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✦ HighLow_93 Une place entre elles XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Une place entre elles — Chapitre 3 · Chez elles

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HighLow_93
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Ce chapitre est une leçon de désir contenu : rien ne déborde, tout frémit. On aime la façon dont la tension passe par de petits riens — un bras qui effleure, un regard qui s'attarde une seconde de trop, la fossette de Soko qui revient comme une ponctuation. La voix du narrateur a ce ton rare qui rend le trouble drôle et sincère à la fois. On repart avec l'envie de savoir ce que ce dîner va vraiment servir.

Une place entre elles

Chapitre 3 · Chez elles

***
Soko s’arrête devant le portail qui donne sur la rue.
— C’est ici.
Derrière, une courette fleurie protège une jolie maison en meulière, discrète depuis la rue. Du lierre habille un pan de mur ; une glycine court au-dessus de l’entrée. Des pots de toute taille se serrent le long des quelques pas qui nous séparent de la porte.
— Je comprends mieux pourquoi vous teniez à rentrer.
— Attends d’être entré, répond Soko.
Alya se rapproche un peu de moi pour que nous passions. Soko referme le portail derrière nous.
— Tu peux me poser, maintenant.
— Je suis plus à quelques mètres près.
— Alors je profite jusqu’au bout.
Dans l’entrée, je découvre quelques marches qui montent vers un petit salon. Soko passe devant nous, dégage un tabouret et m’indique le canapé.
Je dépose Alya avec moins d’élégance que prévu. Elle garde une main sur mon épaule jusqu’à ce que son pied soit bien calé. Puis un instant de plus.
— Voilà, dis-je.
— Voilà.
Elle me lâche avec un sourire. Mes bras retrouvent leur liberté ; je reste pourtant penché près d’elle quelques secondes.
— Tu peux respirer, maintenant, dit Soko.
Je me redresse et regarde autour de moi.
Des coussins habillés de wax, des livres, une lumière chaude et un parfum doux et boisé. La cuisine s’ouvre sur le salon par un passe-plat. J’aperçois un plan de travail en bois, des bocaux sur une étagère, un bouquet d’herbes dans un verre.
Au fond, une porte ouverte laisse deviner une véranda pleine de plantes. Au-delà des feuilles et des vitres, un morceau de terrasse, de la verdure. La maison paraît se prolonger dans un calme dont je profiterais volontiers.
Soko disparaît dans la cuisine pendant que je place un coussin sous la cheville blessée.
— Elle est un peu enflée.
— Soko va s’occuper de ça. Elle est très douée.
— C’est vrai ! répond une voix derrière le passe-plat.
— Assieds-toi. Tu as assez travaillé.
Je m’assieds, plus attentif que nécessaire à l’endroit où je pose les mains. Elle me regarde, un coin de sa bouche relevé.
— Ça va ?
— Oui. Je savoure.
— Le repos ?
— Entre autres.
Elle accueille ma réponse avec un sourire lent. Je suis heureux qu’elle n’insiste pas. Un peu déçu aussi.
— Là, c’est moi qui te porte un verre, annonce Soko en revenant. Du bissap à la menthe, ça te dit ?
— J’adore ça.
Elle me le tend. Nos doigts se touchent autour du verre frais. Je lève les yeux vers elle ; elle attend que je l’aie bien en main avant de le lâcher.
La lumière donne à sa peau un éclat satiné. Une fossette se creuse dans sa joue.
Je bois une gorgée.
— C’est délicieux.
— Prends ton temps. Il y en a encore.
Je goûte de nouveau, plus lentement. La fraîcheur, la menthe, l’acidité douce me font du bien. Soko paraît satisfaite de me voir apprécier.
Elle revient avec une poche de glace enveloppée dans un linge et s’occupe de la cheville. Alya se cale dans les coussins. Je peux enfin renoncer à mon rôle de secouriste improvisé.
Soko s’assied près de nous, pose une main sur mon bras et le serre légèrement.
— Merci. Vraiment.
— Je suis ravi d’avoir pu vous aider sans m’écrouler.
— On aurait eu du mal à rentrer sans toi, ajoute Alya.
Je me redresse.
— Je peux utiliser votre salle de bain ?
— Dans le couloir, première porte à gauche, répond Soko. Tu trouveras une serviette propre près du lavabo.
