Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Tu es bien plus que ma reine, Dany, tu es l'élue de mon cœur — Chapitre 1 · Ce qu'aurait pu devenir Westeros si Daenerys Targaryan avait découvert le continent noir de la pensée symbolique
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Tu es bien plus que ma reine, Dany, tu es l'élue de mon cœur
Chapitre 1 · Ce qu'aurait pu devenir Westeros si Daenerys Targaryan avait découvert le continent noir de la pensée symbolique
— Est-ce tout ce que je suis, pour toi, ta reine ?
- ...
- ...
Daenerys eut un mouvement de recul, face à la limite qu'elle percevait dans l'imaginaire de Jon, ce qu'il envisageait comme faisant partie du faisceau des possibles. Dans la prison de ses convictions, il dressait peu à peu un mur entre elle et lui, dont le désir était pourtant aussi ardent que le feu d'un dragon. C'était terriblement frustrant, ce pourquoi elle sentait monter en elle un certain agacement.
— Est-ce uniquement parce tu as appris que j'étais ta tante, ou bien est-ce qu'il y a autre chose ? Tu ne me désire plus ?
— Bien sûr que je te désire. Je n'ai jamais autant désiré quelqu'un de ma vie.
— Et cette sauvageonne, dans la cave ?
— J'ai réellement aimé Ygritte, mais bien que les Starks vouent un culte fétichiste aux disparus, j'ai toujours préférer offrir mon amour aux vivants. Et c'est d'amour pour toi que mon cœur est empli.
— Alors pourquoi je vois cette froideur dans tes yeux ? Pourquoi faut-il que tu incarnes à ce point la noblesse nordienne, alors même que tu as découvert qu'en toi coulait le sang de dragon, celui-là même qui coule dans mes veines, et qui fait qu'il n'y a en cet instant rien que je désire plus au monde que de sentir la chaleur de ta peau contre la mienne, et ton sexe se glisser tendrement dans le fourreau accueillant de mon intimité ?
— Je ne peux pas. J'ai le sentiment que ce serait faire quelque chose de mal.
— Les Targaryens se sont toujours unis entre eux jusqu'à présent, et cela n'a jamais posé de problème. Est-ce que c'était quelque chose de mal, aussi, pour toi ? L'inceste est une pratique présente dans une grande partie de l'histoire évolutive de tout être vivant sur cette planète, et visiblement, cela ne nous a pas si mal réussi jusqu'à présent.
— Sauf en ce qui concerne Aerys le Fol. La consanguinité finit par avoir des conséquences sur l'émergence de pathologies. Ce n'est pas sans raison qu'on a prohibé l'inceste dans tout Westeros.
— Quand tu dis qu'Aerys était fou à cause de la consanguinité, tu ne fais que raconter une histoire sans preuve de ce que tu affirmes. Tu racontes cette histoire parce qu'elle te rassure, elle te permet de donner du sens aux événements, donc donne l'illusion d'un contrôle sur le destin. En réalité, qu'en sais-tu, exactement ? Et si Aerys avait été parfaitement sain d'esprit jusqu'à ce que la corneille à trois yeux de l'époque essaie de le mettre en garde contre l'arrivée prochaine des marcheurs blancs ? Et si cette même corneille à trois yeux s'y était tellement mal pris qu'Aerys n'avait rien compris de son message, et que par effet de téléphone arabe, on était passé de « attention, les marcheurs blancs arrivent, tu dois les détruire avec le feu », a « Le danger est imminent, il faut tous les brûler » ? Si c'était La corneille à trois yeux qui avait rendu mon père fou, et non je ne sais quelle pathologie issue de la consanguinité de la lignée Targaryen ? Alors ta crainte, ce mur qui bloque la circulation de l'amour entre nous, serait dénué du moindre fondement.
— D'accord, admettons que la folie d'Aerys ne soit pas imputable à sa génétique, bien que ce ne soit en définitive qu'un narratif alternatif, et que tu n'aies à ma connaissance pas davantage de justification pour le défendre, puisqu'on ignore si Aerys était sain d'esprit durant ses premières années de règne. Le conflit mimétique serait une notion trop longue à développer ici, donc passons pour aujourd'hui. La prohibition de l'inceste est tout de même une constante dans toutes les sociétés wersterosi.
