Céleste
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Céleste — Chapitre 1

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Swan75
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Ce premier chapitre séduit par sa douceur et sa précision du détail — la manière dont la narratrice observe, remarque, retient, avec une acuité qui dit beaucoup sur ce qu'elle tait. L'écriture prend son temps, construit l'attirance par petites touches, sans jamais forcer. On sent que cette histoire sait exactement où elle va, et c'est très agréable de la suivre.

Céleste

Chapitre 1

Ce texte divisé en une quinzaine de chapitres est ma
première publication ici. Quoiqu’écrite à la première personne, c’est une
histoire inventée qui, comme toute fiction recèle parfois des éléments autobiographiques
de son auteur ou de son autrice. Ils sont néanmoins assez rares dans le cas
présent.
Si la sensualité et l’érotisme sont le sujet de cette
histoire, les scènes de sexe n’en composent qu’une partie. Il est même possible
qu’elles soient absentes de certains chapitres.
Chapitre 1
Quelle corvée, ces courses !
Mon caddy à moitié plein, je soupire. Pourtant, nous
sommes lundi, il ne devrait pas y avoir une telle queue devant les caisses. Il
est vrai que ce sont les vacances d’été et les touristes sont arrivés durant le
week-end. La prochaine fois, je tâcherai de venir un autre jour. En attendant, je
prends mon mal en patience, la file avance lentement. Je pense à mon après-midi
de farniente et je suis impatiente de rentrer chez moi. La boutique est fermée
et, les courses rangées, je pourrai enfin me poser, me reposer.
Enfin, je pose mes achats sur le tapis. La caissière,
une jeune femme noire, me salue en souriant. Un très beau sourire qui révèle
des dents blanches derrière des lèvres rouges-sang. « Quelle splendeur ! »
me dis-je. Une coupe afro, un visage fin orné de deux grandes boucles d’oreille
dorées, des yeux sombres soulignés d’un trait d’eyeliner, de longs cils et une
poitrine qui semble plutôt généreuse sous la blouse de rigueur dans le
supermarché. Une goutte de beauté dans un océan de laideur. Je lui souris en
retour et au moment de partir, je la regarde une dernière fois.
-
Merci mademoiselle. Vous êtes très belle.
Je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela, c’est sorti
tout seul, sans réfléchir. Elle me répond d’un large sourire accompagné d’un
petit clin d’œil.
De retour chez moi, je remplis le frigo, range dans le
buffet le reste des courses et file dans ma chambre. Je me déshabille
rapidement. Totalement. J’aime être nue lorsque je suis seule. Et je suis
souvent seule. Une seule expérience de vie de couple m’a suffi. Je m’allonge
sur mon lit, histoire de prendre un peu de repos. Il fait frais malgré la
chaleur extérieure et j’apprécie ce léger souffle d’air sur ma peau. La pointe
de mes seins se tend, j’aime ça. J’hésite à les caresser, à les effleurer avec
la paume de la main, puis je renonce. Je sais que si je commence, je serai trop
excitée et j’irai jusqu’à me faire jouir. Je préfère garder cette petite
frustration, laisser se développer le désir en moi, et retarder le plaisir. Ce
soir peut-être. Je prends mon polar du moment qui ne tarde pas à me tomber des
mains et je m’endors comme une marmotte. Une longue sieste, suivie par un peu
de ménage, un tour sur internet pour voir les dernières tendances de la mode, un
dîner léger et au lit.
Le lendemain, le réveil sonne à 7 heures. Je me lève
sur le champ. Je m’étais endormie tôt, après m’être accordée ce que je m’étais
refusée l’après-midi. J’avais commencé par me caresser les seins, longuement. Ils
sont si sensibles. Il suffit qu’un doigt, une paume, ou mieux, une bouche les frôle
pour qu’instantanément, mes tétons durcissent et pointent effrontément. Parfois
même, un regard un peu appuyé sur ma poitrine suffit pour les réveiller et les
exciter. Mais ça, il y a longtemps que je n’ai pas eu. Passons ! Et puis,
évidemment, je suis descendu plus bas. Mes cuisses se sont ouvertes et ma main
s’est activée, délicatement d’abord, puis plus activement, autour de mes lèvres
trempées. Je n’ai pu attendre avant de me pénétrer et, jouant entre mon vagin
et mon clitoris, j’ai joui très vite. Peut-être un peu trop vite. Je dois être
en manque. Non, je rectifie : je suis en manque.
Toujours nue, je prends mon petit déjeuner, si on peut
appeler ça un petit déjeuner. Une tasse de thé brûlant et c’est tout. Je n’ai
pas faim au réveil, mais comme chaque jour en milieu de matinée, j’irai faire
un tour à la boulangerie qui jouxte la boutique, échangerai quelques mots avec
Mona et lui achèterai un croissant, les meilleurs que je connaisse. On n’en est
pas là. Une douche et je m’habille, puisqu’il faut bien s’habiller. N’est-ce
pas étrange de rechigner à se vêtir alors que je vends des vêtements ? La
vie nous réserve parfois ce genre de paradoxe.
À 9 heures précises, j’ouvre la porte, allume les
lumières et fais le tour de la boutique. Tout est en place, j’ai l’habitude de
remettre de l’ordre le samedi soir avant la fermeture. Les robes et les
pantalons sur les cintres, les jupes pliées sur leurs étagères, près des
chemisiers, des pulls, des différents tops, les accessoires près du comptoir. Maintenant,
la vitrine. Au début de la semaine, je change les mannequins. J’hésite un
instant et je choisis trois tenues d’été, colorées, fluides et gaies, que je
