Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chroniques immortelles — Chapitre 13
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chroniques immortelles
Chapitre 13
Crise d'évolution – 5e partie
Je suis assise sur le sable de la plage prés de la maison, les yeux perdus vers le large, vers la brume, vers cette porte de sortie qui m'est désormais interdite. Je ne ferai pas l'erreur d'ignorer la menace de Phidias. Je sais qu'il dit vrai. Je ne chercherai pas à mourir, ce serait peut-être mettre Io et Minos en danger. Je tiendrai mon engagement quoi qu'il m'en coûte. Je regarde ces anneaux étroitement ajustés à mes chevilles et mes poignets, je tâte celui fixé à mon cou, les emblèmes de ma servitude. Elle a bonne mine l'apprentie déesse...
J'ai mis longtemps à m'endormir, un sommeil semé de cauchemars. Néréis et Hypérion m'ont raccompagné dans ma chambre, ramassé serait le terme exact. J'ai pleuré longtemps dans leurs bras et il leur a fallu des trésors de tendresse et un ordre mental de ma part pour sombrer dans le sommeil.
A l'aube, la tète vide, je suis descendue à la plage. C'est là qu'au bout d'un temps indéterminé, j'entends des pas et découvre Gaïa venant s'asseoir à coté de moi.
— Comment te sens-tu Christine ?
— Comme une esclave, comme une morte, dis-je en haussant les épaules. Qu'est-ce que mon « maître » attend de moi ?
— Rien pour l'instant… Tu vas découvrir que cette… épreuve qui t'es imposée n'a pas grand-chose à voir avec de l'esclavage. Tu es libre d'aller et venir à ta guise, dans les limites d'Éden naturellement. Prend-le comme une… punition pour avoir osé défier mon mari. Mais je te tire mon chapeau car dois t'avouer que je n'avais jamais vu quelqu'un oser le faire !
— Une « mise au coin » de quinze ans…
— Comme une esclave, comme une morte, dis-je en haussant les épaules. Qu'est-ce que mon « maître » attend de moi ?
— Rien pour l'instant… Tu vas découvrir que cette… épreuve qui t'es imposée n'a pas grand-chose à voir avec de l'esclavage. Tu es libre d'aller et venir à ta guise, dans les limites d'Éden naturellement. Prend-le comme une… punition pour avoir osé défier mon mari. Mais je te tire mon chapeau car dois t'avouer que je n'avais jamais vu quelqu'un oser le faire !
— Une « mise au coin » de quinze ans…
Elle me prend dans ses bras. Je me laisse aller. Je ne me sens pas le droit de refuser quelque chose, et puis… j'ai besoin d'une sorte de chaleur maternelle. Et je ressens cette chaleur auprès de cette femme.
— Ça te fait tellement mal ?
— Bah, quinze ans, un peu plus un peu moins qu'est-ce que çà change ? J'ai du mal à réaliser qu'il y a seulement un peu plus d'un an, j'étais un vieil homme rhumatisant et cardiaque. J'ai soixante-seize ans, et peut-être que je devrai être mort, enfin je veux dire morte. Mais maintenant je suis une immortelle, qui peut vivre très longtemps. En fait je pense surtout à ceux que j'ai laissé derrière moi. Que savent-ils de ce qui m'est arrivé ? Que vont-ils penser et faire durant tout ce temps ?
— Tu sais, le temps, c'est très relatif, tu le découvriras toi-même… Et ce qu'on va faire, c'est te faire travailler tes talents. Tu vas apprendre beaucoup, bien plus que tu ne l'imagines. Quand tu partiras d'ici, tu seras plus forte que tu ne l'aura jamais été, je t'en donne ma parole. Mais tu pourras aussi visiter Éden à ton gré, et je te confirme que çà va t'en prendre beaucoup, du temps.
— Phidias… Quel salaud... Comment avez vous pu épouser cet homme ?
— Ne juge pas mon mari, tu ne sais rien de lui. Il est un peu… excessif. Il a connu des épreuves qui l'ont marqué. Aigri et désabusé comme tu l'a dit hier soir. C'est… compliqué.
— Vous l'aimez ?
— Ça aussi c'est compliqué… Mais laisse lui une chance, tu finiras par… l'apprécier avec le temps.
— Bof… De toutes façons, je n'ai pas le choix. On fait quoi aujourd'hui ?
— Rien ! On se détend. On prépare la fête pour ce soir. Ah oui, c'est vrai, tu ne sais pas, et je me demande si tu seras motivée, mais ce soir, c'est le soir de la bacchanale.
— La quoi ?
— Bah, quinze ans, un peu plus un peu moins qu'est-ce que çà change ? J'ai du mal à réaliser qu'il y a seulement un peu plus d'un an, j'étais un vieil homme rhumatisant et cardiaque. J'ai soixante-seize ans, et peut-être que je devrai être mort, enfin je veux dire morte. Mais maintenant je suis une immortelle, qui peut vivre très longtemps. En fait je pense surtout à ceux que j'ai laissé derrière moi. Que savent-ils de ce qui m'est arrivé ? Que vont-ils penser et faire durant tout ce temps ?
— Tu sais, le temps, c'est très relatif, tu le découvriras toi-même… Et ce qu'on va faire, c'est te faire travailler tes talents. Tu vas apprendre beaucoup, bien plus que tu ne l'imagines. Quand tu partiras d'ici, tu seras plus forte que tu ne l'aura jamais été, je t'en donne ma parole. Mais tu pourras aussi visiter Éden à ton gré, et je te confirme que çà va t'en prendre beaucoup, du temps.
— Phidias… Quel salaud... Comment avez vous pu épouser cet homme ?
— Ne juge pas mon mari, tu ne sais rien de lui. Il est un peu… excessif. Il a connu des épreuves qui l'ont marqué. Aigri et désabusé comme tu l'a dit hier soir. C'est… compliqué.
