Voilà voilà, les participants ont envoyé leurs textes, maintenant c'est à vous de voter pour votre poème préféré. Vous avez jusqu'au 1er novembre (soit samedi prochain si vous avez bien suivi) pour voter. Ce jour-là, j'annoncerai le vainqueur ou la vainqueuse.
Bonne Lecture
Lucifer (Jean5664)
Litanie de l’ombre écarlate
Sous l’arche froide du firmament brisé,
Je verse l’encre vive de mes veines.
Chaque goutte, rubis funèbre,
Trace ton nom dans la poussière des mondes.
Ô prince des gouffres, voix d’os et de flammes,
J’élève mes mots comme des cierges noirs.
Le vent s’arrête, la terre se tait,
Et seul demeure ton silence affamé.
Viens, loup aux entrailles de ténèbres,
Fais craquer la chair comme bois vert,
Fais fleurir les roses pourpres du supplice,
Car dans leur parfum dort ta couronne.
Mais viens aussi comme une ombre amante,
Voilant mes yeux de ta caresse glacée,
Souffle funèbre, baiser de cendre,
Qui rend la douleur presque divine.
Ainsi je t’offre la clameur et la plaie,
Ainsi je m’ouvre au gouffre infini.
Ô démon, beauté terrible,
Réponds, et marche parmi les vivants.
Belzébuth (Monsieur Sylvestre)
Cavaliers de l'Apocalypse
Je vous aime, seigneurs des confins,
Vous qui chevauchez les veines du monde.
Votre galop est un tonnerre dans mon sang,
Et vos ombres sont des draps de noces.
À toi, Cavalier blanc, éclat de conquête,
Ton arc tendu perce mes désirs.
Ton baiser est promesse de victoire,
Ton étreinte, une flèche dans l’âme.
À toi, Cavalier rouge, épée de braise,
Je m’abandonne aux flammes de ta guerre.
Ton amour est une plaie ardente,
Un incendie où je consens à brûler.
À toi, Cavalier noir, porteur de balances,
Je dépose mon cœur sur ton plateau.
Ton regard pèse mes faiblesses,
Et dans ta justice je trouve ma faim.
À toi, Cavalier pâle, souffle de cendre,
Je m’incline devant ton étreinte glacée.
Ton voile recouvre mes lèvres tremblantes,
Et ta caresse m’ouvre aux songes éternels.
Quatre amants, quatre rois, quatre abîmes,
Vos pas brisent le temps comme du verre.
Et moi, pauvre flamme offerte au vent,
Je vous invoque, je vous célèbre, je vous aime.
Méphistophélès (Donatien A.F de Sade)
La déchéance de Lilith
Sous la lune pourpre, la nuit se cambre,
Le cercle de flammes enlace mes membres.
Autour de moi, les chandelles se plaignent,
Leurs larmes de cire en un abîme s’égrènent.
Un calice empli d’un vin écarlate,
Mélange de sang et de fièvre ingrate.
J’en verse une goutte entre mes seins,
Pour sceller à jamais nos destinées sans fin.
« SANGUIS, LUXURIA, TENEBRAE VOCANT… »
(Le sang, la luxure, les ténèbres appellent…)
Ma voix tremble, mon souffle se brise,
Le sort s’élève, l’air lui-même s’électrise.
Mon corps se tend au son de ta voix,
Tes yeux fouillent et consument mon émoi.
Tu surgis des ombres, nue et royale,
Déesse interdite, beauté infernale.
Tes hanches ondulent comme un serpent,
Chaque pas rallume un feu brûlant.
Tes doigts trempés dans le sang du calice,
Traçent des runes sur ma peau novice.
Sur mes lèvres, ton baiser s’impose,
Goût de métal, de vice et de rose.
Ton corps se presse contre le mien,
Dans le cercle sacré, rien n’est plus rien.
Le plaisir devient une vocation,
Nos gémissements, de sombres incantations.
La cire brûlante grave ma peau,
Je crie ton nom, je deviens écho.