leur enfile. C’est toujours un peu fastidieux, les mannequins manquent
singulièrement de souplesse, mais j’ai l’habitude. Je sors sur le trottoir pour
regarder l’effet produit, c’est réussi, cela attire l’œil, cela devrait aussi
attirer la clientèle. Satisfaite, je m’installe à mon poste habituel, près de
la caisse. Le mardi, en général, c’est calme, les affaires reprennent plutôt le
jeudi et bien-sûr surtout le samedi. Pourtant, aujourd’hui, je n’ai pas un
instant de libre. C’est nécessaire. Même si je travaille seule et que je n’ai
pas de salariée à payer, je dois faire un minimum de recette pour garder mon
petit commerce à flot. Ceci dit, puisque la ville est devenue une destination
touristique, je compte sur cet été pour augmenter mon chiffre d’affaires et
alimenter mon compte en banque qui en a bien besoin.
Il est 18h et la journée a été très bonne. En tout
cas, meilleure qu’un mardi ordinaire. Encore une heure et je ferme. Je plie et
range quelques vêtements qui avaient été déplacés quand la porte s’ouvre,
activant la petite sonnerie. Je me retourne et reste un instant immobile. Une
coiffure afro, un large sourire, des lèvres pulpeuses, réhaussées d’un rouge
vif. Oui, c’est bien elle. La caissière du supermarché. Elle entre et regarde
les robes. Elle ne m’a pas encore vue.
-
Bonjour mademoiselle
-
Bonjour madame. Oh, c’est vous. Je vous ai déjà vue,
n’est-ce pas ?
-
Oui, hier, au supermarché.
-
C’est cela, je me souviens. Je m’en souviens même très
bien, les personnes qui passent à la caisse sont rarement aimables. Celles-ci,
on ne les oublie pas.
-
Merci. Puis-je vous aider ?
-
Je regarde pour l’instant.
Pendant qu’elle farfouille entre les cintres, je
l’examine plus attentivement. Elle est vêtue d’un jean slim qui enserre ses
hanches larges, dessine ses fesses rebondies et souligne la profonde cambrure
de ses reins, d’un tee-shirt blanc et d’un court blazer ouvert qui laisse
entrevoir le volume de sa poitrine. Aux pieds, des sandales avec un petit talon
et les ongles des orteils rouge-vif, comme ceux de ses mains. Elle est un peu
plus maquillée que la veille et a gardé les mêmes boucles d’oreilles.
-
Vos vêtements mettent plus en valeur votre beauté que
ce qu’on vous fait porter au travail. Vous avez bon goût, je vous félicite.
-
Je vous remercie. Vous savez, chez moi, c’est très
important, la façon de s’habiller. On doit se sentir belle.
-
Vous l’êtes !
Elle sort trois robes d’un rayon et demande à les
essayer. Je lui indique les cabines d’essayage. Elle m’appelle quelques instants
plus tard.
-
Pouvez-vous me donner un conseil ? J’aime
beaucoup celle-ci — elle me montre une robe bleue, en lin mélangée de
viscose, assez courte et cintrée, avec un joli décolleté dans le dos —, mais
j’ai peur qu’elle me soit un peu étroite.
-
Passez-là, je vous le dirai.
Elle m’appelle et sort de la cabine après avoir revêtu
la robe. Elle est magnifique, sauf que…
-
Elle vous va très bien, mais comme elle est très
ajustée, on voit trop votre soutien-gorge sous le tissu. Sans parler des bretelles
qu’on voit dans le dos.
Elle se regarde dans le miroir et acquiesce.
-
Si ce n’est que cela… dit-elle.
Et sans plus attendre, elle baisse la robe jusqu’à ses
hanches, retire d’un geste le soutien-gorge et la replace sur sa poitrine. Je
suis époustouflée. Non seulement parce qu’elle s’est mise seins nus hors de la cabine,
sous mes yeux et ceux d’éventuelles clientes ou clients — heureusement
nous étions seules —, mais aussi parce que ses seins, larges, lourds et
vraisemblablement fermes, sont divins. Une peau comme satinée, à la fois sombre
et lumineuse, des tétons saillants et de larges aréoles charbonneuses.
-
Vous savez, je porte un soutien-gorge parce que j’aime
la lingerie, pas parce que j’en ai vraiment besoin, dit-elle en souriant.
-
Vous avez raison. Comme cela, la robe vous va
parfaitement. Regardez-vous, le miroir est là.
-
Oui, je crois que je vais la prendre, répond-elle en
se tournant devant la glace. J’aime ce qu’elle fait à mon dos.
Elle retourne dans la cabine, remets ses vêtements et
passe en caisse. Lorsqu’elle paie, je lui demande si elle veut recevoir nos
informations et nos promotions. Elle accepte, laisse son adresse mail et sort.
Il est sept heures. Comme chaque soir, je fais un dernier tour dans la boutique
avant de fermer.
Dans la cabine d’essayage, posé sur le tabouret, le soutien-gorge.
Oublié.
(à suivre)
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Photo de profil de Ryo Saeba
Ryo Saeba
10 octobre 2026 à 17:44
J'aime ces petites tranches de vie ou on pourrait croiser chaque personnage au coin de sa rue
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de nathan93
nathan93
10 octobre 2026 à 16:41
J'ai aimé c'est une belle histoire swan !!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Thewritter
Thewritter
10 octobre 2026 à 11:35
J'aime beaucoup ce premier chapitre, j'ai hâte de lire le suite. Le texte est bien écrit, les descriptions et les détails de certaines scènes donnent un côté verdict et tes érotiques.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Gynécologue
Gynécologue
10 octobre 2026 à 08:46
Bonjour Swan,

Votre Chapitre 1 est un délice à lire.
C'est joliment écrit, c'est bien détaillé, avec justesse et érotisme.
Félicitations pour ce bel écrit.
Soyez respectueux
Répondre

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