Vengeance d'une mère
Chapitre 1 · Où rêve d'un soir de séparation
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Vengeance d'une mère — Chapitre 1 · Où rêve d'un soir de séparation

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Vengeance d'une mère

Chapitre 1 · Où rêve d'un soir de séparation

L'orage ! Il va arriver. De gros nuages noirs assombrissent le ciel et là-haut, sur les crêtes, un lourd rideau d'eau court pour descendre de la montagne. Les premiers éclairs sont là et me font déjà sursauter. La bonbonne de gaz vide que je viens de mettre dans le coffre de la voiture. Zut ! Je dois faire vite avant que toute cette flotte ne vienne me tremper jusqu'aux os. C'est bon ! La station-service où je sais trouver une bouteille pleine est au centre de la ville. Cette fois, je suis rattrapée par les gouttes énormes et le vent qui balaie la route.
Dans le col par lequel je file vers mon but, je vois les arbres secoués par les rafales plutôt violentes et je prie muettement pour qu'aucun d'entre eux ne soit déraciné ou en travers de la route. Finalement, je suis plus en sécurité dans les premières habitations du quartier que je traverse. Encore un petit kilomètre et je vais arriver chez mon vendeur attitré. Voilà ! Le type est sympa, c'est sous la pluie battante qu'il prend dans mon coffre la bouteille vide et y replace la pleine. Je règle la note de mon achat et je repars doucement.
Je dois remonter la rue en sens unique pour aller tourner vers l'hôtel tout au bout, afin de reprendre mon chemin. Un long détour qui en temps ordinaire ne me dérange pas vraiment. Mais là, avec mon repas qui n'est pas prêt, et cette flotte, c'est galère. Les essuie-glace de mon véhicule ne suivent plus. Je dois me garer et attendre patiemment que ça se calme un peu. C'est donc le long du trottoir, bien rangé que je prends mon mal en patience. Si bien sûr, le pare-brise est submergé, la vitre latérale côté passager qui donne sur l'entrée de l'hôtel n'est pas autant affectée par cette eau du ciel qui pourtant tombe drue.
Machinalement, je tourne la tête vers le perron et les portes vitrées du lieu. Et d'un coup, je n'en crois pas mes yeux. C'est lui ? Ce n'est pas possible, je ne veux pas y croire. Il est là ! Oui ! Michel, mon mari. Non ? Et la femme qui le tient par la taille, alors qu'abrités tous deux sous l'auvent de l'entrée, ils attendent visiblement comme moi que le plus gros de la colère du ciel retombe, c'est… Véronique. La femme de Joshua, notre médecin de famille. Mais… je dois rêver. Ma vue est sûrement troublée, déformée par cette douche monstrueuse qui s'abat sur notre ville et la région tout entière. Je ne veux, ne peux pas croire ce que je vois.
À quelques dizaines de mètres, à l'abri de la pluie et surtout des regards curieux, elle embrasse mon homme. Pas un bisou amical sur la joue. Bien sûr que non ! Le doute n'est plus permis. Ces deux-là sont bien plus que des amis. Le baiser qu'ils échangent est le même que ceux que je partage avec Michel, quand il se sent pousser des ailes amoureuses. Et là, je suis tétanisée par ces deux visages qui se rejoignent pour souder leurs lèvres d'une manière suffisamment explicite pour que toutes mes illusions s'effacent. Merde alors !
Les deux silhouettes qui se roulent encore une pelle sans s'imaginer une seule seconde que la scène a eu un témoin, entrent dans le hall de l'hôtel. Ils viennent donc de disparaitre de mon champ de vision, happés par l'entrée de l'établissement. Et moi, je demeure là dans ma bagnole, comme une conne. Je tremble comme une feuille alors que les soubresauts des éclairs de l'orage allument encore le ciel noir au-dessus de la ville. Puis lentement le vent chasse les nuages qui continuent leur route vers l'est. Je ne sais plus vraiment où je suis ni seulement ce que je fiche là.
Machinalement, je tourne la clé et remets le moteur en marche, je rentre chez moi, totalement désorientée, déboussolée par cette vision de Véronique et Michel enlacés. C'est donc bien vrai que les derniers au courant sont les cocus ! Parce qu'à n'en plus douter, ces deux-là ne sont pas allés dans cet établissement pour se protéger de la pluie ou de l'orage, non ! Les baisers que j'ai vus sont bien le signe de la duplicité de Michel. Et ça me trotte dans la caboche, ça me fait aussi un mal de chien dans la poitrine. À tel point que je dois m'assoir pour ne pas tomber.