— Vous l'aimez ?
— Ça aussi c'est compliqué… Mais laisse lui une chance, tu finiras par… l'apprécier avec le temps.
— Bof… De toutes façons, je n'ai pas le choix. On fait quoi aujourd'hui ?
— Rien ! On se détend. On prépare la fête pour ce soir. Ah oui, c'est vrai, tu ne sais pas, et je me demande si tu seras motivée, mais ce soir, c'est le soir de la bacchanale.
— La quoi ?
La bacchanale… J'en ai connu depuis de nombreuses éditions de cette fête qui embrase Éden à chaque pleine Lune. Je ne sais plus combien : cinquante ? Soixante ? Quatre-vingt ? Plus ? J'avais commencé à compter les jours, les semaines puis les mois. Et puis j'ai renoncé… Ce n'est pas en décomptant jour après jour qui fait passer le temps plus vite. Ce soir là, çà fait longtemps que je ne sais plus combien de temps j'ai passé sur cette île…
Ainsi tous les vint huit jours, toutes les créatures composant le bestiaire fantastique de l'île se retrouvent à flanc d'une colline, dans une profonde grotte s'ouvrant sur une vaste clairière (une de plus). Là on va s'amuser, danser au son de la musique des satyres, boire du nectar et baiser entre races. Il y a les nymphes, les satyres, les minotaures, mais aussi des loup-garou et des centaures. Gaïa y vient aussi souvent, et plus rarement, son terrible psychopathe de mari. Et on va tous baiser ensemble dans une partouze infernale ou plus rien ne compte d'autre que le plaisir érotique...
En arrivant, j'avise un branche cassée sur un arbuste. J'ai senti l'énergie du végétal. Il souffre, il a du mal à cicatriser. Je remet la branche en place. Une pensée… Il n'y a plus de trace de la cassure. C'est une des premières choses que m'a appris Gaïa, deux ou trois jours après mon arrivée. M'indiquant une petite plante à fleur qui poussait avec difficulté, elle m'a demandé de la faire se développer… J'ai cru pour la dernière fois qu'elle se fichait de moi. Mais en fait, il n'y a pas de différence entre la vie animale et la vie végétale… J'ai découvert que puisque je peux faire des transformations chez les animaux, je le peux aussi avec les végétaux. Au fil du temps, je suis devenue une experte et je peux à présent d'une simple pensée faire fleurir de larges pans de désert.
Je retrouve avec plaisir mes amies les nymphes. Qu'est-ce que j'ai pu baiser avec elles ! On se retrouve toujours avec plaisir, on se caresse en souriant, on s'embrasse lèvres contre lèvres, langues nouées avec d'autres langues. Je les adore. Elles n'ont pas d'autre motivation que de faire du bien et elles savent exactement ce que j'attends d'elles. Je passe mes mains sous mes cheveux, les relève, pour leur permettre de m'enduire totalement le corps d'une huile parfumée. Je les ai laissé pousser naturellement avec le temps, à présent ils tombent très long au-delà de mes fesses, presque à mi-cuisse, comme elles. Mon corps devient brillant, luisant, pailleté, reflète la lumière des torches. Leurs mains courent sur mon corps, glissent sans effort sur ma peau, s'insinuent dans mes coins secrets, mes fesses, ma chatte, mes seins. Des ondes de frémissement me parcourent faisant monter l'envie de baiser. Je suis prête.
Dans cette clairière aussi on trouve des statues. L'œuvre de Phidias… Et à chaque fois je pense à Méduse…
C'est aussi au début de ma « captivité » que Gaïa m'a fait une révélation capitale. Elle me donnait des conseils et je ne pouvais m'empêcher de me demander comment une immortelle du premier cercle pouvait être compétente pour former une apprentie déesse ? Et Gaïa a lu instantanément dans mon esprit.
— Tu as tout à fait raison. Je n'ai jamais réussi à atteindre le deuxième cercle… et je ne l'ai d'ailleurs jamais vraiment cherché. Mais tu dois savoir une chose : globalement les immortels de chaque cercle ont les mêmes pouvoirs. Mais comme pour tous, certains sont plus doués dans un domaine et peuvent atteindre des niveaux normalement hors de leur portée. Ainsi, Zeus a développé sa maîtrise de la foudre bien au-delà de ce que peux faire un « fondateur ». Idem pour Protée, dieu du troisième cercle mais qui est devenu un expert dans l'art de la transformation. Il peut même devenir « minéral » ce qu'aucun autre dieu ne sait faire… Il y a eu aussi Méduse qui n'était qu'une immortelle du second cercle mais qui à force de travail s'est rendue capable de pétrifier, de statufier n'importe quelle personne inférieure au troisième cercle, alors que c'est un pouvoir que normalement seul Phidias possède. Mais ce pouvoir l'a rendue folle. Elle ne prenait du plaisir qu'à pétrifier tout ceux qu'elle rencontrait. Heureusement, Persée est passé par là.
— Mais pourquoi les autres dieux ne l'ont ils pas neutralisée ?
— Parce que par principe, les immortels ne s'affrontent pas… mais Persée n'en était pas un. Trop d'innocents ont été les victimes collatérales de leurs affrontements. Cela fait longtemps, qu'ils évitent les guerres entre eux. Demande à Ares, ou à Maître Wong si tu préfère, ce qu'il en pense…
— Mais pourquoi les autres dieux ne l'ont ils pas neutralisée ?
— Parce que par principe, les immortels ne s'affrontent pas… mais Persée n'en était pas un. Trop d'innocents ont été les victimes collatérales de leurs affrontements. Cela fait longtemps, qu'ils évitent les guerres entre eux. Demande à Ares, ou à Maître Wong si tu préfère, ce qu'il en pense…
Alors j'ai regardé de plus prés les « victimes » de Méduse.
— Mais Phidias ? Il ne pourrait pas redonner vie à ces malheureux ?