— Oui, elle existe partout en tant que mythe, c'est tout. L'inceste est malgré tout pratiqué dans toutes les sociétés humaines. Il suffit d'aller dans les établissements de soin psychique, voir ce que deviennent les enfants abusés sexuellement par leurs proches, et tu verras qu'ils ne sont pas rares du tout. Et ce ne sont que ceux qui osent en parler, ceux qui sont tellement ravagés par le traumatisme qu'ils ne pouvaient plus le cacher au fond de leur âme. La quasi totalité des femmes ont déjà subi du harcèlement de rue, et une part importante des viols et abus sexuels sont pratiqués à l'intérieur des familles. Et je ne parle ici que des cas ou il y a abus, c'est-à-dire ou l'acte sexuel n'est pas pratiqué entre adultes consentants, mais entre un abuseur et une personne abusée. La prohibition de l'inceste n'est en soi qu'un fragment du récit collectif visant à apaiser l'angoisse face au chaos et à l'absurde de la condition humaine, permettant ainsi de faire société autour de rituels et de représentations communes. Cela ne nous dit absolument rien sur ce qui Est ni sur ce qui a du sens pour nous en tant qu'individu. Dire la vérité n'est absolument pas la fonction des récits collectifs, c'est plutôt la fonction de l'empirisme et de la science. Et ce que l'empirisme dit, c'est que l'inceste est pratiqué dans toutes les sociétés.
— Il est néanmoins prohibé par la majorité des membres de ces sociétés. Pratiquer l'inceste nous expose à la marginalisation et au rejet social.
— Oui, parce qu'en pratiquant l'inceste, on profane une valeur sacrée du récit collectif, ce mythe qui permet de crée de la cohésion sociale dans le troupeau neurotypique en canalisant la violence inhérente au fonctionnement des systèmes nerveux complexes. Or, ce mythe est le seul rempart qui protège ces gens de l'angoisse existentielle face à leur conscience de la mort. Il est logique que les profanes, ceux qui rejettent l'unité divine pour incarner le principe de division diabolique et revendiquer leur singularité, leur insoumission au récit collectif, soient rejetés par ceux dont l'angoisse existentielle n'est apaisée qu'en adhérant de manière inconditionnelle aux récits collectifs. Au pays des aveugles, on cherche à crever les yeux des borgnes qu'on perçoit comme de dangereux privilégiés qu'on sacrifie sur l'autel du collectif.
— Je n'ai rien compris à ce que tu viens de dire. En tout cas ici, à Westeros, nous n'avons pas l'habitude de faire l'amour entre membres de la même famille.
— Dans ce cas, arrête de t'essentialiser sous l'étiquette « westerosi ». Tu ne vois donc pas que c'est une injonction hypnotique qui t'emprisonne ? Pfff décidément, t'y connais vraiment rien, Jon Snow. Pour mener une vie qui a vraiment du sens, nos seules limites devraient être d'une part celles des lois physiques, et d'autre part les limites de notre éthique singulière. C'est ainsi que l'on existe en tant qu'individu. L'éthique est l'art de donner du sens aux limites qu'on se fixe à soi-même, et cela n'a strictement aucun sens pour moi que de renoncer à sentir te sentir en moi ce soir.
— Que se passera-t-il si on profane une valeur sacrée de la société ? Les limites ne sont-elles pas ce qui nous protège de la perversion et de la psychose ? Ne sera-t-on pas hués comme l'ont été Cersei et Jaime ?
— Peu m'importe, les représentations des gens évolueront quand ils constateront que notre règne est juste, est que nous ne sommes pas fous comme l'a été mon père dans leur esprit, ou que l'ont été les Lannister. La prohibition de l'inceste n'a qu'une fonction mythologique d'apaisement de l'angoisse, elle ne vise pas à empêcher l'existence de cette pratique, simplement à faire société ensemble autour de rituels et de représentations communes. Autrement dit, c'est un jeu qui n'engage que ceux qui y ont envie d'y jouer. Et en ce qui me concerne, je n'ai aucune envie de jouer à ce jeu.
— Pourquoi tu n'as pas envie d'y jouer ?
— Parce que je t'aime et que s'il faut choisir entre m'unir à toi et rendre ma vie captive du cadre d'un récit collectif irrationnel, c'est sans hésiter toi que je choisis. D'autres parleraient d'existentialisme, je préfère parler d'amour. Et toi, que choisis-tu ?