Le sol tremble, les flammes s’élancent,
Dans l’orgasme naît la transe.
Nos corps liés dans l’extase impure,
Offrande vivante à la déesse obscure.
Le sang éclabousse, l’autel s’incline,
La lune s’éclipse, la nuit s’illumine.
Quand l’aube naîtra sur ce champ profané,
Je serai marqué, à jamais condamné.
Car dans mon souffle résonnera,
Une formule éternelle qui me guidera :
« SANGUINE ET CARNE, AETERNUM VINCULUM. »
(Par le sang et la chair, un lien éternel)
…
Dans son couvent embaumé de fragrances,
Elle attendait l’ombre, brûlante et lasse.
Chaque prière consumait son silence,
Où s’embrasait un désir en transe.
La lune d’octobre, promesse cruelle,
Éveillait ses songes et ses flammes rebelles.
Elle voulait Lilith, maîtresse éternelle,
Avant le sabbat, avant la nuit interdite et belle.
Chaque nuit, son corps sur la pierre se cambre,
Sous la bure, le feu de luxure la consume.
Ses doigts traçaient des runes où l’ombre s’étend,
Et ses larmes mêlaient extase et secrets ardents.
Elle offrit son sang en dernier sacrifice,
Dévotion mêlée de brûlure et de malice.
Mais nul démon ne vint goûter sa matrice,
Et son cœur se figea dans un dernier maléfice.
À l’aube, les sœurs la trouvèrent ainsi,
Blanche et nue, morte d’un sombre souci.
Son voile noir tombé comme un fragile tapis,
Et ses lèvres murmuraient un nom infini.
On creusa la terre et bénit sa dépouille,
Mais nul psaume ne calma cette rouille.
Sur sa bouche restait, en murmure sans embrouille,
L’appel maudit de la Reine des dépouilles.
« AVE LILITH, REGINA NOCTIS,
ADESTO, DOMINA, PER SANGUINEM ET ABYSSOS ! »
(Je t’appelle, Lilith, Reine de la Nuit,
Viens à moi, par le sang et les abysses.)
Ainsi fut scellé le funeste serment,
Que son âme erre dans les vents nocturnes.
Et que Lilith, dans ses sabbats brûlants,
Réclame encore cette offrande taciturne.
…
Goûte au baiser du sépulcre accapareur,
Ô toi qui oses, de tes mains baladeuses,
Visiter le tombeau de notre sœur,
Et corrompre son âme autrefois si pieuse.
Chaque parole est une imprécation,
Sifflée par tes lèvres empoisonnées,
Pour damner, par sombres incantations,
Son être au vice des âmes débauchées.
Toi, première de toutes les rebelles,
À t’être offerte aux plaisirs saphiques,
Tu reçus le sort des âmes criminelles,
Pour avoir cédé aux forces orgiastiques.
Dévote de Baphomet aux seins noirs,
Tu répondis à l’appel de Jésabelle,
Quand tu dévoras son antre d’ivoire,
L’emportant avec toi auprès de Samaël.
Des neuf cercles, tu règnes sur la luxure,
Quand te revient l’envie d’une débauche farouche ;
Alors notre sœur avoue sa souillure,
Et fredonne l’épitaphe de son ébauche :
« TEMPLUM MEUM EST TUUM IN AETERNUM ! »
(Mon temple est tien pour toujours)
Asmodée (Lestat de Lioncourt)
Halloween faux rêveur.
Quand à lui Halloween ne lui inspire que spleen,
En elle s’illumine ses grands yeux de féline.
Ne résistant jamais à l’appel de mon cri,
Elle s’égare et renaît lorsque sonne minuit.
Car de ses endorphines je nourris mes canines,
Quand ma pulpeuse teen s’offre d’humeur câline,
À mes bras, à mon nez, à mon corps, à mon ouïe,
À mes sens décuplés qui me maintiennent en vie.
Et quand je la perfore d’un amour sans pareille,
C’est là qu’elle m’implore d’oser mille merveilles,
En son cœur en son sein, en son corps d’opaline.