— Ils sont morts… Vois-tu, tu dois savoir que quand la matière s'anime, l'esprit naît... Mais quand la matière meurt, l'esprit est libéré et part vers un « ailleurs ». Quand Méduse a pétrifié ces personnes, c'est comme si elles étaient mortes. Si on les animait à nouveau, un nouvel esprit naîtrait, mais qui n'aurait rien à voir avec ce qu'était le premier occupant. Ce serait une personne différente… Donc, à quoi bon ?
— Ils sont morts… Vois-tu, tu dois savoir que quand la matière s'anime, l'esprit naît... Mais quand la matière meurt, l'esprit est libéré et part vers un « ailleurs ». Quand Méduse a pétrifié ces personnes, c'est comme si elles étaient mortes. Si on les animait à nouveau, un nouvel esprit naîtrait, mais qui n'aurait rien à voir avec ce qu'était le premier occupant. Ce serait une personne différente… Donc, à quoi bon ?
A l'entrée de la caverne, une grande vasque remplie à ras bord de nectar… J'en suis déjà à plusieurs verres, je commence à être pompette, mais je m'en moque… J'ai envie de m'enivrer et je n'ai rien à foutre des commentaires ! Un visage passe à ma portée. Je l'attrape, je l'embrasse, il me rend mon baiser. Un satyre… Ce sont des musiciens hors pair et le groupe qui anime la soirée est particulièrement performant. Alors je me lâche, je me met à danser comme une folle au milieu de la foule des créatures. Je me tortille, ondule du bassin, prend des poses lascives. Je prend leurs bittes à pleine main, en retient une au hasard, la positionne contre ma chatte. Le satyre ne se pose pas de questions. Il me pénètre profondément. J'ai creusé mon vagin bien au-delà de ce qui est normal pour accueillir en totalité l'organe de la créature. Je me suspend à son cou, noue mes jambes autour de sa taille. Je suis un jouet entre ses bras. Il me tient par le bassin, m'attire contre lui puis me repousse, me faisant gémir. Je lance un regard suppliant à un autre qui passe pour qu'il me comble encore plus. Je sens d'autres mains me prendre par la taille, une deuxième bitte glisser entre mes fesses, puis pénétrer mon deuxième orifice. Je crie mon plaisir sans retenue, je me secoue dans tous les sens jusqu'à ce que je jouisse et que mes deux amants me remplissent de leurs semences…
Je ne sais pourquoi ce soir, tous mes souvenirs remontent à la surface… Excès de nectar peut-être ? Un jour, je me suis ouverte de ma perplexité à propos des dates affichées sur les statues de immortels. Mon ami, disais-je à Gaïa, me soutenait qu'à sa connaissance le dernier immortel à avoir atteint le troisième cercle était celui à la date affichée vieille de deux cent quarante et quelques années. Qui étaient les autres ? Elle me fait juste cette réponse succincte « ton ami ne sait pas tout ».
Qu'a t-elle voulu dire ? J'ai senti comme une retenue dans sa voix. Alex ne connaissait sans doute pas des immortels plus récents à avoir atteint le troisième cercle ? Elle ne m'en dira pas davantage.
Les deux satyres m'ont libéré. Leurs membres se sont détendus et ont quitté mon corps… Encore parcourue de frissons, j'ai fermé les yeux pour sentir pleinement leur sperme s'écouler de mes orifices. J'adore cette sensation. Mais je sens une tète s'insinuer entre mes jambes, une bouche avide se coller à ma chatte, une langue fouiller mon vagin. J'ouvre les yeux. C'est une nymphe « aérienne ». Je les adore elles aussi. Elles sont avides de sperme. On raconte que c'est leur seule nourriture. Je ne sais si c'est vrai, mais je ne les ai jamais vu avaler quoi que ce soit d'autre.
Elles sont peu nombreuses les nymphes aériennes. Leur fonction est également différente de celle des autres. Les nymphes marines et terrestres veillent au bien être et à l'entretient de leurs milieux respectifs. Elles non, ce sont les yeux et les oreilles de Phidias et lui rapportent tout ce qui se passe de notable sur Éden. Gaïa me les a présentées un jour ou j'ai émis le souhait de faire un survol d'Éden sous la forme d'un aigle, ce que je fais très bien.
— Pourquoi ne le ferais-tu pas avec une nymphe aérienne ? Elle te guiderait très efficacement.
Contrairement aux nymphes marines qui ont chacun « leur » animal spécifique, ou les nymphes terrestres qui peuvent se changer en différents végétaux, les nymphes aériennes sont toutes semblables. Au « repos », rien ne les différencie des autres nymphes. Mais une fois « transformées », elles ressemblent toutes à des anges. Une paire d'aile semblables aux oiseaux leur pousse sur les épaules. Une courte queue garnie de longues plumes touchant terre se développe au bas de leur dos. Elles s'affinent considérablement, leurs membres deviennent graciles, leur poids diminue dans des proportions considérables. Quand elles sont posées au sol, leurs ailes repliées remontent loin au dessus de leur tète alors que la pointe effleure le sol. Mais une fois dépliées, elles ont une envergure de prés de huit mètres alors que leur poids ne dépasse pas les trente kilos.