— Bien sûr que je te désire. Je n'ai jamais autant désiré quelqu'un de ma vie.
— Et cette sauvageonne, dans la cave ?
— J'ai réellement aimé Ygritte, mais bien que les Starks vouent un culte fétichiste aux disparus, j'ai toujours préférer offrir mon amour aux vivants. Et c'est d'amour pour toi que mon cœur est empli.
— Alors pourquoi je vois cette froideur dans tes yeux ? Pourquoi faut-il que tu incarnes à ce point la noblesse nordienne, alors même que tu as découvert qu'en toi coulait le sang de dragon, celui-là même qui coule dans mes veines, et qui fait qu'il n'y a en cet instant rien que je désire plus au monde que de sentir la chaleur de ta peau contre la mienne, et ton sexe se glisser tendrement dans le fourreau accueillant de mon intimité ?
— Je ne peux pas. J'ai le sentiment que ce serait faire quelque chose de mal.
— Les Targaryens se sont toujours unis entre eux jusqu'à présent, et cela n'a jamais posé de problème. Est-ce que c'était quelque chose de mal, aussi, pour toi ? L'inceste est une pratique présente dans une grande partie de l'histoire évolutive de tout être vivant sur cette planète, et visiblement, cela ne nous a pas si mal réussi jusqu'à présent.
— Sauf en ce qui concerne Aerys le Fol. La consanguinité finit par avoir des conséquences sur l'émergence de pathologies. Ce n'est pas sans raison qu'on a prohibé l'inceste dans tout Westeros.
— Quand tu dis qu'Aerys était fou à cause de la consanguinité, tu ne fais que raconter une histoire sans preuve de ce que tu affirmes. Tu racontes cette histoire parce qu'elle te rassure, elle te permet de donner du sens aux événements, donc donne l'illusion d'un contrôle sur le destin. En réalité, qu'en sais-tu, exactement ? Et si Aerys avait été parfaitement sain d'esprit jusqu'à ce que la corneille à trois yeux de l'époque essaie de le mettre en garde contre l'arrivée prochaine des marcheurs blancs ? Et si cette même corneille à trois yeux s'y était tellement mal pris qu'Aerys n'avait rien compris de son message, et que par effet de téléphone arabe, on était passé de « attention, les marcheurs blancs arrivent, tu dois les détruire avec le feu », a « Le danger est imminent, il faut tous les brûler » ? Si c'était La corneille à trois yeux qui avait rendu mon père fou, et non je ne sais quelle pathologie issue de la consanguinité de la lignée Targaryen ? Alors ta crainte, ce mur qui bloque la circulation de l'amour entre nous, serait dénué du moindre fondement.
— D'accord, admettons que la folie d'Aerys ne soit pas imputable à sa génétique, bien que ce ne soit en définitive qu'un narratif alternatif, et que tu n'aies à ma connaissance pas davantage de justification pour le défendre, puisqu'on ignore si Aerys était sain d'esprit durant ses premières années de règne. Le conflit mimétique serait une notion trop longue à développer ici, donc passons pour aujourd'hui. La prohibition de l'inceste est tout de même une constante dans toutes les sociétés wersterosi.
— Oui, elle existe partout en tant que mythe, c'est tout. L'inceste est malgré tout pratiqué dans toutes les sociétés humaines. Il suffit d'aller dans les établissements de soin psychique, voir ce que deviennent les enfants abusés sexuellement par leurs proches, et tu verras qu'ils ne sont pas rares du tout. Et ce ne sont que ceux qui osent en parler, ceux qui sont tellement ravagés par le traumatisme qu'ils ne pouvaient plus le cacher au fond de leur âme. La quasi totalité des femmes ont déjà subi du harcèlement de rue, et une part importante des viols et abus sexuels sont pratiqués à l'intérieur des familles. Et je ne parle ici que des cas ou il y a abus, c'est-à-dire ou l'acte sexuel n'est pas pratiqué entre adultes consentants, mais entre un abuseur et une personne abusée. La prohibition de l'inceste n'est en soi qu'un fragment du récit collectif visant à apaiser l'angoisse face au chaos et à l'absurde de la condition humaine, permettant ainsi de faire société autour de rituels et de représentations communes. Cela ne nous dit absolument rien sur ce qui Est ni sur ce qui a du sens pour nous en tant qu'individu. Dire la vérité n'est absolument pas la fonction des récits collectifs, c'est plutôt la fonction de l'empirisme et de la science. Et ce que l'empirisme dit, c'est que l'inceste est pratiqué dans toutes les sociétés.