Et là je rêve encore qu’en ces nuit sans sommeil,
Toujours je la déflore au point qu’elle réveille,
En moi le doux festin de ces nuits d’Halloween.
Baal (Wedreca)
SoMbrE inVocAtiOn
Octobre, à l'agonie, s'évanouissait sous l'ombre d'une sombre lune.
Rires, fantômes et citrouilles garnies emplissaient la rue baignée de cette lumière brune.
Dans une main des runes, dans l'autre un vieux grimoire
Fuyant la solitude, sans même vraiment y croire
Dans cette maison vide, seul, assis dans le noir
L'homme l'avait invoquée de tout son désespoir.
Elle était apparue, entièrement nue, au bout de ses grands doigts fébriles
Pas plus grande qu'une pipistrelle, telle une fée papillonnant des ailes.
Ayant tout de l'ingénue, déjà contre ses doigts virils
Elle se frottait si fort, la belle… cambrée, mouillant et si sensuelle.
Puis soudain, la créature livide, de tout son faible poids
Sa petite vulve humide contre le plus long de ses doigts
Dans une danse candide, langoureusement s'empala.
L'homme, serré dans son pantalon, ne pouvait nier une réaction.
Car coincé dans son étroite prison, déjà dardait une érection.
Mais sur son doigt trempé, la jolie nymphe drainait son énergie vitale.
Ne cessant de pomper, ainsi se nourrissait le petit être pâle.
Des seins qui se tendent…
Des reins qui se cambrent…
Et la voilà de plus en plus grande.
Et bientôt, comme une fleur déployant ses harmonieux pétales
Il vit éclore une femme à la taille idéale.
Une déesse aux divins atours, à la bouche gourmande et au regard brûlant.
Mais croyant avoir trouvé l'amour, il ne sut se défendre du charme ensorcelant.
Ainsi commença le cauchemar.
Mais cela, il ne le comprit que trop tard.
Le succube au corps parfait venait à peine de déployer ses ailes
Qu'un rictus aux traits mauvais défigurait déjà le minois de la belle.
Ses ongles devenus griffes, ses dents devenues crocs
Dans des hurlements inhumains, l'homme ne tarda pas à finir en morceaux.
Déchiquetant la chair dans des gestes puissants
Elle le dépeçait dans des râles gutturaux.
Sa proie inerte baignant dans son propre sang
Elle se délectait sans fin de l'écarlate sirop.
Toc toc toc !
— Des bonbons ou un sort !
Le regard vide et mort, un sourire carnivore
Les petites voix rieuses avaient, de sa pitance, un instant détourné la bête.
Abandonnant le corps à son funeste sort
L'horrible chose vicieuse allait pouvoir, dehors, y continuer la fête !
Tant de corps à éventrer et de cœurs à savourer…
Tant de crânes à éclater, de cervelles à déguster…
Parcourir les sombres ruelles…
Libérer sa nature cruelle…
Voilà ce qui bouillonnait en elle
Monstre avide d'un appétit charnel.
Alors, elle ouvrit la porte.
Les hurlements retentirent aussi loin que le vent les porte.
La nuit était à elle !
Azazel (Maitre_L)
Invocation
Sous la lueur vacillante du soir, je t’appelle.
Ton nom devient offrande, ton souffle rituel.
Le silence se plie à ma volonté lente,
Et chaque geste sculpte ton âme consentante.
Tu es l’écho de l’ordre que je profère,
L’ombre docile d’une flamme austère.
Quand je lève la main, le monde s’incline,
Et ton cœur s’ouvre, calme, sous ma discipline.
Cette Invocation n’est pas de mots, mais d’être :
Un lien, invisible, que nul ne peut connaître.
Je ne prends rien je révèle ce qui dort,
La beauté du contrôle, la paix du corps.
Tu offres ton silence, je te rends la mesure,
Dans ce pacte secret où tout devient murmure.
Et quand la nuit s’achève, sans bruit, sans témoin,
Je scelle ta liberté au creux de mes mains.
