Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon enfer — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Mon enfer
Chapitre 7
La vie de l’ombre à la lumière 7/8
Personne ne veut vraiment écouter ce que Claude a à dire. Alors, vers qui se tourner ?
Le kiosque à journaux, sur le chemin de mon bureau voit ma visite, une fois n’est pas coutume. Je prends toute une pile de quotidiens sur lesquels une femme est en photo. La gamine qui vend ces torchons ne quitte pas ma trogne des yeux. Elle se demande un court instant où elle a déjà bien pu me voir. Puis son attention est détournée par l’arrivée d’un autre client. Ainsi va la vie. Aussi vite oubliée que reconnue. J’ai mal partout ! Oh ! Ce ne sont pas des mauvaises douleurs, juste des courbatures. Mes reins ont dû résister à tellement de visites que le bas de mon dos est en compote. Mais de quoi devrais-je me plaindre ? Je peux traverser la ville la tête relevée, le paria n’a plus lieu d’être. Mon nom s’étale sur trois colonnes et les journalistes, ceux-là mêmes qui me traitaient de créature du diable ou de tueuse perverse, les mêmes qui me trainaient dans la boue, m’encensent doublement aujourd’hui. Ces faux jetons sont bien des mange-merdes !
Mélanie a un sourire que je qualifierais de jovial. Elle me fait le bisou du matin et je reprends mon poste. C’est aussi un Gino aux dents blanches, qui arbore une banane qui lui fend la bouche jusqu’aux oreilles qui passe devant moi, et s’enferme avec ma patronne dans le bureau. Je m’en contrefiche et puisqu’ils sont finalement occupés à toute autre chose, je jette un œil sur les feuilles de chou que j’ai acheté. Toutes sont unanimes, la police n’a pas fait du bon boulot et de tueuse sanguinaire me voici étalée en tête de toutes les unes, sur quatre colonnes, malheureuse victime d’une justice aveugle. Ils se sont tout bonnement resservis de certaines photos sur lesquels lors de mon procès j’apparais menottée. Les pourris ! Ils ne m’ont pas demandé mon avis pour publier celles-ci.
Quand le téléphone sonne, une voix inconnue me demande si je veux bien lui raconter mon calvaire ! Je raccroche au nez du journaliste, en trouvant qu’il a bien vite su où me trouver. Puis c’est un infernal manège qui débute. Le bigophone n’arrête plus de sonner. Mélanie attirée par autant de coups de grelot vient enfin me voir, accompagnée de son nouveau garde du corps !
— Tu as vu ? Tu as la primeur des journaux… tu es partout ce matin. C’est pour cela que le téléphone sonne sans arrêt ?
— Je crois bien, oui ! Mais je ne peux pas faire grand-chose !
— Je sais ! Tu veux leur répondre ?
— Certainement pas ! Mais si ça perturbe trop le travail, je rentre chez moi ! Ils ne vont plus me lâcher. Des chiens qui rongent un os ! Dire que ce sont les mêmes qui m’ont décrite comme la salope qui avait tué son mâle… il en est même pour m’avoir comparé à une mante religieuse… tu imagines ? Alors ils peuvent crever ! Pas un mot, je ne leur dirai rien.
— Fait comme tu le sens ! Mais si tu quittes le bureau, dis-le-moi. Pendant que j’y suis et pour que nous n’ayons plus à en reparler… Gino et moi sommes désormais ensemble. Comme ça tu es au courant et si tu le vois un peu plus souvent, c’est… juste… normal !
— Chut ! Tu veux… chacun ses affaires, chacun ses histoires ! Je n’ai pas à me mêler de votre vie, Mélanie ! Tout comme tu ne t’es jamais impliquée dans la mienne et c’est tellement mieux comme ça. Du reste je crois que tu as raison… je vais filer à l’anglaise sinon, ils vont faire le siège de ton entreprise. Il vaut mieux que je me fasse discrète, ça sera plus simple.
— Ne t’inquiète pas, je te garde ta place, prend ton temps pour arranger tout ça. Tu es et restes mon amie…
— Merci Mélanie ! Merci ! Alors je file par-derrière.
— Je crois bien, oui ! Mais je ne peux pas faire grand-chose !
— Je sais ! Tu veux leur répondre ?
— Certainement pas ! Mais si ça perturbe trop le travail, je rentre chez moi ! Ils ne vont plus me lâcher. Des chiens qui rongent un os ! Dire que ce sont les mêmes qui m’ont décrite comme la salope qui avait tué son mâle… il en est même pour m’avoir comparé à une mante religieuse… tu imagines ? Alors ils peuvent crever ! Pas un mot, je ne leur dirai rien.
— Fait comme tu le sens ! Mais si tu quittes le bureau, dis-le-moi. Pendant que j’y suis et pour que nous n’ayons plus à en reparler… Gino et moi sommes désormais ensemble. Comme ça tu es au courant et si tu le vois un peu plus souvent, c’est… juste… normal !
— Chut ! Tu veux… chacun ses affaires, chacun ses histoires ! Je n’ai pas à me mêler de votre vie, Mélanie ! Tout comme tu ne t’es jamais impliquée dans la mienne et c’est tellement mieux comme ça. Du reste je crois que tu as raison… je vais filer à l’anglaise sinon, ils vont faire le siège de ton entreprise. Il vaut mieux que je me fasse discrète, ça sera plus simple.
— Ne t’inquiète pas, je te garde ta place, prend ton temps pour arranger tout ça. Tu es et restes mon amie…
— Merci Mélanie ! Merci ! Alors je file par-derrière.
