Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une aube nouvelle — Chapitre 2 · Mille questions !
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une aube nouvelle
Chapitre 2 · Mille questions !
De la suite dans les idées ! C'est bien une constante chez Alex. Et le diner du samedi soir est pratiquement prêt. Christine et Franck arrivent ensemble, ce qui immanquablement me fait penser à un couple. Et dans cette démarche quelque chose d'indéfinissable me gêne. Mon cerveau s'est mis en alerte sans que j'en sache trop la raison. Ces deux-là, sont pourtant frère et sœur ? Alors pourquoi ai-je l'impression qu'il y a quelque chose de plus que de la fraternité entre eux ? Je me traite muettement de folle. Voir le mal partout ne signifie pas qu'il existe vraiment. Et puis après tout ce sont leurs oignons et pas les miens.
Christine est habillée chiquement. Une belle robe qui lui donne un air désirable. Son maquillage pas trop tapageur, subtil même, dois-je dire, illumine son visage. Quant à son frérot, le bouquet de fleurs derrière lequel il se planque dans notre entrée me fait plaisir. Des roses blanches ! Je sais grâce à celles-ci, que toi et lui, vous vous êtes forcément concertés. Ce sont mes préférées et ce serait bien le hasard, qu'il soit tombé pile sur ce coloris. Sa sœur tend à Alex une bouteille de champagne.
— Tenez ! À garder au frais…
— Merci. Mais il ne fallait pas.
— Ça va, Alex ? Vous avez une sacrément belle maison !
— Merci. Mais il ne fallait pas.
— Ça va, Alex ? Vous avez une sacrément belle maison !
La nana s'adresse à mon Jules comme s'ils étaient grands copains. Son frangin lui est plus réservé envers moi, mais je sens qu'à la dérobée, il me mate avec insistance. Qu'est-ce que ces deux loustics ont bien pu se raconter ? Mon mari n'aurait tout de même pas prévu son coup avec ces deux-là ? Sans m'en parler, ce serait le comble. Mais c'est vrai aussi que la nénette est courtoise, polie et qu'elle ne montre aucun signe avant-coureur de drague masculine ou féminine. Après le premier verre d'apéro, je me détends un peu et les trois autres également.
Finalement, notre diner, bien arrosé est une parfaite réussite. Tout mon monde mange de bon appétit et l'atmosphère est au beau fixe. Ce qui m'amène à penser que je suis trop soupçonneuse ? Peut-être, bien que l'on n'est jamais assez méfiant et que je préfère tenir que courir. C'est vers vingt-trois heures que l'ami de mon mari décide de repartir. Comme il a beaucoup picolé, je suis de l'avis d'Alex qui ne veut pas qu'il reprenne le volant. Sa sœur en a tout autant dans l'estomac et ma foi, la seule solution reste notre chambre d'ami et le salon. Je constate sans rien dire que la femme tique un peu lors de ma proposition de lits séparés.
Après un temps de réflexion, les deux acceptent et Christine prend la chambre. Il ne reste donc plus à Franck que le canapé. Alex et moi gagnons notre chambre et bien entendu, Monsieur est dans des dispositions qui font que je ne donne pas ma langue au chat. Et pris tous les deux par nos soupirs, nous nous moquons bien de ce que nos invités font dans leur plumard respectif. Pourtant, c'est durant une pause dans nos jeux d'adultes que je dresse l'oreille. Dans la piaule accolée à la nôtre, il me semble bien percevoir des gémissements. J'arrête de tripoter mon chéri pour tenter de découvrir l'origine des bruits.
Alex se demande ce qui m'arrive bien sûr.
— Pourquoi tu t'arrêtes ? J'aime bien moi une petite fellation, entre deux… coups de brosse à reluire.
— Chut ! Écoute et dis-moi… tu entends ?
— Quoi ? Je n'entends rien ! Qu'est-ce que tu veux qu'il y ait à écouter de plus ?
— Bon sang… ta copine se branle ma parole.
— Grand bien lui fasse ! Et puis nous ne sommes pas particulièrement discrets. Alors, rien d'étonnant qu'elle se fasse plaisir en écoutant tes gémissements et tes plaintes…
— N'importe quoi ! Le sommeil qui grince un peu… elle baise cette Christine, oui !
— Mais il n'y a que son frère dans la maison, tu divagues.
— À moins qu'elle se farcisse un fantôme, ta potine se fait labourer par son frère jumeau. Mais ça ne me surprend qu'à moitié, vu les coups d'œil que ces deux-là se lancent à tout bout de champ.
— Mais non ! Tu ne peux pas croire ce genre de truc. Pas eux !
— Alors si c'est une imitation, c'est rudement bien simulé.
— Je vais voir ?
— C'est ça ! Vas-y, va jouer le voyeur maintenant. Après tout, ce sont leurs affaires, nous n'avons pas à nous en mêler.
— Parle moins fort ma chérie ! Christine pourrait bien suivre notre conversation !
— Et alors ? Qu'ai-je à cacher ? Et puis j'en arrive à me demander si tu n'as pas une idée derrière la tête.
— Comment ça ? Je ne vois pas trop où tu veux en venir.
— Et bien… tes amis sont sympas, mignons et surtout présents. Trop pour que ce ne soit que des coïncidences, tu ne trouves pas ? Le coup des roses blanches par exemple ? Il est devin ton ami Franck ?
— Ah ! J'avoue que ça me ferait plaisir que… mais bon, j'ai bien compris que chez toi, ça restera lettre morte. Que tu ne veux qu'en parler pour que ça nous émoustille. Je me doute bien que mes envies resteront à l'état de fantasme. Jamais n'est-ce pas tu n'as eu l'intention de me faire ce plaisir ?
— Tu ne peux pas savoir combien c'est difficile ce que tu me demandes. Je n'arrive pas à me mettre en tête que tu peux prendre ton pied en me voyant avec une autre femme. Pas plus qu'avec un autre homme du reste. Il y a en moi, une sorte de barrière psychologique qui fait que je ne parviens pas à passer outre à certains tabous.
— Nous avons, ma chérie, tous reçu une éducation plutôt stricte sur ce point dans notre enfance. Mais t'es-tu déjà posé la question de savoir si finalement ce n'était pas une erreur ? L'amour ce n'est pas l'acte en lui-même, mais bien les sentiments que l'on éprouve pour l'autre.
— … explique-moi voir ça ! Je te donne mon corps parce que je t'aime, il me semble !
— Oui, oui bien sûr ! Mais si d'aventure tu le donnais à un autre ou une, bien entendu, est-ce que ça t'empêcherait de m'aimer autant ? Le plaisir des sens est dissociable de ce que communément nous appelons « amour ». Et puis là, ce ne serait pas me tromper puisque nous serions ensemble pour ces jeux que je pressens comme… fabuleux.