Avec l'immense désespoir qui m'envahit, monte également une sorte de rage folle. Dirigée contre mon mari, lequel jure m'aimer à tout bout de champ et je revois encore le moment matinal de ce jour, celui qui a précédé notre lever. Nous avons fait l'amour… avec une force et une envie très amoureuse. Ses mots, ses murmures, ses « je t'aime », tout cela est donc faux ? Comment peut-il me dire ces mots-là, me baiser et l'après-midi suivant se taper la femme du toubib ? Qui soit dit en passant et aussi la femme de notre ami Joshua ! Oui, comment peuvent-ils ainsi nous trahir ? Je n'arrive plus à penser sainement.
Toute ma rancœur se déverse en larmes de douleur que je ne retiens plus. Sur le siège de ma cuisine, avec la bonbonne de gaz plantée au milieu de ma carré, je suis sans force, anéantie par les images qui me foutent un sacré coup de blues… et une véritable haine de ces deux-là, dont j'imagine aisément ce qu'ils font en ce moment. Puis un bruit de véhicule qui s'arrête sur la route proche de notre maison… zut ! C'est Liam, notre fils qui rentre de ses cours. Le bus le dépose chaque vendredi, à quelque cent mètres d'ici. Je dois à tout prix ne rien montrer.
Le temps de sécher mes yeux, de me redresser, mue par une force insoupçonnée, je garde en moi, cette hargne qui me fait serrer les poings. Juste à temps parce que Liam est déjà dans l'entrée.
— Maman… je suis rentré !
— Oui, oui mon chéri, je suis dans la cuisine. Je change la bouteille de gaz.
— Ah ! Tu as besoin d'un coup de main ?
— Non, non mon chéri, c'est gentil, mais c'est presque fini. Mais tu as le droit de venir me faire un bisou.
Il accourt ! Et mon Dieu comme c'est réconfortant de voir le sourire de ce beau jeune homme qu'il est devenu.
— Ça va maman ? On a eu un de ces orages en traversant la ville… il a dû taper fort. Ici aussi il a sévi ?
— Oui… juste au moment où je suis allée chercher une autre recharge de gaz… un peu de grêle ou d'énormes gouttes d'eau… Ça va toi ? Ta semaine s'est bien passée ?
— Oui… encore quelques semaines et les examens, tant mieux, je suis fatigué de ces aller et retour pour mes cours. Papa n'est pas encore rentré ? Demain nous allons à la pêche normalement. Et avec l'orage, la rivière a sûrement pris de la flotte, c'est bon pour la truite ça !
— Non ! Mais tu le connais. Il a toujours un truc de dernière minute ton père. Oui… un gros ennui sans doute.
Je laisse tomber cette phrase avec une sorte de violence rentrée. Je lis sur le visage de notre fils un étonnement qui lui fait froncer les sourcils. Mais il s'abstient de tout commentaire. A-t-il senti ma rogne ? Pas question que je le mêle à nos histoires de couple. Je suis pourtant si secouée que ça doit transparaitre dans ma manière de bouger, de parler aussi ? Peut-être ! Mais Liam n'y est pour rien. Il est là et c'est bien ! Ça me redonne un peu de courage. De plus, il ne cherche pas à discuter et va dans sa chambre.
— Je vais ranger mes affaires et prendre une douche… Qu'est-ce que tu nous as fait de bon à manger, maman ?
— Ben, pas grand-chose mon cœur, pour le moment. Plus de gaz, mais ça va s'arranger… une petite soupe « de femme qui voyage », ça te va ? Avec des pommes de terre sautées et une côte de porc…
— Oui… je t'aime maman ! Tu sais comment nous apprivoiser papa et moi ! Mon ventre te dit déjà merci…
Comment apprivoiser son père ? Mon Dieu, pas si certaine que ce soit la vérité de ce côté-là. Et revoici la scène des pelles qui refait surface dans mon esprit. Salaud de mec, qui se tape la femme de notre meilleur ami. J'en suis verte de rage. Et pourtant… je fais bouillir de l'eau dans une casserole pour ma soupe de petites pâtes, puis je prépare mes patates. Et dix-huit heures sonnent au clocher de l'église, tout au fond de la vallée. Des bribes de musique me parviennent de la chambre de mon fils. Est-ce qu'ils ont fini de baiser les deux amants ? Qu'est-ce qu'elle lui donne Véronique qu'il n'a pas dans notre lit ? Toutes ces questions qui me font mal… sont là à tournicoter dans ma tête.
— oOo —
Vingt heures trente, le bruit du moteur qui enfle dans le garage. Je suis sur la défensive, curieuse de savoir l'excuse qui va m'être servie. Et les explications vont devoir encore patienter parce que Liam a entendu la voiture qui rentre. Du corridor des chambres, il m'interpelle.