Mon appartement, mon havre de paix ? Que nenni ma foi ! À peine ai-je trouvé une place pour me garer que la horde des journalistes qui fait le siège devant mon immeuble s’agite et je les vois qui accourent. Mon premier réflexe est la peur, et je passe une vitesse, cale une fois avant que d’arriver à dégager le plus vite possible du quartier. Une moto tourne déjà à l’angle des deux rues que je viens de laisser, derrière moi. Je calme mon souffle et mon cœur, puis un peu plus lucide, je réitère le coup du parking et mon véhicule roule maintenant sans vrai but. Je pense soudain à… la seule maison qui puisse m’abriter sans risque. Francine sera sans doute contente de me voir et j’aurai ainsi l’occasion de faire une bistouille à ces deux chenapans.
Je souffle un peu et me voilà à la recherche de la bonne route. Quand j’aperçois sa voiture garée tout près, je sais que ne me suis pas perdue. D’un doigt tremblant, j’enfonce le bouton de sa sonnette et c’est un brouhaha sans nom, une cavalcade qui s’approche de la porte. Elle est là et je lis la stupéfaction sur son visage. Dans son dos, les deux gosses sont accrochés à ses jupes littéralement.
— Claude ? Mais que fais-tu ici à une pareille heure ! Entre, entre ! Viens m’expliquer ! Je suis heureuse de te revoir. Gilles est au tribunal pour un bon moment encore ! Bon vous deux, filez dans votre chambre, vous avez des devoirs à finir… allez ouste je vais venir vérifier…
Elle est souriante et m’invite à entrer dans son immense salon. Je respire un peu plus librement.
— Tu sais, devant chez moi et au bureau c’est devenu la foire. Ils m’attendent tous…
— Ah bon ! Qu’est-ce qui t’arrive ma belle ? Raconte-moi un peu. Ici je n’ai guère de nouvelles. Au bureau ça va comme tu veux ?
— Oui ! Mais ils ont arrêté un type qui serait celui pour qui je me suis tapé des années de prison, alors les journalistes sont comme des guêpes après moi. Ils ne me lâchent plus les baskets. Je ne peux même plus rentrer chez moi !
— Chic alors ! Tu vas rester ici quelques jours… et puis Gilles peut t’arranger cela, non ? Tu lui en parleras tout à l’heure. Comme je suis contente de te revoir. Les gamins et moi sommes heureux. Ils voient moins souvent leur père, mais ce n’est pas plus mal. Et moi… moi, il me semble que je revis. Je n’ai plus vraiment besoin de travailler, je ne me soucie de rien ! Gilles est tout simplement parfait. Je n’ai qu’un seul regret…
— Ah ! Je suis contente pour toi ! Je suppose qu’après cette histoire, tout rentrera dans l’ordre pour moi aussi. Mais tu me parlais de regrets ?
— Euh ! Oui… je crois que… toi… tu me manques vraiment. Ce que nous avons fait, tu vois, tu saisis ? Gilles est prévenant, gentil, il me fait tout ce qu’un mari sait faire… mais j’avoue que je suis… comment dire… nostalgique de la douceur de tes caresses, de toute la tendresse de ces moments passés près de toi !
—… ! … !
— Oui, je savais bien que tu ne pourrais pas comprendre, mais… voilà, tu me manques physiquement autant qu’intellectuellement. Je ne sais pas trop comment l’expliquer.
— Si… si je crois que j’ai trop bien compris surtout !
— Si tu étais un mec, je t’aurais déjà dit que je suis amoureuse de toi… mais comment ne pas passer pour une… enfin tu vois, entre femmes ça ne se fait pas trop. C’est mon éducation qui revient au grand galop là.
— Ah bon ! Qu’est-ce qui t’arrive ma belle ? Raconte-moi un peu. Ici je n’ai guère de nouvelles. Au bureau ça va comme tu veux ?
— Oui ! Mais ils ont arrêté un type qui serait celui pour qui je me suis tapé des années de prison, alors les journalistes sont comme des guêpes après moi. Ils ne me lâchent plus les baskets. Je ne peux même plus rentrer chez moi !
— Chic alors ! Tu vas rester ici quelques jours… et puis Gilles peut t’arranger cela, non ? Tu lui en parleras tout à l’heure. Comme je suis contente de te revoir. Les gamins et moi sommes heureux. Ils voient moins souvent leur père, mais ce n’est pas plus mal. Et moi… moi, il me semble que je revis. Je n’ai plus vraiment besoin de travailler, je ne me soucie de rien ! Gilles est tout simplement parfait. Je n’ai qu’un seul regret…
— Ah ! Je suis contente pour toi ! Je suppose qu’après cette histoire, tout rentrera dans l’ordre pour moi aussi. Mais tu me parlais de regrets ?
— Euh ! Oui… je crois que… toi… tu me manques vraiment. Ce que nous avons fait, tu vois, tu saisis ? Gilles est prévenant, gentil, il me fait tout ce qu’un mari sait faire… mais j’avoue que je suis… comment dire… nostalgique de la douceur de tes caresses, de toute la tendresse de ces moments passés près de toi !
—… ! … !
— Oui, je savais bien que tu ne pourrais pas comprendre, mais… voilà, tu me manques physiquement autant qu’intellectuellement. Je ne sais pas trop comment l’expliquer.
— Si… si je crois que j’ai trop bien compris surtout !
— Si tu étais un mec, je t’aurais déjà dit que je suis amoureuse de toi… mais comment ne pas passer pour une… enfin tu vois, entre femmes ça ne se fait pas trop. C’est mon éducation qui revient au grand galop là.