— Tu es tordu non ? Ah ! Ils ont fini dans la chambre d'ami… et si nous aussi nous… tu me donnes des idées avec tes discours farfelus.
— Farfelus ? Mon Dieu… j'ai épousé une nonne !
— Aucune religieuse de ma connaissance ne te fera jamais…
— Chut ! Écoute et dis-moi… tu entends ?
— Quoi ? Je n'entends rien ! Qu'est-ce que tu veux qu'il y ait à écouter de plus ?
— Bon sang… ta copine se branle ma parole.
— Grand bien lui fasse ! Et puis nous ne sommes pas particulièrement discrets. Alors, rien d'étonnant qu'elle se fasse plaisir en écoutant tes gémissements et tes plaintes…
— N'importe quoi ! Le sommeil qui grince un peu… elle baise cette Christine, oui !
— Mais il n'y a que son frère dans la maison, tu divagues.
— À moins qu'elle se farcisse un fantôme, ta potine se fait labourer par son frère jumeau. Mais ça ne me surprend qu'à moitié, vu les coups d'œil que ces deux-là se lancent à tout bout de champ.
— Mais non ! Tu ne peux pas croire ce genre de truc. Pas eux !
— Alors si c'est une imitation, c'est rudement bien simulé.
— Je vais voir ?
— C'est ça ! Vas-y, va jouer le voyeur maintenant. Après tout, ce sont leurs affaires, nous n'avons pas à nous en mêler.
— Parle moins fort ma chérie ! Christine pourrait bien suivre notre conversation !
— Et alors ? Qu'ai-je à cacher ? Et puis j'en arrive à me demander si tu n'as pas une idée derrière la tête.
— Comment ça ? Je ne vois pas trop où tu veux en venir.
— Et bien… tes amis sont sympas, mignons et surtout présents. Trop pour que ce ne soit que des coïncidences, tu ne trouves pas ? Le coup des roses blanches par exemple ? Il est devin ton ami Franck ?
— Ah ! J'avoue que ça me ferait plaisir que… mais bon, j'ai bien compris que chez toi, ça restera lettre morte. Que tu ne veux qu'en parler pour que ça nous émoustille. Je me doute bien que mes envies resteront à l'état de fantasme. Jamais n'est-ce pas tu n'as eu l'intention de me faire ce plaisir ?
— Tu ne peux pas savoir combien c'est difficile ce que tu me demandes. Je n'arrive pas à me mettre en tête que tu peux prendre ton pied en me voyant avec une autre femme. Pas plus qu'avec un autre homme du reste. Il y a en moi, une sorte de barrière psychologique qui fait que je ne parviens pas à passer outre à certains tabous.
— Nous avons, ma chérie, tous reçu une éducation plutôt stricte sur ce point dans notre enfance. Mais t'es-tu déjà posé la question de savoir si finalement ce n'était pas une erreur ? L'amour ce n'est pas l'acte en lui-même, mais bien les sentiments que l'on éprouve pour l'autre.
— … explique-moi voir ça ! Je te donne mon corps parce que je t'aime, il me semble !
— Oui, oui bien sûr ! Mais si d'aventure tu le donnais à un autre ou une, bien entendu, est-ce que ça t'empêcherait de m'aimer autant ? Le plaisir des sens est dissociable de ce que communément nous appelons « amour ». Et puis là, ce ne serait pas me tromper puisque nous serions ensemble pour ces jeux que je pressens comme… fabuleux.
— Tu es tordu non ? Ah ! Ils ont fini dans la chambre d'ami… et si nous aussi nous… tu me donnes des idées avec tes discours farfelus.
— Farfelus ? Mon Dieu… j'ai épousé une nonne !
— Aucune religieuse de ma connaissance ne te fera jamais…
Je replonge mon visage vers le centre de son corps. Ma patte rattrape au vol la baguette qui reste à demi en érection. Le simple fait de le toucher ragaillardit l'engin. Alors c'est bien du bout des lèvres que je reviens à l'assaut de la hallebarde. Et nous reprenons nos petites affaires là où nous venons de les interrompre pour suivre celles de la chambre contiguë. Volupté et jouissance, deux passages obligés de cette nuit délicieuse. Je suis comblée par un orgasme démesuré dû au fait que mon imaginaire vadrouille sur des sentiers tortueux. Ceux d'un vice énuméré par ce mari qui voit les événements à sa manière.
— xxXXxx —
Joli quatuor pour un petit déjeuner dominical spécial. Les cernes sous les yeux de notre invitée tendent à prouver que sa nuit, à l'instar de la mienne, s'est trouvée agitée. Franck lui, ne montre rien de particulier et j'en arrive de nouveau à douter de ce que j'imagine. Ces deux-là n'exposent rien qui puisse laisser croire qu'ils ont une relation incestueuse. La bouche en cul de poule, Christine minaude en riant. Puis la vie quotidienne et ses obligations nous happent une fois de plus. Le couple frère sœur repart, non sans nous avoir réinvités. Ce à quoi, je ne suis pas vraiment hostile. Pas enthousiaste non plus, ai-je besoin de le dire ?
À la maison, les jours passent avec une vitesse qui défie les lois du temps. Si Alex ne ramène pas sur le tapis son fantasme, je me pose bien des questions désormais. Il m'arrive de ne plus exclure la possibilité que… je puisse bien lui faire plaisir. Mais honnêtement ! J'ai une véritable peur panique de songer que ce Franck ou un autre pose ses pattes sur moi. Alors pour une femme, je n'arrive même pas à l'envisager. Pourquoi est-ce que dans mon esprit les femmes qui couchent avec une de leurs semblables sont-elles des lesbiennes. Tout bêtement parce que la bisexualité n'a jamais eu cours dans ma vie.
Un sujet qui ne m'a jamais effleuré l'esprit de près ou de loin. Là, il est mis en exergue par cette demande saugrenue de mon mari. Cette trouille maintenant s'accompagne d'une autre possibilité bien plus affligeante. Et s'il se lassait de ne pas obtenir de moi ce qu'il espère ? S'il se tournait vers une autre pour réaliser ses envies ? Pire… si celle avec qui il oserait portait déjà un prénom ? Et le pas pour lui donner celui de Christine est un pas qui s'impose soudain, logique, implacable. Ça me rend soucieuse, nerveuse et de plus en plus sombre, de songer que c'est une éventualité à laquelle je peux être confrontée.
Ce qui fait que je réponds favorablement à toutes ses sollicitations tant que ça se résume à un duo entre lui et moi. Je bénis chaque fois qu'il ne revienne pas sur cette histoire. Et ce soir, entre dessert et café, il me fait une surprenante annonce, qui pour anodine qu'elle soit, me couple le sifflet.