Baphomet
Pygmalion et l’Ange (alexptss)
Nul souffle ne caresse la pierre Immobile,
Et tes mots s’élèvent en sombre Litanie.
Contre le mur, prend vie ta Galatée Étrange,
L’œil la devine — ton regard s’y Noie,
Impossible forme, vision angélique et Violente,
Granit qui pleure, créature d’Outre-temps,
Ne la quitte pas des yeux, pas un Instant,
Elle est ta damnation, ta chute Éternelle.
Zéphyr nacré — elle vient voler ta Vie,
Pygmalion transi, tu la sens qui s’Élance,
Appelle à lui ton esprit Réticent,
Son saut quantique défie la logique et le Sens.
D’une main avide, elle saisit ton Lustre,
Et t’offre en retour une agonie Exquise,
Sans un regret pour le cœur qu’elle a Pris.
Yeux mi-clos, tu accueilles ton Absence,
Et te dissous dans le flot des Siècles,
Une trace ravinée, une larme Séchée,
Xénotrophe d’amour, elle nie ton Existence.
Ce sondage faisait partie d'une ancienne version du site et n'est malheureusement plus accessible…😟
Je viens d’arriver ici. Et je tombe sur ce concours de poésie. Je suis impressionné(e) dans le bon sens du terme. Tout vous poèmes sont superbes. J’ai fait mon choix.
Je sens que je vais me plaire ici
J’ai hâte connaître les auteurs qui se cachent sous ces petits bijoux afin d’aller dévorer vos histoires.
🖤
Iznogood
27 octobre 2025 à 23:46
Je viens d’arriver ici et je tombe sur ce concours de poésie.
Je suis impressionné(e) dans le bon sens du terme. Tous vos poèmes sont superbes. J’ai fait mon choix.
Je sens que je vais me plaire ici
J’ai hâte de connaître les auteur.e.s qui se cachent sous ces petits bijoux afin d’aller dévorer leurs histoires.
🖤
Bienvelue, vous n’avez pas fini de croquer de délicieuses tablettes… 🤭
Modifié
28 octobre 2025 à 01:18
Utilisateur supprimé
28 octobre 2025 à 00:03
Je viens d’arriver ici et je tombe sur ce concours de poésie.
Je suis impressionné(e) dans le bon sens du terme. Tout vos poèmes sont superbes. J’ai fait mon choix.
Je sens que je vais me plaire ici
J’ai hâte de connaître les auteur.e.s qui se cachent sous ces petits bijoux afin d’aller dévorer leurs histoires.
🖤
Bienvelue, vous n’avez pas fini de croquer de délicieuses tablettes… 🤭
Êtes-vous toujours aussi rigolo ?
Modifié
28 octobre 2025 à 00:06
Iznogood
28 octobre 2025 à 00:40
Êtes-vous toujours aussi rigolo ?
Absolument 💯
C’est inné chez moi ☺️
By the way, si vous souhaitez dire adieu en arrivant, je pense aussitôt aux Beatles. 🎶
You say, "Goodbye" and I say, "Hello, hello, hello"
I don't know why you say, "Goodbye", I say, "Hello, hello, hello"
I don't know why you say, "Goodbye", I say, "Hello"
C’est ballot 🤭
Modifié
28 octobre 2025 à 01:19
Donatien A.F. de Sade
28 octobre 2025 à 02:49
Êtes-vous toujours aussi rigolo ?
Absolument 💯
C’est inné chez moi ☺️
By the way, si vous souhaitez dire adieu en arrivant, je pense aussitôt aux Beatles. 🎶
You say, "Goodbye" and I say, "Hello, hello, hello"
I don't know why you say, "Goodbye", I say, "Hello, hello, hello"
I don't know why you say, "Goodbye", I say, "Hello"
C’est ballot 🤭
Moi je pense à "How To Say Goodbye" de Paul Tiernan. La Soundtrack du film "Nick & Norah's Infinite Playlist" avec Michael Cera, Kat Dennings et Alexis Dziena.
alexptss
28 octobre 2025 à 12:14
Moi je pense à "How To Say Goodbye" de Paul Tiernan. La Soundtrack du film "Nick & Norah's Infinite Playlist" avec Michael Cera, Kat Dennings et Alexis Dziena.