Je souris à la seule évocation des années d’internat chez les sœurs que mes parents m’avaient imposées. Sans doute Francine a-t-elle connu les mêmes travers, le bien et le mal, vus selon les codes stricts de religieuses qui ne pardonnaient rien. Mais les mœurs ont bien évolué depuis quelques décennies, du reste plus rien n’est codifié, tout s’en va à vaux l’eau ! De là à ce qu’elle soit amoureuse… j’en reste un peu interloquée, pour ne pas dire sur le cul. Elle est si proche de moi que son souffle court me sidère. Je sens bien que… alors je recule d’un pas, mais elle par instinct avance et nos visages sont si près l’un de l’autre. Je ne fais rien, seulement fermer les yeux alors que ses lèvres viennent à la rencontre des miennes et je trouve une saveur étrange à ce vrai baiser qu’elle m’impose.
Elle insiste et ma bouche accueille sa langue qui virevolte, se promène partout comme en pays conquis et c’est fou. Mais j’éprouve pourtant un réel plaisir dans ce léchage de babines, dans cet appel totalement imprévu de nos sens qui se reconnaissent, se retrouvent et s’invitent à revenir en plus forts, en plus profond. Sa main est déjà sur mes reins, elle lisse mes fesses sur ma jupe et moi… moi, je ne fais pas un mouvement pour la dissuader d’aller plus avant dans des investigations qu’elle seule entreprend. Comment lui dire qu’en ce qui me concerne, les femmes ne sont qu’un agréable passe-temps, mais juste cela ? Elle semble croire qu’une relation plus profonde peut se renouveler entre nous deux. Je trouve ça juste bon, sans pour autant connaître une extase infinie, dans ces attouchements si intimes. Mais j’aurais mauvaise grâce à dire qu’ils me laissent totalement insensible, ce serait mentir.
Le bruit des deux enfants qui cavalent dans les escaliers me sauve sans doute d’un naufrage programmé. Je suis presque contente de voir ces deux têtes enfantines me délivrer du mal. Je souris à l’évocation diabolique de cette pensée. Pour des filles qui ont connu les « bonnes sœurs », nous avons un comportement du genre dévergondé. Et les gamins réclament qui un bonbon, qui une barre de chocolat. Elle ne le renvoie pas dans leur chambre et au bout du chemin, le bruit d’un véhicule annonce le retour de Gilles. Bien sûr ma présence lui laisse à penser que je viens pour qu’il me conseille dans cette pataugeoire qu’est devenue ma vie. Il veut absolument me défendre devant la justice, me faire demander réparation.
Je me demande ce qui peut bien être réparable dans cette histoire. Que l’état me fiche la paix, c’est seulement ce que je désire. Il me regarde comme si j’étais une martienne, ne voulant pas comprendre mes propos, ni même envisager une seconde que je me fiche pas mal d’être ou non réhabilitée. Rien ni personne ne me rendra ce que j’ai perdu et l’argent n’a jamais rien arrangé dans ce genre de truc. Il ne sert qu’à donner bonne conscience à ces gens qui se sont trompés, mais qui ont toujours un mal fou à sortir une parole d’excuse. Je ne veux qu’un moment de répit, une cachette pour me faire toute petite et retrouver une sérénité qui fiche le camp. À force de le lui répéter, il finit par lâcher prise et il se dit satisfait que je sois venue me réfugier dans leur nid d’amour.
Sur le répondeur de mon portable que j’ai finalement éteint pour ne plus être dérangée, il y a un message du grand flic avec qui j’ai eu une passe d’armes mémorable. Il voudrait savoir où je me planque pour venir me rendre visite ! J’en parle à Francine et Gilles et ils m’invitent à le faire venir chez eux ! Finalement je crois que j’ai presque besoin de sa présence, de le sentir proche de moi pour que mon calme enfin revienne. Il ne lui faut guère plus de dix minutes pour sonner à la porte de mes hôtes. Il serre les mains de mes amis, se présente et dine en notre compagnie. De temps en temps un pied vient écraser un des miens, mais je ne cherche pas ce genre de réconfort, sans pour autant retirer franchement ma jambe qui reste accessible à ce grand escogriffe. Il me couve du regard, je sais bien ce qu’il espère…
Notre manège est vite repéré par les deux-là qui nous reçoivent. Et je sens que la colère monte dans les yeux de Francine. Elle ne va tout de même pas me faire une crise de jalousie pour deux coups d’œil. Ses ailes du nez se pincent, plus aucun mot ne franchit ses lèvres et je sens mon amie tellement tendue que je me dis qu’elle va nous exploser à la figure à tout moment. L’avocat a lui aussi vu que quelque chose n’allait pas. Il a mis sa main sur celle de Francine et bien sûr, Jean-Marie se sent obligé de faire ce même mouvement sur mon poignet. Si les yeux de ma copine étaient des armes, je serais morte. Elle en bave de rage et retire sa patte de celle de Gilles qui marque le coup. Drôle d’équipage, qui offre un spectacle assez désarmant autour d’une table où seuls deux enfants mangent de bon appétit.
