Comme chaque matin, une fois le drap retiré et le jour revenu, la douche fait un bien fou. L'eau dessine des images irisées du meilleur effet, se concentre entre ses fesses et finit dans des replis insondables.
Flora m'éponge, me frotte, me sèche, j'adore ces moments d'intimité. Dans le grand miroir malgré la buée, je me contemple magnifique, un peu rougi par la chaleur et les frottements.
Puis la journée s'écoule dans une lumière grise, un peu la couleur de ma peau d'ailleurs, légèrement ton sur ton. Rien à en dire de spécial, je ne suis pas au monde pour réfléchir. Je vois et j'entends, je ressens la chaleur et le froid et j'aime les caresses, ah oui, j'adore ça même !
C'est le soir qu'il se passe le plus de choses et que j'en profite vraiment.
Après le dîner, très souvent elle passe un peu de temps sur le canapé dont j'aime les coussins moelleux, elle discute quelques minutes avec Greg, mais très vite, la lumière se fait plus nette, je vois le jour, et leurs voix changent.
Elle commence à gémir, ses mouvements se font plus saccadés. Je change de place, je bouge, je frotte contre les tissus (le frottement constitue une part importante de mes sensations, et ce n'est pas pour me déplaire), contre différentes matières, de nouveau noir complet puis lumière, plusieurs fois. J'aime cette agitation incontrôlable.
Par expérience, j'ai compris ce qui se passait dans ces moments-là.
Il lui dit qu'il aime sa chatte, qu'il passerait des heures à la lécher, qu'il bande "tellement".
Flora lui dit de continuer comme ça, qu'elle a envie de lui au fond d'elle, qu'il faut qu'il la prenne, mais que c'est bon aussi « comme ça », qu'il faut malgré tout "attendre un peu".
Il dit qu'il fait durer le plaisir, que ça lui va très bien.
Moi je ne vois pas grand-chose, mais j'entends tout. Très distinctement même.
Je n'ai pas une grande notion du temps, mais cela doit bien durer dix à quinze minutes.
Je ne m'impatiente pas, ce n'est pas mon genre, mais alors pas du tout, la patience est même une de mes grandes qualités, et je sais d'expérience que la situation va évoluer à mon avantage. J'ai fini par apprendre comment ils fonctionnent tous les deux. Si je calcule bien – car je sais tout de même compter notamment l'alternance jours-nuits –, ils sont ensemble depuis environ 6 mois.
Ils se sont connus à la plage.
Je m'en souviens parfaitement, de la mer, du ciel, du sable. Ah le sable ! Ça ne m'a pas laissé un souvenir mémorable, je dirais même que j'ai souffert. Par manque d'habitude et aussi tout simplement parce que je suis finalement assez fragile malgré les apparences. Néanmoins j'ai tout de même bien aimé cette période, je n'étais pas très vieux – là aussi, malgré les apparences – et jusqu'à ces jours d'été, je ne suscitais pas beaucoup de commentaires, je dirais même que le monde était assez indifférent envers moi, et même que la très très grande majorité de l'humanité ignorait mon existence.
Mais à cette époque, sur cette plage c'était totalement différent : on parlait de moi très souvent, j'étais au centre de nombreuses conversations : pour tout dire, ces conversations commençaient régulièrement à mon sujet. Et Flora devait assumer cette entrée en matière et me présenter plus en détail aux curieux (c'était surtout des curieux, rarement des curieuses), donner mon âge et parfois justifier mon existence, mon « originalité », puisque c'était le mot fréquemment employé : « Qu'est-ce qu'il est original ! ».
Greg a aussi posé toutes ces questions, il a obtenu les mêmes réponses que les autres. Je l'avais vu s'approcher un peu gauche, un peu timide, et il a parlé de moi en premier, évidemment, comme quasiment tout le monde. Mais lui quand il s'est assis à côté de Flora, il est resté longtemps et elle semblait apprécier cette durée assez étonnante, du moins de mon point de vue. Je n'ai pas pu assister à toute la scène – je sais gérer cette frustration du moment que j'entends tout, et Dieu sait si j'entends très bien ! –, mais j'ai vite compris qu'entre deux, il y avait comme un courant qui passait, comme on dit.