— Maman ? C'est papa qui rentre ?
— Oui mon chéri… nous allons enfin pouvoir passer à table.
— J'arrive… le temps de me laver les mains…
Pendant ce temps la porte de communication entre cuisine et garage s'ouvre. Il est là, l'air tellement naturel. À croire que je me suis fait un film.
— Ça va Célia ?
— Ça ne devrait pas ?
— Il n'y a pas eu de dégâts suite à ce foutu orage ?
— Non… enfin, pas ceux qu'on imagine.
—… ?
Il vient de grommeler un truc que je ne perçois pas en totalité. Au moment où il arrive près de moi, pour le traditionnel bisou de retour, notre fils aussi rapplique et je laisse faire, mais ne réponds pas à son bécot. Bien sûr, empressé de serrer contre son cœur son rejeton, il ne fait aucun cas de ma non-réponse. L'a-t-il seulement remarquée ? Pas certaine. Il a l'air heureux, joyeux. Comment peut-il ne rien laisser deviner de la sorte ? C'est… je bous, littéralement de l'intérieur et me fais violence pour qu'un orage plus familial celui-ci n'éclate pas là. Non ! Ne pas mêler notre fils à ce micmac… il ne perd rien pour attendre.
Ce qui d'habitude est un bon moment, un instant très sympa que ces retrouvailles de la cellule familiale pour le week-end est pour moi gâché par l'obsédante vision d'une pelle échangée entre celui qui est là et Véronique. Dire que je dois faire bonne figure, ne rien laisser transparaitre pour que Liam ne se doute de rien. À vingt ans notre gamin est pourtant en âge de comprendre. Mais c'est moi qui veux le ménager. Il a sûrement assez de soucis avec ses études, sans que j'en rajoute avec ma jalousie. Oui… c'est cela ! Je suis malade à en crever de jalousie. À m'en casser les dents à force de serrer les mâchoires.
Et les hommes qui discutent « pêche » puisque demain une partie de ce loisir est prévue. Puis le repas qui se déroule dans un drôle de climat, une ambiance bizarre. À diverses reprises, je vois la fourchette de mon mari qui stoppe sa course à mi-chemin entre son assiette et sa bouche suite à mes réponses ambigües pour ne pas dire cinglantes. Il ne revient pas non plus sur certaines de mes phrases à double sens, ou fait-il semblant de ne pas les entendre. Et alors que je m'affaire dans la cuisine, ils partent ensemble préparer la barque qui va leur servir demain matin.
Je ronge mon frein. Soirée calme devant la télé pour Liam et son père, devant un match de foot qui me prend encore plus la tête. Puis notre fils qui part se coucher me laissant en tête à tête avec Michel. Et monsieur a une petite envie ! Ben pas moi, mais alors pas du tout. Passablement énervée même, je le repousse assez vertement.
— Ah ! Non ! Pas ce soir.
— Bon… tu peux m'expliquer Célia ? Toute la soirée depuis mon retour du taf, j'ai eu droit à des mots peu amènes, à des réponses saugrenues… et maintenant ce refus… Qu'est-ce qui t'arrive ?
— Tu n'en as pas une petite idée ? Vraiment ?
— Non ! Je ne vois pas pourquoi tu me prends pour cible… J'ai juste envie de faire l'amour avec toi, où est le drame ?
— Le drame ? Non, mais tu me prends pour une idiote ?
— Tu me dis ce que tu as sur le cœur parce que là, j'avoue que je nage dans le flou.
— Pendant l'orage, je suis allée chercher une bonbonne de gaz… et j'ai dû m'arrêter tant les trombes d'eau étaient violentes…
— Je ne vois toujours pas où tu veux en venir !
— Ma pause s'est faite juste devant le « Grand Hôtel » là ça devrait un peu plus te parler ?
—… ? Je… franchement, je ne vois pas.
— A moins que tu aies un sosie en ville… et Véronique une sœur jumelle, non ! Ça ne te parle toujours pas ?
— Mais…
— Quoi, mais ? C'est tout ce que tu trouves à dire ? Je n'ai rien dit devant Liam, mais là, tu me dois quelques explications.
— Je… ce n'est pas ce que tu crois !
— Ah non ? Qu'est-ce qui justifie alors que tu lui roules une pelle avant d'entrer dans le hall de l'hôtel ? Il y a longtemps que ça dure votre histoire ? Je ne te donne pas assez sans doute ?
— Ce n'est pas ça… c'est juste un coup de peau… un truc sans lendemain !
— Tu te fiches de moi ? Véronique c'est la femme de notre meilleur ami, Joshua. Tu crois vraiment qu'il va être content lorsqu'il va l'apprendre votre « coup de peau », votre « coup d'un soir » ?
