Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Fantasmes fantomatiques — Chapitre 4 · Aveu
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Fantasmes fantomatiques
Chapitre 4 · Aveu
Pour un homme, sentir son pénis massé par la langue d'une femme procure des sensations de bien-être réellement plaisantes. Pourtant, ce n'était pas le cas d'Antoine. Sarah, la jeune cuisinière rousse avec qui il avait passé la nuit, lui prodiguait une fellation qui, en temps normal, lui aurait procuré le plus grand bien. Antoine grimaça de douleur tant son sexe avait besoin d'éjecter ce qui s'accumulait dans son canal déférent, mais la malédiction que lui avait lancée feu sa sœur rendait toute éjaculation absolument impossible. Sarah, concentrée sur son activité matinale, avait les yeux fermés ; elle ne vit pas la souffrance de son partenaire. Ce fut une grimace de douleur accompagnée d'un léger cri rauque qui lui firent lever la tête. Lorsqu'elle vit la souffrance sur le visage d'Antoine, la jeune femme ôta le pénis qu'elle massait de sa bouche et se recula brutalement.
—Excuse-moi, s'écria-t-elle. Je t'ai mordu ?
Antoine, tentant de maîtriser la douleur le tiraillant de l'intérieur, fit non de la tête. Sarah, regardant ses cheveux blonds ondulés dans le vide, ne comprit pas la réponse de son invité.
—Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour que tu réagisses comme ça, alors ? s'inquiéta-t-elle, persuadée de sa culpabilité.
—Tu n'y es pour rien, répondit le concerné en serrant les dents. Le problème vient de moi.
—Tu n'y es pour rien, répondit le concerné en serrant les dents. Le problème vient de moi.
Devant le regard intrigué de la jeune femme, Antoine se sentit obligé de lui fournir une explication. Cependant, il ne se voyait pas du tout lui raconter que l'esprit vindicatif de sa sœur lui avait lancé une malédiction l'empêchant de jouir.
—J'aimerais t'expliquer, sincèrement, poursuivit-il, mais tu ne me croirais pas.
La douleur n'avait toujours pas quitté Antoine. Elle continuait de le ronger, comme un ver se frayant un chemin dans une pomme mûre. Jamais le jeune homme n'aurait imaginé qu'une sensation pût être aussi désagréable. Il en vint alors à se demander si ce symptôme avait un nom. Il songea à la constipation phallique, mais il doutait fortement qu'un pareil nom existât.
—Dis plutôt que tu n'as pas envie d'en parler, se renfrogna Sarah.
Antoine soupira. Qu'espérait-il ? Pouvoir se débarrasser des questions de Sarah en prétendant qu'elle ne comprendrait pas ? Autant lui dire qu'elle était la pire des connes, jura-t-il intérieurement.
—Tu as raison, admit-il. Mais ça ne vient pas du fait que je ne veuille pas t'en parler. C'est plutôt que je n'en ai pas encore le courage.
La jeune femme dévisagea son amant d'un regard noir.
—S'il te plaît, la supplia-t-il, je ne veux vraiment pas en parler.
—Tu ne veux pas ? Mais moi, je veux.
—S'il te plaît, Sarah. Crois-moi, il faut mieux que tu ne saches pas.
—La bonne excuse, s'emporta-t-elle. Et pourquoi il ne vaudrait mieux pas que je le sache ?
—Parce que je suis un monstre ! hurla Antoine sans pouvoir se contrôler.
—Tu ne veux pas ? Mais moi, je veux.
—S'il te plaît, Sarah. Crois-moi, il faut mieux que tu ne saches pas.
—La bonne excuse, s'emporta-t-elle. Et pourquoi il ne vaudrait mieux pas que je le sache ?
—Parce que je suis un monstre ! hurla Antoine sans pouvoir se contrôler.
En prononçant ces mots, des larmes perlèrent dans les yeux du jeune homme. Ses bras tombèrent le long de son corps, pendant mollement dans le vide tandis qu'il laissa son visage pointer vers le sol.
—Lucien, dit alors Sarah d'une voix douce. Si tu as un souci, tu sais que tu peux m'en parler. Je comprendrai, lui assura-t-elle.
