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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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C’est pour vous... — Chapitre 4 · Une amie ?

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Ryo Saeba
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Ce chapitre change de rythme et c'est une très bonne surprise. La scène entre Sophie et Sonia sur le canapé avec le thé est d'une justesse rare : les silences pèsent, les mots arrivent au compte-gouttes, et on sent exactement ce qui se joue sous la surface. Le moment où Sonia passe la langue sur ses lèvres « presque sans s'en rendre compte » est le genre de détail qui dit tout sans rien expliquer. L'auteure a l'art de faire monter quelque chose sans jamais forcer la main.

C’est pour vous...

Chapitre 4 · Une amie ?

La maison était calme. Les enfants dormaient déjà. Son mari était dans le canapé, la télé allumée, un verre à la main. Il leva à peine les yeux quand elle entra.
— T’as encore fermé tard ce soir, dit-il d’un ton neutre.
Pas de vraie question. Pas de regard appuyé. Juste une remarque lancée distraitement, comme les autres soirs. Sophie resta un instant debout dans l’entrée, son manteau encore sur les épaules. Elle avait presque envie qu’il insiste, qu’il remarque quelque chose, qu’il lui demande pourquoi elle avait ce visage-là. Mais il ne le fit pas. Il reporta déjà les yeux sur l’écran.
Cette indifférence la piqua plus fort qu’elle ne l’aurait cru. Une petite déception sourde lui traversa la poitrine.
— Oui, répondit-elle simplement.
Elle retira son manteau, posa ses clés, et monta directement à l’étage. Dans la salle de bain, elle ferma la porte à clé et se regarda dans le miroir. Ses cheveux étaient un peu en bataille. Elle se doucha rapidement, enfila un pyjama et se glissa dans le lit sans un bruit. Son mari la rejoignit un peu plus tard. Elle fit semblant de dormir. Allongée sur le côté, le plus loin possible de lui, elle garda les yeux ouverts dans le noir. Son corps était encore sensible. Sa tête, pleine de ce qui s’était passé… et de ce petit pincement de déception qui restait coincé quelque part dans sa poitrine.
Les jours suivants furent un calvaire discret.
Lucas et Théo continuaient de venir. Pas tous les jours, mais assez souvent pour que Sophie ne soit jamais vraiment tranquille. Ils entraient, traînaient un peu, achetaient n’importe quoi. Quand elle était seule, leurs regards étaient appuyés, leurs sourires trop savants. Mais le pire, c’était quand Serge était là.
Ils savaient exactement quoi faire. Une phrase anodine, lancée avec un sourire en coin :
— Vous avez encore ces magazines, madame ?
Ou simplement un regard posé trop longtemps sur elle pendant qu’elle rendait la monnaie. Serge ne remarquait rien. Ou s’il remarquait, il n’y voyait que de la politesse. Sophie, elle, sentait chaque allusion comme une brûlure. Elle baissait les yeux, répondait d’une voix trop neutre, et gardait les mains un peu crispées sous le comptoir. Chaque visite les laissait un peu plus maîtres de la situation. Elle avait l’impression de porter un secret trop lourd, et eux le savaient.
Heureusement, il y avait le vendredi après-midi. C’était devenu leur rendez-vous à elles. Un moment régulier, presque sacré. Sophie laissait Serge gérer le magasin et se rendait chez Sonia. Là, pendant deux ou trois heures, elle pouvait enfin respirer.
Ce vendredi-là, comme les autres, elle sonna à la porte. Sonia ouvrit presque tout de suite.
Elle avait quarante-neuf ans. Maghrébine, pulpeuse, les cheveux bruns foncés et frisés retenus en arrière. Elle portait un débardeur blanc qui épousait sa poitrine généreuse, un legging noir moulant et de simples chaussons roses. Sa peau était mate, son sourire chaleureux.
— Salut toi, dit-elle en l’embrassant sur les joues.
Sophie entra, posa son sac, s’installa sur le canapé. Sonia prépara le thé. Elles parlèrent d’abord de tout et de rien : les enfants, le travail, une voisine, un souvenir d’il y a dix ans. Le genre de conversations qu’elles avaient depuis des années, sans filtre, sans masque. Mais ce jour-là, Sophie parlait un peu moins. Sonia le sentit assez vite.
Elle la regarda un moment en silence, sa tasse de thé entre les mains, puis posa doucement sa question :
— Ça va pas, dis ?
Sophie haussa les épaules, essaya de sourire, mais le sourire ne vint pas vraiment. Elle baissa les yeux vers ses genoux. Le silence s’étira un peu. Sonia ne la pressa pas. Elle attendait, comme elle savait le faire depuis des années.
Finalement, Sophie parla, d’une voix basse :
— J’ai trompé Serge.