— Pourquoi devrait-il le savoir ?
— Pour les mêmes raisons qui font que je suis au courant… et puis je ne vais sûrement pas passer l'éponge sur cette affaire. Tu me fais cocue et je devrais faire comme si c'était normal ? Tu me prends pour qui ? Pour quoi surtout ? Je veux que tu fasses ta valise…
— Quoi ? Je suis aussi chez moi ici, il me semble.
— Ou tu pars, ou c'est moi qui quitte la maison. Mais avant cela, je vais faire un scandale chez la belle Véronique… à toi de voir.
— Tu… tu n'es pas sérieuse là, Célia ?
— Ah non ? Tu veux le parier ?
— Parle moins fort ! Liam n'a pas à être mêlé à cela.
— Mais tu y penses à ton fils toi, lorsque tu t'envoies en l'air avec Véronique ? Hein, tu y penses à nous ?
— Je te jure que ça n'est arrivé que deux fois… et je ne sais pas pourquoi, j'ai cédé.
— Ça suffit. Je ne vais pas compter les coups que tu lui as donnés à cette poufiasse. Une fois ou vingt, c'est du pareil au même je suis trompée et c'est insupportable. En plus dans notre ville, comme pour bien me faire passer aux yeux de tous pour une belle conne. Tu pars ou c'est moi qui le fais ?
— Attends ! On peut parler, non ? J'ai le droit de me défendre !
— Défendre de quoi ? Tu sautes cette salope et tu vas encore te trouver des excuses ? Pour finir, tu vas tourner les choses de façon à ce que je me sente coupable, c'est bien cela ? Eh bien non ! Je ne vais pas encore en plus te dire merci.
— Célia bon sang !
— Fiche le camp ! Laisse-moi tranquille, bon sang.
Michel essaie encore de se raccrocher aux branches. Il tente de poser sa main sur mon avant-bras. Je refuse tout contact physique et il est là avec de grands yeux tristes. Mais je suis au-dessus de cela, loin dans ma colère. Il n'a plus son mot à dire et je ne veux, ne peux plus entendre raison. Tout mon corps se raidit à la seule idée qu'il puisse me toucher après avoir tripoté l'autre. Ah non ! Il baisse la tête et ses poings sont fermés à s'en blanchir les articulations des doigts. Il ne sait plus quoi dire. Je le bouscule encore un peu plus.
— Alors ? C'est toi qui pars, ou moi ?
— Mais… ma partie de pêche demain avec notre fils ?
— Il fallait y songer avant mon vieux ! Tu m'as assez prise pour une imbécile. J'aurais pu tout entendre, tout discuter. Mais tu m'as trompé et pas avec n'importe qui ! La femme de notre meilleur copain… je ne peux pas laisser passer cela ! Non ! C'est au-dessus de mes forces. Et je ne sais pas comment son mari va réagir… Bon sang ! Véronique ! Il y a des milliers de femmes en ville, pourquoi elle ? Et puis pourquoi m'as-tu fait ça ? Qu'est-ce qu'elle te donne que je ne t'offre pas ?
—…
Il se tait, résigné. Michel tourne les talons et file vers notre chambre. Je l'entends qui farfouille dans les tiroirs de la commode, puis dans le dressing. Il est blême lorsqu'il revient vers moi avec un sac de sport rempli de fringues. Ses yeux de chien battu ne me font pourtant aucun effet. C'est lui qui s'est mis dans une telle situation. Ma rogne est si grande que je suis là, incapable de contenir ce fiel qu'il a libéré en moi. Qu'il fiche le camp ce salaud ! Il a encore une hésitation !
— Tu… Célia, tu es sûre qu'on ne peut pas en discuter calmement ? Je t'assure, elle n'est rien pour moi.
— Pour moi ce n'est pas rien. Tu viens de foutre en l'air tout ce que nous avons bâti au cours d'une vie. J'ai quarante-huit ans, et je découvre avec horreur que celui en qui je croyais, celui avec qui j'ai un fils n'est qu'un baiseur. Il y en a sûrement eu d'autres avant elle. Non ! Je ne passerai jamais l'éponge sur tes frasques. Tu aurais dû y penser avant de la baiser…
— Arrête avec ça !
De nouveau sa patte est là qui vient à la rencontre de mon poignet. Il essuie le même refus net.
— Ne me touche pas, plus jamais, c'est compris ? Va la retrouver pour continuer ou renouveler ce que vous avez fait dans une chambre du « Grand Hôtel ». Là, je n'existais plus… Voilà ce qui arrive quand on se laisse diriger par sa queue… va-t'en, fiche le camp, Michel.
