La nuit était déjà tombée quand ils sortirent.
Le vent avait forci. Il faisait claquer les volets et tordre les branches des chênes. Élise avait enfilé un long manteau de laine noire par-dessus le body de dentelle, mais rien d’autre. À chaque pas, le tissu froid de la dentelle froissait contre sa chatte encore sensible. Théo marchait à côté d’elle, une lampe torche à la main, l’autre enfoncée dans la poche de son manteau. Ils ne se parlaient pas.
Le jardin détrempé absorbait le bruit de leurs pas. La boue collait aux semelles. L’air sentait la terre mouillée, les feuilles mortes et quelque chose de plus âcre, presque métallique.
— C’était là, dit finalement Élise en s’arrêtant. Entre ces deux arbres.
Elle montra un espace sombre entre deux chênes tordus, juste avant que le terrain ne descende vers le vieux mur de pierre. Théo dirigea le faisceau de la lampe. La lumière balaya l’herbe couchée, les racines apparentes, une flaque d’eau noire. Rien.
— Il n’y a personne, souffla-t-il.
— Regarde mieux.
Élise s’avança. Ses bottines s’enfoncèrent dans la terre molle. Elle s’accroupit, releva légèrement le pan de son manteau. La dentelle noire de son body apparut, collée à ses cuisses. Théo baissa le faisceau par réflexe, puis le releva aussitôt, comme s’il s’était surpris lui-même.
— Arrête de me regarder comme ça, dit Élise sans se retourner. Cherche.
— Je cherche, répondit-il d’une voix tendue. Mais il n’y a rien. Pas d’empreintes. Pas de trace. Juste de la boue.
Élise passa la main au ras du sol. Ses doigts rencontrèrent quelque chose de plus dur. Elle gratta la terre molle et dénicha un petit objet métallique, froid, à moitié enfoncé. Elle le ramassa. Une chaîne fine. Au bout, un médaillon ovale, terni par le temps.
Théo s’approcha, se pencha au-dessus de son épaule. Leur chaleur se toucha dans le froid.
— Qu’est-ce que c’est ?
Élise ouvrit le médaillon d’un ongle. À l’intérieur, sous une fine plaque de verre fêlée, se trouvait une mèche de cheveux roux. Pas les siens. D’un roux plus sombre, presque acajou.
Un frisson lui parcourut le dos.
— Camille, murmura-t-elle.
Théo lui prit le poignet.
— Ça ne prouve rien. Henri collectionnait tout ce qui la concernait. Il a pu perdre ça ici il y a des années.
— Ou quelqu’un l’a déposé. Récemment.
Leurs regards se croisèrent dans la lumière jaune de la lampe. L’air entre eux était redevenu électrique. Élise sentait le froid de la nuit sur ses cuisses nues sous le manteau, et en même temps la chaleur qui redescendait entre ses jambes. La peur et le désir se mêlaient à nouveau, comme toujours dans cette maison.
Théo éteignit la lampe.
— Rentrons.
— Non.
Élise se redressa. Elle ouvrit son manteau. La dentelle noire apparut entièrement, moulant ses seins, son ventre, le triangle de sa chatte. La lumière de la lune, faible, glissait sur le tissu transparent. On voyait nettement le relief de ses lèvres sous la dentelle.
— Tu as peur, dit-elle. Pas de ce qu’on pourrait trouver. Peur de ce que ça me fait. Peur de ce que ça nous fait.
Théo resta silencieux une seconde. Puis il avança d’un pas, saisit le pan de son manteau et l’attira contre lui. Sa bouche trouva la sienne avec une brusquerie presque colérique. Il l’embrassa fort, profondément, une main déjà sous la dentelle, entre ses cuisses. Élise gémit contre ses lèvres. Elle était trempée. Ses doigts glissèrent immédiatement le long de sa fente, s’enfoncèrent en elle.
— Putain, Élise… tu es déjà comme ça. En pleine nuit. Dans ce jardin. Avec ce truc dans la main.
— Parce que j’ai peur, souffla-t-elle. Et que la peur me rend encore plus mouillée. Touche-moi.
Il la poussa contre le tronc rugueux du chêne. L’écorce accrocha la dentelle de son dos. Théo s’agenouilla, tira le body sur le côté et plongea sa bouche contre sa chatte. Sa langue fut immédiate, large, affamée. Élise jeta la tête en arrière. Une main agrippa ses cheveux, l’autre serrait encore le médaillon. Le bruit de sa langue contre sa chatte humide se mêlait au vent dans les branches. L’odeur de son sexe monta, chaude, vivante, presque indécente dans le froid de la nuit.
Elle jouit vite, les cuisses tremblantes, un cri étouffé contre sa propre main. Théo se releva, ouvrit son pantalon, souleva une de ses cuisses et s’enfonça en elle d’un seul mouvement. Élise cria pour de bon. Il la prit contre l’arbre, fort, profond, une main sous sa cuisse pour la maintenir ouverte. Chaque coup de reins la faisait glisser légèrement contre l’écorce. La dentelle froissait entre leurs corps.
— Tu veux que je te baise jusqu’à ce que tu arrêtes d’avoir peur ? gronda-t-il contre son oreille.
— Oui… plus fort…
Il obéit. Le rythme devint brutal. Élise jouit une deuxième fois en se contractant autour de lui, les ongles plantés dans ses épaules. Théo la suivit peu après, s’enfonçant jusqu’au bout en se vidant en elle avec un gémissement rauque.
Ils restèrent collés un moment, le souffle court, le sexe de Théo encore en elle. Le médaillon était toujours serré dans la main d’Élise. La mèche de cheveux roux touchait presque sa paume.
Lentement, Théo se retira. Élise sentit le mélange de leurs jus couler le long de sa cuisse, chaud dans le froid de la nuit. Elle referma le médaillon et le glissa dans la poche de son manteau.
— On rentre, dit-elle d’une voix rauque. Mais demain, on fouille la cave. À nouveau. Tout. Jusqu’à la dernière pierre.
Théo rajusta son pantalon. Son visage était sombre dans la pénombre.
— Et si on trouve quelque chose qu’on ne pourra plus refermer ?
Élise tira le body pour le remettre en place. La dentelle collait à sa chatte trempée, dessinant clairement sa fente sous le tissu transparent.
— Alors on ne refermera pas, répondit-elle. Cette fois, c’est moi qui décide jusqu’où on va.
Elle se mit à marcher vers la maison. Derrière elle, Théo resta une seconde immobile, le regard perdu entre les arbres.
Dans le noir, entre les deux chênes,
une branche craqua.
Toutes seules.
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