Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mektoub — Chapitre 1 · Le retour du frère
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mektoub
Chapitre 1 · Le retour du frère
La pluie matinale vient frapper la vitre et dégouline en larmes qui s'étirent vers l'appui de la fenêtre. Mon front collé aux petits bois qui séparent les carreaux, je suis là à regarder l'eau qui coule et écouter ce bruit qui me berce. J'ai toujours aimé les averses depuis toute gosse. Le temps est gris, le ciel bas et sous ma tignasse en broussaille du lever, je ressasse mille et un souvenirs. Des images revenues du passé, des moments heureux pour la plupart, parfois quelques instants de nostalgie aussi, comme là ce matin.
Il est huit heures, nous sommes samedi. Oh ! Ce pourrait être un jour bien ordinaire, mais avec cette flotte qui tombe des gros nuages qui grisaillent tout sur mon environnement proche, et surtout… oui surtout cette visite que j'attends dans la matinée, rien n'est comme d'habitude. Il ne s'agit certainement que d'un petit coup de blues, un flash-back, un arrêt sur image de ce passé douloureux qui refait surface. Les évènements, maitrisés ou non voulus, voire imposés par la vie, sont des éléments qui font de nous ce que nous sommes. Alors ? Qui suis-je finalement ?
Moi… je me prénomme Fabienne, et je vis seule, dans cette grande maison que mon ex-mari m'a abandonnée après notre divorce. Une séparation tendue, difficile, surtout par le climat dans lequel tout s'est déroulé. J'ai fêté mon trente-sixième anniversaire en juin. Septembre est là, avec ses feuilles aussi mortes que mes amours, avec ses orages tels celui qui me rend mélancolique dès le réveil. Le temps a passé depuis notre désunion à Pierrick et moi. Quatre ans déjà… oui c'est aussi le nombre d'années où je n'ai pas revu Sylvain !
Sylvain, mon frère jumeau. Un garçon avec qui j'ai tellement d'affinités. Mais Pierrick a tout détruit. Cette belle complicité qui a volé en éclat par sa trahison. Pourquoi mon frère me tient-il toujours pour responsable de cela ? Est-ce vraiment ma faute si Sabine, sa femme est partie avec mon mari ? Deux divorces pour faire bonne mesure. Et en prime la haine de ce frère que j'ai toujours chéri au point de le faire souvent passer avant toute autre chose. J'ai le cœur serré, des grenouilles dans le ventre. Quarante-huit mois sans plus aucun contact avec cette moitié de moi qui va de nouveau refaire surface dans mon existence. Il s'en passe dans ma tête, ça défile dans mon cerveau.
Je n'ai pas envie de revenir sur ce passé douloureux, mais seulement de serrer mon frère contre moi. Sentir à nouveau son cœur battre, il me semble que ça rend le mien plus joyeux. Je ne veux plus penser à ce qui est arrivé. Juste aller de l'avant, retrouver un équilibre que le tsunami de la trahison de nos conjoints a provoqué, dans mon existence. Peut-être également dans celle de ce frère qui me rejette depuis qu'il a perdu Sabine. Je suis des yeux une grosse goutte qui longe la vitre, elle effectue une jonction avec plusieurs de ses sœurs et glisse en une minuscule rivière vers le rebord extérieur de la fenêtre de ma cuisine.
Un sursaut ! Je dois me reprendre, être présentable pour Sylvain. C'est drôle, je me sens tellement affolée par ce retour. Heureuse de savoir que nous allons renouer ces liens si forts qui nous unissent lui et moi, et tellement craintive de savoir les motifs qui l'ont poussé à m'abandonner dans le pire moment de ma vie de femme. S'est-il trouvé aussi mal que je l'étais ? C'est fort probable, mais alors ? Pourquoi ne pas avoir fait bloc tous les deux ? Sabine et Pierrick… nos amours respectifs qui nous ont lâchement trahis, sans que j'en sache les vraies raisons. Pourquoi ? À quoi ça sert de se poser des questions qui n'auront jamais de réponse ?
La vie est ainsi faite que les amours vont et viennent. Le cœur a ses propres règles et vouloir les changer est mission impossible. Mais là, ce matin, quatre ans plus tard, Sylvain estime-t-il qu'il est temps d'enterrer la hache de guerre ? C'est pourtant lui qui n'a plus jamais voulu me parler dès qu'il a su… en fait que nous avons su, parce que je ne l'ai appris qu'en même temps que lui. Je dois me préparer à cette visite familiale que j'espère depuis si longtemps. Et il me faut me faire belle, enfin, du mieux possible pour recevoir ce frère qui, je veux être honnête, me manque presque plus que mon mari infidèle.
— oOo —
Je tremble pour de bon. Dans ma poitrine, mon cœur s'emballe alors que mes doigts tournent la clenche de la porte d'entrée. Derrière, il y a mon visiteur. Ses cheveux sont trempés. La pluie redouble depuis une heure et les yeux qui plongent dans les miens sont d'un même bleu vert que ceux avec lesquels je le regarde.
— Salut Fabienne…
— Bonjour Sylvain !
— Tu… tu n'as pas pris une ride, dis-donc.
—… ! Euh…
— Tu me laisses sous la flotte ou je peux entrer ?
— Oh ! Pardon, oui, oui bien sûr, entre !
— Bonjour Sylvain !
— Tu… tu n'as pas pris une ride, dis-donc.
—… ! Euh…
— Tu me laisses sous la flotte ou je peux entrer ?
— Oh ! Pardon, oui, oui bien sûr, entre !
Il fait les deux enjambées qui le mènent dans mon entrée. Je le sens dans ses petits souliers. Il est évident que je ne suis guère mieux. Et j'hésite entre lui sauter au cou ou attendre pour voir ce qui le pousse à se retrouver des années après, chez moi. Il reluque partout, sans trop savoir quoi faire. Sa voix, elle est restée la même. Pourquoi devrait-elle avoir changé ? Je me surprends à me traiter intérieurement d'idiote. Et il revient lourdement sur les rides…
— Ouais… pas une ride, dit donc. Tu vas devoir me filer ta recette… j'ai pris un sacré coup de vieux de mon côté.
— Ah ! Tu dis cela pour me flatter ? Alors, Sylvain… raconte-moi… qu'est-ce que tu deviens ?
— Ben tu le vois ! J'ai des tempes grisonnantes maintenant et… je suis toujours tout seul. Mais toi ? De nouvelles de ces deux sal…
— Chut ! Je n'ai revu ni entendu personne depuis ce jour-là. Mais j'ai mal supporté que tu m'abandonnes toi aussi. De quoi m'as-tu rendue coupable ?
— Coupable ? Non… tu n'y es pas ! C'est moi que j'ai voulu punir en coupant les ponts.
— Et moi alors ? Tu y as pensé à moi ? Malheureuse comme une pierre. De ne pas savoir les raisons de cette coupure, de ne pas comprendre pourquoi mon frère me rejetait… Absurde et doublement douloureux !
