Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'étrange île du docteur Morelle — Chapitre 3
Auteure
L'étrange île du docteur Morelle
Chapitre 3
Je m'affalai sur mon siège. Je ne comprenais plus rien : Lexi qui menaçait de porter plainte puis qui m'accordait une gâterie. La patronne qui pouvait me dégager et qui m'envoyait en formation le soir même... Je réalisai qu'on allait partir sans aucune affaire personnelle. Combien de temps ? Où ?
Dans un geste désespéré, j'allai rapidement voir mon armoire où j'avais parfois deux ou trois affaires de sport. Vide. Pourtant, j'étais certain qu'elle était remplie ce matin. J'allumai mon PC, impossible de me connecter. Tout s'accélérait. D'ailleurs, Sabrina Lorson arriva suivie de trois vigiles et un médecin.
— Prêt, Franck ?
Son sourire narquois était détestable. Elle me regardait comme un félin qui s'amusait avec une souris.
— Les gorilles, c'était obligé ?
Sabrina sortit une petite lime à ongles et s'en servit rapidement avec un air satisfait.
— On ne sait jamais. J'ai votre accord, mais je ne vous fais évidemment pas confiance. Le Dr Fitz doit effectuer une petite prise de sang...
— Allez vous faire foutre.
La patronne ne prit même pas la peine de répondre et claqua des doigts. Les vigiles s'approchèrent. J'étais sportif et je connaissais deux ou trois prises de judo, mais je n'étais pas suicidaire, surtout que le plus costaud avait un taser qu'il s'amusa à allumer à quelques centimètres de mon visage. Fitz, à l'arrière, sortit une seringue en sifflotant. Je finis par remonter ma manche mais ne pus m'empêcher de l'insulter.
— Vous n'êtes qu'une salope.
— Bien sûr, Franck. Qui prétend le contraire ? Mais je suis en position de force et vous le savez. Votre contrat que vous avez signé comporte quelques clauses médicales... Dans votre intérêt, qui nous autorisent à pratiquer des examens. Dans votre intérêt bien entendu, cette petite prise de sang est une bonne chose.
Je la fusillai du regard, sentant à peine la seringue qui s'enfonçait dans ma veine. Fitz rangea le prélèvement dans une mallette médicale, satisfait, murmura quelque chose à l'oreille de Lorson et se barra aussi vite.
— Le carrosse de monsieur est prêt.
Avant de quitter le bureau, je m'inquiétai une dernière fois.
— Mais je reviendrai travailler ici ?
— On ne sait jamais, Franck. Cela dépendra de vous. Allons-y.
Les vigiles m'accompagnèrent jusqu'au sous-sol du parking, où des berlines nous attendaient. Je n'étais même pas surpris : j'avais toujours travaillé dans le luxe ici. Même pour des sanctions, ils mettaient les petits plats dans les grands. Les vitres étaient teintées, j'essayai de scruter à l'intérieur des autres véhicules sans succès. Un chauffeur descendit et m'ouvrit la portière d'une Mercedes. J'inspirai et hésitai une dernière fois. La pointe d'une matraque s'appuya dans le bas de mon dos, histoire de mettre fin à mon hésitation.
Lexi était là, évidemment. Bien plus sexy que les autres fois : une mini-jupe noire avec un porte-jarretelles, un chemisier moulant terrible. Dès mon arrivée, elle déboutonna le haut. Cette fois, j'en eus assez.
— À quoi tu joues, secouai-je la tête. On baise, puis tu m'envoies en prison ?
— En prison ? s'esclaffa-t-elle. Qu'en sais-tu ?
La berline se mit en marche alors que la nuit s'abattait sur New York, le chauffeur ne prêtait absolument pas attention à nous.
— Tu sais où l'on va, Lexi ?
— Peut-être...
Elle avait retrouvé son sourire espiègle, celui qui m'avait séduit la première fois que je l'avais vue.
— Lexi, on peut trouver un arrangement ?
— Ce n'est plus entre mes mains, Franck. Ma belle-mère décide de tout. Mais ne t'inquiète pas. Et puis, tu peux te rattraper. Le pire, c'est que tu me plais, Franck...
Elle se saisit de ma main fermement. Lexi avait la peau douce d'où exhalaient des odeurs fruitées et chaudes en même temps. Elle ramena ma main sur sa poitrine où je sentis son téton dur comme un petit caillou. Je fermai les yeux, tentai de lui résister à nouveau mais la sensation de son sein frémissant et ses gémissements eurent raison de moi. Je la laissai faire dans un premier temps et je sentis ses lèvres posées sur les miennes, humides et chaudes. Je bandai à nouveau.
— Franck, je t'ai sucé comme il fallait ?
— Tu es la reine de la pipe...
— Maintenant, j'en veux aussi.
Elle remontait sa jupe alors que la voiture faisait quelques soubresauts. Le chauffeur lança un regard dans le rétro, peut-être légèrement déconcentré. Mes doigts se rapprochèrent de son string noir... trempé. Même le siège était humide, tout comme ses bas. Son bouton était dur, gonflé, elle se frottait contre ma main comme un animal en gémissant.