Antoine ne dit rien pendant de longues secondes. Dans sa tête, ses pensées se bousculaient violemment, si bien que, à ce moment, il ne pouvait dire qui de son pénis ou de sa tête le faisait le plus souffrir. Il n'avait de cesse de peser le pour et le contre de parler de son passé à cette femme qui tentait de l'apaiser, mais quel que fût le scénario, Antoine ne voyait pas comment il pouvait bien se terminer.
—J'avais une sœur, dit alors le jeune homme sans écouter ce que sa raison n'avait de cesse de lui répéter.
—Tu avais une sœur, répéta la jeune femme en insistant exagérément sur le verbe au passé. Tu veux dire qu'elle est partie ?
—Tu avais une sœur, répéta la jeune femme en insistant exagérément sur le verbe au passé. Tu veux dire qu'elle est partie ?
Antoine fit non de la tête. Il aurait voulu lui avouer la vérité sur le champ, mais il ne se sentait capable de le faire.
—Non, répondit-il dans un murmure. Elle est... Elle est …
Sa gorge, devenue sèche, semblait refuser de prononcer l'ultime mot de sa phrase. Ses larmes commencèrent à couler le long de ses joues devenues rouges.
—Oh mon dieu, souffla Sarah en devinant ce que son amant voulait dire. Lucien, je suis désolée. Je ne savais pas.
Les mains plaquées devant sa bouche, la jeune femme respirait bruyamment. Elle se pencha ensuite vers le jeune homme avant de le prendre dans ses bras. Le visage d'Antoine se perdit dans les cheveux de la jeune rousse.
—Comment s'est arrivé ? osa-t-elle demander.
Antoine se crispa. De ses mains tremblantes, il parvint à briser leur étreinte avant de s'écarter légèrement d'elle. Sarah vit dans ce mouvement une tentative d'évasion, ce qui lui fit comprendre que c'était la question qu'il ne fallait pas poser.
—Désolée, ajouta-t-elle brusquement, c'était maladroit de ma part, je …
—Tu es sûre de vouloir savoir ? lui demanda Antoine d'une voix aussi tremblante que ses mains.
—Tu es sûre de vouloir savoir ? lui demanda Antoine d'une voix aussi tremblante que ses mains.
La jeune femme le fixa du regard, se demandant si elle ne devrait pas plutôt couper court à la conversation. Cependant, sa curiosité l'en empêcha. Malgré elle, elle hocha la tête. En retour, Antoine baissa à nouveau la tête.
—Ma sœur... elle s'appelait Salomé, commença le jeune homme.
Il fit une pause, redoutant ce qui se passerait s'il avouait. Appellerait-elle la police ? Comprendrait-elle ? Antoine l'ignorait. Cependant, il sentait que la malédiction que lui avait lancée Salomé ne s'effacerait pas sans rien faire. Et si la malédiction ne s'estompait pas, il ignorait combien de temps il pourrait tenir avant de devenir fou. Il prit alors son courage à deux mains et rassembla toute la volonté présente en lui. Il releva la tête, plongeant ses yeux dans ceux de son amante.
—Ma sœur, elle n'est pas morte par accident.
Le visage de Sarah trahit son incompréhension.
—Elle a été assassinée, compléta Antoine.
Les yeux de Sarah s'emplirent d'effroi avant de laisser place à la peine. Elle voulut derechef prendre Antoine dans ses bras, mais ce dernier l'en empêcha fermement. Il la regarda alors dans les yeux avant de conclure.
—C'est moi, qui l'ai tuée.
La température semblait avoir baissé de plusieurs degrés. Sarah demeurait immobile, bloquée par les bras d'Antoine. Ses yeux, grands ouverts, convulsaient à moitié tandis qu'elle se répétait cette phrase dans sa tête. « C'est moi, qui l'ai tuée ». « C'est moi, qui l'ai tuée ». Elle n'entendait plus que ces mots, tournant en boucle sans jamais vouloir s'arrêter. Antoine, lui aussi immobile, gardait la tête baissée en attendant la réaction de son amante. Lorsqu'il s'aperçut que Sarah semblait totalement incapable d'effectuer la moindre action, il se décida de briser le silence infernal s'étant installé dans la pièce.