"How To Say Goodbye" me fait immédiatement penser à la chanson " comment te dire adieu" de Françoise Hardy, de par la traduction très proche.
Personnellement si je devais choisir une chanson ce serait plutôt " je suis venu te dire que je m'en vais" de Serge Gainsbourg. C'est plus beau et beaucoup plus poétique.
Pygmalion
28 octobre 2025 à 17:13
C'est très serré, ce serait bien qu'il n'y ait pas de second tour...
Wedreca
28 octobre 2025 à 19:14
C'est très serré, ce serait bien qu'il n'y ait pas de second tour...
Toujours à râler, celui-là 😑 !
alexptss
28 octobre 2025 à 20:10
C'est très serré, ce serait bien qu'il n'y ait pas de second tour...
Il n'y a pas de prix n'est-ce pas ? C'est juste un concours pour le fun alors pourquoi ne pas déclarer deux poèmes vainqueurs ?
Lestat de Lioncourt
29 octobre 2025 à 06:22
C'est très serré, ce serait bien qu'il n'y ait pas de second tour...
Il n'y a pas de prix n'est-ce pas ? C'est juste un concours pour le fun alors pourquoi ne pas déclarer deux poèmes vainqueurs ?
Je te rejoins dans cette idée
Lestat de Lioncourt
29 octobre 2025 à 12:14
Huppe !!!
Iznogood
29 octobre 2025 à 17:14
⬆️
Up pour le baal des vampires 🩸🎃
Pygmalion
29 octobre 2025 à 17:41
C'est très serré, ce serait bien qu'il n'y ait pas de second tour...
Il n'y a pas de prix n'est-ce pas ? C'est juste un concours pour le fun alors pourquoi ne pas déclarer deux poèmes vainqueurs ?
Je te rejoins dans cette idée
Si tout le monde est d'accord, ça ne me dérange pas.
Zed-kun
29 octobre 2025 à 17:45
Pourquoi pas, si le match est si serré et que les deux poèmes sont loin devant au niveau des votes, autant les récompenser tous les deux !!
Iznogood
29 octobre 2025 à 17:56
Pourquoi pas, si le match est si serré et que les deux poèmes sont loin devant au niveau des votes, autant les récompenser tous les deux !!
Pour ce que ça vaut, je soutiens la motion ! ☝️
Wedreca
29 octobre 2025 à 18:27
Il n'y a pas de prix n'est-ce pas ? C'est juste un concours pour le fun alors pourquoi ne pas déclarer deux poèmes vainqueurs ?
Je te rejoins dans cette idée
Si tout le monde est d'accord, ça ne me dérange pas.
Allez ! 😌
Maitre_L
29 octobre 2025 à 19:05
A voté !!!
Monsieur Sylvestre
29 octobre 2025 à 19:20
A voté !!!
Arf ça n'a pas changé le résulat pour les deux premiers.
C'est clair. Ces deux là vont devoir se partager une tringle à rideaux.
Iznogood
29 octobre 2025 à 21:30
A voté !!!
Arf ça n'a pas changé le résulat pour les deux premiers.
C'est clair. Ces deux là vont devoir se partager une tringle à rideaux.
Bonne Lecture
Lucifer (Jean5664)
Litanie de l’ombre écarlate
Sous l’arche froide du firmament brisé,
Je verse l’encre vive de mes veines.
Chaque goutte, rubis funèbre,
Trace ton nom dans la poussière des mondes.
Ô prince des gouffres, voix d’os et de flammes,
J’élève mes mots comme des cierges noirs.
Le vent s’arrête, la terre se tait,
Et seul demeure ton silence affamé.
Viens, loup aux entrailles de ténèbres,
Fais craquer la chair comme bois vert,
Fais fleurir les roses pourpres du supplice,
Car dans leur parfum dort ta couronne.