— Putain Franck, je ne tiens plus !
Je souris en plongeant mon majeur dans son vagin étroit mais glissant, lui arrachant un cri. Mais ce n'était que le début. Je m'accroupis sur le siège pour m'abreuver de son sexe dégoulinant. Lexi se saisit de mes cheveux et appuya ma tête. J'avais sa chatte en pleine bouche lorsqu'elle trembla à nouveau.
Je me redressai, la sentis glisser contre moi, chercher ma bouche. Elle m'embrassa le cou en reprenant son souffle.
— Tu es doué pour ça aussi.
— Tu as aimé ?
Elle sortit ma queue de mon pantalon pour me branler délicatement. Ses mains étaient aussi parfaites que sa bouche, elle suivait le rythme de ma respiration tout en réfléchissant.
— Je me demande comment ça fait...
— Lexi, ne t'arrête pas ! Comment ça fait quoi ?
J'avais un peu de mal à me concentrer alors qu'elle accélérait le rythme.
— Éjaculer !
Au moment précis où elle prononça le mot, une bonne giclée lui atterrit sur la main, qu'elle lécha avidement.
— C'est très bon, tout ce que je peux te dire, articulai-je...
Je restai silencieux alors que dehors j'apercevais des panneaux désignant un aérodrome.
— Pourquoi tu demandes ça, Lexi ?
— Tu ne t'es jamais posé la question, Franck ?
Je n'aimais pas qu'on réponde par une question... Mais elle n'avait pas tort. Mouiller ou éjaculer, c'était pareil ?
— On ne le saura jamais, Lexi. C'est comme ça.
— C'est comme ça, répéta-t-elle, comme hypnotisée par les lumières. La voiture ralentit, je me rhabillai rapidement, elle aussi. Nous étions près d'un jet privé. Rien d'étonnant non plus.
Les autres berlines étaient là, j'aperçus John et d'autres managers. Son intuition était bonne : c'était notre groupe de tombeurs — évidemment tout le monde avait des casseroles au cul. Chacun avait embauché des nanas pour leur cul ou leur poitrine... C'était le point commun. Mais j'avais sans doute la cerise sur le gâteau avec Lexi Ranson.
Je voulus m'asseoir à côté de John mais le commandant de bord secoua la tête : les places étaient bien attribuées et je dus rester à côté de Lexi. Il n'y eut pas de message sur la destination, personne ne parlait à part les nanas entre elles. J'entendis des rires étouffés. Les mecs comme moi étaient inquiets, on plongeait maintenant dans l'inconnu alors que le jet décollait. Sans aucune information sur la destination.
***
Je me réveillai lorsque l'avion effleura une première fois la piste, puis freina bruyamment. Lexi applaudit comme les autres nanas en riant. Du côté des hommes, l'ambiance était morose. Cette fois, on y était. Le soleil nous éblouit en descendant, mais nous apercevions des palmiers et au loin un océan bleu profond et quelques rivages de sable. Très beau, mais on avait changé de latitude évidemment. D'ailleurs, le commandant de bord nous donna une information : sept heures de vol et nous étions partis la veille. Donc on avait bien changé de latitudes et cela se ressentait. Chaud et humide. D'ailleurs, mes vêtements collaient un peu... Sans parler qu'ils sentaient encore le sexe. Nous attendîmes bêtement sur la piste quand des minibus se pointèrent.
Des infirmiers en descendirent en pointant les noms et en nous orientant.
— Les femmes dans le véhicule A, les hommes prennent le B.
Cette fois, nous étions séparés. Je tentai d'échanger avec John pendant le trajet, mais il était mutique, le regard fixé sur la vitre comme s'il cherchait une sortie dans le paysage.
— Elle t'a dit quoi, Sabrina ?
Il tourna enfin la tête. Son visage était creusé, les traits tirés par une nuit blanche et quelque chose de plus profond que la fatigue.
— À ton avis, Franck ? La formation ou la tôle. On a déconné et on le paye cash !
Il détourna les yeux aussitôt, comme si formuler la chose à voix haute lui coûtait trop. Son attitude défaitiste m'amusait finalement. L'endroit semblait paradisiaque et on était avec les plus belles nanas de l'entreprise. Finalement... C'était presque un rêve. Le trajet dura vingt minutes avant d'arriver devant une espèce de complexe hôtelier. Une piscine à débordement était visible à l'étage, une terrasse avec bar, palmiers... Du grand luxe façon Sabrina Ranson.
Je cherchai du regard Lexi sans succès. L'infirmier nous fit suivre dans le bâtiment, destiné aux touristes, c'était évident. Une aile nous était destinée et j'héritai de la chambre douze.
— Allez-y, on viendra vous chercher...
