Les larmes de Juliette
Chapitre 1 · Comment se reconstruire ?
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les larmes de Juliette — Chapitre 1 · Comment se reconstruire ?

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Jane Does
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Les larmes de Juliette

Chapitre 1 · Comment se reconstruire ?

La sonnette de la porte d'entrée me fait sursauter. Un rapide coup d'œil à l'horloge comtoise du salon, juste face au fauteuil où je suis assise et je me demande bien qui peut venir à une heure pareille. Pas toi François puisque tu as tes clefs. Alors ? D'un pas trainant, en robe de chambre, je viens ouvrir la porte. Derrière le panneau de bois deux hommes qui me regardent.
— Bonsoir Juliette !
— Monsieur le Maire ? Mais qu'est-ce qui vous arrive pour venir me visiter à une heure aussi tardive ? Si c'est François que vous venez voir, il n'est pas encore rentré. Il est même très en retard, je trouve.
— Juliette, voici Monsieur Cyril Durand du commissariat, nous pouvons entrer ?
— Mais…
— Le lieutenant de police et moi avons une bien triste nouvelle à t'annoncer.
— … à m'annoncer ? Vous me faites peur là ! Qu'est-ce qui se passe ?
— Nous pouvons entrer ?
— Oui… oui bien sûr, mais je ne comprends pas. Qu'est-ce qui se passe ?
Les deux hommes sont dans l'entrée de la maison et j'ai une sorte de pressentiment.
— C'est François ? Il est arrivé quelque chose à François ? Il est à l'hôpital ?
— Tu ne veux pas t'assoir Juliette.
Je regarde tour à tour Hubert Bonnard, le maire du village et celui qu'il vient de me présenter comme étant un flic.
— Dites-moi, s'il vous plait ce qui se passe !
— François… c'est ton mari Juliette, il ne rentrera pas, plus.
— Pourquoi ? Il a eu un accident ? Il est blessé ? S'il vous plait, dites-moi où il est !
— La femme de Clément, tu sais le menuisier du village, et bien sa femme Odile a retrouvé la voiture de François…
— Il a eu un accident ? Il est à l'hôpital ? Lequel que j'aille vite le retrouver.
— Non ! Non Juliette. Il n'est pas blessé, il est…
— Ne me dites pas… non ! Non ce n'est pas possible, il ne peut pas m'avoir abandonné de cette façon.
— Tout porte à croire qu'il s'est volontairement donné la mort Juliette, c'est pourquoi Monsieur Durand a quelques questions à te poser. Tu veux bien l'écouter ?
— Madame… je vous présente toutes mes plus sincères condoléances. Mais vous savez qu'en cas de mort inexpliquée, le Procureur diligente une enquête de routine… Et j'en suis navré, mais je dois vous questionner sur deux ou trois points qui nous chiffonnent.
— … Je… François est mort ? Mais à midi… il allait si bien !
— À ce sujet Madame, c'est donc à l'heure du déjeuner que vous avez vu votre mari pour la dernière fois…
— Oui ! Et il était en pleine forme. Je peux vous l'assurer. Nous avions des tas de projets. Je ne parviens pas à croire qu'il ait fait ça.
— Vous n'aviez donc pas de problème de couple ? Il n'avait pas de maitresse ?
— Bien sûr que non ! Nous sommes heureux et si comme tous les couples nous avons eu quelques fois des disputes, nous sommes des adultes et passons toujours outre celles-ci.
— Vous ne vous êtes pas disputé récemment ? Et puis-je vous poser une question plus indiscrète, pour les besoins de l'enquête évidemment ?
— Ça fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas chamaillés. Posez-moi toutes vos questions ! Faites… je vous écoute.
— De votre côté, vous n'avez pas d'amant ? Votre mari n'avait rien à redouter dans ce domaine ?
— Mais… non ! J'ai toujours été une femme respectable et honnête.
— Vous avez de la famille pour vous soutenir dans cette épreuve ?
— Non… enfin si, Franck, mon beau-père habite au village… Mais vous l'avez aussi averti ? Il a perdu sa femme et il ne va pas s'en remettre non plus. Mon Dieu ! Je n'y crois pas… François est… Pourquoi aurait-il fait un geste pareil ? Comment a-t-il pu ? Comment est-ce arrivé ? Avec quoi ? Nous ne possédons pas d'arme à la maison.
