Un forum où l’on peut échanger sur tout, et surtout sans agressivité

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pierheim
14 mai 2013 à 20:33
Bonsoir à tous et à chacun

Les derniers échanges entre certains membres étant un peu dirions nous tendus. Il m'apparait peut être plus simple de créer un forum où tout le monde peut débattre de tout simplement, sans querelle.
Je suis peut être un utopiste? mais tolérant et aimant aussi l'autodérision.

Peut être qu'ici certains pourront échanger sereinement.

Comme je le disais récemment à une personne avec qui j'ai eu le plaisir d'avoir quelques échanges il est dommage qu'il n'y ait pas sur ce site une sorte de dialogue direct (comme au bon vieux temps du minitel!!!).

Alors si on peut faire ici une sorte de "dialogue" semi direct cela pourra peut être rendre service a tous.

Une seule règle : Tolérance et aussi peace and love =)
Soyez respectueux
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Réponses

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Anathason de La Baltique
22 octobre 2013 à 13:28
LOL

Excusez-moi ^^ Je me disais que je n'allais pas me prêter à ce jeu ridicule, mais "on" m'a conseillé de, je cite, "descendre à leurs niveaux et puis de remonter". Donc je me prête au jeu mais avec mon excellence.

La nuit est un lac

Cette nuit est un lac
Au fond duquel dorment
Camille et le chaton
Au fond duquel grandissent
Ma puissance et ma joie
Je veille

La rue devant un fleuve
Où s'écoulent des jours
Où nous battons parfois
Les pavés sous les eaux
Nos sourires la parcourent

Tu dors et tu respires
Et moi je te regarde
Peu m'importe dehors
Blottie dans ton sommeil
Tu as les yeux fermés
Et mes poings sont ouverts

Nous sommes la montagne et la neige dessus
Les orages profonds
Il n'est rien d'impossible que nous ne promettons
Nous sommes l'océan et le soleil dedans
Nous sommes les volcans et l'oiseau qui s'endort
Les songes sont un palais où je t'ai aperçue
La force et la gaieté
Sont un peu nos écumes
Maîtres de rien du tout nous commandons pourtant
À nos cœurs parfumés

Chaque matin surpris et chaque soir heureux
Je témoigne pour toi que le dépouillement
Est une vraie victoire
Et le fruit d'une quête
Et l'objet d'une errance

Lorsque l'on goûte
Enfin
À pleine bouche
Aux artères bleues du monde
Que l'on y boit sans crainte
Tant de combats sans fin
Perdent toute vaillance
Redeviennent poussière
Bijoux brillants et vains
Nous nous en dépouillons
Convaincus par tes soins
Et nous nous détournons
De ces chemins d'épines que d'autres appellent vie

Je voudrais le leur dire
J'emprunterais ta voix :
Le bonheur existe !
Mais n'allez pas par là !
D'autres vous ont dit
Que c'était là la vie mais ils se sont trompés
Le bonheur est un lac
Et le lac est la nuit
Mais une nuit étrange qui ne ressemble à rien
De nos désirs connus
Quittez d'elle toute peur !
Détournez de l'ennui vos yeux trop habitués
Car ses berges vaseuses
Pas plus ne sont la vie !
La vie est une gerbe
Une vague un sursaut
Celui d'un étalon terrible et sans colère
Qui reçoit l'oxygène
Et la salue d'un coup de crinière dans le vent
Qui transporte des fleurs
Dans ses secrets courants
La vie est une sagesse
Sa promesse est un don
Mais n'allez pas par là !
Ne suivez pas le sens que d'autres vous ont dit.
Suivez vos intuitions
Car la vie qui commence
La nuit y prend naissance
Usez de vos talents
Oui détournez vos temps
Des routes de l'angoisse
Ayez confiance en vous et le monde y croira
Tant il n'attend que ça

Est-ce que tu crois qu'ils m'entendraient ?
Le chagrin rend si fier
Il porte des œillères