—Je te l'avais dit, je suis un monstre, dit-il tout bas.
Lentement, Sarah recula en levant son visage vers son collègue de travail. Ses yeux, toujours tremblants, le fixaient avec incompréhension.
—Tu veux dire que tu as...
Sarah s'aperçut alors de la signification des mots se répétant à l'infini dans son crâne. Aussitôt, de la peur naquit sur son visage. Ses mains se mirent alors à trembler tandis qu'elle tenta de descendre de son lit. Elle se leva, manqua de trébucher avant de s'éloigner de son lit. Titubant plus qu'un ivrogne, elle parvint à atteindre ses toilettes dans laquelle elle relâcha une faible dose de bile. Elle tira la chasse d'eau et toussa tandis que sa gorge la brûlait. Elle fit alors demi-tour afin de sortir des toilettes. Elle manqua de tomber lorsque sa main rata la clenche de la porte. Lorsqu'elle parvint à l'ouvrir, elle tomba nez à nez avec Antoine qui l'attendait derrière la porte. La jeune femme, surprise, tomba à la renverse en contenant un cri de panique.
—Je ne te ferai aucun mal, précisa Antoine, le visage baissé.
Sarah, par réflexe, recula légèrement. Une sensation de froideur lui lécha désagréablement le dos : elle se trouvait collée aux toilettes.
—J'ai perdu mes moyens, ce jour-là, expliqua Antoine. Même moi, j'ai du mal à croire que j'aie pu faire une chose pareille.
Sarah ferma les yeux et tenta de se calmer. Elle se concentra sur sa respiration, saccadée. Au bout d'une vingtaine de secondes, elle parvint à retrouver partiellement son calme. Elle se leva et se dirigea vers Antoine qui, au contraire de la jeune femme, n'osait pas lever la tête.
—Explique-moi tout, lui dit-elle d'un ton ferme afin de masquer ses craintes.
Antoine, levant timidement la tête, la regarda légèrement afin d'avoir un aperçu de ce qu'elle ressentait. Un mélange de peur, de panique, de colère et de surprise la défigurait.
—Si tu ne m'expliques pas, j'appelle la police ! insista-t-elle.
Antoine ferma les yeux. Appeler la police. Il se demandait pourquoi Sarah n'avait pas encore attrapé son téléphone. Un mince espoir naquit alors en lui, l'encourageant à entamer le récit de son histoire. Il lui raconta tous les détails, du jour où, pour la première fois, sa sœur lui avait prodigué une fellation jusqu'à la pire erreur de sa vie. Sarah avait tout écouté sans rien dire, ses yeux fixés sur son interlocuteur.
—Je t'avais dit que j'étais un monstre, conclut Antoine. En tout cas, si tu veux appeler la police pour tout leur expliquer, je ne t'en empêcherais pas.
Sarah demeura immobile et impassible. Elle fixait Antoine du regard, comme si elle cherchait à lire au fin fond de son âme. Cet homme, elle l'aimait. Elle en était désormais effrayée, mais elle continuait de l'aimer. Il n'avait pas changé depuis hier, se répétait-elle sans cesse afin d'expliquer ses sentiments contradictoires. Il n'était pas différent de l'homme qu'il était avant qu'elle ne connût son histoire. Ce fut en réfléchissant aux sentiments qu'elle éprouvait qu'elle comprit ce qui avait animé Antoine.
—Ta sœur, tu l'aimais, n'est-ce pas ?
—Autant qu'un frère peut aimer sa sœur, répondit faiblement Antoine.
—Je ne te parle pas de cet amour-là, répondit la jeune femme. Tu étais amoureux d'elle, n'est-ce pas ?
—Autant qu'un frère peut aimer sa sœur, répondit faiblement Antoine.
—Je ne te parle pas de cet amour-là, répondit la jeune femme. Tu étais amoureux d'elle, n'est-ce pas ?