— Je n'en ai pris conscience que depuis bien peu de temps. Mais… revoir ces lieux, cette maison où… passons veux-tu ? Je n'ai jamais voulu te faire de mal, te faire souffrir. Quelque part tu représentais la femme de celui qui m'a pris la mienne. Qui m'a volé surement ce que j'avais de plus cher au monde…
— Dis-toi que tu n'étais pas le seul à te poser de telles questions. Et j'ai perdu mon mari, mais pire mon propre frère aussi m'a abandonné. Alors, imagine un peu… je n'ai survécu que pour cette minute où tu reviendrais. Je t'assure que j'en suis si heureuse !
— Tu sais, je suis un con… et je n'ai vu en toi que la cause de la perte de cette femme que j'ai tant aimée.
— Je n'ai rien fait pour cela et j'ai été une victime des infidélités de Pierrick. Que ce soit de Sabine qu'il soit tombé amoureux m'a rendue malade… pour toi Sylvain. Mais nous aurions pu en parler tous les deux plutôt que tu ne me claques la porte au nez…
— Je suis désolé, vraiment.
— L'important, c'est que tu sois ici, près de moi… tu m'as tellement manqué…
— Ah ! Tu dis cela pour me flatter ? Alors, Sylvain… raconte-moi… qu'est-ce que tu deviens ?
— Ben tu le vois ! J'ai des tempes grisonnantes maintenant et… je suis toujours tout seul. Mais toi ? De nouvelles de ces deux sal…
— Chut ! Je n'ai revu ni entendu personne depuis ce jour-là. Mais j'ai mal supporté que tu m'abandonnes toi aussi. De quoi m'as-tu rendue coupable ?
— Coupable ? Non… tu n'y es pas ! C'est moi que j'ai voulu punir en coupant les ponts.
— Et moi alors ? Tu y as pensé à moi ? Malheureuse comme une pierre. De ne pas savoir les raisons de cette coupure, de ne pas comprendre pourquoi mon frère me rejetait… Absurde et doublement douloureux !
— Je n'en ai pris conscience que depuis bien peu de temps. Mais… revoir ces lieux, cette maison où… passons veux-tu ? Je n'ai jamais voulu te faire de mal, te faire souffrir. Quelque part tu représentais la femme de celui qui m'a pris la mienne. Qui m'a volé surement ce que j'avais de plus cher au monde…
— Dis-toi que tu n'étais pas le seul à te poser de telles questions. Et j'ai perdu mon mari, mais pire mon propre frère aussi m'a abandonné. Alors, imagine un peu… je n'ai survécu que pour cette minute où tu reviendrais. Je t'assure que j'en suis si heureuse !
— Tu sais, je suis un con… et je n'ai vu en toi que la cause de la perte de cette femme que j'ai tant aimée.
— Je n'ai rien fait pour cela et j'ai été une victime des infidélités de Pierrick. Que ce soit de Sabine qu'il soit tombé amoureux m'a rendue malade… pour toi Sylvain. Mais nous aurions pu en parler tous les deux plutôt que tu ne me claques la porte au nez…
— Je suis désolé, vraiment.
— L'important, c'est que tu sois ici, près de moi… tu m'as tellement manqué…
Une larme perle au coin de mes yeux. Il le voit, s'approche et je sais que ça va être pire encore. Ses mots n'arrivent pas à endiguer ce qui me submerge dès qu'il me serre contre son torse.
— Ne pleure pas Fabienne, s'il te plait, ne pleure pas.
—…
—…
Comment veut-il que je ne sois pas en vrac ? Il est là, je suis… contente. C'est bien plus que cela, je revis du coup. Comment peut-il lui être aussi calme ? Mais je dois me ressaisir et je tente de détourner la conversation.
— Tu manges avec moi, hein ? J'ai préparé le repas que maman nous faisait quand elle était heureuse, tu t'en rappelles ?
— Des kneffes ? Tu as fait des kneffes ? Tu sais ça fait… longtemps que je n'en ai plus gouté… Des kneffes… oh ! Fabienne… comme je regrette le temps perdu.
—… Je veux que tu me racontes tout… ce que tu as fait durant cette trop longue séparation, ce que tu deviens quoi…
— Et toi ? Tu es prête à me parler de ta vie ? D'accord ?
— Je suis toujours dans cette maison, et je savais bien qu'un jour ou l'autre, tu sonnerais chez moi. Mais je pensais qu'à ton bras, une belle femme se tiendrait.
— Ben non, tu vois ! Je ne revivrai plus jamais en couple… chat échaudé craint l'eau froide…
— C'est une réflexion que je me fais souvent également. Moi non plus, je ne veux plus revivre un tel moment. C'est gravé là… à l'encre indélébile.
— Des kneffes ? Tu as fait des kneffes ? Tu sais ça fait… longtemps que je n'en ai plus gouté… Des kneffes… oh ! Fabienne… comme je regrette le temps perdu.
—… Je veux que tu me racontes tout… ce que tu as fait durant cette trop longue séparation, ce que tu deviens quoi…
— Et toi ? Tu es prête à me parler de ta vie ? D'accord ?
— Je suis toujours dans cette maison, et je savais bien qu'un jour ou l'autre, tu sonnerais chez moi. Mais je pensais qu'à ton bras, une belle femme se tiendrait.
— Ben non, tu vois ! Je ne revivrai plus jamais en couple… chat échaudé craint l'eau froide…
— C'est une réflexion que je me fais souvent également. Moi non plus, je ne veux plus revivre un tel moment. C'est gravé là… à l'encre indélébile.
Mon index tapote sur ma poitrine et nous sommes assis tous les deux dans la cuisine. Il est l'heure de préparer ma pitance, notre déjeuner je veux dire. Un déjeuner où nous nous relatons nos moments de vie sans ceux par qui le malheur est arrivé. Je le sens tendu, mal à l'aise et si mille questions brulent mes lèvres, je n'en pose aucune de peur de le braquer. La journée se déroule dans une sorte de retrouvailles qui me rend heureuse. Ce frère qui est presque une partie de moi est de retour et mon Dieu, c'est tout ce qui importe. Nous avons tout notre temps pour faire ce chemin qui doit nous permettre de nous rapprocher.
Un après-midi à discuter, à nous livrer petits et grands secrets, ceux de quatre années d'absence, de manque de l'autre. J'ai l'impression que je revis. Sylvain finit par m'expliquer que l'entreprise où il a toujours bossé bat de l'aile, qu'il a reçu sa lettre de licenciement. Je comprends mieux sa tension tant physique que morale. Il m'explique aussi qu'il a des problèmes d'argent et que son loyer lui grève la majeure partie de son salaire. Petit à petit, il s'ouvre à moi, comme avant. Là c'est bien celui qui a toujours été proche de moi qui revient à ma rencontre.
De confidence en confidence, nous renouons le fil du dialogue perdu, celui aussi plus naturel du cocon familial un temps distendu par nos soucis personnels et surtout par les blessures infligées par nos conjoints respectifs. Surtout, j'apprends des trucs que je n'ai jamais devinés.
— Tu sais, Fabienne, je crois que Sabine t'en voulait de nous sentir si proches, si fusionnels.
— Quoi ? Mais tu es mon frère et pas n'importe lequel ! Nous avons partagé le ventre de maman pendant des mois… comment aurait-il pu en être autrement ? Mais c'est drôle que tu me dises cela parce qu'avant de partir Pierrick m'a lancé une phrase étrange… que je n'ai pas compris !