— Il a branché le tuyau des gaz d'échappement dans l'habitacle et il a pris des somnifères. Il ne voulait se laisser aucune chance. C'est indolore. Il s'est endormi paisiblement.
— Pourquoi ? Nous étions heureux tous les deux…
— Vous n'avez rien vu, rien senti chez lui ? Il n'a pas laissé un mot pour expliquer son geste ? Je peux visiter un peu votre maison ?
— Vous croyez qu'il a écrit ses raisons ? Faites ce que vous pensez être juste ou bien pour que la lumière soit faite. Je me sens coupable de n'avoir rien compris… où est-il ?
— Au centre médico-légal. Une autopsie a été demandée par le procureur de la République… c'est la règle en cas de décès inexpliqué… et inexplicable.
— Vous… vous pensez que c'est à cause de moi qu'il s'est… oh ! Ce serait terrible.
— Nous n'avons rien dit de tel… Il y a des tas de facteurs qui poussent les gens à commettre l'irréparable. Mes questions sont là pour y voir plus clair. Dans son boulot… il avait peut-être des problèmes ?
— Il ne m'en a en tout cas jamais fait part. Bon depuis la « Covid » il avait moins de clients, mais c'est le lot de tout le monde…
Mes jambes ne me portent plus. Une sorte de voile passe devant mes yeux et je me sens tomber. Le flic, et le maire me retiennent de justesse.
— Venez, allez-vous allonger. Je fais un tour dans votre maison et je vous laisse. Vous voulez que nous prévenions votre beau-père ?
— Je peux m'en occuper, Franck habite près de la mairie. C'est vrai qu'il a été très secoué par le décès de Thérèse son épouse, il n'y a guère plus d'un an et demi. Quel drame !
Le flic et l'élu sont attentionnés. Je suis étendue sur mon canapé et j'ai du mal de me remettre de la nouvelle. Mille choses se bousculent dans mon crâne. Et c'est tout mon être qui flanche d'un coup. Une fois ouvertes, les vannes de mes larmes deviennent impossibles à fermer. Des Sanglots me secouent sans que rien ni personne ne soit en mesure de les arrêter. Au fond de ma tête, j'ai aussi une réaction très bizarre. J'en veux presque à François de m'abandonner d'une manière aussi brutale que lâche. C'est… terrible.
— xxxXXxxx —
Un mois déjà que mon mari est au jardin des souvenirs. Il ne reste finalement de lui plus qu'un nom gravé en lettres d'or sur le fronton de ce lieu si… triste. Franck aussi vient souvent rendre visite à ces deux êtres chers, trop vite partis. Il passe chez moi de temps en temps et nous déjeunons ou dinons tous les deux. Par certains côtés, il me rappelle mon François. Et à trente-six ans, cet homme qui était le sel de ma vie me manque énormément. J'ai du mal de remonter la pente. L'enquête du flic, je ne sais même pas où elle en est. Il est passé à deux ou trois reprises, pour savoir ce que je deviens plus que pour me questionner.
Mon beau-père aussi devient plus assidu dans ses visites. La mort de son fils nous a sans doute rapprochés un peu. Au moins ne m'abandonne-t-il pas tout à fait à mon sort. Nous parlons peu de François, et pourtant, je sais qu'il est au fond de toutes nos pensées. À cinquante-sept ans, le père de mon mari reste un homme en forme. Ses attitudes, ses traits aussi me font souvent penser un peu à son gamin. Alors un soir en chassant un autre, il nous arrive de trop boire. Et Franck couche dans la chambre d'ami pour éviter de conduire alcoolisé.
Ce sont les nuits qui sont compliquées pour moi. C'est là que mon cerveau se met en route et revient sur des images d'une vie quotidienne, celles d'une existence que François remplissait si bien. Et les sanglots souvent perturbent mon sommeil. Combien de fois mes larmes coulent-elles, alors que mon visage est caché dans un oreiller qui détient tant de secrets ! Mais comment réagir face à ce flot incroyable de mal-être qui m'assaille ? J'ai toujours la nette impression que c'est moi la coupable de cette situation. Pourquoi ? J'ai beau me raisonner, mon cerveau lui, ne veut pas en démordre. Si François s'est suicidé, je dois y être pour quelque chose.