C'est sous cette forme que j'ai parcouru Éden en tout sens… Mes premières minutes ont été hésitantes, mais j'avais l'expérience du vol. Depuis la maison, j'ai volé avec elles des centaines de kilomètres vers le nord, vers l'est, puis vers le sud. Éden est encore plus immense que je ne le pensais, mais à présent je le connais comme ma poche. Vers le nord, la forêt équatoriale a progressivement fait place à des feuillus, puis à la taïga, avant de déboucher au-dessus de zones enneigées dont les glaciers plongeaient dans la mer. J'ai suivi du nord au sud les hautes montagnes qui bordent la mer qui se perd à perte de vue à l'est, survolé le centre de cette chaîne truffée de volcans en activité… Puis en volant vers le sud, la forêt est devenue savane, puis steppe, se terminant par un désert torride plongeant dans la mer. Mais dans toutes les directions, au-delà de la mer, la barrière de brume m'interdit tout échappatoire si j'en avais eu la tentation. Et dans tous ces milieux, une vie foisonnante animale et végétale, pleine d'espèces connues et inconnues…
Une autre nymphe est venue me donner des coups de langue entre mes fesses. Mince, elles me donnent trop envie. Moi aussi, je veux ma dose ! Un loup garou passe à coté de moi. Je l'attrape au passage, tombe à genoux, empoigne son sexe puis l'enfonce d'un coup dans ma bouche. Je le suce comme une folle, je veux le faire décharger, je veux son jus au fond de ma gorge, ce qui ne tarde pas. Aaaaah…. Mmm, c'est trop bon. Je préfère le sperme humain, mais faute de grive… Ah ben tiens, le coup de pot ! Un membre bien humain passe à coté de mes yeux. Je lui saute littéralement dessus, je l'engloutis avec délice. Je jette machinalement un regard vers ce nouveau partenaire… C'est Phidias. En personne.
Eh oui, Phidias… Et je le pompe sans retenue. Nous avons signé une sorte d'armistice quelques jours après l'énoncé de ma punition. J'étais en plein exercice sous la direction de Gaïa lorsqu'il est venu interrompre notre séance.
— Pas mal, pas mal… Finalement, tu es assez douée, me lance t-il.
Je m'interrompt, baisse la tète, met un genoux en terre… Quitte à faire dans l'absurde, autant le faire jusqu'au bout.
— Bonjour maître, dis-je. Je suis à votre service. Qu'attendez vous de moi ?
— Aaaarh, arrête un peu ce cirque s'il te plaît ! Il n'y a ni maître ni esclave ici, juste une petite impertinente qui mérite d'apprendre la modestie. Relève toi, et vient t'asseoir deux minutes.
— Aaaarh, arrête un peu ce cirque s'il te plaît ! Il n'y a ni maître ni esclave ici, juste une petite impertinente qui mérite d'apprendre la modestie. Relève toi, et vient t'asseoir deux minutes.
Je m'installe sur un banc à coté de Gaïa qui sourit discrètement.
— En fait je viens pour… m'excuser, dit-il. Je t'ai sous-estimée. Peut-être que tu as suffisamment de cran pour devenir une déesse. En tout cas, tu en as eu assez pour me défier. Ça fait longtemps que çà ne m'était plus arrivé.
— Je voulais simplement défendre Io et Minos, dis-je prudemment.
— Je sais. Et c'est pour çà que j'ai changé d'opinion sur toi. Parce que pour les sauver, tu n'as pas hésité à sacrifier ta liberté, à te sacrifier sans savoir le prix à payer. Et çà… çà c'est vraiment digne d'une déesse.
— Mais alors… c'était une épreuve ? Vous avez fait semblant ? Vous ne les auriez pas vraiment pétrifiés ?
— Non, non, pardon je veux dire si, j'avais vraiment l'intention de les pétrifier, mais… tu m'as empêché de faire une erreur, probablement un crime.
— Je ne comprend pas…
— Voilà : c'est que les créatures d'Éden, celles que j'ai « sculptées », N'ONT PAS DE CONSCIENCE. Ce sont des êtres vivants, c'est vrai, mais seulement avec l'équivalent d'une programmation d'ordinateur… Sauf que…
— Sauf que ?
— Mon épouse t'a expliqué comment la matière animée génère l'esprit. Dans certaines conditions, très rares, mes créations vont au-delà de leur simple programmation et développent une conscience. Et des sentiments, ce que… aveuglé par la routine, ou par simple mépris, je n'ai pas su reconnaître chez Io et Minos. Tu vois ? J'aurai commis un double meurtre simplement en ignorant ce que toi, tu as vu tout de suite… Durant ton séjour, tu va assimiler ici de nombreuses leçons, mais déjà, tu m'en as donné une…
— Je voulais simplement défendre Io et Minos, dis-je prudemment.
— Je sais. Et c'est pour çà que j'ai changé d'opinion sur toi. Parce que pour les sauver, tu n'as pas hésité à sacrifier ta liberté, à te sacrifier sans savoir le prix à payer. Et çà… çà c'est vraiment digne d'une déesse.
— Mais alors… c'était une épreuve ? Vous avez fait semblant ? Vous ne les auriez pas vraiment pétrifiés ?
— Non, non, pardon je veux dire si, j'avais vraiment l'intention de les pétrifier, mais… tu m'as empêché de faire une erreur, probablement un crime.
— Je ne comprend pas…
— Voilà : c'est que les créatures d'Éden, celles que j'ai « sculptées », N'ONT PAS DE CONSCIENCE. Ce sont des êtres vivants, c'est vrai, mais seulement avec l'équivalent d'une programmation d'ordinateur… Sauf que…
— Sauf que ?