— Demain, je serai là pour Liam… pour la partie de pêche prévue.
— Ne compte pas que je vais te faire à manger… et pour cette nuit, va au diable !
— oOo —
L'étrange silence qui retombe sur la maison m'étreint. Le coup de folie colérique passé, je suis vidée. Me voici affalée sur le canapé du salon, incapable de retenir les sanglots qui me secouent le corps. La rage, la colère tout se dilue en cet instant, dans ces larmes qui desserrent l'étau de mon cœur meurtri. Je sais bien que ce n'est qu'un coup de canif dans un très vieux contrat. Mais c'est plus fort que moi. Je ne vois pas comment pardonner cet affront. Parce que pour moi, il s'agit bien de cela. Je suis bafouée, salie par un homme que j'ai aimé, que j'aime sûrement toujours de toutes mes forces.
Et ça me fait d'autant plus mal que la trahison ne me revient que parce que je les ai aperçus qui s'embrassaient avant d'aller… coucher ensemble. Toutes ses mièvreries, ses excuses à deux balles, ne m'ont en rien convaincue. Si au moins, il avait exprimé le moindre petit remords, le plus minuscule regret. Mais rien de tout ceci… juste « c'est pas ma faute », comme si j'étais finalement la cause de cet état. En quoi ? Parce que je ne me souviens pas d'avoir seulement une seule fois minaudé pour faire l'amour avec lui. Et quand je parle de faire l'amour, c'est vraiment de cela qu'il s'agit. Il n'a jamais montré un seul signe de manque après nos parties de jambes en l'air… je ne pige plus rien.
C'est donc au radar, les yeux embués que je vais me coucher. Seule dans notre chambre, le grand lit me parait immensément vide. Des tas de trucs me passent par la tête. Des questions insolubles aussi ! Comment vais-je faire sans Michel désormais ? Il me manque déjà, alors qu'il n'y a pas une heure qu'il a fait sa valise. Impossible de retenir mes sanglots et alors que je m'y attends le moins, la porte de ma chambre qui s'entrouvre.
— Ça ne va pas maman ? Tu pleures ? Où est papa ?
— Liam ! Sois gentil, ne me pose pas de question ! Nous nous sommes disputé ton père et moi, mais il sera là demain pour t'emmener à la pêche.
— Disputer ? Il y a un problème maman ? Pourquoi je ne suis jamais informé de rien, dans cette maison ? Tu ne veux pas m'en dire plus ?
— Il n'y a rien qui te concerne mon chéri… sois-en certain. Tu n'as rien à voir dans nos différends.
— Tu… tu crois ? Parce que tout de même toute la soirée, tu as asticoté papa, c'est donc plus grave que je ne pense ?
— Arrête… tu veux bien ?
— Maman, je n'ai plus dix ans, je ne suis plus un gamin ! Tu es une très belle femme et ça me rend malade que vous vous soyez attrapé papa et toi…
— C'est bon ! N'en parlons plus. Il est parti, mais demain il sera là, pour toi !
— Pas pour toi ? Je ne comprends pas…
— Ne t'inquiète pas ! C'est juste une affaire entre grandes personnes.
— Parce que tu vois encore en moi un mioche ? Maman… j'ai vingt ans… tu t'en rends compte ?
— Oui… je veux juste te faire comprendre qu'il y a des ennuis dont les parents ne discutent pas avec leurs enfants, c'est tout.
— Tu es belle, je ne comprends rien. C'est grave ? Une autre femme ?
— Arrête veux-tu ! Tu n'es pas concerné mon cœur…
— Oh… comme tu veux, mais ne pleures plus, s'il te plait. Ça me fait de la peine.
Il s'est assis sur le bord du lit, du côté où habituellement dort son père. Et sa main me caresse la joue. Je frissonne et mes larmes coulent de plus belle. Alors, sans que je comprenne vraiment comment, il me passe le bras autour du cou. Et mon visage se retrouve contre sa poitrine. C'est vrai qu'il est solide et il me berce comme il le ferait d'un bébé. Je me sens trop bien. Dorlotée, presque trop du coup. Et ses mains sont d'une incroyable douceur, alors qu'elles me câlinent les cheveux. Sa voix se fait miel. Lentement il me rassure avec ses gestes trop masculins, avec ses mots tellement sensés.
Tout doucement je me sens chavirée. Alors encouragé tacitement, il se colle de tout son long à la place de ce père défaillant. Entre moi et lui, juste le drap. Bien entendu, il est en pyjama et moi en déshabillé, mais mon vêtement est si fin, diaphane. Je me sens envahie par des sentiments terriblement contradictoires. Ceux d'une femme dont le contact mâle fait monter graduellement le désir. Et je ne sais plus trop faire la différence entre l'homme et le fils. Les mains sur mon visage sont de plus en plus audacieuses et je dois faire cesser cela avant qu'il ne soit plus possible de lui faire comprendre que ce n'est pas réalisable.