Je rentrai dans la pièce intrigué, la porte se referma immédiatement. Avec un petit clic et une lumière rouge allumée sur la poignée. Je tentai sans conviction de l'ouvrir : enfermé bien sûr. C'était déjà moins drôle que la piscine à débordement... La pièce était grande quoiqu'un peu sombre. Aucune décoration. Neutre au possible, toute blanche et une moquette grise. Au moins, il y avait la clim... Je me rendis au fond où je repérai deux portes. La première donnait sur une salle de bain, encore plus sombre que la chambre. Je distinguais à peine mon reflet sur un miroir s'étalant sur un long mur. Il y avait une douche italienne sympa, aux motifs mauves et rouges ou roses, je ne voyais pas bien. Je ressortis pour essayer la seconde porte et j'éclatai de rire : un dressing, immense. De quoi stocker des tonnes de fringues... que je n'avais pas. La situation était ubuesque. Je ressortis et tâtai le lit bien moelleux. Le drap était particulièrement doux et un délicat parfum avait été projeté sur les tissus sans doute.
La porte s'ouvrit d'un coup, je me redressai en sursaut sur le lit.
— Réception et pot d'accueil. Rendez-vous dans le hall, dit simplement l'infirmier.
Je haussai les épaules comme si c'était normal... Je le suivis difficilement alors qu'il marchait rapidement dans le large couloir. Je devais être le dernier en arrivant dans le hall : les deux groupes avaient été rassemblés. Dix hommes, dix femmes, devant une petite estrade. Lexi était au premier rang et discutait avec un homme. Grand, blond et la mâchoire carrée. Ses épaules étaient du même genre que celles des All Blacks. En un mot, il était baraqué et salement beau gosse. La comparaison faisait mal : on venait de se taper une nuit d'avion, pas rasé, pas lavé. Lui avait la classe dans son t-shirt qui moulait ses pectoraux que Lexi admirait en discutant avec lui. Peut-être qu'elle le connaissait ? En tout cas, je crus percevoir un regard complice quand ils m'aperçurent, mais elle se contenta de rejoindre le groupe de nanas. L'infirmier me fit signe : je devais rejoindre l'autre côté. Bizarre...
— Vous êtes ici dans la joie et la bonne humeur, sourit-il. Cette formation est une opportunité avant tout. Le but est d'abord de comprendre l'autre dans son altérité totale. Et vous deviendrez ensuite meilleurs évidemment. Votre formation comprendra des moments de détente et de travail. Normalement, nous avons coutume de dire d'abord l'effort mais ensuite le réconfort... Mais pour aujourd'hui et parce que la nuit a dû être fatigante, je vous propose...
— Putain mais vous êtes qui ? hurlai-je.
L'homme sourit doucement et récupéra une blouse de médecin derrière lui. Il s'approcha d'un pas déterminé vers moi — je m'aperçus au passage qu'il pouvait me démolir d'un coup de poing.
— Je suis le docteur Morelle. Et je vous accompagnerai tout au long de ce séjour, Franck.
Il fit un signe que le buffet derrière nous était ouvert. Les autres se précipitèrent, affamés. Je restai à regarder Morelle, qui n'avait pas bougé.
— On ne doit pas s'inquiéter ? lui demandai-je.
— Grand Dieu, non.
— Docteur, si vous me voyez la première fois de votre vie, expliquez-moi comment vous connaissez mon prénom ?
Quelque chose traversa son regard — une fraction de seconde, à peine. Il jeta un coup d'œil vers les infirmiers postés près de la porte, puis revint sur moi avec le même sourire calme, comme si la question n'avait jamais été posée. Mais elle avait été posée.
Lexi nous interrompit, une coupe de champagne à la main.
— Tiens, Franck.
— J'ai pas soif, Lexi...
— Franck, elle vous offre un cadeau. Cela passe par l'acceptation — elle sera blessée si vous ne l'acceptez pas, sourit Morelle.
Je le regardai comme un con mais il avait l'air sérieux.
— Ça fait partie de la thérapie ?
— C'est la thérapie, Franck, rit-il.
Lexi me regardait avec ses yeux de chat. Je soupirai et pris sa coupe.
— À... l'altérité, c'est ça ?
— Oui, Franck !
Je bus d'une traite comme elle. Morelle discuta mais j'avais un peu de mal à suivre. Je me sentais nauséeux au possible. Sans doute le trajet. Les infirmiers me scrutaient, et j'aperçus aussi John, blanc comme un linge, qui me fixait avec une expression que je ne lui connaissais pas — pas de la peur, non. Plutôt la résignation de quelqu'un qui avait déjà compris ce que je refusais encore d'admettre.
— Je crois que je vais me reposer, docteur.
Il fit un signe de tête, deux infirmiers vinrent me soutenir. Ma tête tournait, je ne voyais même plus où ils m'emmenaient. Je reconnus vaguement la chambre plongée dans le noir, sentis le drap aux senteurs fruitées sur ma peau. Sur toute ma peau. C'est là que je compris qu'ils m'avaient déshabillé intégralement....
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteure en un geste.
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteure : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()