Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un matin avec Sarah — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un matin avec Sarah
Chapitre 1
Un matin sans heure. Je te regarde qui dort, nue. Comme tu dors, mon amour, bouche entrouverte, sourcils –si joliment dessinés– froncés. Les soucis te poursuivent jusque dans ton sommeil. Ils ont la finesse d’une peinture, tes sourcils blonds à la courbe si furieusement érotique, celle qu’ont habituellement les reins, les seins ou les fesses. C’est la première chose qui m’a captivée chez toi, avant même que mon regard ne se pose sur ton ventre découvert et ton nombril exposé.
Il est là, ton ventre, sous mes yeux, il se soulève avec ton souffle. D’un blanc laiteux, constellé de grains de beauté, il est tendu entre les deux cimes de ton bassin. En dessous, il y a ta toison dorée, tes poils souillés par mon sperme qui y a séché. J’ai l’envie de m’y enfouir, d’y plonger mon nez, ma bouche, ma langue, de m'enivrer encore et encore de tes parfums, de tes goûts, de mordre tes cuisses fines, de marquer la peau de mes dents ; de marquer ta chair fragile de l’empreinte de mes dents, peut-être sectionner ta fémorale, m’étouffer avec le sang qui qui gicle dans ma bouche.
Tu dors. Toujours tu dors et, je ne sais pas, il y a cette angoisse sourde, ce malaise de sentir que bientôt tu ne seras plus là. Que c’est inexorable, inévitable. Plus exactement : tu seras là mais moi non. Je serai parti, je ne pourrai plus enfouir ma tête dans tes cheveux, embrasser ta nuque. Frémir de discerner dans le bleu de tes yeux tant de drames en gestation.
Plus là pour te regarder fumer et boire ta bière du bout des lèvres.
Il m’arrive de penser que je n’en veux pas, de cet inévitable, que je ne souhaite qu’une seule chose : crever entre tes cuisses, qu’elles se nouent derrière moi et qu’on se balance pour l’éternité.
Mais voilà, il est l’heure de partir car les heures ont repris et toi tu ne t’éveilles pas.
***
Quand on s’est connus, toi et moi, je sortais avec une fille. C’était presque machinal, une occupation. Une activité, voilà. Nous avions un couple « libre », je ne m’épancherai pas là-dessus. Je n’ai jamais rien connu d’aussi peu libre que le couple libre. C’est la prison à ciel ouvert de l’amour. J’étais avec elle et nous baisions beaucoup mais mal. Il y avait chez elle cette fixette de la nouveauté et de l’expérience qui étouffe la sensualité.
Un seul regard de toi de sous tes cils recourbés est plus sensuel que tout ce qu’on a pu faire, elle et moi.
On s’ennuyait donc à coucher des heures en quête de pauvres orgasmes à l’infinie tristesse, à tenter de s’exciter en planifiant des trios ou des quatuors sans musicalité. À essayer de susciter de la passion, de la jalousie, une putain de vie qui aurait pu donner un sens quelconque à nos interminables ébats.
On s’ennuyait donc à coucher des heures en quête de pauvres orgasmes à l’infinie tristesse, à tenter de s’exciter en planifiant des trios ou des quatuors sans musicalité. À essayer de susciter de la passion, de la jalousie, une putain de vie qui aurait pu donner un sens quelconque à nos interminables ébats.
Et puis tu es arrivée.
On s’est embrassés dans un bar et c’est comme si je bandais pour la première fois. Quelle révélation miraculeuse que d’apprendre que son corps vit, qu’il bat et tremble, qu’il s’émeut.
Je me rappelle que tu m’as dit que nous ne coucherions pas ensemble ce soir-là, et je ne sais plus si j’ai même feint la déception, comme par politesse, ou si je t’ai balbutié que je n’en avais rien à foutre, que je voulais juste que chaque seconde désormais dure des siècles.
On est rentrés chez toi et on a fait l’amour. On a fait l’amour comme pour la première et comme pour la dernière fois. Et ça l’était, quelque part, parce qu’à chaque fois c’était comme reprendre là où on avait arrêté.
Il n’y a rien de plus destructeur que de baiser avec une autre. Pas parce que c’est fort mais parce que c’est faible, et que c’est se détruire que de se perdre dans le médiocre. J’ai baisé et baisé et je ne me souviens que de ton ventre. Nu.