Oui ? Mais quoi ? Et lui n'a rien laissé comme traces pour me disculper ou seulement assouplir ma peine. Alors je me réfugie dans ce que nous les femmes savons le mieux faire… les pleurs. C'est ainsi que cette nuit encore, sans trop m'en rendre compte, je suis poursuivie par des remords que ma tête imagine. Et le vin du diner n'arrange pas vraiment les choses. Mon beau-père, s'il a bu autant que moi supporte mieux l'alcool. Alors, dans la chambre qui jouxte celle que j'ai partagée si longtemps avec son fils, il doit surement entendre mes plaintes. Est-ce pour cela qu'il est derrière ma porte, à frapper de discrets petits coups ?
Il espère peut-être que je lui demande d'entrer ? Au premier « toc » dans la cloison de bois, je me tétanise, entièrement raide. Dans la brume et les vapeurs engendrées par l'absorption de vin, mon cœur se met à battre plus violemment. Un espoir insensé dans lequel je me complais, comme si derrière le panneau de chêne, François se tenait et revenait. Ma gorge serrée ne sait dire ce mot qui doit autoriser Franck à pénétrer dans mon espace intime. Mais soucieux de mon bien-être, il brave tout de même l'interdit. Je sais bien que ça ne peut pas, plus être mon mari qui avance dans le noir de la pièce.
— Tu pleures Juliette ?
— …
— Moi aussi ça m'arrive de regretter leur absence. Thérèse et François me manquent terriblement. Je tente de me faire une raison en songeant qu'ils sont ensemble, réunis… et qu'ils ne doivent pas sourire de nous voir si tristes.
— … !
— Ne pleure plus Juliette ! On ne saura jamais pourquoi mon fils a choisi de nous abandonner, mais nous ne devons en aucun cas nous sentir responsables de ce qui est arrivé. Calme-toi ! Tu es encore très jeune et tu as toute la vie devant toi.
— Mais…
— Tu es belle, désirable et un jour ou l'autre un homme de nouveau te serrera contre son cœur. Tu n'as rien fait de mal, Juliette. Ne pleure plus, ça me rend malade de t'imaginer chaque nuit, sanglotante et en larmes.
— Oh ! Franck… il me manque tant. J'ai froid, j'ai mal.
— Attends ! Tu veux que je te trouve une autre couverture ? Je vais me recoucher.
— Non… ne partez pas ! Votre présence me fait du bien. Vous savez… parfois j'ai l'impression de le revoir dans vos attitudes.
— … ?
Il a une sorte de soubresaut et sa main est là, qui vient effleurer ma joue dans un geste paternel. Une impression de brulure qui me contracte le corps. Il ne cherche rien d'autre qu'à apaiser ma peine. Je ne réalise pas vraiment que je suis en nuisette et lui en pyjama. Que dans ma chambre se trouve un homme… que c'est le père de mon mari. Les doigts qui frôlent mon visage sont empreints d'une incroyable douceur et irradient tout mon être d'une chaleur bienveillante. Une sorte d'envie de me blottir dans les bras de mon sauveur, pour y noyer ma douleur, sans y voir le moindre mal. Et je suppose que lui non plus n'en éprouve aucun malaise.
Je suis juste une femme, veuve qui pleure son fils et mon Dieu, il n'y a aucun acte répréhensible dans nos gestes. Rien d'équivoque ou de douteux. Nous sommes seulement deux adultes qui se soutiennent mutuellement. Alors je ferme les yeux et ma patte se referme sur la sienne. J'ai besoin de me rassurer, de sentir cette présence proche de moi. Je veux m'endormir avec le sentiment que je suis vivante. Lui bien entendu ne fait aucun mouvement indécent et il se couche sur la couverture, gardant simplement ses doigts noués avec les miens. C'est si doux de n'être plus tout à fait seule, perdue dans un cauchemar qui me fait délirer.
— Dors, Juliette… dors.
— Vous n'avez pas froid, vous ?
— Un peu.