— Ah bon ? Qu'est-ce qu'il ta raconté de si bizarre ? Dis-moi sœurette…
— Ben, il m'a jeté à la figure quelque chose dans le genre : « C'est surement ton frère que tu aurais dû épouser ». Ça ne m'a pas interpellé plus que ça à cet instant-là, parce que nous étions en bagarre et que nous nous disions nos quatre vérités… Mais à l'éclairage de tes mots ou plutôt de ceux de Sabine… je pense que ces deux-là étaient jaloux de notre complicité.
— Écoute Fabienne, nous n'allons pas refaire le monde et encore moins revenir sur nos pas. Il est trop tard pour revenir en arrière. Je n'en ai pas le courage et pas plus l'envie.
— Tu as raison. Bon… je ne suis pas riche, mais je peux assumer un temps le fait de te loger, de te nourrir. Tu peux rester ici, dans la chambre d'ami aussi longtemps que ce sera nécessaire. Viens ! Allons mettre des draps dans le lit…
— Tu… tu es certaine que je ne vais pas te déranger ? Je suis du genre brouillon et bordélique souvent.
— Oh ! Il y a longtemps que je le sais. Mais bon, tu traverses une mauvaise passe et tu restes mon frangin préféré.
— Préféré ? Mais je suis le seul, ça ne doit pas t'être trop compliqué du coup.
— Quoi ? Mais tu es mon frère et pas n'importe lequel ! Nous avons partagé le ventre de maman pendant des mois… comment aurait-il pu en être autrement ? Mais c'est drôle que tu me dises cela parce qu'avant de partir Pierrick m'a lancé une phrase étrange… que je n'ai pas compris !
— Ah bon ? Qu'est-ce qu'il ta raconté de si bizarre ? Dis-moi sœurette…
— Ben, il m'a jeté à la figure quelque chose dans le genre : « C'est surement ton frère que tu aurais dû épouser ». Ça ne m'a pas interpellé plus que ça à cet instant-là, parce que nous étions en bagarre et que nous nous disions nos quatre vérités… Mais à l'éclairage de tes mots ou plutôt de ceux de Sabine… je pense que ces deux-là étaient jaloux de notre complicité.
— Écoute Fabienne, nous n'allons pas refaire le monde et encore moins revenir sur nos pas. Il est trop tard pour revenir en arrière. Je n'en ai pas le courage et pas plus l'envie.
— Tu as raison. Bon… je ne suis pas riche, mais je peux assumer un temps le fait de te loger, de te nourrir. Tu peux rester ici, dans la chambre d'ami aussi longtemps que ce sera nécessaire. Viens ! Allons mettre des draps dans le lit…
— Tu… tu es certaine que je ne vais pas te déranger ? Je suis du genre brouillon et bordélique souvent.
— Oh ! Il y a longtemps que je le sais. Mais bon, tu traverses une mauvaise passe et tu restes mon frangin préféré.
— Préféré ? Mais je suis le seul, ça ne doit pas t'être trop compliqué du coup.
Nous rions en étendant draps et couverture sur la couche. Il se déride un peu et j'observe à la dérobée cet homme qu'il est devenu. Pourquoi est-ce que je le regarde de cette manière différente depuis son arrivée ? Les minuscules pattes d'oie autour des yeux, ses tempes blanchies par l'écume de ces quatre dernières années ? Il doit y avoir un peu de tout ce mélange dans ce bonhomme qui refait surface dans ma vie. Il parait soulagé et son attitude me redonne foi en l'avenir. Sent-il que je suis des quinquets sa silhouette qui elle n'a pas trop changé ? Peut-être, et lorsque nos regards se croisent je suis d'un coup tout émue.
— oOo —
Sylvain vit chez moi depuis trois semaines déjà. Oh, il se fait très discret, vient parfois passer une heure ou deux devant la télévision le soir, mais en règle générale, nous prenons nos repas ensemble et nous restons distants. Alors ce soir, juste après mon retour de mon bureau, il arrive avec un large sourire.
— Salut ma sœur…
— Bonsoir Sylvain ! Tu m'as l'air bien joyeux !
— Figure-toi que j'ai retrouvé du boulot… une bonne nouvelle, tu ne crois pas ?
— Ben oui… et où as-tu déniché ce job espéré ?
— Tu te souviens de Madame Maréchal ?
— La copine de maman ?
— Oui… et bien son fils Jean-Charles a monté une boite de vente de matériel de bricolage. Il a besoin d'un bon vendeur… c'est dans mes cordes.
— Alors tu as dit oui, j'espère.
— Tu penses bien que j'ai sauté sur l'occasion… je commence lundi. En plus je serai mieux rémunéré que chez mon ancien patron… un coup de pot magistral, je suis sauvé.
— Et il se trouve où, ce fameux magasin ?
— Ben pas loin, dans la zone commerciale du « Grand bois ». À dix minutes de chez toi…
— Tant mieux !
— Bonsoir Sylvain ! Tu m'as l'air bien joyeux !
— Figure-toi que j'ai retrouvé du boulot… une bonne nouvelle, tu ne crois pas ?
— Ben oui… et où as-tu déniché ce job espéré ?
— Tu te souviens de Madame Maréchal ?
— La copine de maman ?
— Oui… et bien son fils Jean-Charles a monté une boite de vente de matériel de bricolage. Il a besoin d'un bon vendeur… c'est dans mes cordes.
— Alors tu as dit oui, j'espère.
— Tu penses bien que j'ai sauté sur l'occasion… je commence lundi. En plus je serai mieux rémunéré que chez mon ancien patron… un coup de pot magistral, je suis sauvé.
— Et il se trouve où, ce fameux magasin ?
— Ben pas loin, dans la zone commerciale du « Grand bois ». À dix minutes de chez toi…
— Tant mieux !
Pourquoi est-ce que la proximité de son nouveau travail me rassure ? Je suis contente qu'il ait enfin un peu de calme et qu'il se sente occupé. Mais la peur de le voir repartir est quelque chose qui me crispe. Nous avons déjà trop longtemps été séparés tous les deux. Je ne tiens pas à ce que ça recommence. Il me voit perplexe et m'entoure les épaules de son bras.
— Bon… pour te remercier de ton hospitalité, je te sors ce soir ?
— Quoi ? Comment ça, tu me sors ?
— On va faire la fête. Un restaurant et puis on va aller danser. Depuis quand tu n'es plus allée danser ? Moi plus jamais depuis mon divorce. Alors…
— C'est vrai ! C'est si loin pour moi aussi que j'arrive à peine à m'en souvenir.
— Et pour les mecs ?
— Quoi les mecs ?
— Ben… tu en as eu beaucoup durant ces années ?
— Dis donc toi ! Je t'en pose moi des questions indiscrètes sur ta vie de bonhomme ?
— Ouais… ça veut dire non ? Il est grand temps que nous nous remettions à la drague. Après tout, on a le droit de s'amuser un peu, qu'en dis-tu frangine ?
— D'accord pour sortir… pour flirter je verrai bien. Pas si certaine que j'en ai vraiment envie.