Elle a beau rire, on se rend bien compte que ça sonne faux, que le ton n’est pas juste. Alors comme elle le sent aussi, elle s’oblige à se taire. Nous parlons de ces journaux qui portent tous ma tête et en bon avocat qu’il est, Gilles repart sur son sujet favori. Le flic lui donne raison ce qui du coup, a le don de me mettre en pétard. Pourquoi aucun d’entre eux ne veut-il pas comprendre que je ne veux que la tranquillité, que j’en ai soupé des tribunaux et des regards salaces de ces personnes toujours bien intentionnés, qui n’hésitent pas à vous enfoncer, pour peu qu’ils bénéficient d’une infime dose de pouvoir ! Ceux-là qui n’écoutent qu’eux ! Je ne veux plus avoir affaire à ces gens-là. J’ai la nette impression que l’argent est le moteur de la conversation de nos deux hommes maintenant, devant nos assiettes qui ne se vident pratiquement plus.
Les points de vue convergents du policier et de l’avocat rebondissent sur le mur de mon incapacité à me faire entendre. Mais sur ma cheville c’est un pied nu qui glisse, tentant une montée plus haut sur ma cuisse. La position de Jean-Marie à table, lui interdit de pouvoir faire ce genre de déplacement. Alors je lève les yeux vers la seule qui peut pratiquer cet alpinisme mondain. Les regards sont implorants et je ne peux plus me dépêtrer de ses orteils qui griffent ma jambe de la cheville au genou. J’ai beau reculer sur la chaise, elle trouve toujours le moyen de revenir à la charge et je ne veux pas d’esclandre. La main de Jean-Marie, au vu de tous, me caresse les doigts et le pied de Francine se faufile sournoisement plus haut que la décence ne l’autorise.
Seul notre bon conseil ne s’aperçoit de rien. Il est perdu dans une démonstration magistrale qui incendie la justice et ses mauvaises manières, martelant sans arrêt que quand on fait des « conneries » on doit payer cash ! Et de surenchérir que moi, j’ai bien payé sans en faire… et le pire c’est que mon galant, mon malaxeur de phalanges, lui emboite le pas dans cette voie. C’est bien ce que je dis et pense, aucun des deux ne se soucie de mon avis. Je commence à me prendre les boules de cet état de fait et le sang bout en moi. Ce sont encore Alix et son frère qui sauvent la situation, tuant dans l’œuf le vent de contestation que je m’apprête à faire souffler sur ces deux qui s’arrogent des droits qu’ils n’ont pas.
Francine se lève pour aller coucher les gosses. Alors pour éviter un incident toujours possible, je la suis. Au moins pourrais-je désamorcer sa colère… enfin je le souhaite. Mais elle ne prend pas cela comme je l’imagine. Elle se persuade que c’est pour toute autre chose que je monte les escaliers qui mènent aux chambres des enfants. Dès qu’ils sont couchés, elle me coince dans un petit racoin et j’ai droit à une nouvelle pelle que je ne sais pas refuser. Sa main voyage rapidement sur mes seins et quand elle s’aventure sous l’élastique de ma culotte, je ne peux reculer, empêchée en cela par la cloison contre laquelle je suis appuyée. J’ai droit à un passage de ses doigts sur la foufoune et loin de me laisser insensible, j’avoue qu’elle me fait mouiller cette cochonne. J’arrive à me dégager et je redescends vers l’endroit où les deux hommes ont toujours une discussion très animée.
La fuite en avant me semble être mon unique salut. Je saisis mon sac sous les yeux de tous, embrasse les uns et les autres puis je me faufile dans l’air frais de cette nuit. Personne n’a bougé, personne ne m’a suivi et je roule sans but, errant dans cette campagne sombre, sous les étoiles d’un ciel sans nuage. Dans la poche de mon sac alors que je recherche un mouchoir, un objet métallique vient se rappeler sa présence. Les clés qu’Alain m’a remises. Il n’en faut pas plus pour que je fasse demi-tour et fonce vers cette maison, celle qui… oui encore les souvenirs qui reviennent… mais qui irait me chercher là ? Le trajet est relativement court, la route dégagée.
— oooOOooo —
La masse sombre et imposante découpe ses contours sous un ciel dans lequel la lune pleine vient s’inscrire comme un clin d’œil ou un sourire. Même les yeux fermés, je retrouverais la serrure où se loge parfaitement la clé. Ma main n’a aucune hésitation et trouve sans chercher, l’interrupteur ! La lumière jaillit dans cette entrée ou tout est immobile, inchangé. J’ai la curieuse impression qu’il flotte encore partout, cette odeur de nos parfums. Des années sans doute que ces fragrances trainent dans la bâtisse. Chaque chose est à sa place, donnant une sensation que Michel et moi venons juste de sortir de cette pièce. Je retrouve le canapé, en tire le drap et je m’attends presque à le voir sortir de la salle de bain. Je vais alors revisiter celle-ci, lentement ! Incroyable ces images qui me remontent en mémoire, comme un flot ininterrompu, un trop-plein de bonheur perdu.
D’une paume de main, je passe sur des endroits, des recoins où la présence de Michel est restée comme marquée de manière indélébile. Ici la douche à l’italienne et mon poignet, d’un geste machinal a tourné le robinet d’où l’eau jaillit. Combien de fois avons-nous fait l’amour, là ? Et mon regard passe en revue tous les coins où… et merde… mon ventre se creuse à ces évocations pourtant lointaines. Je suis rappelée à l’ordre par le bruit de la sonnette de la porte d’entrée. Qui peut bien venir ici ? Un journaliste qui m’a retrouvé ? La peur revient instantanément… et nouveau coup de sonnette ! Un voisin peut-être ? Attiré par une lumière insolite dans la maison ?
Les jambes en coton je vais à la porte. Il est là, avec un sourire et de grands yeux marron clair.
— Ah ! Je suis heureux que tu sois de retour…
— Alain ! Mais…
— Je réside tout près et j’ai aperçu la lampe allumée. Je suis content que tu sois revenue… chez toi.