— Ma chérie, j'ai eu Franck au téléphone et demain, il est sur notre secteur. Christine est partie dans le Vaucluse chez des amis. Alors… j'ai pensé qu'il pourrait venir diner à la maison.
— Demain ? Diner ? Pourquoi pas ?
— Je savais bien que je pouvais compter sur toi. Il ne va tout de même pas passer sa soirée dans la maison vide de sa sœur.
— Demain ? Diner ? Pourquoi pas ?
— Je savais bien que je pouvais compter sur toi. Il ne va tout de même pas passer sa soirée dans la maison vide de sa sœur.
Je me tais et lui a de drôles d'étincelles dans les quinquets. De suite mes poils se hérissent, comme si un danger imminent allait me tomber dessus. Mais je me force à ne rien laisser voir de ma perplexité. Alex aussi semble avoir du mal de déglutir, ou est-ce encore une vue de mon cerveau embrouillé ? Sa voix d'un coup s'est faite plus rauque, plus éraillée.
— À moins que tu me donnes enfin satisfaction, ma chérie ?
— Satisfaction ? Comment ça te donner satisfaction ?
— Ne me fais pas l'injure de ne pas vouloir comprendre. C'est toi qui as suggéré que nous débutions par un homme, non ?
— Tu as de la suite dans les idées ! Tu reviens toujours sur ce genre de choses. Et je t'ai déjà dit que…
— J'en ai envie et puis… tu sais que c'est un type bien, il me semble. L'occasion fait le larron. Je propose et tu disposes. Je ne te force à rien mon amour, mais je reste persuadé que si tu tentes le coup, tu vas y trouver de quoi passer un bon moment.
— Tu ne peux pas une fois, te mettre dans la peau d'une femme à qui tu demanderais ce genre de service ? Pourquoi ne pas admettre que j'ai peur ?
— Mais peur de quoi ? Je suis là, je serai toujours là ! Et je ne te demande pas d'être amoureuse de mon ami, juste de m'offrir une nuit de sexe à trois…
— Et en contrepartie, je devrais te rendre la pareille, je suppose, mais avec sa frangine ensuite ? C'est bien cela ?
— Ai-je demandé une compensation ? Ai-je seulement fait allusion à une pareille demande ? Non ? Alors… mais il s'agit de ton corps et c'est bien à toi de décider. Je serais simplement bienheureux que tu envisages la situation plus sainement… et tu as toute la journée de demain pour y réfléchir. Et, quelle que soit ta décision, je l'accepterai sans t'en vouloir, mon cœur.
— Satisfaction ? Comment ça te donner satisfaction ?
— Ne me fais pas l'injure de ne pas vouloir comprendre. C'est toi qui as suggéré que nous débutions par un homme, non ?
— Tu as de la suite dans les idées ! Tu reviens toujours sur ce genre de choses. Et je t'ai déjà dit que…
— J'en ai envie et puis… tu sais que c'est un type bien, il me semble. L'occasion fait le larron. Je propose et tu disposes. Je ne te force à rien mon amour, mais je reste persuadé que si tu tentes le coup, tu vas y trouver de quoi passer un bon moment.
— Tu ne peux pas une fois, te mettre dans la peau d'une femme à qui tu demanderais ce genre de service ? Pourquoi ne pas admettre que j'ai peur ?
— Mais peur de quoi ? Je suis là, je serai toujours là ! Et je ne te demande pas d'être amoureuse de mon ami, juste de m'offrir une nuit de sexe à trois…
— Et en contrepartie, je devrais te rendre la pareille, je suppose, mais avec sa frangine ensuite ? C'est bien cela ?
— Ai-je demandé une compensation ? Ai-je seulement fait allusion à une pareille demande ? Non ? Alors… mais il s'agit de ton corps et c'est bien à toi de décider. Je serais simplement bienheureux que tu envisages la situation plus sainement… et tu as toute la journée de demain pour y réfléchir. Et, quelle que soit ta décision, je l'accepterai sans t'en vouloir, mon cœur.
Il est d'un calme olympien. Quant à moi, je me refuse encore à ouvrir les yeux. Toutes les fois où nous avons abordé ce sujet, inconsciemment ou non, je me suis trouvée dans mes petits souliers, et j'ai eu envie de faire l'amour avec lui plus violemment. Ce soir ne fait pas exception à cette règle et lorsque devant la télé, il débute ses grandes manœuvres, il sait d'emblée que je suis débordante d'humidité. Il se contente de ne pas le faire savoir, et c'est avec une fougue endiablée que nous renouvelons cet acte qui nous relie par mille et un sentiments. Mais cet affreux doute est là, niché au plus profond de mon être.
Et s'il avait raison ? Si, mes refus ne sont justifiés que par cette pétoche qui n'évite pas le danger ? Ça tourne dans mes méninges, ça me pourrit le reste de ma soirée et si je jouis, ce n'est pas l'extase des grands soirs. Juste bon, sans plus ! Lui s'en est-il seulement aperçu ? Il a réussi à cracher sa semence et pour lui, c'est habituel, sans questionnement. Je veux ne plus penser à ce Franck, à cet ami qui danse là sous ma tignasse. Et l'oubli dans un sommeil réparateur ou plus simplement libérateur est difficile à atteindre. Mince alors ! Tout me fait revenir à des images bizarres, à des mains inconnues sur moi.
Une fois endormie, je m'enfonce dans un cauchemar peuplé de deux queues qui me frôlent, et dont je ne vois jamais les visages qui doivent en théorie les accompagner. En un mot, en cent, je ne rêve que de deux bites dont une me parait connue… la seconde étant celle d'un illustre inconnu. Et je suis tout heureuse de sortir d'une nébulosité obsessionnelle et sexuelle d'un nouveau genre. Alex lui est déjà à la salle de bain pour sa douche matinale. Il déboule donc à la cuisine pour un petit déjeuner rapide. Il a l'air joyeux et comme à son habitude, c'est toujours en courant qu'il ingurgite une tartine beurrée en buvant son bol de café noir.
Il a, juste en m'enlaçant avant de quitter la maison, une phrase qui en dit long sur ce à quoi il pense.
— Bonne journée ma chérie. Et souviens-toi que mon copain Franck vient diner ce soir… et surtout, à notre conversation d'hier soir…
— Bonne journée mon cœur. Qu'est-ce que tu m'as dit hier soir ? Je ne me souviens que de la partie « jambes en l'air » ! Pas d'avoir discuté de quoi que ce soit !
— … je vois ! À ce soir donc, ma Lou.
— Bonne journée mon cœur. Qu'est-ce que tu m'as dit hier soir ? Je ne me souviens que de la partie « jambes en l'air » ! Pas d'avoir discuté de quoi que ce soit !
— … je vois ! À ce soir donc, ma Lou.