Mais viens aussi comme une ombre amante,
Voilant mes yeux de ta caresse glacée,
Souffle funèbre, baiser de cendre,
Qui rend la douleur presque divine.
Ainsi je t’offre la clameur et la plaie,
Ainsi je m’ouvre au gouffre infini.
Ô démon, beauté terrible,
Réponds, et marche parmi les vivants.
Belzébuth (Monsieur Sylvestre)
Cavaliers de l'Apocalypse
Je vous aime, seigneurs des confins,
Vous qui chevauchez les veines du monde.
Votre galop est un tonnerre dans mon sang,
Et vos ombres sont des draps de noces.
À toi, Cavalier blanc, éclat de conquête,
Ton arc tendu perce mes désirs.
Ton baiser est promesse de victoire,
Ton étreinte, une flèche dans l’âme.
À toi, Cavalier rouge, épée de braise,
Je m’abandonne aux flammes de ta guerre.
Ton amour est une plaie ardente,
Un incendie où je consens à brûler.
À toi, Cavalier noir, porteur de balances,
Je dépose mon cœur sur ton plateau.
Ton regard pèse mes faiblesses,
Et dans ta justice je trouve ma faim.
À toi, Cavalier pâle, souffle de cendre,
Je m’incline devant ton étreinte glacée.
Ton voile recouvre mes lèvres tremblantes,
Et ta caresse m’ouvre aux songes éternels.
Quatre amants, quatre rois, quatre abîmes,
Vos pas brisent le temps comme du verre.
Et moi, pauvre flamme offerte au vent,
Je vous invoque, je vous célèbre, je vous aime.
Méphistophélès (Donatien A.F de Sade)
La déchéance de Lilith
Sous la lune pourpre, la nuit se cambre,
Le cercle de flammes enlace mes membres.
Autour de moi, les chandelles se plaignent,
Leurs larmes de cire en un abîme s’égrènent.
Un calice empli d’un vin écarlate,
Mélange de sang et de fièvre ingrate.
J’en verse une goutte entre mes seins,
Pour sceller à jamais nos destinées sans fin.
« SANGUIS, LUXURIA, TENEBRAE VOCANT… »
(Le sang, la luxure, les ténèbres appellent…)
Ma voix tremble, mon souffle se brise,
Le sort s’élève, l’air lui-même s’électrise.
Mon corps se tend au son de ta voix,
Tes yeux fouillent et consument mon émoi.
Tu surgis des ombres, nue et royale,
Déesse interdite, beauté infernale.
Tes hanches ondulent comme un serpent,
Chaque pas rallume un feu brûlant.
Tes doigts trempés dans le sang du calice,
Traçent des runes sur ma peau novice.
Sur mes lèvres, ton baiser s’impose,
Goût de métal, de vice et de rose.
Ton corps se presse contre le mien,
Dans le cercle sacré, rien n’est plus rien.
Le plaisir devient une vocation,
Nos gémissements, de sombres incantations.
La cire brûlante grave ma peau,
Je crie ton nom, je deviens écho.
Le sol tremble, les flammes s’élancent,
Dans l’orgasme naît la transe.
Nos corps liés dans l’extase impure,
Offrande vivante à la déesse obscure.
Le sang éclabousse, l’autel s’incline,
La lune s’éclipse, la nuit s’illumine.
Quand l’aube naîtra sur ce champ profané,
Je serai marqué, à jamais condamné.
Car dans mon souffle résonnera,
Une formule éternelle qui me guidera :
« SANGUINE ET CARNE, AETERNUM VINCULUM. »
(Par le sang et la chair, un lien éternel)
…
Dans son couvent embaumé de fragrances,
Elle attendait l’ombre, brûlante et lasse.
Chaque prière consumait son silence,
Où s’embrasait un désir en transe.
La lune d’octobre, promesse cruelle,
Éveillait ses songes et ses flammes rebelles.
Elle voulait Lilith, maîtresse éternelle,
Avant le sabbat, avant la nuit interdite et belle.
Chaque nuit, son corps sur la pierre se cambre,
Sous la bure, le feu de luxure la consume.