— Tu sais les journalistes sont comme des guêpes, après moi ! Je n’ai pas beaucoup d’endroits pour me cacher.
— Si tu veux, tu peux venir passer la nuit chez moi. Je vis seul depuis mon divorce. Ici il n’y a rien, juste l’électricité, mais le frigo est vide ! Viens
— Je ne sais pas… je devrais peut-être chercher un hôtel pour la nuit !
— Alain ! Mais…
— Je réside tout près et j’ai aperçu la lampe allumée. Je suis content que tu sois revenue… chez toi.
— Tu sais les journalistes sont comme des guêpes, après moi ! Je n’ai pas beaucoup d’endroits pour me cacher.
— Si tu veux, tu peux venir passer la nuit chez moi. Je vis seul depuis mon divorce. Ici il n’y a rien, juste l’électricité, mais le frigo est vide ! Viens
— Je ne sais pas… je devrais peut-être chercher un hôtel pour la nuit !
Alain s’est appuyé contre l’évier de la cuisine et sa silhouette me fait penser à une autre, et je revois comme en boucle des mains qui remontaient mon pull, une bouche qui embrassait tout ce qu’elle découvrait de peau, au fur et à mesure d’un déshabillage désiré. C’est instinctif ! Cette envie de faire l’amour qui me remonte à la gorge. Je suis troublée et bien plus encore par la présence du mâle qui est là. Le sent-il ? Que je suis… comment expliquer ? Que je suis chaude serait le bon terme ! S’en rend-il vraiment compte ? J’ai un appétit de sexe grandissant depuis que je suis entrée dans ce lieu qui nous a servi de nid.
Je suis sans dire un mot ce grand gaillard qui m’emmène vers une autre demeure, toute proche. C’est vrai que de là, on voit une partie de mon ex maison. Le salon s’il était éclairé serait en ligne de mire de la fenêtre devant laquelle je me tiens. Lui se trouve derrière moi, à quelques centimètres. Il ne me touche pas, mais j’entends sa respiration plus ou moins régulière. Je me sens de plus en plus réceptive à sa présence. C’est dingue d’être à ce point… prête à tout pour… quel autre mot que « baiser » à employer dans cette situation ?
— Tu vois ! D’ici, je vous admirais souvent… Toi et lui !
— Tu quoi ?
— Je vous voyais si souvent faire… c’est vrai que vous ne cherchiez même pas à vous camoufler. En pleine lumière, votre canapé me donnait des frissons, surtout quand… enfin tu vois…
— Tu… tu veux dire que tu nous regardais… faire l’amour ?
— J’avoue même avoir pris un infini plaisir et être amoureux de toi depuis cette époque-là. Tu es restée la même, toujours aussi… belle et désirable, tu sais !
— Mais… !
— Je ne vais pas mentir, j’ai aussi acheté votre maison avec l’espoir que tu y reviendrais un jour. Et que peut-être j’aurais… ma chance alors !
— Tu nous voyais nus ? Nous ne savions même pas que tu résidais là ! Depuis bien avant ton divorce tu étais donc ici ?
— Oui ! Et tu peux te vanter d’avoir enflammé mes sens toutes les fois où avec Michel…
— Mais c’est dingue ça. Je vais te laisser et aller dans un hôtel… je ne voudrais pas que…
— Que quoi ? Si c’est pour l’amour, c’est déjà trop tard ! Quand je t’ai revue il y a quelques jours, tout est revenu comme si c’était hier. Et je sais, j’ai vu dans les journaux aussi que… ce n’est pas toi, mais je le savais bien avant eux.
— Tu quoi ?
— Je vous voyais si souvent faire… c’est vrai que vous ne cherchiez même pas à vous camoufler. En pleine lumière, votre canapé me donnait des frissons, surtout quand… enfin tu vois…
— Tu… tu veux dire que tu nous regardais… faire l’amour ?
— J’avoue même avoir pris un infini plaisir et être amoureux de toi depuis cette époque-là. Tu es restée la même, toujours aussi… belle et désirable, tu sais !
— Mais… !
— Je ne vais pas mentir, j’ai aussi acheté votre maison avec l’espoir que tu y reviendrais un jour. Et que peut-être j’aurais… ma chance alors !
— Tu nous voyais nus ? Nous ne savions même pas que tu résidais là ! Depuis bien avant ton divorce tu étais donc ici ?
— Oui ! Et tu peux te vanter d’avoir enflammé mes sens toutes les fois où avec Michel…
— Mais c’est dingue ça. Je vais te laisser et aller dans un hôtel… je ne voudrais pas que…
— Que quoi ? Si c’est pour l’amour, c’est déjà trop tard ! Quand je t’ai revue il y a quelques jours, tout est revenu comme si c’était hier. Et je sais, j’ai vu dans les journaux aussi que… ce n’est pas toi, mais je le savais bien avant eux.
Il ne s’est pas rapproché, c’est simplement moi qui ai légèrement pivoté l’ensemble de mon corps. Je lui fais face. Il est attirant, avec des yeux suppliants, des yeux remplis d’une lueur étrange qui me surprend. Je ne peux pas reculer, adossée à la tablette de la fenêtre. Loin de me dégouter, le fait de savoir qu’il jouait les voyeurs, m’a donné une envie encore plus violente. Mon ventre est en feu, mais tout se joue dans ma tête. Mon cerveau me hurle des ordres contradictoires. Tantôt : « vas-y, tu as envie de baiser » puis l’instant d’après : « mais tu ne vas quand même pas te donner à ton ex-beau-frère ! Tu ne vas pas devenir une salope qui saute sur tout ce qui porte des couilles ! » Mon Dieu que c’est compliqué cette situation. Peu à peu mon esprit dérape et je sais, je sens que c’est mon corps qui prend le dessus.