Antoine eut un soubresaut tandis qu'il recula brutalement. Son dos s'écrasa contre le mur derrière lui. Le jeune homme, totalement désemparé, éclata en sanglots tandis que ses jambes ne purent soutenir son poids plus longtemps. Il coulissa le long du mur jusqu'à ce qu'il fût assis par terre, le dos collé au mur.
—Depuis que je suis tout petit, admit-il en articulant du mieux qu'il le pouvait.
Incapable de regarder cet homme pleurer sans rien faire, Sarah s'approcha de lui et le prit dans ses bras. Sa peur ne l'avait pas encore quittée, mais elle sentait que, quoi qu'elle fît, elle ne serait pas en danger.
—J'essayais simplement de la protéger, continua Antoine. Je ne cherchais qu'à la protéger.
Antoine renifla bruyamment en cachant son visage de ses deux mains.
—Quand elle m'a repoussé, j'ai perdu tous mes moyens. Elle voulait que je me rende à la police. Seulement, j'en étais incapable. Alors j'ai paniqué.
Sarah confirma son étreinte avant de poser son visage contre celui d'Antoine.
—Je ne voulais tuer personne ! se lamenta-t-il. Je voulais juste que la police nous pense morts ! Personne n'aurait dû mourir !
Sarah demeura assise contre Antoine, immobile. Son cerveau travaillait ardemment afin de compléter ce puzzle qu'était la vie de l'homme qu'elle aimait. Cependant, encore sous le choc, elle était incapable de réfléchir.
—Je vais te demander de partir, lui dit-elle froidement. J'ai besoin de réfléchir à tout ça.
Le lendemain, au MacDonald's, Antoine, comme à son habitude, arriva en dernier ; il salua tout le monde rapidement. Sarah, qui d'ordinaire lui faisait la bise avec enthousiasme, s'était montrée relativement froide, si bien que la totalité des autres employés du restaurant les dévisagea avec anxiété. Plus tard, le service débuta ; chacun rejoignit son poste. Pour la première fois depuis qu'Antoine travaillait ici, les seuls bruits audibles dans la cuisine étaient ceux émis par les machines en tout genre. Sarah ne daignait pas regarder Antoine, ce que ce dernier acceptait sans broncher. Bien qu'il refusât de l'avouer, Léo, le troisième cuisiner, s'inquiétait. S'étaient-ils disputés la veille ? Il se doutait que la réponse devait ressembler à cela, mais il ne pouvait deviner les détails.
—Un Happy Meal avec un yaourt à boire et un livre Cendrillon ! cria Cécile, la serveuse aguicheuse, afin que les cuisiniers l'entendissent.
Antoine se chargea de la commande. Cependant, chaque fois qu'il souhaitait attraper un objet, le fantôme de Salomé, totalement nu, se plaçait devant. Puisqu'Antoine pouvait traverser sa sœur, cela n'aurait dû poser aucun problème. Toutefois, Salomé décida bien vite d'adopter des positions de plus en plus obscènes afin d'exciter son frère, dont les testicules souffraient terriblement à cause d'un trop-plein qui ne pouvait être vidé. Parfois, elle s'allongeait dans le vide, sur le dos, et écartait grandement les jambes afin que, pour attraper l'objet de sa convoitise, Antoine fût contraint de traverser le vagin fantomatique de la jeune femme. Parfois, elle se mettait de dos et écartait ses fesses afin que son frère fût forcé de traverser son anus. Le jeune cuisinier, ne pouvant contenir l'excitation engendrée par tant de féminité dévoilée, souffrait de ses érections. Il réussit tant bien que mal à le cacher à Léo, mais Sarah se doutait que quelque chose se tramait. Pourtant, elle l'ignora totalement.
Le service prit fin. Après des heures de travail acharné, la petite équipe allait pouvoir se séparer pour se reposer, du moins jusqu'au dîner. Tandis que Mohammed, le caissier, s'apprêtait à sortir, un son particulièrement fort retentit : celui d'une sirène de police. Mohammed l'ignora, pensant que les policiers avaient à faire ailleurs. Mais il se trompait : la voiture de police se gara sur le parking du restaurant, et deux agents en sortirent, armes en mains.
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