Et ton regard bleu souligné de noir. Avec ses deux abymes.
Et ton regard bleu souligné de noir. Avec ses deux abymes.
J’étais donc avec cette fille et elle était jalouse de toi, si bien que je te voyais en cachette, comme si c’était toi qu’il avait fallu cacher, comme si tu n’étais pas la seule avec qui, justement, j’aurais pu être fier. Peu importe, je t’ai cachée mais plus je te cachais et plus tu étais présente. La maladie s’est installée peu à peu dans ma relation avec elle.
Assez sur elle.
Assez sur elle.
***
Tu me manques parfois tellement que c’en devient intolérable. Je suis dans mon lit et je me tords, il y a ce plaisir étrange d’en être privé, justement. Cette sublime frustration. Cette jalousie jouissive de t’imaginer avec quelqu’un d’autre. J’ai beau me branler et me branler, il y a toujours trop de sperme dans mon bas-ventre.
Me réveiller en toi, me déverser dans ta chatte blonde. Ne jamais la quitter, cette chatte. Il n’y a pas d’ailleurs.
***
Un jour, tu m’as dit que ta voisine t’avait demandé de faire moins de bruit quand tu baisais. J’ai compris tout de suite que ce n’était pas avec moi que tu le faisais, tout ce boucan. J’ai ricané bêtement et j’ai redressé fièrement la tête. À l’intérieur de moi, tout s’effondrait. Je le savais pourtant, que tu ne pouvais pas dormir seule, que la nuit t’effrayait. Que jamais je n’aurais pu être assez là. Ou l’aurai-je pu ?
Certainement.
Il n’y a que toi qui m’aies jamais rendu jaloux., mais comment aurais-je pu te le reprocher ? Je faisais la même chose que toi. Nous ne voulions pas nous « enfermer ». Quelle connerie ! jamais je n’aurais été plus libre qu’avec toi seule. À te regarder fumer au lit, rouler machinalement ta clope et l’aspirer pour combler ton manque. Ton manque incomblable. À écouter de la musique avec toi, nus tous les deux, en oubliant de faire l’amour, en frémissant de simplement nous toucher. Avec ces putains d’heures qui s’égrènent et qu’on n’oublie jamais tout à fait parce qu’elle vous tictaquent des horreurs, vous murmurent que tout file. Que tes cuisses vont se fermer. Que je n’aurai plus tes yeux dans lesquels me noyer.
***
Je rêve parfois que je rentre dans ton salon, j’ai un gros sac, je rentre peut-être de voyage, tu m’as manquée plus que de raison. Tu portes ton crop top, les seins libre dessous, un jean taille basse. Tes cheveux sont tirés en queue de cheval haute. Tout en toi pue la salope.
Ma petite salope personnelle.
Sans un mot, j’attrape tes cheveux, les tords pour te soumettre. Peu à peu, tu cèdes. A genoux, tu me laisses baiser cruellement ta bouche, mes mais imposer mon rythme. Tes gémissements –sont-ils de soumission ou de révoltes ?– sont étouffés par ma queue que j’enfonce de plus en plus loin, au mépris des larmes qui sont nées au bord de tes yeux, qui coulent un peu noires. L’orgasme vient comme une tempête tropicale, moite et sale, j’hésite à me déverser dans ta bouche de pute, au fond de ta gorge, te laisser gérer l’afflux de sperme à avaler sans gerber. Je me retire finalement à temps pour me libérer en saccade sur ta gueule et tes cheveux. Puis je tombe à genoux devant toi et t’embrasse.
***
C’est le matin, je me réveille le nez dans tes cheveux. Tu es dos à moi, ton corps ne me touche pas. Le drap s'est un peu évadé, découvrant tes hanches et la naissance de tes fesses blanches. Mes yeux s'attardent sur tes grains de beauté. Blonde et frêle comme une peinture de la renaissance, tu dors. ta respiration est tranquille. Tes cheveux me camouflent ton visage.
Je cède à mon inclination et approche mon nez de ta nuque. Ton parfum envahit mes narines et affole mon bas-ventre. Je me colle doucement ; tu t'agites un peu, le réveil est proche.