— Il est néanmoins prohibé par la majorité des membres de ces sociétés. Pratiquer l'inceste nous expose à la marginalisation et au rejet social.
— Oui, parce qu'en pratiquant l'inceste, on profane une valeur sacrée du récit collectif, ce mythe qui permet de crée de la cohésion sociale dans le troupeau neurotypique en canalisant la violence inhérente au fonctionnement des systèmes nerveux complexes. Or, ce mythe est le seul rempart qui protège ces gens de l'angoisse existentielle face à leur conscience de la mort. Il est logique que les profanes, ceux qui rejettent l'unité divine pour incarner le principe de division diabolique et revendiquer leur singularité, leur insoumission au récit collectif, soient rejetés par ceux dont l'angoisse existentielle n'est apaisée qu'en adhérant de manière inconditionnelle aux récits collectifs. Au pays des aveugles, on cherche à crever les yeux des borgnes qu'on perçoit comme de dangereux privilégiés qu'on sacrifie sur l'autel du collectif.
— Je n'ai rien compris à ce que tu viens de dire. En tout cas ici, à Westeros, nous n'avons pas l'habitude de faire l'amour entre membres de la même famille.
— Dans ce cas, arrête de t'essentialiser sous l'étiquette « westerosi ». Tu ne vois donc pas que c'est une injonction hypnotique qui t'emprisonne ? Pfff décidément, t'y connais vraiment rien, Jon Snow. Pour mener une vie qui a vraiment du sens, nos seules limites devraient être d'une part celles des lois physiques, et d'autre part les limites de notre éthique singulière. C'est ainsi que l'on existe en tant qu'individu. L'éthique est l'art de donner du sens aux limites qu'on se fixe à soi-même, et cela n'a strictement aucun sens pour moi que de renoncer à sentir te sentir en moi ce soir.
— Que se passera-t-il si on profane une valeur sacrée de la société ? Les limites ne sont-elles pas ce qui nous protège de la perversion et de la psychose ? Ne sera-t-on pas hués comme l'ont été Cersei et Jaime ?
— Peu m'importe, les représentations des gens évolueront quand ils constateront que notre règne est juste, est que nous ne sommes pas fous comme l'a été mon père dans leur esprit, ou que l'ont été les Lannister. La prohibition de l'inceste n'a qu'une fonction mythologique d'apaisement de l'angoisse, elle ne vise pas à empêcher l'existence de cette pratique, simplement à faire société ensemble autour de rituels et de représentations communes. Autrement dit, c'est un jeu qui n'engage que ceux qui y ont envie d'y jouer. Et en ce qui me concerne, je n'ai aucune envie de jouer à ce jeu.
— Pourquoi tu n'as pas envie d'y jouer ?
— Parce que je t'aime et que s'il faut choisir entre m'unir à toi et rendre ma vie captive du cadre d'un récit collectif irrationnel, c'est sans hésiter toi que je choisis. D'autres parleraient d'existentialisme, je préfère parler d'amour. Et toi, que choisis-tu ?
Après un temps de réflexion, il murmura :
— Tu es bien plus que ma reine, Dany, tu es l'élue de mon cœur.
C'est alors qu'elle plaqua avec fougue ses lèvres sur les siennes. Et cette fois, il lui rendit son baiser avec la même passion.
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Commentaires ()
Merci pour votre commentaire plein de douceur et d'indulgence... J'apprécie que vous ayez eu le courage d'aller jusqu'au bout tout de même. Faute d'avoir eu votre bienveillance, vous m'aurez au moins fait le cadeau de votre attention.
Daignerez vous m'éclairer sur ce qu'est l'essentiel ? J'aimerais comprendre.
Cette citation illustre bien mon ressenti à la lecture de cet assemblage précaire de dialogues mal orthographiés.
À l'évidence, on vous a tout appris, même à apprendre.
Tout? Non, sauf l'essentiel.