Mais déjà les doigts sont sur ma nuque et ils massent délicatement la plage découverte alors que ma joue repose contre sa cuisse, sur le bord de l'oreiller. Et je devine ce qui ne peut pas, ne doit pas être effleuré par une mère. Mais au fond de mon cœur, je n'ai guère d'envie de le voir repartir dans sa chambre. Il n'y a plus de mots dans la chambre, juste mes soupirs qui font une sorte d'écho à ceux de Liam. Je sais bien que c'est une erreur, que je ne peux pas, et pourtant, c'est incroyable qu'au fond de mon ventre ce soit la tempête. Lui bien sûr ne fait que des mouvements pour me calmer les nerfs. C'est que je veux croire, me dire aussi.
Combien de temps durent ces aller et retour d'une paume de main dangereuse ? Je n'ai plus de notion du temps. Et pourquoi mon fils porte-t-il ses lèvres sur mon cou, comme son père le ferait ? J'ai la même sensation que si c'était Michel qui me bécotait la nuque. Est-ce possible cela, que le père et le fils aient les mêmes manières de faire ? D'agir aussi avec volupté pour caresser les femmes ? Sûrement ! Les chiens ne font pas des chats… Mais je dois impérativement le repousser avant qu'il ne soit allé trop loin, avant qu'il ne soit trop tard.
— Arrête Liam… arrête.
— Oh maman ! J'adore l'odeur de ta peau. Chaque nuit je m'endors avec ton parfum dans un coin de ma tête. Si tu savais comme j'ai toujours eu envie de sentir ton corps… comme je rêve de toi.
— Tu n'as pas le droit, nous ne pouvons pas faire ça, c'est… c'est immoral et surtout pas normal entre un fils et sa mère.
— Maman… je ne suis plus un bébé… j'ai l'âge de faire de mon corps ce que je veux. Toi aussi et papa… j'imagine que tu sais désormais… qu'il a une maitresse.
— Comment ça ? Tu es au courant toi ? Et depuis quand le sais-tu ?
— Mais… bon sang, ouvre les yeux. Je me doutais bien qu'entre la femme de Joshua et lui… Je ne voulais pas te faire de peine. Mais ces deux-là se regardaient presque amoureusement sous votre nez. Comment notre ami et toi n'avez-vous pu ne rien voir ?
— Mais non… tu me charries là, Liam ! Il m'a dit que ça n'avait eu lieu qu'une fois ou deux et que c'était seulement un coup d'un soir.
— Tu parles… je peux m'allonger là, près de toi ?
— Dans le lit, tu veux dire ?
— Ben oui… j'ai un peu froid.
— Tu ne me touches pas, promis ?
— Tout ce que tu veux… mais je suis certain qu'un petit massage… ça peut t'aider à te détendre.
— Je n'en suis pas convaincue.
— Laisse-moi essayer au moins et puis tu as une langue et je suis respectueux.
— Oui… un bon fils ! Ça ne tripote pas sa mère un bon garçon… Alors juste le haut du dos, sans aller plus bas, est ce bien compris ?
— Oui… oui, tu sais bien que je fais toujours tout ce que tu me dis ou me demandes.
—…
Et revoici ses deux mains qui se frottent à la peau nue entre nuque et déshabillé. Oh, c'est très léger, subtil même. Et je suis bien. Les doigts s'enfoncent dans ma chair encore élastique le long de ma colonne vertébrale, se gardant bien de franchir la limite du tissu. C'est fou, mais j'y prends gout de plus en plus. Alors pour accentuer ses mouvements, il se redresse et se met à califourchon sur mes cuisses, lesquelles restent sous le drap. Insensiblement, il reprend avec un zeste supplémentaire de force son massage. Il est sur le chiffon bien sûr, mais ça me chauffe l'épiderme pourtant de plus en plus profondément.
Puis sa voix enrouée qui me parle, alors que d'une oreille distraite, je me laisse bercer par les allées et venues de ses doigts qui malaxent ma peau…
— Je peux remonter ton habit, juste pour avoir plus facile de te masser le haut des reins ?
— Mmm !
Il a bien entendu ? Ma nuisette remonte vers mes épaules et j'imagine bien que la limite du drap est le seul obstacle qui lui interdit de descendre trop bas sur mes fesses. De toute façon s'il s'y aventure, je saurai bien le faire cesser séance tenante. Et les pouces qui s'enfoncent dans mes flancs, repoussant vers mes omoplates ses paumes à plat, sont des purs bonheurs. Ça me détend pour de bon. Je deviens dolente, à la limite de m'endormir tant j'apprécie ce qui se passe sur mon dos. Les pattes redescendent, un peu plus bas encore, frisant l'incorrection, pour mieux refaire l'ascension en sens inverse. Et de nouveau c'est bluffant.