Son bisou sur le bout des lèvres a un gout étrange. Celui de la déception de cet homme que je chéris plus que tout. Mais comment faire pour allier cet amour avec sa requête si particulière ? Je n'ai aucune idée de ce que c'est que de se laisser tripoter par un autre. Et que ce soit en présence de celui que l'on aime n'est pas une excuse. Dans ma caboche, tromper c'est aussi cela. Voici une journée qui s'avère longue et tendue. Ne sachant sur quel pied danser, je dois cependant songer à préparer un repas digne de ce nom pour une soirée entre amis.
— xxXXxx —
Alex est rentré tôt. Il tourne et vire dans la maison, anxieux de ce qui se prépare ? Je suis encore sous la douche à son arrivée et j'ai, une fois n'est pas coutume, fermée la porte à clé. Il est venu à au moins deux reprises frapper à la cloison qui lui interdit d'entrer. Alors, j'imagine bien qu'il est fébrile. Moi ? Je suis encore en pleine concertation avec ma cervelle indécise. Je fais ou pas ce qu'il désire plus que tout ? Comme il faut bien commencer par quelque chose, autant que je sois la plus fraiche possible. Et la case douche, si elle me fait cogiter à toute allure est incontournable pour la beauté féminine. Je me plie volontiers à l'artifice d'un maquillage savant, pour ne pas dire élaboré.
Tout est prêt. Autant dans la cuisine que dans la salle de bain que je monopolise depuis plus de deux heures. La touche finale à ce grand ravalement de façade est à son apogée par un trait de gloss d'un rouge affolant. Une pression sur le vaporisateur de parfum, un « Coco Numéro cinq » de chez Chanel, et ma main libère résolument le pêne de la serrure. Il est là qui me regarde avec des yeux ronds tels des soucoupes.
— Waouh ! Tu en jettes mon amour ! Tu es très en beauté. C'est pour mon invité ?
— C'est pour ne pas te faire honte pour l'instant. Mais tu préfères que je le reçoive mal fagotée peut-être ?
— Non ! Non, c'est juste… parfait. C'est aussi une façon déguisée de savoir si… tu vas donner une suite favorable à mon désir.
— On verra ! Si tu es sage et puis… si ma trouille me laisse tranquille. Parce que j'ai beau retourner dans tous les sens cette affaire dans ma tête, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est une grosse connerie. Pourquoi est-ce que tu veux absolument faire ce truc ? En parler n'est pas suffisant pour toi ?
— Ça m'émoustille, mais je suppose que le vivre serait encore un cran au-dessus de cette envie qui me tord les tripes.
— Je… je t'assure que je ne sais même pas ce qui va m'arriver, et que ça me met dans un état pas possible.
— Je suis là et je t'aiderai si tu veux.
— Comment ? De quelle manière ? On voit bien que ce n'est pas toi qui dois… y passer !
— Ne force rien ! Laisse simplement faire les choses et on improvisera. Mais je dois dire que côté cuisine, ça embaume. Et là devant moi, j'ai la plus divine des créatures. J'ai envie de t'embrasser mon amour !
— Pas question ! D'une part parce que je n'ai pas besoin que tu foutes en l'air mon maquillage et puis c'est ta punition pour m'envoyer au casse-pipe. Tu es certain que tu vas m'aider ? Parce que je ne me sens pas le courage d'oser.
— T'ai-je jamais abandonné dans les plus difficiles moments de notre vie de couple ? Alors celui-ci doit être une fête ou il n'a pas lieu d'être. Si je te sens trop stressée, je ne t'imposerai rien. De toute façon, tu es seule maitresse de ton corps, tu en disposes comme bon te semble, il n'y a pas à revenir sur ce point. Je sais me contenter de ce que tu m'offres au quotidien, même si j'avoue qu'un peu de piment ne serait pas à dénigrer.
— Je… mon chéri, je te promets Alex d'essayer. Mais ne m'en veux pas si… c'est au-dessus de mes forces.
— Bien entendu que je ne t'en voudrai pas. Tu es… mon unique amour ma belle !
— Toi aussi Alex, et il faut que je t'aime vraiment pour… imaginer seulement que je peux le faire. Va aussi te doucher ! Après tout, j'aime les gens propres… alors, tu connais le chemin. Il me faut finir de dresser la table et je n'ai pas besoin de toi dans mes pattes. Tu as ta réponse ! File te faire propre à défaut d'être beau.
— C'est pour ne pas te faire honte pour l'instant. Mais tu préfères que je le reçoive mal fagotée peut-être ?
— Non ! Non, c'est juste… parfait. C'est aussi une façon déguisée de savoir si… tu vas donner une suite favorable à mon désir.
— On verra ! Si tu es sage et puis… si ma trouille me laisse tranquille. Parce que j'ai beau retourner dans tous les sens cette affaire dans ma tête, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est une grosse connerie. Pourquoi est-ce que tu veux absolument faire ce truc ? En parler n'est pas suffisant pour toi ?
— Ça m'émoustille, mais je suppose que le vivre serait encore un cran au-dessus de cette envie qui me tord les tripes.
— Je… je t'assure que je ne sais même pas ce qui va m'arriver, et que ça me met dans un état pas possible.
— Je suis là et je t'aiderai si tu veux.
— Comment ? De quelle manière ? On voit bien que ce n'est pas toi qui dois… y passer !
— Ne force rien ! Laisse simplement faire les choses et on improvisera. Mais je dois dire que côté cuisine, ça embaume. Et là devant moi, j'ai la plus divine des créatures. J'ai envie de t'embrasser mon amour !
— Pas question ! D'une part parce que je n'ai pas besoin que tu foutes en l'air mon maquillage et puis c'est ta punition pour m'envoyer au casse-pipe. Tu es certain que tu vas m'aider ? Parce que je ne me sens pas le courage d'oser.
— T'ai-je jamais abandonné dans les plus difficiles moments de notre vie de couple ? Alors celui-ci doit être une fête ou il n'a pas lieu d'être. Si je te sens trop stressée, je ne t'imposerai rien. De toute façon, tu es seule maitresse de ton corps, tu en disposes comme bon te semble, il n'y a pas à revenir sur ce point. Je sais me contenter de ce que tu m'offres au quotidien, même si j'avoue qu'un peu de piment ne serait pas à dénigrer.
— Je… mon chéri, je te promets Alex d'essayer. Mais ne m'en veux pas si… c'est au-dessus de mes forces.
— Bien entendu que je ne t'en voudrai pas. Tu es… mon unique amour ma belle !
— Toi aussi Alex, et il faut que je t'aime vraiment pour… imaginer seulement que je peux le faire. Va aussi te doucher ! Après tout, j'aime les gens propres… alors, tu connais le chemin. Il me faut finir de dresser la table et je n'ai pas besoin de toi dans mes pattes. Tu as ta réponse ! File te faire propre à défaut d'être beau.