La nuit est un lac où je m'allonge
Mes épaules touchent les galets ronds et lisses
Sur le fond délicat
Je m'étends pour une nuit
Une nuit sans limite
Je croise mes doigts sur ma poitrine blanche
Éblouissante au fond de l'onde sombre
De la nuit
Les pieds contre les pieds
De ma princesse indienne
De ma brune amoureuse
Je regarde le reflet du ciel
Sur la surface
Du fond de la nuit
Du font du lac
Les cygnes viennent
Et tracent de fins sillons
Ourlés de nacre et d'or dans la nuit de mon lac

Demain le chat t'éveillera
D'une alchimie des dieux
Qui ne m'est pas connue
Pour que tu t'attendrisses
Sans que tu me reproches
Que le jour soit levé
Et l'heure venue de te réveiller
Il piétinera ton nez
En ronflant éveillé
On dit en ronronnant
Moi je râlerai
Je serai encore allongé
Contre les galets froids
À refuser le jour
En implorant mes cygnes
De réétendre leurs ailes
Aux revers de ténèbres
Au-dessus de mes yeux
Pour dormir encore un peu

Pour le moment tout est silence
Où j'entends le silence
Et le feulement des oiseaux
Qui échangent en secret des étoiles et des vers

Je me souris :
Je me couche surpris
Et le bonheur demain
Du fond de la nuit
Du fond du lac
Inondera tout
Du tapis aux oreilles du chat
En passant par les toits
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Lioubov
22 octobre 2013 à 13:45
Quelques alexandrins :

Que de talents se déploient depuis quelques heures,
Tellement surprenants sur un site de cul !
Je souhaite qu’ils enrichissent votre vécu
Afin que tous contribuent à votre bonheur.
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Utilisateur supprimé
22 octobre 2013 à 15:30
Donc je me prête au jeu mais avec mon excellence.

Si tu veux, tu préviens par contre quand elle commence?
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pierheim
22 octobre 2013 à 19:59
Que de vers,
et en plus à pieds,
sont ce des coupes ?
sont ce des flutes ?
Alors.... Champagne =)

PM
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pierheim
22 octobre 2013 à 20:16
Je viens de valider deux récits d'inceste écrits en vers ; il semblerait que nous fassions école.

Bonsoir Lioubov

Je ne pensais pas qu'en plaçant quelques rimes dans cette discussion, j'allais susciter des vocations.

Si cela permet à certains d'écrire sans complexe et sans se prendre la tête ni craindre les railleries, je crois que cette petite ouverture aura été utile

Que cela aille du poème classique, aux poèmes drôles, en passant par ceux empreints de mélancolie, je ne peux que me réjouir de voir la sincérité de chacun.

Pour ce qui est de récits d'inceste en vers... Ne s'agissait t il pas d'insectes et de vers...? =)

Cordialement

PM
Modifié 22 octobre 2013 à 20:17
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pierheim
22 octobre 2013 à 20:32
Waouw... Arrêtez ! Vous commencez à me faire complexer à écrire des textes aussi beaux.

Non n'arrêtez pas... c'est un régal de les lire ! Merci !

Bonsoir,

Tu vois Falbala, un fois qu'on est dans l'eau ... on nage !

Alors tu peux écrire ici ce qui te plait sans complexe.

Ici personne ne se moquera de toi, tout le monde se respecte.

Et si dans mon "village gaulois" les bagarres surgissent, c'est en général à cause du poisson pas frais (peut être des harengs de la Baltique?) et cela se calme aussi vite... =)

Chic Astérix chez les Pictes sort jeudi en librairie

Cordialement

PM
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pierheim
22 octobre 2013 à 20:49
Bonsoir à tous

Puisque nous sommes quand même sur un site érotique et néanmoins cul turel.

Je ne peux résister à l'envie d'ajouter ce poème dont la paternité serait attribuée à Alfred de Musset:


Le pape en chaleur

Le pape, un jour, car le pape est un homme,

Bandait d'une façon à tout foutre dans Rome.