Au bout d'un nombre incalculable de ces allées et venues, je n'ai pas vu venir le coup. Mes fesses sont désormais aussi l'objet de massages de la part de ce jeune homme qui sait si bien y faire. Je suis sur un nuage et ne trouve pas les mots pour arrêter ce qui est en train de survenir. J'ai même la sensation que de temps à autre un index ou un majeur se perd, s'égare du chemin et qu'il glisse plus ou moins consciemment dans le sillon qui creuse les deux demi-sphères. Tout est réalisé d'une façon bien trop parfaite pour que ce soit juste de l'impromptu, de l'imprévu. Alors pourquoi est-ce que je ne rue pas dans les brancards ?
Sûrement parce que mon corps tout entier s'échauffe et que les premiers spasmes d'une envie naissante sont déjà bien trop engagés pour que je puisse faire machine arrière. Et qui ne dit mot consent dans la caboche de mon loulou qui persiste et signe. Je ne sais plus où je suis ni ce que je dois faire. Le repousser violemment, c'est aussi me priver d'un moment sympa. Comprends qui peut. De mon côté, je suis déjà de l'autre bord d'une barrière qu'imposent les convenances. Passé outre à celle-ci m'entraine dans un drôle de délire. Et faire l'autruche n'est pas non plus la solution la plus adéquate.
Mais comment faire stopper ces instants magiques des mains de celui qui en cet instant n'est plus qu'un homme qui me tripote ? Je ne vais tout de même pas rendre la monnaie de sa pièce à mon mari en couchant avec son fils… et en l'occurrence notre garçon ? Le drap, il y a belle lurette qu'il ne couvre plus rien de ce cul que les paluches malaxent à qui mieux mieux ! Le pire de cette honte, c'est que j'en ai des sueurs brulantes. Oui ! C'est fou, c'est dingue, il a réussi à faire réagir l'ensemble de tout mon être, avec ses massages si particuliers. Et il ose s'aventurer encore plus avant dans ce que je laisse faire assurément.
— oOo —
Comment est-ce que j'en arrive à me retrouver sur le dos ? Mon ventre est à l'air, ce qui fait que l'ensemble de mon côté face est sur le devant de la scène qui se décline sous les yeux de Liam. Il en bave et je le vois sans rien lui opposer qui retire le haut, puis le bas de son pyjama. Et là… si proche de mes quinquets, une barre qui sans mentir n'a rien à envier à celle de son père. Lui ne dit pas un mot, il se contente d'observer en se tenant à genoux sur mon flanc gauche, cette nudité qu'il a si bien su provoquer. Et moi, cruche de service qui ne fait pas un geste, ne dis rien pour faire cesser ce qui va fatalement se passer si je ne réagis aucunement.
Entre mes cils à demi clos, je le suis à la trace. Il change de place et je n'ouvre pas la bouche pour le dissuader de se positionner comme il l'entend. Cette fois, il est à la tête du lit, ses deux genoux de part et d'autre de mon visage. Au-dessus de ma face, j'entrevois le balancier qui dodeline légèrement, alors que l'ensemble de son jeune corps se penche sur moi. Enfin deux paumes brulantes atteignent mes seins accessibles et leurs tétons sont soudain pincés, étirés quelques secondes. Suffisamment pour les faire se gorger de sang et se gonfler d'aise.
Ces deux pattes qui depuis ma poitrine glissent sur une plage plus basse obligent le corps de Liam à s'affaisser pour atteindre la broussaille maitrisée qui cache encore pour un temps mon sexe totalement détrempé. Il renouvelle son massage à plusieurs reprises, insistant de plus en plus sur l'entrée de la fourche formée par mes deux cuisses bien pleines. Ce faisant, le dard qui se balade juste au-dessus de mon nez se rapproche dangereusement de mes lèvres. Quelle folie ! Ce n'est sûrement pas la place de cette chose que de folâtrer dans ces environs.
Je sais ! Je devrais hurler, crier, faire cesser cette activité qui n'est pas des plus normales. Mais je suis aussi gagnée par une envie sans nom, submergée par des émotions délirantes qui me bloquent les paroles dans ma gorge. Et de cette gorge, Liam en attend sûrement autre chose que des paroles. Ses doigts du reste viennent de dépasser les limites permises entre une mère et son fils. Il réussit à entrouvrir le coquillage pour s'imprégner de l'eau de mer qui y suinte. Et l'ombre de l'ensemble de son jeune corps plane sur le mien. La tête de mon garçon est désormais à l'aplomb de la mini marée qui me serre le ventre.