Je ris… jaune et lui a les yeux qui brillent. Contentement ? Peur aussi sans doute, bien qu'il ne l'annonce pas. Ce n'est pas une mince affaire que ce qui se prépare. Et mon ventre est creusé par mille morsures. Celle du désir étant de loin, la moins violente. Le bruit de l'eau qui coule en cascade me renvoie à des images douces de sexe en folie. Je suis prise de panique de lui avoir donné, quelques instants plus tôt, un blanc-seing pour cette soirée à venir. Mon engagement me dépasse, me perturbe aussi. C'est donc les mains qui tremblent que je dresse mes trois couverts. L'horloge de la salle à manger marque le début d'une soirée étrange.
La sonnette de l'entrée n'est pas faite pour me rassurer. Alex me jette un coup d'œil et d'un pas normal, va accueillir son ami. Un rituel analogue à celui de sa première visite, celle où il est venu avec sa sœur se renouvelle. Les roses blanches sont sublimes et le champagne de circonstance qui les accompagne trouve respectivement place dans un vase pour les fleurs et au réfrigérateur pour les bulles. Le ton est donné. Je n'en suis pas pour autant mieux dans ma peau. Franck ne montre rien de ce qu'il espère, bien que je sente de temps à autre ses quinquets s'appesantirent sur moi, lorsque je fais quelques pas, entre cuisine et salle à manger.
Alex alimente la conversation, et l'autre lui répond. C'est une soirée agréable qui débute par la dégustation de gougères maison pour agrémenter l'apéro. Les souvenirs remontent en première ligne, celle de cette période d'avant ma venue dans la vie de mon Alex. Ils évitent bien sûr habilement le sujet « Christine », m'épargnant par là une foule de questions idiotes. Je bois trop rapidement une « Vodka-orange ». Ce qui fait qu'Alex m'en sert une seconde dans la foulée. Et je me sens grise avant d'avoir entamé le repas. Un comble pour une maitresse de maison digne de ce nom.
Je vois avec angoisse poindre le moment du dessert et comme les deux hommes veulent un café, la machine à expresso est un refuge pour quelques minutes. Je dois dire que je suis moins tendue qu'en début de repas. L'alcool y est pour beaucoup à mon avis. Et Alex qui vient me rejoindre est calme également. Il me fait un bisou dans le cou et me glisse dans l'oreille quelques mots sans vraie résonnance chez moi.
— Tu es formidable ma chérie. Franck te bouffe des yeux. On va s'installer au salon, tu nous y rejoins ?
— Attends ! J'ai bougrement peur… ne me laisse pas tomber, s'il te plait !
— Tout va bien se passer. Tu viendras t'assoir près de moi et je m'occupe du reste, ça te convient ?
—… comment veux-tu que je le sache ? Je n'ai jamais fait cela moi !
— Nous non plus, et nous ne sommes pas des bêtes. Alors, ne crains rien. Si je vois que ça te dérange trop, je mettrai un terme à notre petit jeu… Le tout étant que toi tu te sentes à l'aise et que tu lâches juste prise.
— Plus facile à dire qu'à faire ! C'est tout de même très… vicieux ce genre de truc. On voit bien que ce n'est pas… toi qui es à ma place.
— Je t'aime Lou. Je prends la bouteille de cognac et je t'en sers un verre ?
— J'en ai bien besoin ! Oui… un double même pour faire passer la pilule… Oh ! Alex qu'est-ce que tu ne me fais pas faire ?
— Je t'aime Lou… J'y retourne. Il va se sentir délaissé… nous t'attendons.
— Attends ! J'ai bougrement peur… ne me laisse pas tomber, s'il te plait !
— Tout va bien se passer. Tu viendras t'assoir près de moi et je m'occupe du reste, ça te convient ?
—… comment veux-tu que je le sache ? Je n'ai jamais fait cela moi !
— Nous non plus, et nous ne sommes pas des bêtes. Alors, ne crains rien. Si je vois que ça te dérange trop, je mettrai un terme à notre petit jeu… Le tout étant que toi tu te sentes à l'aise et que tu lâches juste prise.
— Plus facile à dire qu'à faire ! C'est tout de même très… vicieux ce genre de truc. On voit bien que ce n'est pas… toi qui es à ma place.
— Je t'aime Lou. Je prends la bouteille de cognac et je t'en sers un verre ?
— J'en ai bien besoin ! Oui… un double même pour faire passer la pilule… Oh ! Alex qu'est-ce que tu ne me fais pas faire ?
— Je t'aime Lou… J'y retourne. Il va se sentir délaissé… nous t'attendons.
Il en a de bonnes lui ! Mes jambes ont la tremblote. Je manque de renverser le pot de café en posant sur le plateau trois tasses et des petites cuillères. C'est à contrecœur que je file vers le salon. Les deux mecs ne parlent plus lorsque j'entre dans la pièce. Ils me suivent des yeux, ce qui accentue encore mon mal-être. Je dépose mon fardeau sur la table basse et prends place au milieu du canapé, face à ces deux lascars qui m'observent. Bien entendu, ma jupe trop courte remonte largement sur mes cuisses et j'ai beau tirer sur l'ourlet, le tissu n'est pas extensible. Je sers alors les tasses et pousse vers chacun d'eux celle qui leur est dévolue.
Alex remplit maintenant les verres d'une dose de cognac. Et alors que je ne m'y suis pas préparée, c'est notre invité qui m'interpelle.
— Tu es belle Lou. Alex a beaucoup de chance de t'avoir rencontré.
—… ? Mais… vous… tu as bien une amie tout de même ? Il m'a pourtant semblé que tu étais très proche de ta sœur !
— C'est si visible que cela ? Nous devrons donc faire plus attention dorénavant. Oui… c'est comme si nous n'étions qu'un. Mais tu es la femme avec un grand « F », celle dont tous les hommes rêvent au moins une fois dans leur vie. Il n'y en a qu'une telle que toi et… c'est Alex qui l'a. Il ne me reste plus que Christine. Pour en revenir à ce que tu as si justement deviné, c'est arrivé comme ça. Mais nous sommes un seul être divisé en deux personnes distinctes. Je n'ai pas l'impression de transgresser un tabou, ou faire quelque chose de mal. C'est juste que je me sens bien avec elle et qu'elle me donne ce qu'elle peut.
— Elle n'est donc pas jalouse de te savoir chez nous ce soir, alors qu'elle est loin ? Parce que moi à sa place, si Alex n'était pas présent… j'aurais des soupçons.
— Je ne sais pas ce que ton mari t'a dit. Mais elle et moi sommes d'accord pour vous faire plaisir. Séparément puisqu'apparemment c'est ton choix.