Que faire en pareil cas ? Se branler ? Ma foi non

C'est mesquin pour un pape, et bon pour un couillon.

Le divin successeur de l'illustre Saint Pierre

Se souvint à l'instant qu'une divine altière

Demeure à trois cents pas. Il y vole d'un trait.

" - Que veut sa papauté, dit la belle en extase,

Rouge de volupté, se dressant sur sa base

Vient elle simplement pour vider ses couillons

Ou pour me prodiguer ses bénédictions "

" - Je viens, dit le pape à la belle coquette,

Lui tapotant le cul et ouvrant sa braguette

Je viens guérir mon vit, car il souffre beaucoup

Tiens, tiens, voilà cent sous, je viens tirer un coup "

La belle, à ses propos, enlève sa culotte,

Et fait voir au prélat une superbe motte

Qui d'un galbe parfait, rouge comme le vermeil,

S'entrouvrit aussitôt comme une huître au soleil.

Le pape en voyant cela, saute sur le morceau, qu'il traverse d'outre en outre

Maculant sa chemise d'un joli trait de foutre

La baise en un instant, la retourne, l'encule,

Ne se sentant arrêté que par ses testicules

Et dans sa vive ardeur, lui brise la cloison,

Qui sépare en ces lieux, et le cul et le con.

Il pénètre si loin dans cet endroit merdeux,

Que la gonzesse en pleure et lâche un pet foireux.

" - Tu me flasques dessus dit le pape en démence

Et bien pour te punir et comme pénitence

De me sucer le noeud je t'invite à l'instant

Car il n'est pas permis de chier en baisant. "

" - Mais mon seigneur, il est tout plein de merde. "

" - Qu'importe, il faut sucer, et que rien ne se perde

C'est là mon dernier mot, c'est mon ultimatum "

Et le pape ajouta Dominum Vobiscum.

=)

Bonne nuit

PM
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Utilisateur supprimé
22 octobre 2013 à 20:53
Pour toi Lizzy. Puisque tu aimes ça.

Merci Obsi, oui, effectivement, j'aime ça et ce poème m’émeut, je le lis et le relis et à chaque fois, ça me touche. Donc, je te remercie chaleureusement.
Soyez respectueux
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tartuffedauphinois
22 octobre 2013 à 21:42
belle façon de renouveler un peu le topic avec les surnoms, puis les poèmes....j'ai bien aimé tous les poèmes publiés ici....

Cordialement,

T D
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pierheim
22 octobre 2013 à 22:12
belle façon de renouveler un peu le topic avec les surnoms, puis les poèmes....j'ai bien aimé tous les poèmes publiés ici....

Cordialement,

T D

Bonsoir Comix

Je cherche pas à renouveler ce topic, cela se passe au fil du temps, un peu comme un fleuve suit son cours.

Je trouvais que les chamailleries du forum me faisaient penser au village d'Astérix et selon ce que je pouvais lire de ci de là je trouvais des personnages.

Récemment, j'ai voulu montrer que je n'étais pas qu'un blagueur et puisqu'il y avait une recherche de qualité j'ai ressorti un de mes poèmes et me voila bien surpris du résultat et de ce que cela a pu déclencher.

Je note par ailleurs au détour de certains écrits une sensibilité que je ne soupçonnais pas et qui m'étonne après avoir pris connaissance des posts de journée. ( dans la poésie on s'ouvre plus facilement)

Par contre je suis un peu déçu pour le concours sur le nombre de blagues qu'il y avait dans cette discussion (réponses fantaisistes notamment). J'avais lancé cette idée un peu comme ça, et c'était pour prendre un peu de recul.

Ce topic est devenu trop gros pour moi et si je l'arrêtais je crois qu'il y aurait beaucoup de déçu. (je voulais arrêter à 50 pages).

Alors je continue au gré du vent avec des hauts et des bas, comme ma santé.

