Poème
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Rouquine — Chapitre 1 · Les rousses
Auteure
Rouquine
Chapitre 1 · Les rousses
Ce poème fait suite à une petite histoire personnelle bien réelle.
La dame
Un matin gris et pluvieux de mars, je marchais rapidement pour vite aller m’engouffrer dans mon pub préféré, quand une voix un peu rauque me fit tourner la tête.
— Hé toi ! Oui toi ma jolie ! Pas la peine de cavaler ma chérie, tes cheveux sont déjà rouillés…
C’était une dame d’un âge incertain qui m’avait interpellée. Une femme restée à me regarder, rigolarde et attendant une réponse.
— J’ai la peau qui rouille aussi…
Elle m’avait souri gentiment en me disant que j’étais « une toute mignonne à croquer ». Je n’avais pas pu m’empêcher de rire avec elle.
Les imbéciles
J’avais beaucoup moins ri, quand quelques années auparavant, un étudiant avait fait une remarque alors que je passais dans un couloir de la FAC.
— Il paraît que les rouquines sentent vraiment très fort de la chatte.
Ce à quoi son abruti de copain avait rétorqué.
— J’en sais rien moi ! J’suis pas assez con pour baiser une rouquine. Ça me dégoûte leurs taches de rousseur…
— Tu sais ce qu’elles te disent, mes pikoù panez [1]
Aucun des deux ne m’avait répondu, alors que je m’étais plantée face à eux. Le plus bête des deux m’avait fait un sourire qu’il croyait certainement chargé de charme.
— Moi j’aimerais bien m’en taper une. Une vraie, hein… Il paraît que les vraies rouquines baisent bien.
— Ouais… Dommage qu’elles puent, quoi…
Il paraît que les vraies rousses baisent bien. Et les cons, ça ose tout. Et ça, c’est une certitude. Je n’avais pas daigné réagir ou tenter d’entamer un dialogue. Ces deux-là n’en valaient pas la peine. Obtus et imbus d’eux-mêmes. C’était à ça qu’on les reconnaissait.
À part inviter ces idiots sous ma douche, je ne pouvais rien faire d’autre que les planter là.
[1] Du breton, littéralement traduit en langue française par « points de panais (légume) taches de rousseur ou éphélides.
Les rousses
Faut-il vraiment être mesquine,
Et bien méchante, ou même sans cœur,
Pour se moquer d’une rouquine,
Faut-il avoir de la rancœur !
Une vilaine s’est gaussée de moi,
Simplement par pure méchanceté,
Et sans même savoir le pourquoi,
J’ai décidé de l’ignorer.
Oui, toute petite et va-t-en guerre,
Je passais mes journées dehors,
À errer, étés comme hivers,
Comme j’étais insouciante alors…
De mauvaises langues l’avaient prédit,
À force de vaquer tête nue,
Sous les vents, tout comme sous les pluies,
Je risquais la déconvenue.
N’allez pas tête nue quand il pleut !
Mais les Celtes sont femmes d’aventures.
Et à force de braver les dieux,
De rouille, deviennent leurs chevelures
C’est ainsi que filles bretonnes,
Sous les pluies du Finistère-Nord,
Deviennent rousses ! Nul ne s’en étonne !
Être rouquine n’est pas un tort !
Certains sont fiers d’être bourguignon.
D’autres chantent leurs chapeaux ronds.
Ne faut-il pas être un peu con ?
Pour déclamer de telles chansons.
J’ai ouï dire que certains mâles,
Clament que les rouquines sentent fort,
Quand ces dames se pâment et râlent,
Dans des moments de plaisir fort.
Ne devraient-ils pas être joyeux ?
Du plaisir que ces rousses prennent pour eux !
Face à ces imbéciles heureux,
Sachez messieurs, que les rouquines,
Sont fières de leurs mèches de feu
Et bien sûr… Elles vous enquiquinent !