— Tu leur as raconté cela Alex ? C'est surtout lui qui désire ce genre de plan. Moi… je crève de trouille à cette idée.
— Tu ne dois en aucun cas te forcer. Si ça ne se fait pas, personne ne t'en blâmera. Sache juste que ce serait avec plaisir que… enfin tu vois ce que je veux dire.
—… ? Mais… vous… tu as bien une amie tout de même ? Il m'a pourtant semblé que tu étais très proche de ta sœur !
— C'est si visible que cela ? Nous devrons donc faire plus attention dorénavant. Oui… c'est comme si nous n'étions qu'un. Mais tu es la femme avec un grand « F », celle dont tous les hommes rêvent au moins une fois dans leur vie. Il n'y en a qu'une telle que toi et… c'est Alex qui l'a. Il ne me reste plus que Christine. Pour en revenir à ce que tu as si justement deviné, c'est arrivé comme ça. Mais nous sommes un seul être divisé en deux personnes distinctes. Je n'ai pas l'impression de transgresser un tabou, ou faire quelque chose de mal. C'est juste que je me sens bien avec elle et qu'elle me donne ce qu'elle peut.
— Elle n'est donc pas jalouse de te savoir chez nous ce soir, alors qu'elle est loin ? Parce que moi à sa place, si Alex n'était pas présent… j'aurais des soupçons.
— Je ne sais pas ce que ton mari t'a dit. Mais elle et moi sommes d'accord pour vous faire plaisir. Séparément puisqu'apparemment c'est ton choix.
— Tu leur as raconté cela Alex ? C'est surtout lui qui désire ce genre de plan. Moi… je crève de trouille à cette idée.
— Tu ne dois en aucun cas te forcer. Si ça ne se fait pas, personne ne t'en blâmera. Sache juste que ce serait avec plaisir que… enfin tu vois ce que je veux dire.
Trop bien oui ! Mon mari a donc bien parlé avec eux de son projet. Mon Dieu, rien n'est simple dans cette histoire. Je suis là, avec ma tasse en l'air, absolument ébahie par le ton que prend notre dialogue. C'est badin. Parler de sexualité comme si nous l'avions toujours fait, comme si c'était normal de vivre un pareil moment avec ce type qui pour moi est un parfait étranger. Un gars qui avoue sans fausse pudeur coucher avec sa propre sœur. J'ai du mal de reprendre mes esprits. Et machinalement, ma tasse vide rejoint sa soucoupe, et je siffle dans la foulée, cul sec, mon godet de cognac.
Les mecs sourient tous les deux. Ils persistent à me reluquer et savent naturellement que je me débats dans un monde de questions. Aucun ne cherche à tirer profit de mon désarroi. Ils restent sagement à leur place, observateur de l'oiselle que je suis qui s'enfonce dans son cauchemar. Comment aborder la partie technique de cette soirée ? Je ne sais même pas si j'ai envie d'aller plus avant ou de filer dans notre chambre à coucher, pour m'y planquer tant j'ai le rouge au front. Je prends l'initiative d'interpeller Alex.
— Tu vois bien que je ne sais pas vraiment…
— Tu me donnes carte blanche ou on arrête là notre petit jeu ?
— Fais comme il te plaira… moi je ne sais pas, plus où je suis.
— Bon… Je vous laisse deux minutes, pour aller chercher dans notre chambre un accessoire qui va te libérer, te permettre de lâcher prise. D'accord ?
— Fait ! Je ne pense pas que Franck va me faire du mal en ton absence…
— Bien sûr que non ! Je ne suis que votre invité et mon but est de vous donner du plaisir, pas de vous faire mal. Quand je dis vous, je m'adresse aux deux entités du couple.
— J'avais bien compris Franck, et je suis certain que mon ange aussi le sait bien. Allez, j'y vais ! Juste une seconde ou deux, je reviens, hein !
— Tu me donnes carte blanche ou on arrête là notre petit jeu ?
— Fais comme il te plaira… moi je ne sais pas, plus où je suis.
— Bon… Je vous laisse deux minutes, pour aller chercher dans notre chambre un accessoire qui va te libérer, te permettre de lâcher prise. D'accord ?
— Fait ! Je ne pense pas que Franck va me faire du mal en ton absence…
— Bien sûr que non ! Je ne suis que votre invité et mon but est de vous donner du plaisir, pas de vous faire mal. Quand je dis vous, je m'adresse aux deux entités du couple.
— J'avais bien compris Franck, et je suis certain que mon ange aussi le sait bien. Allez, j'y vais ! Juste une seconde ou deux, je reviens, hein !
Il se lève. Je me sens totalement larguée. L'ami lui a toujours son regard porté sur ma petite personne et plus précisément sur le canal que forment mes jambes avec le sofa, grâce à ma position assise. Je devine qu'il cherche à apercevoir le petit triangle de chiffon qui se niche au fond de ce corridor improvisé. Je ressers machinalement les gambettes, comme pour m'assurer de l'inviolabilité de l'endroit. Et Alex revient. À la main, il tient le loup que je pose sur mes yeux lorsque j'ai du mal de dormir ou que j'ai une migraine. J'ai compris. Alex veut me cacher le regard. Ou plus exactement, il veut m'éviter de voir qui va faire quoi.
Une idée comme une autre pour me permettre d'être invisible et de ne plus avoir peur ? A-t-il vraiment raison ? Seul l'avenir immédiat va me le faire savoir. Il tend l'objet à Franck.
— À toi l'honneur mon bon Franky. Tu veux bien ôter la vue à notre belle Lou ?
— Tu es d'accord Lou ? Tu me permets de te mettre ce bandeau sur les yeux ?
—… ou… oui !
— Tu es d'accord Lou ? Tu me permets de te mettre ce bandeau sur les yeux ?
—… ou… oui !
Je me racle la gorge pour déglutir avant de lui donner le feu vert. Immédiatement après ce oui, je le regrette déjà. Il est cependant trop tardif et lui s'est remis sur ses pieds et approche de ma place. Ses bras entourent mon visage et seule la bande de tissu sombre entre en contact avec ma personne. Les doigts nouent le ruban sur ma nuque et cette fois, je suis dans une obscurité complète. Je me sens d'un coup perdue. Que vont-ils me faire ? Sur ma droite le poids d'un corps que j'assimile à celui de notre hôte vient d'enfoncer l'assise. C'est immédiatement suivi d'un identique sentiment sur ma gauche. Les deux hommes sont donc de part et d'autre de moi. Lequel vient de coller sa main sur mon genou ?