L'administration du site n'intervient jamais, je ne sais si cela plait ou déplait.

Même Paul que j'appelais gentiment Quasi Modo ne vient pas. Ca ne doit pas être facile pour lui...

Heureusement Lioubov est là....

Voila en résumé où j'en suis ce soir

Cordialement

PM/ Moralélastix
Modifié 22 octobre 2013 à 22:14
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pierheim
22 octobre 2013 à 22:50
Ce poème naïf est de Paul Adam (Écrivain français 1862 - 1920) ...

Et comme pour les poèmes grivois désormais bien connus de George Sand et d'Alfred de Musset, il recèle lui aussi un second sens caché.
La clé ?
Changez le dernier mot du second vers de chaque strophe, de manière à ce qu'il rime avec le premier vers, plutôt qu'avec le troisième.
Vous allez voir, les mots vous viennent tout naturellement

E X C E L L E N T

Et encore bravo pour tes deux autres poèmes

Je ne te vois plus en forgeron donnant des coups de marteaux à Assurancetourix

=)

PM
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Utilisateur supprimé
22 octobre 2013 à 22:58
E X C E L L E N T

+1, ça me laisse sans voix, juste merci pour nous faire découvrir ce trésor de la langue française.
Modifié 22 octobre 2013 à 22:59
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Anathason de La Baltique
23 octobre 2013 à 09:36
Un lion qui t'emmerde, et qui est bien content d'avoir reçu certains mails m'expliquant certaines choses sur ton passif ici (: Finalement, tu n'inspires que de la peine par tes gesticulations fébriles et nerveuses pour te créer un peu de popularité (réussite que l'on ne peut que te reconnaître, et qui n'est pas sans dénoncer une certaine qualité de personnes). Un jour, peut-être, tu prendras de la hauteur et te confondras toi-même dans ton ridicule actuel. Tu manques d'imagination pour comprendre à qui tu parles.

J'en sors un vieux que vous ne retrouverez nulle-part, beaucoup plus complexe et technique que le précédent. Il est long, certainement très ésotérique et je remerciai les lecteurs qui s'y attaquent de ne pas croire que ce qu'ils ne comprennent pas n'est pas justifié par un sens. Il faut beaucoup d'humilité en poésie, dans l'écriture comme dans la lecture, une humilité qui permet de venir et revenir incessamment sur un texte. Les codes qui sont chez Musset et Sand les sujets d'autant de plaisir et de sourires n'ont été percés que grâce à l'énorme quantité de lectures, de relectures, de comparaisons, ou grâce à la saisie de leurs courriers où ils délivrent le secret de leurs sens. La poésie est un langage du monde, une dissimulation, une pudeur esthétique qui ne dit pas son nom. Je déconseille du reste à ceux qui manquent d'intelligence ou d'imagination en alliant cela avec un orgueil stupide de se lancer dans la lecture du texte ci-dessous. Ils n'en seraient que plus frustrés encore (: Quant à ceux qui souhaitent lâcher leurs esprits entre le doute et l'incertitude, je ne peux que vous encourager à lire, celui-ci et d'autres, de tous les auteurs un peu précis et sérieux que vous pourrez croiser. On ne cesse jamais, je crois, l'expérience de l'émotion. Ici, un hymne à l'amitié dans une hiérarchie linguistique très poussée (j'ai rarement modélisé d'aussi complexes formes qui, du coup, a rendu l'écriture beaucoup plus facile ; comme quoi la liberté est difficile !). Il n'y a aucune faute d'orthographe, ici ou là un néologisme transparent. Pour finir il faut imaginer le troisième et les deux derniers vers de chaque strophe en italique (un peu la flemme de faire toutes les balises, pourquoi n'a-t-on pas un éditeur classique de texte ici ?)