Faut-il vraiment être mesquine,
Et bien méchante, ou même sans cœur,
Pour se moquer d’une rouquine,
Faut-il avoir de la rancœur !
Une vilaine s’est gaussée de moi,
Simplement par pure méchanceté,
Et sans même savoir le pourquoi,
J’ai décidé de l’ignorer.
Oui, toute petite et va-t-en guerre,
Je passais mes journées dehors,
À errer, étés comme hivers,
Comme j’étais insouciante alors…
De mauvaises langues l’avaient prédit,
À force de vaquer tête nue,
Sous les vents, tout comme sous les pluies,
Je risquais la déconvenue.
N’allez pas tête nue quand il pleut !
Mais les Celtes sont femmes d’aventures.
Et à force de braver les dieux,
De rouille, deviennent leurs chevelures
C’est ainsi que filles bretonnes,
Sous les pluies du Finistère-Nord,
Deviennent rousses ! Nul ne s’en étonne !
Être rouquine n’est pas un tort !
Certains sont fiers d’être bourguignon.
D’autres chantent leurs chapeaux ronds.
Ne faut-il pas être un peu con ?
Pour déclamer de telles chansons.
J’ai ouï dire que certains mâles,
Clament que les rouquines sentent fort,
Quand ces dames se pâment et râlent,
Dans des moments de plaisir fort.
Ne devraient-ils pas être joyeux ?
Du plaisir que ces rousses prennent pour eux !
Face à ces imbéciles heureux,
Sachez messieurs, que les rouquines,
Sont fières de leurs mèches de feu
Et bien sûr… Elles vous enquiquinent !
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Commentaires ()
Merci 🙂
La réplique d’Armorique, campée sur ses appuis avec ses pikoù panez (taches de rousseur en breton), claque comme un revers de main. C’est vif, digne, féministe sans grands discours. On sent la colère sourde, la vraie. Et puis… on passe aux vers. Et là, j’ai tiqué.
En voulant habiller cette rage en poème classique, le ton s’assagit brutalement. Les rimes un peu scolaires et le vocabulaire désuet (« se gaussée », « déconvenue ») corsètent ce qui aurait dû exploser. Dire à des types pareils qu’on les « enquiquine » à la fin, après avoir essuyé des insultes sexuelles aussi dures, ça désamorce complètement la claque.
Le Point lumineux ? Il est magnifique au milieu du poème : cette idée que les Bretonnes ont les cheveux roux à force de braver les pluies battantes du Finistère Nord tête nue, rouillées par les embruns et l’aventure. C’est fier, sauvage, poétique. Pour qui ? Pour celles (et ceux) qui aiment les petits textes sincères, nés d'une blessure réelle, et qui transforment un préjugé usé en fierté celte.
Alors… trique ou chique ?
🍬 1 CHIQUE J’aime la démarche, je salue la solidarité capillaire et l'authenticité de l'intro, mais la forme poétique est restée trop polie pour la violence du sujet.
Et vous, quand on attaque ce que vous êtes, vous répondez par une rime bien sage ou par un bon coup de vent breton ? Dites moi en commentaire !
C'était une sorte d'essai mais pas transformé comme disent les amateurs de l'ovale.
En vrai, pour ce genre de remarque comme pour les rouquines, je reste dans le camp des non violents qui préconisent que l'intelligence doit céder le pas face à la connerie. Pour des choses plus graves, je dois faire face à mon autisme. Un autisme léger que je gère plutôt bien mais qui peut voler éclat si je ne me contrôle pas.
Le meilleur exemple de ma mentalité un brin perturbée reste ma rencontre avec ma chérie. C'est...
Elle a qualifié ça de " grand moment dans sa vie". 🤣
Je t'explique en privé plus tard.
Merci 🙂
j'ai vraiment aimer ton texte mais je l'aurais préfère plus acide, ou plus incandescent comme nous 🤣