— Alors, fais-toi belle… et laisse-moi te guider.
— Quoi ? Comment ça, tu me sors ?
— On va faire la fête. Un restaurant et puis on va aller danser. Depuis quand tu n'es plus allée danser ? Moi plus jamais depuis mon divorce. Alors…
— C'est vrai ! C'est si loin pour moi aussi que j'arrive à peine à m'en souvenir.
— Et pour les mecs ?
— Quoi les mecs ?
— Ben… tu en as eu beaucoup durant ces années ?
— Dis donc toi ! Je t'en pose moi des questions indiscrètes sur ta vie de bonhomme ?
— Ouais… ça veut dire non ? Il est grand temps que nous nous remettions à la drague. Après tout, on a le droit de s'amuser un peu, qu'en dis-tu frangine ?
— D'accord pour sortir… pour flirter je verrai bien. Pas si certaine que j'en ai vraiment envie.
— Alors, fais-toi belle… et laisse-moi te guider.
Il me serre un peu plus fort contre son épaule et sa caboche vient, tempe contre tempe, effleurer la mienne. Je me sens toute chose en le repoussant gentiment. Il rit et je file vers la salle de bain que nous partageons. Là, une douche rapide et je passe une quinzaine de minutes à me maquiller pour sortir. Puis je m'élance vers le couloir qui mène aux espaces de nuit. Je suis nue évidemment. Et alors que j'approche de la porte de ma chambre, au bout du corridor, Sylvain sort de celle qu'il occupe. Trois bons mètres me séparent de l'abri de ma piaule. Mais, c'est trop long pour qu'il n'ait pas les yeux sur moi.
Je fais celle qui n'a rien vu et fonce derrière la porte. Mon cœur bat à tout rompre. Il est le premier homme depuis que Pierrick est parti qui me voit à poil. Bon sang, quelle idiote ! Il me suffisait de passer une sortie de bain pour éviter ce genre de désagrément. Je me sens plutôt couillonne. Qu'est-ce qu'il va penser de moi ? Je rumine ces idées dans ma tête et pour finir, je me dis qu'après tout, il en a surement vu d'autres des femmes nues. Facile de s'accommoder en songeant de la sorte avec la morale. Il ne va pas en perdre la vue… Et je m'habille rapidement.
Jupe tombant juste au-dessus du genou, chemisier blanc assorti, le tout camouflant des sous-vêtements bien ajustés, me voici finalement plus présentable. L'idée que le temps est frais me fait revenir vers la commode où je range collants et bas. Une légère hésitation entre l'un ou l'autre et j'opte pour une paire de bas, style « Dim-Up », que je m'empresse de rouler sur chacune de mes gambettes. Cette fois… je suis au top. Reste à dégoter des chaussures. Elles sont dans le placard de l'entrée et avant de les chercher, je rejoins donc mon frère dans le salon. À mon entrée dans le lieu, je sens son regard.
Ses yeux me caressent et il ne peut retenir une sorte de claquement de sa langue. Et il y va de son petit couplet de mâle.
— Waou ! Tu es… superbe… je te jure que si tu n'étais pas ma sœur…
—…
—…
La fin de sa phrase n'a pas besoin d'être dite pour être comprise. Il n'arrive plus à détacher ses quinquets de ma silhouette. Me voit-il telle que je suis ? C'est-à-dire vêtue ou comme lorsqu'il est sorti de sa chambre ? Et pourquoi cette question d'un coup me tarabuste-t-elle à ce point ? Drôle aussi comme ses appréciations m'émeuvent ! Ça n'a aucun sens pourtant ! Nous sommes soudés par des liens du sang qui m'ébranlent trop. Mince alors ! Qu'est-ce qui me prend de penser quasiment comme lui ? Et avec ça, la phrase de Pierrick — « C'est surement ton frère que tu aurais dû épouser » — celle de mon ex qui refait surface en ce moment dans mon crane, est-ce juste un hasard ?
Mais Sylvain est déjà passé à autre chose. Sa voix me parvient dans une sorte de brouillard.
— Tu es prête alors ? On y va ?
— Euh… hein ? Oh oui, oui bien sûr !
— Euh… hein ? Oh oui, oui bien sûr !
Nous partons sans que je sache trop où il m'embarque. Pour une dinette entre frère et sœur, aucun souci. Ce qui pose problème, ce sont bien ces foutues pensées qui m'assaillent et auxquelles, je ne trouve pas de solution. Il y a dans la zone où nous roulons désormais au pas, tout un tas de grandes enseignes. Celle-là propose des grillades « style américain », cette autre des pizzas puis une encore qui offre du poulet frit sous des tas de formes. Mais il me demande alors que je ne sais pas trop quoi choisir :
— Alors Fabienne ? Donne-moi ton choix pour un bon repas. Tu as bien une idée de ce qui te ferait le plus plaisir !
— Oui… chinois ! Ou asiatique, j'ai toujours aimé leur cuisine aux senteurs orientales.
— Ben… je crois qu'on devrait pouvoir s'arranger pour te dégoter ce dont tu as envie… tiens… là-bas… le « dragon rouge » ! Est-ce que ça peut faire l'affaire ?
— Tout à fait… je m'en lèche déjà les babines… mon Dieu… ça fait tellement longtemps. Comment l'idée t'est-elle venue ?
— Oh ! Je me suis fait la promesse de t'emmener diner le jour où je trouverais un boulot… et je tiens seulement la parole que je me suis faite tout seul… et puis, c'est aussi une manière sympa de te dire merci et combien je t'aime. Tu sais j'ai parfois été très con et je sais reconnaitre mes torts. Ne t'inquiète pas ma belle, je suis heureux de ces jours passés chez toi et que tu m'aies accueilli à bras ouverts. Je ne suis pas certain de l'avoir bien mérité.
— Ne ramène pas les mauvais souvenirs sur le tapis, tu veux bien Sylvain ? Ce soir, comme tu l'as si bien dit, on fait la fiesta… et je sens d'ici l'odeur des grenouilles frites ou celle du porc aux champignons noirs…
— Gourmande avec ça, ma petite sœur… ton sourire en tous cas est de ceux qui me vont droit au cœur. Allez viens ! Allons calmer nos estomacs…
— Oui… chinois ! Ou asiatique, j'ai toujours aimé leur cuisine aux senteurs orientales.
— Ben… je crois qu'on devrait pouvoir s'arranger pour te dégoter ce dont tu as envie… tiens… là-bas… le « dragon rouge » ! Est-ce que ça peut faire l'affaire ?
— Tout à fait… je m'en lèche déjà les babines… mon Dieu… ça fait tellement longtemps. Comment l'idée t'est-elle venue ?
— Oh ! Je me suis fait la promesse de t'emmener diner le jour où je trouverais un boulot… et je tiens seulement la parole que je me suis faite tout seul… et puis, c'est aussi une manière sympa de te dire merci et combien je t'aime. Tu sais j'ai parfois été très con et je sais reconnaitre mes torts. Ne t'inquiète pas ma belle, je suis heureux de ces jours passés chez toi et que tu m'aies accueilli à bras ouverts. Je ne suis pas certain de l'avoir bien mérité.