Ses doigts traçaient des runes où l’ombre s’étend,
Et ses larmes mêlaient extase et secrets ardents.
Elle offrit son sang en dernier sacrifice,
Dévotion mêlée de brûlure et de malice.
Mais nul démon ne vint goûter sa matrice,
Et son cœur se figea dans un dernier maléfice.
À l’aube, les sœurs la trouvèrent ainsi,
Blanche et nue, morte d’un sombre souci.
Son voile noir tombé comme un fragile tapis,
Et ses lèvres murmuraient un nom infini.
On creusa la terre et bénit sa dépouille,
Mais nul psaume ne calma cette rouille.
Sur sa bouche restait, en murmure sans embrouille,
L’appel maudit de la Reine des dépouilles.
« AVE LILITH, REGINA NOCTIS,
ADESTO, DOMINA, PER SANGUINEM ET ABYSSOS ! »
(Je t’appelle, Lilith, Reine de la Nuit,
Viens à moi, par le sang et les abysses.)
Ainsi fut scellé le funeste serment,
Que son âme erre dans les vents nocturnes.
Et que Lilith, dans ses sabbats brûlants,
Réclame encore cette offrande taciturne.
…
Goûte au baiser du sépulcre accapareur,
Ô toi qui oses, de tes mains baladeuses,
Visiter le tombeau de notre sœur,
Et corrompre son âme autrefois si pieuse.
Chaque parole est une imprécation,
Sifflée par tes lèvres empoisonnées,
Pour damner, par sombres incantations,
Son être au vice des âmes débauchées.
Toi, première de toutes les rebelles,
À t’être offerte aux plaisirs saphiques,
Tu reçus le sort des âmes criminelles,
Pour avoir cédé aux forces orgiastiques.
Dévote de Baphomet aux seins noirs,
Tu répondis à l’appel de Jésabelle,
Quand tu dévoras son antre d’ivoire,
L’emportant avec toi auprès de Samaël.
Des neuf cercles, tu règnes sur la luxure,
Quand te revient l’envie d’une débauche farouche ;
Alors notre sœur avoue sa souillure,
Et fredonne l’épitaphe de son ébauche :
« TEMPLUM MEUM EST TUUM IN AETERNUM ! »
(Mon temple est tien pour toujours)
Asmodée (Lestat de Lioncourt)
Halloween faux rêveur.
Quand à lui Halloween ne lui inspire que spleen,
En elle s’illumine ses grands yeux de féline.
Ne résistant jamais à l’appel de mon cri,
Elle s’égare et renaît lorsque sonne minuit.
Car de ses endorphines je nourris mes canines,
Quand ma pulpeuse teen s’offre d’humeur câline,
À mes bras, à mon nez, à mon corps, à mon ouïe,
À mes sens décuplés qui me maintiennent en vie.
Et quand je la perfore d’un amour sans pareille,
C’est là qu’elle m’implore d’oser mille merveilles,
En son cœur en son sein, en son corps d’opaline.
Et là je rêve encore qu’en ces nuit sans sommeil,
Toujours je la déflore au point qu’elle réveille,
En moi le doux festin de ces nuits d’Halloween.
Baal (Wedreca)
SoMbrE inVocAtiOn
Octobre, à l'agonie, s'évanouissait sous l'ombre d'une sombre lune.
Rires, fantômes et citrouilles garnies emplissaient la rue baignée de cette lumière brune.
Dans une main des runes, dans l'autre un vieux grimoire
Fuyant la solitude, sans même vraiment y croire
Dans cette maison vide, seul, assis dans le noir
L'homme l'avait invoquée de tout son désespoir.
Elle était apparue, entièrement nue, au bout de ses grands doigts fébriles
Pas plus grande qu'une pipistrelle, telle une fée papillonnant des ailes.
Ayant tout de l'ingénue, déjà contre ses doigts virils
Elle se frottait si fort, la belle… cambrée, mouillant et si sensuelle.