Le contact de quelque chose qui effleure mon clitoris me fait tressaillir. Puis la sensation s'amplifie encore et sous l'effet de cette caresse encore mal maitrisée, mes cuisses s'entrouvrent plus largement. Je suis vaincue par la maladresse, la gaucherie de ces attouchements. Je sais que c'est une langue interdite qui fouille déjà par là. Mon Dieu… c'est inouï, ce que je ressens. Un mélange de honte et de bonheur. Une bouffée délirante d'envie qui me fait porter mes bras sur ce visage qui s'affaire si bas. Et lui prend cela pour un encouragement. Comment pourrait-il penser autrement ?
Il s'imagine que je viens pour le guider ! Mais n'est-ce pas exactement ce que je suis en train de faire ? Misérable femme qui par dépit ou vengeance se laisse tripoter par la seule personne qui ne devrait jamais être autorisée à le faire. Et c'est affreusement bon ! La langue qui parcourt plis et replis se délecte de ce qui coule en abondance de ce puits sans fond. Une liqueur dont son père s'est si souvent gavé, voici que c'est sa propre progéniture qui en profite. Je veux me rebeller, mais c'est l'image d'un baiser sous un porche d'hôtel qui revient me hanter et mes gémissements effacent ce « non » qui ne vient pas.
Je détourne cependant à la dernière seconde mon visage de la queue qui bat jusqu'au nombril. J'en hume l'odeur mâle et me mords les lèvres pour ne pas succomber à cette incroyable démission de tous les pores de ma peau. Je ne suis plus qu'une putain qui se vautre dans son lit sous les coups de langue d'une jeune virilité en pleine forme. Ma vie bascule dans une étrange euphorie. Salaud de Michel qui baise Véronique… je peux là tout à loisir te faire cocu de la pire manière qui soit. Mais ai-je de quoi me glorifier de ce qui arrive ici ? Non ! Un dernier sursaut, alors qu'un doigt tente de s'insinuer dans mon vagin.
Et c'est dans un souffle, dans un cri que de ma gorge serrée, un mot se répercute dans la pièce. Un vrai déclic qui éjecte ce corps trop proche du mien. « Non » ! Ce n'est pas normal, pas raisonnable. Nous ne devons pas Liam et moi ! C'est moche, c'est affreux. Le poids qui pèse sur mon ventre se déplace, la trique trop proche de ma bouche s'évade pour de bon. Reste l'image de Michel et de Véronique qui s'embrassent. Je suis là assise, dans mon grand lit, en proie au pire des cauchemars. Seule au sortir d'un drôle de rêve, plus réel que nature. Et tout mon être est en ébullition. Dans la porte de petits coups sont frappés…
— Maman… qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien ? Je t'entends pleurer et crier depuis un long moment. Tout va bien, maman ?
— Oui… oui, ne t'inquiète pas Liam… ce n'était qu'un vilain cauchemar mon chéri… je vais me rendormir, retourne te coucher.
Et je replonge dans le néant de cette triste première nuit de solitude.
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Photo de profil de rtx42
rtx42
26 avril 2023 à 22:00
Très beau texte, qui décrit avec beaucoup de justesse le déchirement d'une femme trompée et l'angoisse de la solitude.
Bravo
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Photo de profil de Fredhdf
Fredhdf
25 avril 2023 à 21:03
Bravo à l’auteure que je découvre.
Beaucoup de sensualité.
Merci de susciter le désir et l’envie par les mots.
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Utilisateur supprimé
18 avril 2023 à 08:46
Très beau récit, fort bien écrit, bien maîtrisé, haletant et palpitant, entre réalité et onirisme.
Bravo !
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Photo de profil de Louulouu
Louulouu
17 avril 2023 à 01:00
Déçue de lire qu’il n’y aura pas de suite… belle écriture!!
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Vincent_Masseur33
17 avril 2023 à 00:27
Superbe ! Douce et lente évolution...
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Utilisateur supprimé
16 avril 2023 à 23:29
C'est une belle histoire que je viens de découvrir.
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Photo de profil de Sussureur
Sussureur
16 avril 2023 à 22:39
Dommage qu'il n'y ait pas de suite prévu , ce chapitre était tellement bien que ça méritait une suite
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Garen
16 avril 2023 à 22:00
Whaou... éblouissant
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Photo de profil de pacoouzo
pacoouzo
16 avril 2023 à 21:25
Superbe histoire, toujours aussi bien racontée. Fan de la première minute j'adore vous lire.
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