Elle n’ajouta rien. Pas de détails. Pas de noms. Juste cette phrase, posée là, entre elles.
Sonia ne montra aucune surprise. Elle posa simplement sa tasse, se pencha un peu en avant et regarda son amie avec douceur.
— D’accord, dit-elle calmement. Mais tu n’es pas la première femme qui traverse ça. Et tu ne seras pas la dernière. Ça arrive. Même aux meilleures.
Elle posa une main sur le genou de Sophie, un geste simple, rassurant. Sophie sentit ses épaules se desserrer un peu. La voix de Sonia, posée, sans le moindre jugement, lui faisait du bien. Pour la première fois depuis des jours, elle avait l’impression de pouvoir respirer un peu plus librement.
Sophie resta un moment sans rien dire, la main de Sonia encore posée sur son genou. Puis elle reprit, d’une voix basse, presque hésitante :
— Ça s’est passé au magasin… un soir, après la fermeture.
Sonia n’interrompit pas. Elle écoutait, le regard attentif, sans la pousser.
— Il y avait… deux personnes. De jeunes hommes. Ils venaient souvent. Et ce soir-là… je les ai laissés entrer.
Elle s’arrêta, chercha ses mots. Ce n’était pas facile de parler, même à Sonia. Elle n’utilisait pas de mots crus. Elle restait sur ce qu’elle avait ressenti.
— Je n’ai pas su dire non. Ou plutôt… je n’ai pas vraiment voulu dire non. Et depuis, je n’arrête pas d’y penser. Le jour, la nuit. J’ai l’impression d’être devenue quelqu’un d’autre.
Sonia serra légèrement ses doigts sur le genou de Sophie, un geste discret de soutien.
— Tu te sens coupable, dit-elle doucement.
— Oui. Envers Serge. Envers moi. Et en même temps… il y a autre chose. Quelque chose que je n’arrive pas à chasser. Comme si une partie de moi… avait besoin de ça.
Elle releva enfin les yeux vers Sonia. Sa meilleure amie l’écoutait sans jugement, le visage calme, mais quelque chose dans son regard avait changé. Une attention plus profonde, plus intérieure.
— Tu peux tout me dire, murmura Sonia. Tu sais bien que je ne te jugerai pas.
Sophie hocha la tête. Elle savait. Et c’était précisément pour ça qu’elle était là.
Sophie reprit, plus bas encore :
— Le pire… c’est que j’ai pris du plaisir. Vraiment. Même si j’avais honte, même si je savais que je n’aurais jamais dû… mon corps a répondu. Et maintenant, je n’arrive plus à l’oublier. C’est ça qui me trouble le plus. Pas seulement d’avoir trompé Serge. C’est d’avoir… aimé ça.
Elle se tut. Les mots étaient sortis plus difficilement que les précédents.
Sonia ne répondit pas tout de suite. Sa main était toujours posée sur le genou de Sophie, mais ses doigts avaient un peu bougé. Son visage était resté calme, dans son regard, une ombre, une chaleur discrète. Elle passa lentement la langue sur ses lèvres, presque sans s’en rendre compte, puis se redressa légèrement sur le canapé.
— Tu as aimé ça… répéta-t-elle doucement, comme pour mieux entendre la phrase.
Sophie hocha la tête, un peu rouge.
— Oui.
Sonia détourna un instant les yeux, fixa sa tasse de thé, puis revint vers elle. Sa voix était un peu plus basse qu’avant.
— Et tu y penses encore souvent ?
— Tout le temps, je te dis, admit Sophie. Même maintenant, en t’en parlant…
Elle n’alla pas plus loin. Elle n’avait pas besoin. Sonia avait compris. Et pour la première fois depuis le début de la conversation, le silence entre elles n’était plus seulement de la confiance. Il y avait autre chose. Quelque chose de plus trouble, qui venait d’apparaître dans le regard de Sonia.
Sophie baissa les yeux un instant. Elle cherchait ses mots, non pas pour se justifier, mais pour essayer de comprendre elle-même ce qu’elle ressentait.
— Ce n’est pas seulement le plaisir… dit-elle lentement. C’est plus compliqué. Je me regarde parfois dans le miroir et je ne me reconnais plus tout à fait. Et en même temps… cette femme-là, celle qui a dit oui ce soir-là, je la sens encore en moi. Elle ne veut pas disparaître.
Elle marqua une pause, le souffle un peu court.
— J’ai passé des années à être raisonnable. Épouse, mère, commerçante. J’ai rangé certaines parties de moi quelque part. Et maintenant, elles reviennent. Pas proprement. Pas gentiment. Elles reviennent avec tout ce que j’avais essayé d’oublier.