— Mon épouse t'a expliqué comment la matière animée génère l'esprit. Dans certaines conditions, très rares, mes créations vont au-delà de leur simple programmation et développent une conscience. Et des sentiments, ce que… aveuglé par la routine, ou par simple mépris, je n'ai pas su reconnaître chez Io et Minos. Tu vois ? J'aurai commis un double meurtre simplement en ignorant ce que toi, tu as vu tout de suite… Durant ton séjour, tu va assimiler ici de nombreuses leçons, mais déjà, tu m'en as donné une…
Je trouve toujours Phidias aigri et désabusé. Mais comme baiseur, pardon ! Il sait toujours ce que j'attends de lui coté cul, il ne s'en prive pas et le fait à la perfection. Et là, j'ai faim ! Enfin, soif… Je veux qu'il décharge dans ma bouche, qu'il me remplisse, et çà ne tarde guère. Je le sens se raidir… Des flots de sperme emplissent ma bouche, les jets se succèdent sans arrêt, inépuisables. J'avale tout, tout ce que je peux, mais je finis par être submergée. Ma bouche déborde, le sperme s'écoule, dégouline sur mon torse, ma poitrine, je dois me reculer, je n'y arrive plus, les jets me frappent directement le visage. Je suis inondée…
Je me relève. On échange un sourire. Il se dirige vers un groupe de nymphe. Moi, je ne suis pas rassasiée. J'ai envie de baiser comme jamais je n'ai eu envie. Je veux me faire défoncer ! A mort ! Alors je me dirige vers les minotaures et leurs sexes démesurés. Eux seuls à présent peuvent me satisfaire…
Les minotaures vivent dans plusieurs communautés de petites tailles, en troupeau dit Gaïa en souriant, essentiellement dans la savane. C'est dans l'une d'entre elles que j'y a retrouvé Io et Minos. Les deux amoureux filent le parfait amour. Mais Io fond en larmes en découvrant les bracelets et le collier qui témoignent de ma servitude. Je dois la réconforter, lui assure que je ne suis pas malheureuse, que mes amis me manquent un peu, bien sur, mais qu'avec elle et son compagnon, je m'en suis fait de nouveaux. Je suis en train de partager leur repas avec le reste de la communauté, lorsque soudain une ombre gigantesque passe au-dessus de nous… Les minotaures mettent un genoux en terre pendant que je tourne la tète. Et je n'en crois pas mes yeux !
— Putain ! C'est quoi ce truc ???
— C'est le « créateur » répond Io d'une voix angoissée.
— Le quoi ???
— Le créateur… On dit que c'est lui à l'origine qui a créé le jardin d'Éden et beaucoup de ce qui vit dessus…
— C'est le « créateur » répond Io d'une voix angoissée.
— Le quoi ???
— Le créateur… On dit que c'est lui à l'origine qui a créé le jardin d'Éden et beaucoup de ce qui vit dessus…
Médusée, je regarde cette créature fantastique qui passe en volant loin au dessus de nous.
— Merde ! Faut que j'aille voir çà de plus prés !
— Non ! Ne faites pas…
— Non ! Ne faites pas…
Je n'écoute pas, je prend mon élan, me métamorphose en nymphe aérienne. Je déploie mes huit mètres d'envergure, prend rapidement de la vitesse et de l'altitude à grands coups d'ailes et me rapproche du… créateur. J'y crois pas…
C'est un dragon… C'est un dragon similaire à celui des légendes chinoises, une paire d'aile démesurée en plus. Il est beaucoup plus grand que moi, il fait facilement quinze mètres d'envergure, des ailes membraneuses… Il a des cornes, une couverture partielle de plumes sur le corps. Il ne me voit pas dans un premier temps pendant que je le rattrape. Mais soudain, il prend conscience de ma présence, tourne la tète, me découvre, et il s'arrête net en plein ciel.
Quand je reprends conscience, Io est penchée sur moi la mine anxieuse. Quelque chose m'a frappée en plein vol et m'a assommée. Je suis tombée dans la savane, heureusement à vitesse réduite. J'ai quelques contusions que je guéris en une seconde. Les minotaures m'apprennent alors que celui que tout Éden appelle le créateur ne fait que des apparitions très rares et rapides. On ne parle jamais de lui de peur de déchaîner sa colère car il a la réputation de tout voir et tout entendre, et on raconte qu'il existe depuis des temps immémoriaux, bien avant apparition des hommes… Je vais le rechercher longtemps sans le découvrir. C'est la seule fois en plusieurs années ou je le verrai. J'ai hésité à en parler à mes hôtes, mais je me suis ralliée aux conseils des minotaures et choisi de garder le silence sur cette rencontre.
Compte tenu de leurs mensurations, seuls les minotaures peuvent baiser avec des minotaures… Mais ce soir, je suis prête au pire. Je sollicite Astérios. C'est le plus grand et le plus costaud des minotaures. Il me prend par la taille pour que mon visage soit à la hauteur de son museau. J'insère ma bouche dans sa gueule, cherche sa langue. Il me fouille la bouche comme je l'aime, profondément, jusque loin dans la gorge… Puis je le fais me reposer et lui ordonne de s'allonger sur le dos.
Il a sexe gigantesque, peut être quatre vingt centimètres ou un mètre de longueur, et douze centimètres de diamètre d'autant qu'il est à présent en pleine érection. Je m'assoie sur ses cuisses, enserre son membre entre mes jambes, entre mes bras, un gland monstrueux à hauteur de ma bouche. Je le branle lentement, je lèche l'extrémité lascivement, je veux qu'il soit bien dur. Il est prêt. Je fais un signe à un autre mâle…
Je lui tourne le dos. Ce dernier me prend sous les cuisses, me soulève. Les autres minotaures se sont interrompus l'air étonné. Jamais je ne me suis lancé un tel défi.
— Empale-moi. Par le cul !
Mon porteur me positionne. Je sens le sexe d'Astérios chercher l'orifice. Je n'imagine pas qu'un sexe puisse être aussi dur. C'est un pieu ! Mais il est bien placé, et j'ordonne à mon porteur de me laisser descendre… D'abord il ne se passe rien. C'est trop gros ! Mais je ne veux pas tricher. Et puis… lentement, lentement, je sens mes fesses s'écarter, mon anus se dilater progressivement, l'énorme gland chercher à pénétrer. Je chavire. Mes chairs sont comprimées contre les os de mon bassin. Je veux mourir ! Je désigne une des femelles… Elle s'assoit sur le mufle d'Astérios et l'invite à lécher ma chatte…
Je m'ouvre ! Je me déchire ! Je hurle ! Secouée par les spasmes de plaisir que me procure les caresses de la femelle, mon cul s'est ouvert et accueille le sexe du taureau millimètre par millimètre. J'ai refermé mes jambes autour du sexe monstrueux. Mon porteur m'a complètement relâchée. Je suis en lévitation complète sur son membre qui s'enfonce progressivement en moi au gré de mes mouvements. Je sens mon ventre se gonfler au fur et à mesure de la pénétration. Je suis submergée par le mélange de douleur et de plaisir. Je branle en même temps le sexe avec mes jambes et aussi pour pouvoir m'enfoncer encore davantage. Et je jouis ! Je jouis avec un hurlement qui fige de stupeur tous les participants à la bacchanale.
