Le charpentier et le voisin
Chapitre 1 · Une main sur la nuque
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le charpentier et le voisin — Chapitre 1 · Une main sur la nuque

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Matthew_237
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Ce qui accroche dès les premières lignes, c'est le portrait de Marc — un type taiseux, les mains pleines de sciure, qui ravale tout. L'écriture est tendue, économe, et les pensées en italique qu'il se répète comme des mantras finissent par sonner creux d'une façon absolument juste. La scène dans le garage est construite avec une précision redoutable : chaque détail, chaque silence pèse exactement ce qu'il doit peser. On referme le chapitre avec cet inconfort délicieux qu'on ne cherche pas vraiment à secouer.

Le charpentier et le voisin

Chapitre 1 · Une main sur la nuque

La sciure de bois collait à sa peau comme une seconde couche de transpiration. Marc passa la paume sur son front, repoussant une mèche grisonnante, et regarda l'encadrement de la porte qu'il venait de poser. Parfait. D'aplomb. Il avait passé vingt ans à rendre les choses droites, solides, utiles. Sa femme, elle, passait ses journées à lui dire non.
— Chérie ? beugla-t-il en direction de l'escalier.
Pas de réponse. Seulement le bruit de la télévision qui crachait des dessins animés pour les jumeaux. Léa devait être en haut, avec la petite. Il posa sa ceinture à outils avec un claquement métallique et monta les marches deux par deux, les mains encore rugueuses de poussière.
Elle était assise sur le bord du lit, en train de plier des t-shirts.
— J'ai fini, annonça-t-il.
— Mmh.
Il s'approcha, lui prit le tissu des mains. Léa leva les yeux, ce regard fatigué qu'elle avait depuis des mois, ce regard qui disait je sais ce que tu veux et la réponse est non.
— Marc, pas ce soir.
— C'est ce que tu dis tous les soirs.
— Parce que c'est non tous les soirs.
Il serra la mâchoire. Les mots montèrent, brûlants, et il les ravala. Il s'accroupit devant elle, posa une main sur son genou. Elle ne le repoussa pas. C'était déjà ça.
— Écoute. Ça fait six mois. Six mois que je te le demande. Juste une fois. Juste essayer.
Léa soupira, se leva, et sa main glissa du genou au vide.
— On en a déjà parlé. Je ne veux pas. Ça me fait peur. Ça me fait mal. Point.
— Je te préparerais. Doucement. Tu sais que je—
— Non.
Le mot claqua, sec, définitif, comme un coup de marteau sur une tête de clou. Marc resta accroupi une seconde de trop. Puis il se releva, les poings serrés le long du corps.
— Très bien, dit-il.
Il descendit. Attrapa une bière au frigo, l'ouvrit avec ses dents — une vieille habitude de chantier — et sortit sur la terrasse. L'air du soir sentait l'herbe coupée. De l'autre côté de la haie, chez les voisins, la porte du garage était ouverte.
Et il était là.
Théo. Dix-huit ans depuis mars.
Le gamin sortait de la douche, forcément, les cheveux noirs encore luisants, une serviette autour de la taille. Marc but une longue gorgée. Le corps du garçon était une insulte. Des épaules larges, une taille fine, ces lignes de muscle qui couraient le long du dos comme des cordes tendues sous la peau. Pas un de ces corps de salle de sport gonflés à la protéine. Une beauté naturelle, sèche, efficace.
Théo se pencha pour ramasser quelque chose. La serviette remonta. Marc détourna les yeux.
Tu es un homme marié. Tu as quatre gosses. Tu es charpentier, pas pédé.
Il but. La bière était amère.
Le lendemain matin, il partit bosser à six heures. Le chantier était à trente kilomètres, une extension de maison pour un couple de retraités. Il cloua, scia, mesura. Ses mains faisaient le travail, sa tête était ailleurs.
Il revint vers dix-sept heures. La rue bourdonnait, pleine d'ados qui sortaient du lycée. Et au milieu d'eux, Théo. Une fille sous chaque bras. Une brune en crop top, une blonde en jupe plissée. Elles riaient, se penchaient vers lui, touchaient son bras comme si elles voulaient vérifier qu'il était réel.