— Je vous fais un peu de place sous la couette… venez au chaud !
— …
Il n'y a aucune malice dans mes propos. C'est juste que je ne tiens pas à le voir s'éloigner et que la nuit est plutôt fraiche. Alors il s'étend sur la place qu'occupe… occupait François. Lui tient son corps éloigné du mien, évite de venir me frôler, ce que je peux comprendre, mais mon cerveau ne réagit pas de cette manière. Pour lui… mon François est là de retour et il m'envoie de bien complexes signaux. Pourtant, je m'enfonce dans une nuit plus douce, plus calme et je finis par sombrer dans l'oubli d'un néant enfin bienvenu.
— xxxXXxxx —
L'abime aussi a une fin et je ressurgis du fond du mien avec un chagrin monstrueux. Je ne fais pas la différence entre réalité et cauchemar. François me manque tant que j'en oublie la présence de son père à mes côtés. C'est donc ainsi que lors d'un de mes fréquents éveils, je suis entre réalité et illusion. La chaleur qui émane de ce corps couché tout proche me ramène à des souvenirs, des moments qui font qu'un couple est soudé ou non. Mes sens également sont prompts à réveiller des envies latentes chez la femme de trente-six ans que je demeure.
Je suis en pleurs, mélangeant le vrai au faux. Je soliloque des mots qui n'ont de suite que pour mon cerveau atteint. Et dans ces mouvements engourdis engendrés par une somnolence empreinte de gémissements, la main de celui qui dort là vient se poser sur mon front. Il n'a pas un mot, pas un bruit. Les doigts lissent mon visage pour calmer ce chagrin qui mélange tout. Je suis entre chien et loup, incapable de réagir sainement à ce trop gros coup du sort. Je ne me dérobe pas à ce câlin et sans doute que celui qui le donne à l'impression que je l'encourage surtout.
Alors, la douceur qui me fait tressaillir fait remonter aussi en moi ces envies refoulées depuis… les obsèques de mon mari. Mon esprit fiévreux assimile cette patte qui me câline un peu trop précisément à une partie de mon François qui revient. La main alors s'enhardit puisqu'elle ne découvre aucune résistance. Et elle quitte ma joue pour mon oreille. Mes larmes se perdent en une rivière qui tache la taie. Il est aisé pour cette caresseuse de finir sa course sur ma nuque et je sens que mon corps est simplement tiré vers le visage de celui qui tient la place de mon mari.
Lorsque deux lèvres aux contours invisibles viennent se frotter aux miennes dans le noir de la pièce, je suis totalement absente de la scène. Une étrangère qui regarde son propre corps faire quelque chose qu'elle ne lui demande pas. Du reste, personne ne demande rien à personne. Il n'y a pas un mot, et le silence n'est perturbé que par les bruits faits par les bouches qui s'embrassent. Le feu m'embrase tout entière. Et je lâche prise, exténuée par ces jours d'horreur. J'ai besoin de ce réconfort que les mains me procurent. Tout en moi est enflammé.
Bien sûr que sous le tissu léger de la nuisette que je porte, les paluches ont vite trouvé un chemin. Et c'est si bon de se sentir revenir à la vie, de ne plus végéter. Peu importe qui en est le propriétaire de ces allumeuses. Je suis bien, je rêve et mon ventre ondule, réclamant muettement par ses mouvements langoureux une approche plus sensuelle. Aucun effort, aucun questionnement sur le fait que ce soit… le père de mon François qui… et lui s'interroge-t-il une seule seconde ? Non évidemment !
Je me mure dans mon déni. Je me fiche de qui me touche. Je n'ai qu'un seul but, extérioriser toute cette tension qui me torture depuis des jours et des nuits. Mon corps se montre sous son vrai visage. Il est haletant et par voie de conséquence me distille son envie d'être aimé… au sens physique du mot. Cette fois la bouche qui musarde depuis un bon moment sur mes babines se faufile vers deux pointes érectiles qui tendent l'étoffe qui les cache. Pour combien de temps ? Impossible à dire. Mais je sens, sais, à coup sûr que mon déshabillé me passe par-dessus la tête.