Il faut quelques minutes à Astérios pour débander et me libérer lentement, m'arrachant des cris de douleur à chaque mouvement. Je n'aurai pas pu me dégager autrement. Il me soutient jusqu'à ce que le dernier morceau de son sexe quitte mon corps. Un flot de sperme s'en échappe. Il ne m'a pas loupé, la vache !
Mais je suis vivante… Je n'ai même pas tourné de l'œil. Je me relève en tremblant et abandonne les créatures à leur orgie. Moi j'ai mon compte. Je capitule. Je me plonge dans un bassin en bordure de la grotte ou je me lave un long moment, enlevant toutes les traces gluantes et visqueuses qui me recouvrent. Puis en titubant plus ou moins, je vais m'asseoir à l'écart dans l'herbe de la clairière, me laisse sécher, pendant que je reste les yeux dans le vague, regardant au loin la mer ou se reflète la pleine Lune…
Je suis saoule. Saoule de plaisir, saoule de fatigue, saoule de jouissance, saoule de nectar… et saoule de lassitude. Oui, je suis lasse. A quoi bon tout ceci ? A présent je maîtrise parfaitement mes facultés. Je connais Éden comme ma poche. J'en ai découvert tous les secrets. Alors pourquoi continuer ? Tous les amis que j'ai laissé derrière moi ressortent de ma mémoire. Ils me manquent.
— Waw, waw, waw ! Alors çà, pour une séance de baise c'est une séance de baise , lance une voix. Putain, tu as été exceptionnelle !
— Vous me piquez mes répliques maintenant ?
— Oui ; d'ailleurs, il faudra peut-être un jour que tu en change, dit-il un sourire en coin.
— Vous me piquez mes répliques maintenant ?
— Oui ; d'ailleurs, il faudra peut-être un jour que tu en change, dit-il un sourire en coin.
J'ai reconnu la voix de Phidias. Il vient s'asseoir à coté de moi.
— Tu m'as l'air bizarre ce soir Christine, je me trompe ? Reprend-il.
— Je me sens lasse, dis-je après avoir hésité, comme si ce que je faisais à présent ici ne servait plus à rien. Vous n'avez jamais ce sentiment ?
— Oh si ! Souvent… En fait je me suis posé la question tellement de fois, que je ne me rappelle même plus quand j'ai commencé à douter. Mais c'est comme çà. J'ai essuyé tellement d'échecs, et tu vois, je continue quand même.
— Quels échecs ?
— Je me sens lasse, dis-je après avoir hésité, comme si ce que je faisais à présent ici ne servait plus à rien. Vous n'avez jamais ce sentiment ?
— Oh si ! Souvent… En fait je me suis posé la question tellement de fois, que je ne me rappelle même plus quand j'ai commencé à douter. Mais c'est comme çà. J'ai essuyé tellement d'échecs, et tu vois, je continue quand même.
— Quels échecs ?
Je le sens légèrement ivre. Et il n'essaye même pas de se dégriser. Au contraire, il me tend un petit flacon après en avoir bu une lampée.
— Putain, c'est quoi ce truc ! Dis-je en toussant après la première gorgée. Ça titre au moins quatre cent degrés !
— De l'extrait de nectar. Vingt ans d'age. Ça déchire, hein ?
— De l'extrait de nectar. Vingt ans d'age. Ça déchire, hein ?
Il en reprend une gorgée.
— Eh oui, des échecs… Pourtant, j'ai essayé avec plein de races au cours des millénaires, mais çà s'est toujours mal terminé. Et puis un jour, les hommes sont apparus. Alors je me suis dit « tiens, peut être qu'avec ceux-là, ce sera différent ». Mais malheureusement ils ont fait comme les autres. Dés qu'ils ont profité de mon enseignement, ils ont commencé à ravager la Terre et à se taper entre eux. Consternant… Alors, j'ai créé le jardin d'Éden ou je sauvegarde ce que l'homme détruit et que je prépare ce qui sera pour repeupler la Terre quand le temps des hommes sera terminé...
J'ai le cerveau en feu. J'ai l'impression que quelqu'un vient de shooter dans mon cerveau, et les idées me traversent à une cadence folle.
— Vous… vous avez vu apparaître les hommes ??? Mais… merde, quel age avez vous ? D'où sortez vous ???
— D'où je viens, fait-il le regard dans le vague. Du fond des ages… D'un temps bien avant que l'homme devienne l'homme, d'un temps avant qu'un cataclysme planétaire ne détruise presque toute la vie sur Terre…
— Mais vous parlez de périodes qui s'étendent sur des centaines de milliers d'années ??? Mais putain, qui êtes vous ???
— Peu importe mon nom, répond-il en haussant les épaules. Il est imprononçable pour une voix humaine. Et on m'en a donné tellement suivant les régions : Viracocha, Quetzalcóatl, Odin, Ra, Mardouk, Shiva, et j'en oublie... En Chine et au Japon, on m'en a donné tellement que çà remplirait un annuaire téléphonique…
— D'où je viens, fait-il le regard dans le vague. Du fond des ages… D'un temps bien avant que l'homme devienne l'homme, d'un temps avant qu'un cataclysme planétaire ne détruise presque toute la vie sur Terre…
— Mais vous parlez de périodes qui s'étendent sur des centaines de milliers d'années ??? Mais putain, qui êtes vous ???