Le contact de ta peau, comme d'habitude, me provoque un frisson. Que les autres peaux me dégoutent. Je me sens sale d'en avoir tant touché. D'en toucher encore autant. De savoir mon futur occupé à en toucher plus encore, mon esprit tout obnubilé à tenter de recréer ce frisson impossible, comme le drogué cherche perpétuellement à reprendre sa première dose.
Mes mains partent à la redécouverte de ton corps. Peu importe que ce pays-là leur soit connu, jamais elles ne s'en lasseront.
Tu t'éveilles. Ton corps s'anime, s'agite un peu. Nous ne nous disons rien. Tes hanches se mettent en mouvement, tu me caresses. Je me frotte à toi, je me glisse entre tes fesses, au bord de ton cul. Un instant tu te tends, étonnée, mais ton hésitation ne dure pas. Tu me caresses de tes longs doigts fins, me branle avec douceur, me colle contre toi.
Les miens de doigts s'aventurent là où ils savent trouver l'humidité dont ils ont besoin, qu’ils expatrient. Il est alors plus facile de s'insinuer. Ma gorge est serré, mon cœur bat douloureusement, mon être est tordu d'excitation, d'amour, de violence. Je me veux tout entier en toi, dans ton ventre, dans ton cul, jusqu'à nous rompre tous les deux.
Tu trembles, te tords un peu, gigotes pour me faire de la place et moi je rentre lentement, me contient pour ne pas forcer le passer, t'enculer bien fort, jusqu'à la rupture, jusqu'à la mort. Un coup de tes hanches et me voilà comme aspiré à l'intérieur de toi.
Une seconde passe, charriant une éternité. Nous sommes saisis tous deux, comme stupéfaits de nous trouver là, en cuillère, avec mon sexe tout entier à l'intérieur de ton cul, ton cul qui se serre comme pour m’extraire et dans le même temps m’accueille, m’enrobe, m’enserre. L’indécence de cette situation ne fait que m’exciter plus encore, une fièvre me prend et je saisis tes hanches pour que tu m’ingères, pour t’investir, pour t’envahir, encombrer ton rectum, posséder entièrement ton fondement. Mon doigt s’est glissé de l’autre côté, je stimule ton clitoris de cette manière que je sais que tu aimes, et ton orgasme monte, je le veux frénétique, je le veux définitif, que tu te tordes, trembles, et relâches peut-être sur moi tout le contenu de tes intestins.
Et puis le temps reflue et mon ventre se crispe, mes tripes en fusion explosent et un plaisir indécemment violent se répand tout le long de ma colonne vertébrale au moment où toi-même jouit en poussant un cri qu’étouffe mon autre main formant un bâillon et que tu mords.
***
Plus tard, bien plus tard, je m'éveillerai, toi dans mes bras, tremblante, tes cheveux dans mon nez, ta peau habitée de tonnerre. Plus tard, bien plus tard, je m'extirperai de tes entrailles, souillant le drap blanc d’un peu de ta merde diluée par mon sperme. Pour l'instant, je te serre. Je serre cet instant que je sais devoir fuir. Que je tenterai, je le sais déjà, bien des fois de reproduire, pauvres imitations, pauvres shoots ridicules.
Plus tard, bien plus tard, nous nous embrasserons, nous serrerons, nous collerons, tenterons de voler à l'oubli quelques souvenirs. L'incroyable douceur entre tes jambes, la blondeur de tes poils et leur opulence, ton goût sous ma langue. Ta manière de serrer tes cuisses blanches autour de moi, de planter tes yeux dans les miens. Ta voix qui me demande d'attraper et de tirer tes cheveux alors que, comme ébahi, je te contemple à quatre pattes, au bout de moi.
Je vole tout ça et bien plus encore. Je le vole et je le garde. Je t'aime, dis-je, et ça ne veut rien dire. C'est si loin. J'aime ton souffle qui se fait court, j'aime le frisson qui te prend, j'aime ton sommeil qui s'éternise, j'aime même ta colère et ta déception de moi, j'aime tes regrets, ta voix qui me console et celle qui se moque. J'aime ton cul qui me veut et se serre autour de moi.
Je t’aime qui me pousse à l'ivresse.
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