La pièce est petite, claire, avec quelques touches de bois et encore des plantes près de la fenêtre. Deux peignoirs pendent côte à côte. Sous une tablette, une machine à laver ; à côté, une corbeille à linge dont le couvercle emprisonne une bretelle noire.
Je me demande à laquelle des deux elle appartient et soulève le couvercle, juste assez pour apercevoir une brassière de sport, un tee-shirt et, par-dessus, une culotte en dentelle bordeaux. Je cherche un peu et une autre, plus fine mais en coton, se love entre les vêtements.
Il y a une demi-heure, leurs prénoms m’étaient inconnus. Maintenant je fouille dans leur corbeille à linge et laisse mon imagination prendre des libertés avec leurs petites culottes.
Je ne résiste pas et porte la première à mes narines. J’inspire et ferme les yeux.
C’est comme un shoot aphrodisiaque immédiat. Mon sexe se tend dans mon short. J’ai envie de me faire plaisir et le sors. Et je dois faire vite, c’est totalement con mais j’ai moins envie qu’elles s’imaginent que je pose une pêche que de me savoir me masturber en reniflant leur sous-vêtement…
Je prends mon sexe en main et commence à me caresser en reniflant l’une, puis l’autre. Leurs odeurs sont légèrement différentes et avec la taille des culottes, je sais laquelle est à qui… Je ne tarde pas à durcir très fort et je me mets à léchouiller le fond de leur culotte. Un goût salé et piquant saisit ma langue, addictif… je plaque celle en dentelle sous mes narines et lèche de plus en plus fort celle en coton, à l’avant comme l’arrière. Je m’imagine entre elles, les goûtant et les dévorant toutes les deux voracement. Mon plaisir monte et j’éjacule très fort dans le lavabo.
Je reprends mon souffle en me regardant dans le miroir. Je me sens terrassé par le plaisir, et un peu honteux…
J’essuie mon gland avec du papier toilette, tire la chasse, nettoie le lavabo et replace le mieux possible les petites culottes odorantes dans le bac. Je m’imagine un instant les mettre dans ma poche alors que je referme le couvercle.
— Tu trouves tout ce qu’il te faut ? appelle Soko.
Le couvercle m’échappe des doigts et claque en se refermant. Merde…
— Oui, merci.
Ma réponse sort un peu trop vite. Je me tourne vers le lavabo, me lave les mains et passe de l’eau fraîche sur mon visage. Dans le miroir, mes joues ont encore des couleurs. Je pourrais encore accuser la course.
Quand je reviens au salon, Alya me fait une place près d’elle.
— On se demandait comment on allait te remercier.
Alya la regarde, puis se tourne vers moi.
— Mais pour ça, je crois qu’il faudra revenir, ou te séquestrer…
Un petit silence suit. Elles ne semblent éprouver aucun besoin de le combler.
— Je reviendrai de mon plein gré.
— Ce serait tout aussi agréable pour tout le monde, dit Soko.
Elle reste tournée vers moi.
— Tu aimes la cuisine malienne ?
— Je connais pas bien, mais j’adore les cuisines du monde. Les saveurs exotiques…
— Les saveurs exotiques… répète Soko en adressant un sourire à Alya.
Je les regarde. Alya prend son verre avec une expression parfaitement sage ; Soko soutient mon regard.
— Un dîner, alors ?
— Avec plaisir.
Ma réponse vient sans hésitation.
— Tu ne nous demandes pas le menu ? dit Alya.
— Je vous fais confiance.
— On va faire en sorte que tout soit à ton goût en tout cas, répond Soko.
— Jusqu’ici, vous vous en sortez très bien.
Alya laisse échapper un petit rire.
— Il a l’air facile à contenter.
— Vous avez peut-être l’art et la manière de savoir comment faire.
Soko baisse brièvement les yeux vers ma main autour du verre. Quand elle les relève, sa fossette est revenue.
Nous récupérons nos téléphones et créons un groupe de discussion pour trouver une date. Je regarde leurs prénoms apparaître sur mon écran avec une satisfaction disproportionnée.
Puis je découvre le nom du groupe.
« Notre héros ».
— Vous avez décidé de me laisser aucune chance de rester modeste ?
— Tu peux en profiter un peu, répond Alya.
Soko rit et lui prend la main.
Je les regarde. Alya le remarque. Elle ne retire pas la sienne.
Soko consulte les photos sur son téléphone.
— Je te les enverrai.