— Ne ramène pas les mauvais souvenirs sur le tapis, tu veux bien Sylvain ? Ce soir, comme tu l'as si bien dit, on fait la fiesta… et je sens d'ici l'odeur des grenouilles frites ou celle du porc aux champignons noirs…
— Gourmande avec ça, ma petite sœur… ton sourire en tous cas est de ceux qui me vont droit au cœur. Allez viens ! Allons calmer nos estomacs…
Très bonne dinette en tête à tête avec ce frérot que je redécouvre sous un angle bien différent de tous ceux que je lui connais depuis toujours. Il est plus mûr, et cependant, je le sens moins assuré que lorsqu'il vivait avec Sabine. Nous parlons de tout, de rien, de ce nouveau boulot qui lui trotte dans la caboche. Un vrai gamin à qui on promet la lune. Et de fil en aiguille nous arrivons au dessert et au moment où se pose la question de ce que nous allons faire du reste de cette soirée à peine entamée.
— Tu as réfléchi Fabienne ? Où va-t-on pour faire la java ? Tu veux que nous allions en boite ?
— En boite ? Ça existe encore ça, les boites ? Et tu sais où en trouver une toi ? Moi, à par les bals du Quatorze Juillet, je ne me souviens plus d'y avoir mis les pieds depuis la fin de mes études.
— J'en connais une… pas sûr qu'elle soit à ton gout !
— Ah ? Et c'est quoi comme établissement ?
— Disons que c'est très spécial… Les gens se mélangent un peu. Il y a un sauna, un hammam et une petite piste de danse…
— Comment tu sais tout cela, Sylvain ?
— Ben… j'ai quelques potes qui y sont allés et il parait que pour faire des trucs cochons, c'est parfait.
— Des trucs cochons ? Tu me parles d'une boite à partouzes, là ? Je n'y crois pas… tu veux m'entrainer dans une boite de cul ? Tu n'oublies pas un peu vite que je suis ta sœur, pas ta femme ?
— Je vois ça dans l'autre sens, moi.
— Quoi ?
— Pour moi tu es d'abord une belle femme et seulement ensuite ma frangine… question de point de vue.
— Mais… Tu es un vrai pervers, ma parole. Ça te prend comme ça, d'un coup de vouloir m'embarquer dans tes turpitudes éhontées ? Tu n'as vraiment peur de rien, tu ne respectes même plus nos liens familiaux.
— Qu'est-ce que ça vient faire dans cette conversation ? Tu es une nana, je suis un mec et celui qui te connait surement le mieux sur cette planète ma belle.
— Arrête ! Tu deviens fou, ma parole.
— Alors qu'est-ce qu'on fait ? Parce que je n'ai pas l'intention d'aller me coucher de bonne heure. Si tu as une meilleure idée, je suis preneur. Et puis dans les endroits dont je viens de te parler, tu n'es pas forcée de consommer non plus. Il y a le plaisir des yeux et des sens… comment tu peux tout rejeter en bloc sans avoir une seule fois vu ou essayé ? C'est bien tout toi de juger de la sorte.
—… !
— En boite ? Ça existe encore ça, les boites ? Et tu sais où en trouver une toi ? Moi, à par les bals du Quatorze Juillet, je ne me souviens plus d'y avoir mis les pieds depuis la fin de mes études.
— J'en connais une… pas sûr qu'elle soit à ton gout !
— Ah ? Et c'est quoi comme établissement ?
— Disons que c'est très spécial… Les gens se mélangent un peu. Il y a un sauna, un hammam et une petite piste de danse…
— Comment tu sais tout cela, Sylvain ?
— Ben… j'ai quelques potes qui y sont allés et il parait que pour faire des trucs cochons, c'est parfait.
— Des trucs cochons ? Tu me parles d'une boite à partouzes, là ? Je n'y crois pas… tu veux m'entrainer dans une boite de cul ? Tu n'oublies pas un peu vite que je suis ta sœur, pas ta femme ?
— Je vois ça dans l'autre sens, moi.
— Quoi ?
— Pour moi tu es d'abord une belle femme et seulement ensuite ma frangine… question de point de vue.
— Mais… Tu es un vrai pervers, ma parole. Ça te prend comme ça, d'un coup de vouloir m'embarquer dans tes turpitudes éhontées ? Tu n'as vraiment peur de rien, tu ne respectes même plus nos liens familiaux.
— Qu'est-ce que ça vient faire dans cette conversation ? Tu es une nana, je suis un mec et celui qui te connait surement le mieux sur cette planète ma belle.
— Arrête ! Tu deviens fou, ma parole.
— Alors qu'est-ce qu'on fait ? Parce que je n'ai pas l'intention d'aller me coucher de bonne heure. Si tu as une meilleure idée, je suis preneur. Et puis dans les endroits dont je viens de te parler, tu n'es pas forcée de consommer non plus. Il y a le plaisir des yeux et des sens… comment tu peux tout rejeter en bloc sans avoir une seule fois vu ou essayé ? C'est bien tout toi de juger de la sorte.
—… !
Je le chouffe avec des billes qui roulent dans leurs orbites. Mon Dieu, ce petit con me fait la morale ? Bien entendu que je n'ai jamais mis une patte dans un club échangiste. D'une part parce que lorsque j'étais mariée, et bien j'avais à la maison ce qui me convenait. Bon ! Pierrick surement pas puisqu'il est allé voir ailleurs. Le drame de notre histoire avec ce frangin un peu fou, c'est que ce soit avec sa femme que mon mari se soit émancipé, insatisfait par moi aussi sans doute ! Comme quoi, les visions de certaines situations étaient divergentes pour les deux entités de ce couple que nous formions.
Il me regarde avec un rictus sur les lèvres. Sait-il seulement ce qui me passe par l'esprit en cet instant ? Sans doute que non ! Et il remonte aux créneaux.
— Tu es sûre que tu n'as pas envie de tenter le coup au moins pour voir ?
— Hein ? Tenter ou essayer quoi ?
— Ben… d'aller voir comment c'est à « L'usine » ?
— L'usine ? C'est quoi encore que ça ?
— Le nom de la boite dont mes amis m'ont parlé, un jour… il y a un sacré bout de temps.
— Tu ne veux pas changer de disque, celui-là est rayé, Sylvain… bon sang ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot « non » ?
— Oh, ça va ! Tu es toujours aussi emmerdeuse ! C'est juste un endroit où on peut danser… et boire un coup. Si en plus il y a des mecs et des nanas pas trop moches, pourquoi se refuser un peu de plaisir ? Toi et moi avons suffisamment morflé, tu ne penses pas ?
— Peut-être ! Est-ce une raison suffisante pour faire n'importe quoi ?
— Écoute… Je sens bien que ça te fiche la trouille, mais nous n'allons pas passer le reste de notre existence tout seul comme des imbéciles ? Eux… ils sont heureux ensemble. Pourquoi ne pas se donner une chance de l'être aussi de notre côté ?
—… Ensemble tu veux dire ?