Sonia l’écoutait sans bouger. Elle ne regardait plus seulement son amie avec compassion. Il y avait maintenant une forme d’identification, presque de reconnaissance. Comme si les mots de Sophie touchaient quelque chose en elle aussi.
Elle parla enfin, d’une voix plus basse, plus intérieure :
— On croit que le désir s’éteint avec le temps. Qu’il devient sage, raisonnable… domestique. Mais parfois il ne fait que dormir. Et quand il se réveille, il ne demande pas la permission. Il ne se soucie pas de ce qui est bien ou mal. Il prend juste de la place.
Sophie releva les yeux vers elle. Sonia soutint son regard. Il y avait dans cet échange quelque chose de nouveau. Une compréhension silencieuse, presque intime. Le désir dont elles parlaient n’était plus seulement celui de Sophie. Il flottait maintenant entre elles, discret mais réel, comme une chaleur qu’aucune des deux ne nommait encore.
Sonia détourna légèrement le regard, comme si elle avait besoin d’une seconde pour se reprendre. Elle prit sa tasse, la reposa sans boire.
Après un long silence, Sophie se leva.
— Je devrais y aller, dit-elle doucement.
Sonia hocha la tête. Elles s’embrassèrent sur les joues, un peu plus longuement que d’habitude peut-être, puis Sophie prit son sac et sortit. La porte se referma derrière elle.
Dehors, l’air de la fin d’après-midi était plus frais. Sophie marcha quelques minutes dans la rue, sans but précis, encore toute à la conversation qu’elles venaient d’avoir. Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’elle porta la main à son sac et comprit. Elle avait oublié son téléphone.
Elle fit demi-tour.
La porte de la petite maison n’était pas fermée à clé. Sophie entra discrètement, déjà en train de s’excuser dans sa tête. Puis elle s’arrêta net.
Des soupirs.
Des gémissements bas, étouffés, venaient du salon.
Elle s’approcha sans faire de bruit, se plaça le long de l’encadrement de la porte et regarda.
Sonia était allongée sur le canapé, les jambes écartées. Son legging noir et sa culotte avaient été tirés vers le bas. Une de ses mains était glissée entre ses cuisses. Elle se caressait sans retenue, les doigts brillants, le bassin qui ondulait lentement. Sophie vit son sexe : une belle toison brune, frisée, dense, qui entourait les lèvres déjà ouvertes et humides.
Sophie n’arriva pas à détacher son regard. Elle se colla un peu plus contre le mur, se faisant la plus discrète possible, le cœur battant trop fort. Elle ne voulait surtout pas interrompre ce qu’elle voyait.
Sonia gémissait plus distinctement maintenant. Sa tête était renversée en arrière, ses seins lourds se soulevaient sous le débardeur blanc. Ses doigts tournaient, s’enfonçaient, ressortaient.
— Une queue… murmura-t-elle d’une voix rauque, presque suppliante. J’en ai besoin… d’une queue…
Ses hanches ondulaient plus fort. Elle se touchait avec une urgence qui ne trompait pas. L’histoire de Sophie l’avait profondément excitée. Elle n’avait pas attendu longtemps après le départ de son amie pour céder à ce désir.
Sophie restait là, cachée, incapable de bouger. Cette vision l’excitait à son tour, d’une façon sourde et troublante. Elle regardait sa meilleure amie se donner du plaisir en pensant à ce qu’elle venait de lui raconter, et quelque chose de chaud, de confus, lui montait entre les cuisses.
Elle resta encore quelques secondes, le souffle court, collée contre l’encadrement de la porte. Elle n’arrivait pas à détacher ses yeux de Sonia. Les gémissements de son amie, le mouvement de ses hanches, cette toison brune frisée sous ses doigts… tout cela l’atteignait plus fort qu’elle ne l’aurait cru.
Puis, lentement, elle recula.
Elle retraversa le couloir sans faire de bruit, sortit de la maison et referma doucement la porte derrière elle. Dehors, elle reprit sa marche, plus vite cette fois. Ses jambes étaient un peu molles. Son cœur battait encore trop fort.
Elle avait vu. Elle avait entendu. Et surtout, elle avait ressenti quelque chose qu’elle n’avait pas prévu.
Ce n’était plus seulement le souvenir de Lucas et de Théo qui la troublait maintenant. Il y avait autre chose. Une image nouvelle. Celle de Sonia, jambes écartées sur le canapé, en train de se toucher réclamant un sexe d'homme… après avoir écouté son histoire.
Sophie serra son sac contre elle et pressa le pas. Elle était plus troublée qu’en arrivant. Plus confuse. Une attirance inattendue venait de s’ajouter à tout le reste, et elle ne savait pas encore quoi en faire.
Elle rentra chez elle sans se retourner.
À suivre…
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