— Peu importe mon nom, répond-il en haussant les épaules. Il est imprononçable pour une voix humaine. Et on m'en a donné tellement suivant les régions : Viracocha, Quetzalcóatl, Odin, Ra, Mardouk, Shiva, et j'en oublie... En Chine et au Japon, on m'en a donné tellement que çà remplirait un annuaire téléphonique…
Alors la vérité se fait jour en mon esprit.
— Et en Grèce… On vous a appelé Ouranos… C'est bien çà n'est-ce pas ? Vous êtes le dieu primordial de la mythologie grecque…
— Oui…
— Et Zeus est votre petit-fils…
— Oui…
— Et… vous n'êtes pas humain.
— Non…
— Vous êtes… le créateur.
— Oui.
— Oui…
— Et Zeus est votre petit-fils…
— Oui…
— Et… vous n'êtes pas humain.
— Non…
— Vous êtes… le créateur.
— Oui.
Je suis estomaquée. Putain, comment ais-je pu être aussi conne ??? Je dois être la seule a ne pas avoir tout compris alors que je côtoie… le dieu suprême de toutes les cultures humaines depuis des années !
— Tu avais raison à mon sujet, reprend-il, et cela depuis le premier jour. Je suis un vieillard aigri et désabusé. Mais… j'ai appris à te connaître Christine, et je sais qu'il y a encore de l'espoir pour cette planète si d'autres sont comme toi. Veux-tu me voir sous ma forme originelle ?
Je ne dis rien, mais mon visage répond par l'affirmative. Alors, Phidias se transforme lentement. Son corps s'allonge, son visage devient museau, il se couvre progressivement d'écailles tandis que des plumes poussent dans son dos. Ses membres deviennent des pattes terminées par de longs doigts reptiliens armés de griffes courtes. Lorsque la transformation cesse, j'ai sous les yeux un dragon tel que décrit dans les légendes chinoises, identiques à celui que j'ai poursuivi, les ailes en moins… Nom de Dieu !
— Oh… Dieu c'est encore autre chose, dit-il d'une voix totalement changée, grave et sombre.
— Putain…
— As-tu peur de moi ?
— Putain…
— As-tu peur de moi ?
Non, étrangement je n'ai pas peur. C'est une sorte de reptile de grande taille qui est devant moi, à l'aspect effrayant. Et je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur parce que du fond de cette créature, je ressens toujours la même énergie, celle de Phidias, du sculpteur… du créateur. Elle est toujours la même, toujours aussi intense. Je vois au-delà de l'aspect extérieur.
Je me suis approchée, et je pose ma main sur le museau. Le contact est doux, mais brûlant. Sa température est plus élevée qu'un être humain. Mais sa peau écailleuse est douce au toucher. Je fait glisser ma main le long de ses mâchoires, indifférente aux petits filets de salive qui s'échappent d'une gueule garnie de plusieurs dizaines de dents longues comme des poignards. Je caresse ses plumes, longues, soyeuses, colorées… Il est beau. J'ai pris son cou entre mes bras, me colle doucement à lui. Je ne m'en rend pas compte, mais il dégage des tonnes de phéromones. Je perd le contrôle… Je le caresse de mes mains, embrasse ses écailles, le regarde droit dans les yeux.
« Quelque chose » a commencé à se dresser quelque part entre ses pattes de derrière. De ses pattes avant, il referme lentement ses « mains » griffues autour de mon corps. Il s'est redressé. Il me soulève. Je ne proteste pas. Je suis comme une collégienne amoureuse. Ma respiration s'accélère juste un peu quand je sens ce « quelque chose » venir au contact de mes cuisses, progresser vers mon intimité. Au contraire, j'écarte largement mes jambes pour l'accueillir au mieux. Je suis prise d'une crispation en sentant l'organe brûlant me pénétrer. Et puis je m'abandonne…
Lentement, il me fait glisser vers lui. Je ne suis qu'une poupée pour lui. Il joue avec mon corps sans effort, comme si je n'étais qu'un sex-toy, une poupée gonflable, un masturbateur. Je sens ce « sexe » brûlant aller et venir dans mon ventre. Je gémis, je frémis. Je ne ressens aucune douleur, juste un plaisir intense. Mon excitation augmente encore lorsque une langue bifide glisse le long de mon cou, quand je sens les dents acérées à quelques centimètres de ma gorge, grisée par le souffle profond et chaud du dragon. Mais je hurle sans retenue quand je sens soudain des jets de liquides brûlants me remplir le ventre et qu'une ultime jouissance ne me fasse sombrer dans l'inconscience…
Le soleil me réveille. Je sursaute. Je suis allongée sur la plage, dans le bras de… Gaïa. J'ai dormi. Combien de temps ?
— Quelques heures, me dit-elle en souriant.
— Par tous les dieux ! Phidias… votre mari… C'est… un reptilien, un descendant des dinosaures ou quoi ?
— Oui…
— Putain… Mais vous ? Êtes-vous…
— Non, moi je suis humaine, presque autant que toi.
— Mais… comment êtes vous devenue sa femme ?
— C'est un peu compliqué. Ce serait un peu long à raconter et j'ai peur que nous n'ayons pas le temps.
— Pas le temps ? Pourquoi pas le temps ?
— Par tous les dieux ! Phidias… votre mari… C'est… un reptilien, un descendant des dinosaures ou quoi ?
— Oui…
— Putain… Mais vous ? Êtes-vous…
— Non, moi je suis humaine, presque autant que toi.
— Mais… comment êtes vous devenue sa femme ?
— C'est un peu compliqué. Ce serait un peu long à raconter et j'ai peur que nous n'ayons pas le temps.
— Pas le temps ? Pourquoi pas le temps ?