Alya se penche vers l’écran. Elles échangent un sourire, puis Soko pose le téléphone face contre la table.
Je termine mon bissap. Elle m’en propose encore ; je lui tends mon verre.
— Tu avais prévu quelque chose après ta course ? demande Alya.
— Rentrer. Prendre une douche. Aller au marché, peut-être un ciné, un dimanche quoi.
— On t’a un peu retardé.
— J’ai connu des contretemps moins agréables.
Soko me verse un fond de verre et se rassied. Son bras effleure le mien. Je laisse le mien où il est.
Nous parlons encore. Elles me demandent où j’habite, si je cours toujours seul. Je leur retourne la question.
— On essaie de sortir ensemble, répond Soko. Quand nos horaires le permettent.
— Et quand je regarde où je mets les pieds, ajoute Alya.
— On pourra peut-être se recroiser au parc.
Elle désigne sa cheville d’un mouvement du menton.
— Je préfère une autre façon de nous rapprocher.
Je rencontre ses yeux. L’image de la dentelle me revient au moment le moins opportun.
Je la regarde sourire avant de boire.
— Le dîner me paraît un bon début.
— Alors on va regarder nos plannings, reprend Soko. Il faut qu’on trouve un soir où on puisse prendre notre temps.
— Je ferai en sorte de me rendre dispo selon les vôtres.
— On compte bien là-dessus.
Je porte mon verre à mes lèvres. Il n’y reste presque rien, mais je fais durer cette dernière gorgée.
Alya m’observe.
— Tu peux en demander encore, tu sais.
— Je vais finir par abuser.
— On te dira.
Je souris et pose enfin le verre.
— Je vais vous laisser.
— Tu es sûr ?
— Ne me complique pas la tâche.
Alya baisse les yeux en souriant. Soko me regarde avec une douceur qui me donne envie de me rasseoir.
Je me lève, puis me penche vers Alya pour lui faire la bise. Sa main se pose sur mon épaule. Je retrouve la chaleur de sa joue, son odeur, quelques tresses qui frôlent mon cou.
— Merci de m’avoir ramenée, dit-elle doucement.
— J’allais pas te laisser sur le chemin.
Elle me retient un peu.
— Maintenant, tu sais où me trouver.
Lorsque je me redresse, Soko nous regarde depuis la porte.
— Nous trouver, corrige-t-elle.
Alya sourit.
Soko m’accompagne dans l’entrée. Elle réajuste le col de mon tee-shirt. Je la laisse faire, sensible à la familiarité de ce geste.
— On t’a bien fatigué.
— Je vais survivre.
— Il faudra revenir dans de meilleures conditions.
— Et sans avoir besoin de repartir tout de suite.
Elle laisse retomber ses mains. Nous sommes assez près pour parler plus bas.
— Ça devrait pouvoir s’arranger.
— Bien. J’aime recevoir les gens qui savent rester.
Je cherche une réponse. Son sourire me fait comprendre qu’elle apprécie aussi mon silence.
Elle me prend dans ses bras. Je lui rends son étreinte, sensible à sa douceur, à la chaleur de son corps contre le mien. Sa main se pose entre mes épaules ; je me détends sans l’avoir décidé.
Je commence à desserrer les bras ; elle me garde encore une seconde contre elle.
— Alya a eu droit à tout le trajet, murmure-t-elle. Je peux bien profiter un peu.
Je la serre plus fort avant de la relâcher en souriant. Tous les deux.
Elle recule juste assez pour me regarder.
— Tu m’aurais portée moi aussi ?
— Je ne serais pas parti sans toi.
Elle sourit, amusée.
— Je suis ravi de vous avoir rencontrées et me réjouis de revenir.
Elle laisse sa main glisser jusqu’à mon bras.
— À bientôt, dit-elle.
— Avec plaisir.
— Ça, on commence à le savoir, lance Alya depuis le canapé.
Je ris.
Elle me souffle un baiser, Soko me fait un clin d’œil. Je lui dis au revoir une dernière fois, puis franchis la porte.
Dans la courette, je sens enfin la fatigue dans mes jambes. Je passe par le parc, en petite foulée. Je retrouve leur odeur sur mon tee-shirt. Je repense à la joue d’Alya, à l’étreinte de Soko, à cette soirée qu’elles veulent prendre le temps de m’offrir.
J’ignore quand je les reverrai. Mais l’attente est savoureuse.
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