Le Bateau diurne

I

Une nuit que j'étais à me morfondre
Quand je désespérais jamais de fondre,
Faisant de l'aube aunée la porte sombre
Le bateau pénombre en un monde fermé
Une nuit que j'étais dans mes décombres,
Les poèmes du nombre à mes lèvres scellées
À tout rompre.

Une nuit que j'étais aux catacombes
Pour brisant et piller ma propre tombe,
J'entrevis le fardé fardeau des rondes
Le bateau mémoire en guise de fermoir
Une nuit que j'étais aux flammes blonde,
Du brasier un parloir et la bouche entonnoir
À me taire.

Cette nuit que j'étais ivre de monstre
Par la Voix qui m'ôtais la voie des Monstres,
J'entendis le verdict telle semonce
Le bateau squelettique à voile orgueilleuse
Cette nuit de matin l'orbe se fronce,
Le peintre en la baltique en ses périodes creuses
A ses larmes.

II


Et puis alors je l'entendis sanglante
Vive écorchée foultitude riante,
Cela fit rien que vider mon absinthe
Le bateau vert fluorescent aux ténèbres
Et puis alors muse jamais stagnante,
Le soupir d'Orphée descendant lyre funèbre
À damner.

Elle ordonnait l'oraison des hivers
En l'évidence un chancre pour l'enfer,
M'écrasait à coups d'ancienne grandeur
Le bateau d'ivresse noyé sous une vague
Je survivais et jouissais de ma peur
Les rubis pourpres endigués montés en bague
À donner.

Elle me disait Franchis l'aurore brune
Celle où toujours rumine l'infortune,
L'aile embrasée deviendra ton blason
Le bateau des damnés sombre coeur d'abîme
Dehors des plaines dorées ta maison
Le hurlement des fées feront la pantomime
À ton art.

Elle me disait Oublie tes appétits
De renoms, de soleil, de joies finies,
L'aile rompue fait ton pain quotidien
Le bateau fracassant ses poupes et proues
Tu n'as du divin que ton chagrin
Vois ton épavement quand tu es à genoux
À genoux.

III

Un midi que j'étais à me complaire
Dans quelque des nuées au coeur de l'air,
Faisant de mes souliers des héliophores
Le bateau ressurgit au brame des trompes
Une écaille d'amour faisant mon corps
Voyez ô mes enfants le nouveau psychopompe
À l'ennui.

Ce midi que j'étais plein de moi-même
En les ciels chevauchés où l'archer sème,
La chute m'attrapa au creux des reins
Le bateau dix mille ans possédé se brise
En perçant l'épaisseur du soir et du matin
Passez ô mes bourreaux tout le temps des cerises
À me haïr.

Je lui disais Cesse de me poursuivre
Les mutins sont nombreux qui veulent vivre,
Hors de leurs bonheurs, pourvu que la gloire
Le bateau d'Absolu te veut capitaine
La braise froide est enfin mon miroir
Vois dessus l'horizon tu mérites les plaines
À bâtir.

Je lui disais Donne-moi ma fatigue
Offre moi le repos au temps des figues,
Je veux être oublié des belliqueux
Le bateau sans croix pour faire l'auréole
Ni pardon ni bastion j'écrirai mieux
Devient globe des rois pour qui prend son envol
Ah destin !

Elle ne répondit pas depuis muette
Tel Sacré-Coeur sous les bleuets en faîte,
César je n'ai pas le talent des hauts
Le bateau errant en la conque fantôme
Je n'ai que goût sans la force du Beau
Sur le disque tournant cercle et socle du dôme
Fiat Carmen.

IV.

Que serais-je sans toi fragment de foi
D'autre qu'un grincement triste de moi,
Tu me renoues sous les piliers d'amour
Le bateau sombre en l'étoile irisée
La verte mer et le ciel mauve autour
Quand les baisers brûlants ne sont que les baisers
À baptême.

Tu me trouvais brisé l'épaule noire
Et tu m'as demandé naïve moire,
Qu'avez-vous là monsieur, souffrez-vous
Le bateau léchant d'une chasse prochaine
J'ai voilé l'éclat d'or du pauvre fou
Mais frustré du démon qui s'enclave des chaînes
À brimer.

