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Couverture de La méthode quoi ?, par Véjipé
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

La méthode quoi ? — Chapitre 3

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Véjipé
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La méthode quoi ?

Chapitre 3

La famille Langlais se rendait à sa deuxième séance chez la psychologue. Chacun était beaucoup plus détendu que la première fois. La petite famille discutait tranquillement dans la salle d'attente.
— Hé Lolo, dit William en regardant son téléphone. Tu te souviens de Samuel ?
— Sammy ? Oui. Pourquoi ?
— Il sera dans le coin ce week-end. On pourrait lui dire de passer.
— Mais bien sûr ! Depuis le temps.
Nous étions seulement quelques jours avant l'arrivée de Samuel et de Daisy, et la formidable aventure vécue par les jumeaux avec ces derniers autour de la piscine. Inconscient de ce qu'allait impliquer leurs retrouvailles, William et Laurène organisèrent donc la venue de Samuel.
Julie ouvrit la porte et remarqua immédiatement que l'atmosphère n'était pas aussi électrique que lors du premier rendez-vous.
— Je vous en prie, entrez.
Chacun s'installa à la même place que lors de la première séance.
— Dites-moi, Daniel, commença Julie de but en blanc. Avez-vous réussi à surmonter votre pudeur ?
— Oui, répondit l'intéressé. Et je dois dire que j'ai été profondément surpris de constater que, comme vous l'aviez pronostiqué, je me sentais bien mieux ainsi.
— Racontez-moi.
— Nous avons appliqué l'idée de William, nous avons nagé nus dans la piscine. Nous étions tous plus ou moins à l'aise…
— Toi plutôt moins que plus, taquina Laurène.
— Oui je l'admets. Cela étant dit, après quelque temps, nous nous sommes tous plus ou moins détendus. C'était… Je n'irai pas dire naturel, mais…
Julie sourit, elle devinait ce que Daniel pensait.
— Et y a-t-il eu d'autres moments ?
— Nous avons dîné quelques soirs sans vêtements, comme vous l'aviez proposé, répondit Michelle. C'est tout, mais c'est déjà pas mal.
— En effet. Et pourquoi ne pas vous déshabiller maintenant ? Nous pourrions ainsi continuer la discussion sans ces fines barrières.
Chacun s'exécuta sans problème, encore que Daniel, toujours un peu mal à l'aise, eu du mal à se montrer nu devant cette inconnue. Il finit quand même par retirer chacun de ses vêtements et s'installa de nouveau aux côtés de Michelle.
William regarda Julie, et s'adressa à elle :
— Et vous ?
— Quoi moi ?
— Pourquoi vous restez habillée ?
— C'est vrai ça, intervint Laurène. C'est vous qui avez dit que vous ne vouliez pas de barrière ni de distance entre nous.
Julie sourit. C'était plus ou moins l'évolution des choses qu'elle attendait. Elle n'eut donc aucune difficulté à se dévêtir à son tour. Daniel poussa un petit soupir en voyant la relativement forte poitrine de Julie sortir de son soutien-gorge, ce qui lui valut un coup de coude désapprobateur de la part de Michelle.
Une fois nue comme un ver, Julie s'installa de nouveau.
— Il va quand même falloir faire l'effort de me regarder dans les yeux, plaisanta-t-elle. Alors ? Et pendant vos moments de nudité, avez-vous discuté ?
Ça oui. Chacun avait fini par exposer ses problèmes. C'était Laurène qui, au cours d'un dîner, avait dit à ses parents ce qu'elle avait sur le cœur. Si elle appréciait sa chance d'être née de parents riches, elle n'aimait pas ce que l'on attendait d'elle. Elle ne voulait pas être une « bourge », une « fille de bonne famille », même pas une « fille bien ». Enfant, elle s'était rêvée chanteuse, ou artiste, des rêves qui avaient été balayés par la volonté de ses parents d'en faire une fille de la société. Laurène voulait être libre, et ne pas devenir ce que d'autres, même ses parents, voulaient qu'elle soit.
William en avait remis une couche, rassuré et motivé par les revendications de sa sœur. Car son problème, à lui, le malaise que lui cachait à sa famille, était assez proche de celui de sa sœur. Il se mettait trop de pression, pour correspondre à ce que sa famille, leur milieu, leur statut, attendaient de lui. Sans avoir l'envie de liberté de sa sœur, il souffrait de devoir correspondre à cette image qu'on lui avait donné dès son plus jeune âge. Il voulait que ses parents soient fiers de lui, il avait une peur terrible de les décevoir, et se rendait malade à l'idée d'échouer.
Julie avait écouté les récits des deux jumeaux avec beaucoup d'attention. Elle se tourna ensuite vers les parents.
— Qu'avez-vous répondu à tout cela ?
— J'ai réalisé que c'était moi le responsable, avoua, tête baissée, Daniel. J'ai eu tant de mal à devenir ce que je suis que j'ai peur de retomber et tout perdre. J'ai tellement peur de tout perdre que j'impose à mes enfants quelque chose qui ne leur convient pas, qu'ils ne veulent pas. Il faut que je sache lâcher la bride.
— Et vous Michelle ?
— Bon déjà, il a mis du temps à le reconnaitre. Et pour ma part, j'ai mal réagi.
— Maman, coupa Laurène.