Alain, lui n’a pas du tout bronché. Impassible à quelques centimètres, ses longs bras restent le long de son corps et j’en viens à souhaiter que ce soit lui qui… mais il ne bouge pas. Je fais un pas sur le côté comme pour échapper à la pression qui devient oppressante. Et ça y est sa main s’est portée sur mon bras.
— Non ! Claude s’il te plait ! Ne pars pas. Reste encore un peu… Nous pouvons juste parler, parler d’avant.
—… !
— Oh ! Je t’en supplie ! Ne fais pas comme si tu ne voyais pas que je crève de toi !
—… !
— Oh ! Je t’en supplie ! Ne fais pas comme si tu ne voyais pas que je crève de toi !
Je ne réponds toujours rien, mais j’ai arrêté mon mouvement et il en profite pour me coller contre lui. Ensuite tout va très vite. Sa bouche vient à la rencontre de la mienne. Je n’ai plus du tout envie de fuir. Il me faut simplement assumer cette réalité délirante. Je suis chez mon ex beau beauf, à cent mètres à peine de la maison qui nous abritait, mon mari et moi et je sais que je veux baiser ! Je dis bien baiser, c’est comme une chienne qui réclame un os que je suis après ce type. Pas parce que c’est Alain, pas parce que je le connais, juste parce que c’est un mec, qu’il porte une bite et que depuis un trop long moment mon ventre crie famine. La pression est trop forte et la soupape de sécurité s’est sans doute de m’envoyer en l’air une bonne fois pour toutes.
Peu importe qui porte le flambeau, je ne veux que sentir ces sensations trop bonnes que nous apporte, à nous les femmes, le sexe. Quand nos langues se refont la cinquième symphonie de Beethoven, je ne suis plus qu’un pantin qui se lâche entre deux bras bien masculins. Qu’il connaisse mon corps ne change rien à mon immense désir. Ses lèvres courent sur ma peau me couvrent de bisous sonores. Et ses mains entrent en action. Elles me caressent la nuque alors que je me frotte littéralement contre lui. Mes seins au seul frottement contre sa poitrine se sont durcis et les tétons sont devenus comme de la pierre. Une de ses jambes s’est infiltrée entre les deux miennes et son genou est remonté sans ambiguïté pour se frotter contre ma chatte. Nous sommes encore vêtus, tous les deux, mais les frissons sont d’autant plus intenses que nos vêtements nous électrisent davantage.
Je me fiche de savoir qui il est. Je m’en contrebalance et je me serre plus étroitement contre lui, entrainant dans mes mouvements un frottement plus violent sur mon entrecuisse. Je mouille abondamment et quand ça main enfin vient me délivrer de cette culotte qui me colle à la peau, il ne peut que savoir, que mon désir est bien réel. Il ne dit rien, se contente de me désaper rapidement, avant d’en faire autant pour lui. Nous roulons sur la moquette sans regarder où nous sommes ! Je m’en moque éperdument, je ne cherche rien d’autre que sa bite qui monte fièrement vers son nombril. La taille n’a pas une importance capitale n’en déplaise aux mesureurs forcenés. Le bonheur suprême c’est de ressentir toutes les vibrations de cette bête bouillante qui palpite dans le creux de ma main. Lui s’est maintenant penché et sa bouche qui un instant plus tôt me roulait une pelle est venue pour un baiser tellement plus intime. Sa langue fouille autre chose que mon palais désormais. Ses mains écartent d’autres lèvres ce qui me fait glousser.
Et insensiblement il s’est allongé de manière à ce que le bas de son corps coïncide avec le haut du mien. Le pistil tendu est à portée de ma langue. Je ne manque pas d’y gouter. Je cueille sur la chose chauve et rose la première goutte de ce liquide masculin. J’en décline toutes les saveurs, j’en bave d’envie. Lui doit forcément être dans mon jus. Je ruisselle de cette envie qui m’étreint les tripes d’une manière atroce. Mes hanches se dandinent à chacun de ses coups de langue, et il a sans doute bien du mal à me garder ouverte sous sa bouche. Le dard qui s’enfonce dans ma gorge est d’une exquise douceur, et ses soubresauts me donnent un regain d’énergie. J’aime cela, j’avoue avoir envie de sucer cette tige qui ne s’en plaint pas. Et notre corps à corps s’amplifie, se multiplie. Nous cherchons, là, sur la moquette de cette chambre un orgasme qui nous libèrerait l’un et l’autre.
Quand je dis, nous cherchons, pas sûre qu’Alain soit pressé. Je le sens qui ralentit ses mouvements dans ma bouche, comme pour couper cette montée de sève que j’espère. Je veux me rassasier de son nectar et il ne le lâche pas rapidement. Je crois même que c’est l’inverse, il le retient un maximum, mais c’est pour se garder sans doute une réserve, que nous les femmes ne pouvons pas apprécier. J’ai déjà joui assez fort une fois, mais il n’a rien cédé. Sa queue reste aussi tendue, aussi chaude et je persiste à la téter pour en boire le lait. Rien n’y fait, il sait se retenir le bougre. Mais je ne m’avoue pas vaincue. Pourtant quand gronde au fond de mon ventre un second orgasme, comme un ouragan, je ne peux pas garder dans ma bouche cette anguille qu’est devenue sa bite. Il s’empresse de se faufiler sur moi.