— Pourquoi pas ? Après tout si c'est notre destin… beaucoup de types aimeraient t'avoir à leur bras, tu peux me croire…
— Et le regard des autres ? Tu y as pensé ? Non bien entendu… et nos sangs ne font qu'un.
— Les autres ? Je m'en tamponne le coquillard de leurs regards pathétiques, ou pire, de leur pitié devant ce qui nous est arrivé. Et puis merde, il ne s'agit que d'une sortie tous les deux, sans penser à mal, alors décide-toi… Je serais heureux de te faire danser et l'environnement m'importe bien peu. C'est ton sourire qui m'inspire ce soir.
—… ?
— Hein ? Tenter ou essayer quoi ?
— Ben… d'aller voir comment c'est à « L'usine » ?
— L'usine ? C'est quoi encore que ça ?
— Le nom de la boite dont mes amis m'ont parlé, un jour… il y a un sacré bout de temps.
— Tu ne veux pas changer de disque, celui-là est rayé, Sylvain… bon sang ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot « non » ?
— Oh, ça va ! Tu es toujours aussi emmerdeuse ! C'est juste un endroit où on peut danser… et boire un coup. Si en plus il y a des mecs et des nanas pas trop moches, pourquoi se refuser un peu de plaisir ? Toi et moi avons suffisamment morflé, tu ne penses pas ?
— Peut-être ! Est-ce une raison suffisante pour faire n'importe quoi ?
— Écoute… Je sens bien que ça te fiche la trouille, mais nous n'allons pas passer le reste de notre existence tout seul comme des imbéciles ? Eux… ils sont heureux ensemble. Pourquoi ne pas se donner une chance de l'être aussi de notre côté ?
—… Ensemble tu veux dire ?
— Pourquoi pas ? Après tout si c'est notre destin… beaucoup de types aimeraient t'avoir à leur bras, tu peux me croire…
— Et le regard des autres ? Tu y as pensé ? Non bien entendu… et nos sangs ne font qu'un.
— Les autres ? Je m'en tamponne le coquillard de leurs regards pathétiques, ou pire, de leur pitié devant ce qui nous est arrivé. Et puis merde, il ne s'agit que d'une sortie tous les deux, sans penser à mal, alors décide-toi… Je serais heureux de te faire danser et l'environnement m'importe bien peu. C'est ton sourire qui m'inspire ce soir.
—… ?
Ses paroles me remuent de l'intérieur. Mais je ne tiens pas à aller visiter son « usine » et je le fais savoir.
— Non ! Pas question que tu m'emmènes dans des endroits comme celui dont tu me serines les oreilles depuis quelques minutes. À la rigueur un vrai dancing, ou boite de nuit pour danser… mais pas dans un truc de « culs nus ».
— Comme tu veux ! Mais on se prive d'un bon moment qui sait ?
— Tu peux me ramener à la maison et y retourner seul si ça te chante. Pour moi, c'est niet.
— On peut aussi danser chez toi… enfin, si ça te dit, évidemment.
—… ? Ben, c'est toi qui proposais d'aller guincher, il me semble.
— Oui… mais ton salon peut aussi bien faire l'affaire, avec un peu de musique, si ça te dérange tant que cela d'aller à « L'usine ».
— Ce n'est pas que ça me dérange, mais… qu'est-ce que tu veux que nous allions faire là-bas ? Avec ta sœur en plus, ça risque de ne pas être très folichon.
— Arrête, veux-tu ? Tu es aussi une femme, et il n'y a pas de honte à se montrer à ton bras ma jolie… que je sois ton frangin ne change rien au problème. Je suppute que seule la trouille te fait réagir de cette manière.
— Quoi… ? Mais je n'ai pas peur, voyons ! Et puisque tu insistes et bien… allons-y. Pour te prouver que je ne crains rien !
— Ben voilà… là, je retrouve la Fabienne dynamique et qui sait ce qu'elle veut… Viens ! C'est parti !
— Comme tu veux ! Mais on se prive d'un bon moment qui sait ?
— Tu peux me ramener à la maison et y retourner seul si ça te chante. Pour moi, c'est niet.
— On peut aussi danser chez toi… enfin, si ça te dit, évidemment.
—… ? Ben, c'est toi qui proposais d'aller guincher, il me semble.
— Oui… mais ton salon peut aussi bien faire l'affaire, avec un peu de musique, si ça te dérange tant que cela d'aller à « L'usine ».
— Ce n'est pas que ça me dérange, mais… qu'est-ce que tu veux que nous allions faire là-bas ? Avec ta sœur en plus, ça risque de ne pas être très folichon.
— Arrête, veux-tu ? Tu es aussi une femme, et il n'y a pas de honte à se montrer à ton bras ma jolie… que je sois ton frangin ne change rien au problème. Je suppute que seule la trouille te fait réagir de cette manière.
— Quoi… ? Mais je n'ai pas peur, voyons ! Et puisque tu insistes et bien… allons-y. Pour te prouver que je ne crains rien !
— Ben voilà… là, je retrouve la Fabienne dynamique et qui sait ce qu'elle veut… Viens ! C'est parti !
À peine ai-je lâché ma phrase que déjà je regrette de ne plus pouvoir la rattraper. Et je marche à côté de Sylvain vers sa voiture avec les jambes en coton, je l'avoue. Dans quel guêpier ma fierté vient-elle encore de me fourrer ? Nous roulons et je ne bronche plus dans l'habitacle où seul le ronron calme du moteur se fait entendre. Il nous faut tout juste une quarantaine de minutes pour atterrir sur un immense parking devant le portail duquel, il faut montrer patte blanche. Sylvain sort de la voiture et il palabre un instant devant l'interphone, avant que le vantail de métal ne coulisse sur son rail.
Une bonne vingtaine de véhicules sont bien garés sur une esplanade baignée de la lumière de quelques lampadaires. Une fois de plus, nous marchons côte à côte pour entrer dans une bâtisse dont les murs blancs me paraissent d'une longueur infinie. Une hôtesse nous ouvre, tout sourire dehors.
— Bonsoir madame, monsieur. Bienvenue à « L'usine »… Nous espérons que vous passerez une excellente soirée. Vous connaissez notre maison ?
C'est à moi qu'elle s'adresse d'une voix très douce.
— Euh… non ! C'est la première fois…
— Votre mari peut-être connait l'établissement ?
— Votre mari peut-être connait l'établissement ?
Sylvain vient de passer son bras sur mon épaule, et je sens sa main qui se referme sur le haut de mon corps alors que son visage se dirige vers ma bobine. Il a un drôle d'air. Que cette nana nous ait pris pour un couple lui fait donc un effet si spécial ? Je me raidis, mais j'ai une de ces chairs de poule… La voix éraillée qui répond à la donzelle, j'ai du mal de me dire que c'est celle de mon frérot.
— Non… Pour moi aussi c'est une découverte, mais j'ai entendu tant de bien de votre établissement…
— Ah… ici nous ne recevons que des gens bien éduqués et courtois. Pas de cris, pas de violence, sauf celle désirée dans certaines circonstances, si vous voyez ce que je veux dire…
— Tout à fait. Mais mon épouse et moi sommes du genre traditionnel.