— xxXXxx —
Une seconde pour faire bonne mesure. Et pas moyen de discerner celle de l'être aimé de celle de l'invité. Pas plus que je suis certaine de l'emplacement pris par chacun des deux garçons. Ça ne me rassure pas plus pour autant. Et savoir que sans doute une de ces pattes n'est pas à mon mari, ne pas être capable de distinguer l'une de l'autre, voici qui me perturbe plus que de raison. Mais je dois admettre que je ne fais rien pour empêcher l'une et l'autre de faire une avancée significative vers le haut de mes cuisses. Bien que pour le moment je garde mes deux quilles suffisamment serrées pour interdire toute intrusion sur mon sexe.
Le bisou qui atterrit sur ma joue côté gauche, je l'attribue à Alex, sans être persuadée que je sois dans le vrai. Je crois deviner que ce mordillement du lobe de mon oreille lui appartient également. Toujours aucune assurance que j'entrevois juste. Et la bouche dérive sur mes lèvres. Je suis au pied du mur. Ouvrir mes mâchoires et rouler une pelle, s'il s'agit de notre invité va me faire pénétrer dans le monde des salopes ? J'hésite, renâcle légèrement et puis je cède à la pression. Ouf ! Cette manière d'embrasser… il ne peut s'agir que de ta langue mon amour ! Un soupir accompagne ma pensée libératrice.
Je demeure raide comme un piquet de parc alors que les mains, elles, continuent leur ascension vers ce que je m'obstine à garder totalement hermétique. Alors, pour faire bonne mesure, mon sein gauche lui est empaumé en douceur. Le tissu qui en recouvre les rondeurs n'arrête pas les doigts fureteurs. La bouche qui m'embrasse insiste encore et encore et mon dos vient s'appuyer au fond du siège. Ce faisant, par ce geste anodin, mes deux cannes se disjoignent, facilitant finalement l'entrée entre elles de visiteurs dont je suis incapable de dire à qui ils appartiennent.
Je prie pour que les doigts désormais à la lisière de ma culotte soient ceux d'Alex. Mais rien ne vient confirmer mon hypothèse. Les lèvres qui m'embrassent s'éloignent d'un coup. C'est pour mieux revenir en plus pressées, en plus fougueuses. Je halète sous ces bécots dont je ne maitrise plus vraiment la durée ni la provenance. De ma gauche ou de la droite, je suis assaillie par des caresses qui évoluent toutes vers un seul et unique but. Celui de me tripoter la chatte. Du reste le bras qui s'obstine à vagabonder dans les parages de mon sexe tire délicatement sur la jambière de mes froufrous.
Lentement, mais sûrement, le triangle de dentelle glisse sur mes cuisses d'abord, aidé dans sa descente par la patte qui le cramponne. Vaincue, je suis vaincue ! Le long de mes mollets, le textile file vers mes chevilles et là encore, un par un mes talons sont soulevés pour permettre le passage de ce vêtement devenu gênant. Oui ? Gênant ? Mais pour lequel des deux ? Je réalise qu'il l'est bien sûr pour Franck comme pour Alex. Mes mains elles se crispent sur les coussins du canapé où les choses se passent dans des soupirs indescriptibles. Les miens surtout, alliés à ceux de ces deux compères qui m'arrachent des bouffées de chaleur.
Insidieuse et perverse, l'envie rampante qui me noue jusque-là les tripes montre son vrai visage. Y a-t-il un moment plus important qu'un autre pour que je me laisse aller ? De toute façon, incapable de résister plus longtemps à ces frôlements, à ces câlins si bien ciblés, je me coule dans la peau de cette femme que désire mon mari. Je ne tente pourtant pas de les toucher ces deux gaillards qui eux ne se privent plus de rien. Des bruits suspects autour de ma place font écho à mes plaintes de désirs. Je râle de plus en plus, au fur et à mesure que mon corps cède.
Il me semble par instant que seul un des deux mecs officie encore sur moi. Et d'autres sons que je n'identifie pas montent dans le salon. Mon chandail quitte mes deux monts et je sais bien que mon soutien-gorge est à la vue des deux affamés de sexe qui viennent de me retirer l'avant dernier rempart de ma dignité. Ma jupe aussi flotte quelques secondes sur mon derrière, le temps de suivre le chemin emprunté par ma culotte depuis un bon moment déjà. Cette fois, je sens les bretelles, de ce qui est l'ultime cache-misère de ma poitrine, qui se détendent sous un pouce et un index habiles.
Nue ! Je suis à poils devant mon mari et son copain. La honte est une amie qui me donne le rouge aux joues et au front. Lentement, je me sens soulevée de l'assise agréable des coussins du divan. Tout entière portée, je retrouve une position horizontale rapidement, mais cette fois sur la moquette du salon où les garçons me couchent. Et… je connais d'un coup l'origine des bruits bizarres qui m'ont intrigué quelques instants plus tôt. Eux aussi sont sans vêtement. Quand se sont-ils déshabillés ? Je souris de ma pensée idiote. Qu'est-ce que ça change désormais ? Je sais, je sens bien que je vais être baisée !
Et je me mets cette idée en tête. Je ne veux pas que ce soit à l'aveugle. Je veux savoir maintenant qui fait quoi. Alors, à la Cantonnade, je parle aux deux.
— Je… c'est possible que l'un de vous me retire mes œillères ? Je veux vous voir.
— Oh ! Ma chérie… je savais que tu apprécierais cette soirée. Je m'en doutais.
— Alors ? L'un de vous peut dénouer ce bandeau qui me rend aveugle ?
— Tout de suite Lou ! Je m'en occupe, bien sûr.
— Oh ! Ma chérie… je savais que tu apprécierais cette soirée. Je m'en doutais.
— Alors ? L'un de vous peut dénouer ce bandeau qui me rend aveugle ?
— Tout de suite Lou ! Je m'en occupe, bien sûr.
Franck dit ces quelques mots avec une étrange émotion dans la voix. Puis il rajoute pour faire bonne mesure avant que mes prunelles ne retrouvent la lumière totalement…
— Je te préviens que je suis… nu tout comme Alex.
— … ! Je sais… je sais.
— … ! Je sais… je sais.
Moi aussi je laisse échapper dans un soupir cet aveu. Et je rouvre les paupières. D'abord, seul le plafond apparait dans mon champ de vision revenu. Puis d'un côté Alex qui me regarde avec une sorte d'appréhension. Quant à son pote, il me sourit et sa main tient la mienne. Je ne m'en rends compte qu'à cet instant-là. Ces doigts… pourquoi ne sont-ce pas les tiens ? Jusque-là j'ai cru que tu m'accompagnais dans mes premiers pas vers l'offrande à un autre de mon corps. Du coup, je réalise que peut-être c'est Franck qui prend le plus soin de moi. Comment est-ce possible ?