J'ai à peine fini ma phrase que des déclics se font entendre. Soudain, les bracelets qui m'enserraient les membres s'ouvrent et tombent par terre imités par le collier que je porte autour du cou. Dans les secondes qui suivent, ils se transforment en une sorte de brume lumineuse qui finit par disparaître.
— Qu'est-ce que çà veut dire ?
— Que ton esclavage est terminé. Tu as rempli ton contrat durant ces quinze années. Tu es libre.
— Quoi ? Vous voulez dire que… quinze ans se sont écoulés depuis mon arrivée ???
— Oui. Tu as perdu à ce point la notion du temps ?
— Oh putain...
— Que ton esclavage est terminé. Tu as rempli ton contrat durant ces quinze années. Tu es libre.
— Quoi ? Vous voulez dire que… quinze ans se sont écoulés depuis mon arrivée ???
— Oui. Tu as perdu à ce point la notion du temps ?
— Oh putain...
Je regarde autour de moi. Soudainement, je ressent un besoin impérieux de partir, presque aussi fort que celui qui m'avait poussé à venir. Alex, Antinea, Digne, Kostia, tout se bouscule dans ma tète…
— Ou est… Phidias ?
— Quelque part en vol au-dessus d'Éden. Il n'a jamais aimé les adieux tu sais…
— Mais… Pourrais-je revenir ?
— Bien sur. Ah, un petit cadeau de sa part.
— Quelque part en vol au-dessus d'Éden. Il n'a jamais aimé les adieux tu sais…
— Mais… Pourrais-je revenir ?
— Bien sur. Ah, un petit cadeau de sa part.
Elle me tend un pendentif accroché à une petite chaîne, une pierre rouge enserrée dans un anneau de métal et me le passe autour du cou.
— J'ai juste changé de collier ? Qu'est-ce que c'est ?
— Quand tu la porteras, il te suffira de penser à quelqu'un ou quelque chose et tu sauras instinctivement vers ou aller pour le retrouver. Et celui là, tu peux l'ôter quand tu veux.
— Quand tu la porteras, il te suffira de penser à quelqu'un ou quelque chose et tu sauras instinctivement vers ou aller pour le retrouver. Et celui là, tu peux l'ôter quand tu veux.
Je fais quelques pas dans l'eau. Le désir de partir est trop fort. Mais je reviens une dernière fois sur mes pas et serre la déesse mère dans mes bras.
— Et dire que je vous avais prise pour une sous-fifre alors que vous êtes notre déesse mère, dis-je les larmes aux yeux. Quelle conne je fais !
— Va vite ma fille, tu es attendue impatiemment !
— Va vite ma fille, tu es attendue impatiemment !
Je prends mon élan, devient une mouette. La-bas, la brume m'attend. Un dernier coup d'œil vers Éden, et je me focalise sur… Alex. Qu'est-il devenu après toutes ces années ! J'ai traversé le banc de brume, au loin je devine le trait de cote de Bali. Mon instinct me guide droit dessus. Alex serait toujours là bas ??? Rapidement, j'atteins la cote. Je dois aller… vers le sud-ouest. Droit vers Dempassar ? Je sens sa présence de plus en plus intensément, il est par là, un peu à l'écart de la ville… au bord de la mer. Serait-il possible qu'il m'ait attendue toutes ces années ??? Il est là ! Je le vois ! Accoudé à une barrière le regard vers la mer. Je me pose. Et reprend forme humaine. Il sursaute !
— Christine ! Enfin. J'étais si inquiet ! Mais… Que t'es t-il arrivé ? Tu as tellement bronzé ? Et tes cheveux, pourquoi les a tu allongé à ce point ?
Je me jette dans ses bras, l'embrasse. Enfin ! Quel bonheur de sentir sa chaleur et l'odeur de son corps.
— Tu sais, ils ont eu le temps de pousser durant tout ce temps…
— Tout ce temps ? En trois jours ?
— Quoi ? Comment çà en trois jours ?
— Oui, il y a trois jours que tu es partie. Que s'est-il passé là-bas ?
— Oh putain…
— Tout ce temps ? En trois jours ?
— Quoi ? Comment çà en trois jours ?
— Oui, il y a trois jours que tu es partie. Que s'est-il passé là-bas ?
— Oh putain…
Une phrase de Gaïa me revient alors en mémoire : « le temps, c'est très relatif »… Le temps sur Éden ne s'écoule pas de la même façon ici et là-bas ! Ce qui s'y est passé en quinze ans n'a duré que trois jours ici…
— Euh, tu devrais t'habiller, me fait-il. On va faire jaser. Tu me raconteras ?
M'habiller ? Ah ben oui, c'est vrai, je suis à poil. Ça va me faire bizarre depuis quinze ans que je vis nue !
— Oui, je vais m'habiller, dis-je en souriant. Et je te raconterai tout, promis. Mais pour l'instant, je vais rester comme çà. Alex, aime moi…
Fin de l'épisode
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Commentaires ()
Ce point va faire l'objet d'un prochain chapitre. Ce n'est pas si facile de ne pas se faire déborder par ses créations et ses découvertes... :) Et je pense vous faire réver à nouveau. Mais... il faut encore que je l'écrive, ce qui n'est pas commencé !
Vivement la suite
Et on en apprend plus sur le créateur qui prouve que finalement il n'est pas si méchant^^ il est juste vieux et à souvent été très déçu...
Bref j'espère que tu continueras d'écrire car tu es très douée et j'aime beaucoup ton histoire :)
Mais je persiste que ce dernier est très cruel malgré que lui-même le reconnaît et c'est rendu compte qu'il allait faire une grosse erreur en pétrifiant io et minos.
Par contre logiquement vue que c'est le créateur il devrait être gentil et fière de sa création non ?.
Dans tous les cas j'ai hâte de lire le prochain chapitre.
Salutations.
Julien