— Chacun voit midi à sa porte, n'est-ce pas… sur votre droite vous avez le vestiaire. Je vous engage à garder la clé sur vous si vous y déposez des objets de valeurs. Dans chaque casier, vous trouverez des serviettes, également des préservatifs et si vous avez le moindre souci, je suis au bar avec mes collègues. Une boisson de bienvenue vous est offerte, pour les suivantes… elles vous seront facturées à la sortie avec le prix de l'entrée… Ce soir le droit d'entrée est gratuit pour les couples… donc…
— D'accord ! Merci à vous pour toutes ces explications.
— Bonne soirée alors à tous les deux…
— Ah… ici nous ne recevons que des gens bien éduqués et courtois. Pas de cris, pas de violence, sauf celle désirée dans certaines circonstances, si vous voyez ce que je veux dire…
— Tout à fait. Mais mon épouse et moi sommes du genre traditionnel.
— Chacun voit midi à sa porte, n'est-ce pas… sur votre droite vous avez le vestiaire. Je vous engage à garder la clé sur vous si vous y déposez des objets de valeurs. Dans chaque casier, vous trouverez des serviettes, également des préservatifs et si vous avez le moindre souci, je suis au bar avec mes collègues. Une boisson de bienvenue vous est offerte, pour les suivantes… elles vous seront facturées à la sortie avec le prix de l'entrée… Ce soir le droit d'entrée est gratuit pour les couples… donc…
— D'accord ! Merci à vous pour toutes ces explications.
— Bonne soirée alors à tous les deux…
Et là, comme pour se moquer de moi, mon frère me tire contre lui et me fait un bisou. Sa voix me vrille d'un coup les tympans.
— Bon ! Viens ma chérie… allons déposer ton sac au vestiaire donc… merci madame…
Et il s'engage résolument vers la salle où un couple qui se trouve là nous dévisage sans aucune gêne. Le type nous salue et la femme fait de même. Elle est en soutien-gorge et petite culotte. Je suis horrifiée d'un coup, mais n'ose pas dire un mot. La femme, une petite rousse d'une bonne quarantaine d'années me suit du regard. Voyant ma gaucherie, elle s'empresse de voler à mon secours. Comme si j'avais besoin de cela, tiens !
— Vous êtes nouveaux ici, n'est-ce pas ?
Bien sûr Sylvain s'empresse de répondre à la femme qui fait glisser le triangle de tissu qui lui couvre le cul… et le sexe.
— On peut se balader à poil dans le club… ou rester vêtue également. Rien n'est obligatoire. Vous n'avez pas l'habitude, on dirait.
— Ben… ma femme et moi… pardon, je vous présente Fabienne ma femme. Et je me prénomme Sylvain.
— Moi, c'est Camille et mon compagnon Bertrand. Nous venons de temps en temps ici. Mais j'avoue que nous préférons nous balader… sans rien ! Je comprends que pour une première fois… ça peut être bizarre, gênant ! Vous voulez vous joindre à nous pour aller prendre un verre ?
— Tu en penses quoi, ma Chérie ?
— Hein ! Euh…
— Bon c'est d'accord ! Nous nous mettons en petite tenue et nous vous suivons.
— Ben… ma femme et moi… pardon, je vous présente Fabienne ma femme. Et je me prénomme Sylvain.
— Moi, c'est Camille et mon compagnon Bertrand. Nous venons de temps en temps ici. Mais j'avoue que nous préférons nous balader… sans rien ! Je comprends que pour une première fois… ça peut être bizarre, gênant ! Vous voulez vous joindre à nous pour aller prendre un verre ?
— Tu en penses quoi, ma Chérie ?
— Hein ! Euh…
— Bon c'est d'accord ! Nous nous mettons en petite tenue et nous vous suivons.
Je rougis jusqu'à la racine de mes tifs. Le saligaud s'amuse de la situation, j'en suis convaincue. Et j'ai l'air d'une cruche maintenant devant l'autre bécasse en tenue d'Êve qui me rezieute toujours. Merde alors ! Je ne vais tout de même pas taper un scandale dans cette foutue boite ? Et je remarque de suite que mon frangin se met lui aussi nu. Il ne reste plus que moi qui suis là à tergiverser. Trois paires de quinquets sont rivées sur ma personne. Alors sans trop savoir comment, je dégrafe mon corsage, le retire et puis fais de même avec ma jupe. Franchement, je me sens comme une bête aux abois. Je suis cette fois en string et soustingue.
Mes fringues sont dans le casier et j'ai une vision d'enfer sur les trois personnages, qui pour leur part sont maintenant sans rien sur eux. Ils attendent tous, patiemment que je me décide. Zut… Pourquoi tu me fais ça Sylvain ? Je me retourne pour un quart de tour et la môme intervient presque de suite.
— Vous voulez un coup de main Fabienne ?
— Pardon ?
— Je vous aide à détacher l'agrafe de votre brassière… ?
—… !
— Pardon ?
— Je vous aide à détacher l'agrafe de votre brassière… ?
—… !
Que dire, comment me dépatouiller de cette femme qui ne veut que m'aider ? Puisque je me suis mise de dos, elle en conclut que c'est pour lui faciliter la tâche. Je ne dis rien quand ses pattes me frôlent. Je sens d'un coup que le tissu qui couvre mes deux œufs se distend. Et mes deux seins jaillissent de leur capitonnage moelleux. C'est Sylvain qui en souriant tire sur l'élastique de ma culotte. Et alors très gênée, je me retourne vers les trois qui m'épient. Ce sont bien leurs trois paires de mirettes qui sont posées sur l'endroit qui reste encore invisible. Mais les deux hommes quant à eux sont en érection.
Incroyable ! Mon frère bande devant mes fesses à demi à l'air et mes nibards qui sont sous les quinquets de ces mateurs. Le dénommé Bertrand n'en perd pas une miette. Et sa compagne Camille non plus. Elle me pousse du regard à aller de l'avant. Puis elle y rajoute le son.
— La première fois, c'est compliqué, mais vous allez vous aussi vous y faire. Tous les libertins du monde sont passés par ce chemin. Vous êtes très belle, pas de quoi rougir de votre plastique… j'imagine que votre mari est un homme comblé.
—… !
—… !
Personne de Sylvain ou de moi ne répond. Lui me regarde avec des voiles dans les prunelles. Puis un autre couple entre et ma culotte file dans le placard du vestiaire avec les fringues que nous y avons déjà entassées. Notre quatuor ainsi formé se dirige vers la salle. Celle-ci est sombre et je me sens du coup presque sauvée. Nous longeons une sorte de corridor et au fond de ce qui ressemble à un large hall, un bar immense. C'est là que nous dirige notre guide. Il discute avec mon frangin qui est du coup comme un poisson dans l'eau. Camille elle, reste près de moi et quelques mecs seuls, aussi à poil que nous, se retournent sur notre passage. Alors elle me glisse à l'oreille.
— Les patrons de la boite invitent quelques beaux célibataires… quelques couples aiment bien s'encanailler en trio, si vous voyez ce que je veux dire… et vous ? Vous êtes… échangistes ou mélangistes ?
—… ? Euh… je… je ne sais pas !