Lorsque sans à coup il dirige mes doigts vers ce que je pressens bien raide et hyper dur, je ne fais rien pour interdire le mouvement de se réaliser. Un long frisson me parcourt l'échine alors que ma paume lisse l'engin chaud. Puis j'encercle l'objet pour imprimer à mon poignet un petit mouvement de haut en bas. Lui aussi a un vrai soupir… de soulagement. Je le masturbe lentement. Sans regarder ce que je fais, juste à l'instinct. Sur mon autre flanc, mon mari lui attend une caresse similaire. Eh bien ! Qu'il connaisse un peu les affres de la non-venue de celle qu'il espère.
Pour la première fois de ma vie, je branle une bite qui n'est pas celle de mon homme. Je m'applique à faire de mon mieux. Et le spectateur qu'est mon mari doit se contenter de la scène que nous jouons l'invité et moi. Drôle soudain comme les gestes deviennent mécaniques, comme les similitudes ressortent. Je m'imagine simplement que ce bâton, c'est celui d'Alex et je fais aller et venir ma main sur la longueur de sa hampe. Rien de bien compliqué. La nature humaine est ainsi faite que passé le cap du tabou, les gens voient tout d'un œil différent. Je m'enhardis alors en faisant basculer mon corps sur le flanc.
Derrière moi, du coup, mon mari est obligé de se redresser un tantinet pour visualiser ce qui se passe. Cette idée me donne encore plus envie de le laisser mariner dans son jus. Il a voulu ce qui arrive et bien… il va l'avoir et devra, jusqu'à la lie boire le calice. Avec les va-et-vient de mon poignet, j'ai désormais la vision aussi de cette queue que j'astique avec application. La vue… c'est paradoxal, oui ! Puisque je vois et bien mon envie décolle. Et sans plus tergiverser, je baisse ma tête vers le centre de ce corps étranger. Je stoppe sa descente à quelques centimètres de ce gland qui se montre et se cache au rythme de ma masturbation.
Un souffle sur mes fesses me fait me souvenir que nous ne sommes pas en duo. Grand bien lui fasse de venir me lécher le derrière. Je ne rechigne plus puisqu'apparemment, ça l'excite davantage de me voir sucer son pote. Il va avoir ce qu'il mérite, après tout, c'est bien le but de cette soirée, non ? Et du coup, ma bouche s'entrouvre, mes narines frémissent. Et voilà ! Je taille une pipe à Franck. Quant à Alex, lui me passe sa langue dans la raie des fesses. Il n'a guère d'autres possibilités au vu de la position que j'adopte depuis quelques secondes. Alors, en refermant mes lampions, je me mets à l'ouvrage. Tu l'as voulu mon vieux… tu vas être servi !
— xxXXxx —
Le jour s'achève, et avec la nuit la pluie. Il pleut sur la vitre derrière laquelle je regarde la rue. Alex n'est pas encore rentré et les routes aux alentours sont glacées. Deux semaines déjà se sont écoulées depuis que… j'ai fait l'amour avec son ami, devant lui. Il n'a pas cherché à intervenir durant l'acte. Bien sûr, dès que Franck est parti, c'est-à-dire le lendemain matin, nous avons repris nos habitudes. Mais c'est comme si un ressort s'était cassé chez moi. Une sorte de langueur latente qui m'empêche de réaliser ce qui s'est produit. Si je prends encore un certain plaisir avec mon mari, il me manque toujours un petit quelque chose pour que j'atteigne le nirvana.
J'ai bien peur que son histoire de baise en trio, qui finalement n'a eu de trio que le nom, puisqu'il est resté observateur attentif tout au long de mes ébats avec son ami, ai abimé la belle image que j'avais de lui. Il réclame depuis sa part du gâteau. Sans arrêt, il ramène sur la table le sujet d'un trio avec… Christine. Je ne sais pas si j'ai bien envie de le voir fourrer une autre femme. Parce que derrière la façade, je suis blessée. Oui… blessée de m'être livrée aussi facilement, de m'être rendue à ses raisons. Mais surtout, je ne parviens pas à oublier le fait que ce que Franck m'a donné… et bien, ça m'a fait frissonner.
Je suis certaine que j'ai joui et bien aussi fortement qu'avec Alex… peut-être plus, à certains moments. Était-ce dû à la situation ? Ou bien à une manière nouvelle de faire l'amour ? Ça me pose plus de questions que je n'ai de réponse et là… je suis tourmentée. Parce qu'il est dans l'ordre des choses que je respecte ma parole bien entendu. Mais si d'aventure lui ressentait pour la sœur de son ami, une attirance aussi violente que celle que j'observe chez moi, pour le frère… c'en est fini de nos amours tendresses. Alors, je suis tiraillée entre une expérience hors norme et la peur de voir mourir nos plus belles années.
Oh ! Alex ! Tu as ouvert la boite de pandore et en sortirons-nous indemne ? Tout ceci tourne dans ma caboche. La pluie du soir tourne en verglas. Le téléphone me tire de mes rêveries.
— Allo !
— Ah, ma chérie, je suis dans un embouteillage, un accident sans doute. Ne t'inquiète pas, ça commence à se résorber et je devrais être là dans une petite demi-heure… devine qui vient diner demain soir à la maison !
— Demain ? Tu as invité quelqu'un pour demain soir ?
— Oui ma chérie… deux personnes.
— Alex ! Tu es incorrigible. Bon, rentre vite et tu me diras qui vient.
— Bise mon amour… je t'aime.
— Oui ! À tout de suite.
— Ah, ma chérie, je suis dans un embouteillage, un accident sans doute. Ne t'inquiète pas, ça commence à se résorber et je devrais être là dans une petite demi-heure… devine qui vient diner demain soir à la maison !
— Demain ? Tu as invité quelqu'un pour demain soir ?
— Oui ma chérie… deux personnes.
— Alex ! Tu es incorrigible. Bon, rentre vite et tu me diras qui vient.
— Bise mon amour… je t'aime.
— Oui ! À tout de suite.
Pourquoi est-ce que j'évite de m'avancer plus ? Je ne lui rends pas son « je t'aime », sans trop m'en expliquer les raisons. Oui ! Un ressort est bel et bien cassé. Et j'ai aussi déjà une petite idée de qui va diner ici. Christine et son frère sans aucun doute. Avec lequel des deux va-t-il me demander de partager un peu d'intimité ? Bizarre question qui revient sur le devant de la scène. Comme si je ne sais pas déjà ce qu'il attend. Cette Christine blonde, après tout il peut aussi se la taper, pourvu que je puisse faire de même avec son frérot ! Mais… demain n'est plus si loin.
— xxXXxx —
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Commentaires ()
La suite ne me paraît que plus excitante !
Ce couple est en danger, j'attends anxieusement de savoir comment tu vas développer cette situation!
Un vrai régal de te lire, merci!