Tu lis dans ma chair l'épine des rimes
Tu entends au martyr les chants infirmes,
Je pense à toi d'amour et je te fuis
Le bateau s'est perché dans le recoin feu
En rampant gris et triste en Paris
Sur méditerranée dont l'enflement heureux
A des rires.

Quand s'ouvrira la route fleurie jaune
Vers les arcs-en-ciels et leurs secrets baumes,
De la vie, quand je descendrais au tombeau
Le bateau des morts banderolé d'encens
Je ferai le palais à l'ouvrage des mots
Avance sans effort poussé par nulle vent
À la rame.

Tu lis et toi tes lèvres restez closes
Recueillies dans mon cou et pour ces choses,
Les cierges creux des orgues immortels
Le bateau des prières accoste si loin
Nous enlaçons deux arbres en chapelle
En ces domaines clos dont nous ne savons rien
À venir.

Tu es la nef canon des cathédrales
Qui me missile aux mailles des étoiles
Lucifer penaud lancé vers Paradis
Le bateau du soleil délesté de l'aurore
Craint mieux les siens que ses vieux ennemis.
Se trouve le collier sans pendentif d'or
À nous deux.

V

L'écrin doux d'un violon pourpre et de cuir
Quand l'instrument de bois est art d'écrire,
L'archet souple et cruel tendu de crins
Le bateau des gitans libérés voyage
T'a pour métamorphose le dandy fin
Et vogue de ville en nation porter ses rages
À ton idée.

Tu as zébré mon art lent et mystique
Des vertes nervures des électriques,
Ta poésie ne sacrifiera pas
Le bateau à vapeur du Mississipi
Sa volage essence aux petits bourgeois
S'embarque à l'océan pour vivre l'inédit
À nouveau.

Je pense à toi l'ami réconcilié
Que j'aimais hors du temps pour aîné,
La Seine, Saint-Michel, Paris sont vides
Le bateau aplati sur le fleuve pourri
Au sacre des pudeurs le fratricide
Poursuivit son amont au mélange des nuits
À verses.

Si je dédie un livre que j'écris sans état
Ses fantasmes venaient dévalant de nos pas,
Compter les pavés tous deux t'écoutant
Le bateau corrompu des lierres enfants
Mes larmes aux boutons de roses vents
L'aurore est dans le ciel un halo verdâtrant
À pâmer.

L'insolente amitié d'un communard
Me touche d'autant qu'elle effare
Et les poncifs et les jeunes puceaux
Le bateau pirate aborde l'Espagnol
Qui t'honorent de leurs pauvres bravos
Contagie les chaînes s'ouvrent et le vin vole
À l'ordre.

Je pense à toi et ta rare élégance
Ta douceur dit ta loi d'une rigueur intense,
Épingle esthète ami que je retrouve
Le bateau bat pavillon bleu des orages
Quand à Trois Soeurs un frisson nous recouvre
Et le crépusculaire suaire des naufrages
A brûlé.