Je me frotte éhontément à ce corps habillé qui se démène dans des positions impossibles à décrire. L'effet de succion sur mes seins m'entraine dans une folie ordinaire, une folie sexuelle que tout mon être réclame. Et la patte qui s'appesantit soudain sur le bas de mon ventre me fait ouvrir les cuisses largement. Il n'en faut pas plus pour livrer le passage à la visiteuse. Et dès le premier attouchement à ce sexe en berne, je tressaute comme si une guêpe me piquait. Caressée entre poitrine et chatte, je suis en transe.
Incapable d'aligner trois idées cohérentes, je suis subjuguée par le bien-être que m'apportent ces divines cajoleries. Le calme avant la tempête ? Quand le pyjama a-t-il pris la tangente ? Je ne me suis rendu compte de rien, et c'est bien un homme nu qui se love contre moi. Lui non plus ne cherche pas à parler. Il se contente d'avancer sur le sentier d'une volupté que je ne peux plus maitriser. Trahie par le corps sans pouvoir compter sur une étincelle de bon sens, je laisse la nature faire son œuvre.
Le visage qui glisse de mes seins vers la fourche dans laquelle fourragent les doigts n'est pas fait pour apaiser la chaleur qui m'habite et m'excite de plus belle. Comme il se coule le long de mon flanc, je sens le contact avec l'épine qui, tendue ne passe pas inaperçue. Je ne la vois pas, mais je sais qu'elle est là, au niveau de ma caboche et la pression dans le lit autour de mon oreiller m'indique clairement que c'est bien sur ma bouille que la queue va atterrir. De part et d'autre de mes esgourdes, deux genoux s'enfoncent.
C'est l'instant choisi par le remplaçant de François pour caler ses lippes sur ma fente qui est en larmes. Et c'est presque d'une manière « normale », quasi naturellement que l'ardillon du bonhomme folâtre avec mon menton. J'y porte la main, avec la ferme intention de l'éloigner ? Je me mens bien entendu, puisque sans que son possesseur ne fasse un geste, la gaule frémit comme pour m'indiquer sa joie sauvage. Inutile de dire que c'est la direction de mon gosier qu'elle prend ! Je suis folle, ivre d'une envie démentielle.
Comme une petite chienne, je lape cette trique gonflée. Je sais que c'est Franck qui est là avec sa queue dans ma bouche. Que c'est le père de mon mari qui me broute le minou ! Bien entendu que j'en suis outrée et pourtant… ça ne m'empêche pas d'aimer cela, de faire comme si c'était François qui allait me baiser. Je geins de plus en plus fort, mais mes plaintes sont contenues par la pipe que je persiste à continuer. La langue sur mon clitoris me renvoie aux jours heureux. Lorsque le poids de mon beau-père devient trop lourd, je ne cherche surement pas à le repousser.
Non ! Je le laisse me faire pivoter sur le flanc et nous reprenons nos activités buccales illicites avec une ardeur décuplée. Je ne trouve rien à redire non plus, lorsqu'enfin, il vient pour me prendre. Je m'attends à une posture à la missionnaire, mais en me cramponnant par les hanches, il se glisse dans mon dos. Se collant à moi, il parvient en soulevant la jambe qui ne repose pas sur le lit à me pénétrer lentement. Puis c'est un long va-et-vient nonchalants, que j'apprécie au plus haut point. Un de ses bras revient sur ma poitrine et à chaque coup de reins, les doigts se crispent sur le sein qu'ils tiennent.
C'en est fini de la veuve sage, de la femme délaissée qui pleure son mari. Et je deviens lionne en rut, femelle qui baise. Je secoue mon bassin, accentuant ainsi le rythme de sa possession. Lui s'enfonce de plus en plus profondément et son souffle me court sur la nuque. Je suis une pute qui couine sous les assauts d'un mâle. J'adore être sautée de la sorte. Et bien que je sache que ce n'est pas, plus mon mari qui me monte, je suis concentrée sur l'escalade d'un plaisir qui ne demande qu'à éclore.
