peur que tout ce qu’ils avaient construit ne s’effondre d’un seul coup.
Astride regarda Benoît. Ses yeux étaient pleins de larmes - pas de plaisir cette fois, mais de honte, de regret, de cette angoisse qui lui tordait le ventre.
— Qu’est-ce qu’on fait ? murmura-t-elle.
Benoît ne répondit pas. Il fixait la porte derrière laquelle Clémentine avait disparu, et son visage était un masque d’impuissance - ce pilier solide qui soudain ne savait plus comment tenir debout.
Au bout du couloir, un bruit étouffé traversa la cloison. Un sanglot. Clémentine pleurait.
Et dans la chambre d’Astride, les draps trempés commençaient à refroidir.
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