— Ah bon ! Vous n'avez pas encore décidé ? Si vous vous jetez à l'eau ce soir, nous aurions plaisir Bertrand et moi à vous accompagner sur ce chemin… enfin, si nous sommes à votre gout !
—…
—… ? Euh… je… je ne sais pas !
— Ah bon ! Vous n'avez pas encore décidé ? Si vous vous jetez à l'eau ce soir, nous aurions plaisir Bertrand et moi à vous accompagner sur ce chemin… enfin, si nous sommes à votre gout !
—…
Je n'ai rien à lui rétorquer. Je ne sais même pas comment j'en suis là. Inouï, tout de même de m'être pareillement laissé piéger par ma fierté mal placée et j'en découvre des effets insoupçonnés. Je suis toute bizarre, mettant cela sur le compte de cette nudité totale qui m'est peu familière. Personne ne fait un geste pour toucher ou frôler nos peaux découvertes. Et nous sirotons un verre gratuit. Puis un second qui me chauffe plus que je ne veux le dire. Au troisième, j'en ressens déjà les vapeurs de ces alcools trop forts que contiennent des cocktails dont le nom m'échappe. Il n'y a pas que le nom des boissons qui du reste me fait défaut. Ma lucidité aussi est de sortie.
Alors lorsque Camille m'invite à aller sur la piste de danse qui soit dit en passant n'est guère plus grande qu'un confetti, je me laisse entrainer sans grande résistance. Et le type qui fait office de DJ braque ses lumières sur les corps qui se dandinent. Les nôtres ne sont pas épargnés par le faisceau qui nous lèche par instant. Ça me chauffe de l'intérieur, ça me rend très… chatte. Trop surement, mais il faut dire que cette femme qui me serre contre elle dans un slow dément est douce comme ce n'est pas permis. Et comme je n'ai pas toute ma tête… mon imagination fait le reste.
Je rêve ? C'est bien ça ? Je me trompe ou la bouche de cette Camille est posée sur le coin de mes lèvres ? Sa joue est à peine collée à la mienne que cette fois, j'en suis sûre. Un petit bout de langue qui me chatouille les lippes ! Mon Dieu, et je n'ai pas forcément envie qu'elle le retire. Je dois être folle. Le doute n'est plus envisageable. Je sens qu'elle tourne un peu plus sa frimousse et c'est bien pour un baiser. Une pelle ! Une femme me roule une pelle et nous sommes à poil toutes les deux, au beau milieu d'une quinzaine de danseurs pas plus vêtus que nous. Merde alors, j'aime presque cette embrassade particulière. De plus, n'est-ce pas moi qui y reviens ?
Dans cette euphorie qui me surprend, nous sommes enlacées et mes paupières se ferment pour un temps laisser mon esprit vagabonder et surtout apprécier véritablement ce mélange subtil de nos salives. Bien sûr notre étreinte plus profonde nous laisse une moins grande latitude pour suivre le tempo d'une musique distillée dans le seul but d'échauffer les corps et les imaginations. D'autres danseurs font exactement les mêmes gestes et nous nous entrechoquons gentiment dans un joyeux brouhaha. Ces frôlements passagers me donnent des frissons, à moins que ce ne soit tout bêtement la rousse qui me guide qui m'entraine vers un renoncement qu'elle attise.
Quand je rouvre les yeux, je peux deviner sur le bord de la piste quelques mecs, dont celui de Camille et mon frère qui bavent en nous observant. Bon sang… certains de ces loustics totalement inconnus se masturbent devant les couples qui jambotent sur le parquet. Mince alors ! Ma cavalière aussi se rend compte de ces tripotages qu'engendrent quelques corps dénudés ou les pâlots qui s'échangent et elle me glisse à l'oreille quelques mots que j'ai du mal à saisir avec la musique qui dégouline de partout.
— Je peux te dire tu Fabienne ? Tu n'as pas envie que nous passions un petit moment ensemble ? Il y a des chambres et des petits coins partout ici… Bertrand adore quand je joue avec une femme…
— Mais… je…
— Oh ! Ne me dis pas que tu n'as pas envie. Tes baisers sont des invitations à aller plus loin. Ils ont une saveur, un gout de « reviens-y »…
— Je… je ne suis pas… je ne sais pas, vraiment…
— Comme tu veux. Tu préfères peut-être une bonne bite bien raide ? J'ai été longtemps comme toi, préférant les hommes et leur trique qui me faisaient grimper aux rideaux. Un jour pourtant j'ai franchi le pas avec une jolie dame et… elle a su me faire vibrer suffisamment pour que j'apprécie. Depuis, j'y ai pris gout et je pense, à tort sans doute, que toutes nous pouvons apprécier.
— Je… je suis désolée…
— Ne le sois pas ! Chacun est libre de son corps et de ses préférences…
— Mais… je…
— Oh ! Ne me dis pas que tu n'as pas envie. Tes baisers sont des invitations à aller plus loin. Ils ont une saveur, un gout de « reviens-y »…
— Je… je ne suis pas… je ne sais pas, vraiment…
— Comme tu veux. Tu préfères peut-être une bonne bite bien raide ? J'ai été longtemps comme toi, préférant les hommes et leur trique qui me faisaient grimper aux rideaux. Un jour pourtant j'ai franchi le pas avec une jolie dame et… elle a su me faire vibrer suffisamment pour que j'apprécie. Depuis, j'y ai pris gout et je pense, à tort sans doute, que toutes nous pouvons apprécier.
— Je… je suis désolée…
— Ne le sois pas ! Chacun est libre de son corps et de ses préférences…
Le DJ lance une nouvelle série, mais cette fois ce ne sont plus des slows et de nouveau Camille me murmure quelques phrases…
— J'ai soif ! Viens, allons rejoindre nos hommes. Et allons boire un verre… je verrai la vie d'une autre façon, quand j'aurai encore un peu plus d'alcool dans les veines. Dommage que…
Comme elle me tire par la main hors de la piste de danse, le reste de sa tirade se fond dans le décor et le boucan qui nous entoure. Sylvain me récupère alors que Bertrand agrippe sa femme. Nous allons au bar. J'ai chaud, j'ai froid, je frissonne, je ne sais plus trop que penser. Cette fois, je réclame une boisson sans alcool, pour ne pas embrumer mon cerveau. Et c'est à l'esgourde de celui qui m'a amené ici que je me penche.
— Bon ! J'en ai ma claque ! Il y a décidément trop de bruit dans ta boite… je veux rentrer Sylvain.
—… !
—… !
Je sens qu'il est stupéfait, mais il ne réplique rien. Il se penche vers son nouvel ami, et je constate l'air dépité de ce dernier. Sans doute mon frère vient-il de lui annoncer ma décision de quitter la boite. Sa femme avertie par son mâle fait elle aussi une moue significative. Et c'est donc seuls que nous regagnons le vestiaire. Il est vide de tout occupant et je me refringue fébrilement. Bon sang, qu'est-ce qui m'a pris d'avoir osé venir dans ce club ? Sylvain se rhabille également, sans un mot, tête basse. Et nous repartons dans un drôle de silence. Un trajet pesant que je fais sous le volant, lui étant trop alcoolisé pour conduire.
— oOo —
À suivre…
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