Tu vas partir ailleurs ou Kabylie
Quand je suivrai ma propre poésie,
N'importe demain nos leçons d'hier
Le bateau doucement s'échoue sur la rive
Charpenteront mes traversées des vers
D'un monde renouveau Rousseau et lui y vivent
Arivés.
Soyez respectueux
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Lioubov
23 octobre 2013 à 09:59
Impressionnant ! J'ai particulièrement apprécié cette magnifique métaphore :
"Les cierges creux des orgues immortels".
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Anathason de La Baltique
23 octobre 2013 à 10:25
Je te remercie Lioubov. Oui c'est une des métaphores les plus transparentes qui permettent, peut-être, de voir l'implicite triple de son signifié, et donc d'imaginer certaines dérivations des autres images, qu'on les comprenne ou non. En poésie, il me semble qu'il faille plus faire confiance à ses intuitions qu'à sa réflexion. C'est plus le domaine du sensible que du préhensile.
Soyez respectueux
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Lioubov
23 octobre 2013 à 10:52
Je suis d'accord avec toi ; dans certains domaines (comme la poésie ou le symbolisme) il faut privilégier l'hémisphère droit (l'intuition, l'émotion) au gauche (la réflexion, le rationalisme).
Soyez respectueux
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Anathason de La Baltique
23 octobre 2013 à 11:01
Je ne suis pas hyper au point sur le cognitif. J'attends qu'on ait bien pris le temps de dire tout et son contraire afin que des théoriciens rigoureux émergent. Mais je ne doute pas que cette technologie progresse et nous en apprenne beaucoup sur la dernière grande énigme terrestre : le cerveau des homéothermes.
Soyez respectueux
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Lioubov
23 octobre 2013 à 11:21
D'après ce que j'ai cru comprendre jusqu'ici, l'encéphale serait une structure dont l'une des fonctions serait d'extraire de l'océan des fluctuations quantiques (en fait, des informations en état de superposition : voir l'explication dite du "chat de Schrödinger") les vagues qui en "agitent la surface", qui seraient l'expression matérielle (les physiciens quantiques appellent ce phénomène la "décohérence") que notre encéphale traduit sous la forme que nous nommons "réalité".

Putain, j'espère que je suis dans la bonne section du forum, sinon je suis hors sujet et je vais me faire rappeler à l'ordre par les modos ! C'est vrai qu'à part le topic de notre ami Pierheim, on ne doit parler que de cul !
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
23 octobre 2013 à 12:10
Il faut beaucoup d'humilité en poésie, dans l'écriture comme dans la lecture, une humilité qui permet de venir et revenir incessamment sur un texte.

Ce qui fait de toi une nullité sans nom tellement tu n'es même pas capable d'écrire quelque chose (sur un forum de cul, sur un topic où sont réunies une bonne tonne de "blagues à Toto") sans cette manie de devoir tout le temps avancer que ceux qui ne comprennent pas, ceux qui n'aiment pas sont des idiots.
C'est tellement facile de qualifier au préalable les critiques négatives, quelle preuve d'humilité, de quelqu'un qui sait se remettre en question pour justement s'améliorer. Oh la la, quelle inspiration hors du commun tu es, pour nous autres pauvres petites larves décérébrées.
Tu as laissé deux textes sur ce topic, l'un avec "ton excellence que nous autre n'avons pas", l'autre que tu introduis en déconseillant "du reste à ceux qui manquent d'intelligence ou d'imagination en alliant cela avec un orgueil stupide de se lancer dans la lecture du texte". J'ai envie de dire, as-tu au moins osé te relire quand d'un point de vue externe tu es l'archétype même de que tu dénigres? Personnellement je ne te lirai jamais, à moins qu'un jour, par le plus grand des hasards, ton humilité m'en donne envie. Et encore envie est un grand mot, sympathie serait peut-être plus judicieux.
Tu connais peut-être par coeur la définition de ce mot mais dans la pratique tu en si loin...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Anathason de La Baltique
Anathason de La Baltique
23 octobre 2013 à 12:17
Ouais c'est ce que je disais : je ne comprends rien à ce que tu as écrit, Lioubov. J'ai certainement trop spécifié mon cerveau du côté du lyrisme et de la bêtise littéraire (même si je me défends assez en calcul mental), ça m'a fermé des portes. Du reste c'est quand même fascinant le nouveau lexique qui émerge avec le cognitif. On a tendance à croire, mais comme toute époque je suppose, que la science ne peut plus révolutionner le modèle de représentation du monde, et pourtant, à chaque fois cela avance ; Galilée, Newton, Darwin, Einsten, Hawking... Et les prochains.

Patapouf, lâche moi la grappe tu verras tu iras beaucoup mieux.
Soyez respectueux
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Gras
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