La délivrance de mon corps passe par mon sexe. Et rien n'était prémédité. Ce qui fait que Franck n'a pas seulement l'idée de se retirer à l'instant fatidique où… et c'est bien en moi qu'il éjacule. Ça rajoute encore du piment à cette partie de jambes en l'air. Je suis de nouveau une femme, et ça passe par faire l'amour. L'obscurité de la chambre, la nuit qui nous entoure offrent l'avantage que la honte qui suit mon exploit reste invisible aux yeux de ce beau-père qui vient de me faire grimper aux rideaux. Lui non plus n'a pas de quoi être fier de ce que nous venons de faire.
— xxxXXxxx —
— Merde ! Quelle connerie ! Tu vas m'en vouloir à mort, Juliette.
— … ?
Dans le silence, la voix de cet homme qui expulse sa faute perce mon âme de la gravité de la situation.
— Tu es fâchée ? Je te sentais si malheureuse, je ne sais pas ce qui m'a pris. Mon Dieu, pour quel salaud, je dois passer à tes yeux Juliette !
— Chut ! Vous ne m'avez pas violée non plus. J'étais consentante je vous l'assure.
— C'est vrai ! Mais François, et sa mère s'ils nous voient de là où ils sont… sont sans doute outrés de ma conduite.
— Je suis aussi fautive que vous. C'est moi aussi qui vous ai permis d'entrer dans mon lit. Je me demande si inconsciemment… je n'ai pas un peu provoqué cet état de fait. Je ne vivais plus, et cette histoire vient de me remettre les idées en place. Et puis… j'ai eu comme l'impression que tel père tel fils. Vous avez par certains côtés bien des points communs avec… mon François.
— … ! Merci de me dédouaner, mais je ne demeure pas moins responsable de ce gâchis.
— Vous trouvez que c'est un fiasco ? J'ai pris beaucoup de plaisir à…
— Tais-toi, s'il te plait. Tu es la première avec qui… depuis le départ de la maman de François ! Alors…
— … !
— Tes paroles… elles me donnent des ailes et se concrétisent par…
— Vous voulez me faire savoir que de nouveau vous…
— Je bande oui ! C'est le mot que tu hésitais à dire ?
— … je comprends, ça vous gêne ?
— Et toi ? Si je te touche de nouveau… tu serais prête à rejouer un peu ?
— Pourquoi me demandez-vous mon avis… c'est open-bar pour la nuit après tout. C'est la continuité de ce que nous avons déjà si bien entamé non ?
— Comme j'aime tes paroles… et je suis certain que mon François a eu une belle vie en ta compagnie.
Le reste se perd dans des murmures et des gestes qui en disent long sur ce qui lie cet homme et moi. C'est à corps perdu que je me jette dans ses bras pour un second round. Je ne sais rien de ce qui va suivre. Mais à chaque nuit suffit sa peine, alors je cherche bien à prendre le meilleur pour oublier le pire. Quant à lui… il est aussi conscient que le moment que nous vivons peut ne plus jamais se renouveler. Il fait exactement comme moi… et nous affrontons le présent d'une manière exceptionnellement douce…
Demain sera un autre jour à affronter… laissons vivre nos corps !
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plemagne
4 septembre 2025 à 05:59
Le corps prend le dessus sur l'esprit et son besoin d'exulter redonne goût à la vie. La mort est si banale, après tout, pourquoi ne pas en parler ?
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rtx42
28 janvier 2023 à 10:28
très jolie nouvelle, pleine de sensualité et de délicatesse
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Gentille
11 octobre 2021 à 13:46
Tragique, sensuel et pathétique à la fois, et si bien écrit...
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Bjc974
19 septembre 2021 à 16:59
Magnifique comme toujours merci
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UnamourdArthus
17 septembre 2021 à 13:36
Un magnifique doux-amer.
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océane25
17 septembre 2021 à 12:06
Prendre du plaisir avec son beau-père en imaginant que c'est son mari une belle histoire
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jipe06
17 septembre 2021 à 01:07
Magistrale et dramatique à la fois, superbe texte comme toujours... merci Jane
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Clothilde092
17 septembre 2021 à 00:39
...Avez vous remarqué que j'avais un beau cul;
et ma main vengeresse est retombée vaincue.
-La fessée, G. Brassens

Joli texte très bien mené! 🤗
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Manolete
17 septembre 2021 à 00:31
Beauté du texte, que dire de plus...
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