— Si, j'ai mal réagi. Je leur ai dit qu'il fallait savoir faire des concessions et accepter. Après, nous en avons rediscuté, et j'ai réalisé que je me voilais la face et que j'étais entrée dans un moule de conformisme qui ne me convenait pas non plus.
— Comme devoir restée habillée devant vos enfants, comme nous en parlions ?
— Exactement.
Julie prit des notes, et essaya de se montrer la plus compatissante possible. Déjà, elle expliqua à Daniel qu'il n'avait pas de responsabilité, et ensuite, elle félicita chacun pour ses progrès.
— Vos enfants ont pris conscience de ce qu'ils voulaient, remarqua-t-elle. Et vous ?
— Je voudrais sortir un peu de cette image de la femme bourgeoise, mère et épouse, expliqua Michelle. J'aime Daniel, j'aime mes enfants, j'aime ma vie, mais je voudrais la pimenter.
— Et vous Daniel ?
— Je ne suis pas sûr de savoir, répondit Daniel. Je veux leur bonheur c'est sûr, mais parfois, quand j'y réfléchis, je me dis que…
— Vous n'avez pas la même définition du bonheur qu'eux ?
— Je crois que c'est ça.
Julie avait bien vu que William et Laurène avait imperceptiblement approuvé de la tête avant que leur père ne réponde.
— Vous avez énormément progressé en une semaine de temps, reprit Julie avec un profond sourire dans la voix. Est-ce qu'il y a une chose que vous voudriez dire avant que l'on termine ?
— Oui, moi, se manifesta William.
— Nous vous écoutons.
— Je ne vous l'ai pas dit et j'en ai honte. J'ai une copine.
— Non ? Mais c'est cool ça frangin.
— C'est vrai, répondit une Michelle tout sourire. Pourquoi tu ne nous en as pas parlé avant ? Ça fait combien de temps ?
— Environs dix mois.
Même Julie fut surprise de la réponse.
— Et je ne vous en ai pas parlé parce que… Vous vous rappelez de ce que Laurène a dit qu'elle voudrait être pour embêter papa ?
— Percée, tatouée, les cheveux roses et du poil sous les bras, répondit approximativement celle-ci.
— Oui. Et bien, c'est plus ou moins une description de Daisy.
— Daisy, répéta Michelle. Quel joli prénom.
Julie regarda la réaction de Daniel. Elle remarqua immédiatement sa gêne et comprit sans le dire ce qu'il ressentait. Il avait le sentiment de priver son fils d'une vie amoureuse parce que la fille qu'il aimait n'entrait pas dans sa définition d'une fille acceptable.
D'un geste fait avec son bloc note, Julie invita Daniel à réagir. Ce dernier prit son fils dans les bras, et lui demanda pardon. Il lui proposa même d'inviter cette jeune fille chez lui.
C'était les larmes aux yeux que Daniel et William quittèrent le cabinet de Julie, à la fin de la séance. Daniel voyait désormais, lui aussi, les progrès qu'avait accomplis sa famille. Pour la première fois, il attendait avec impatience la prochaine séance.
La semaine suivante, la famille se rendit, très heureuse et motivée, à son nouveau rendez-vous.
Quatre jours auparavant, Laurène avait fait la connaissance de Daisy, et les deux jeunes filles s'étaient rapprochées au-delà de ce qu'avait espéré William. Quand Daniel et Michelle étaient rentrés, ils avaient été sincèrement heureux de rencontrer la jeune fille aux cheveux violets, même si Daniel avait eu un peu de mal à dissimuler une certaine gêne.
Lorsqu'elle fit entrer les Langlais dans son bureau, Julie remarqua immédiatement les cheveux de Laurène.
— J'ai décidé de me limiter à des mèches, pour commencer.
Julie sourit et la famille franchit la porte. Une fois entrés dans le cabinet, chacun se déshabilla, sans même le proposer. Même Daniel. Julie s'en amusa et suivit le mouvement.
Elle remarqua également que les positions avaient changé. Déjà, les deux femmes ne croisaient pas les jambes. Mais, surtout, elle avait vu que Laurène et William s'étaient cette fois assis l'un à côté de l'autre.
— Qui veut commencer ?
La discussion débuta calmement. Chacun fit part des progrès qu'il avait constaté, aussi bien chez lui-même que chez les autres. Leurs relations se passaient beaucoup mieux, il n'y avait plus eu de dispute depuis longtemps.
Julie les félicita sincèrement, et remarqua que les deux jumeaux se tenaient la main, les doigts enlacés.
— Y a-t-il autre chose que vous souhaitez nous dire ?
Les deux sourirent. Ils se savaient démasqués. William invita sa sœur à parler. Et Laurène se fit une joie de raconter sa rencontre avec Daisy, et comment les choses avaient été explosives autour de la piscine. Elle expliqua se sentir sincèrement attirée par la compagne de son frère. Elle expliqua même qu'elle avait eu, avec l'approbation de son frère, une autre relation avec la jeune fille.
Daniel fut étonné, mais dans le bon sens du terme, de ne pas se sentir absolument choqué par ce qu'il venait d'entendre.
— Est-ce que c'est tout ?
Les jumeaux échangèrent un regard, un peu gênés. Ils sentaient que Julie lisait en eux. En même temps, il n'y avait aucune raison qu'ils se cachent.
Malgré tout, Laurène eut besoin de prendre une profonde inspiration.
— Et bien, pas plus tard qu'hier, William et moi, on a couché ensemble.
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