La preuve c'est donc que ce soir, il est en train de lui lécher le sexe avec un bonheur qui semble partagé. Une main s'infiltre par-dessous la raie des fesses de Flora (j'ai vu le majeur, je crois), la salive aidant, au bruit de tétée de sa bouche entre ses grandes lèvres, s'ajoute celui de succion que font ses doigts mouillés qui glissent le long du périnée de Flora, qui remontent et descendent depuis le bas du dos jusqu'au tréfonds de l'entrejambe. Je ne vois pas tout, mais suffisamment pour deviner tout ça, notamment je commence à bien connaître les doigts fouisseurs de Greg dans ces moments-là.
Et tout à coup je le vois de face : j'ai beau connaître la manœuvre, ça continue de me faire son petit effet. Il est torse nu, un torse à l'allure puissante, image renforcée par la force qu'il déploie à empoigner les hanches de Flora qui s'est donc retournée, coudes sur le dossier du canapé, cul dressé, cambrée comme je la vois rarement faire, et croyez-moi je m'y connais à ce sujet... Ce dossier du canapé que je connais très bien, là où quelques minutes avant j'écoutais tranquillement leur discussion, puis leurs premiers halètements.
Il s'agit donc d'une levrette comme je l'ai découvert un jour, quand un de ses anciens amants – je n'étais pas bien vieux – lui a demandé si elle aimait quand il la prenait « en levrette ». Heureusement, elle avait répondu oui. Lui je ne l'aimais pas, trop violent, trop sûr de lui. Il avait même craché sur elle une fois (ça m'a dégoûté je l'avoue, d'autant que j'étais aux premières loges), et il la frappait souvent sur les fesses.
Elle poussait un petit cri à chaque fois. J'avoue aussi que je ne suis pas certain qu'elle n'aimait pas ça... Le cri était vraiment petit !
Mais moi non, je n'appréciais pas, franchement, de voir sa grande main à lui fouetter l'air comme ça pour s'abattre sur ses magnifiques fesses à elle, ça me faisait peur, tout simplement, pour elle, comme pour moi.
Car malgré ce qu'on aurait pu penser, je n'avais aucune défense contre ça. Sa main aurait pu rater la cible, et j'étais la première victime.
Mais avec Greg, rien de tout ça.
La levrette, puisque nous en sommes là, est beaucoup plus sympa, depuis le début de l'adoption de cette pratique.
Sportive, certes, avec non seulement des coups de reins impressionnants que Flora apprécie particulièrement, surtout quand il lui touche les seins par en dessous. J'avais fini par comprendre à force d'assister à ces chevauchements fougueux, et d'après leurs commentaires dont ils ne se privent pas, qu'il lui prend donc un sein dans chaque main, qu'il lui pince les tétons et que donc elle adore tout cela...
Il me caresse aussi, c'est bien pour ça que j'adore cette position finalement.
Je sens ses mains sur moi qui dessinent le contour de mes oreilles, descendent le long de mon ivoire et, ô joie suprême, il y a sa langue qui me rend fou, je dois l'avouer : comme très souvent il se penche pour me lécher le haut de la trompe, la suivre de haut en bas, langue écrasée, le regard un peu fou et la laisse entrer lentement dans la raie de Flora, puisque c'est là qu'elle se termine (ma trompe).
A ce moment-là ,Flora est pleine extase et moi-même je suis aux anges.
Il vient d'éjaculer sur moi, sur elle, sur nous donc, c'était chaud, c'était bon, je me sentais tellement exister.
Elle s'est retournée dans le canapé, le noir s'est fait de nouveau pour moi.
Il est essoufflé, et prononce juste quelques mots :
— Jouir sur un éléphant, si on m'avait dit ça un jour !
Elle répond en souriant :
— Parfois, effectivement, je me demande si ce tatouage ne t'exciterait pas un peu, petit zoophile... !
Fin
Commentaires ()
Voyez-vous ça ! ^^'
Original, très bien écrit/décrit, un style fluide et non dépourvu d'humour, avec une chute qui aura euh... trompé son monde ?
De quoi reconsidérer la lecture des babars du fiston dans une optique céleste... histoire d'y voir ;-)
Merci et enjoy cette médaille !
Excellent !!!!
Félicitations pour cette médaille.......
Et bravo pour la médaille !
Pareil 😂 !
Effectivement on se demande... j'ai pensé d'abord à la foune, puis au bébé in utero, mais quand il parle d'ivoire...