Marc ralentit sa camionnette. Assez pour voir. Assez pour que quelque chose se torde dans son ventre — pas de la jalousie, non, il n'aurait jamais appelé ça comme ça. De l'agacement. Voilà. Ces filles qui se jetaient sur un gamin. Un gamin qui n'avait rien fait pour mériter ça.
Il se gara. Resta assis dans le pick-up, moteur éteint, à les regarder s'éloigner. La blonde passa la main dans les cheveux de Théo. Le geste était possessif. Intime. Marc sentit la chaleur monter dans sa nuque et il serra le volant jusqu'à ce que ses jointures blanchissent.
Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas comme ça.
Le soir, il baisa sa femme. Fort. Longtemps. Léa ne refusait jamais ça — elle aimait qu'il la prenne, jambes ouvertes, gémissements étouffés dans l'oreiller. Il la retourna sur le ventre, la prit par derrière, et ferma les yeux en poussant. Ce n'était pas Léa qu'il voyait. C'était une nuque fine, des cheveux noirs mouillés, une serviette qui glissait.
Il jouit avec un grognement de bête qu'il n'avait pas entendu depuis des années.
Léa s'endormit tout de suite après. Marc resta les yeux ouverts dans le noir, le souffle encore court, la honte chaude sur sa peau.
Les semaines passèrent. La frustration devint une routine. Le matin, il se levait avant tout le monde. Le soir, il baisait sa femme. Et entre les deux, il regardait Théo.
Il devint un expert. Il connaissait les horaires du gamin mieux que ceux de son propre fils. Le mardi et le jeudi, Théo rentrait à pied du lycée vers seize heures quarante. Le mercredi, il jouait au basket au parc jusqu'à la tombée du jour. Le samedi matin, il tondait la pelouse torse nu.
Marc passait ces jours-là à la fenêtre de l'atelier, sa bière à la main, les outils en attente. Il se disait qu'il vérifiait le temps. Qu'il admirait juste un beau jeune homme, comme on admire une belle voiture. Il ne se touchait pas. Pas encore.
Puis vint le soir où la porte du garage des voisins resta ouverte plus longtemps que d'habitude. Les parents étaient partis en week-end. Marc le savait — Léa lui avait dit, en lui demandant de garder un œil sur la maison.
Il sortit fumer sur la terrasse à minuit. La lumière du garage allumée. Théo, seul, en train de soulever des haltères devant un vieux banc de musculation. Torse nu. Short de sport. La sueur brillait sur ses omoplates.
Marc s'approcha de la haie. Il se dit qu'il allait juste dire bonsoir. Vérifier que tout allait bien.
Il posa la main sur le grillage. Les doigts tremblaient.
Théo avait la peau lisse. Le bras qui montait l'haltère se contractait, se relâchait, se contractait. Marc ne pouvait pas détacher ses yeux. Il voyait chaque tendon, chaque veine, chaque ligne. Le gamin était une machine. Une machine magnifique.
— Bonsoir, Marc.
La voix le fit sursauter. Théo avait posé l'haltère et regardait par-dessus son épaule. Il souriait. Pas un sourire moqueur. Un sourire tranquille.
— Je... je vérifiais. Tes parents m'ont demandé.
— Ouais, je sais. Tu veux entrer ? J'ai de la bière.
Marc hésita. Chaque seconde d'hésitation était une trahison. Il ouvrit la barrière.
L'atelier sentait l'huile et la sueur. Théo lui tendit une canette. Leurs doigts se touchèrent. Marc retira sa main trop vite.
— Tu bosses bien, dit-il en désignant les haltères. C'est quoi, ton programme ?
Théo haussa les épaules. Il avait attrapé une serviette et s'épongeait la nuque, sans aucune gêne, comme si être à moitié nu devant un homme marié de vingt ans son aîné était la chose la plus normale du monde.
— Rien de spécial. Je fais ça pour moi. Les filles s'en foutent.
— Elles s'en foutent pas, crut bon de dire Marc. Je t'ai vu avec elles.
— Ouais, elles sont sympas.
Théo but une gorgée. Son regard se posa sur Marc, et quelque chose dans ce regard se fit plus précis.
— Et toi ? demanda le gamin. Ça va ?
— Ça va.
— Tu as l'air... tendu.
— J'ai du travail.
Théo sourit. Il posa sa bière et s'approcha de la table où traînaient des outils — une scie, un marteau, un niveau. Il prit le marteau, le soupesa.
— Ton métier, c'est de construire des trucs, non ? demanda-t-il.
— Ouais.
— Et toi, tu construis quoi en ce moment ?
La question était simple. Marc mit une seconde à comprendre qu'elle ne l'était pas.