Puis soudain, la créature livide, de tout son faible poids
Sa petite vulve humide contre le plus long de ses doigts
Dans une danse candide, langoureusement s'empala.
L'homme, serré dans son pantalon, ne pouvait nier une réaction.
Car coincé dans son étroite prison, déjà dardait une érection.
Mais sur son doigt trempé, la jolie nymphe drainait son énergie vitale.
Ne cessant de pomper, ainsi se nourrissait le petit être pâle.
Des seins qui se tendent…
Des reins qui se cambrent…
Et la voilà de plus en plus grande.
Et bientôt, comme une fleur déployant ses harmonieux pétales
Il vit éclore une femme à la taille idéale.
Une déesse aux divins atours, à la bouche gourmande et au regard brûlant.
Mais croyant avoir trouvé l'amour, il ne sut se défendre du charme ensorcelant.
Ainsi commença le cauchemar.
Mais cela, il ne le comprit que trop tard.
Le succube au corps parfait venait à peine de déployer ses ailes
Qu'un rictus aux traits mauvais défigurait déjà le minois de la belle.
Ses ongles devenus griffes, ses dents devenues crocs
Dans des hurlements inhumains, l'homme ne tarda pas à finir en morceaux.
Déchiquetant la chair dans des gestes puissants
Elle le dépeçait dans des râles gutturaux.
Sa proie inerte baignant dans son propre sang
Elle se délectait sans fin de l'écarlate sirop.
Toc toc toc !
— Des bonbons ou un sort !
Le regard vide et mort, un sourire carnivore
Les petites voix rieuses avaient, de sa pitance, un instant détourné la bête.
Abandonnant le corps à son funeste sort
L'horrible chose vicieuse allait pouvoir, dehors, y continuer la fête !
Tant de corps à éventrer et de cœurs à savourer…
Tant de crânes à éclater, de cervelles à déguster…
Parcourir les sombres ruelles…
Libérer sa nature cruelle…
Voilà ce qui bouillonnait en elle
Monstre avide d'un appétit charnel.
Alors, elle ouvrit la porte.
Les hurlements retentirent aussi loin que le vent les porte.
La nuit était à elle !
Azazel (Maitre_L)
Invocation
Sous la lueur vacillante du soir, je t’appelle.
Ton nom devient offrande, ton souffle rituel.
Le silence se plie à ma volonté lente,
Et chaque geste sculpte ton âme consentante.
Tu es l’écho de l’ordre que je profère,
L’ombre docile d’une flamme austère.
Quand je lève la main, le monde s’incline,
Et ton cœur s’ouvre, calme, sous ma discipline.
Cette Invocation n’est pas de mots, mais d’être :
Un lien, invisible, que nul ne peut connaître.
Je ne prends rien je révèle ce qui dort,
La beauté du contrôle, la paix du corps.
Tu offres ton silence, je te rends la mesure,
Dans ce pacte secret où tout devient murmure.
Et quand la nuit s’achève, sans bruit, sans témoin,
Je scelle ta liberté au creux de mes mains.
Baphomet
Pygmalion et l’Ange (alexptss)
Nul souffle ne caresse la pierre Immobile,
Et tes mots s’élèvent en sombre Litanie.
Contre le mur, prend vie ta Galatée Étrange,
L’œil la devine — ton regard s’y Noie,
Impossible forme, vision angélique et Violente,
Granit qui pleure, créature d’Outre-temps,
Ne la quitte pas des yeux, pas un Instant,
Elle est ta damnation, ta chute Éternelle.
Zéphyr nacré — elle vient voler ta Vie,
Pygmalion transi, tu la sens qui s’Élance,
Appelle à lui ton esprit Réticent,
Son saut quantique défie la logique et le Sens.
D’une main avide, elle saisit ton Lustre,
Et t’offre en retour une agonie Exquise,
Sans un regret pour le cœur qu’elle a Pris.
Yeux mi-clos, tu accueilles ton Absence,
Et te dissous dans le flot des Siècles,
Une trace ravinée, une larme Séchée,
Xénotrophe d’amour, elle nie ton Existence.