De ses bras vigoureux, il a tôt fait de remonter sans que j’y trouve quoi que ce soit à redire, mes deux cuisses. Ensuite tranquillement, il s’installe entre celles-ci et c’est ma propre main qui le guide en moi. Dès le premier coup de reins, il est entré au plus profond de cet antre ruisselant. Il attend quelques secondes qui me font serrer les dents. C’est trop bon ! Quand il se retire très lentement, les parois de mon vagin hurlent déjà à la mort. La louve crie et c’est de ma bouche que les plaintes surgissent. Il n’en a cure et se met au rythme de son envie. Attentif à chacun de mes soubresauts, aux moindres de mes frissons, il aligne ses gestes sur mes réactions, c’est… divin. Alain est doué pour faire l’amour. Je frémis de toutes parts alors qu’il se contente de me limer au gré de mes gémissements. Je n’ai plus aucun contrôle sur mon corps.
Les mains en avant, je m’accroche aux épaules de celui qui me fait grimper au plafond. Je rue comme une jument. Ma tête dodeline de gauche à droite en psalmodiant des mots inaudibles, et lui… lui suit son petit bonhomme de chemin. Mes doigts creusent des sillons dans la chair de ce dos auxquels ils se raccrochent. Et soudain, c’est une myriade de couleurs, c’est l’apocalypse, c’est un feu d’artifice qui déferle sous mes paupières closes. Mon ventre n’est plus qu’un spasme énorme, une montagne de vagues, je n’ai plus aucun contrôle et pour la première fois depuis longtemps, alors qu’il s’est retiré, je pisse d’un jet un liquide qui n’est pas de l’urine. Je n’ai rien senti quand Alain m’a arrosé la chatte avec sa semence. Mais sur la moquette claire, la tache foncée de nos sécrétions mélangées est d’une taille impressionnante. Mon corps met un temps fou à se stabiliser et à revenir à la normale.
Les longs tressaillements qui m’agitent persistent et c’est bien longtemps après qu’enfin, les bras en croix sur la moquette, je suis parfaitement alanguie. Lui s’est allongé sur le côté, simplement sa tête, légèrement relevée, est tournée vers moi. Dans ses yeux, je lis un merci, je lis tout ce qu’il a envie que je lise. Il est doux et sa main libre remonte sur ma joue, joue avec une mèche de mes cheveux, mais il ne dit pas un mot. Les doigts, un instant occupés par ma frange redessinent les courbes des ailes de mon nez, puis glissent vers mon cou. Nouveaux frissons de tout mon être. Alors ils s’aventurent sur ma poitrine, en cajolent les seins, les pressent un peu entre pouce et index et flirtent allègrement avec les tétons qui ne se font pas prier pour durcir encore une fois. Je suis parfaitement bien. Repue et lasse, je le laisse pourtant faire. Ses caresses sont des moments de tendresse.
Lui me prend la main et il la pousse vers cette insatiable bite qui a repris une certaine vigueur. D’instinct, mes phalanges se referment sur la barre qui raidit plus encore. J’entame alors des va-et-vient à l’aide de ma main serrée sur ce phallus qui m’a donné tellement de plaisir. Il s’est soulevé sur un coude et appuie délicatement sur la base de mon cou. Ce qui a immédiatement pour effet de m’obliger à plier le corps vers le centre du sien. J’ai vite saisi ce que signifie cette pression exercée sur mon crâne. Ma bouche suit la courbe voulue et s’entrouvre sur le mat que je gobe sans dire un mot. Puis à l’aide de mes doigts, je saisis les bourses et les malaxent légèrement. Je fais aller et venir mes lèvres sur toute la longueur du sexe qui me semble d’une longueur convenable sans être immense. Mais c’est juste parce que je vais lentement.
C’est lui qui désormais à la chair de poule et sa respiration est saccadée. Je continue à pomper ce nœud qui semble apprécier ma façon de le maltraiter. Je me prends aussi à ce petit jeu qui m’échauffe le sang et j’ai soudain cette envie idiote de le sentir couler, là, au fond de ma gorge. Pourquoi ? Encore un grand mystère de cet amour physique qui m’échappera toujours. Je n’ai jamais aimé le sperme dans la bouche et pourtant à cet instant, c’est moi qui vais au-devant de la fontaine de jouvence. Il a si bien compris qu’il s’applique et qu’il se tortille comme un ver. Son déhanché laisse présager du bien que je lui fais. C’est à son tour de gémir doucement alors que je suce en tournant avec ma main cette chose qui se cabre dans ma paume. Maintenant il m’appuie sur la tête comme pour s’enfoncer davantage dans ma gorge et je laisse aller la musique.
Quand la baguette est secouée de spasmes, je ressens chacun d’entre eux et la première giclée ne me surprend qu’à demi. Puis d’autres saccades font suite à celle-là ! Combien ? Je n’en sais rien, ne compte pas, mais je ne recrache pas le venin de cet homme, le remerciant de cette façon de tout ce qu’il vient de me donner. Pourtant mon cerveau m’envoie encore des signaux, me laisse entendre que je ne suis rien d’autre qu’une salope qui aime baiser, que je peux encore et encore faire l’amour ou me laisser baiser. Il me rappelle, pour le cas où je voudrais l’oublier, que c’est bien moi qui aie ouvert le bal et entrainé la danse primaire. Je suis en quelques heures, devenue une cochonne qui s’envoie en l’air avec son passé. Un clin d’œil certain à ces années mortes pour de bon, mais qui néanmoins voudraient ressurgir du néant.