— Rien, dit-il.
— Dommage.
Théo posa le marteau. Il se tourna. La distance entre eux s'était réduite sans que Marc s'en aperçoive. Il pouvait sentir l'odeur du déodorant, du savon, de la sueur propre. Le gamin le dépassait d'une demi-tête.
— Tu viens souvent ici, reprit Théo. Je te vois.
Marc sentit son visage chauffer.
— Je... je regarde la rue.
— Tu regardes la rue.
Le ton n'était pas accusateur. Amusé, presque. Théo avança encore d'un pas. Sa main se leva, se posa sur l'avant-bras de Marc. La peau du gamin était chaude.
— C'est pas grave, dit-il doucement. Tu sais. Si tu regardes.
Marc aurait dû reculer. Il aurait dû dire quelque chose — n'importe quoi. Il resta planté là, le cœur cognant contre ses côtes, la bouche sèche.
— Je ne suis pas... commença-t-il.
— Je sais ce que tu n'es pas.
Les doigts de Théo remontèrent le long du bras, jusqu'à l'épaule. Marc frissonna malgré lui. Un frisson qu'il connaissait — celui de ses rêves, celui qu'il réprimait depuis des mois.
— Pourquoi tu viens ? demanda Théo. Dis-moi la vérité.
— Parce que...
Les mots s'étranglèrent. Il fixa la bouche du garçon, ses lèvres pleines et détendues.
— Parce que je n'arrive pas à arrêter, souffla-t-il.
Théo sourit. Un sourire lent, qui ne montait pas aux yeux mais qui s'installait sur les lèvres comme une promesse.
— Ben voilà, dit-il. C'était pas si dur.
Sa main glissa de l'épaule vers la nuque de Marc. Elle y resta. Le pouce caressa la peau juste sous l'oreille.
Marc ne respirait plus.
— Je peux te montrer des trucs, dit Théo. Si tu veux.
La porte du garage grinça au loin — quelqu'un, peut-être, ou juste le vent. Marc sursauta. Il recula d'un pas, heurta un établi, fit tomber une pince qui claqua sur le béton.
— Je dois rentrer, dit-il, la voix rauque.
Il ne bougeait pas.
Théo rit doucement, un son bas, sans moquerie.
— T'as mon numéro de toute façon, dit-il. Ta femme l'a.
L'allusion frappa Marc au plexus. Il attrapa la poignée de la porte, l'ouvrit, et sortit dans la nuit sans se retourner. Derrière lui, il entendit la voix de Théo, calme, presque tendre.
— À demain, Marc.
Il traversa la pelouse, la barrière, la terrasse. En haut, Léa dormait, le souffle régulier. Il se déshabilla dans le noir, se glissa dans le lit, et resta sur le dos, les yeux grands ouverts.
Sa main descendit sous le drap.
Il n'y avait pas de mensonge possible maintenant. Pas de « je vérifiais le temps ». Pas de « je regardais la rue ». Il avait senti la main d'un homme sur sa nuque et il avait bandé si fort que ça faisait mal.
Je ne suis pas gai. Je ne suis pas gai.
Il ferma les yeux. La voix de Théo résonnait dans sa tête, douce et précise, avec cette petite assurance insupportable.
Je peux te montrer des trucs. Si tu veux.
Le poignet de Marc accéléra. Il songea à la sueur sur les omoplates, à la serviette qui glissait, aux doigts sur sa nuque. Un son monta dans sa gorge — pas un mot, pas un grognement, quelque chose entre les deux — et il plaqua sa bouche contre son propre bras pour l'étouffer.
À côté de lui, Léa remua. Un murmure dans son sommeil.
Marc se figea, la main encore serrée sous le drap, le souffle coupé, le corps tendu comme une corde prête à casser.
— Chérie ? chuchota-t-il.
Pas de réponse. Juste la respiration lente de sa femme qui ne saurait jamais ce qui se passait dans la tête de son mari.
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bask600
12 octobre 2026 à 14:19
Un vertige ….. non vers une chute mais un envol
Voyons comment ces deux là vont planer ? Alors nous aussi on fera parti du voyage
Photo de profil de Mulierscriptor
Mulierscriptor
12 octobre 2026 à 09:07
Texte intéressant, sensuel, bien senti. Évidemment qu’il va craquer ! Comment résister à l’appel des sens ?
Photo de profil de lelivredejeremie
lelivredejeremie
12 octobre 2026 à 00:58
Je crois pas mal à la théorie de la proportions de mecs bien installés dans leur vie, mais en fait hétéros-curieux qui n'attendent qu'une invitation... ^^
kool 973
11 octobre 2026 à 22:06
a quand la suite?

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