Je bois jusqu’à la dernière goutte de ce nectar masculin. Il est heureux et se laisse faire comme un gamin. Ma langue pourchasse la moindre trace de ce liquide épais qui perle encore au bout de son gland. Et Alain me lisse la chevelure, les yeux mi-clos. Nous sommes bien, nous sommes calmés. Le temps n’a pas de prise sur nous. C’est juste que je ne veux en aucun cas, revenir à la réalité tellement plus terre à terre et que je sais déjà, que la première parole rompra le charme de cette soirée. La mauvaise conscience aura vite fait de gagner du terrain et de polluer mon esprit si j’ouvre, la bouche pour parler. Mais j’ai bien peur que si c’est lui qui ouvre la sienne, l’effet soit identique. Alors je souhaite muettement qu’il la boucle et je fais de même.
— oooOOooo —
C’est le frais de la nuit qui nous réveille. Je me blottis contre son corps et je sais, d’instinct qu’il ne dort pas. L’ai-je réveillé ou à t-il simplement veillé sur mon sommeil à moi ? Je lui sais gré de n’avoir pas tenté de dire quoi que ce soit. Ses bras m’entourent et je me sens moins refroidie. Le problème dans ce genre de situation, c’est que ses mains, dont il se sert pour m’accueillir plus fortement contre lui ne peuvent en aucun cas restées longtemps inactives. Leur seule préoccupation est ma peau, mes pores, et elles se font papillons doux qui virevoltent sur mes hanches. Je commets l’erreur de me retourner, pour avoir le dos contre sa poitrine d’homme. Et le dard tendu à nouveau se glisse entre mes fesses. Je me colle plus fortement à lui comme pour lui interdire son mouvement circulaire qu’il esquisse avec sa baguette.
Et le résultat est désastreux. C’est le long de mes fesses que la queue se faufile maintenant. Il donne de légers coups de reins, et comme par magie la pointe de la bite se concentre sans que je puisse l’en empêcher sur la petite rondelle nichée au centre de ces deux demi-lunes. Je stoppe tous gestes, mais c’est trop tard, la bestiole est déjà à l’œuvre et sans que je réagisse vraiment, elle se cabre sur l’œil sombre qui reste un instant fermé. Mais c’est sans compter sur la raideur de ce membre bien décider à trouver sa voie. Nouvelle cabriole de ce serpent chaud et voilà la cave investie d’un demi-centimètre. Je rue un peu pour m’échapper, mais Alain me retient de ses bras solides. Quand le cercle cède d’un coup il n’a plus rien d’autre à faire qu’à projeter en avant son bas ventre et il est en place, profondément ancré en moi.
Je n’ai jamais apprécié cette forme de possession par mon mari. Curieusement là, je suis de nouveau tout excitée et ma chatte vide suinte de désir. Je remue la croupe pour qu’il bouge. Alors pourquoi s’en priverait-il ? Il se met à lentement gesticuler, d’avant en arrière sans grande amplitude. Puis il va de plus en plus rapidement me prenant comme un démon. Sa main s’est plaquée entre mes cuisses pourtant serrées. Quand je la sens qui se fraye un passage entre mes jambes, j’ouvre celles-ci, pour faciliter son arrivée. Il me branle le clitoris tout en continuant ses allées et venues dans mon derrière et une nouvelle éruption de lave claire s’échappe de ma foufoune. Des cris tout neufs se font échos de ses soupirs. Il lui faut encore un temps infini pour qu’il se libère en moi. Durant tout l’assaut, je ne suis que jouissance et me tords de bonheur.
Une autre accalmie, une autre pause pendant laquelle mon cœur se remet de ses émotions. Il n’est toujours pas sorti de moi, mais il ne bande plus aussi fort. Je suis toujours secouée de temps à autre par un spasme assez violent. Ses mains toujours sur ma chatte pour l’une et sur un sein pour l’autre ne m’ont pas lâchée. Je n’y crois pas, mais son sexe renait à la vie comme s’il n’avait pas baisé depuis des mois. Tout tranquillement je le sens qui écarte mes chairs, qui enfle pour se réintroduire dans le canal lubrifié, et il remue à nouveau. Une fois de plus, je sens cette barre qui m’investit, qui force le passage, mais sans aucune crainte puisque la première visite a tout élargi. Je ne crie plus, me contentant de sentir cette lame qui me pourfend, qui se meut au rythme des hanches masculines qui la poussent ou la retirent, au gré des fantaisies de son utilisateur.
Nous avons fait l’amour encore plusieurs fois, de manières plus conventionnelles. Bien entendu je n’ai pas, à chaque fois, ressenti la jouissance suprême, mais je dois avouer qu’il est assurément un amant exceptionnel. Puis alors que les lueurs de l’aube viennent lécher l’intérieur de sa maison, les deux, nous nous sommes vraiment assoupis, fatigués, mais heureux. Enfin moi, je dois dire que j’étais comblée et que mes envies disparaissaient avec le jour qui se levait. Une douche vers midi à la pendule, puis j’ai repris le chemin de mon appartement. Les journalistes avaient eux aussi disparu, attirés par d’autres évènements sans doute, le papier et les journaux, sont comme les ânes… ils portent tout ce qu’on leur met sur le dos… qu’il avait raison le papa de Francine quand il prononçait ces mots sans doute avec une pointe d’humour !
— oooOOooo —
À suivre…
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Commentaires ()
Il y a comme un air des "Valseuses" dans cette histoire ;)
Oui ?
Eh bien voilà, je le redis.